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Chrysoline Dupont : « Il faut en finir avec l’opéra bashing et les stéréotypes ! Je mets ma confiance dans la jeunesse et dans nos institutions »

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Interview
4 mai 2026
Directrice générale de l’Opéra national du Rhin à compter de juillet prochain, Chrysoline Dupont présente sa première saison 2026-27. 

Vous prenez la suite d’Alain Perroux, dont le travail a été hautement apprécié. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette succession ?

Je m’inscris, à bien des égards, dans la continuité du travail mené par Alain Perroux qui laisse une maison en excellente santé artistique et financière. J’ai à cœur de poursuivre l’ambition qui a été la sienne et suis très impatiente de prendre mes fonctions en juillet prochain.
Nous allons œuvrer à ce que l’OnR reste une maison de création et de production qui compte en France et Europe à travers des productions lyriques ou chorégraphiques majeures. Ceci tout en poursuivant le travail engagé pour aller à la rencontre de nouveaux publics. Ce projet repose sur une double exigence : exprimer une ambition artistique affirmée tout en intégrant une dimension sociétale, en lien avec des enjeux contemporains.
Nous allons mettre en place des séances « Relax » qui n’existaient pas jusqu’à maintenant à l’Opéra national du Rhin. Elles permettent à des publics en situation de handicap de pouvoir assister à des représentations en bénéficiant d’un accompagnement spécifique. Dans ce même état d’esprit d’ouverture, nous allons continuer de déployer les opéras volants. Ce sont des petites formes lyriques qui tournent dans la région à destination des publics scolaires ou des familles et surtout dans des villes ou des territoires où il n’y a pas d’opéras. 
Cette saison nous présentons le Petit ramoneur et la Valse rêvée d’Offenbach, avec les artistes de l’Opéra Studio, notre centre de formation de jeunes chanteurs. On en confie la mise en scène à de jeunes artistes, en l’occurrence Johanna Boyé, qui a gagné un Molière du Théâtre Jeune Public, et Barthélemy Fortier qui vient de l’Opéra-Comique. Il s’agit de créer des objets fédérateurs et accessibles pour les familles et l’ensemble des publics.

Aviez-vous déjà des contacts avec l’Opéra national du Rhin et ses trois antennes (Strasbourg, Colmar et Mulhouse) avant votre nomination ?

J’étais déjà une spectatrice admirative des productions imaginées par Eva Kleinitz et Alain Perroux. L’Opéra national du Rhin est par ailleurs une maison que je connaissais bien au travers de mes précédentes expériences professionnelles, à l’Opéra-Comique comme au Festival d’Aix-en-Provence.
Aujourd’hui, il faut saluer la qualité de nos ateliers de fabrication, ainsi que l’excellence du savoir-faire de nos équipes techniques et administratives. Je souhaite également rappeler la vitalité de l’ensemble de nos forces artistiques : les 40 artistes du Chœur, les 32 danseuses et danseurs du CCN•Ballet de l’OnR, les 11 jeunes artistes de l’Opéra Studio et les 150 artistes de la Maîtrise.
Nous avons aussi la chance de pouvoir compter sur deux superbes orchestres partenaires : l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg et l’Orchestre national de Mulhouse. Enfin, avec un réseau de 7 salles réparties dans 3 villes, l’OnR bénéficie d’un formidable maillage territorial.

Comment peut-on aller vers un public qui n’est pas du tout acquis à l’opéra ? Que peut-on répondre à un Timothée Chalamet qui considère l’opéra obsolète ?

