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	<title>Manuel DE FALLA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Manuel DE FALLA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>DE FALLA, La Vida Breve / El amor brujo &#8211; Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si L’Amour Sorcier est encore donné en concert, bien qu’assez rarement, La Vie brève est relativement oubliée des programmations d’opéras, sauf récemment à Angers-Nantes, et sauf dans les conservatoires, fort curieusement. Et c’est dommage, car l’œuvre présente beaucoup d’intérêt et mériterait une plus large diffusion. D’abord d’un point de vue historique, car elle marque un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si <em>L’Amour Sorcier</em> est encore donné en concert, bien qu’assez rarement, <em>La Vie brève</em> est relativement oubliée des programmations d’opéras, sauf récemment à Angers-Nantes, et sauf dans les conservatoires, fort curieusement. Et c’est dommage, car l’œuvre présente beaucoup d’intérêt et mériterait une plus large diffusion. D’abord d’un point de vue historique, car elle marque un moment important de l’histoire de la musique, et en particulier de la musique espagnole. Et puis bien sûr d’un point de vue musical, de par la puissance et la richesse de son orchestration, et de l’émotion qui sourd de son propos. Bravo en tous cas pour le choix de ces deux œuvres, qui sort avec courage de l’ordinaire des programmations.</p>
<p>On peut ne pas trop aimer les regroupements d’œuvres, surtout si ceux-ci s’accompagnent de coupures et déplacements de certaines parties. Mais il faut dire que ce soir, l’adaptation et la mise en espace de <strong>Catherine Dune</strong> sont tout à fait excellents. Les deux pièces sont jouées intégralement et sans interruption, simplement le début de <em>L’Amour Sorcier</em> est donné en prélude à <em>La Vie brève</em>, une autre partie à la fin du 1<sup>er</sup> acte, et sa scène finale est donnée après celle de <em>La Vie brève</em>. Enfin, le personnage de Candela (de <em>L’Amour Sorcier</em>), devient le fantôme de la mère de Salud, ce qui règle en même temps la question de l’absence abyssale des parents de Salud. On se trouve donc devant un ensemble particulièrement cohérent et même judicieux. Manque seulement un vrai « cantaor » avec ses variations flamenco, mais il est vrai bien difficile à trouver…</p>
<p>La partie orchestrale est brillante à tous points de vue, sous la baguette vive et bien rythmée de <strong>Guillaume Roy</strong>, jeune assistant de <strong>Philippe Barbey-Lallia</strong> qui a assuré la direction musicale de l&rsquo;ensemble du projet et dirigera toutes les autres représentations. Le chœur a certainement dû beaucoup travailler pour arriver à donner d’excellentes accentuations espagnoles, et d’ailleurs c’est l’ensemble de la production qu’il faut féliciter pour un résultat qui est dans l’ensemble supérieur à d’autres exécutions auxquelles j’ai pu assister en Espagne même. Mais il faut dire que le plateau est d’une très bonne qualité et se donne à fond dans ce projet plusieurs fois repoussé à cause du Covid, et qui cette année s’est vu refuser la salle habituelle de l’Espace Reuilly. De ce fait, nous avons ce soir une exécution orchestrale avec une mise en espace des chanteurs, rôles principaux et chœurs. Et la semaine prochaine, en un autre lieu, une exécution sur scène, mais avec une formation instrumentale réduite.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/f220d-rec-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-211707"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Angéline Moizard (La Abuela), Pauline Jolly (Salud) et Lise Garnault (Candela)</sup></figcaption></figure>


