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	<title>Guillaume Saintagne, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<title>Guillaume Saintagne, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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		<title>Marc Mauillon : « Mettre sa voix dans les voyelles, pas l’inverse »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/marc-mauillon-mettre-sa-voix-dans-les-voyelles-pas-linverse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 05:46:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux complices évoquent leur récital imaginé comme un clin d’œil tendre et frondeur à tout un pan oublié de la chanson française (ce récital a déjà été donné à Venise en octobre 2025). Artisans du mot heureux, complices d’une guitare « à moustaches » et amoureux des répertoires qui mordent le réel par le biais du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Les deux complices évoquent leur récital imaginé comme un clin d’œil tendre et frondeur à tout un pan oublié de la chanson française (ce récital a déjà été donné <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marc-mauillon-venise/">à Venise</a> en octobre 2025). Artisans du mot heureux, complices d’une guitare «</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">à moustaches</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">» et amoureux des répertoires qui mordent le réel par le biais du sous-entendu. Dialogue enjoué, où l’on croise des goguettes, des luthiers de Mirecourt, Peter Sellars, Loge et même un oiseau enrhumé.</span></p>
<p><b>Comment présenteriez-vous ce programme ?</b></p>
<p><b>Marc Mauillon</b><span style="font-weight: 400;"> &#8211; C’est un bouquet de chansons badines, délicieusement équivoques, jamais vulgaires</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: tout se joue dans le sous-entendu. L’impératif, du coup, c’est une diction sans faille. On joue en duo avec Pascal à la guitare, une historique de 1830 «</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">à moustaches</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">» (référence à la décoration de sa table d’harmonie) fabriquée dans la lutherie vosgienne de Mirecourt. </span></p>
<p><b>Pascal Sanchez</b><span style="font-weight: 400;"> &#8211; En cherchant un répertoire écrit pour guitare (pas des transcriptions), je suis tombé sur un premier recueil de chansons et de fil en aiguille j’ai fini par en dénicher plus de 400. Je me suis tout de suite dit : « c’est pour Marc », je ne me voyais pas accompagner quelqu’un d’autre sur ces partitions. Nous les avons toutes épluchées et en avons gardé une vingtaine. </span></p>
<p><b>MM</b><span style="font-weight: 400;"> &#8211; Musicalement, ces pages sont joliment troussées</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: la mélodie compte autant que le texte. Alexandre Dratwicki nous a aussi menés sur le terrain des goguettes, ce laboratoire de transgression chantée</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">— y compris les chansons licencieuses. On est dans la continuité très française des chansons à boire, avec l’esprit cabaret qui cligne de l’œil.</span></p>
<p><b>Quelles étaient les conditions de création de ces chansons</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">PS &#8211; Entre la mort de Louis XV et l’ère napoléonienne, dans des «</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">petites maisons</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">» où l’on cultivait l’espièglerie sociale. La guitare, passée du modèle baroque à doubles cordes (qui réclamaient un continuo pour la basse) à une facture plus moderne à cordes simples avec sixième corde grave, a permis de se passer du continuo et d’oser des formats en guitare seule.</span></p>
<p><b>Et les goguettes, c’était politique…</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">PS &#8211; Oui, des lieux de transgression par excellence. On a aussi trouvé beaucoup de chansons politiques, mais je ne les ai pas retenues</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: elles sont trop liées à l’actualité d’alors, dont nous avons perdu les codes. On privilégie l’esprit, le sel du langage.</span></p>
<p><b>Avez-vous une chanson préférée parmi celles du programme ?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">MM – Oui</span><i><span style="font-weight: 400;"> La Cloche</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p><b>PS</b><span style="font-weight: 400;"> &#8211; </span><i><span style="font-weight: 400;">Le lan la</span></i><span style="font-weight: 400;">, </span><i><span style="font-weight: 400;">L’Oiseau enrhumé</span></i><span style="font-weight: 400;">, </span><i><span style="font-weight: 400;">Ne vous y fiez pas</span></i><span style="font-weight: 400;"> – qui installent une vraie connivence avec le public.</span></p>
<p><b>On pourra réentendre ce programme ailleurs</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><b>MM</b><span style="font-weight: 400;"> &#8211; Oui, au moins à Tourcoing pour le moment, et peut-être sur l’île du Levant cet été.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">(la suite de l’entretien se poursuit avec Marc Mauillon uniquement)</span></p>
<p><b>Qu’est-ce qui vous a amené au chant, et à l’opéra en particulier</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">À dix ans, j’ai tenu un rôle dans </span><i><span style="font-weight: 400;">L’Arche de Noé</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Britten</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: coup de foudre immédiat. Personne n’était musicien professionnel dans ma famille, mais je chantais en chœur d’enfants, j’ai donc fait de la musique très tôt. Étant aussi instrumentiste (flûte), j’ai vite appris à bien lire la musique et me voilà à fréquenter Stockhausen et Berio à Montbéliard dont le conservatoire possédait un fonds très important. Dès mon arrivée à Paris, on m’a donc naturellement proposé de chanter plusieurs créations de jeunes compositeurs. En parallèle, l’adolescence me voit m’éprendre de Caccini, des airs de cour. Ce double mouvement, ancien/contemporain, ne m’a jamais quitté. Ce sont des grammaires musicales très différentes. Les compositeurs contemporains m’ont aidé à ouvrir de nouvelles dimensions dans ma voix. Et quand on passe à la comédie musicale, il faut en plus gérer le micro, les chorégraphies, c’est très enrichissant.</span></p>
<p><b>Y-a-t-il des figures qui vous ont marqué</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Mon professeur Denis Morrier, musicologue, grand monteverdien, qui, bénévole à Ambronay, me passait des disques. Et puis des voix</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: je suis depuis toujours fan de Véronique Gens, et de voix comme celle de Claire Lefilliâtre (son disque Moulinié</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">!). Leur intelligence du verbe m’a formé l’oreille.</span></p>
<p><b>Comment abordez-vous un rôle baroque par rapport à un rôle du répertoire contemporain ?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Par une méthode de travail qui épouse la nature du rôle. Le baroque demande une rhétorique, une souplesse d’ornement, une façon d’asseoir la prosodie. Le contemporain, lui, peut vous désaxer – et c’est tant mieux. </span></p>
<p><b>On vous dit maniaque du mot.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je n’ai pas l’impression de travailler «</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">spécifiquement</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">» le mot</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: j’ai été nourri par la tragédie lyrique qui exige d’habiter la langue. Quand j’enseigne, je répète</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: «</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">mettez votre voix dans vos voyelles, pas l’inverse</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">». Là-dessus, je ne transige pas. A une époque, je bataillais même pour faire retirer les surtitres mais j’ai depuis compris qu’ils permettaient une meilleure accessibilité pour le public ne parlant pas la langue. </span></p>
<p><b>Cette manière de chanter est-elle le fruit d’un travail esthétique intentionnel ou votre manière naturelle de chanter depuis le début ?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">À 25 ans, j’ai eu une petite crise salutaire</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: après quinze ans de cours, j’ai voulu retrouvé la responsabilité de mon son. J’ai donc arrêté les cours. Je travaille avec des enregistrements, j’écoute, je corrige. C’est un travail d’autonomie qui cadre bien avec ma personnalité.</span></p>