L’opéra souffre encore de nombreux stéréotypes. Il est temps d’y répondre par des faits et de mettre fin à cet « opéra bashing » qui ne reflète en rien la réalité de nos maisons.
À l’Opéra national du Rhin, près de 30 % de notre public a moins de 28 ans. Chaque saison, nous accueillons près de 150 000 spectateurs, dont une part importante de jeunes grâce à 70 représentations dédiées aux scolaires. À cela s’ajoutent de nombreuses actions d’accompagnement – rencontres, présentations, débats – qui permettent d’ouvrir largement nos portes et de rendre les œuvres accessibles à tous.  
Notre ancrage territorial et culturel est profond. Nous participons activement à la vie locale et contribuons à un écosystème économique dynamique, générant des retombées positives bien au-delà de la scène.
Mais au-delà des chiffres, il faut rappeler une chose essentielle : l’opéra est un art vivant. Il se réinvente sans cesse à travers de nouvelles productions et les regards singuliers des artistes d’aujourd’hui. Loin d’être figé, il est en mouvement permanent.
Dans des sociétés de plus en plus fragmentées, l’opéra offre un espace rare : celui d’une expérience collective, partagée, où se rencontrent les émotions, les idées et les publics. C’est un lieu de dialogue, de réflexion et de rassemblement.     
À ce titre, notre rôle dépasse largement le cadre artistique. Il est aussi social et profondément politique.

© Clara Beck

Qu’est-ce qui a guidé vos choix esthétiques pour cette première saison ?

La première ligne de force, c’est la confiance dans la jeunesse. Une nouvelle production de Rigoletto est confiée à Eddy Garaudel, jeune metteur en scène français qui avait monté un Orphée et Eurydice au Festival Pulsations à Bordeaux. Je pense que c’est le rôle de nos institutions de donner la parole à des jeunes artistes au regard neuf. Son esthétique est très contemporaine et cinématographique. Je suis sûre que c’est par des nouvelles lectures qu’un public plus jeune ou néophyte pourra découvrir ces chefs-d’œuvre avec un impact très puissant. Avec Mathieu Pordoy, avec qui je construis les distributions, nous avons à cœur d’offrir des prises de rôles à des jeunes talents comme Eugénie Joneau, Julie Roset, Lauranne Oliva ou encore Alexei Isaev.

Comment choisissez-vous les artistes ?

Je construis ces choix en fonction de ce que je connais du travail antérieur des artistes, mais aussi à partir de discussions sur la manière dont un ouvrage peut être présenté au public d’aujourd’hui.   
Notre première production d’Ariane à Naxos est confiée à Myriam Marzouki, qui signera à cette occasion sa première grande mise en scène lyrique. Cet opéra, qui marie théâtre et musique, a été composé en 1916, en plein premier conflit mondial. Il interroge la place de la création artistique, et c’est précisément cet aspect que Myriam souhaite mettre en avant dans son spectacle, avec, vous le verrez, une dramaturgie très clairvoyante.
Notre prochaine saison accorde également une place importante aux grandes figures du théâtre et de la direction d’orchestre. Je me réjouis particulièrement de la rencontre entre Richard Brunel et Louis Langrée autour d’une nouvelle production de Pelléas et Mélisande. Tous deux sont de grands lecteurs et spécialistes de l’œuvre de Debussy et de Maeterlinck. Richard Brunel évoque le « réalisme magique » qu’il souhaite déployer dans sa mise en scène. Je ne doute pas qu’il en résultera une expérience sensible très forte pour le public.

Avez-vous un thème générique pour la saison ?

Le partage du sensible et de l’émotion ! L’Opéra est un véritable catalyseur d’émotion et offre au public une expérience non seulement sensible mais aussi physique et poétique !
J’avais aussi envie de proposer des œuvres magistrales avec un éclectisme d’esthétiques. Rigoletto, Lucie, Pelléas nous parlent de grands récits, de destins passionnants, bouleversants. Sans oublier des spectacles qui peuvent être très fédérateurs comme L’Amour des trois oranges ou Le Petit Ramoneur.

De nombreuses œuvres sont le fruit de coopérations avec d’autres maisons d’opéra…

Oui, notamment avec l’Opéra-Comique, l’Opéra national de Lyon, l’Opéra de Dijon ou encore l’Atelier lyrique de Tourcoing. Chaque spectacle s’inscrit dans un réseau de diffusion et de coproduction à l’échelle nationale. D’autres partenariats vont voir le jour avec plusieurs maisons européennes, à compter de 2027-28. Avec ces maisons, nous mutualisons nos moyens et nos forces tout en faisant circuler les spectacles.