<p>Les jeunes solistes font encore des études (c’est un domaine où l’on n’arrête pas d’apprendre !), mais en même temps ont pour la plupart entamé soit une carrière professionnelle, soit déjà chanté des rôles importants dans des troupes diverses. Cela se voit, et leur autorité et leur manière de soutenir leurs rôles est impressionnante. En particulier <strong>Pauline Jolly</strong>, qui chante depuis plusieurs années des premiers rôles dans la compagnie Opéra éclaté d’Olivier Desbordes, et qui ce soir est une Salud mentalement torturée mais s’exprimant avec une belle plénitude vocale, au soprano à la fois assuré et émouvant. <strong>Angéline Moizard</strong>, boute-en-train et photographe bien connue, interprète ici le rôle tragique de la Grand-mère (La Abuela), qui ne correspond pas vraiment à son tempérament, mais qu’elle chante et joue avec beaucoup de cœur et d’un mezzo impressionnant, tant par la puissance que par la couleur vocale. <strong>Lise Garnault</strong>, qui s’intéresse à tous les arts scéniques, est une Candela plus vraie gitane que nature, jeteuse de sorts dont la voix se marie fort bien avec celle de ses partenaires, et une autorité qui rend les affrontements musicaux, notamment face à La Abuela, très saisissants. Le Paco de <strong>Francisco Javier-Valadez</strong> a une voix percutante et une interprétation espagnole également de grande qualité. Et il est amusant de retrouver <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-orphee-aux-enfers-paris/"><strong>Maxime Martelot</strong></a> (Tio Sarvaor) et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-orphee-aux-enfers-asnieres/"><strong>Franz Lavrut</strong></a> (el Cantaor à la voix chaude et expressive) qui ont été l’un et l’autre d’excellents Jupiter d’Offenbach dans deux récentes productions, et qui passent ici avec bonheur dans un tout autre genre de répertoire. Enfin, n’oublions pas <strong>Francisco Torres</strong> (la voix de la Forge) aux accents assez envoûtants, ni la belle prestation de danse de <strong>Sonia Skouri.</strong></p>
<p>La version scénique avec petit ensemble instrumental réduit sera présentée les mercredi 15 avril 2026 (15 h et 20 h), jeudi 16 (20 h), et vendredi 17 (20 h), aux Plateaux Sauvages, 5 rue des Plâtrières, Paris XX<sup>e</sup>. </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/de-falla-la-vida-breve-el-amor-brujo-paris/">DE FALLA, La Vida Breve / El amor brujo &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>GRANADOS, Goyescas / DE FALLA, Les Tréteaux de Maître Pierre &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/granados-goyescas-de-falla-les-treteaux-de-maitre-pierre-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 08:03:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 24 janvier au 1er février 2026, le Théâtre de la Zarzuela de Madrid présente (pratiquement à guichets fermés) un spectacle lyrique intitulé La Edad de Plata (L’âge d’argent) incluant l’opéra Goyescas de Granados, rarement monté depuis sa création en 1916, et les Tréteaux de Maître Pierre de Manuel de Falla. La Edad de Plata, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 24 janvier au 1<sup>er</sup> février 2026, le Théâtre de la Zarzuela de Madrid présente (pratiquement à guichets fermés) un spectacle lyrique intitulé <em>La Edad de Plata (L’âge d’argent)</em> incluant l’opéra <em>Goyescas </em>de Granados, rarement monté depuis sa création en 1916, et les <em>Tréteaux de Maître Pierre</em> de Manuel de Falla. <em>La Edad de Plata</em>, née à la fin du XIXe siècle, fait référence à une période faste de la culture espagnole. Plusieurs mouvements artistiques majeurs se sont ainsi succédé jusqu’à la guerre civile de 1936, dans une sorte de retour aux sources de la culture ibérique et d’ouverture au monde. Le metteur en scène et scénographe andalou <strong>Paco López</strong> a eu l’idée d’évoquer cette époque en inscrivant les œuvres de Granados et de Falla dans leur contexte historique, avec comme point d’ancrage Paris où les deux compositeurs avaient vécu et où ils avaient lié une belle amitié. Manuel de Falla avait ainsi révélé au public parisien l’exceptionnelle profondeur des œuvres pour piano de Granados.  