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	<title>François COUPERIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 26 Aug 2024 05:50:51 +0000</lastBuildDate>
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	<title>François COUPERIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>COUPERIN, CHARPENTIER, CLÉRAMBAULT, Leçons de Ténèbres &#8211; Rocamadour</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Aug 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà dix neuf ans que le festival de Rocamadour sublime le cadre hors norme de la basilique Saint-Sauveur – accrochée à flanc de rocher –&#160;afin d&#8217;y faire résonner les pages les plus somptueuses du répertoire sacré. Au mitan de l&#8217;édition 2024, cette soirée ne fait pas exception avec ces Leçons de Ténèbres pour le Mercredi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà dix neuf ans que le <a href="https://www.rocamadourfestival.com">festival de Rocamadour</a> sublime le cadre hors norme de la basilique Saint-Sauveur – accrochée à flanc de rocher –&nbsp;afin d&rsquo;y faire résonner les pages les plus somptueuses du répertoire sacré. Au mitan de l&rsquo;édition 2024, cette soirée ne fait pas exception avec ces <em>Leçons de Ténèbres pour le Mercredi Saint</em> de Couperin entrelacées de <em>Motets</em> de Clérambault et Charpentier.</p>
<p>A la tête d&rsquo;une distribution exclusivement féminine, la direction pleine de grâce et de délicatesse de <strong>Chloé de Guillebon</strong> est suspendue aux lèvres de ses chanteuses dont elle scande chaque parole dans une parfaite osmose. La jeune femme dirige depuis un orgue positif renforcé par un théorbe raffiné, ainsi que par un pupitre de violes constitué non d&rsquo;un mais de deux instruments. Les excellentes artistes de l&rsquo;Académie de l&rsquo;Opéra Royal de Versailles enrichissent ainsi la partition de Couperin d&rsquo;une ligne mélodique supplémentaire dont certains moments, comme le « Plorans » ou le « He » de la <em>Première Leçon</em> se révèlent particulièrement touchants.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0820_leconsdetenebres_Francois-Le-Guen-11-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1724276925306" alt=""></p>
<p>Même si les<em> Leçons de Ténèbres</em> sont une œuvre qui se suffit à elle-même, l&rsquo;idée de cet entrelacement ne manque pas d&rsquo;intérêt puisqu&rsquo;elle permet une respiration entre les trois parties sans rupture de style trop brutale. Dès les <em>Motets pour les trois jours qui précèdent le carême</em> de Clérambault, l&rsquo;investissement de six chanteuses aux voix bien timbrées, pas trop droites, se double d&rsquo;un bel équilibre avec les instruments. Dans les phrases solistes, la personnalité vocale lumineuse de Sarah Charles se détache immédiatement comme à plusieurs reprises au cours de la soirée. « In Monte Oliveti » , tout de contraste recueilli, est très réussi. Seul le superbe final, le « <em>Stabat Mater</em> pour les religieuses », toujours de Charpentier, aurait peut-être été plus opportun en bis car si la Passion appartient effectivement au Triduum Pascal ; si le début de la pièce – <em>à cappella</em> dans le noir –&nbsp;est très prenant ; il n&rsquo;en reste pas moins que la fin de la <em>Troisième Leçon du Mercredi Saint</em> appelle au silence et à la nuit.</p>
<p>Ce programme était donné pour la cinquième fois, mais constituait une première pour les deux solistes : les voix de <strong>Marie Lys</strong> et <strong>Florie Valiquette</strong> partagent une même chaude lumière, une belle articulation et une parfaite maîtrise du style. Il s&rsquo;agit vraiment de deux voix égales, comme le stipule la partition.</p>
<p>Dans la <em>Premiere Leçon</em>, le tempo assez allant ne nuit aucunement à la précision des mélismes de Marie Lys qui donne une grande force de conviction au « Quomodo » ou au « Plorans », qui aurait pu être plus désolé. L&rsquo;émotion se fait plus prégnante dans les lettres hébraïques comme le « Guimel », si tendre ou encore le « Migravit Juda » aux très beaux graves. Ainsi se dessine une intelligente progression du sentiment qui culmine dans le lumineux « He ».</p>