<p><b>Quelle place tient le collectif par rapport au soliste</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Primordiale. Ma grande réussite, c’est de ne faire désormais que des choses que j’aime, avec des gens que j’aime. </span></p>
<p><b>Une collaboration qui vous enthousiasme</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Sur </span><i><span style="font-weight: 400;">Castor &amp; Pollux</span></i><span style="font-weight: 400;"> à Garnier, Peter Sellars m’a bluffé</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: il connaissait la partition par cœur, et j’ai pu parler de musique médiévale avec lui. Sa direction d’acteurs est faite pour être vue de près</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: une précision chirurgicale.</span></p>
<p><b>Et côté rôles à venir</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Loge dans </span><i><span style="font-weight: 400;">L’Or du Rhin</span></i><span style="font-weight: 400;"> en 2028, mais je ne suis pas encore autorisé à vous dire où. Heureusement qu’il y a des directeurs d’opéra pour vous faire de telles propositions en vous entendant dans tout autre chose. A l’avenir j’adorerai chanter Le Comte des </span><i><span style="font-weight: 400;">Noces</span></i><span style="font-weight: 400;">, ou des rôles écrits pour les grands baryténors, notamment chez Handel : c’est un répertoire idéal pour ma voix et pour ce que j’aime incarner.</span></p>
<p><b>Ce métier vous semble-t-il plus difficile aujourd’hui</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Il est beaucoup plus difficile de commencer qu’à mon époque. Je le vois chez mes étudiants. L’incertitude plane sur l’avenir de certaines maisons d’opéra. Et pourtant, les gens sont ravis de venir </span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">: rien n’a changé là-dessus. Ça se fera autrement. Il y a de plus en plus de petites structures qui se montent</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">; mes expériences dans des petits festivals sont très riches. Dans les grandes maisons, il y a parfois moins de proximité. Je suis touché par l’énergie folle des organisateurs locaux.</span></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><b>Minute badine</b></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Vous chantez sous la douche</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"> Non.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Ça se passe comment avec les voisins</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"> Chez moi, je ne chante que mezzo voce, je vais dans mon studio quand il faut hurler.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Est-ce qu’il y a des choses à ne surtout pas manger avant d’entrer scène</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"> Oui, tout.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Le compliment le plus étrange</b><b> que vous ayez reçu </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"> «</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">C’est désagréable mais finalement ça sonne</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">». C’était maladroit mais une façon de reconnaître que l’uniformisation de l’émission est finalement récente, et que mon émission originale rejoint une forme de vérité historique.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Et le plus touchant</b><b> </b><b>?</b><span style="font-weight: 400;"> Une amie violoncelliste m’a dit que sa petite fille très malade riait aux éclats en me voyant dans </span><i><span style="font-weight: 400;">King Arthur</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Retrouvez Marc Mauillon le </span><span style="font-weight: 400;">9 avril </span><a href="https://sallecortot.com/event/airs-serieux-et-a-boire-ensemble-les-epopees-avec-stephane-fuget/"><span style="font-weight: 400;">Salle Cortot</span></a><span style="font-weight: 400;">, puis à </span><a href="https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/programmation/l-arlesienne/"><span style="font-weight: 400;">Rouen</span></a><span style="font-weight: 400;"> les 10 et 11 dans l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Arlésienne</span></i><span style="font-weight: 400;"> et </span><i><span style="font-weight: 400;">le Docteur Miracle</span></i></p>


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			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Ascanio in Alba &#8211; TCE</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-ascanio-in-alba-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composé juste après un opera seria époustouflant (Mitridate) et un superbe oratorio (La Betulia liberata), cet Ascanio in Alba est loin d&#8217;être l’œuvre la plus populaire de Mozart. Festa teatrale de circonstance (un mariage princier), elle contient bien des séductions et au moins un passage connu, le second air du berger Fauno, plus bel exemple de l’exubérante virtuosité de la partition. A &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Composé juste après un <em>opera seria</em> époustouflant (</span><i><span data-contrast="auto">Mitridate</span></i><span data-contrast="auto">) et un superbe oratorio (</span><i><span data-contrast="auto">La Betulia liberata</span></i><span data-contrast="auto">), cet </span><i><span data-contrast="auto">Ascanio in Alba </span></i><span data-contrast="auto">est loin d&rsquo;être l’œuvre la plus populaire de Mozart. <em>Festa teatrale</em> de circonstance (un mariage princier), elle contient bien des séductions et au moins un passage connu, le second air du berger Fauno, plus bel exemple de l’exubérante virtuosité de la partition. A l’orchestre d’abord, même s’il faut bien avouer que Mozart semble souvent utiliser des formules toutes faites, beaucoup de ritournelles se ressemblent et la direction uniformément vive de <strong>Christophe Rousset</strong> n’aide pas à les distinguer. Ses <strong>Talens lyriques</strong> sont ce soir encore la belle machine que l’on connait, précision et entrains jamais pris en défaut, l’ouverture est coruscante mais une mécanicité certaine s’installe vite tandis que les cordes éclipsent leurs collègues. Virtuosité chez les chanteurs ensuite : à l’exception du rôle-titre écrit pour un castrat en fin de carrière (alors que censé être le pendant du jeune marié !) à la partie plus simplement expressive, il faut des chanteurs hors pair pour faire vivre ce divertissement dont le livret est affligeant (action niaiseuse, poésie ras-des-pâquerettes et récitatifs interminables). Ce n’est pas vraiment le cas ce soir et trop se réfugient dans des poses compassées et surjouées.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">On commence par le <strong>jeune chœur de Paris</strong> dont les départs sont parfois flous mais qui offre une présence vivante à une musique des plus conventionnelles. La Vénus de <strong>Mélissa Petit</strong> est une technicienne très solide, aux aigus percutants mais le medium est en retrait et la projection limitée. <strong>Alasdair Kent</strong> est un belcantiste aussi énergique et audacieux que peu soigneux : à coté de nombreux aigus désagréables, il n’a pas l’étendue nécessaire à son second air dont les vocalises sont passablement savonnées, sans parler des trilles tout juste esquissés. En promise, <strong>Anna El-Khashem</strong> peine à convaincre dans son premier air mélancolique ; si le suraigu n’est pas son fort, ses vocalises au staccato très serré sont efficaces quoique peu gracieuses. Reste un beau medium et un jeu que l’on pourra trouver trop extérieur même s’il permet de faire vivre ses nombreux récitatifs accompagnés. En héros éponyme, <strong>Alisa Kolosova</strong> jouit de très beaux graves sonores et bien timbrés, l’actrice est investie, toutefois la chanteuse pourrait oser davantage, notamment aux da capi. Pour le berger Fauno <strong>Eleonora Bellocci</strong> souffre de suraigus stridents largement compensés par un timbre à la fois fumé et acidulé immédiatement reconnaissable et surtout une probité technique qui lui permet de bien focaliser sa voix sur toute la tessiture tout en osant des variations surprenantes, malgré une dernière cadence un peu décevante.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
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		<item>
