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	<title>Tania Bracq, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 20 Mar 2026 18:47:41 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Tania Bracq, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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		<title>GASPARINI, L’avare – Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gasparini-lavare-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Caen, Rennes accueille la nouvelle création du Poème Harmonique, amorce d&#8217;une large tournée dans l&#8217;hexagone. L&#8217;Avare de Molière se dore ici de lumière italienne par le truchement du livret d’Antonio Salvi dont s&#8217;empare Francesco Gasparini en 1720. Vincent Dumestre a le goût des œuvres imaginaires, souvent pour le meilleur comme les extraordinaires Vespro de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Caen, Rennes accueille la nouvelle création du <strong>Poème Harmonique</strong>, amorce d&rsquo;une large tournée dans l&rsquo;hexagone.<em> L&rsquo;Avare</em> de Molière se dore ici de lumière italienne par le truchement du livret d’Antonio Salvi dont s&#8217;empare Francesco Gasparini en 1720.</p>
<p><strong>Vincent Dumestre</strong> a le goût des œuvres imaginaires, souvent pour le meilleur comme les extraordinaires <em>Vespro de la Madonna,</em> 1643 découvertes à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-monteverdi-testamento-cracovie/">Cracovie</a> et pressées au <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-vespro-della-madonna-1643-vincent-dumestre-le-poeme-harmonique/">disque</a> l&rsquo;an passé.</p>
<p>A partir de trois intermezzi morcelés conçus pour ponctuer une représentation d&rsquo;Opera Seria – comme l&rsquo;impose la tradition – il choisit de créer un spectacle cohérent et d&rsquo;un seul tenant.<br />Ces trois moments musicaux, accessoires dans une soirée du XVIIIe siècle deviennent ici le cœur du spectacle. Une recette déjà validée par Pergolèse avec <em>la Serva Padrona</em>.<br />Dans une plaisante mise en abyme, tous trois se trouvent à leur tour entrelacés de nouveaux intermèdes écrits et mis en musique par les soins du chef à partir de canzone napolitaines.</p>
<p>Voilà qui impose d&rsquo;adjoindre aux trois personnages traditionnels un nouveau venu, nourrice travestie « nourrissant » précisément la représentation. Le timbre clair et l&rsquo;interprétation sensible de <strong>Serge Goubioud</strong> apportent un naturel confondant à ces ajouts qui s&rsquo;intègrent parfaitement à l&rsquo;ensemble et en marquent quelques temps forts comme « chi non ha non è » accompagné à la harpe et illustrant fort à propos un proverbe calabrais.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/©Ph.Delval-Theatre-de-Caen-l_Avare-0082-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-210294"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Ph.Delval-Théâtre de Caen</sup></figcaption></figure>


<p>« Zanno » directement issu de la <em>commedia dell&rsquo;arte</em>,<strong> Stefano Amori</strong> ne prononce pas un mot mais nourrit l&rsquo;action de ses farces, tour à tour témoin et soutien des manigances de Fiammetta qui entend bien voler le vieil avare incarné par <strong>Victor Sicard</strong>. Le baryton se saisit avec maestria du rôle difficile de Pancrazio à l&rsquo;ambitus vertigineux. Il y apporte son timbre incisif, homogène sur l&rsquo;ensemble de la tessiture, son talent pour la prosodie et son formidable sens de bouffon.<br />Les rennais n&rsquo;avaient pas entendu le chanteur angevin depuis 2017 dans <em>Les amants magnifiques</em> de Lully. Ils découvrent ce soir la talentueuse <strong>Éva Zaïcik</strong>, dotée de la même aisance scénique et d&rsquo;une diction tout aussi impeccable. Sensuelle, ductile, la ligne musicale est d&rsquo;une grande clarté. Son dernier air permet d&rsquo;apprécier pleinement ses qualités de vocalistes. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une « aria di baule » qui pourrait se traduire par « air-valise » issus du répertoire du Primo Uomo et de la Prima Donna qu&rsquo;ils pouvaient – dans le grand genre – imposer à la production en guise d&rsquo;air de sortie. Ici « Agitata » tiré de<em> Griselda</em> de Vivaldi – légèrement postérieur – se trouve pastiché en « Agitato » pour décrire la folie dans laquelle plonge le barbon dépouillé de sa précieuse cassette.</p>
<p>Si la musique de Gasparini n&rsquo;est pas impérissable, les douze musiciens du Poème Harmonique y sont parfaitement à leur aise. Vincent Dumestre les dirige à peine depuis son poste de guitariste : Attaques rythmiques, tempi allants, humour musical, large palette des timbres, des couleurs, des nuances, goût de la surprise&#8230; Tout y est !</p>
<p>Jouant des codes du burlesque jusqu&rsquo;au clin d&rsquo;oeil au cartoon, <strong>Théophile Gasselin</strong> fait montre d&rsquo;un grand sens du rythme, d&rsquo;amusantes trouvailles, d&rsquo;une louable précision dans la direction d&rsquo;acteur au service de l&rsquo;efficacité narrative.<br />Les somptueuses lumières de <strong>Christophe Naillet</strong> apportent une singulière poésie aux costumes d&rsquo;<strong>Alain Blanchot</strong> comme à la scénographie toute aussi réussie de <strong>Louise Caron</strong>. Un magnifique rideau sert à différencier les trois « actes », jouant d&rsquo;abord en avant-scène, ne dévoilant ensuite qu&rsquo;une partie du plateau où l&rsquo;orchestre est installé fort à son aise et en tenue, les épaules blanchies par la poudre. Enfin, l&rsquo;univers décati de notre Harpagon se trouve pleinement exposé. Il se délite au fil de la soirée, métaphore d&rsquo;un état mental de plus en plus erratique.</p>
<p>Une réjouissante curiosité, donc, qui se double d&rsquo;un sentiment de familiarité puisque c&rsquo;est un monument du théâtre français qui se trouve ici passé à la moulinette transalpine.<br />Le spectacle ne fait que débuter une tournée nationale de près de trente dates qui le mènera cette saison de l’Athénée -Théâtre Louis Jouvet au festival de Beaune en passant par l&rsquo;Opéra de Reims ; la Coursive, scène nationale de La Rochelle ; la maison de la culture à Amiens ; l&rsquo;Opéra royal du Château de Versailles avant d&rsquo;autres reprises la saison prochaine.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gasparini-lavare-rennes/">GASPARINI, L’avare – Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VIVALDI, Battle &#8211; Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-battle-monte-carlo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre époustouflant du Musée océanographique, le printemps des Arts accueille un amusant concept de « Battle Vivaldi », clin d’œil à l&#8217;univers du rap comme aux célèbres joutes musicales de l&#8217;histoire. En effet, étudiant Farnace, Mathilde Étienne et son complice Emiliano Gonzalez Toro ont découvert qu&#8217;un même rôle pouvait être attribué à des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre époustouflant du Musée océanographique, le printemps des Arts accueille un amusant concept de « Battle Vivaldi », clin d’œil à l&rsquo;univers du rap comme aux célèbres joutes musicales de l&rsquo;histoire.</p>
<p>En effet, étudiant <em>Farnace</em>, <strong>Mathilde Étienne</strong> et son complice Emiliano Gonzalez Toro ont découvert qu&rsquo;un même rôle pouvait être attribué à des chanteurs aux tessitures différentes, parfois sans en changer les tonalités. Ainsi est née l&rsquo;idée d&rsquo;une « battle » entre ténor et contre-ténor.</p>
<p>Les deux interprètes, <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong> et <strong>Jake Arditti</strong>, dégagent une énergie peu commune. Alors qu&rsquo;ils s&rsquo;amusent à surjouer le conflit, le spectateur a le sentiment d&rsquo;assister au combat de deux ogres tant les timbres sont charpentés et généreux.<br />Ce duel, naturellement, n&rsquo;appelle pas d&rsquo;autre vainqueur que la musique, comme le souligne la récitante-arbitre, Mathilde Étienne, après avoir fait du public le juge – à l&rsquo;applaudimètre – de ce réjouissant combat des chefs.</p>
<p>L&rsquo;exploration des affects vivaldiens est structurée en trois moments vocaux – fureur, loyauté, soupirs – avec des airs chantés intégralement ou au contraire partagés entre les deux hommes. Cette configuration inhabituelle donne à entendre, de manière saisissante, combien chaque personnalité colore une même ligne vocale de manière unique.</p>
<p>Avec « Ricordati che sei » les intentions théâtrales sont lancées avec tant de conviction que l&rsquo;on croit assister à un dialogue, comme si s&rsquo;exprimaient tours à tours les deux faces d&rsquo;un même affect.</p>
<p>« Gelido in ogni vena » également extrait de <em>Farnace</em>, dégage une atmosphère aux antipodes avec une sublime introduction instrumentale tout en forte/piano, une mélodie déchirante qui met en valeur les sauts d&rsquo;octaves de Jake Arditti comme la voix toute de larmes d&rsquo;Emiliano Gonzalez Toro.</p>
<p>Le troisième duo tiré de l&rsquo;<em>Orlando Furioso</em>, « Nel profondo oscuro e cieco mondo », parachève la soirée dans une pyrotechnie étourdissante où parfois, une même vocalise est partagée par les deux artistes. Leurs deux techniques sont très différentes, mais l&rsquo;interprétation pareillement électrisante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026.03.14_La-grande-battle_Musee-oceanographique-_DSC2348©-Alice-Blangero-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-210122"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©  Alice Blangero</sup></figcaption></figure>


<p>Les mélismes du contre-ténor s&rsquo;enrichissent d&rsquo;un swing qui contamine jusqu&rsquo;à son corps qui danse dès son premier solo « Farà la mia spada ». Précision, agilité, maîtrise des registres se confirment lorsque <em>Il Giustino</em> prend le relais de <em>Tigrane</em> avec « vedrò con mio diletto ». Le propos s&rsquo;y affirme plus impérieux que fragile en dépit du texte et « Lo seguitai felice », tiré de <em>l’Olimpiade,</em> nous donne enfin à entendre un être touchant car désemparé.</p>
