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	<title>Elisabet STRID - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 11 Aug 2026 21:03:20 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Elisabet STRID - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Der Fliegende Holländer &#8211; Bästad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-der-fliegende-hollander-bastad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival Birgit Nilsson prend de l’ampleur depuis sa création en 2018. Déjà l’an passé, Dominique Joucken faisait état des lieux qu’il occupe et des événements qu’il organise. En une décennie à peine, il est passé de quelques concerts dans l’église de Vastra Karup à une série de rendez-vous, récitals, masterclasses qui essaiment sur tout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival Birgit Nilsson prend de l’ampleur depuis sa création en 2018. Déjà l’an passé, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/festival-de-bastad-suede/">Dominique Joucken faisait état des lieux qu’il occupe et des événements qu’il organise</a>. En une décennie à peine, il est passé de quelques concerts dans l’église de Vastra Karup à une série de rendez-vous, récitals, masterclasses qui essaiment sur tout le territoire cher à la soprano suédoise pour s’achever en grande pompe sur le terrain de tennis de Bästad transformé pour l’occasion en petite arène lyrique (avec une jauge qui dépasse les 3000 places tout de même). Si les interprètes suédois, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/birgit-nilsson-une-fondation-en-heritage/">lauréats ou non de la bourse remise par la Fondation</a>, répondent toujours présents, cette année les grands du circuit s’y sont donnés rendez-vous pour une représentation en version semi-concertante de <em>Der fliegende Holländer</em>. <strong>Christopher Maltman</strong>, <strong>Elisabet Strid</strong>, <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong>… ce n’est pas moins que la distribution de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-londres/"><em>Die Walküre</em> au Royal Opera de Londres</a>.</p>
<p>Le premier, accueilli par une volée de corbeaux croassant à son entrée en scène, dévore le rôle du capitaine maudit. Le métal noir assoit d’entrée sa sombre figure. Les phrases amples qu’il déroule, le tranchant de registre supérieur couplé à une présence scénique aussi simple que magnétique lui valent un triomphe mérité. Face à lui, le ténor français oppose un Erik mordoré où le lyrisme des phrases le dispute au mordant de ses suppliques. Stanislas de Barbeyrac surclasse le personnage en véritable rival amoureux, loin du simple amant colérique éconduit. Elisbet Strid s’en tire avec les honneurs dans un rôle qui sollicite longuement le registre supérieur. L’aigu est émis avec effort, sans accident néanmoins. Malgré cette réserve, le lyrisme relatif du rôle lui permet de faire montre d’un élégant phrasé. <strong>Günther Groissböck</strong> complète ce trio efficacement : son Daland se fait aussi sonore que jovial. <strong>Tobias Westman</strong> (le timonier) et <strong>Martina Dike</strong> (Mary) complètent sans mal cette excellente distribution.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Flying-Dutchman_Bastad-tennis-court-aerial-photo_photo-credit_Simon-Aatig-1-1024x768.jpg" alt="© Simon Aatig" class="wp-image-218904"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Simon Aatig</sup></figcaption></figure>


<p>L’originalité de ce festival vient de ce qu’il marie ces interprètes de premier plan avec des chanteurs amateurs des communautés et paroisses locales (voir détails de la distribution ci-contre). Des mois de préparation ont été nécessaires pour affronter les nombreuses scènes où le chœur occupe la première place, notamment au début du troisième acte. Si les hommes manquent de quelques individus pour atteindre la masse correcte et le soutien nécessaire, toutes et tous arrivent à bon port et s’offre de beaux succès dans certaines scènes (le chœur des fileuses, le début du troisième acte).</p>
<p>Enfin, si le concert est légèrement sonorisé pour couvrir le court de tennis, ce qui aplatit fatalement le son, <strong>Henrik Nanasi</strong> maintient la cohésion de l’ensemble de ces acteurs aux niveaux variés. L’<strong>Orchestre symphonique d’Helsingborg</strong> bénéficie d’une solide préparation et suit le geste lyrique du chef de la première à la dernière note de cette version de l’œuvre en trois actes, qui fait la part belle au thème de la rédemption.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-der-fliegende-hollander-bastad/">WAGNER, Der Fliegende Holländer &#8211; Bästad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Budapest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-budapest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le dernier Ring d’Ádám Fischer dans le cadre des Journées Wagner de Budapest, qu’il a créées en 2006 – et tout le monde veut en être. On est sold out ce soir dans la grande salle Bélá Bartók du Müpa Budapest. Toutes les places sont occupées ? Non, quatre places du premier rang, juste &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le dernier Ring d’<strong>Ádám</strong> <strong>Fischer</strong> dans le cadre des Journées Wagner de Budapest, qu’il a créées en 2006 – et tout le monde veut en être. On est <em>sold out</em> ce soir dans la grande salle Bélá Bartók du Müpa Budapest. Toutes les places sont occupées ? Non, quatre places du premier rang, juste derrière le chef, restent vides. Il se dit ici que le maestro ne veut personne juste derrière lui quand il dirige – il faut dire (pour y avoir passé le deuxième acte) qu’on est qu’à quelques centimètres du maître… Alors ces quatre places-là, on ne les met pas en vente ! Légende ? On ne prête qu’aux riches !<br />
La conduite de cette <em>Walkyrie</em> par Ádám Fischer est en tout point remarquable ; comme nous avons aimé la fièvre des premières mesures ! Un orage électrique plus qu’une tempête ; comme nous avons apprécié les <em>tempi</em> tellement mesurés dans le duo Sigmund – Sieglinde, soudain devenu un quasi duo belcantiste. Il y a une recherche permanente de l’adéquation entre la fosse et le plateau, c’est de l&rsquo;art. Il y a une intelligence de la partition chez Fischer, forgée par une solide expérience : il aura donné vingt cycles complets au Müpa depuis 2006. Et dire que Fischer, selon ses propos, est entré dans Wagner quasi contraint et forcé ! – Là aussi, mythe ou réalité ?<br />
On retrouve l’orchestre symphonique de la radio hongroise tel que perçu la veille. Des cordes magiques (les altos <em>con sordino</em> au second acte à vous donner le frisson), des bois irréprochables, mais toujours des cuivres imparfaits. On les a trop peu entendus dans la Chevauchée du III, et puis toujours ces petits décalages qui font mauvais genre.</p>
<p>Nous sommes dans une version semi-scénique avec des chanteurs en habit de récitalistes ; il faut y voir aujourd’hui une sorte de marque de fabrique des Journées Wagner de Budapest plus qu’autre chose, car les toutes premières éditions étaient pratiquement des versions de concert (ce n’est qu’au fil des années que <strong>Hartmut Schörghofer</strong> a étoffé  la mise en espace, puis a introduit la vidéo). Plus grand-chose ne justifie donc que les chanteurs ne soient pas costumés, ou qu’ils se tiennent assis sur les côtés quand ils ne chantent pas. Les décors sont toujours figurés par des projections vidéos sur les trois panneaux de fond de scène. C’est esthétiquement souvent réussi, mais pourrait être enrichi. L’orage du début du I est représenté par une sorte de tempête de neige en montagne ; c’est encore la montagne que l’on retrouvera en décor du II, avant que celle-ci laisse place à un paysage urbain en noir et blanc dévasté. Par la guerre ? Par un tremblement de terre ? Il faut y voir l’illustration de la perte de pouvoir de Wotan (le fameux « Nur eines will ich noch : das Ende ») quand il se fait tordre le bras par son épouse. Toujours est-il qu’à la fin de ce premier tableau du II ce sont les oiseaux prédateurs qui prennent le pouvoir dans ce paysage de désolation (sous-entendu, c’en est fini de l’autorité du dieu des dieux).<br />