		<title>HANDEL, Orlando &#8211; TCE</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/handel-orlando-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre continuent leur exploration du répertoire haendélien pour notre plus grand plaisir. Quelques années après un retour à Ariodante, et une Alcina très symphonique, c’est au tour d’Orlando de bénéficier de leur attention, et c’est peu dire qu’on espère qu’un disque suivra également. Cet orchestre a toutes les qualités &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marc Minkowski</strong> et ses <strong>Musiciens du Louvre</strong> continuent leur exploration du répertoire haendélien pour notre plus grand plaisir. Quelques années après un retour à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-quand-lorchestre-vole-la-vedette/"><em>Ariodante</em></a>, et une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-paris-philharmonie-alcina-symphonique/s-quand-lorchestre-vole-la-vedette/"><em>Alcina</em> très symphonique</a>, c’est au tour d’<em>Orlando </em>de bénéficier de leur attention, et c’est peu dire qu’on espère qu’un disque suivra également. Cet orchestre a toutes les qualités d’une grosse cylindrée (30 musiciens sur scène, une basse continue qui ronronne comme il faut) qui sait rester précise dans les virages, et c’est plus qu’un enchantement de les voir sublimer des airs que l’on pensait connaitre par cœur : « Non fu gia » et son balancement parfaitement maitrisé, quitte à faire un peu trop sonner les cors, « Non portra dirmi ingrata » dans lequel les cordes semblent vouloir déstabiliser Angelica et ses fausses certitudes ou « Sorge infausta » pour lequel les altos se lèvent afin de mieux répandre leur doubles croches. Incroyable dans une œuvre si fréquentée, ils nous donnent même le sentiment d’entendre certains passages pour la première fois : la scène de la folie est clairement la meilleure version que nous ayons jamais entendue, notamment grâce à ces « Che del pianto ancor nel regno » hallucinés et étirés avec une justesse confondante ; enfin « Gia l’ebro mio ciglio » qui nous avait toujours semblé un air un peu faible se révèle une miniature bouleversante par la finesse du jeu des deux altistes qui entourent le héros. On en viendrait presque à se demander comment on a pu jouer cette musique autrement auparavant, et pourtant la version qu’en avait donné Christophe Rousset l’année précédente au Châtelet nous avait particulièrement séduits. On leur pardonne donc aisément les quelques petits couacs ou départs ratés qui ont émaillé la soirée, et un trio dont la porcelaine mélancolique était trop rapidement brossée, malgré un très beau da capo mezzo voce.</p>
<p>Dans un tel écrin, agrémenté d’une petite mise en espace sans prétention mais bienvenue pour une action dirigée par un magicien et Cupidon, il fallait des chanteurs à la hauteur. Tous ne sont pas parfaits mais capables de tenir les tempi audacieux voulus par le chef et d’affirmer leur personnalité. Le Zoroastre d’<strong>Edward Jowle</strong> est un peu vert : rien à redire sur la prestance et l’endurance, le volume est correct sans être impressionnant mais le timbre est beau, par contre on note une vraie difficulté à triller et des variations encore timides. La Dorinda d’<strong>Alina Wunderlin</strong> a pour elle une vraie nature comique qui lui permet d’immédiatement capter la sympathie du public. Styliste affutée (très beaux passages sur le souffle dans « Se mi rivolgo al prato » qui nous rappellent la regrettée Olga Pasichnyk) et voix bien focalisée compensent un manque de graves patent, qu’elle dissimule habilement par des expédients comiques pour le <em>canto di sbalzo</em> d’« Amor e qual vento », comme le faisait sans doute la créatrice du rôle cela dit en passant. <strong>Yuriy Mynenko</strong> peine par contre à trouver ses marques en Medoro : la résonance spectaculaire de sa voix est intacte mais le chanteur se limite trop souvent à une expression assez superficielle qui ne sauve pas le personnage le moins intéressant du drame. « Verdi allori » est certes très délicat mais assez impersonnel.</p>
<p>Choix intéressant que le soprano revêche d’<strong>Ana Maria Labin</strong> pour Angelica : bien plus à sa place ici qu’en Ginevra, elle permet de révéler le caractère assez peu aimable, disons-le, de l’héroïne tout en rendant justice à la beauté de la partition. On pourra certes regretter un chant parfois plus affecté que sincère (« Verdi piante » aurait gagné à plus de simplicité), et un aigu toujours astringent mais le medium charnu, ces trilles à tous les étages, l’ambitus crânement assumé, et l’aisance dramatique font merveille pour illustrer les différentes facettes du personnage.</p>
<p>Le coup de tonnerre de la soirée vient néanmoins d’<strong>Aude Extrémo</strong> : annoncée tardivement pour ce concert et alors qu’on ne lui connaissait aucune incursion dans le répertoire des castrats, le coup d’essai est un véritable coup de maître et l’on rêve maintenant qu’elle interprête tous les rôles écrits pour Senesino. Non seulement la profondeur de ses graves et les moirures de son timbre ne sont pas élimés par l’agilité qui requiert une certaine canalisation de son énorme voix, mais les récitatifs sont suprêmes, les variations splendides et risquées, le souffle presque jamais pris en défaut. « Cielo se tu consenti » est épatant malgré la violence des archets qui semblent lacérer le héros, et fait oublier le léger manque de justesse de « Fami combattere » qui restait de toute manière très excitant. La scène de la folie est anthologique : excessive tout en restant très racée. Ne lui manque qu’une expression plus continue dans les vocalises : novice dans ce répertoire, elle doit encore choisir entre la qualité de leur exécution et leur plénitude théâtrale.  Nul doute que cela sera bientôt du passé.</p>
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		<title>LULLY, Atys &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Reprise attendue ce soir à Versailles d’un spectacle très bien accueilli tant par la critique que par le public. Si le succès ne se dément pas aux applaudissements, nous avouons être réservé sur cette production qui convainc plus visuellement que musicalement.  Peu à redire sur la mise en scène/chorégraphie d’Angelin Preljocaj  pour une tragédie lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Reprise attendue ce soir à Versailles d’un spectacle très bien accueilli tant par la critique que par le public. Si le succès ne se dément pas aux applaudissements, nous avouons être réservé sur cette production qui convainc plus visuellement que musicalement.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Peu à redire sur la mise en scène/chorégraphie d’<strong>Angelin Preljocaj </strong> pour une tragédie lyrique dont les scènes les plus célèbres portent sur le sommeil puis la folie, poétiser l’ensemble de l’espace scénique par la danse, autant que la langue l’est par la musique est très fertile esthétiquement. Sans compter que les chorégraphies évoluent avec le propos de plus en plus passionné de Quinault : au hiératisme initial succède peu à peu plus de fluidité sensuelle. On pourrait presque y voir un résumé du parcours stylistique du chorégraphe, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sa propre troupe qui danse ici (mention spéciale au très bel Atys de Valen Rivat-Fournier). Les danseurs doublent ou environnent des chanteurs qui dansent eux-mêmes et surlignent ainsi le propos dramatique (les tournoiements de Sangaride autour d’Atys et Célénus au III). On ne cherche pas à révéler un sens caché, à rapprocher ce drame du quotidien du spectateur. Comme chez Villégier, l’étrangeté et l’éloignement de ce monde sont entretenus. Par des costumes irréels antiquo-japonisants et par un décor minimaliste qui se transforme au fil des actes : des murs lézardés du temple ne restent bientôt plus que les fissures, qui sont en fait les racines du pin, arbre dans lequel Cybèle assurera l’éternité de l’objet malheureux de son désir. La stylisation maniaque de tout l’espace est aussi ce qui nuit aux deux premiers actes : déjà faibles dramatiquement, ils sont réfrigérés par un tel traitement et nous valent un premier duo des amants glacial et une fête bien guindée. Dans ce contexte, le raccourcissement drastique du prologue n’est pas une mauvaise chose. </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Musicalement par contre, nos oreilles françaises ne trouvent pas les mêmes charmes à cette distribution internationale qu’aux chanteurs francophones entendus dans les dernières productions de l’œuvre. Rappelons que c’est sans doute l’œuvre de Lully qui laisse le plus de place au texte (Villégier faisait répéter le texte aux chanteurs à la table, comme des acteurs), et que l’exactitude de la prononciation ne suffit pas à assurer l’éloquence. A ce jeu, ce sont les seconds rôles qui