<p>Pour sa part, la sensibilité d&rsquo;Emiliano Gonzalez Toro comme l&rsquo;opulence, le velouté du timbre font merveille dès « Il piacer de la vendetta » d&rsquo;<em>Il Giustino</em>. Les graves sont bien timbrés, les aigus brillants, les couleurs variées dans « Tu vorresti col tuo pianto » tout comme dans « Cessa tiranno amor », respectivement tirés de <em>Griselda</em> et <em>l’Incoronazione di Dario</em>.</p>
<p>Le ténor italo-suisse dirige alternativement l&rsquo;Ensemble I Gemelli avec une fougue presque rageuse ou leur laisse la parole pour des interventions pleines de verve et de créativité où la chatoyance des couleurs et des timbres réjouit l&rsquo;oreille. La pâte sonore est aussi ductile que généreuse, l&rsquo;interprétation fine et enlevée tout ensemble.</p>
<p>Le duel vocal se fait tournoi avec l&rsquo;amicale confrontation entre hautbois baroque, moderne et virtuel. <strong>François Salès</strong> fait montre d&rsquo;une maestria particulièrement convaincante en créant <em>Spenta Mainyu</em> de Michel Petrossian.</p>
<p>Si le prétexte de ce programme est le conflit, la joie domine en réalité la soirée avec une prodigalité aussi proverbiale que contagieuse. A juger sur pièce au festival de Froville le 29 mai prochain avec un nouveau belligérant en la personne de Key&rsquo;Mon Murrah. Le Printemps des Arts de Monte-Carlo, pour sa part, poursuit la fête jusqu&rsquo;au 19 avril avec une <a href="https://www.printempsdesarts.mc">programmation</a> exigeante au tarif de 20 euros par concert, faisant preuve d&rsquo;un volontarisme qui mérite d&rsquo;être souligné.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-battle-monte-carlo/">VIVALDI, Battle &#8211; Monte-Carlo</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>GESUALDO, MONTEVERDI &#8211; Monte Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gesualdo-monteverdi-monte-carlo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Utopies-Opus 1, Bruno Mantovani place cette 42e édition du Printemps des Arts de Monaco sous l&#8217;égide du rêve et de l&#8217;audace. Vingt sept concerts dont douze créations mondiales, démontrent la singulière ambition du festival d&#8217;autant plus qu’il n&#8217;accueille les programmes que pour leur première représentation. Cette année, selon le directeur, c’est l&#8217;utopie instrumentale qui se donne à voir &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <em>Utopies-Opus 1</em>, <strong>Bruno Mantovani</strong> place cette 42e édition du <strong>Printemps des Arts de Monaco</strong> sous l&rsquo;égide du rêve et de l&rsquo;audace. Vingt sept concerts dont douze créations mondiales, démontrent la singulière ambition du festival d&rsquo;autant plus qu’il n&rsquo;accueille les programmes que pour leur première représentation.<br />
Cette année, selon le directeur, c’est l&rsquo;utopie instrumentale qui se donne à voir et à entendre. Celle des facteurs d&rsquo;instruments d’une part et celle des compositeurs dont les aspirations créent de nouvelles nécessités techniques.</p>
<p>Cette double perspective s&rsquo;impose dès ce concert d&rsquo;ouverture &#8211; exigeant mais fort bien construit -qui met en regard Carlo Gesualdo et Claudio Monteverdi &#8211; les deux chantres du madrigal &#8211; avec le <strong>duo XAMP</strong>, introducteur de l&rsquo;accordéon microtonal en France. Ce dernier ponctue la soirée de trois interventions contemporaines prenantes. La spatialisation accentue la dimension spirituelle, quasi océanique des trois oeuvres, en particulier <em>Cloudscapes &#8211; Moon Night</em> de Toshio Hosokawa, interprété avec une remarquable sensibilité. Ainsi, aux dissonances de la Renaissance répondent celles de la ligne microtonale ce, jusqu&rsquo;à la citation, puisque, comme le fait remarquer Anne Ibsos-Augé dans le programme de de salle, c&rsquo;est même tout le motet<em> Ave Maris stella</em> de Dufay qui est cité par Victor Ibarra dans <em>A/gnôsis</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026.03.11_XAMP_Eglise-Saint-Charles_DSC0811©-Alice-Blangero-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-210018"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Alice Blangero</sup></figcaption></figure>


<p>Face au duo XAMP, <strong>la Venexiana</strong> s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;une longue discographie autour du répertoire madrigaliste tout en affectionnant les échos entre la musique de la Renaissance et d&rsquo;autres univers comme le jazz. Un indéniable recueillement se dégage de son interprétation avec peu d&rsquo;effets démonstratifs, une sobriété qui peut sembler un peu sèche dans le premier extrait du Quatrième Livre de madrigaux de Gesualdo, <em>Sparge la morte al mio signor nel viso</em> où les finales s&rsquo;éteignent de manière quelque peu systématiques mais qui se fait d&rsquo;autant plus déchirante dans <em>Io tacerò, ma nel silenzio mio</em>, par exemple.</p>
<p>Dans le Cinquième Livre,<em> O tenebroso giorno</em> dégage plus de séduction, d&rsquo;autant plus que le tempo, allant, s&rsquo;avère flatteur pour l&rsquo;entrelacement des voix. L&rsquo;alto, <strong>Isabella Di Pietro</strong>, impose sans effort sa belle présence dans le splendide <em>Mercè!, grido piangendo</em>, sans pour autant déséquilibrer le trio des voix de femmes où malgré tout, à plusieurs reprises, le soprano d&rsquo;<strong>Emanuela Galli</strong> accuse une certaine fatigue ce qui nuit à l&rsquo;homogénéité du groupe.</p>
<p>Avec<em> Asciugate i begli occhi</em>, c&rsquo;est avec un art consommé que le texte est mis en valeur tandis que<em> T’amo, mia vita</em> résonne étrangement de la biographie du compositeur assassin, tant sa tendresse contraste avec la brutalité des faits. Mais après tout, la période n&rsquo;est-elle pas gourmande de ces paradoxes, elle qui quitte Poppée et Néron dans l&rsquo;extase d&rsquo;un<em> Pur ti miro</em> ne laissant en rien présager le féminicide à venir ?</p>
<p>Monteverdi, justement, avec plusieurs madrigaux extraits des sixièmes et huitièmes livres, succède à Gesualdo meurtrier de son épouse et de son amant dans la chambre conjugale. Au chant a Cappella dont il faut souligner la parfaite justesse, succède donc une ligne vocale enrichie d&rsquo;un clavecin et d&rsquo;un luth ajoutant à la sensualité de la pâte sonore globale.</p>
<p><em>Ohimè il bel viso</em>, à la somptuosité vibrante, offre de belles nuances dont l&rsquo;Ensemble aurait pu jouer avec plus de générosité au cours de la soirée : jeux de couleurs délicatement aquarellées du mat au brillant selon les chanteurs ; contraste du sentiment entre retenue et lâcher prise font de ce morceau l&rsquo;un des temps forts du programme.</p>
<p>Dans <em>Misero Alceo,</em> <strong>Roberto Rilievi</strong> irradie de tendresse tandis que le quintette vocal se donne le tour avec de jolies variations dans l&rsquo;énergie et la rythmique. Enfin, expressivité et jubilation des frottements culminent avec <em>Al lume delle stelle</em> et <em>Dolcissimo uscignolo</em>. L&rsquo;évocation de l&rsquo;oiseau parachève donc une soirée qui aura basculé de l&rsquo;austérité doloriste à la légèreté.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gesualdo-monteverdi-monte-carlo/">GESUALDO, MONTEVERDI &#8211; Monte Carlo</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Alexandra Lacroix : le rêve comme service public ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/alexandra-lacroix-le-reve-comme-service-public/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 08:30:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En préambule de cette première saison, la directrice partage donc son premier coup de foudre et interpelle Nantais et Angevins : « Pour vous, c’est quoi l’amour ? » Avec cet appel à participation, vous placez immédiatement l&#8217;intime et la réciprocité de l&#8217;échange au cœur de la relation entre l&#8217;institution et son public. Pourquoi cette approche ? &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En préambule de cette première saison, la directrice partage donc son premier coup de foudre et interpelle Nantais et Angevins : « Pour vous, c’est quoi l’amour ? »</strong></p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Pour vous, c&#039;est quoi l&#039;amour ? | Collecte de témoignages" width="563" height="1000" src="https://www.youtube.com/embed/WiALcLsz67w?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
<p><strong>Avec cet appel à participation, vous placez immédiatement l&rsquo;intime et la réciprocité de l&rsquo;échange au cœur de la relation entre l&rsquo;institution et son public. Pourquoi cette approche ?</strong></p>
<p>Pour moi, outre la variété des propositions musicales et scéniques, le récit est la colonne vertébrale d&rsquo;une programmation. Cette année : l&rsquo;amour comme préambule, plus précisément : l’amour et ses épreuves/les preuves d’amour. Je commence par une confidence personnelle pour créer une relation avec le public ; j’intègre le chœur, symbole de voix, de corps en mouvement, d&rsquo;une force collective. Ces témoignages personnels seront recueillis jusqu&rsquo;à fin août puis confiés à deux nouveaux dispositifs d’Angers-Nantes Opéra qui mèneront un travail de recherche artistique tout au long de la saison 2026/2027 et pourront s’en inspirer :</p>
<p>Le premier est un comité scientifique, Echo, qui rassemble des chercheurs et chercheuses nantais et angevins sélectionnés par rapport à la thématique dont ils et elles vont s&#8217;emparer pour créer des événements satellites (débats, tables rondes, interventions dans des universités&#8230;), des choses qui sont vraiment en dehors de la programmation, mais qui font le lien entre ce sujet et leur pratique. Ils interviendront dans leur domaine d&rsquo;expertise relié au thème de l&rsquo;amour, mais pas forcément à l&rsquo;opéra ; un cardiologue, par exemple !</p>