Et la suite pour piano<em> Goyescas</em> avait été créée par Granados lui-même en 1914. Il y exprimait sa passion pour le XVIIIe siècle, pour Scarlatti et surtout Goya qui avait remis à l’honneur, à Madrid, les <em>majos</em> et <em>majas</em> madrilènes dansant fandangos et boléros sur la Pradera de la Florida. C’est sur le conseil d’un pianiste américain de ses amis, que Granados décida d’en faire un opéra dont la création fut programmée à l’Opéra de Paris en 1915 (mais, en raison du conflit mondial, c’est au Metropolitan Opera de New York qu’elle eut lieu en janvier 1916). Manuel de Falla se sentait, lui, plus proche du Siècle d’Or et notamment de Miguel de Cervantes dont le Don Quichotte allait lui inspirer le <em>Retablo de Maese Prado</em>, créé sept ans plus tard à Paris dans le salon de la princesse de Polignac.<br />
Dès le début de la soirée le public ressent qu’il va être entraîné dans un récit dont on il ne va pas sortir tout à fait indemne : la soirée commence par la tragique <em>Marche des Vaincus</em> de Granados interprétée de manière bouleversante par l’orchestre tandis qu’un film, projeté en fond de scène, évoque l’année 1939, les nazis entrant dans Paris et les populations fuyant la barbarie. Dans l’ombre en avant-scène, le personnage du peintre Ignacio Zuloaga, qui a fui la France, évoque le Paris d’avant-guerre et les fêtes organisées dans son salon où il recevait tant d’artistes comme la danseuse flamenca Antonia Mercé dite <em>La Argentina</em> dont l’interprétation de la <em>Danza de los Ojos verdes</em> l’avait bouleversé (elle est incarnée superbement dans le spectacle par <strong>Marina Walpercin</strong>). Il avait même dessiné des décors afin d’y créer <em>Les Tréteaux </em>de Falla et des extraits de l’opéra <em>Goyescas</em>.<br />
L’orchestre attaque alors l’ouverture de l’opéra, la scène entière s’illumine et c’est un éblouissement : Madrid est en fête au bord du fleuve Manzanares, les aristocrates se mêlant aux gens du peuple, les costumes des nombreux choristes et danseurs, conçus par <strong>Jesús Ruiz</strong>, sont flamboyants, la chorégraphie d’<strong>Olga Pericet</strong> spectaculaire et le grand chœur du Théâtre de la Zarzuela impressionnant tant vocalement que par sa présence en scène. L’Orchestre de la <em>Comunidad </em>de Madrid rayonne sous la direction d’<strong>Álvaro Albiach</strong>, chef exceptionnel, qui maintient, avec un rythme saisissant, toute la soirée sous tension. Suit l’entrée des personnages, souvent réduits à de simples archétypes : le personnage historique de Paquiro, torero populaire et fanfaron, interprété vaillamment par le baryton <strong>César San Martín</strong> et sa fiancée, la sensuelle Paquita, campée avec charme et sensualité par la jeune mezzo <strong>Mónica Redondo</strong> au timbre chaleureux. Face à eux, les aristocrates : le capitaine Fernando et sa fiancée Rosario. <strong>Alejandro Roy, </strong>qui a fait ses débuts au Met de New York dans <em>Turandot </em>en 2019, interprète vaillamment le rôle du militaire de sa voix belle et puissante de ténor <em>spinto</em> (un rôle créé au Met par Giovanni Martinelli). Cependant, plus de nuances et de phrasés seraient les bienvenus. La soprano lyrique <strong>Raquel Lojendio</strong>, interprète le rôle de Rosario avec une grande sensibilité et une musicalité sans faille. Dans ce premier tableau le torero invite Rosario au bal « aux chandelles » (<em>baile de candil</em>) : la rivalité entre les deux hommes laisse présager le pire.<br />
Le rideau tombe et commence alors le célèbre <em>Intermezzo </em>orchestral, souvent joué en concert, dirigé par Albiach de manière particulièrement intense et dramatique. Sur l’écran, l’océan et les nuages s’amoncellent sur un océan déchaîné, le peintre Zuloaga seul dans la pénombre, s’inquiète de la neurasthénie et des prémonitions funestes de son ami Granados.<br />