<p>Florie Valiquette débute pour sa part la<em> Seconde Leçon</em> dans la passion d&rsquo;« Et egressus est a filia Sion » avant un « Zain » tout de lumière tendre. « Recordata est Jerusalem » s&rsquo;avère singulièrement poignant tant l&rsquo;artiste joue des couleurs et des nuances avec finesse.</p>
<p>Les deux sopranes se retrouvent au meilleur pour le «&nbsp;Yod&nbsp;» qui introduit la <em>Troisième Leçon</em>. L&rsquo;équilibre est moins patent dans « Omnis populus ejus gemens » où les graves du second Dessus manquent de projection, compensé par l&rsquo;énergie rythmique du « Mem ».</p>
<p>Le thème de l&rsquo;édition 2024, celui de l&rsquo;Espérance, vibre singulièrement de cette partition emprunte d&rsquo;une profonde spiritualité. Le festival complète d&rsquo;ailleurs la proposition de ce soir d&rsquo;été par une remontée du chemin de croix à la flamme du trio des<a href="https://www.lesitinerantes.fr"> Itinérantes</a> pour un moment <em>à cappella</em> puisant dans les répertoires du monde entier et d&rsquo;une magie singulière.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/image-1-1024x475.png" alt="" class="wp-image-170854" width="910" height="422"/><figcaption class="wp-element-caption">                                                                            <sup>photos ©François Le Guen</sup></figcaption></figure>
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		<title>Mystères sacrés &#8211; Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mysteres-sacres-ambronay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 04:47:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est aujourd’hui le baptême – musical – de L’Assemblée, nouvelle formation dans le monde du baroque, à l’initiative de Marie Van Rhijn*, déjà reconnue comme claveciniste. Elle a réuni autour de ses deux instruments (car elle tient avec un égal brio le positif) quatre de ses amis musiciens dont la carrière est également amorcée avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est aujourd’hui le baptême – musical – de <em>L’Assemblée</em>, nouvelle formation dans le monde du baroque, à l’initiative de<strong> Marie Van Rhijn*</strong>, déjà reconnue comme claveciniste. Elle a réuni autour de ses deux instruments (car elle tient avec un égal brio le positif) quatre de ses amis musiciens dont la carrière est également amorcée avec succès :<strong> Josef Zak</strong>, violon ; <strong>Myriam Rignol</strong>, dessus et basse de viole bien connue ; <strong>Alice Coquart</strong>, remarquable basse de violon ; et <strong>Léa Masson</strong>, dont on découvre sa maîtrise du théorbe. On le sait, point ne suffit de réunir des instrumentistes, quelles qu’en soient les qualités individuelles, pour réaliser un ensemble. Or, sa cheffe écoute, dirige, chante et fait chanter chacun, équilibre, sculpte les phrasés, avec des articulations et une précision millimétrée des attaques qui laisseraient imaginer que l’ensemble travaille depuis une bonne décennie à parfaire son jeu. On pouvait redouter que la douzaine de pièces vocales para-liturgiques engendre la lassitude, sinon l’ennui. Avec deux pages instrumentales de belle facture, les motets programmés renouvellent les modes d’expression, les couleurs et les effectifs, de sorte qu’à aucun moment l’attention ne faiblit.</p>
<p>Trois solistes, connus et reconnus, ont été invités pour la circonstance : <strong>Marielou Jacquard</strong>, <strong>Cyril Auvity</strong> et <strong>Thierry Cartier</strong>. C’est à la prononciation française du latin du temps qu’ont recours nos chanteurs. La taille, Cyril Auvity est dans une forme extraordinaire, voix ample et libre, la palette dynamique la plus large, d’une rare beauté d’émission et de timbre. Marielou Jacquard, dessus, d’une sûreté technique et stylistique assurée, allie le sens du phrasé à la clarté de la diction. Plus jeune, notre basse-taille semble manquer d’assurance lorsqu’il chante seul, rivé à sa partition, l’émission reste contenue et n’a pas encore la liberté, l’épanouissement attendus.</p>
