Quatorze années de travaux, près de 1,5 milliard d’euros engloutis (financement compris) : l’Opéra de Cologne semblait paré à toute éventualité. C’était sans compter la machinerie. Nous évoquions déjà, fin septembre, les premières pannes qui avaient contraint à remanier Le Chevalier à la rose.
Cette fois, ce sont Les Contes d’Hoffmann de Stefan Herheim qui passent à la trappe. Créé en 2015 au Festival de Bregenz, le spectacle de l’auteur du plus beau Parsifal de Bayreuth de ce siècle exige des moyens que la scène colognaise, encore en proie à des défaillances mécaniques et informatiques, n’est pas en mesure d’assurer.
Appelé en renfort, André Heller-Lopes, bien connu au Brésil, doit monter dans l’urgence une nouvelle production, avec les décors existants et un dispositif technique minimal. Les répétitions commenceront début novembre ; la première est maintenue au 28. Andrés Orozco-Estrada sera au pupitre, et Young Woo Kim chantera Hoffmann avant de céder la place, entre autres, à Enea Scala en décembre.
L’affaire a gagné le conseil municipal, où l’on réclame des comptes sur les surcoûts comme sur les conséquences pour la suite de la saison. Nul ne sait quand le plateau retrouvera un fonctionnement normal.
Offenbach, enfant de Cologne, connaissait le problème : sa poupée Olympia, automate capricieux, est elle aussi sujette aux ratés. Mais chez lui, un tour de clé suffit à la remonter.