<p>Le second dispositif est un laboratoire pour des artistes, le RING Lab, qui utilisera les témoignages reçus pour nourrir les recherches artistiques de ses quatre membres, artistes en résidence. Le premier est un compositeur angevin, Alvaro Martinez Leone ; le second un compositeur de musique électronique nantais, Tom Leclerc. Le collectif Meute complète l&rsquo;équipe avec Claire Pasquier, lilloise, et Sarah Théry, chanteuse bruxelloise, qui font un travail artistique hors les murs, et participatif.</p>
<p><strong>La mission du RING Lab regardera donc plutôt du côté du participatif ?</strong></p>
<p>Certes puisque leurs matières premières seront les témoignages recueillis. Ces quatre artistes ont été sélectionnés pour leur dimension de recherche, leur intérêt pluridisciplinaire, mais aussi leur goût pour le participatif et les actions hors les murs. Il est important ici d&rsquo;avoir des participants ouverts sur la cité, sensibles à la co-construction. En complément, le ténor François Rougier, artiste associé &#8211; présent, lui, pour plusieurs saisons – sera impliqué dans la plupart des missions de la Maison, dont le RING Lab mais également les médiations culturelles comme « Toutes voix dehors » qui remplacera « Ça va mieux en le chantant ».</p>
<p><strong>Quelle sera la différence entre ces deux propositions?</strong></p>
<p>Vous pourrez l&rsquo;observer dans le récit et la dramaturgie de ces programmes. Une place plus grande sera accordée à l’histoire que l’on y raconte et au lien avec les productions lyriques. Ce qui m&rsquo;intéresse, c&rsquo;est le rapport de la musique à la scène, à l&rsquo;espace, qu&rsquo;il soit sur le plateau ou hors les murs. On ne crée pas, on ne chante pas de la même façon selon le lieu où l&rsquo;on est. Mon parcours de librettiste, scénographe et metteuse en scène m&rsquo;amène à un attachement très fort au récit, à la dramaturgie. Voilà d&rsquo;ailleurs pourquoi j&rsquo;ai fait le choix d&rsquo;intégrer une dramaturge à notre maison qui s&rsquo;assurera que la thématique définie imprègne bien toutes nos actions. Elle vérifiera également que ce que l&rsquo;on raconte avec Angers Nantes Opéra a du sens pour le territoire et par rapport aux enjeux actuels.</p>
<p><strong>La thématique de l&rsquo;amour n&rsquo;irriguera donc pas seulement les œuvres présentées dans la programmation de l&rsquo;année prochaine ?</strong></p>
<p>Effectivement, nous ne mènerons aucune action qui ne soit pas cohérente et reliée à cette thématique ; petites comme grandes formes, actions culturelles, débats&#8230; Il s&rsquo;agit de creuser un sujet du début à la fin, de permettre au public de s&rsquo;identifier et d&rsquo;avoir une sorte de fil conducteur, un parcours de spectateur qui soit cohérent sur toute la saison.</p>
<p><strong>L&rsquo;amour est un thème omniprésent dans le répertoire, on peut difficilement choisir moins clivant ; comment le rendre contemporain ?</strong></p>
<p>Bien entendu, il y a là une thématique universelle. Quatre sous-chapitres nous donneront des orientations, des axes forts pour nous rapprocher des œuvres, dire en quoi elles nous concernent. C’est une première accroche, simple, qui nous interpelle, qui nous parle et nous rassemble. Outre la porte d&rsquo;entrée de la programmation, l&rsquo;appel à participation, les témoignages constitueront également une matière première extrêmement précieuse pour nourrir nos artistes, notre comité scientifique et être en prise avec l&rsquo;époque. Ainsi nous serons en écho avec les œuvres, elles seront mises en regard avec des paroles contemporaines. Et, je ne vous cache pas que je m&rsquo;intéresse à des profils &#8211; que ce soit des directions musicales ou de mise en scène – qui portent un regard à la fois très référencé, très documenté sur sur le passé, sur l&rsquo;histoire des œuvres &#8211; composition, contexte de création&#8230; et un regard sensible et des choses à dire sur notre époque. Il y aura donc des points de vue contemporains qui travaillent l&rsquo;universalité, tout en y révélant des éléments qui résonnent aujourd&rsquo;hui, des mises en scène multiples avec des propositions plastiques et visuelles qui pourront convenir à un large public. Je ne programmerai pas seulement des œuvres ou des époques qui me plaisent. Nous sommes le seul Opéra de la région, il est donc primordial de faire entendre au public toute la richesse du répertoire. Ce qui importe, c’est la cohérence de la proposition.</p>
<p><strong>Avec le thème de l&rsquo;amour, votre <em>Carmen</em> pourrait trouver sa place dans la programmation de l&rsquo;an prochain ? Vous qui êtes metteuse en scène comme vous le rappeliez, avez-vous prévu d&rsquo;intervenir régulièrement sur le plateau d&rsquo;Angers Nantes Opéra ?</strong></p>
<p>Effectivement, mon projet de candidature incluait mon travail de metteuse en scène pour Angers Nantes Opéra. Cela fait partie intégrante de ma mission. Je reste une artiste et agit aussi en tant que telle. Le choix des œuvres étant pensé en cohérence avec le reste de la programmation, vous pouvez peut-être déduire que, en rapport avec l’amour,<em> Carmen</em> pourrait y avoir une place.</p>
<p><strong>C&rsquo;est la première fois que vous dirigez une structure lyrique. Comment, avec votre parcours, en êtes-vous venue à vous dire, maintenant voilà ce dont j&rsquo;ai envie; besoin?</strong></p>
<p>Cela n&rsquo;est initialement pas venu de moi mais de suggestions récurrentes depuis quelques années, de personnes qui n&rsquo;avaient rien à voir avec Angers Nantes Opéra. L&rsquo;idée a donc doucement fait son chemin. Finalement, je m&rsquo;aperçois que tout ce que je fais aujourd&rsquo;hui s&rsquo;avère très proche de ce que je faisais auparavant : penser un projet global ; réfléchir à la stratégie ; penser aux équipes, puisque diriger une compagnie ou mettre en scène implique des qualités de ressources humaines&#8230; La relation aux partenaires, aux coproducteurs, aux financeurs, aux politiques sont autant de paramètres qui étaient présents dans mes responsabilités précédentes.</p>
<p>Dans le travail quotidien, rien ne me désarçonne. Je me sens assez opérationnelle et je suis bien entourée. Désormais j&rsquo;ai des équipes à qui je peux déléguer et pour autant je comprends et connais leur travail, ce qui est toujours un atout. Cela ne signifie pas que je puisse faire ce qu’ils font, car ils ont chacun un domaine d&rsquo;expertise que je n&rsquo;ai pas. En revanche, la compréhension induit une complicité qui facilite beaucoup les relations.</p>
<p><strong>Comment avez-vous plongé dans cette nouvelle mission ? </strong></p>
<p>Dès le temps de candidature &#8211; un mois et demi entre la présélection et l&rsquo;audition – j&rsquo;ai rencontré tous les acteurs de territoire et ressenti une grande fluidité dans les échanges ; des qualités de coopération, de vitalité, de désir de partage, ce qui, pour moi, était extrêmement vivifiant et rassurant parce que ma priorité était de m&rsquo;assurer que la rencontre était la bonne entre cette maison-là et moi. J&rsquo;aborde Angers Nantes Opéra comme je le ferais d&rsquo;une œuvre, en m&rsquo;y plongeant pleinement. J&rsquo;ai passé un an et demi en tuilage pour préparer ma programmation, mais également observer les équipes, comprendre les fonctionnements.</p>
<p>Comme lorsque l&rsquo;on se documente sur l&rsquo;œuvre, j&rsquo;ai d&rsquo;abord essayé d&rsquo;avoir une compréhension fine du contexte de cette maison ; son histoire, son inscription dans ses territoires &#8211; Angers, Nantes, sa visibilité nationale&#8230; L&rsquo;enjeu, ensuite, est d&#8217;embarquer les équipes dans mon histoire. Il était très important pour moi de prendre du temps avec chaque service pour expliquer ce que je souhaite développer, répondre aux questions, afin que chacun participe au projet commun.</p>
<p>Lorsque l&rsquo;on crée un opéra on fait la même chose avec la centaine de personnes impliquée sur le projet pendant quelques mois. La différence réside dans la temporalité. Ce n&rsquo;est pas la même chose d&rsquo;impliquer des personnes pendant quelques mois ou pendant des décennies ! Ici réside le vrai challenge, c&rsquo;est également ce qui m&rsquo;anime ; m&rsquo;ancrer, me sédentariser. Ma curiosité, mon appétit, mon envie de tout savoir, tout comprendre, tout connaître, tout découvrir explique que j&rsquo;ai touché à un certain nombre de savoir- faire, utiles aujourd&rsquo;hui, mais que j’ai besoin de sédimenter.</p>
<p><strong>N&rsquo;est-il pas difficile de mettre votre compagnie en sommeil ?</strong></p>
<p>Les choix impliquent des renoncements ! Le tuilage a servi à faire la transition avec chacun et chacune. Ce qui compte, c&rsquo;est d&rsquo;avoir toujours des créations en cours, qui implique mes collaborateurs et collaboratrices pour garder mon ADN, sans cela je n’aurai plus de sève. Ceci dit, une programmation, des réflexions sur une dramaturgie de maison, c&rsquo;est extrêmement créatif.</p>
<p>Il me semble également qu&rsquo;à « l&rsquo;endroit » du metteur en scène, on est généralement assez isolé, on a peu de contact avec d&rsquo;autres personnes à cette même place. Désormais, je peux échanger avec d&rsquo;autres. C&rsquo;est formidable, je découvre leurs modes de fonctionnement, cela m&rsquo;enrichit, me sort de mon unique pratique.</p>