<p>Inédits pour certains, rares pour la plupart, ces petits motets n’ont de modeste que l’effectif mobilisé. Faut-il rappeler que ces compositions pour le culte romain, presque toujours en latin, font appel à un, deux, trois solistes et à une basse continue. C’est au tournant du Grand siècle que le genre connaît son apogée, avec des centaines de compositions. Après une brève symphonie en sol mineur d’Henry Du Mont, ronde, équilibrée, riche en couleurs, animée, le programme s’ouvre sur le <em>Credidi </em>(psaume 116), du même, où alternent les phrases de plain-chant et celles réservées aux solistes et à la basse continue, avec un <em>Gloria</em> jubilatoire. Une des figures tutélaires de la musique religieuse du grand siècle (qui nous laisse 133 petits motets) impose ainsi le caractère du concert. Plus loin, après une allemande, introduite par le clavecin avant d’être reprise en tutti avec le positif, introduit une antienne pour la Sainte-Cécile, <em>Est secretum</em>, réservée aux voix de soprane et de baryton (dessus et basse-taille). Les deux motets nous parviennent d’une édition de 1662, et portent la marque d’une piété sincère, relativement austère, qui sera parfois démentie par l’évolution du genre.</p>
<p>De Louis-Nicolas Blondel, nous écouterons deux motets : la beauté radieuse des deux voix d’hommes du <em>O Mater Christi</em> (des Douze motets publiés par Ballard en 1671) nous régale. Plus tard, du même recueil, le psaume 117 (<em>Laudate Dominum omnes gentes</em>), pour dessus et taille, qui alternent avant de s’unir. Astier sera représenté par une antienne mariale, <em>Regina coeli laetare</em>, pour basse-taille, avec une basse de violon virtuose. Thierry Cartier paraît quelque peu en retrait et ses vocalises de l’alleluia, appliquées.  Du même Astier, dans le psaume 137 &#8211; <em>Super flumina Babylonis</em> – pour dessus, la cheffe se libère du clavier et anime la basse continue de la manière la plus convaincante. Marielou Jacquard s’y montre sous son meilleur jour, avec une joie exultante pour finir. Soli et duos (taille et basse-taille) s’enchaînent avec <em>O misterium ineffabile</em> de François Couperin (Lallouette avait illustré le même texte). Marc-Antoine Charpentier emprunte à la Vulgate (Romains 11/33) pour <em>O altitudo divitiarum</em>, motet pour la Trinité, chanté par nos trois solistes. Leur ensemble sonne fort bien, équilibré, pour une plénitude contemplative. De Pierre Robert, deux motets à trois voix, le <em>Splendor aeternae gloriae</em>, et le<em> Memorare dulcissimus Jesu</em>, sur lequel s’achèvera le concert, dans une plénitude fervente. Auparavant, le <em>Globes d’airain, miroir mobiles</em>, à 4 parties, de Pierre César Abeille, laisse perplexe. L’imitation du psaume 148, dans un français ampoulé (à cent lieues de celui de Marot ou de Baïf), une prosodie maladroite, et une voix de basse-taille dont l’assurance n’est pas la première qualité interrogent. La musique, descriptive à souhait, paraît extérieure.</p>
<p>Nous avons réservé le meilleur pour la fin, bien que la pièce ait été au cœur du programme. Les motets de Sébastien de Brossard méritent vraiment la plus large audience : l’écriture de l’ample <em>Silentium dormi </em>est parfaite, génératrice d’émotion et de ferveur, tout autant que le texte (inspiré du <em>Cantique des cantiques</em> II/3). <em>L’ Assemblée</em> s’y révèle exemplaire. Ajoutez à cela l’interprétation inspirée qu’en donne Cyril Auvity, et vous avez toutes les composantes d’un bonheur partagé. Les auditeurs, qui jusque là avaient scrupuleusement respecté le silence entre les motets, ne peuvent contenir leur enthousiasme et, spontanément acclament les interprètes. Bon vent à toutes et à tous !</p>
<pre>* La jeune trentenaire, claveciniste, continuiste, cheffe de chant, a signé un enregistrement superbe, <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pergolese-vivaldi-stabat-mater-pour-deux-castrats-que-restait-il-a-faire/">salué par Forumopéra</a>, où « les » <em>Stabat mater</em> de Pergolèse et Vivaldi étaient complétés par d’autres pièces. Elle affiche déjà un riche parcours où elle est associée aux meilleures références. A suivre.</pre>