Au III, le paysage sera celui d’un monde semi-désertique et le cercle de feu dans lequel Brünnhilde sera enfermée sera représenté par un immense brasier, dont on voit mal qui pourra le transpercer… Comme dans le Prologue, il y a ces jeux d’ombres chinoises, la présence de danseurs qui appuient le texte (huit danseurs, comme les Walkyries, miment des cavaliers en ouverture du III), tout cela est bien vu.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/walkur_PJ_024-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1782562180915" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© János Postósz</pre>
<p>Plateau inégal ce soir mais avec de formidables individualités. Nos huit Walkyries entament leur chevauchée derrière les panneaux du fond de scène et c’est bien dommage, car on ne perçoit qu’imparfaitement leur chant. Les huit voix ne tombent pas toujours bien ensemble, il manque une homogénéité formelle censée illustrer leur position commune face à Wotan et Brünnhilde. La Fricka d’<strong>Atala</strong> <strong>Schöck</strong> est bien celle qui nous avait tant charmé au premier tableau de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-budapest/"><em>Rheingold</em></a>. Elle assoit son autorité sur Wotan grâce à une voix cette fois-ci sans aspérité. <strong>Albert Pesenforfer</strong> est un extraordinaire Hagen ; la voix caverneuse nous fait froid dans le dos : il figure le butor qu’on n’a guère envie de croiser dans la rue : tout est là pour déplaire, sauf une voix immense, et dont on imagine sans même l’avoir entendue, qu’elle siéra parfaitement au Hagen du <em>Götterdämmerung</em> à suivre. <strong>Bryan Register</strong> est malheureusement dans un jour sans. Son Siegmund n’avait aucune chance d’effrayer Hunding. Lui qui avait été un Siegfried apprécié à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-le-crepuscule-des-dieux-bruxelles/">La Monnaie en 2025</a>, est méconnaissable ce soir. Son entrée est correcte, mais tout se gâte très vite : le double « Wälse » est trop court, le chant du printemps pose les premières difficultés et le duo avec Sieglinde voit l’intensité diminuer à chaque instant. L’entracte de cinquante minutes n’a sûrement pas été de trop pour récupérer quelque force et finir courageusement sa partition en fin du II. Celui qui se présente sur son site web comme un <em>Heldentenor</em> n’avait pas ce soir les attributs afférents. Sans parler d’une prononciation souvent hasardeuse, des mots omis, d’autres intervertis, des changements de consonnes qui changent le sens d’une phrase ( « il me protège » ne veut pas dire la même chose que « il te protège»). Il nous tarde d’entendre Bryan Register en meilleure forme.<br />
<strong>Magdalena Anna Hofmann</strong> est une Sieglinde forte femme, et pourquoi pas ? La voix est extrêmement solide, aucune note ne semble inatteignable, la projection est puissante sans toujours éviter la stridence, mais quelle incarnation ! Le duo avec Sigmund, c’est elle qui le porte à bout de bras, cela reste un des plus beaux moments de la soirée. <strong>Elisabet Strid</strong> tient le rôle-titre. Entrée au II éblouissante, elle évite tous les pièges de ce début de rôle quasi inchantable, projette sa voix sans jamais crier, c’est beau. Elle se hisse souvent au niveau du Wotan de <strong>Tomasz Konieczny</strong>, ce qui n’est pas un mince compliment. Tania Braq avait beaucoup apprécié sa <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-stockholm/">Turandot de Stockholm</a>. De toute évidence, la Brünnhilde de <em>Walküre</em> convient bien à sa voix, mieux sans doute que celle de <em>Siegfried</em>, sans parler de celle de <em>Götterdämmerung.</em><br />
Reste le héros de la soirée, le Wotan de Tomasz Konieczny, véritable phénomène sur scène. Pour lui il faudrait réinventer la notion de <em>Heldenbass</em>, terme un peu tombé en désuétude. La percussion de ses graves, comme de ses aigus du reste, la force de l’incarnation, font bien de lui une basse héroïque. Sa voix vous transperce comme la lance qui ne quitte pratiquement jamais ses mains. Le baryton-basse polonais est aujourd’hui en pleine possession de moyens colossaux. Rien à redire ? Eh bien si ! Nous restons sur notre faim dans le duo final (« Les adieux de Wotan ») : Konieczny ne parvient pas à fendre l’armure, à redevenir pleinement le père éploré qu’est Wotan en réalité. L’émotion ne passe pas, on est encore trop dans la maîtrise des moyens et dans la recherche de la perfection vocale.<br />
Car dans cet instant fugace mais fondamental, Wotan n’est plus seulement un dieu, il est surtout un père qui sacrifie sa fille.</p>
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		<title>A Budapest, non pas un, mais deux Ring complets sur quatre jours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-budapest-non-pas-un-mais-deux-ring-complets-sur-quatre-jours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 16:09:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque année depuis 21 ans, le Müpa de Budapest, qui est à la fois un musée et une salle de concert, propose des Journées Wagner. Au programme cette année, année jubilaire oblige, sous la direction musicale de Ádám Fischer deux cycles complets de la tétralogie (Tomasz Konieczny, Norbert Ernst, Derek Welton, Magnus Vigilius, Magdalena Anna &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année depuis 21 ans, le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://mupa.hu/en">Müpa de Budapest</a>, qui est à la fois un musée et une salle de concert, propose des Journées Wagner.<br />
Au programme cette année, année jubilaire oblige, sous la direction musicale de <strong><span class="font-sans text-sm font-normal leading-5">Ádám Fischer</span></strong> deux cycles complets de la tétralogie (<span class="font-sans text-sm font-normal leading-5"><strong>Tomasz Konieczny</strong>, <strong>Norbert Ernst</strong>, <strong>Derek Welton</strong>, <strong>Magnus Vigilius</strong>, <strong>Magdalena Anna Hofmann</strong>, <strong>Bryan Register</strong>, <strong>Daniela Köhler</strong>) </span>qui se dérouleront, c’est suffisamment rare pour le remarquer, chacun sur quatre jours consécutifs.<br />
Le premier cycle débute ce jeudi 18 juin et le second se tiendra du 25 au 28 juin. ForumOpéra rendra compte du second cycle.</p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Turandot &#8211; Stockholm</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-stockholm/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de fermer pour travaux en décembre prochain, l&#8217;Opéra de Stockholm reprend une version de Turandot créée en 2013 avec Nina Stemme. La chanteuse avait confié à Forumopera deux ans plus tard que cette prise de rôle – confirmé ensuite à la Scala – avait changé sa tessiture, facilitant ensuite l&#8217;abord de rôles plus dramatiques. La &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de fermer pour travaux en décembre prochain, l&rsquo;Opéra de Stockholm reprend une version de <em>Turandot</em> créée en 2013 avec Nina Stemme. La chanteuse avait confié à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/nina-stemme-je-peux-etre-coriace/">Forumopera</a> deux ans plus tard que cette prise de rôle – confirmé ensuite à la Scala – avait changé sa tessiture, facilitant ensuite l&rsquo;abord de rôles plus dramatiques.</p>
<p>La reprise d&rsquo;une mise en scène vieille de près de quinze ans pourrait se révéler périlleuse, mais force est de constater que les choix de <strong>Marco Arturo Marelli</strong>, également en charge de la scénographie et des lumières, n&rsquo;ont guère pris de rides.</p>