<p>Enfin, à un moment où l&rsquo;on sent une fragilisation de la culture, moi qui suis dans l&rsquo;action, je crois que je préfère une place d&rsquo;où je peux défendre la musique, le lyrique et essayer de trouver les ressources pour agir, participer plutôt que de subir une situation et de la voir se dégrader. Bien évidemment, au niveau de la compagnie, il y a une certaine souplesse, mais au sein de l&rsquo;institution, l&rsquo;impact est beaucoup plus grand. D&rsquo;ailleurs les Opéras ont besoin d&rsquo;intégrer cette agilité inhérente aux compagnies. Là résidait le sens de mon partenariat avec l&rsquo;Opéra de Limoges, où j&rsquo;étais artiste associée. La Cie MPDA y offrait une espèce de plasticité vertueuse. En 2022, avec la<em> Princesse Jaune</em> de Saint-Saëns, nous avions ensemble créé le premier décor complètement réemployé, à partir d’un décor de l&rsquo;Opéra de Lyon. Il a fallu penser différemment : analyser les éléments, les désosser complètement, refabriquer&#8230; On a cette souplesse de pensée et d’action issu du travail de compagnie.</p>
<p><strong>Venons-en maintenant à la particularité aussi d&rsquo;Angers Nantes Opéra, à la fois le fait que vous ayez deux scènes et le travail qui se fait avec l&rsquo;Opéra de Rennes. Cela va-t&rsquo;il se pérenniser ?</strong></p>
<p>Cette coopération avec Rennes porte de beaux fruits, je trouve. Elle va donc non seulement se pérenniser, mais également se clarifier, notamment vis à vis du public, parce que le caractère inédit de la relation entre Angers, Nantes et Rennes est assez peu connu. Nous sommes les deux seules Maisons de l&rsquo;hexagone qui mutualisent pleinement leurs productions. Les gens pensent que nous sommes de  simples coproducteurs. Or c&rsquo;est tout à fait différent et nous devons le valoriser ! La production, le casting, l&rsquo;équipe de création sont choisis collégialement avant de mutualiser le temps de plateau de création. Cette mutualisation des coûts au prorata du nombre de représentations est vertueuse et unique en France. Rennes restera donc un partenaire privilégié même si j&rsquo;ai aussi mon propre réseau et le souhait d&rsquo;engager des nouvelles relations de coproduction.</p>
<p>J&rsquo;ai suffisamment d&rsquo;idées pour ne pas détricoter ce qui fonctionne, ce serait absurde. Je préfère m&rsquo;appuyer sur ce qui est opérationnel et y apporter ma touche. C&rsquo;est pourquoi, par exemple, nous pérenniserons <em>Opéra(s) sur écran</em>, si fédérateur. Ceci dit, il s&rsquo;agit là d&rsquo;un outil de sensibilisation parmi d&rsquo;autres. Il est très efficace parce qu&rsquo;il concerne beaucoup de personnes en un instant T : 4000 personnes à Nantes sur la place Graslin en juin dernier et 2000 à Angers au même moment. Mais ce n&rsquo;est pas un but en soi. Opéra(s) sur écran permet de comprendre ce qu&rsquo;est l&rsquo;expérience collective autour d&rsquo;une œuvre d&rsquo;art mais l&rsquo;idéal est de se passer du truchement de l&rsquo;écran. Ce moment collectif, extrêmement précieux, est encore meilleur dans le cadre de musique acoustique qui se joue devant nous.</p>
<p><strong>Dans votre premier <a href="https://smano.sharepoint.com/sites/PRESSE/Documents%20partages/Forms/AllItems.aspx?id=%2Fsites%2FPRESSE%2FDocuments%20partages%2FCommuniqués%20et%20photos%20de%20presse%2FALEXANDRA%20LACROIX%20DIRECTRICE%20GENERALE%20ET%20ARTISTIQUE%2F2024-06-21_CP_Nomination%20ANO%2Epdf&amp;parent=%2Fsites%2FPRESSE%2FDocuments%20partages%2FCommuniqués%20et%20photos%20de%20presse%2FALEXANDRA%20LACROIX%20DIRECTRICE%20GENERALE%20ET%20ARTISTIQUE&amp;p=true&amp;ga=1">communiqué de presse</a>, vous parliez de l&rsquo;inscription d&rsquo;Angers Nantes Opéra dans un « réseau européen de production ». Qu&rsquo;est-ce à dire?</strong></p>
<p>D&rsquo;une part nous intégrons le réseau Opéra Europa pour être en lien avec les autres maisons d&rsquo;opéra européennes. Pour ma part, j&rsquo;ai également fait un vrai parcours au sein de ENOA, un réseau européen porté par le Festival d&rsquo;Aix en Provence. Il me semble évidemment précieux d&rsquo;être connectée à ce qui se passe ailleurs, à une échelle plus large. Plus concrètement, nous avons une relation particulière avec les théâtres de la ville de Luxembourg. Notre chœur ira s&rsquo;y produire tandis que des workshops rassembleront leur Talent Lab et notre RING Lab, soulignant notre intérêt commun pour la création d&rsquo;artistes émergents et pluridisciplinaires.</p>
<p>Nous accueillerons également des artistes européens pour nous sensibiliser à ce qui se passe ailleurs parce que la circulation des pratiques, des idées, sont enrichissantes. A titre personnel, par exemple, j&rsquo;ai beaucoup appris en Belgique, où ce qui compte, c&rsquo;est justement ce que l&rsquo;on veut dire. Les moyens en dépendent. Ainsi le théâtre musical y est vraiment fait sur mesure pour servir l&rsquo;objet que l&rsquo;on veut représenter sur scène. Il me semble également que le travail s&rsquo;y effectue beaucoup moins en silos, on observe une espèce d&rsquo;agilité dans les savoir-faire, plus de porosité entre les métiers, ce qui me semble précieux. En abolissant les cadres, tout s&rsquo;avère bien plus poreux car y prévaut le spectacle vivant. Le public a envie de passer un moment magique, d&rsquo;être embarqué dans une forme qui porte un sens, une beauté intrinsèque. Il se moque des cases d&rsquo;autant plus que l&rsquo;opéra incarne la conjonction de tous ces arts, la transversalité.</p>
<p><strong>Réjouissante ambition ! Mais vous avez pris votre poste à un moment particulièrement complexe avec les coupes budgétaires drastiques de la Région Pays de Loire. Comment inventer, oser dans un contexte aussi contraint ?</strong></p>
<p>Effectivement, l&rsquo;annonce est tombée deux mois à peine après la signature de mon contrat. Cela a été très dur, d&rsquo;autant plus que j&rsquo;étais encore en tuilage ; je n&rsquo;étais donc pas pleinement décideuse. Nous avons mis un an à chercher des solutions avec l’équipe. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;inquiétude demeure quant à la façon dont est attaquée notre mission de service public. Or, c&rsquo;est ma motivation première à venir diriger une institution publique afin d&rsquo;y développer un projet qui a pour ambition de concerner nos salles, mais également d&rsquo;irriguer notre territoire, de venir au contact des publics le plus largement et le plus loin possible. Se diriger vers des idées de rentabilité ou d&rsquo;accueil pur remet cela en question.</p>
<p><strong>Cette question de la rentabilité vous préoccupe ?</strong></p>
<p>Lorsque l&rsquo;on vient voir un opéra une fois, on s&rsquo;en souvient toute sa vie. A mon sens, voilà où se mesure la véritable rentabilité plus que dans la recette recueillie. Notre mission est également de créer de nouveaux ouvrages, les chefs-d’œuvre de demain, ce qui implique une prise de risque. La première commande à un compositeur ne sera pas forcément le trésor attendu. Il nous incombe donc de multiplier ces possibilités de créations pour permettre l&rsquo;émergence de merveilles.</p>
<p>Nous sommes également au service du territoire, pour ce faire, nous avons besoin de forces permanentes. Aller dans les classes n&rsquo;est pas rentable d&rsquo;un point de vue comptable même si ça l&rsquo;est totalement d&rsquo;un point de vue éducatif ; cela participe du vivre ensemble, de la santé mentale, de la lutte contre l&rsquo;omniprésence des écrans&#8230;</p>
<p>Une représentation lyrique implique souvent plusieurs heures, sans écrans, dans un temps collectif, dans une salle diversifiée, pour vivre un moment d&rsquo;émotion immersif puisque le son, impalpable, a cette capacité de nous envelopper. Cette capsule de vibration, qui vient nous percuter de manière assez extraordinaire, est assez unique aujourd&rsquo;hui. Alors que nous combattons l&rsquo;addiction aux écrans et les fortes dépressions &#8211; notamment des jeunes &#8211; l&rsquo;émotion est un vecteur absolument essentiel. Une nouvelle fois, si la rentabilité et la durabilité de l’impact de l’opéra sont pour moi évidentes, elles ne sont pourtant pas instantanées.</p>
<p><strong>Comment lutter contre l&rsquo;effritement budgétaire ?</strong></p>
<p>Je suis tout à fait ouverte et comprends qu&rsquo;avec une rigueur budgétaire, nous devons aussi trouver d&rsquo;autres ressources, mais il nous faut imaginer le bon équilibre pour conserver notre mission de service public. Nous menons évidemment une recherche active de mécénat mais aussi un travail de réorganisation, d&rsquo;optimisation pour condenser au mieux. En réalité, ces efforts de gestion étaient déjà à l’œuvre, désormais nous sommes un peu à l&rsquo;os ! Ensuite, arrive la coopération. C&rsquo;est à la fois formidable, mais aussi extrêmement contraignant parce qu&rsquo;il faut s&rsquo;accorder à plusieurs, ce qui implique un important investissement temporel. Nous n&rsquo;avons pas trouvé l’intégralité des ressources financières pour revenir à l&rsquo;avant coupe budgétaire, mais avons fait tous les pas qu&rsquo;il était possible de faire aujourd&rsquo;hui.</p>
<p><strong>Il y a eu une baisse du nombre de levers de rideau cette saison. Ce sera également le cas l&rsquo;année prochaine ?</strong></p>
<p>Non, car ce n&rsquo;est soutenable ni pour le public, ni pour Angers-Nantes Opéra : Notre automne a été creux du fait des coupes budgétaires, ce qui a été à la fois nécessaire mais mal compris du public et mal vécu par les équipes. Nous sommes le seul opéra de la région avec deux salles d&rsquo;une jauge de presque huit cent places. Jauge importante, certes, mais tout de même assez réduite par rapport à la taille d&rsquo;une agglomération comme Nantes. Nous ne répondons donc que partiellement à la demande. Le nombre de lever de rideau va réaugmenter mais pas autant que nous le souhaiterions.</p>
<p><strong>Vous êtes vice-présidente des Forces Musicales, un atout dans les circonstances actuelles ?</strong></p>