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		<title>Leçons de Ténèbres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lecons-de-tenebres-la-lecon-des-lecons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nul ne peut ignorer la somme d&#8217;illustres enregistrements des Leçons de Ténèbres de Couperin avant de se lancer dans la publication d&#8217;une nouvelle version. Sébastien d&#8217;Hérin , Caroline Mutel et Karine Deshayes n&#8217;ont en réalité pas improvisé ce projet, et cela se sent d&#8217;emblée, puisque déjà en 2009, ils donnaient les Leçons à Versailles tous &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nul ne peut ignorer la somme d&rsquo;illustres enregistrements des <em>Leçons de Ténèbres </em>de Couperin avant de se lancer dans la publication d&rsquo;une nouvelle version. Sébastien d&rsquo;Hérin , Caroline Mutel et Karine Deshayes n&rsquo;ont en réalité pas improvisé ce projet, et cela se sent d&#8217;emblée, puisque déjà en 2009, ils donnaient les <em>Leçons </em>à Versailles tous les trois. Cet enregistrement laisse ainsi entendre le tracé des années et la maturité de celles et ceux qui ont pris le temps de vivre avec cette œuvre.</p>
<p><strong>Sébastien d&rsquo;Hérin </strong>soupèse chaque nuance de la partition, explore toutes ses subtilités et fait des silences des moments de déplorations sacrées. Finalement, nous voilà instantanément replongés dans ce Paris spirituel de 1714, déjà préoccupé par la fin du règne du roi. Son soin du détail n&rsquo;alourdit pas un instant l&rsquo;œuvre, au contraire, car le tout est insufflé d&rsquo;une forme de piété fort poétique, conférée par le fin doigté des<strong> Nouveaux caractères </strong>qui se prêtent à toutes les impressions voulues par le chef. </p>
<p>Les voix de <strong>Caroline Mutel</strong> et de <strong>Karine Deshayes</strong> sont d&rsquo;une infinie sensibilité et incarnent à merveille le recueillement auquel ces <em>Leçons de Ténèbres </em>appellent. A la manœuvre dans la première leçon, Caroline Mutel confère à sa ligne de chant une délicate luminosité et d&rsquo;irisées vocalises, en alliant à la fois sobriété et puissance, sans aucun maniérisme. De même, Karine Deshayes fait part de toute sa maîtrise du style baroque. Si l&rsquo;on peut avoir en tête ses grands rôles d&rsquo;autres répertoires plus lourd, elle nous bluffe à chaque instant de par le charme et la finesse d&rsquo;une voix douce dont le vibrato est parfaitement ajusté au style. Ses vocalises de la deuxième leçon dans « Jerusalem Convertere », sont superbement restituées. Bien sûr, c&rsquo;est l&rsquo;alliance des deux voix qui retient notre attention, lors de la troisième leçon et le succès est total. Les deux voix résonnent parfaitement ensemble, s&rsquo;enrichissent mutuellement et finalement, s&rsquo;allument de reflets réciproques, particulièrement dans « Lamed ». </p>
<p>L&rsquo;enregistrement propose d&rsquo;habiles pauses instrumentales entre les <em>Leçons</em>, qui d&rsquo;une part permettent de belles respirations avant d&rsquo;entamer chaque leçon et qui d&rsquo;autre part sont l&rsquo;occasion de redécouvrir, notamment, deux morceaux de Louis Couperin : la Pavane en fa dièse et les<em> Carillons de Paris</em>. La viole de gambe de<strong> Martin Bauer </strong>se distingue particulièrement par ses ornement majestueusement travaillés. </p>
<p>Au total, cet enregistrement était nécessaire pour immortaliser le vécu de trois artistes, travaillé par de nombreuses années de fréquentation de l&rsquo;œuvre, quant à ces sublimes <em>Leçons </em>dont ils nous offrent, quelque part, une magistrale leçon.</p>
<p> </p>
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		<title>Couperin : Leçons de Ténèbres (Château de Versailles)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/couperin-lecons-de-tenebres-chateau-de-versailles-quil-fait-beau-dans-les-tenebres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jul 2021 04:16:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A quoi bon enregistrer encore une fois les Leçons de Ténèbres de Couperin ? Il y a tant de bonnes versions, que ce soit avec sopranos, mezzos ou (contre-)ténors, avec des instrumentations les plus variées et des expériences de montage les plus folles. Le dernier enregistrement de Stéphane Fuget au Château de Versailles prouve pourtant qu&#8217;abondance &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A quoi bon enregistrer encore une fois les <em>Leçons de Ténèbres</em> de Couperin ? Il y a tant de bonnes versions, que ce soit avec sopranos, mezzos ou (contre-)ténors, avec des instrumentations les plus variées et des <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nfQ0NF8eUT4">expériences de montage les plus folles</a>. Le dernier enregistrement de Stéphane Fuget au Château de Versailles prouve pourtant qu&rsquo;abondance de <em>Leçons</em> ne nuit pas.</p>