Maquette pour Rigoletto © Eddy Garaudel

Avez-vous cherché à créer des productions vertueuses ?

Nous sommes très attentifs aux enjeux de développement durable et d’éco-responsabilité. Nous veillons à faire circuler nos productions, à programmer des reprises et à favoriser le réemploi. Les costumes de Rigoletto seront par exemple fabriqués à partir d’éléments du stock et la production sera coproduite avec l’Opéra de Nice et l’Opéra d’Avignon.

Qu’en est-il de la politique des prix ?

Elle est amenée à évoluer. Les premières catégories verront leurs tarifs augmenter afin de se rapprocher des pratiques d’autres institutions nationales, tandis que les catégories les plus accessibles resteront inchangées. Près de 30 % des billets continueront ainsi d’être proposés à un prix inférieur à 50 euros. Nous restons attachés à notre ambition d’ouverture, tout en sollicitant un léger effort de la part de notre public le plus aisé, afin de soutenir notre trajectoire budgétaire équilibrée.

Allez-vous instaurer des cycles ?

J’aimerais pouvoir présenter une œuvre de Richard Strauss par saison. Et je tiens à faire découvrir au public des objets vraiment atypiques, comme cet oratorio de Robert Schumann mis en lumière et en espace par Bertrand Couderc et dirigé par Antonello Manacorda, passionné par Robert Schumann.
Enfin chaque saison, sur des « opéras-tubes » je continuerai de faire le pari de la jeunesse et d’inviter des jeunes artistes pour nous dérouter, nous questionner…

Allez-vous faire venir des metteurs en scène de cinéma par exemple, ou des acteurs ?

Qu’ils soient issus du cinéma ou d’autres pratiques artistiques, ce qui m’intéresse avant tout c’est le regard singulier qu’ils et elles portent. Cette saison je me tourne donc davantage vers des femmes ou des hommes de théâtre, des artistes qui ont un sens fort de la direction d’acteurs.

Vous connaissez les défauts d’une salle dont l’acoustique est sèche et la visibilité limitée à beaucoup d’endroits…

L’ensemble des équipes travaille à en tirer le meilleur tant sur le plan technique qu’artistique ! La salle reste très chaleureuse, le rapport scène-salle permet une expérience très intime et c’est très précieux.

Quel rôle avez-vous décidé de jouer ? Allez-vous laisser les choix artistiques et notamment l’attribution des voix à d’autres ou allez-vous tout chapeauter ?

La programmation relève de ma responsabilité comme la direction générale de la maison, mais j’aime travailler en équipe.
Avec Bruno Bouché, Directeur du CCN•Ballet de l’OnR nous imaginons des formes croisées et pluridisciplinaires et j’ai beaucoup de plaisir à découvrir ses propositions artistiques. L’équipe du comité de direction et le Directeur général adjoint Philippe Casset sont d’un très grand professionnalisme. C’est un grand plaisir de travailler avec eux, tout comme avec Mathieu Pordoy dont on a parlé plus tôt dans cet échange.

On pourrait imaginer des partenariats avec Nancy, Metz ou Reims, par exemple ? À moins qu’on craigne d’avoir une programmation trop similaire sur tout le Grand Est ?

Nous avons des projets de partenariats avec Matthieu Dussouillez, Directeur général de l’Opéra national de Nancy-Lorraine. Nous œuvrons à une synergie entre nos institutions et nous partageons souvent les mêmes affinités artistiques. À l’automne, le chœur de l’OnR sera par exemple invité au côté du chœur de l’Opéra national de Nancy-Lorraine dans Otello, spectacle créé à Strasbourg et qui sera présenté à Nancy puis Luxembourg. D’autres collaborations sont prévues en 2027-28.         
Au-delà du Grand Est, nous réfléchissons aussi à développer un axe frontalier avec l’Opéra de Stuttgart – la ville jumelée avec Strasbourg – mais aussi avec d’autres maisons européennes comme le Volksoper à Vienne ou le Royal Opera House à Londres.

Et vous envisageriez de faire une troupe à Strasbourg comme outre-Rhin ?