<p>Tout à fait car il s&rsquo;agit de représenter les opéras et les orchestres de France ; de travailler la question des ressources au niveau national. Ce qui peut être mis en place à l’échelle d’une maison relève, dans le contexte actuel, du court-terme. Je m&rsquo;inscris au niveau national pour avoir accès à une réflexion et une capacité d&rsquo;action plus large et j&rsquo;espère, plus efficiente : Comment retrouver un souffle économique, comment réoxygéner le secteur ? Nous avons donc fait une trentaine de <a href="https://www.lesforcesmusicales.org/municipales-2026-le-service-public-de-la-culture-entre-en-campagne-et-interpelle-les-candidates-et-les-candidats/">propositions</a>, autour de multiples sujets comme l’écoresponsabilité&#8230; Les budgets surtout, afin de ne pas seulement être en demande auprès des partenaires institutionnels de façon hors sol mais se positionner également comme force de proposition. La taxe de séjour, par exemple, est plafonnée, mais n&rsquo;est pas utilisée à son plafond dans toutes les villes. De plus ces plafonds pourraient être rehaussés et ces fonds fléchés pour la culture. Parce que nous sommes vecteurs de richesse économique ; notre activité nourrit le tourisme, les hôtels. Il y a une logique à ce que cet apport puisse être rétribué. La cible seraient les hôtels au-dessus de trois étoiles, la proportion de taxe sur un hôtel de catégorie supérieure étant finalement extrêmement faible, cela ne changerait pas grand-chose pour le consommateur mais serait un indéniable levier pour nos structures. Toutes les propositions ne seront pas forcément idéales mais ont le mérite d&rsquo;engager un dialogue avec les candidats aux municipales et les élus. Encore une fois il s&rsquo;agit d&rsquo;agir et non de subir.</p>
<p><strong>Pour terminer, partageriez-vous avec nous un rêve, une envie, quelque chose qui vous qui vous taraude pour la saison prochaine ?</strong></p>
<p>Angers-Nantes Opéra va fêter ses 25 ans. J&rsquo;aime beaucoup cet endroit de lisière, de frottement entre tout ce qui a été vécu avant et l&rsquo;avenir. A ce point de conjonction, l&rsquo;on peut être pleinement dans le présent. J&rsquo;aimerais trouver une façon de vivre cet anniversaire ainsi, sans forcément de grandes ambitions, mais à une place juste.</p>
<p>Je crois que mon rêve de manière générale, est d&rsquo;être au bon endroit au bon moment et de vivre quelque chose d’intense et de juste.</p>
<p>Les enjeux environnementaux nous font prendre conscience que nous nous imaginions très forts et sommes en réalité très vulnérables. Sur cette planète si fragile, nous avons la chance d&rsquo;être debout. Et il me semble que les émotions artistiques vécues, partagées, notamment à l&rsquo;opéra, nous rendent d&rsquo;autant plus vivants. Cet instant-là du présent &#8211; dans une salle à un instant T &#8211; qui s&rsquo;inspire justement du passé, tout en étant porteur d&rsquo;espoir, d&rsquo;avenir ; voilà l&rsquo;endroit juste, la lisière que je recherche toujours, qui permet de relier les humains, de percevoir l’avenir.</p>
<p>Il nous faut être plus conscient de cette chance, de cette nécessité de maintenir et de faire vivre le vivant et le collectif. D&rsquo;où la prégnance des questions environnementales qui comptent à l&rsquo;échelle d&rsquo;une institution. Nous avons un impact en terme de production, par rapport au public qui se déplace pour nous. Nous avons également un puissant impact sur les imaginaires. C&rsquo;est ma raison d&rsquo;être dans ce métier : je crois très, très fort à cet impact sur les imaginaires. L&rsquo;humain a cette capacité de réflexion, de rêve ; il nous faut l&rsquo;alimenter.</p>
<p><strong>Le rêve comme service public ?</strong></p>
<p>Tout à fait, d&rsquo;autant plus dans les temps sombres. Ce qui est sidérant, c&rsquo;est qu&rsquo;en temps de crise, par le passé, on réinvestissait dans la culture. Pourquoi ? Parce que pour retrouver de la vitalité, de l&rsquo;élan économique, de l&rsquo;élan en général, cette respiration est indispensable. Nous, artistes, pouvons apporter ce souffle. Le rêve est absolument nécessaire.</p>
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		<title>Récital Nuria Rial &#8211; Trondheim</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-nuria-rial-trondheim/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Feb 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Songs of Freedom » est le titre d&#8217;un album compilation de Bob Marley. Pas de reggae ici, même si un soleil radieux s&#8217;empare de la scène éminemment nordique du Barokkfest de Trondheim en Norvège avec cette soirée éponyme consacrée à la musique baroque méditerranéenne et aux chants de libération latino-américains. La liberté est effectivement le fil &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Songs of Freedom » est le titre d&rsquo;un album compilation de Bob Marley. Pas de reggae ici, même si un soleil radieux s&#8217;empare de la scène éminemment nordique du <strong>Barokkfest</strong> de Trondheim en Norvège avec cette soirée éponyme consacrée à la musique baroque méditerranéenne et aux chants de libération latino-américains.</p>
<p>La liberté est effectivement le fil rouge de cette treizième édition, avec de belles découvertes comme le <em>Spartaco</em> de Giuseppe Porsile recrée pour l&rsquo;occasion. Une affiche audacieuse, tout comme l&rsquo;est le choix d&rsquo;un festival de musique baroque en plein hiver.</p>
<p>Les -17 degrés ne découragent nullement les festivaliers qui troquent avantageusement leurs bottes fourrées contre des escarpins pour se réchauffer au timbre ardent de la soprano Nuria Rial. La jeune femme est accompagnée par un formidable luthiste, <strong>Rolf Lislevand</strong>, ainsi que d&rsquo;un second guitariste-luthiste et, plus surprenant, d&rsquo;une contrebasse jazz qui éclaire la soirée de touches délicieusement acidulées à défaut d&rsquo;être historiquement informées.</p>
<p>Le timbre fuité de la chanteuse catalane s&rsquo;accompagne d&rsquo;une ligne vocale bien conduite, de finales élégantes, d&rsquo;un sourire intérieur qui irrigue le chant d&rsquo;une constante tendresse d&rsquo;autant plus que les berceuses ne manquent pas.<br />
L&rsquo;artiste fait montre de beaucoup de douceur dans « Canzonetta spirituale sopra la nanna », la joie imprègne les Passacailles ou encore « La Negra Attilia » qui évoque presque les Demoiselles de Rochefort.</p>
<p>Toute de charme, l&rsquo;artiste se fait mutine dans « Niña, Cómo en tus mudanzas? », toujours merveilleusement accompagnée par les musiciens.</p>
<p>Si les airs s’enchaînent de manière fort agréable, l&rsquo;auditeur est un peu étonné, puis marri que le programme se cantonne à d&rsquo;agréables ballades, câlines et douces alors que le thème retenu appelait passion, révolte et accents de désespoir. Même « Como la cigarra » de Maria Elena Walsh – une chanson interdite en Argentin entre 1976 et 1983 – conserve les mêmes tonalités affectueuses.</p>
<p>Cela est d&rsquo;autant plus troublant que Nuria Rial ne manque pas de qualités, l&rsquo;envie est forte de l&rsquo;applaudir dans d&rsquo;autres couleurs que celles auxquelles elle se cantonne. Or le répertoire ne manque pas de pépites comme nous l&rsquo;avions découvert l&rsquo;an passé à Vézelay sous la houlette passionnée de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alkymia-viva-la-gracia-vezelay/">Mariana Delgadillo Espinoza</a>.</p>
<p>Ceci dit, les airs choisis lui vont à ravir, et, comme dans l&rsquo;extraordinaire « Coloured fog room » (chambre au brouillard coloré) à découvrir au Pomo – musée d&rsquo;art contemporain de la ville récemment rénové par India Mahdavi – le spectateur finalement lâche prise, plane paisiblement d&rsquo;un air-nuage à l&rsquo;autre.</p>
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		<item>
		<title>PORSILE, Spartaco &#8211; Trondheim</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/porsile-spartaco-trondheim/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2013, au cœur de l’hiver polaire, Martin Wåhlberg apprivoise les norvégiens de la troisième ville du pays en leur faisant goûter, une semaine durant, aux pépites du répertoire baroque. De son propre aveu, après quelques années à enchaîner des œuvres assez populaires, il ose désormais – avec un public fidèle, qui vient parfois de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2013, au cœur de l’hiver polaire, <strong>Martin Wåhlberg</strong> apprivoise les norvégiens de la troisième ville du pays en leur faisant goûter, une semaine durant, aux pépites du répertoire baroque. De son propre aveu, après quelques années à enchaîner des œuvres assez populaires, il ose désormais – avec un public fidèle, qui vient parfois de fort loin – explorer le répertoire méconnu qui constitue sa marque de fabrique.</p>
<p>Nous l’avions entendu l’an passé à l’Opéra d’Oslo dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege-oslo/"><em>Ernelinde, princesse de Norvège</em></a> – également à l&rsquo;affiche à<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege-versailles/"> Versailles</a> tandis qu&rsquo;il montait <em>Arsace</em> d&rsquo;Orlandini à Trondheim. Il confirme aujourd&rsquo;hui ce tropisme audacieux avec<em> Spartaco</em> de Giuseppe Porsile. L&rsquo;œuvre créée à Vienne pour le Carnaval de 1726 ne manque pas d’atouts et l’exploration musicologique menée avec Pedro-Octavio Diaz Hernandez porte de bons fruits. Le compositeur napolitain qui fit toute sa carrière à Vienne nous donne à voir un Spartacus en fin de course : l’esclave révolté s&rsquo;est mué en tyran. Bientôt acculé par la contre-offensive romaine, craignant les espions, il tente de manipuler son entourage, imposant des unions au service de ses calculs politiques. Ses proches ne l&rsquo;entendent pas de cette oreille et la rébellion change de camp. La partition alterne avec beaucoup d’allant récitatifs enlevés et airs aux mélodies remarquablement séduisantes.</p>