<p>Ecrite pour les célébrations de la semaine sainte, ces <em>Leçons</em> étaient destinées à être jouées alors que le public parisien était privé d&rsquo;opéra. Est-ce pour compenser ce manque de lyrisme que Couperin y mit toute la verve du genre scénique, ou était-il stimulé par les textes étranges et tortueux ? Peu importe, mais la musique est davantage celle d&rsquo;une tragédie lyrique que d&rsquo;une austère jérémiade (à vrai dire, ces <em>Leçons de ténèbres</em> portent très mal leur nom). <strong>Stéphane Fuget</strong> donne à la partition toute sa splendeur Grand Siècle, notamment grâce à ses remarquables facultés de continuiste. L&rsquo;alternance entre orgue positif pour les interludes-lettrines, et clavecin pour les « récits » accentue les contrastes d&rsquo;une musique qui, bien que religieuse, cède volontiers aux accents dramatiques de la scène.</p>
<p>Entendues séparément dans les Première et Deuxième Leçons, les voix des deux chanteuses semblent étonnamment proches. <strong>Sophie Junker</strong> brille avant tout par sa force expressive, notamment dans un sublime « Plorans ploravit ». <strong>Florie Valiquette</strong> montre sa grande connaissance du style de Couperin, et s&rsquo;en donne à cœur joie dans les nombreux mélismes de sa Deuxième Leçon (« Jerusalem convertere&#8230; »). Mais c&rsquo;est une fois les chanteuses réunies que la pertinence du casting nous paraît évidente. Suffisamment proches pour nous envouter dans les vocalises des lettre hébraïques, les voix se dissocient ensuite pour mieux converser. A Sophie Junker, plus brillante dans les aigus, revient la première voix, tandis que le timbre plus fruité de Florie Valiquette coule naturellement dans la deuxième.</p>
<p>Quelques pages pour deux sopranos et ensemble complètent l&rsquo;édifice des Leçons. Tout d&rsquo;abord le <em>Cantique sur le Bonheur des Justes et le Malheur des Réprouvés</em> de Michel Richard de Lalande. Outre l&rsquo;effectif, sa tendance à loucher vers la tragédie lyrique justifie pleinement son inclusion au programme. Le <em>Motet</em> « Victoria Christo Resurgenti » achève l&rsquo;enregistrement dans une effusion de vocalises, refermant l&rsquo;enregistrement comme il avait commencé.</p>
<p> </p>
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		<title>Les muses naissantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-muses-naissantes-un-monde-de-discretions-humaines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jun 2018 05:04:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jérôme Lejeune n’a pas tort : l’œuvre de Couperin est déjà bien documenté par le disque et nous n’avions guère besoin, par exemple, d’une nouvelle intégrale de ses pièces de clavecin ni d’une énième version de ses fameuses leçons de Ténèbres. Toutefois, ses airs n’ont jamais fait l’objet d’un enregistrement complet – d’ailleurs, hormis Doux lien &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Jérôme Lejeune n’a pas tort : l’œuvre de Couperin est déjà bien documenté par le disque et nous n’avions guère besoin, par exemple, d’une nouvelle intégrale de ses pièces de clavecin ni d’une énième version de ses fameuses leçons de Ténèbres. Toutefois, ses airs n’ont jamais fait l’objet d’un enregistrement complet – d’ailleurs, hormis <em>Doux lien de mon cœur</em>, qui jouit davantage des faveurs des chanteurs, ils restent peu donnés et relativement méconnus. Or, en réécoutant la première plage, miraculeuse, de cet album (<em>À l’ombre d’un ormeau</em>), nous nous surprenons à regretter que les interprètes n’aient pas comblé cette lacune.</p>