s’en tirent le mieux : <strong>Lore Binon</strong> est une Mélisse lumineuse, <strong>Luigi De Donato</strong> un Sangar très vivant et <strong>Mariana Flores</strong> une Doris très présente. L’acmé vocale de la soirée est atteinte par un quatuor du sommeil particulièrement luxueux : si <strong>Victor Sicard</strong> est un Idas bien terne, il campe un <strong>Phobétor</strong> impressionnant, très bien appareillé au Phantase caverneux d’<strong>Attila Varga-Tóth</strong> ;  <strong>Valério Contaldo</strong> est rayonnant en Morphée, et <strong>Nicholas Scott</strong> irradie en Sommeil, à tel point que la performance de l’autre ténor de la soirée s’en trouve un peu éclipsée. <strong>Matthew Newlin</strong> a en effet bien des qualités (projection, présence, prononciation) mais il sacrifie fréquemment la grâce à la puissance, au point d’abimer son timbre dans des aigus souvent nasillards et de se contenter d’un jeu fougueux mais maladroit (cet air benêt quand Cybèle le sort de sa folie). Son amante est plus élégante et adamantine mais <strong>Ana Quintans </strong>livre un « Atys est trop heureux » peu imaginatif et cède à la mièvrerie dans sa plainte du troisième acte. <strong>Andreas Wolf</strong> a plus de mal à se faire comprendre mais il compense une articulation ouateuse par une opulence vocale et une grande probité dramatique. C’est toutefois à la Cybèle de <strong>Giuseppina Bridelli</strong> à laquelle un riche répertoire d’accents fait le plus défaut. Aucun doute sur le fait que ce soit une excellente chanteuse, mais la comparaison avec ce dont elle est capable dans Cavalli souligne tout ce qui lui manque ici : plus de variété dans les affects. Il faut ici une diseuse extraordinaire, or « Espoir si cher » ou le final sont investis et sensibles mais répétitifs, si bien que le personnage y perd sa divinité menaçante sans pourtant nous émouvoir par son humanité, insuffisamment fouillée. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Si le <strong>Chœur de l’Opéra royal</strong> souffre d&rsquo;une insuffisante netteté, la donne est plus heureuse avec une <strong>Cappella Mediterranea</strong> au son toujours aussi velouté et aux rythmiques ductiles, parfois un peu ivre de son faste. <strong>Leonardo García Alarcón</strong> organise cette atmosphère oniroïde avec un certain déficit de nervosité au continuo et des contrastes parfois trop atténués. On aime notre Lully plus sec.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
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		<title>VIVALDI &#038; ALII, Tamerlano &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-alii-tamerlano-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 08:49:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt ans déjà que Fabio Biondi révélait les charmes de ce pasticcio dans un enregistrement resté célèbre. Et il le faisait avec une distribution exceptionnelle, pas toujours rodée à ce répertoire, mais au brillant vocal indéniable. Depuis, peu d’équipes ont osé affronter cet everest. Après un premier essai en 2016 à Beaune, Thibault Noally y &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans déjà que Fabio Biondi révélait les charmes de ce pasticcio dans un enregistrement resté célèbre. Et il le faisait avec une distribution exceptionnelle, pas toujours rodée à ce répertoire, mais au brillant vocal indéniable. Depuis, peu d’équipes ont osé affronter cet everest. Après un premier essai en 2016 à Beaune, <strong>Thibault Noally</strong> y revient ce soir en ajoutant les mêmes airs pour compléter les lacunes de la partition, mais avec une distribution inégale. On le sait, Vivaldi a pioché dans ses propres œuvres les airs des Ottomans (Bajazet, Asteria &amp; Idaspe) et chez les compositeurs de l’école napolitaine rivale ceux du camp adverse (Tamerlano, Andronico &amp; Irene). Pour cette « battle » de haut vol, il faut des adversaires exceptionnels. Ce que n’est hélas pas <strong>Eva Zaïcik</strong> : si son « Vedro con mio diletto » convainc grâce au velouté de sa voix, il révèle aussi que c’est une actrice peu imaginative à l’agilité limitée (« Spesso tra vaghe rose » trop répétitif et « Destrier ch’all armi usato » aux vocalises savonnées alors que déjà simplifiées). <strong>Renato Dolcini</strong> propose un jeu bien plus juste et investi en Bajazet, mais on préfère une basse plus profonde et à la projection plus autoritaire dans un tel rôle, même si le doute plane sur la tessiture de son créateur. Si ses variations sont bien exécutées, un air clé comme « Dov’e la figlia » reste plus geignard qu’impérieux, et c’est dans les récitatifs qu’il est finalement le plus marquant. <strong>Anthea Pichanik</strong> a le contralto requis pour chanter sa fille, l’art de la prosodie aussi pour un rôle qui fait la part belle au chant syllabique. Son émission ductile fait merveille dans son premier lamento, avant un gros loupé qui la voit chercher son texte tandis que l’orchestre se dirige d’un pas hésitant vers la partie B. Elle trouve la véhémence nécessaire dans « Stringi le mie catene » puis le terrible « Svena, uccidi » ou dans les récitatifs, mais on regrette un manque de résonnance qui assèche ses fins de phrase et semble découper la ligne de chant. Par ailleurs, la virtuosité et les montées vers l’aigu sont pris en défaut (trilles complètement étranglés sur les mots « piaghe », « strage » et « sempre »). L’art de <strong>Carlo Vistoli</strong> nous laisse froid mais on ne peut nier que sa composition est très aboutie sur le plan dramatique et extraordinaire sur le plan vocal. L’ambitus du rôle est assumé avec panache, sans craindre la rupture entre les registres (qui pourra gêner) et le virtuose a les moyens de ses ambitions (quelle vaillance dans « Barbaro traditor » !). Reste une différence de volume certaine entre le medium (en retrait) et les aigus (rayonnants).</p>
<p><strong>Julia Lezhneva</strong> que l’on trouvait inexpressive il y a encore quelques années semble avoir mangé du lion dès son récitatif d’entrée et son farinellien « Qual guerriero » qu’elle attaque trop tôt avec l’envie d’en découdre. Elle s’est rarement confrontée à une tessiture aussi large et la prise de risque pour cette voix assez centrale est payante : certes elle doit respirer au milieu des (infinies) vocalises, certes la projection est mal égalisée et la justesse des notes extrêmes aléatoires, mais on ne peut pas lui reprocher d’éluder la difficulté, jusque dans un da capo qui prouve qu’elle n’a pas froid aux yeux. A force d’avoir entendu l’apparente facilité de Vivica Genaux dans cet air, on réalise ce soir à quel point il est inchantable ! « Sposa, son disprezzata » est plus dans ses cordes et elle y fait usage de tout le dictionnaire bel cantiste (étonnante arabesque à la reprise) malgré quelques aigus trop métalliques. On pourra s’agacer que son dernier air « Son tortorella » soit réduit à une immense cadence, mais qui est capable aujourd’hui de tenir ainsi toute une salle suspendue à la surprise de ses coloratures ?</p>
<p>Le personnage le plus anecdotique de la soirée, Idaspe, est tenu par la formidable <strong>Suzanne Jerosme</strong> qui après Bayreuth (<em>Carlo il Calvo</em> de Porpora) et Innsbruck (<em>Rex Salomon</em> puis <em>Ifigenia</em> de Traetta) n’en finit pas de nous époustoufler. A part une projection modeste, on sait que louer en premier : l’élégance, le naturel et la sensibilité du ton (miraculeux « Nasce rosa »), la fausse légèreté de sa virtuosité dont la méticulosité est au service de l’éclat (les trilles et les notes piquées dans « D’ira e furor armato ») ou l’attention au texte (on entends la moindre consonne dans le délirant « Anche il mar » popularisé par Cecilia Bartoli).</p>
<p><strong>Thibault Noally</strong> soigne l’équilibre du plateau, les dynamiques et l’homogénéité du son de ses <strong>Accents</strong>, quitte à ne pas faire assez ronfler une basse continue pourtant fournie (on y trouve même un orgue !). Le manque de répétitions est sans doute aussi responsable du défaut d’assertivité de solistes (pourtant excellents tel le cor concertant dans « D’ira e furor armato » importé de <em>Motezuma</em> où il était écrit pour une trompette) ou des ensembles (quatuor passablement raté).  Les excellentes variations de tous les airs sont certainement de la main du chef, signalant une fois de plus sa parfaite compréhension de ce répertoire.</p>