<p>La Première a eu lieu le 26 avril dernier, comme un clin d&rsquo;oeil, cent ans jour pour jour après la création milanaise. Le rideau se lève sur un Puccini malade qui trouve l&rsquo;inspiration à son ultime chef-d’œuvre à l&rsquo;écoute d&rsquo;une boite à musique chinoise.</p>
<p>Le jeu de miroir entre l&rsquo;Orient et de l&rsquo;Occident sert de fil rouge à toute la représentation. C&rsquo;est l&rsquo;interprète de Calaf qui endosse le rôle du compositeur. Tout comme son père, Liù et le choeur – aux oripeaux nettement sixties –, il porte un costume occidental, contrairement à Turandot et sa suite.</p>
<p>Les décors suivent la même dichotomie, avec un fond de scène flanqué de grandes fenêtres d&rsquo;hôtel particulier, alors que Turandot, elle, entre côté jardin, par d&rsquo;immenses portes bleues chinoises à la dimension sexuelle parlante. Elles évoquent la Nana géante de Niki de Saint Phalle, <em>Elle – Une Cathédrale</em> exposée en1966 au Moderna Museet de la capitale suédoise.<br />
D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est par cet accès que le couple part consommer son amour avant de revenir s&rsquo;asseoir sur une table éminemment bourgeoise. Nous comprenons alors que ce n&rsquo;est plus Calaf et Turandot qui sont unis dans le final, mais bien Puccini et son héroïne.</p>
<p>Les ruptures de ton sont constantes et nourrissent le plaisir du spectateur : au choeur de la lune tout de poésie, éclairé aux lanternes succède danse et acrobaties ; un jeu de panneaux coulissants latéraux, fort habile, fait entrer et sortir le chœur de ce monde tout de guingois tandis que des accessoires, eux, sortent du sol&#8230; La palme revient aux trouvailles hilarantes du trio Ping, Pang Pong qui se font laborantins pour plonger les têtes des prétendants malheureux dans le formol.</p>
<pre><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Turandot-Kungliga-Operan-2026.-Foto_-Kungliga-Operan_Soren-Vilks-2-1294x600.jpg" /></pre>
<pre style="text-align: center;"> © Kungliga Operan/Sören Vilks</pre>
<p>L&rsquo;agrément est redoublé par une direction d&rsquo;acteurs extrêmement soignée qui donne relief et profondeur au cast réuni avec une intelligence parfaite tant les voix sont en adéquation avec leurs rôles.<br />
Si l&rsquo;on peut reprocher dans la première partie à <strong>Daniel Johansson</strong> des aigus qui reculent, cela s&rsquo;explique ensuite puisqu&rsquo;en début de seconde partie, il est annoncé souffrant. Il s&rsquo;en trouve comme libéré, assumant splendidement le <em>Nessun Dorma</em>. Il faut dire que ce chanteur jouit d&rsquo;un timbre superbe déjà salué en France par nos <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-cologne-2/">confrères</a>, d&rsquo;une excellente projection dont il abuse parfois au détriment des nuances.</p>
<p>Face à lui, <strong>Elisabet Strid</strong> compose une Turandot absolument magnifique, au timbre somptueux, pleine d&rsquo;autorité et de puissance, touchante dans ses doutes, main tremblante mais voix assurée et comme son compagnon, excellente comédienne. Elle est seulement desservie par une robe à la coupe fort peu seyante, qu&rsquo;en treize ans l&rsquo;on aurait pu remplacer !</p>
<p>Liu. Interprétée par <strong>Magdalena Risberg</strong>, complète ce trio en remplacement d&rsquo;Ida Falk Winland, malade. La soprano bénéficie d&rsquo;une jolie voix bien projetée et d&rsquo;une grande pureté. Quel dommage qu&rsquo;elle ne puisse s&#8217;empêcher d&rsquo;osciller d&rsquo;un pied sur l&rsquo;autre. Un ancrage physique supplémentaire lui donnerait tellement plus de force émotionnelle ! Ceci dit, ses airs sont émouvants et fort bien interprétées.</p>
<p>Le réjouissant contrepoint formé par les Ping, Pang, Pong d&rsquo;<strong>Ola Eliasson, Wiktor Sundqvist et Niklas Björling Rygert</strong> fonctionne idéalement. A la fois d&rsquo;excellents chanteurs et comédiens, entre tasse de thé et saké bien bien tassé, leurs interventions sont très précisément chorégraphiées, avec des jeux ternaires en cascades calés sur la musique. <strong>Kristian Flor</strong>, le roi des tartares tout comme <strong>Johan Edholm</strong> en mandarin, complètent avantageusement la distribution pour une soirée d&rsquo;un beau classicisme.</p>
<p>Sous la direction survitaminée de <strong>Tobias Ringborg</strong>, le <strong>choeur et l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Suède</strong> sont très en place, équilibrés, impeccables de textures et d&rsquo;engagement. Certains passages gagneraient en finesse avec moins de volume mais l&rsquo;intensité du bain sonore reste tout de même assez jouissif pour l&rsquo;auditeur.</p>
<p>Une reprise sans usure, donc, brodée au petit point, à découvrir jusqu&rsquo;au 9 juin en même temps qu&rsquo;une ville passionnante à quelques encablures de la France.</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Siegfried – Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-londres-roh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=210873</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réussir Das Rheingold et confirmer avec Die Walküre simplifie beaucoup la vie d’un metteur en scène. L’inverse est tout aussi vrai et le Ring parisien en témoigne cruellement. Deux mois, après la capitale française, Londres poursuit l’exploration du cycle de Wagner emmenée par Barrie Kosky. Siegfried, opéra d’apprentissage presque picaresque, présente de nombreuses contraintes : on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-londres-roh/">Réussir <em>Das Rheingold</em></a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-londres/">confirmer avec <em>Die Walküre</em></a> simplifie beaucoup la vie d’un metteur en scène. L’inverse est tout aussi vrai et le Ring parisien en témoigne cruellement. Deux mois, après la capitale française, Londres poursuit l’exploration du cycle de Wagner emmenée par <strong>Barrie Kosky</strong>. <em>Siegfried</em>, opéra d’apprentissage presque picaresque, présente de nombreuses contraintes : on parlait traités, runes, trahison et peurs existentielles, nous voici dans une forge avec un ado insupportable et un nain grincheux. Il y a bien un dragon et un oiseau bavard mais il faudra attendre le troisième acte pour vraiment retrouver les affaires du monde, avant un duo d’amour. Que faire de ce héros antipathique ? Le metteur en scène australien va au plus simple. Il tire le fil du monde et des thèmes qu’il a installés jusqu’à maintenant. Erda vieillie demeure dans son rôle d’observatrice permanente de la tragédie du monde. Celui-ci touche le fond : Mime vit reclus dans une cabane juchée sur un tronc carbonisé, la limaille éparpillée tout autour finit d’assécher son univers. Le deuxième acte se retrouve plongé dans un hiver total où la neige permanente vient recouvrir la carcasse de Fafner et les traces des intrigants. Si l’on se rappelle du costume du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/siegfried-bayreuth-2015-bayreuth-regler-le-cas-siegfried/">Waldvogel de Castorf à Bayreuth</a>, on se souviendra longtemps de celui du dragon tout en pépites d’or et pierres précieuses qui mettent en valeur un maquillage de <em>calavera</em>*. La cupidité et la captation des richesses du monde ont achevé de le désertifier. En comparaison, la prairie aussi verdoyante que fleurie où repose Brunnhilde donne le la de la rédemption à venir. Tout le duo se trouve transfiguré dans une belle scène naïve, où une Erda apaisée retrouve son rôle de Pachamama, gants et arrosoir en main. Barry Koskie capitalise sur son univers aussi lisible que parlant. Il peut dès lors se concentrer sur la direction théâtrale, supplément d’âme de cette intelligente proposition, très souvent adossée au leitmotiv et à leur signification dramatique. Siegfried se voit dépeint comme un ado (il joue de la « air batterie » et prend Notung pour une guitare), en conflit avec la figure masculino-féminine de son tuteur (Mime porte le tablier de Sieglinde vu dans la journée précédente). Si la relation entre les deux est faite de menaces, elle est aussi complice – ce qui permet beaucoup d’humour et de légèreté dans le jeu &#8211; et aimante à sa manière, ce qui explique pourquoi l’attelage des deux se maintient jusqu’au meurtre parricide. Enfin, au deuxième acte, Barry Koskie continue de tisser le fil du rapport à la nature. Siegfried, seul compagnon des animaux, confond Erda/Pachamama avec l’oiseau – chanté radieusement hors scène par <strong>Sarah Dufresne</strong>. Si l’anthropocène ne peut aller que vers l’effondrement en une chute des « dieux » humains inéluctable, ce Ring place l’espoir non dans la rédemption par l’amour mais dans le retour à une nature simple et naïve dont Siegfried ne peut être que le héraut parfait. La dernière journée, prévue au Royal Opera House en janvier 2027, apportera surement les dernières réponses à un projet rondement mené.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/siegfried_bk_roh_232-1294x600.webp" />© Monika Ritterhaus</pre>