<p>L’<strong>Orkester Nord</strong> mène la soirée tambour battant, avec une belle homogénéité, sous la baguette franche mais pleine de souplesse de <a href="https://www.forumopera.com/martin-wahlberg-chef-dorchestre-norvegien-fou-dopera-comique/">Martin Wåhlberg</a>. Les cordes, rythmiques, très en place, à l’écoute, complètent l’excellent continuo quand les vents ponctuent astucieusement le récit. Le basson par exemple magnifie le très réussi « Per Piacer » de Spartaco. Le chef a choisi d’inclure dans ce dernier pupitre plusieurs chalumeaux qui, bien que non notés dans la partition originale, étaient très en faveur à la cour viennoise à cette époque et pouvaient donc faire partie de la distribution. Cela ajoute une teinte singulière mais vraiment intéressante au si vulnérable « Quel labbro » par exemple.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260129-Spartaco-Porsile-@-Frimurerlogen_foto-Arne-Hauge_TEMP_002-1294x600.jpeg" alt="" />© Arne Hauge</pre>
<p>Cette quête de richesse sonore se ressent également dans la diversité des timbres du cast vocal, d’excellente tenue. Le chef aime prendre des risques comme on avait pu le constater lorsqu’il avait choisi une Pamina de seize ans pour son enregistrement de <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-die-zauberflote/"><em>Zauberflöte</em></a>. Cette fois c’est un tout jeune ténor italien, <strong>Luigi Morassi</strong>, qui prend le relais en incarnant Spartacus. Plus versé sans doute dans le bel canto – on pourra d&rsquo;ailleurs l&rsquo;entendre en Raffaele dans le <em>Stiffelio</em> de Verdi au Theater an der Wien en mai prochain – il apporte au personnage sa haute stature, son indéniable prestance, une projection puissante, dépourvue d&rsquo;effort, ainsi qu’une autorité vocale où la chaleur le dispute au martial même dans les graves – ici assez exigeants. Sans doute tendu au début de la soirée, certaines vocalises étaient sujettes à caution. En revanche, il oscille de la colère à la détresse dans le poignant »Su Nocchier » et relève haut la main le défi technique de l&rsquo;air de folie du dernier acte.</p>
<p>L&rsquo;objet de sa convoitise est <strong>Sophie Junker</strong> qui nourrit sa Vetturia de la sensibilité délicate de son phrasé, d&rsquo;une intelligence de la ligne patente dès « Valica il martalosa». Toute en expressivité, elle résiste aux avances de son oppresseur avec une implication constante et réjouit l&rsquo;oreille à chaque intervention, comme dans le tendre « Lascia mio caro ben ». Son timbre soyeux régale dans le splendide « Se la rabbia », si habité. Son élégance fait merveille dans « Quel labbro ».</p>
<p>Licinio est le complice de la jeune femme. <strong>Dara Savinova</strong> s&#8217;empare du rôle lui insufflant beaucoup d&rsquo;intensité comme dans le superbe « Non e orror ». Le timbre s&rsquo;avère brillant, noble, y compris en voix de poitrine. Le focus est précis, tout comme l&rsquo;unité des registres illustrée dans « ancor il Real tuo sguardo ». La mezzo clôt l&rsquo;œuvre en fanfare – si l&rsquo;on peut dire – avec un air brillantissime en duo avec la trompette « O sano iRibelli ».</p>
<p><strong>Anthea Pichanick, </strong>quant à elle, donne chair à l&rsquo;autre amoureux de l&rsquo;histoire avec une formidable aisance. L&rsquo;émission est très saine, le jeu très juste. Son Popilio est particulièrement touchant dans « Dolce speme » où le velouté du timbre répond à celui de l&rsquo;orchestre.</p>
<p>Dans ce jeu des doubles, la partition propose une seconde silhouette de jeune première, la fille du potentat, Gianisbe, à qui <strong>José Maria Lo Monaco</strong> prête son timbre ductile, vocalisant avec aisance dans « Vedro » où proposant de jolis moments de l&rsquo;élégiaque « piccolo russel » au mélancolique « Non temer » – très réussi.</p>
<p>Le Trasone plein de gouaille d&rsquo;<strong>Håvard Stensvold</strong>, quant à lui, sert son maître avec une ironie digne d&rsquo;un Leporello selon Pedro Carmona-Alvarez, la diction est nette, la voix ample et bien campée dans « cosi la vuoi »<br />
Il forme une paire comique tout à fait savoureuse avec Rodope, l&rsquo;épouse fort mal dégrossie dont se delecte une <strong>Natalie Pérez</strong> toute en vivacité. Les duos comme les formidables « Ho capito tutto » et « Temerario » sont l&rsquo;occasion de jeux de couleurs pleins d&rsquo;ironie et d&rsquo;effets réjouissants. La soprano s&rsquo;avère tout aussi délicieusement piquante dans ses airs, comme « Si tu voglio consolare ». Ces deux personnages enrichissent notablement l&rsquo;opéra qui y gagne des accents d&rsquo;humour et de fantaisie, achevant de convaincre de l&rsquo;intérêt de recréer l’œuvre oubliée de Giuseppe Porsile. C&rsquo;est le rire d&rsquo;ailleurs qui l&#8217;emporte dans le final tutti «  Pervia » où il nourrit le chant des sept solistes.</p>
<p>Il devrait être possible de découvrir cette rareté la saison prochaine en France et Espagne.</p>
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		<title>VIARDOT, Cendrillon &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;opéra de Rennes fait salle comble pour les fêtes avec douze représentations du Cendrillon de Pauline Viardot, au point que l&#8217;auditoire investit la fosse d&#8217;orchestre et qu&#8217;une séance supplémentaire a été programmée pour répondre à l&#8217;appétit des spectateurs.Il faut dire qu&#8217;une fois encore, la co[opéra]tive fait mouche en proposant cette confiserie pétrie de malice qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;opéra de Renne</strong>s fait salle comble pour les fêtes avec douze représentations du <em>Cendrillon</em> de Pauline Viardot, au point que l&rsquo;auditoire investit la fosse d&rsquo;orchestre et qu&rsquo;une séance supplémentaire a été programmée pour répondre à l&rsquo;appétit des spectateurs.<br />Il faut dire qu&rsquo;une fois encore, la <strong>co[opéra]tive</strong> fait mouche en proposant cette confiserie pétrie de malice qui tournera en France pour plus de soixante-dix dates cette année avant une large reprise la saison prochaine.<br />L&rsquo;incroyable Pauline Viardot, sœur cadette de la Malibran, brillante pianiste, cantatrice puis professeure de chant, était une salonnière émérite qui composait pour ses élèves.</p>
<p>Elle était âgée de quatre-vingt-trois ans lorsqu&rsquo;elle créa sa version de Cendrillon, subvertissant subtilement le conte sans en perdre les marqueurs essentiels : <strong>Olivier Naveau</strong> campe un père dépressif au passé trouble placé sous la coupe de ses insupportables belles-filles. <strong>Clarisse Dalles </strong>et<strong> Romie Esteves</strong> jubilent du grotesque de leurs personnages tout en assumant crânement une composition qui inclut l&rsquo;air d&rsquo;entrée d&rsquo;Elvire de <em>Don Giovanni</em> chanté en duo avec un superbe aplomb.<br />Lorsque l&rsquo;on sait que la compositrice acheta le manuscrit de Mozart à prix d&rsquo;or, tant et si bien que l&rsquo;on peut aujourd&rsquo;hui le consulter à la BNF, ce clin d&rsquo;œil sonne comme un irrévérencieux hommage à son illustre prédécesseur.<br /><strong>Jérémie Arcache</strong> fait merveille en orchestrant l’œuvre initialement écrite pour piano seul en un petit bijou de chambre où la créativité le dispute à l&rsquo;humour musical. <strong>Bianca Chillemi</strong> dirige avec énergie depuis le piano et le clavier numérique trois poly-instrumentistes très investis qui rajeunissent la pièce avec brio.</p>
<p>Le salon du baron et son décor de parvenu, tout en dorures clinquantes, intègre deux grands tableaux derrière lesquels se devinent ces musiciens. La scénographie maligne d&rsquo;<strong>Alwyne de Dardel</strong>, grâce à un simple lever de pendrillon, convoque la salle de bal et son escalier de music-hall qui met alors les instrumentistes à l&rsquo;honneur.<br />Là, la Cendrillon d&rsquo;<strong>Apolline Raï-Westphal</strong> brille également là où on ne l&rsquo;attend pas : « air libre » mentionne les didascalies. Avec l&rsquo;ébouriffant <em>Stripsody</em>, de Cathy Berberian, collage d&rsquo;onomatopées issues de l&rsquo;univers de la bandes dessinée, l&rsquo;intrusion du burlesque dans le conte nous permet de sortir des lieux communs de l’égérie romanesque et de rappeler avec fantaisie que décidément – n&rsquo;est ce pas là une caractéristique fondamentale de son personnage ? – Cendrillon n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;on croit. La soprano y démontre, de son timbre fruité, la formidable étendue de sa palette du touchant jusqu&rsquo;au loufoque. L&rsquo;ensemble du plateau vocal partage de belles qualités comme la grande clarté de la diction, la liberté physique ainsi que des timbres légers et lumineux qui irradient de joie l&rsquo;ensemble de la partition.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-07®Christophe-Raynaud-De-Lage-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205836"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>® Christophe Raynaud De Lage</sup></figcaption></figure>