L’Opéra Studio en est presque déjà une, avec huit jeunes chanteuses et chanteurs, deux pianistes et notre cheffe assistante. Ils et elles participent activement aux productions tout en bénéficiant d’une formation encadrée par Sandrine Abello.    
Nous accompagnons ces jeunes artistes dans le développement de leur parcours artistique et professionnel, et de formidables personnalités en sont issues, comme Lauranne Oliva et Eugénie Joneau.

Avez-vous cherché à programmer des œuvres grand public ?

Toute notre saison est accessible au grand public. Mais, par exemple, avec L’Amour des trois oranges, nous avons une programmation particulièrement idoine pour les familles. La production montée avec l’Opéra de Lyon permet le retour à Strasbourg de Laurent Pelly, grand metteur en scène d’opéra dont on connaît le style pétillant, lumineux et coloré. Et la musique de Prokofiev est pleine d’énergie, entraînante.
De plus nous nous adressons même aux plus petits avec « Avec mon cous(s)in à l’Opéra ». Les parents peuvent assister avec leurs bébés à des concerts proposés avec les artistes du chœur ou avec les artistes du studio. Par ailleurs nous proposons toute une palette de spectacles et activités pour les plus jeunes… les mercredi découvertes, des visites spéciales, des ateliers chants…  

Les Danseurs du Ballet de l’Opéra national du Rhin © Agathe Poupeney / Divergence-images.com

Quelle sera la production de Noël ?

Nous présenterons une reprise des Ailes du désir, chorégraphie de Bruno Bouché, et puis toute une semaine de concerts de fête sera proposée dans un esprit de célébration autour de Noël, fête si importante à Strasbourg et en Alsace.

Avez-vous des collaborations avec les autres institutions culturelles de la ville, allez-vous développer des journées d’étude, des partenariats avec l’université ?

Nous allons ouvrir un nouveau chapitre pour le Festival ArsMondo. À compter de 2026-2027, sa programmation revêtira une dimension plus sociale et politique. Une création de Bruno Bouché, intitulée L’Été, sera présentée. Le spectacle très intime et courageux parle de réparation. C’est une pièce très forte à la croisée du théâtre et de la danse. Elle sera à la fois intime et universelle. En miroir, nous présenterons plusieurs conférences, concerts, lectures dans de nombreuses institutions culturelles.
Au-delà du Festival, l’Opéra tisse des liens avec de nombreux partenaires. Une programmation cinématographique, conçue avec le cinéma Cosmos, viendra dialoguer avec la saison lyrique. Par exemple, en écho à Ariane à Naxos, le film retenu est To Be or Not to Be de Lubitsch, qui interroge la place des artistes et de la création en temps de contrainte, notamment sous le nazisme. Ces mises en perspective nourrissent un dialogue riche entre les œuvres.

Pendant très longtemps, le spectacle d’ouverture s’inscrivait dans le cadre du festival Musica. Est-ce terminé ?

Nous participons au festival Musica avec la création Le Mur, signée Ève Risser et Mathilde Monnier, et qui ouvre la saison de ballet. Ève Risser, pianiste et compositrice, est une artiste de la région à l’esthétique plurielle et transversale. Elle sera sur scène avec un piano préparé, aux côtés des danseuses et danseurs du Ballet de l’OnR. Quant à Mathilde Monnier, figure majeure de la création chorégraphique, elle explorera les codes du langage classique en s’appuyant sur les pointes, qui prendront ici une dimension percussive.
En parallèle, seront présentés The Curing Line, un opéra contemporain du compositeur irlandais Michael Gallen, ainsi qu’une forme plus courte et originale, My Favourite Piece is the Goldberg Variations, de Philip Venables et Ted Huffman.
Ces trois propositions très contemporaines témoignent de l’ancrage de la maison dans le XXIᵉ siècle.

Allez-vous travailler avec des artistes de la région ?