<p>De la rondeur justement, <strong>Antonio Pappano</strong> n’en manque pas. Son orchestre irréprochable fond les leitmotive avec la même évidence que lors des journées précédentes et supporte le plateau en l’irrigant du sens que la musique de Wagner construit méticuleusement. Le nuancier a encore progressé : des pianos diaphanes dans la forêt, en passant par la harpe ductile autour de Brunnhilde endormi, à une scène de la forge dantesque… le spectacle est haut en couleurs et porte tout le romanesque de la fresque.</p>
<p>Londres enfin réunit une distribution de tout premier plan, qui n’est pas exempte de défaut. On savait depuis <em>Die Walkure</em> que <em>Siegfried</em> serait un vrai défi pour <strong>Elisabet Strid</strong> tant Brunnhilde évolue dans le haut de la tessiture lors de cette deuxième journée. Passé un éveil laborieux, elle finit par s’installer dans le duo et dégage une belle complicité vocale avec son partenaire. Surtout, jamais elle ne va au-delà de ses moyens et cette probité lui permet nuances et interprétation qui au global compensent son manque de largeur. L’Erda de <strong>Wiebke Lehmkuhl</strong> souffre de la comparaison avec elle-même. L’ampleur vocale lui manque ce soir dans cette scène pourtant resserrée. De même pour <strong>Christopher Purves</strong> (Alberich) qui possède la noirceur, l’intelligence musicale et scénique mais à qui il manque un demi-ton à chaque extrémité de la tessiture. On se demande pourquoi <strong>Solomon Howard</strong> est discrètement sonorisé – a part vouloir amplifier la « reverb ». Son volume suffit à lui seul à caractériser le dragon. Enfin <strong>Christopher Maltman</strong> achève son cycle magistralement. Le rôle lui tombe sans un pli dans la gorge. L’incarnation, entre noblesse et déchéance, splendeurs vocales et saillies perçantes, en font déjà un Wotan incontournable du circuit actuel. <strong>Peter Hoare</strong> délivre une performance géniale. Son Mime androgyne s’avère aussi attachant que répugnant. Il multiplie les facéties vocales et scéniques avec une aisance confondante. Faut-il encore présenter le Siegfried vitaminé et triomphant d’<strong>Andreas Schager </strong>? Le ténor fait ses débuts londoniens et se voit acclamé pour une soirée de chant galvanisante où le public aura pris autant de plaisir à l’écouter que lui à évoluer dans cette proposition scénique où, pour une fois, il a le beau rôle.</p>
<pre>* Maquillage traditionnel de la Fête des Morts au Mexique.</pre>
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		<title>WAGNER, Die Walküre – Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-londres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Royal Opéra House continue la tétralogie initiée il y a un an et demi autour du duo Antonio Pappano / Barrie Kosky. Les deux creusent la même veine fertile en cette première journée et donnent une cohérence supplémentaire à cette lecture « anthroposcénique » de l’épopée wagnérienne. L’ancien directeur musical, nommé premier « conductor &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Royal Opéra House continue la tétralogie initiée il y a un an et demi autour du duo <strong>Antonio Pappano</strong> / <strong>Barrie Kosky</strong>. Les deux creusent la même veine fertile en cette première journée et donnent une cohérence supplémentaire à cette lecture « anthroposcénique » de l’épopée wagnérienne.</p>
<p>L’ancien directeur musical, nommé premier « conductor laureate » du ROH juste avant le lever de rideau en remerciement de ses 22 années à la tête de la maison propose une lecture limpide et nerveuse. L’enchevêtrement des <em>Leitmotive</em> reçoit la même attention que lors du prologue et l’orchestre brille dès les premières mesures : la tempête d’ouverture, mordante et crescendo, installe le spectateur dans l’ambiance urgente et poisseuse du huis clos du premier acte. Fréquemment, soyeux et rubato viennent embellir cette architecture solide et soutenir le lyrisme et le romantisme sans ostentation. On apprécie le détail global et l’attention portée au plateau que ce geste ample et dépouillé met au service du drame.</p>
<p><strong>Barrie Kosky</strong> de son côté tisse d’une main habile les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-londres-roh/">deux fils rouges initiés pendant <em>Das Rheingold</em></a>. L’ancienne Pachamama – servi par le magnétisme de l’actrice Illona Linthwaite – revit impuissante la lente destruction du monde par ses propres enfants. Juchée sur une toute petite tournette, elle s’étourdit d’un spectacle cataclysmique, deuxième axe force de cette tétralogie : la terre de cendre, les arbres calcinés, les héros morts, carcasses de cendres friables. L’humanité fait peine à voir : police brutale (Hunding), femme battue à peine contrebalancée par une Fricka aristocratique et égoïste ; héros mi-gamin des rues mi-vétéran d’une guerre moderne tétanisé par le stress post-traumatique ; Wotan commandant suprême, certes animé par Eros mais ayant déjà succombé à Thanatos. Ce dispositif fonctionne à l’économie de moyens tout en proposant des images fortes : Siegmund recouvert de son sang et de la sève du monde qui meurt, les yeux dans les yeux avec son père, Brunnhilde aspirée dans l’arbre du monde auquel Wotan met le feu. Surtout il s’anime grâce à une direction d’acteur minutieuse et prenante.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Christopher-Maltman-and-Stanislas-de-Barbeyrac-in-Die-Walkure-©2025-Monika-Rittershaus-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-188728" width="684" height="1025"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution vient couronner cette solide proposition. Les huit Walkyries remplissent leur office de manière incendiaire, parfois au détriment de la cohésion de leurs ensemble.