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		<title>Récital Marc Mauillon &#8211; Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marc-mauillon-venise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’ancienne salle de bal de son Palazzetto (en réalité un « casino », c’est à dire une petite « Ca », annexe dédiée aux plaisirs de la grande demeure qui a, elle, disparu) la Fondation Bru Zane poursuit son programme dédié à la musique légère française. Hier les ensembles d’opérettes, aujourd’hui la chanson badine &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Dans l’ancienne salle de bal de son Palazzetto (en réalité un « casino », c’est à dire une petite « Ca », annexe dédiée aux plaisirs de la grande demeure qui a, elle, disparu) la Fondation Bru Zane poursuit son programme dédié à la musique légère française. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-french-touch-venise/">Hier</a> les ensembles d’opérettes, aujourd’hui la chanson badine accompagnée de la seule guitare, et la semaine suivante, <a href="https://bru-zane.com/fr/stagione-2025-2026/evento/oh-la-la/">les Années folles</a></span><span data-contrast="auto">.  Convoquant l’esprit des salons parisiens, ses douces provocations et ses galanteries à demi voilées, ainsi que des cabarets et leur malice, les artistes ressuscitent ces chansons élégamment grivoises, du XVIIIᵉ siècle à Hervé : une plongée souriante mais exigeante dans une France moqueuse, joueuse et souvent tendre. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Ce programme, on le doit avant tout au guitariste <strong>Pascal Sanchez</strong> : en quête de partitions dédiées à la guitare romantique de 1830 qu’il possède (« à moustache » comme il l’appelle en plaisantant, en raison du motif qui orne le chevalet), il découvre un lot de 400 chansons galantes voire carrément épicées, qu’il n’envisage de donner qu’avec Marc Mauillon et son art exemplaire de la prononciation. La guitare est ici plus qu’une simple accompagnatrice : d’aristocratique elle devient populaire au tournant du siècle, et sa faible puissance autant que son transport aisé, en font l’instrument choisi des audiences restreintes mais bouillonnantes, le « piano du pauvre ». Ce qui n’empêche pas la petite bourgeoisie de l’adopter, de s’encanailler dira-t-on. Lorsque la direction du Palazzetto est associée, on y ajoute quelques morceaux d’Hervé, mis à l’honneur cette année pour le bicentenaire de sa naissance. Et c’est parti pour un festival de sous-entendus, de poésie servant de garde-fou à la vulgarité, et de désirs mal contenus qui peuvent servir de ferment révolutionnaire. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Le concert commence gentiment par une <em>Chanson de table</em>, héritière des chansons à boire. Un texte simple, un propos léger dont l’intérêt musical tient à sa capacité de joindre une prosodie parlée populaire à une ligne mélodique souple. Marc Mauillon aborde ce premier morceau avec une sorte de bonhomie mesurée et ne force jamais l’effet. Pascal Sanchez, pour sa part, opte pour un toucher feutré, presque murmuré. Le duo instaure ici un climat de connivence, entre eux et avec le public, une écoute mutuelle qui ne faiblira jamais. L’ode au vin qui suit est presque mélancolique, et cette légère tristesse refera régulièrement surface, comme pour souligner que la badinerie peut vite sombrer dans l’amertume, à l’image de ce « Ne vous y fiez pas ».</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Mais d’abord c’est le </span><i><span data-contrast="auto">Chalumeau volé</span></i><span data-contrast="auto"> avec ses délicieux clins d’œil sur les « un peu plus bas » répétés, d’abord pour demander à la bergère de moins crier, puis pour décrire le parcours de la main du berger et enfin l’intensité de son décevant « amour ». Marc Mauillon prouve ici quel merveilleux conteur il est. La licence monte d’un cran avec le </span><i><span data-contrast="auto">Carillon agréable</span></i><span data-contrast="auto">, métaphore plus que suggestive agrémentée d’onomatopées souriantes du chanteur et de pizzicati virtuoses de la guitare. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Ces chansons portent aussi les stigmates de leur temps, souvent teintées voire barbouillées de misogynie (</span><i><span data-contrast="auto">Les Six Âges des filles</span></i><span data-contrast="auto">, </span><i><span data-contrast="auto">Avis aux femmes</span></i><span data-contrast="auto">, </span><i><span data-contrast="auto">Une femme c’est laid</span></i><span data-contrast="auto">) contrebalancés par des morceaux résolument féministes, telle cette étonnante </span><i><span data-contrast="auto">Marseillaise des femmes </span></i><span data-contrast="auto">entonnée tambour battant où Marc Mauillon alterne en toute fluidité entre le chanté et le parlé (surprenant couplet philosophique). </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Après une </span><i><span data-contrast="auto">Chanson énigme</span></i><span data-contrast="auto"> toute en retenue fiévreuse (« Devinez comme on appelle la chose dont je tais le mot ») et un plus faible </span><i><span data-contrast="auto">Complaisant</span></i><span data-contrast="auto">, le </span><i><span data-contrast="auto">Lan La</span></i><span data-contrast="auto"> et son refrain entêtant devient dérangeant quand il évoque le viol qu’une mère n’a pu empêcher, surtout que c’est le violeur lui-même qui chante ! Retour à bien plus de légèreté avec l’incroyable </span><i><span data-contrast="auto">Confession de Mlle Tournesol </span></i><span data-contrast="auto">où notre baryténor fait flirter le grave du curé avec le falsetto de la bourgeoise à confesse, laquelle égrène les péchés capitaux qu’elle a commis. Au-delà de la guignolade, il faut admirer comme Mauillon varie chaque répétition du « Continuez ma chère » de l’ecclésiastique émoustillé. Avec la </span><i><span data-contrast="auto">Professeuse de cornet à piston</span></i><span data-contrast="auto">, on entre de plain-pied dans le caf’ conc’, ses syllabes mangées et sa gouaille débraillée, et notre chanteur de s’époumonner dans son bigophone dont il pousse le son pincé jusqu’à la fausse note fortissimo, tout en passant d’une ironique grâce féminine à la grossièreté virile. Hervé n’a cependant pas composé que de la musique potache, preuve en est cette remarquable </span><i><span data-contrast="auto">Chanson badine</span></i><span data-contrast="auto">, rieuse et non dépourvue de finesse. </span><span data-contrast="auto">Mauillon déroule le texte avec une clarté exemplaire : les contrastes de tempi, les nuances de phrasé, l’élan joyeux, tout est maîtrisé. « C’est dans l’nez qu’ça m’chatouille » permet d’admirer la facilité avec laquelle il marie virtuosité vocale et comique (les « Trou lala » tyroliens éternués).</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Suivent quelques airs d’auteurs anonymes sur une musique agréable de Giacomo Merchi. Avec </span><i><span data-contrast="auto">Le Sucre d’orge</span></i><span data-contrast="auto"> et </span><i><span data-contrast="auto">l’Oiseau enrhumé</span></i><span data-contrast="auto">, Mauillon montre son art du « petit air » – phrase réduite, espièglerie vocale. </span><i><span data-contrast="auto">La Cloche</span></i><span data-contrast="auto"> est par contre plus librement grossière quand une Lisette répond à son amant qui s’étonne de son pet « L’usage est de sonner avant que l’office commence ». Une </span><i><span data-contrast="auto">Muse en goguette</span></i><span data-contrast="auto"> à la gravité déguisée termine le récital en lui donnant son nom, avant un bis à la facétie puérile « Le bon pompier ».</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Ce panorama sensible, malicieux et savant d’un répertoire généralement relégué dans l’ombre, les amateurs d’explorations musicales n’hésiteront pas à le regarder sur Bru Zane Replay à partir du 3 novembre, ou à guetter les étapes de sa tournée actuellement en discussion. Sont notamment en projet Tourcoing et&#8230; l’île du Levant : difficile de trouver une destination plus </span><i><span data-contrast="auto">légère</span></i><span data-contrast="auto">. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:240,&quot;335559739&quot;:240,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