<p>De fait, le charme entêtant de cette musette joliment chaloupée n’est pas le seul à s’insinuer au creux de notre oreille et à ne plus nous lâcher. La simplicité de ces pages vocales ne rime pas avec facilité, elle est avant tout affaire de grâce, d’équilibre, entre délicatesse et mordant. <strong style="line-height: 1.5;">Emmanuelle de Negri</strong> n’a pas seulement pour elle la rondeur d’un soprano lumineux et en même temps charnel, lequel nous change agréablement des voix souvent pointues et acidulées qui évoluent dans ce répertoire. Elle trouve surtout immédiatement le ton juste et peut compter sur <strong style="line-height: 1.5;">La Chambre Claire</strong> pour épouser ses moindres intentions. A la fois péremptoires et mutines, mais sans aucune minauderie, dans la pastourelle <em style="line-height: 1.5;">Il faut aimer dès qu’on sait plaire</em>, les intonations se parent de gravité et l’émission se fait plus nerveuse et incisive quand il s’agit de traduire l’inquiétude de l’amant séparé de sa belle dans la sarabande <em style="line-height: 1.5;">Qu’on ne me dise plus que c’est la seule absence. </em>L’efflorescence ornementale au sein de la brunette <em style="line-height: 1.5;">Zéphyre, modère en ces lieux</em> semble couler de source et la prononciation historique du français qui, chez d&rsquo;autres, a parfois quelque chose d’affecté, frappe ici par son naturel et une saveur qui rehausse même la platitude et l’indigence de certains vers. Autant dire que nous avons hâte de retrouver Emmanuelle de Negri en compagnie des <a href="https://www.forumopera.com/cd/bien-que-lamour-airs-serieux-et-a-boire-leternel-printemps-des-arts-florissants">Arts Florissants </a>dans un <a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-questions-a-emma-de-negri">nouveau volume d’airs de cour</a>.</p>
<p>En découvrant le reste du programme et en lisant le texte de présentation de <strong style="line-height: 1.5;">Brice Sailly</strong>, l’auditeur comprendra aisément pourquoi des airs plus enjoués, sinon truculents n’ont pas été retenus.  « L’enfance, ses amours radieuses et ses promesses tiennent lieu d’Arcadie », écrit le claveciniste, qui a retenu des pièces surtout intimistes, où le langage de Couperin oscille « entre tendresse et mélancolie », une ambiguïté ou plutôt une ambivalence féconde que peu d’artistes, toutefois, parviennent à restituer avec une telle acuité. Sailly en fait son miel et notre ambroisie, en particulier dans cette <em style="line-height: 1.5;">Petite Pince-sans-rire</em> qui s’ombre fugacement de tristesse, mais la sensibilité du musicien s’épanouit également dans le climat feutré et introspectif des <em style="line-height: 1.5;">Ombres errantes</em>, dont il excelle à distiller le mystère, avant de s’abandonner à la volupté lasse et pourtant sophistiquée de <em style="line-height: 1.5;">La Reine des cœurs</em>. </p>
<p>Emblématique de ce « monde de discrétions humaines<em> </em>», pour reprendre la belle formule du soliste, <em style="line-height: 1.5;">Le Dodo ou l’Amour au berceau</em>, fascinante paraphrase de <em style="line-height: 1.5;">Dodo l’Enfant do</em>, nous le montre au sommet de son art : moelleux du toucher, fondu enchaîné des thèmes, agogique hardie mais parfaitement maîtrisée (il faut entendre cet alentissement progressif s’imposer avec la force de l’évidence et une fluidité exemplaire), tout suscite l’admiration et les écoutes successives n&rsquo;entament en rien notre plaisir. En revanche, du modèle lullien, si prégnant dans <em style="line-height: 1.5;">La Grande Ritournelle</em> (<em style="line-height: 1.5;">Huitième Concert dans le goût théâtral</em>), la Chambre Claire peine à retrouver la majesté et a davantage retenu la langueur des sommeils. Du reste,  alors que cette <em style="line-height: 1.5;">Chaconne ou Passacaille </em>extraite des <em style="line-height: 1.5;">Nations </em>(<em style="line-height: 1.5;">La Françoise</em>) peine à trouver son élan, <em style="line-height: 1.5;">La Forlane</em> fait assaut d’élégance mais manque de caractère et d’allant. C’est peut-être là aussi une question de goût, après tout, ne sommes-nous pas chez Couperin ?</p>
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		<title>François Couperin, Leçons de Ténèbres et motets</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/francois-couperin-lecons-de-tenebres-et-motets-piete-sincere-et-emouvante-du-grand-siecle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jun 2018 08:11:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Seules ces Trois leçons pour le mercredi saint, écrites pour le convent de Longchamp, nous sont parvenues, celles du jeudi et du vendredi étant considérées comme perdues. Elles ont fait l’objet de nombre d’enregistrements tant leur écriture et leur forme sont parfaitement achevées.  