<strong> Soloman Howard</strong> n’a guère qu’à ouvrir la bouche pour incarner un Hunding autoritaire au timbre presque trop distingué pour le chef de meute. Sa protectrice, Fricka, trouve en <strong>Marina Prudenskaya</strong> une interprète charismatique, au-delà de la scène de dispute autour d’une Rolls Royce, c’est bien la conduite du discours, la puissance de la voix qui dessinent une déesse aristocratique gardienne du bon droit. <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> offre de son côté un portrait très original de Siegmund. Il en dispose désormais de l’ambitus et des moyens. Les amateurs de « Wälse » mâles en auront pour leurs décibels. Pourtant dans le panorama des ténors wagnériens, le français apporte une science des nuances et des couleurs rafraîchissantes. <strong>Natalya Romoniw</strong> avait la lourde tâche de remplacer Lise Davidsen. Moins volumineuse que sa consœur, elle dispose néanmoins de moyens conséquents qu’elle magnifie par une technique excellente et une présence scénique naturelle. Le personnage, malmené au départ, désespéré puis résolu, est crédible de bout en bout : le chant, ses nuances et ses inflexions épouse cette incarnation scénique. Dans la même veine, <strong>Elisabet Strid</strong> maîtrise toute la grammaire nécessaire à la composition de Brunnhilde. L’aigu est parfois un peu court dans les appels de son entrée mais on apprécie le trille qui n’est pas sacrifié. En ce soir de première, la soprano se voit contrainte à l’économie dans le dernier acte, la fatigue vocale l’emportant. Elle s’en tire avec les honneurs grâce à un <em>sprechtgesang</em> bien maîtrisé. <strong>Christopher Maltman</strong> enfin réunit toutes les qualités de ses partenaires de scène : endurance, puissance, sens des nuances, charisme scénique… aussi abouti que son Dieu du prologue, cette Walkyrie le voit justement triompher.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-londres/">WAGNER, Die Walküre – Londres (ROH)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux cent soixante réflecteurs en guise de rideau de fond de scène. Qui tour à tour s’allument à demi, et se nuent de couleurs d’ailleurs agréables, dorées ou bleutées, s’éteignent ou éblouissent, pour illustrer la dialectique jour/nuit qui court tout au long du livret de Wagner. Profusion de matériel électrique, qui est en somme le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux cent soixante réflecteurs en guise de rideau de fond de scène. Qui tour à tour s’allument à demi, et se nuent de couleurs d’ailleurs agréables, dorées ou bleutées, s’éteignent ou éblouissent, pour illustrer la dialectique jour/nuit qui court tout au long du livret de Wagner. Profusion de matériel électrique, qui est en somme le seul trait saillant de la mise en scène de <strong>Michael Thalheimer</strong>.</p>
<p>On avait gardé grand souvenir des partis pris très sanguinolents mais forts de sa production de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-geneve-un-parsifal-pour-des-temps-tragiques/">Parsifal sur la même scène</a>. On est d’autant plus désappointé de la transparence de sa mise en scène de <em>Tristan und Isolde</em>, qu’on qualifiera plutôt de mise en espace. Pour ne pas dire de quasi version de concert.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_PG_20240910_CaroleParodi_HD-8741-1-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-172244"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Elisabet Strid et Kristina Stanek © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Isolde entre sur le plateau en tirant difficultueusement une longue corde, comme pour hâler le bateau qui l’amène en Cornouailles. Ce bateau sera réduit à un parallélépipède noir, une manière de podium sur lequel elle sera juchée durant l’essentiel du premier acte, dans une robe de mariée blanche à volants, moitié poupée de Nuremberg, moitié vamp platinée un peu <em>cheap</em>. Face à ces falbalas, Brangäne devra, avec ses cheveux tirés en arrière et son gilet tailleur, se contenter d’une maigre silhouette de surveillante générale. Quant au chevalier Tristan et à son écuyer Kurwenal, ils auront à se satisfaire d’une chemise noire et d’un pantalon tire-bouchonnant. Voilà.</p>
<p>Et alors que se passe-t-il ? Pas grand chose. Ce qui en somme n’est pas contradictoire avec l’opéra de Wagner, où tout se déroule dans la nuit des consciences et le secret des âmes. À condition que la puissance finalement mortelle des conflits qui les soulèvent soit palpable, sensible, troublante, glaçante, saisissante, que la tension (électrique pour le coup !) déchaine des éclairs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_GP_20240903_CaroleParodi_HD-6570-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-172241"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Elisabet Strid © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un chef inspiré</strong></h4>
<p>Or, c’est plutôt une ambiance retenue qu’installe la direction (très belle) de <strong>Marc Albrecht</strong>, dès le début du prélude, le fameux <em>la</em> des violoncelles émergeant à peine du silence. De longues lignes s’étirant à l’infini, une attention aux textures, des sonorités enveloppées, introverties, c’est un poème symphonique d’une grande poésie sonore qu’il installe, retenant constamment le son, attentif à ne jamais couvrir les chanteurs, avec un <strong>Orchestre de la Suisse Romande</strong> en état de grâce. On admirera constamment le velouté sans faille des cordes, le fondu des bois, la fusion des pupitres, tous soutenant la lenteur des tempi, et le feutré de la dynamique. Mais aussi la palette de couleurs (belle évocation de la forêt au début du deuxième acte, avec les cors au loin). C’est l’élégance du chef allemand, l’émotion qui naît de sa retenue, qui assureront l’équilibre de la soirée et estomperont ses disparates. Et, <em>in fine</em>, la passion qu’il insufflera au troisième acte.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_PG_20240910_CaroleParodi_HD-9029-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-172245"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Gwyn Hughes Jones, Elisabet Strid et Kristina Stanek © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Simplement (?) chanter les notes</strong></h4>
<p>Non moins remarquables, les rôles que l’on n’ose dire secondaires. <strong>Kristina Stanek</strong>, passant outre à la silhouette étroite que lui dessine son costume, est une Brangäne au timbre très chaud, et aux amples phrasés, gagnant en richesse (et en volume) au fil de la représentation, pour culminer dans ses mises en garde au début du deuxième acte puis dans les appels, les troublants « Habet acht ! », qu’elle lancera telle une vigie du haut du troisième balcon, créant un effet acoustique saisissant. Soit dit en passant, le décor ouvert n’aide guère les chanteurs, qu’on n’entend vraiment que s’ils viennent à l’avant-scène. <br />Impeccable aussi, le Kurwenal du baryton norvégien <strong>Audun Iversen</strong> : timbre très riche, sens de la ligne de chant wagnérienne, jeu de scène sobre et juste, belle présence scénique. Il dessinera avec beaucoup de justesse la tendresse protectrice de l’écuyer, presque fusionnel avec son chevalier mourant, au troisième acte.<br />Très remarquable aussi, modèle de chant wagnérien, le roi Marke de <strong>Tareq Nazmi</strong>. Il avait été ici-même un Gurnemanz douloureux à souhait, inoubliable silhouette chancelante sur ses béquilles. Il est ici l’incarnation de la noblesse, de la douleur, de l’amitié blessée. Surtout, l’émouvante beauté de la ligne de chant, la justesse de l’intonation, la compréhension profonde de la mélodie wagnérienne, tout se conjugue pour donner une impression d’évidence. Il lui suffit d’être là, immobile à l’avant-scène, dans un long manteau blanc, pour qu’une certaine grandeur s’incarne enfin.<br />On nommera aussi le Melot de <strong>Julien Henric</strong>, dont les courtes phrases ont tôt fait de montrer la solidité (son costume beige assorti de chaussures blanches n’est pas vraiment un cadeau, non plus que les mouvements erratiques qu’on lui impose ni la piètre mise en place du duel), le matelot et le berger d’<strong>Emanuel Tomljenović</strong>, aux clairs appels, et le timonier de <strong>Vladimir Kazakov</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_PG_20240910_CaroleParodi_HD-9356-1-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-172247"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Elisabet Strid et Gwyn Hughes Jones au deuxième acte © Carole Parodi</sup></figcaption></figure>