Le deuxième tableau nous entraîne au <em>baile de candil</em> rutilant et très animé, les chœurs et les danseurs rivalisant de virtuosité. Mais le drame sourd. Des spectres, entièrement couverts d’une bure, tout droit sortis des <em>Caprichos</em> de Goya se mêlent bientôt aux fandangos et séguedilles. La chorégraphie est alors particulièrement désarticulée et les danseurs impressionnants.<br />
L’interlude orchestral qui suit offre un contraste encore plus puissant. C’est, soudain le Granados passionné de musique germanique qui s’exprime quand, sur le rythme implacable des percussions, s’élève aux violons une longue plainte bouleversante. Sur scène, devant l’écran, une danseuse en blanc semble se battre au milieu de l’océan jusqu’à disparaitre au milieu des vagues, rappelant la mort de Granados et son épouse. À leur retour de New York, après le succès remporté par l’opéra au Met, ils avaient péri dans le naufrage du <em>Sussex</em> torpillé par les sous-marins allemands peu après son départ d’Angleterre.<br />
Le troisième et dernier tableau, <em>La maja et le rossignol</em>, contrairement à ce que le titre laisse supposer, est en réalité une sorte de long aria dramatique interprété par Rosario pour qui le chant de l’oiseau n’est qu’un mauvais présage. Elle parvient à retrouver Fernando mais celui-ci, blessé à mort, s’écroule dans ses bras.  Raquel Lojendio y est remarquable et cette fois dans un registre de lirico spinto, d’un grave profond à un aigu dramatique. Le public, enthousiaste tout au long de la représentation, applaudit à tout rompre.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EdadPlata-2-1294x600.jpg" />© Javier De Real</pre>
<p>Après l’entracte, en prélude aux <em>Tréteaux de Maître Pierre</em> c’est l’Espagne de 1939 qui est à l’écran alors que se mêlent les mains tendues des saluts fascistes. Manuel de Falla se souvient de son départ en exil et les spectres goyesques réapparaissent. Paco López a judicieusement choisi, en introduction, sa <em>Psyché</em>, mélodie avec ensemble instrumental, sorte d’appel au renouveau du printemps, à laquelle la grande voix de Raquel Lojendio aux aigus pianissimi lumineux, donne une tonalité presque tragique que le prélude des Tréteaux de Maître Pierre qui lui succède dissipe à peine. La mise en scène est très astucieuse : le théâtre de marionnettes est remplacé par un film muet comme ceux des années 1920, et cela fonctionne à merveille. La lutte, sur l’écran, du chevalier médiéval pour libérer son épouse, soudain ramené dans la vraie vie par l’idéaliste Don Quichotte, n’est pas étrangère à notre monde actuel. Cette mise en abîme a pu heurter une partie du public mais elle est pertinente. Le jeune ténor <strong>Pablo García López</strong> incarne Maese Pedro et dans le personnage du <em>Trujamán</em> qui raconte l’histoire, la mezzo-soprano <strong>Lydia Vinyes-Curtis</strong> est impayable. Quelle voix claire et sonore et quelle comédienne ! Quant au baryton <strong>Gerardo Bullón</strong>, il est un Don Quichotte émouvant à la voix chaude et à la diction sans faille. Tous deux sont très applaudis aux saluts.</p>
<p>On sort du théâtre particulièrement impressionné. Concevoir un tel spectacle était un défi ambitieux relevé brillamment par le Théâtre de la Zarzuela.</p>
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		<title>2026 en anniversaires !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/2026-en-anniversaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 04:53:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;année 2025 a eu son lot de commémorations et d&#8217;anniversaires dans la planète lyrique. Mais 2026 n&#8217;est pas en reste ! Impossible de tout citer, mais outre les 150 ans de la création complète du Ring wagnérien, il y aura quelques tricentenaires (pas moins de 13 cantates de Bach, mais aussi deux opéras de Haendel et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;année 2025 a eu son lot de commémorations et d&rsquo;anniversaires dans la planète lyrique. Mais 2026 n&rsquo;est pas en reste !</p>