Le seul air de la deuxième leçon, « Recordare est Jerusalem », le justifierait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Seules ces <em>Trois leçons pour le mercredi saint</em>, écrites pour le convent de Longchamp, nous sont parvenues, celles du jeudi et du vendredi étant considérées comme perdues. Elles ont fait l’objet de nombre d’enregistrements tant leur écriture et leur forme sont parfaitement achevées.  Le seul air de la deuxième leçon, «<em> Recordare est Jerusalem</em> », le justifierait pleinement, sorte de lamentation sur passacaille parmi les plus réussies du temps. Les vocalises souples et sensuelles des lettres hébraïques, comme les versets, récitatifs ou ariosos, sont d’une grande justesse stylistique, assis sur une basse continue tonique. Les images contrastées, les figuralismes sont remarquablement servis et la voix d’<strong>Anne Magouët</strong> à laquelle se joint celle de <strong>Chantal Santon-Jefferey</strong> (pour la troisième) nous valent une gravure de référence. Nous les retrouvons pour les <em>Quatre versets du psaume Mirabilia testimonia</em>. Dès le premier, l’entrelacs des deux voix est un régal. C’est une merveille de fraîcheur que celles-ci, dans leur jeu avec les flûtes et les violons de l’<em>Adolescentulus sum ego</em>, tout particulièrement. De la <em>messe pour les couvents</em>, antérieure de plus de dix ans, nous n’aurons que l’<em>Agnus Dei.</em> L’instrument, sa registration et l’interprétation de <strong>Marc Meisel</strong> nous font regretter de n’en pas écouter davantage.</p>
<p>Le CD nous vaut un bonheur supplémentaire : le premier enregistrement mondial de huit motets à voix seule, deux ou trois parties, et symphonie (1705), dont la ferveur sincère rejoint celle des autres pièces du programme. <strong>Benoît Arnould</strong> y confirme toutes ses qualités vocales et stylistiques, les mots ont leur sens. Quant aux Ombres, l’ensemble s’y révèle coloré et animé à souhait, de quoi réjouir tous les auditeurs, bien au-delà des frontières du baroque.</p>
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		<title>Christophe Rousset ressuscite une cantate de Couperin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/christophe-rousset-ressuscite-une-cantate-de-couperin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Sep 2016 10:51:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la musique vocale de François Couperin, on ne connaissait guère que le versant sacré, et notamment ses ineffables Leçons de ténèbres. Côté profane, les spécialistes mentionnaient l’existence de cantates, sans qu&#8217;aucune ait jusqu’ici été identifiée. Mais à présent tout cela va changer, puisque Christophe Rousset affirme avoir découvert dans un recueil manuscrit ayant appartenu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De la musique vocale de François Couperin, on ne connaissait guère que le versant sacré, et notamment ses ineffables <em>Leçons de ténèbres</em>. Côté profane, les spécialistes mentionnaient l’existence de cantates, sans qu&rsquo;aucune ait jusqu’ici été identifiée. Mais à présent tout cela va changer, puisque <strong>Christophe Rousset</strong> affirme avoir découvert dans un recueil manuscrit ayant appartenu au comte de Toulouse la cantate <em>Ariane consolée par Bacchus</em>, pour voix de basse. En attendant sa recréation en concert, le label Aparté publie un disque incluant une superbe interprétation de cette pièce par <strong>Stéphane Degout</strong>. Pas de révélation majeure à attendre, néanmoins, car la cantate est aimable mais pas inoubliable. Le reste du disque permet en revanche d’entre l’<em>Apothéose de Lully</em>, « concert instrumental » par quelques musiciens des <strong>Talens lyriques</strong>, ainsi que l’<em>Apothéose de Corelli</em>, « sonade en trio ». Et pour compléter cette offensive, Christophe Rousset publie en même temps chez Actes Sud un ouvrage ou il poursuit par écrit sa « tendre conversation » avec le compositeur, dont il analyse ses différentes partitions.</p>
<p>François Couperin, <em>Ariane consolée par Bacchus / Apothéoses de Lully &amp; de Corelli</em>, Stéphane Degout, Christophe Rousset, Les Talens lyriques. 1 CD Aparte AP130 &#8211; 60 minutes.<br />
Christophe Rousset, <em>François Couperin</em>, Actes Sud / Classica, 144 pages</p>
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