<p>Restent les deux rôles principaux, écrasants. <strong>Elisabet Strid</strong> est-elle une Isolde ? C’est la question que nous nous serons posée tout au long du premier acte. C’est davantage une Salomé qu’on aura eu d’abord l’impression de voir. Nerveuse, frémissante, d’une énergie farouche, elle se lance à corps perdu dans l’incarnation de son personnage, dessinant une manière de femme-enfant, de <em>baby doll</em> que la mise en scène fait longtemps gésir sur le sol, comme accablée, loin de la grandeur altière qu’on prêterait à la princesse irlandaise. Il faut dire que l’écriture du rôle d’Isolde, très tendue dès son entrée en scène, le restera tout au long d’un acte terriblement exigeant. Elle y sera d’un engagement sans faille. Mais les lignes plus longues du deuxième acte lui seront plus favorables, dès son monologue exalté, « Frau Minne kenntest du nicht ? », portée qu’elle sera par l’élan flamboyant de Marc Albrecht.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_G_20240912_CaroleParodi_HD-0608-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-172238"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Elisabet Strid et Gwyn Hughes Jones © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Si loin de toi…</strong></h4>
<p>Mais la scène qu’on attend, c’est bien sûr le duo d’amour du deuxième acte.<br />Si belle qu’ait été, à la fin du premier, la très lente séquence orchestrale suivant l’absorption par l’un et l’autre du philtre, moment où Marc Albrecht étire voluptueusement à l&rsquo;infini le motif du Désir, l’embrasement des deux amants malgré eux avait sonné plutôt bousculé et d’une intonation indécise… <br />Le duo va selon nous souffrir de l’étrange éloignement l’un par rapport à l’autre où les maintiendra le metteur en scène. Et ce sera assez déconcertant de les voir à huit mètres l’un de l’autre quand Isolde célèbrera ce « und », le petit mot qui les unit… C’est un moment terriblement exigeant pour les voix où il est difficile dans le déferlement de passion de maintenir la ligne musicale et où l’on aura l’impression d’un certain manque d’homogénéité, notamment du ténor gallois <strong>Gwyn Hughes Jones</strong>. Ils se retrouveront dans le sublime appel à la nuit, « O sink hernieder, Nacht der Liebe », où l’extrême discrétion de l’orchestre permettra à leur prudent <em>mezza voce</em> de s’installer dans un moment chambriste et fusionnel auquel viendront s’associer les longues tenues de Brangäne,</p>
<p>Ce nocturne, sur le tempo étiré par le chef et les belles textures de l’OSR, trouvera son aboutissement dans la première apparition du thème du <em>Liebestod</em>, où les deux voix se transcenderont, notamment celle d’Elisabet Strid qui trouvera là ses meilleurs moments.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_G_20240912_CaroleParodi_HD-1061-1-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-172239"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Gwyn Hughes Jones au début du troisème acte © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un étonnant troisième acte</strong></h4>
<p>Mais d’un point de vue dramatique, c’est peut-être le troisième acte qui sera le plus réussi. Après un sublime prélude, moment suspendu d’une transparence infinie, on verra sur le plateau vide, le fastidieux mur de lumière ayant été remonté dans les cintres, entre Tristan hâlant un filin, le même qu’Isolde au premier acte, filin qui, on l’aura compris, symbolise à lui seul tout ce qu’il y a de maritime dans l’opéra…</p>
<p>Et on verra Tristan venir se coucher à terre au bord du plateau. Nudité de la scène, nudité de la voix : cet acte, c’est celui de la longue agonie du héros. Très habilement, et très efficacement, Gwyn Hughes Jones va adopter parfois une manière de <em>sprechgesang</em>, ou pour le dire moins anachroniquement, de parlé-chanté, sur le souffle, très peu timbré, et Marc Albrecht redoublera alors de précautions pour ne pas le couvrir. Le contraste entre cette faiblesse et la vigueur juvénile du Kurwenal d’Audun Iversen ajoutera à la force théâtrale inattendue de ce moment. <br />Usant parfois de la voix mixte, et se réservant de beaux éclats dans ce monologue où Tristan évoque « l’immense empire de la nuit universelle » d’où il est venu et qu’il va bientôt rejoindre, Gwyn Hughes Jones trouve là ses moments les plus émouvants. Tour à tour insurgé contre le destin, retombant épuisé, puis s’exaltant, à l’affût de la flûte du berger (superbe solo d’<strong>Alexandre Emard</strong> au cor anglais), dont la mélodie lui redit l’antique message « Mich sehnen &#8211; und sterben – Me consumer de désir et mourir ! »</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_PG_20240910_CaroleParodi_HD-9621-1-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-172248"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Gwyn Hughes Jones et Audun Iversen © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le retour de l’hémoglobine</strong></h4>
<p>Dans ses moments de puissance les plus enthousiastes, portés par un orchestre constamment animé, Gwyn Hughes Jones fera oublier les quelques difficultés de projection qu’on avait pu remarquer ici et là pour accéder à une grandeur héroïque saisissante. Celle dont on avait été en manque depuis le début de cette production. <br />Admirablement conduite par Marc Albrecht, irrésistible d’énergie et d’élan, viendra ensuite la longue montée vers le climax de l’arrivée d’Isolde, juste au moment où Tristan expirera, sur le thème du désir bien sûr, et en voix mixte. Très beau.</p>
<p>Après une ultime scène de cape et d’épée, pas très réussie, ni par Wagner ni par le metteur en scène, viendra le « Mild und leise » d’Isolde.</p>
<p>Petit détail intrigant, symptôme d’un tropisme sanglant chez Michael Thalheimer (cf. son <em>Parsifal</em>), on avait vu Tristan et Isolde, assis sur leur podium au deuxième acte comme deux enfants sur un ponton, s’ouvrir les veines du bras (vont-ils échanger leur sang, s’était-on demandé, la réponse est non). Ici, autre nouveauté, on va voir Isolde se trancher la gorge et l’hémoglobine couler sur le décolleté de sa robe noire (négatif de sa robe du premier acte), et c’est de ce geste qu’elle mourra, plutôt que transfigurée ou extasiée (<em>verklärt</em>) comme dit Wagner.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-25_GTG_Tristan-et-Isolde_PG_20240910_CaroleParodi_HD-9875-1-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-172250"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Gwyn Hughes Jones, Elisabet Strid : l&rsquo;image ultime du spectacle © Carole Parodi</sup></figcaption></figure>


<p>Ce célèbre air final, même s’il sera fort bien chanté et si on pourra y admirer à nouveau la ligne de chant d&rsquo;Elisabet Strid dans ses meilleurs moments et l’aisance de ses aigus, n’aura peut-être pas tout à fait la dimension immense qu’on se prend à attendre, à la hauteur des mots d’un Wagner plus cosmique que jamais (« Dans le flot universel de la respiration de l’univers, que je m’engloutisse, que je me noie, sans conscience, volupté suprême »).</p>
<p>Tout s’achèvera par un très très long point d’orgue de l’orchestre, comme pour suspendre le temps, concluant une représentation portée (heureusement) par les chanteurs et par un chef inspiré.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-geneve/">WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>STRAUSS, Salome — Bologne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/salome-bologne-examen-de-passage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Feb 2019 05:10:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Etrangeté du calendrier, c’est la deuxième distribution qui est affichée ce samedi soir au Teatro Communale de Bologne, alors que la presse et les spectateurs bruissent encore de la performance semble-t-il coup de poing d’Ausrine Stundyte la veille. Manuela Uhl dont le nom figure pour les brochures annuelles ne sera pas présente, une autre soprano &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Etrangeté du calendrier, c’est la deuxième distribution qui est affichée ce samedi soir au Teatro Communale de Bologne, alors que la presse et les spectateurs bruissent encore de la performance semble-t-il coup de poing d’Ausrine Stundyte la veille. Manuela Uhl dont le nom figure pour les brochures annuelles ne sera pas présente, une autre soprano est présentée sur les flyers trimestriels eux-mêmes démentis par le site internet du théâtre qui donne <strong>Elisabet Strid</strong> dans le rôle-titre&#8230; ce qu’une annonce devant le rideau viendra confirmer. <em>Che confusione </em>!</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/salome_2cast_elisabet_strid-salome_lioba_braun-erodiade_ian_storey-erode_d4_6467_acandrearanzi-studiocasaluci_tcbo.jpg?itok=zEutOIxO" title="© Andrea Ranzi - Studio Casaluci" width="468" /><br />