<p>Impossible de tout citer, mais outre les 150 ans de la création complète du <em>Ring</em> wagnérien, il y aura quelques tricentenaires (pas moins de 13 cantates de <strong>Bach</strong>, mais aussi deux opéras de <strong>Haendel</strong> et <em>l&rsquo;Orpheus</em> de <strong>Telemann</strong>); des bicentenaires signés <strong>Rossini</strong>, <strong>Donizetti</strong>, <strong>Bellini</strong> ou encore <strong>Mercadante</strong> ; des centenaires, de <em>Turandot</em> à l&rsquo;<em>Affaire Makropoulos</em> en passant par le <em>Roi Roger</em> ; ou encore les 50 ans d&rsquo;<em>Einstein on the Beach</em> et bien d&rsquo;autres encore, des 350 ans d&rsquo;<em>Atys</em> de Lully aux 250 de l&rsquo;<em>Alceste</em> de <strong>Gluck</strong> (version de Paris) ou aux 150 de la <em>Gioconda</em> de <strong>Ponchielli</strong> ou du <em>Baiser</em> de <strong>Smetana</strong>.</p>
<p>Nous célébrerons aussi les 375 ans de <em>la Calisto</em> de <strong>Cavalli</strong> (dont 2026 sera aussi le 350è anniversaire de la disparition), les 270 ans des <em>Noces de Figaro</em> ; les 175 ans de <em>Rigoletto</em> (et les 125 ans de la mort de son auteur) ou encore les 125 ans de <em>Rusalka</em> de <strong>Dvořák</strong>.</p>
<p>Pour les anniversaires d&rsquo;artistes, 2026 sera une nouvelle année faste ! <strong>Philidor</strong> aura 300 ans ; <strong>Mozart</strong>, 270 ; <strong>Bellini</strong>, 225 ; <strong>Wolf-Ferrari</strong> ou <strong>Manuel de Falla</strong>, 150 ; nous célébrerons de nombreux centenaires, de <strong>Leonie Rysanek</strong> à <strong>Rita Gorr</strong>, en passant par <strong>Xavier Depraz</strong>, <strong>Jacques Mars, Louis Devos</strong> ou <strong>Theo Adam</strong>. Il en ira de même pour <strong>James McCracken</strong> ou <strong>Bruno Bartoletti</strong> et nous fêterons aussi ceux des compositeurs <strong>Hans Werner Henze</strong> et <strong>Betsy Jolas</strong> ! Et bien sûr, nous soufflerons avec eux les 50 bougies d&rsquo;<strong>Elīna Garanča</strong> ou de <strong>Max Emanuel Cenčić</strong>. D&rsquo;autres artistes auront un anniversaire « rond », de <strong>Cecilia Bartoli</strong> à <strong>David Daniels</strong> en passant par <strong>Piotr Beczała, </strong>mais aussi <strong>Renato Bruson, Ben Heppner, Véronique Gens, Waltraud Meier </strong>ou encore <strong>Christophe Prégardien, Zubin Mehta, </strong><strong>Barbara Bonney et bien d&rsquo;autres, </strong>vivants ou non<strong> ; </strong>tandis que nous arriverons aux 50 ans de la disparition de <strong>Benjamin Britten</strong>, aux 90 de celle de <strong>Respighi</strong> , aux 170 de la mort de <strong>Schumann,</strong> aux 200 ans de celle de <strong>Weber </strong>ou aux 290 de celle de <strong>Pergolese</strong>&#8230; Bref, autant d&rsquo;occasions d&rsquo;écouter et de réécouter les nombreuses oeuvres que tous, cités ici ou non, ont laissées !</p>
<p><figure id="attachment_206047" aria-describedby="caption-attachment-206047" style="width: 212px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-206047" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Anniversaires-2026-212x300.jpeg" alt="" width="212" height="300" /><figcaption id="caption-attachment-206047" class="wp-caption-text">Photos : tous droits réservés</figcaption></figure></p>
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		<item>