Nous avons collaboré avec Clément Vuillier, dessinateur formé à la HEAR (Haute École des Arts du Rhin), qui a réalisé l’ensemble de nos visuels de saison. J’apprécie particulièrement son univers graphique, souvent futuriste, presque pop. Nous avons longuement échangé autour de cette affiche de saison.
Ce vaste paysage m’évoque beaucoup de choses : une pluie d’étoiles, des comètes… Il s’agit, pour moi, d’une sorte de métaphore de l’opéra, comme un grand paysage que l’on contemple, quelque chose d’admirable, à la fois hypnotique et captivant. Cette image possède une dimension très romantique et lyrique.

Vous avez également pour les enfants un opéra rare, le Petit ramoneur

Benjamin Britten l’a composé en 1949 et il fait partie d’un ensemble Let’s Make an Opera. L’opéra raconte l’histoire d’un petit ramoneur dans l’Angleterre victorienne. Sam, enfant exploité par ses patrons, essaie de s’enfuir par le conduit de cheminée et tous les enfants l’aident à s’échapper. L’opéra traite de la question de l’enfance et de l’émancipation. Le message est très fort, politique et humaniste. J’ai trouvé intéressante la dimension participative de l’œuvre : le public sera appelé à chanter avec les enfants sur scène. C’est un beau symbole.

Et puis vous maintenez les récitals…

Le public de Strasbourg est réputé pour être amoureux de la voix et du chant lyrique ! C’est pourquoi cette saison nous aurons de grands noms : Michael Spyres qui viendra faire un concert d’ouverture avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg et Marko Letonja, mais aussi Samuel Hasselhorn, Elsa Dreisig, Stéphanie D’Oustrac ainsi que des artistes comme Axelle Saint-Cirel ou Freddie Ballentine qui proposeront des programmes très personnels et engagés.

Qu’en est-il des travaux à venir et que pensez-vous du projet de destruction de la salle actuelle à l’italienne pour la remplacer par une salle plus moderne ?

La Maire nouvellement élue Catherine Trautmann nous a confirmé son souhait de voir aboutir les travaux de rénovations qui sont indispensables pour cette maison. Nous attendons maintenant de travailler au calendrier avec la nouvelle équipe municipale.
Pour le moment aucun projet de rénovation n’est arrêté. Une procédure de dialogue compétitif a été lancée avec quatre cabinets d’architectes d’envergure internationale. Ce qui est certain, c’est que les trois prochaines saisons sont prévues dans le Théâtre.
J’aimerais réaffirmer ici combien ces travaux sont indispensables, tant pour les questions de sécurité que pour projeter la maison dans le futur et amplifier son rayonnement. Strasbourg doit pouvoir compter sur un équipement moderne et adapté aux enjeux d’une institution culturelle projetée vers son avenir et tournée vers l’Europe !

Peut-on parler un petit peu de vous, de votre personnalité, de vos goûts ?

J’ai travaillé dans plusieurs maisons lyriques, et ce qui m’a toujours animée, c’est que dans ces institutions, le fait artistique est indissociable du fait politique. La place de ces maisons comme lieux de rassemblement, où se partage une émotion collective, est au cœur de mon parcours. C’est cette conviction que je continuerai de défendre pour la maison.

Qu’est-ce qui vous a amené à l’Opéra ?

Une passion de jeunesse, mon amour pour la voix, pour l’orchestre. Et puis des rencontres aussi, celle de Gérard Mortier, celle de Bernard Foccroulle qui ont forgé ma conviction et mon désir de travailler dans ces institutions. Enfin les maisons d’opéra sont des lieux très singuliers. Elles fédèrent et rassemblent une très grande diversité de métiers. C’est ce qui les rend passionnantes !

N’est-ce pas difficile de prendre la direction d’une maison comme celle-ci ?

C’est une opportunité formidable et j’ai été choisie ! J’en mesure la charge et la responsabilité mais je suis entourée par des équipes remarquables ! J’appréhende les prochaines saisons avec enthousiasme et beaucoup d’optimisme quant à l’avenir de l’opéra comme genre et comme institution. J’espère que les publics, les pouvoirs publics et… les mécènes nous suivront !

La programmation de la saison 2025-2026 est consultable sur le site de l’Opéra national du Rhin.

Propos recueillis par Catherine Jordy

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