	© Andrea Ranzi &#8211; Studio Casaluci</p>
<p>Heureusement pour la soprano suédoise, la reprise de la mise en scène de <strong>Gabriele Lavia</strong> ne présente pas de difficulté : des terrasses de terre rouge, un trou vers la citerne du prophète, une lune blafarde omniprésente en fond de scène et une direction d’acteur assez peu présente, n’était-ce cette volonté de faire écarter les jambes en quasi permanence à l’adolescente pour caricaturer le texte d’Oscar Wilde, autrement plus subtil. On pourrait s’en contenter si le monologue final ne sombrait pas dans le ridicule : le corps décapité de Jochanaan est hissé par les pieds et pendouille depuis les cintres ; le sol se craquèle pour voir émerger une tête d’homme géante en albâtre sur laquelle Salome vient se tortiller pendant 15 minutes. On cherche encore la justification ou esthétique ou théâtrale d’un tel choix.</p>
<p>Le drame aura migré dans la fosse où l’orchestre ne présente pas de faiblesse, héritage des années de direction Mariotti. <strong>Juraj Valcuha</strong>, jeune chef slovaque et déjà directeur de l’orchestre de la Rai et du San Carlo de Naples, joue donc sur du velours. Sa direction s’attache à caractériser chaque ambiance et à laisser chaque soliste déployer sa propre palette. Ce soin du détail ne nuit pour autant pas à la conduite de l’action. La tension flue et reflue au rythme des scènes tout comme les nuances se succèdent au gré des capacités des solistes.</p>
<p>Les seconds rôles ne brillent guère sans démériter : si les cinq juifs ne sont pas très caractérisés tout occupés qu’ils sont à suivre le tempo de leurs interventions, les soldats tiennent eux leurs postes avec déjà plus de conviction. <strong>Enrico Casari</strong> (Narraboth) frôle l’accident à l’aigu à deux reprises. En conséquence, il s’en remet à la seule puissance pour venir à bout de ses interventions ce qui nuit au portrait d’un jeune chef de la garde enamouré. <strong>Ian Storey</strong> lui aussi bataille ferme avec les exigences rythmiques des répliques et jappements d’Erode. La voix disparait, pour ainsi dire dans un medium réduit au sprechgesang, et ne retrouve qu’éclat et volume sur certains morceaux de phrases et à l’aigu. Il en résulte une performance à trou à peine rachetée par un charisme scénique certain. <strong>Lioba Braun</strong> présente des qualités toute inverses avec une voix égale sur toute la tessiture, puissante et au timbre juste ce qu’il faut de nasal aux extrêmes pour colorer l’hybris de la reine débauchée. <strong>Elisabet Strid</strong> affiche un registre supérieur à l’épreuve de tout. Seulement Salome n’est pas un rôle qui le sollicite tant que cela. Aussi, a-t-on l’étrange impression qu’elle passe la soirée en grenouille presque aussi grosse que le bœuf, que quelques faiblesses viennent trahir dans le médium alors qu’il lui faut rendre les armes dans le grave réduit au chuchotement et certainement pas au sol grave. Dommage car l’engagement scénique et la crédibilité de la soprano sont au rendez-vous. Au final, la vraie confirmation de la soirée on la doit à <strong>Sebastian Holecek </strong>dont on sentait bien ce que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-frau-ohne-schatten-munich-lombre-de-lannee-derniere">les signatures en troupe à Munich</a> laissaient présager. Son Jochanaan possède déjà tout : puissance, souffle et moelleux jamais mis en défaut, ni par les phrases les plus longues ni par l’orchestre le plus touffu. Il surclasse le reste du plateau et ce rôle court mais éprouvant. C’est la règle que de sortir progressivement de là où l’on fait ses classes pour voler de ses propres ailes. Gageons que celle du baryton-basse autrichien le porteront tôt au tard vers le Walhalla. </p>
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		<title>WAGNER, Der fliegende Holländer — Lille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-fliegende-hollander-lille-chittagong-ton-univers-impitoyable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Apr 2017 03:26:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Lyon en 2014 et avant Bergen, Le Vaisseau Fantôme mis en scène par Alex Ollé jette l&#8217;ancre à l&#8217;Opéra de Lille. Sans partager l&#8217;enthousiasme absolu de Fabrice Malkani à l&#8217;issue des représentations lyonnaises, il est difficile de ne pas se laisser emporter par le flot visuel d&#8217;une approche arrimée au livret. On a trop &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/der-fliegende-hollander-lyon-fantastique-et-hyperrealiste">Lyon</a> en 2014 et avant Bergen, <em>Le Vaisseau Fantôme</em> mis en scène par Alex Ollé jette l&rsquo;ancre à l&rsquo;Opéra de Lille. Sans partager l&rsquo;enthousiasme absolu de Fabrice Malkani à l&rsquo;issue des représentations lyonnaises, il est difficile de ne pas se laisser emporter par le flot visuel d&rsquo;une approche arrimée au livret. On a trop souvent reproché à certaines interprétations scéniques leur parti pris abscons et leur réalisation maladroite pour ne pas apprécier une lecture aussi limpide que spectaculaire. Dès l&rsquo;ouverture, l&rsquo;image du bateau gigantesque battu par les vagues, comme prêt à s&rsquo;échouer dans la salle, est de celle que l&rsquo;on n&rsquo;oublie pas. Revers de la médaille, la faiblesse des éclairages imposée par la vidéo émousse les tensions entre protagonistes. L&rsquo;esthétisme étant affaire de goût, on avoue aussi avoir été dérouté par des costumes d&rsquo;un orientalisme étranger à l&rsquo;univers de Wagner. Note d&rsquo;intention lue, il s&rsquo;agit de la transposition de l&rsquo;intrigue dans le port de Chittagong, au Bangladesh, un des endroits les plus pollués du monde, surnommé « l&rsquo;enfer sur terre » qui pourrait aujourd&rsquo;hui accueillir les errances du Hollandais. Fallait-il vraiment actualiser le propos dramatique pour le rendre plausible ? Les émotions brassées par le roulis conjugué des mots et des notes ne sont-elles pas intemporelles ? Vaste débat que la proposition d&rsquo;Alex Ollé continue d&rsquo;entretenir. D&rsquo;autant que ce deuxième niveau de lecture peut sembler sommaire si on le compare à d&rsquo;autres approches plus psychanalytiques (Alexander Schulin au <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/le-chant-wagnerien-va-bien-merci">Wagner Geneva Festival en 2013</a> s&rsquo;il faut n&rsquo;en citer qu&rsquo;un).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="321" src="/sites/default/files/styles/large/public/holl4.jpg?itok=wa-8P665" title="© Frédéric Iovino" width="468" /><br />
	© Frédéric Iovino</p>