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		<title>CAVALLI, Pompeo Magno &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-pompeo-magno-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2025 06:12:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On est venu un peu à reculons : trois heures de Cavalli en version de concert, même les plus ardents baroqueux hésitent, et les balcons clairsemés semblaient nous donner raison. On avait tort. D’abord, parce que cette production arrive tout droit du Festival Baroque de Bayreuth, et cela s’entend et se voit : la mise en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">On est venu un peu à reculons : trois heures de Cavalli en version de concert, même les plus ardents baroqueux hésitent, et les balcons clairsemés semblaient nous donner raison. On avait tort.</span><span data-ccp-props="{}"> </span><span data-contrast="auto">D’abord, parce que cette production arrive tout droit du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-pompeo-magno-bayreuth/">Festival Baroque de Bayreuth</a>, et cela s’entend et se voit : la mise en espace restitue beaucoup de ce que la mise-en-scène a pu offrir — les chanteurs investissent l’avant, l’arrière de l’orchestre et même la salle, sans partition, avec un jeu corporel expressif, souvent teinté d’humour (la dispute autour de la fiole de poison, l’ivresse de Sesto ou encore le chœur chaloupé du<em> lieto fine</em>). Même les bougies qui tapissent la scène, loin d’être décoratives, prennent tout leur sens dans l&rsquo;acte nocturne.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Ensuite, parce que les artistes réunis savent que cette musique exige que l’on apporte beaucoup de soi pour compléter la maigre partition qui nous est parvenue. <strong>Leonardo García-Alarcón</strong>, en tête, a probablement écrit plus de notes que Cavalli lui-même pour reconstruire ce </span><i><span data-contrast="auto">Pompeo Magno</span></i><span data-contrast="auto">. Certains lui reprocheront une orchestration trop foisonnante — xylophone, clochettes, tambours, harpe, deux trombones, flûtes de toutes sortes et même des sifflotements d’un claveciniste ! La basse continue aussi déborde : théorbes ou chitarrones, deux clavecins, violoncelle, violes de gambe, orgue et basson. Le tout assaisonné d’effets comiques parfois anachroniques. Et pourtant, quel plaisir ! Quelle luxuriance dans les <em>sinfonie</em>, quelle animation et quel soutien permanents des chanteurs, dans les dialogues comme dans les airs. En total alignement avec la nouvelle manière du compositeur, plus spectaculaire et foisonnante après son séjour à la cour de Louis XIV, même si celui-ci s’est soldé par un échec. Le chef est tellement soucieux d’embarquer le public qu’il commence le spectacle par une longue introduction parlée : admettant que l’équipe elle-même était </span><span data-contrast="none">«</span><span data-contrast="auto"> totalement perdue</span><span data-contrast="none"> »</span><span data-contrast="auto"> dans les méandres du livret pendant les trois premiers mois de répétition, il prend soin d’introduire chaque personnage et sa place dans l’action. Facilitant ainsi grandement la compréhension des enjeux. Ce dernier opéra représenté du vivant de Cavalli à Venise mêle intrigues amoureuses et politiques avec des scènes bouffe de la Commedia dell’Arte, jusqu’à faire coexister le noble Mitridate avec la servante Harpalia, qu’il assassine sur scène, chose rarissime à l’époque. Bien sûr l’œuvre a été coupée (les ballets surtout) pour se conformer aux conditions d’écoute moderne, mais à aucun moment on ne sent l’effet de ces coupes tant le résultat est équilibré.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Le plateau vocal est étincelant : même s’ils ont peu à chanter <strong>Victor Sicard</strong> et <strong>Jorge Navarro Colorado</strong> en rajoutent en autorité virile pour les interventions de César et Crassus. <strong>Valer Sabadus</strong> chante toujours de façon aussi vaporeuse et monochrome, mais ce qui nous irrite ailleurs est ici bien adapté au caractère inconstant voire agaçant de Servilio. Un <strong>Dominique Visse</strong> aussi inoxydable que ratatiné et un <strong>Marcel Beekman</strong> gargantuesque à la santé vocale aussi débordante que sa poitrine forment un duo comique mémorable qui brûle les planches.  <strong>Nicholas Scott</strong> d’abord uniquement vociférant et grimaçant en Claudio prouve dans les notes piquées de son air de dépit quel chanteur discipliné et précis il sait aussi être. Nouvelle venue par rapport à Bayreuth, </span><span data-contrast="auto"><strong>Lucía Martín-Cartón</strong> se glisse très élégamment dans la poignante déploration de Giulia. Tout comme <strong>Logan Lopez Gonzalez</strong> dont on jurerait par son aisance scénique qu’il faisait partie de la distribution bavaroise, notamment dans un superbe « Datte senso a questi marmi ». Regrettons cependant des problèmes de justesse dans les <em>forte</em> : justifiés dans la scène de l’ivresse, désagréables ailleurs. Même gêne devant le chant très investi et sonore mais souvent bancal d’<strong>Aloïs Mühlbacher</strong>: son Farnace manque de grâce. </span><span data-contrast="auto"><strong>Kacper Szelążek</strong> multiplie les stridences et cris pour la mégère Harpalia, faisant montre d’une assurance technique remarquable qui lui permettra de conférer une noblesse altière au Génie de Pompée. <strong>Valerio Contaldo</strong> est bien plus à sa place dans ce siècle que dans le suivant: son ténor de caractère fait merveille dans ce Mitridate vindicatif et jaloux. <strong>Mariana Flores</strong> connaît son Cavalli sur le bout des doigts et passe avec bonheur de la plainte intense au sarcasme jaloux. Mais une tessiture un peu tendue la pousse à abuser de la mezzo voce : ces fins de phrases étouffées de la reine tirent vers un certain maniérisme. Producteur, metteur en scène et consul éponyme du spectacle </span><span data-contrast="auto"><strong>Max Emanuel Cenčić</strong> s’applique à lui-même les hauts standards de qualité qu’il attend de ses collègues : le timbre est toujours aussi capiteux, l’écriture très centrale du rôle laisse toute latitude à son <em>cantabile</em> enjôleur et l’acteur se montre juste en permanence, que ce soit dans un très bel air du sommeil ou dans cette superbe scène de tiraillement entre son Génie et l’Amour.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
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		<title>Récital French Touch &#8211; Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-french-touch-venise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2025 05:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ouverture de son festival « Parigi Romantica Pop », le Palazetto Bru Zane propose un récital à quatre voix – Jennifer Courcier, Éléonore Pancrazi, Enguerrand de Hys, Philippe Estèphe – autour d’ensembles pour la plupart totalement oubliés, composés isolément ou tirés d’opéras-bouffes du XIXe siècle français, oscillant entre raffinement et gaudriole. Saluons une fois &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ouverture de son festival « Parigi Romantica Pop », le Palazetto Bru Zane propose un récital à quatre voix – <strong>Jennifer Courcier, Éléonore Pancrazi, Enguerrand de Hys, Philippe Estèphe</strong> – autour d’ensembles pour la plupart totalement oubliés, composés isolément ou tirés d’opéras-bouffes du XIXe siècle français, oscillant entre raffinement et gaudriole. Saluons une fois encore le passionnant travail de recherche qui nous permet d’entendre du Louis Varney, du Jean-Baptiste Croze, du Robert Planquette, du Victor Roger et de l’Etienne Rey pour les inconnus au bataillon, à coté de pièces redécouvertes d’Hervé et Delibes (étonnantes et superbes harmonies de <em>Monsieur Griffard</em>) ou rarement données de Messager et Offenbach. L’intérêt de ces ensembles réside dans leur vivacité dramatique autant que dans leur brio contrapuntique où chaque voix doit pouvoir se distinguer. On a particulièrement apprécié les pièces qui tournent en dérision les chanteurs eux-mêmes et celles dont l&rsquo;action est assez dense pour vivre dans un simple extrait, et à ce jeu là, Offenbach est imbattable. Si l’on regrette évidemment de ne pas disposer d’un orchestre pour les récréations, ne boudons pas notre plaisir de pouvoir les entendre, d’autant qu’<strong>Emmanuel Christien</strong> au piano apporte tout le soutien et le brio nécessaire permettant aux chanteurs de se donner pleinement à leur petites mises en scène. En effet, chaque morceau n’est pas seulement bien réglé musicalement, mais empli d’esprit et de théâtre par des interprètes attachés à faire vivre cette musique au-delà du cadre imposé par le récital. Danse endiablée pour clore l’entrée des Espagnols dans <em>Les Brigands</em>, air gêné voir honteux du chœur quand la soprano déclame une aussi niaise que libidineuse Chanson des Canards, ou expressionisme de film muet pour la scène de <em>Barbe-Bleue</em>. Il faut dire que ces quatre là s’entendent tellement qu’ils font quatuor depuis 2022 (Opale).</p>