<p><strong>David Lescot</strong>, dramaturge reconnu à qui l&rsquo;on doit notamment le livret et la mise en scène des <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-trois-contes-rennes-a-rennes-les-contes-sont-bons/"><em>Trois Contes</em></a> de Gérard Pesson – si réussis – a délicieusement retravaillé les textes de ce qui s&rsquo;apparente à un opéra-comique de chambre. Ainsi actualisés, les dialogues n&rsquo;en n&rsquo;ont que plus de sel et remportent un succès qui se juge à l&rsquo;aune des éclats de rire des nombreux enfants présents dans la salle. Il faut dire que les rimes les plus savoureuses émaillent la soirée.<br />Sa direction d&rsquo;acteur, pimpante, enlevée, est également portée par ce parlé rythmique qui ponctue l’action en l&rsquo;éloignant du réalisme. Les comédiens-chanteurs s&rsquo;y amusent visiblement. Offrons une mention spéciale à ce titre pour le déhanché « travoltesque » de <strong>Benoît</strong> <strong>Rameau</strong>, habitué de la co[opéra]tive comme de l&rsquo;Opéra de Rennes. Présent dans <em>Narcisse</em> ou encore <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schumann-le-pelerinage-de-la-rose-rennes/"><em>le Pélerinage de la Rose</em></a>, il avait illuminé d&rsquo;humanité le Monostatos de la<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-rennes/"><em> Flûte Enchantée</em></a>. Il est également à l&rsquo;affiche des <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/"><em>Ailes du Désir</em></a>, autre création de la co[opéra]tive reprise au théâtre de l&rsquo;Athénée en février prochain.<br />Il incarne ici le chambellan du palais et, nouveau clin d&rsquo;oeil à <em>Don Giovanni</em>, échange son rôle avec celui de son maître, campé par le fringant <strong>Tsanta Ratia</strong>. L&rsquo;incontournable fée,<strong> Lila Dufy</strong>, ne manque pas d&rsquo;abattage, elle non plus. Dans un amusant syncrétisme elle entre par la cheminée – c&rsquo;est de saison – mais lorgne également du côté de Mary Poppins lorsqu&rsquo;elle extrait de son cabas toutes les occurrences possibles de baguettes !</p>
<p>La fantaisie des silhouettes est encore soulignée par les costumes. Si un efficace color-block domine, la salle entière attend naturellement la métamorphose de la servante en reine du bal. Et à nouveau prévaut l&rsquo;espièglerie puisque les spectateurs restent frustrés de ce temps fort. Manière de dire une nouvelle fois que ce ne sont ni le ramage ni le plumage qui font de Cendrillon un être d&rsquo;exception.<br />A l&rsquo;issue de la représentation, cette question de la robe était sur toutes les lèvres. Ma fille me suggéra que le superbe manteau argenté porté par la fée – qui est également la tante de la jeune femme – aurait pu constituer un joli élément de transmission intergénérationnelle marquant la transformation de l&rsquo;héroïne plutôt que ce (trop) discret changement de tenue en coulisses. L&rsquo;évocation de l’inénarrable citrouille mobile que l&rsquo;héroïne – après avoir demandé le prince en mariage – met un point d’honneur à conduire elle-même, met finalement tout le monde d&rsquo;accord.</p>
<p>Retransmis en direct depuis l’Opéra de Rennes le jeudi 1er janvier à 16h, le spectacle sera à découvrir en 2026 à Angers, Nantes, le Havre, Besançon, le Mans, Dunkerque, Créteil ainsi qu&rsquo;au théâtre de l&rsquo;Athénée à Paris.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-rennes/">VIARDOT, Cendrillon &#8211; Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>SCHUMANN, Le Pèlerinage de la Rose &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schumann-le-pelerinage-de-la-rose-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un magnifique Brumes/Opéra tzigane l&#8217;an passé, suivi d&#8217;un Winterreise mis en espace à plusieurs voix à la rentrée, l&#8217;opéra de Rennes poursuit son exploration créative du Lied romantique avec ce Pèlerinage de la Rose dessiné en direct par Emma Bertin. Comme la Petite Sirène d&#8217;Andersen, la Rose aspire à une autre existence que la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un magnifique <em>Brumes/Opéra tzigane</em> l&rsquo;an passé, suivi d&rsquo;un<em> Winterreise</em> mis en espace à plusieurs voix à la rentrée, l&rsquo;opéra de Rennes poursuit son exploration créative du Lied romantique avec ce <em>Pèlerinage de la Rose</em> dessiné en direct par <strong>Emma Bertin</strong>.</p>
<p>Comme la <em>Petite Sirène</em> d&rsquo;Andersen, la Rose aspire à une autre existence que la sienne, elle souhaite devenir humaine. La reine des Elfes lui accorde cette possibilité à condition qu&rsquo;elle ne se sépare jamais d&rsquo;une rose, symbole de son état originel. Las, devenue mère, dans un geste d&rsquo;amour, elle offre cette rose à son petit et rejoint ainsi le paradis des fleurs.<br />
<strong>L&rsquo;Ensemble Melisme(s)</strong>, dont le goût pour la musique germanique n&rsquo;est plus à démontrer, s&#8217;empare avec brio de cette métaphore de la vie : diction impeccable, attaques et finales précises, travail tout en raffinement sous la direction sereine de<strong> Gildas Pungier</strong> qui encadre également les jeunes recrues de la <strong>Maîtrise de Bretagne</strong>. « Wir tanzen, wir tanzen » ou « Im Hause des Müllers » sont plein d&rsquo;allant et d&rsquo;une rythmique piquante tandis que « Wie Blätter am Baum », « O sel&rsquo;ge Zeit » ou « Röslein! » déploient des trésors de nuances et de couleurs pour mieux en souligner le recueillement.<br />
La même intelligence dans l&rsquo;interprétation préside à « Bist du im Wald gewandelt »<br />
Mentions spéciales pour l&rsquo;énergie communicative de <strong>Mathilde Pajot</strong> et <strong>Laura Jarrell</strong> qui font partie des cinq membres du chœur de chambre sortis des rangs pour incarner les personnages secondaires du récit.</p>
<p>Cette œuvre tardive de Schumann, écrite pour pianoforte, accorde une part notable au clavier de <strong>Colette Diard</strong> qui déploie autant de rigueur que de finesse tout au long de la représentation.</p>
<p>Elégance, équilibre et délicatesse caractérisent l&rsquo;ensemble de la prestation, y compris du côté des trois solistes.<br />
<strong>Jeanne Mendoche</strong> prête son soprano souple et ductile à l&rsquo;incarnation de la Rose. Des qualités que soulignait Catherine Jordy la saison dernière à Nancy dans<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/hubert-et-hoang-les-incredules-nancy/"> <em>les Incrédules</em></a>. Les beaux mediums de « Und wie sie sangen » comme la richesse harmonique du timbre servent également la touchante prière « Dank, Herr, dir dort im Sternenland ».</p>
<p><strong>Damien Pass</strong> nous avait émerveillé ici même en Pagageno. Baryton généreux et accompli, il conserve cette présence tendre et souriante qui illumine notamment l&rsquo;évocation du bonheur conjugal passé du meunier dans « Die letzte Scholl&rsquo; hinunterrollt ».</p>
<p><strong>Benoît Rameau</strong> est un habitué de la Maison rennaise depuis <em>Narcisse</em> ou encore <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/"><em>les Ailes du Désir</em></a>. Son timbre lumineux nous avait régalé dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-rennes/"><em>la Flûte Enchantée</em></a> où il conférait beaucoup d&rsquo;humanité à son Monostatos. Cette singulière sensibilité ce confirme ici dès « Johannis war gekommen » ou « So sangen sie » au legato moelleux et culmine dans l&rsquo;émouvant « Und wie ein Jahr verronnen ist » tout de pure simplicité, en duo avec la soprano.</p>
<p>Nul doute que<a href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/cendrillon"> <em>Cendrillon</em></a> lui sourira pareillement à la fin du mois, lui qui, ne craignant pas les grands écarts, campe actuellement Jean Valjean au théâtre du Châtelet.</p>
<p>Les créations d&rsquo;Emma Bertin sont projetées au dessus du plateau et retravaillées, animées en direct par la jeune illustratrice. Le jeu des cadrages nourrit l&rsquo;imaginaire sans l&rsquo;enfermer comme ces bras de femme qui étreignent le torse de l&rsquo;époux en plan rapproché. Les teintes acides, voir fluorescentes qui rehaussent un travail tout en contrastes lumineux – entre aquarelle et acrylique – ne sont pas sans évoquer la palette de David Hockney ; un artiste qui affectionne lui aussi les peintures sur tablette graphique. Cette proposition visuelle auréole la soirée d&rsquo;une poésie supplémentaire d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il existe une indéniable osmose entre l&rsquo;émotion du plateau et le rythme du dessin.</p>
<p>Prochain rdv le 11 décembre prochain à l&rsquo;Opéra de Rennes avec à nouveau l&rsquo;Ensemble Mélisme(s) et la Maîtrise de Bretagne guidés par la merveilleuse conteuse Marthe Vassallo autour de <a href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/la-legende-de-sainte-brigitte"><em>la légende de Sainte Brigitte</em></a>.</p>
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		<title>CAMPO, La Petite Sirène &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/campo-la-petite-sirene-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2025 03:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Perdre sa voix, c&#8217;est perdre son identité. Régis Campo aurait pu centrer sa version de la Petite Sirène autour de l&#8217;injustice, de la trahison, de la quête métaphysique*. Il choisit de resserrer l&#8217;action autour d&#8217;une problématique ontologique que l&#8217;opéra de Toulon accueille après une large tournée en région Paca. Dans son compte-rendu de la Première &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Perdre sa voix, c&rsquo;est perdre son identité. <strong>Régis Campo</strong> aurait pu centrer sa version de <em>la Petite Sirène</em> autour de l&rsquo;injustice, de la trahison, de la quête métaphysique*. Il choisit de resserrer l&rsquo;action autour d&rsquo;une problématique ontologique que <strong>l&rsquo;opéra de Toulon</strong> accueille après une large tournée en région Paca.</p>
<p>Dans son compte-rendu de la Première niçoise, en mars 2024,<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/campo-la-petite-sirene-nice"> Julian Lembke</a> soulignait combien, au fil de ses créations, sous la diversité des esthétiques, le compositeur revenait toujours à un même « malaise face au monde&#8230; un huis clos [récurrent] où l’homme lutte avec (ou contre) ce qu’il est. ».<br />
Lauréat des Victoires de la Musique Classique 2025 pour <em>Dancefloor With Pulsing</em>, l&rsquo;artiste marseillais commet ici à la fois livret et partition. Sa réécriture du conte s&rsquo;avère d&rsquo;une remarquable justesse et Bérénice Collet l&rsquo;a encore enrichi de deux courtes scènes contemporaines qui encadrent le récit d&rsquo;Hans Christian Andersen en une parfaite mise en abyme : une adolescente d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, par le biais du rêve, expérimente le risque d&rsquo;un choix délétère. Il s&rsquo;agit de suivre un potentiel prédateur, certes, mais surtout de s&rsquo;exposer au danger de tout sacrifier, de s&rsquo;oublier dans l&rsquo;espoir d&rsquo;une vie meilleure.</p>