<p>Le plateau est dominé par le chant incisif et hargneux <strong>de Simon Neal</strong> dont les quelques erreurs d&rsquo;intonation participent au dessin à l&rsquo;encre noire d&rsquo;un Hollandais privé de sentiment, obstinément rivé à sa quête de salut. Appelée au dernier moment pour remplacer Catherine Naglestad souffrante, <strong>Elisabet Strid</strong> met à l&rsquo;épreuve dramatique son soprano encore lyrique, d&rsquo;autant plus fragile que le baryton de son partenaire est d&rsquo;acier. La fraîcheur du timbre et la lumière de la voix lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;élève sur la portée compensent l&rsquo;ampleur et la profondeur incandescente auxquelles nous ont habitué les grandes titulaires du rôle. En Erik, <strong>David Butt Philip</strong> privilégie l&rsquo;impact d&rsquo;un chant solide non exempt de duretés, au détriment d&rsquo;une écriture encore imprégnée d&rsquo;opéra italien. Plus que le Daland étonnamment juvénile de <strong>Patrick Bolleire</strong>, les seconds rôles s&rsquo;imposent, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du Pilote de <strong>Yu Shao</strong>, mozartien comme il se doit par le tracé élégant de la ligne, ou de <strong>Deborah Humble</strong>, finaliste de l&rsquo;International Wagner Competition à Seattle, qui n&rsquo;a pas besoin de jouer des coudes pour pousser Mary sur le devant de la scène.</p>
<p>Les chœurs masculins répondent mieux que leurs homologues féminins aux impératifs mouvementés de la partition. La cohésion massive de leurs interventions doit beaucoup à la direction d&rsquo;<strong>Eivind Gullberg Jensen</strong>, remarquable tant en termes de précision que d&rsquo;équilibre. Cette interprétation raisonnée, combinée aux couleurs claires et aux bois diserts de l’Orchestre national de Lille, rappelle s’il était nécessaire ce que le jeune Wagner doit encore à Weber. Prochaines représentations les 4, 7, 10 et 13 avril.</p>
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		<title>VON ZEMLINSKY, Der König Kandaules — Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-konig-kandaules-gand-poisson-davril-a-la-flamande/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2016 05:53:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut confier d’urgence à Andrij Zholdak une production de Dialogues des carmélites, rien que pour voir la tête des ayant-droit de Poulenc quand le metteur en scène ukrainien fera subir les derniers outrages à l’œuvre de leur cher disparu. Sans doute les descendants de Zemlinsky sont-ils trop heureux qu’on joue l’ultime opéra achevé de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut confier d’urgence à <strong>Andrij Zholdak</strong> une production de <em>Dialogues des carmélites</em>, rien que pour voir la tête des ayant-droit de Poulenc quand le metteur en scène ukrainien fera subir les derniers outrages à l’œuvre de leur cher disparu. Sans doute les descendants de Zemlinsky sont-ils trop heureux qu’on joue l’ultime opéra achevé de leur ancêtre pour oser protester et, de fait, proposer <em>Le Roi Candaule</em> est une excellente initiative de la part de l’Opéra des Flandres. Créé de façon très posthume en 1996 (soit plus d’un demi-siècle après la mort du compositeur) dans l’orchestration complétée par Antony Beaumont, ce <em>König Kandaules</em> n’a évidemment jamais été donné à Paris, ce serait trop beau, mais on a pu l’applaudir dans de nombreuses villes germaniques, en Argentine, à Palerme, à Liège et même <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/v1/concerts/candaule_nancy06.html">à Nancy</a>. Il y avait donc de quoi se réjouir que l’œuvre soit à nouveau programmée. Pourtant, quand on découvre le spectacle créé à Anvers et présenté à Gand, on aimerait pouvoir penser qu’il s’agit d’un canular. Et si la représentation du 1<sup>er</sup> avril avait été la première et non la quatrième, on pourrait croire que c’est une énorme plaisanterie. Pas du tout, hélas. Qu’Andrij Zholdak veuille explorer les motivations inconscientes des personnages, on le comprend : cette histoire de roi qui tient à montrer son épouse nue à un pêcheur rendu invisible par une bague trouvée dans un poisson offrirait sans doute un cas passionnant aux psychiatres et psychanalystes, et certains metteurs en scène ont fait leur miel de livrets aussi riches en fantasmes (on songe à ce que Robert Carsen, Claus Guth et Krzysztof Warlikowski ont tiré de <em>La Femme sans ombre</em>). Non, le problème, ici, c’est l’ahurissante visualisation de ces prétendus désirs subconscients, qui donne un air bien compassé au plus iconoclaste des happenings surréalistes. Dans une luxueuse demeure à trois niveaux et ascenseur intérieur, aux parois en acier brossé, les enfants que Candaule et sa femme n’ont pas sont présents du début à la fin de la représentation (les deux garçons se déguisent en chevalier et en princesse, jouent à tuer tout le monde à coup de pistolet, l’un d’eux est roulé dans une pâte à tarte, et ils finissent lardés de coups de couteau). Nyssia, que le roi rêve de montrer dévoilée à ses courtisans, n’est jamais voilée, bien sûr, mais change constamment de tenue et emprunte notamment les bottes en caoutchouc de Gygès, avant que celles-ci ne soient brièvement récupérées par Trydo, la femme du pêcheur (de son côté, Candaule portera un moment les escarpins argentés de sa femme). Nyssia fait s’écrouler le contenu d’un réfrigérateur, colle des lés de papier peint dans sa cuisine, le tout aux moments les plus paroxystiques, naturellement ; elle triture des fleurs à coups de ciseaux, et passe même des tulipes au mixeur. Aux différents étages, des domestiques s’affairent constamment, à piquer des quartiers de viande avec des baguettes pour les lancer ensuite aux quatre coins de la maison, l’un se fait flageller le postérieur avec une tapette à mouches, deux d’entre eux se déguisent en rats pour se sodomiser alternativement… Certains crieront au génie, tant mieux pour l’Opera Vlaanderen, qui est coutumier du fait.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/cand7.jpg?itok=XayqdEuN" title=" © Annemie Augustijns" width="468" /><br />
	© Annemie Augustijns</p>
<p>Heureusement, il suffit de fermer les yeux pour être transporté dans un tout autre univers, puisque les oreilles ont, elles, de grandes raisons d’être satisfaites. D’abord avec la direction de <strong>Dmitri Jurowski</strong> qui caresse depuis quinze ans le rêve de diriger cette partition plus que foisonnante, qu’il compare à un volcan en éruption perpétuelle. C’est d’ailleurs peut-être dans les passages purement orchestraux que la musique de Zemlinsky se montre la plus admirable, avec une violence et une rutilance instrumentale qui n’ont rien à envier à Richard Strauss. En hors de quelques rares plages de sérénité, l’écriture vocale ne ménage pas les interprètes ; là aussi, l’Opéra des Flandres a bien fait les choses. Pour les personnages secondaires, on retrouve des habitués de la maison, comme la basse sonore <strong>Till Faveyts </strong>ou le brillant ténor <strong>Michael Scott</strong>, vu notamment en « vieillard miteux » dans <em>Lady Macbeth de Mtsensk. </em>Nyssia exige une solide voix de soprano dramatique, et <strong>Elisabet Strid</strong> correspond au profil souhaité : Freia à Bayreuth dans la production Castorf en 2014, cette chanteuse suédoise en a déjà vu d’autres en matière de mise en scène. On aurait aimé un timbre plus lumineux dans l’aigu mais, face à un tel orchestre, on ne peut pas tout avoir. Le ténor russe <strong>Dmitry Golovnin</strong> ne semble guère éprouvé par la tessiture meurtrière de Candaule (habitué aux rôles « tuants », James O’Neal, créateur en 1996, est mort deux ans après, mais l’on espère que ce n’est qu’une coïncidence). Quant à <strong>Gidon Saks</strong>, c’est presque une surprise de l’entendre dans autre chose qu’un méchant pur et dur. Certes, Gygès tue sa femme et Candaule, mais il est sans doute le personnage le plus sincère. Par la force de sa projection, le baryton sud-africain s’impose sans peine en pêcheur, seuls quelques aigus sonnant un peu plats parfois. Bravo à tous, en tout cas, d’être sortis indemnes des « couches de sens » ajoutées par Andrij Zholdak.  </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/der-konig-kandaules-gand-poisson-davril-a-la-flamande/">VON ZEMLINSKY, Der König Kandaules — Gand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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