<p>Le premier air de Louis Varney est le moins réussi : à froid dans l’acoustique réverbérée de la Scuola Grande di San Giovanni Evangelista, le texte se perd mais les éclats de rire vocalisés annoncent le ton de la soirée. Le <em>Ténor sans engagement</em> de Croze permet à <strong>Philippe Estèphe</strong> d’imposer immédiatement un personnage crédible sans excès, quitte à se mettre au piano lui-même. Renversement de situation, pour le Trio du baryton de Roger où il sonne avec robustesse et élégance jusqu’à un aigu volontairement raté. Il reste néanmoins le plus timide du groupe et aurait gagné à plus de lâcher-prise.</p>
<p>Hilarant <strong>Enguerrand de Hys</strong> qui après avoir présenté un ténor dès plus élégants chez Croze pour les moments qui auraient dû être parlés, entonne sa romance avec la voix la plus nasillarde qui soit ou vous claque un aigu antimusical et sonore avec éclat chez Rey après avoir fait assaut de virtuosité. Preuve une fois encore que chanter faux demande une technique solide !</p>
<p>Chez Hervé, <strong>Eléonore Pancrazi</strong> n’est pas avare de gouaille parisienne (« oui oui c’est ça envole-toi ! » pour commenter les vocalises de sa collègue dans <em>Alice de Nevers</em>) mais toujours à propos, sans que ces éclats ne l’autorisent à une moindre attention ailleurs : solidité du medium, tenue du souffle et clarté du texte malgré les nombreuses élisions de syllabes, jeux d’accents (Mistress dans <em>La Romance de la Rose</em>) et mots désuets.</p>
<p>Avec son faux air de Sandrine Piau, <strong>Jennifer Courcier</strong> ne ménage pas son énergie non plus, que ce soit dans les trilles infinis et les joutes cabotines du Colimaçon ou les bourdonnements amoureux d’Eurydice. Elle réussit même à chanter Hervé avec une gaminerie bourgeoise qui ferait presque oublier les facilités de l’écriture. Davantage que les suraigus, c&rsquo;est surtout la classe et la légereté de l&rsquo;interprête qui attirent immédiatement la sympathie.</p>
<p>Bien que personne n’en doute à ce niveau de qualité, notre quatuor a tout de même tenu à prouver qu’il savait aussi chanter de la musique sérieuse en donnant en second bis le <em>Madrigal</em> de Fauré : s’il tranche avec le reste du programme, il souligne que c’est le même esprit français empli de délicatesse qui sous-tend ces partitions.</p>
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		<title>PHILIDOR, Ernelinde, princesse de Norvège &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encore une superbe résurrection au crédit du CMBV. Un an après le Télémaque et Calypso de Destouches , après le concert donné à Oslo et alors que sort le disque, Versailles fait place à François-André Danican Philidor, resté surtout connu pour ses traités de stratégie&#8230; au jeu d’échecs. Peu donné de nos jours et presqu’exclusivement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Encore une superbe résurrection au crédit du CMBV. Un an après le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/destouches-telemaque-et-calypso-versailles/">Télémaque et Calypso</a> de Destouches </span><span data-contrast="auto">, après le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege-oslo/">concert donné à Oslo </a></span><span data-contrast="auto"> et alors que sort <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege/">le disque</a>, Versailles fait place à François-André Danican Philidor, resté surtout connu pour ses traités de stratégie&#8230; au jeu d’échecs. Peu donné de nos jours et presqu’exclusivement pour sa contribution clef à l’histoire de l’opéra-comique (</span><i><span data-contrast="auto">Tom Jones</span></i><span data-contrast="auto">, </span><i><span data-contrast="auto">Les Femmes vengées</span></i><span data-contrast="auto">), on ignorait qu’il connut également le succès à l’Académie Royale de Musique et on découvre ce soir tout ce que cette réussite a également de novateur, ouvrant la voie à Gluck. L’</span><i><span data-contrast="auto">Orfeo</span></i><span data-contrast="auto"> de Vienne, c’était 1762 ; la première version de cette </span><i><span data-contrast="auto">Ernelinde</span></i><span data-contrast="auto">, c’est 1767 ; Gluck à Paris, ce sera 1773. Il est toutefois évident que Philidor avait déjà entendu la musique du Chevalier puisqu’au-delà d’utiliser sa grammaire, il cite ouvertement l’ouverture d’</span><i><span data-contrast="auto">Orfeo ed Euridice </span></i><span data-contrast="auto">et même « Che fiero momento » dès la ritournelle du premier air, lequel est un duo </span><i><span data-contrast="auto">in medias res </span></i><span data-contrast="auto">très dramatique</span> <span data-contrast="auto">entre la fille et le père. Hélas le livret de Poinsinet (même remanié pour la version de 1769 donnée ce soir) pêche par bien des répétitions ou maladresses : avec le premier acte on a tout vu et ce ne seront ensuite qu’interminables négociations entre le méchant Ricimer et la princesse </span><i><span data-contrast="auto">Ernelinde </span></i><span data-contrast="auto">pour sauver son honneur, son père ou son amant. Sans compter l’inévitable présence de divertissements dommageables à l’économie du drame et dont l’italianité nous semble insuffisamment originale pour retenir l’attention. Il faudra encore attendre plusieurs années avant qu’en 1780 un Grétry puisse proposer une </span><i><span data-contrast="auto">Andromaque </span></i><span data-contrast="auto">fusant en</span> <span data-contrast="auto">moins d’une heure trente. On est cependant vite ébloui par cette arrivée inédite des innovations de l’opéra-comique dans la grandiloquence de la tragédie lyrique (ton très direct voire violent, ou cet étonnant final qui voit s’enchainer un trio halluciné sur pizzicati des cordes, une gavotte discrète et une ariette du ténor). Certainement influencé par la Réforme donc, tout en y ayant contribué lui-même, voilà un nouveau témoignage passionnant d’une époque charnière. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Dans cet espace exigu à l’acoustique très mate qu’est la salle des Croisades, le son de l’ensemble n’a jamais le temps de se former (d’autant que nous sommes très près de la scène) mais les différents pupitres de l’<strong>Orkester Nord</strong> y gagnent un relief proportionnel à leur assertivité et leur investissement. Alors tant pis si c’est loin d’être un son poli, et si le souffle l’emporte souvent sur la rigueur d’exécution. Après tout, ce bruit de guerre constant convient bien à la férocité quasi constante de l’action et les passages originaux ou intimes sont loin d’être négligés (l’introduction très visuelle du récitatif accompagné « Où suis-je » d’Ernelinde au II). Demeurent pourtant de nombreux problèmes d’équilibre entre les solistes et le chœur d&rsquo;un côté, et la trentaine d’instrumentistes de l’autre.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Les chœurs mêlés de <strong>Vox Nidrosiensis</strong> et des <strong>Chantres du CMBV</strong> n’appellent que des éloges pour leur énergie parfaitement canalisée entre le gore brutal et la dignité délicate (« Dieu des combats, Dieu du carnage » et ses multiples parties en canon). Sortis du chœur, <strong>Jehanne Amzal</strong> et <strong>Clément Debieuvre</strong> campent les différents personnages des divertissements avec un métier d’autant plus indiscutable que leurs airs sont loin d’être simples.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto"><strong>Laurent Naouri</strong> obtient le rôle du père et roi norvégien vaincu puis finalement <em>deus ex machina</em>. C’était Thomas Dolié au disque (hélas retenu par un médiocre </span><i><span data-contrast="auto">Dr Miracle</span></i><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-larlesienne-le-docteur-miracle-paris-chatelet/"><span data-contrast="auto"> ailleurs</span></a><span data-contrast="auto">) et on perd ce soir en finesse de caractérisation : le grand baryton n’a manifestement pas eu l’opportunité de beaucoup travailler sa partie, car après une erreur très audible à l’acte I, il se contente d’un portrait assez générique. Reste une autorité sidérante, une prononciation au claquement inimitable et une projection souveraine.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span><span data-contrast="auto"><strong>Judith van Wanroij</strong> a toujours pour elle une grande vivacité du jeu, un registre aigu très tranchant et un soin certain porté à son texte, hélas c’est insuffisant pour exister face à ses partenaires à la projection bien supérieure, et aux tessitures plus généreuses. Elle est convaincante lorsque l’orchestre la laisse étaler son art certain du parlando (scène du suicide au dernier acte), mais peine à porter son « Oui je cède au coup qui m’accable » au degré d’incandescence nécessaire : faute de moyens suffisants et variant insuffisamment les répétions d’une même phrase, son expressivité est comme cadenassée.