		<title>FALLA, El amor brujo ; La vida breve &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/falla-el-amor-brujo-la-vida-breve-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré leur relative rareté, le couplage des deux pièces est entré dans les habitudes, mais quelle heureuse idée d’avoir repris la production de La vie brève, signée Paul-Emile Fourny il y a dix ans pour le centenaire de l’œuvre (1) ! Heureuse idée, aussi, d’avoir offert le rôle de Salud à Na’ama Goldman, découverte en Charlotte &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/falla-el-amor-brujo-la-vida-breve-metz/"> <span class="screen-reader-text">FALLA, El amor brujo ; La vida breve &#8211; Metz</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré leur relative rareté, le couplage des deux pièces est entré dans les habitudes, mais quelle heureuse idée d’avoir repris la production de <em>La vie brève</em>, signée <strong>Paul-Emile Fourny</strong> il y a dix ans pour le centenaire de l’œuvre (1) ! Heureuse idée, aussi, d’avoir offert le rôle de Salud à <strong>Na’ama Goldman</strong>, découverte en Charlotte à Tel-Aviv, et d’avoir construit une distribution de si haut niveau !</p>
<p>Bien que leurs créations aient été distantes de neuf ans et malgré la différence de leur destination (ballet, et œuvre lyrique), par-delà l’Andalousie commune, l’unité du spectacle réside dans une approche commune, où tout concourt à focaliser l’attention sur les acteurs – danseurs ou chanteurs – et sur le drame concis qui culminera avec la mort de Salud. C’est une version épurée de <em>l’Amour sorcier</em>, loin du folklore convenu, que nous offre <strong>Gilles</strong> <strong>Schamber</strong>, qui en signe la chorégraphie. Si le lyrisme flamboyant domine, centré sur l’amour, plus de trame narrative, nulle magie noire, incantatoire, aucun sortilège, sinon celui du chant. C’est « l’immuable attraction qui rapproche les corps », traduite avec force, sensualité et raffinement. Les costumes androgynes de <strong>Dominique Louis</strong>, d’une grande beauté plastique, sont d’une originalité et d’une fonctionnalité surprenantes, se prêtant à la faveur d’échanges, de déshabillages, à de multiples évolutions, à des tournoiements que la plume est impuissante à décrire. Deux tons, opposés et complémentaires, qui se conjuguent au fil des scènes : d’amples capes masquent des bustiers et des pantalons, mi-jupes culottes. La progression du tourbillonnement prodigieux de la Danse du feu nous captive. Danses collectives d’une harmonie proche de la perfection, soli et couples vont se succéder, y compris pour des évolutions silencieuses qui valorisent d’autant plus les pièces de l’œuvre de Falla. Sa musique, d’un puissant lyrisme, nerveuse, farouche comme sensuelle et tendre, est servie par un orchestre inspiré, ainsi que par le chant authentique et brûlant de <strong>Patricia Illera</strong>, dans son répertoire d’origine. Les lumières inventives de <strong>Patrick Méeüs</strong> servent à merveille musique et danse. Metz peut être fière de son Ballet et de ses solistes, la participation des gitanes à <em>La Vie brève</em>, avec de belles chorégraphies de <strong>Lorena Coppola</strong>, le confirmera.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="alignnone  wp-image-165047 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/L-amour-sorcier-17-300x188.jpg" alt="" width="591" height="370" /> L'Amour sorcier © Philippe Gisselbrecht</pre>
<p>Pour chacune des œuvres, le pittoresque – les espagnolades – qui participe à l’intensité du drame, est cantonné à l’orchestre, au chant et aux danses : l’évocation visuelle de l’Andalousie se fait discrète. Quelques touches dans <em>La vie brève</em> : les costumes – des années cinquante &#8211; les peignes et mantilles des femmes. Les décors s’inscrivent dans un cadre unique, nu, ascétique, neutre, l’amorce d’un escalier tournant au fond, côté cour, le mur percé de deux fenêtres. Toujours pour <em>La Vie brève</em>, une fontaine centrale, surmontée d’une monumentale Vierge traditionnelle, douloureuse, en azulejo, dont l’image est dupliquée sur le tulle d’avant-scène, un élément d’arcatures descendant des cintres pour le dernier acte, ce sera tout. Ni forge, ni feu, que l’orchestre et le chant évoquent éloquemment. Les lumières virtuoses de Patrick Méeüs suffiront à créer les ambiances spécifiques des différentes scènes. Les costumes de <strong>Giovanna Fiorentini</strong>, bien dessinés, aux tons harmonieux, traduisent avec justesse et élégance les différences sociales, aux racines du drame.</p>