<p>Outre la modernisation du propos, l&rsquo;actualisation partielle de l&rsquo;action présente également l&rsquo;avantage de teinter d&rsquo;espoir une fable fort sombre. Aspirant à l&rsquo;Ailleurs, se sentant incomprises, les deux jeunes filles s&rsquo;apprêtent à commettre l&rsquo;irréparable au prix d&rsquo;une mutilation irréversible, réelle ou symbolique. L&rsquo;éclairage du conte rêvé permet finalement à notre moderne Ondine d&rsquo;arbitrer différemment et d&rsquo;échapper au pire. Vertu pédagogique du mythe, accentuée par l&rsquo;omniprésence de l&rsquo;eau, élément idéal pour dire l&rsquo;accès à l&rsquo;inconscient.</p>
<p><strong>Bérénice Collet</strong> et <strong>Christophe Ouvrard</strong> transforment habilement la chambre de l&rsquo;adolescente en monde sous-marin par des truchements variés : Les lampes sont autant de bulles d&rsquo;air, l&rsquo;armoire centrale se fait conque ; elle s&rsquo;ouvre pour laisser passage aux figures d&rsquo;autorité. Elle devient tableau animé lorsqu&rsquo;elle se pare de coraux en papiers découpés et d&rsquo;une maquette de bateau pour simuler un naufrage. Les vidéos de <strong>Christophe Waksmann</strong> participent naturellement à l&rsquo;effet aquatique tout comme la gestuelle ondulante adoptée par les interprètes féminines. Corsages blancs ajourés et longues jupes aux teintes irisées, les costumes de Christophe Ouvrard &#8211; sublimes &#8211; flattent les silhouettes Belle Epoque.</p>
<p>Avec la même créativité que dans le matériau visuel, tant dans le livret que la musique, Régis Campo exploite tous les possibles de la voix parlée jusqu&rsquo;au chanté, utilise avec créativité l&rsquo;instrumentarium à sa disposition. Cordes, flûte, clarinette, percussion, harpe et synthétiseur convoquent autant<em> le Vaisseau Fantôme</em> que la pop musique, sans oublier « l&rsquo;aquarium » du <em>Carnaval des animaux</em>.<br />
L&rsquo;aquatique transparaît naturellement de manière inventive depuis les glissando, jusqu&rsquo;au diapré des arpèges en passant par les thèmes récurrents accompagnant les émotions des personnages.</p>
<p>Le rythme général du spectacle &#8211; français non surtitré &#8211; est d&rsquo;une formidable fluidité. Sans peser jamais, chaque situation est parfaitement dessinée. Voilà qui s&rsquo;avère idéal dans le cadre d&rsquo;un spectacle jeune public, ce que prouve d&rsquo;ailleurs la qualité d&rsquo;écoute remarquable des jeunes spectateurs.</p>
<p><strong>Jane Latron</strong> à la tête de l&rsquo;<strong>orchestre de l’Opéra de Toulon</strong> installe les atmosphères en quelques coups de pinceaux avec de jolis contrastes, des couleurs variées aux incandescences gourmandes.</p>
<p>Comme dans la version de l&rsquo;écrivain danois, ici se mêlent tragique et grotesque : la langue de la petite sirène est si longue qu&rsquo;il est bien difficile de la couper, la sorcière est un crabe retors&#8230; Le personnage du prince est bien falot, assez vulgaire même dans sa gloutonnerie. La petite sirène devrait s&rsquo;horrifier de le voir dévorer goulûment un plateau de fruit de mer, mais, asservie à sa passion, s&rsquo;obstine dans son amour aveugle et non-réciproque. <strong>Sebastian Monti</strong> porte fort bien le rôle assez court qui lui est dévolu, tout comme <strong>Marion Vergez-Pascal</strong> &#8211; timbre fruité et une belle présence – en sœur aînée compatissante.</p>
<p><strong>Marion Lebègue</strong> prend en charge deux rôles clefs où s&rsquo;imposent pareillement son autorité vocale, ses graves larges et pleins, sa diction précise. Elle s&rsquo;amuse à nuancer ses couleurs entre une grand-mère plus ronde et les accents grinçants de la sorcière, machiavélique à souhait.</p>
<p>Enfin, <strong>Clara Barbier-Serrano</strong> campe une merveilleuse petite sirène à l&rsquo;émission naturelle, au timbre ductile du parlando jusqu&rsquo;aux vocalises et sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ambitus. Comédienne délicate et sensible, elle se révèle bouleversante lorsqu&rsquo;elle tente d&rsquo;apprendre à marcher ou accepte de se dissoudre, simple écume sur la mer.</p>
<p>Vous pourrez encore applaudir ce très beau spectacle à Charleroi en décembre puis à Aix-en-Provence au printemps prochain.</p>
<pre>*dans le conte d'Andersen, la Petite Sirène aspire avant tout à une âme immortelle</pre>
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		<title>CAVALLI, La Calisto &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence, La Calisto entame à l&#8217;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&#8217;hexagone jusque fin 2027. Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence"> Festival d’Aix-en-Provence</a>, <em>La Calisto</em> entame à l&rsquo;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&rsquo;hexagone jusque fin 2027.</p>
<p>Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les funérailles auxquelles nous assistons sont-elles celles de Calisto qui se voit promettre l&rsquo;éternité comme semble l&rsquo;indiquer le texte ? Que nenni, découvrirons-nous trois heures plus tard, il s&rsquo;agit de celles de Jupiter – décidément rien moins que divin puisque Calisto vient de l&rsquo;assassiner. Voilà qui tord assez brutalement le mythe et confirme les turpitudes fort humaines auxquelles sont confrontés les Dieux de l&rsquo;Olympe.</p>
<p>Ce choix dramaturgique questionne un peu inutilement le spectateur, alors que tout au long de la soirée, le cadre de l&rsquo;action respecte scrupuleusement la reconstitution historique : les lambris cérusés de <strong>Julia Katharina Berndt</strong> dévoilent alternativement toutes les pièces d&rsquo;une demeure aristocratique grâce à une tournette centrale du meilleur effet. Plus élégants encore, les costumes crées par <strong>Hannah</strong> <strong>Clark</strong> sont tout simplement éblouissants, déclinant des soies pastel d&rsquo;un suprême raffinement.<br />
Ceci dit, là encore, choix incongru, nous ne sommes pas en 1651 mais plus d&rsquo;un siècle plus tard dans un contexte totalement XVIIIe. Celui-ci convoque immédiatement les univers d&rsquo;un Mozart ou d&rsquo;un Choderlos de Laclos.</p>
<p>Il faut dire que les tribulations de Calisto ou d&rsquo;Endymion résonnent nettement des thèmes des <em>Liaisons Dangereuses</em> : les Grands s&rsquo;ennuient et se distraient entre cruauté et égoïsme, au détriment d&rsquo;êtres naïfs ou purs qu&rsquo;ils broient négligemment. Poignardant son subordonneur, Calisto, refuse de n&rsquo;être qu&rsquo;une Volanges ou une Tourvel avant l&rsquo;heure.<br />
Cette modernité projetée sur le mythe irrigue tous les choix de <strong>Jetske Mijnssen</strong> qui insuffle au livret une grande contemporanéité dans les thèmes abordés – harcèlement, consentement, fluidité des genres et des pratiques sexuelles … -.</p>
<p>Une fois acceptées, ces distorsions ne nuisent en rien au bonheur du spectateur. Car Si l’œil est charmé, l&rsquo;oreille l&rsquo;est plus encore par la remarquable qualité du plateau vocal. De <strong>Dominic Sedgwick</strong>, Mercure à la voix pleine à <strong>Théo Imart</strong> au timbre tout aussi séduisant en passant par le Pan si convaincant de <strong>Bastien Rimondi</strong>, le touchant Endymion de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> ou la délicieuse Lymphée travestie de <strong>Zachary Wilder</strong>, sans oublier la Diane de haut vol de <strong>Giuseppina Bridelli</strong>, tous les rôles sont à la fête.<br />
Excellents comédiens, nourris par une direction d&rsquo;acteurs acérée, particulièrement variée, les chanteurs font montre d&rsquo;autant d&rsquo;élégance que de naturel, d&rsquo;une réjouissante intelligence dans le style comme dans l&rsquo;interprétation.</p>
<p>Dominant les autres artistes de son imposante stature, <strong>Milan Siljanov</strong> n&rsquo;a pas à forcer son naturel et l&rsquo;autorité naturelle de sa voix pour incarner Jupiter. Il est d&rsquo;autant plus à contre-emploi en Diane travestie, cabotinant avec une jubilation communicative en voix de fausset.</p>
<p>Jouisseur cynique, comme Valmont, il rend d&rsquo;autant plus touchante la merveilleuse Calisto de <strong>Lauranne Oliva</strong> qui profite de la somptuosité du timbre, de la richesse de la voix de poitrine, de l&rsquo;aisance des vocalises et d&rsquo;une incarnation sensible pour des extases sensuelles pleines de fraîcheur et des <em>Lamenti</em> bouleversants. La scène où les esprits sylvestres, aux ordres de Junon, lui imposent l&rsquo;humiliation d&rsquo;une tonsure est proprement saisissante.<br />
<strong>Anna Bonitatibus</strong> y foudroie tout autant en épouse bafouée dans un air somptueux qui murmure sans jamais détimbrer, éructe sans jamais se départir d&rsquo;un art idéalement maîtrisé.</p>
<p>Soutien sans faille de cette équipe de choc depuis la fosse, <strong>Sébastien Daucé</strong> retrouve avec une joie manifeste <strong>l&rsquo;Ensemble</strong> <strong>Correspondances</strong>. La complicité des musiciens est évidente dès l&rsquo;ouverture avec ce son rond qui se nuance d&rsquo;infinies couleurs tout au long de la soirée. La belle énergie de l&rsquo;orchestre souligne l&rsquo;acuité du travail rythmique et l&rsquo;art des atmosphères.</p>
<p>Faussement classique, superbement interprétée,<em> la Calisto</em> ne saurait dévier de son orbite glorieuse : à Angers-Nantes Opera les 22, 23 et 30 novembre prochains, au Théâtre des Champs Elysées du 4 au 6 mai 2026, au Théâtre de Caen les 20 et 21 mai 2026, aux Théâtres de la Ville de Luxembourg en octobre 2027 avant d&rsquo;achever sa course à l&rsquo;Opéra Grand Avignon les 13 et 14 novembre 2027.</p>
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