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span><span data-contrast="auto">Sandomir jouit d’une entrée très impressionnante : après une symphonie militaire il apparait soutenu par un chœur vengeur au-dessus de « monceaux de corps sanglants » avant d’enchainer sur un très tendre puis belliqueux « O toi chère âme ». Favorisé par les dimensions réduites de la salle et très en forme ce soir, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> brille dans les moments héroïques tout en assurant une continuité vocale et psychologique à travers les changements d’humeur du héros danois. Il ne manque pas non plus de combattivité et de rage dans des duos d’une rare violence, tels le superbe « J’excuse ton jeune courage ».</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span><span data-contrast="auto">C’est pourtant le vilain Ricimer de <strong>Matthieu Lécroart</strong> qui nous marque le plus : avec une élocution d’une rare acuité et évidence, un ambitus qu’on ne lui connaissait pas, un jeu fiévreux il livre coup sur coup un parfait « Né dans un camp, parmi les armes » et un formidable « Transports, tourments jaloux », sommet de la partition avec sa structure héritière l’aria da capo.  </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
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		<title>HAENDEL, Deborah &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-deborah-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Eclipsés par la redécouverte de ses opera seria, les oratorios haendéliens regagnent du terrain : quelques semaines après son dernier (Jephtha) le Théâtre des Champs-Elysées accueille un de ses premiers, Deborah. N’attendez pourtant pas ici un coup d’essai : second oratorio anglais, Haendel était néanmoins déjà très familier du genre, et en attendant le coup &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Eclipsés par la redécouverte de ses<em> opera seria</em>, les oratorios haendéliens regagnent du terrain : quelques semaines après son dernier (</span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-jephtha-paris-tce/"><i><span data-contrast="none">Jephtha</span></i></a><i><span data-contrast="auto">)</span></i><span data-contrast="auto"> le Théâtre des Champs-Elysées accueille un de ses premiers, </span><i><span data-contrast="auto">Deborah</span></i><span data-contrast="auto">. N’attendez pourtant pas ici un coup d’essai : second oratorio anglais, Haendel était néanmoins déjà très familier du genre, et en attendant le coup de maître d’</span><i><span data-contrast="auto">Athalia</span></i><span data-contrast="auto">, il a largement puisé dans sa production précédente pour monter cette œuvre avec les meilleurs chanteurs de sa seconde </span><i><span data-contrast="auto">Academy </span></i><span data-contrast="auto">(la Strada del Po, Senesino &amp; Montagnana). On y retrouve ainsi des morceaux des très italiens </span><i><span data-contrast="auto">Trionfo del Tempo</span></i><span data-contrast="auto"> et </span><i><span data-contrast="auto">Dixit Dominus,</span></i><span data-contrast="auto"> mais aussi de la très germanique </span><i><span data-contrast="auto">Brockes Passion </span></i><span data-contrast="auto">et des déjà anglais</span><i><span data-contrast="auto"> Chandos Anthems.&nbsp;</span></i><span data-contrast="auto"> C’est donc une forme de best of sacré d’un Handel de 48 ans cherchant une première fois à dépasser les limites de l’<em>opera seria</em>, forme dont il ne s’éloignera définitivement que 8 ans après, lui ayant dédié toute son énergie et produisant des chefs-d’œuvre tels qu’</span><i><span data-contrast="auto">Arianna in Creta</span></i><span data-contrast="auto">, </span><i><span data-contrast="auto">Alcina</span></i><span data-contrast="auto">, A</span><i><span data-contrast="auto">riodante </span></i><span data-contrast="auto">et </span><i><span data-contrast="auto">Serse. </span></i><span data-contrast="auto">Le livret est assez médiocre tant poétiquement que dramatiquement, mais se tient sans bizarreries et voit l’étonnante irruption d&rsquo;une violence toute biblique avec le dernier récitatif de Jaël : la gentille jeune fille qui annonce avoir accueilli et désaltéré le chef ennemi en fuite, avant de profiter de son sommeil pour lui clouer la tête au sol en plantant un pieu par son oreille !</span> <span data-contrast="auto">Pour composite qu’elle soit,</span> <span data-contrast="auto">on entend déjà dans la partition beaucoup d&rsquo;audaces formelles notamment via l’usage régulier d’un grand chœur dont il multiplie les parties et celle d’un ensemble bien plus massif que dans le seria (on parle d’environ 70 musiciens à la création, ce qui surprit les spectateurs). </span><span data-ccp-props="{}">&nbsp;</span></p>
<p><span data-contrast="auto">C’est à l’orchestre ce soir que le bât blesse hélas : avec ses 22 musiciens et la nouvelle acoustique très mate de la salle, l’<strong>Amsterdam Baroque Orchestra</strong> est incapable de conférer la pompe nécessaire. Sans tomber dans les enflures dont on a affligé ces oratorios avant l’arrivée des baroqueux, un minimum de grandiloquence est requis. Il faut dire que la direction de<strong> Ton Koopman</strong> n’aide pas : pionnier dès les années 80, son style souffre malheureusement de ce que des chefs récents ont apporté à l’interprétation du Saxon. Certes précises les cordes sont d&rsquo;une discrétion incompréhensible, leurs attaques ouatées et constamment éclipsées par les chanteurs ou les cuivres, les vents sont insuffisamment distincts et les tempi d’une timidité lénifiante. Restent une attention véritable aux solistes, de belles harmoniques et un chœur pertinent (les diminuendi du final), quoique comme bridé par le faible effectif de l’orchestre. On regrette également qu’une vingtaine de minutes soienté coupées : l’œuvre est tellement rare à la scène (et pas excessivement longue, 2h20), pourquoi sacrifier ainsi presqu’intégralement le rôle de Jaël ? </span><span data-ccp-props="{}">&nbsp;</span></p>
<p><span data-contrast="auto">La donne est plus heureuse chez les solistes : il reste peu à chanter à <strong>Amelia Berridge</strong> donc, mais son portrait d’innocente gamine meurtrière est assez réussi. <strong>Sophia Patsi</strong> est une Sisera très efficace aux graves solides à qui ne manque que davantage de personnalité dans la colère. <strong>Wolf Matthias Friedrich</strong> est un père extrêmement vivant, trop parfois, à la limite du cartoonesque, et ses vocalises sont loin d’avoir la fluidité nécessaire (</span><span data-contrast="auto">« Swift inundation »</span><span data-contrast="auto">), toutefois nous avouons être séduit par cette composition surprenante. C’est certainement pour <strong>Jakub Józef Orliński</strong> que la salle est pleine ce soir et il ne déçoit pas : très à l’aise dans ces rôles assez centraux lui permettant de faire usage d’une maitrise technique croissante (la puissance de ses forte par exemple) et poussé par la sacralité du drame à chercher l’intériorité avant la pose, son Barak est en équilibre parfait entre l’ardeur guerrière, la sérénité de l’humble croyant et l’élégance du siècle. Nous n’avons jamais entendu </span><span data-contrast="auto">« All danger disdaining » plus à propos (graves somptueux, vocalises aisées, volume toujours épatant pour un contre-ténor, n’y manque que plus d’audace aux variations hors de la cadence) et « Low at her feet » le montre aussi inspiré que mordant. Dommage que le petit orgue surexposé décrédibilise son « In the battle ». Dans les duos, sa voix se marie parfaitement avec celle de la prophétesse époustouflante de <strong>Sophie Junker</strong>. On connaissait son appétence pour ce répertoire (allez entendre son </span><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-francesina-handels-nightingale-le-plus-beau-recital-haendelien/"><span data-contrast="none">merveilleux disque</span></a><span data-contrast="auto"> consacré à la Francesina), on demeure soufflé par la franchise et la précision de son émission. Avec une voix très différente, elle domine le plateau avec la même autorité qu’Yvonne Kenny dans l’enregistrement de King (Hyperion, 1993). « Choirs of Angels » allie virtuosité et calme divin, bannissant tout essoufflement humain ; « In Jehovah’s awful sight » est paré d’intonations pythiques fascinantes.&nbsp;</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}">&nbsp;</span></p>
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