<p>L’oiseau mort, déposé à l’avant-scène, symbole fort de l’amour malheureux, la présence de l’enfant, que tient tendrement la grand-mère, et son rôle muet participent avec discrétion et efficacité à l’émotion que prodigue généreusement le drame. La gestion du moment clé, où Salud va dénoncer l’infidélité de Paco, avec les deux plans, séparés par le tulle peint, est magistrale de force et de beauté.</p>
<p><strong>Na’ama Goldman</strong>, encore rare sur nos scènes malgré ses qualités vocales et dramatiques, s’empare du rôle de Salud. L’émission charnue, chaude et ample, aux graves de velours, la noblesse du jeu dramatique nous bouleversent : elle s’impose ainsi comme la nouvelle référence. Les inflexions du flamenco, comme la plasticité du chant, pour une voix rompue aux exigences des grands rôles, nous valent une ample séguédille (« Vivan los que rien ! »), d’anthologie. On se souvient de Taven, puis Suzuki qu’elle chanta ici même, <strong>Vikena Kamenica</strong> est une superbe grand-mère (La Abuela), sensible, aimante, lucide et résignée. La différence de timbre, la rondeur, la plénitude et la maturité de l’émission, le jeu dramatique n’appellent que des éloges. <strong>Jean-Michel Richer</strong> donne à son Paco l’inconsistance, la superficialité pusillanime, la lâcheté attendues. La voix est solide, même si elle paraît en retrait dans son duo avec Salud, lyrique à souhait. L’oncle (El Tio Sarvaor) trouve toute sa force véhémente, farouche, colérique dans le chant et le jeu de <strong>Jean-Luc Ballestra</strong>. La voix dans la forge, puis la voix lointaine sont confiées à <strong>Tadeusz Szczblewski</strong>. Son travail obstiné, son rappel – ressassé – du poids de la fatalité sont magnifiquement rendus. En Carmela, qu’épouse Paco, nous retrouvons Patricia Illera, dont les qualités ont été soulignées dans <em>l’Amour sorcier</em>. C’est plus qu’une promesse. La Cantaora de <strong>Laura Gallego Cabezas</strong> répond à toutes nos attentes, juste, authentique porteuse de la tradition.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-165052 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-vida-breve-75-300x198.jpg" alt="" width="619" height="408" />La mort de Salud ( Na'ama Goldstein) © Philippe Gisselbrecht</pre>
<p>Le chœur se montre plein, équilibré, précis. Ses solistes (les vendeuses de fleurs) ne sont pas moins remarquables que les premiers rôles. Seul (petit) regret : le jeu scénique convenu lorsqu’il accompagne les danses gitanes, ponctuées par les voix. Après un début prosaïque de <em>l’Amour sorcier</em>, d’un orchestre dépourvu de mystère comme d’alacrité, celui-ci va trouver rapidement ses marques sous la baguette experte et totalement engagée de <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong>. Le nouveau directeur musical du Teatro de la Zarzuela porte la phalange messine à l’incandescence, avec un souci de clarté, de couleur, d’énergie et de précision. C’est un régal pour l’oreille : la dynamique, les progressions, la mise en valeur des solistes et des pupitres, tout nous ravit, pour une émotion permanente. <em>Granada</em>, la page symphonique sur laquelle s’achève le premier acte, mérite d’être davantage connue. Magnifique réussite, le mordoré du crépuscule et la tombée de la nuit, comme les échos de la fête, sont rendus avec poésie et chaleur.</p>
<p>Certes, nul n’a eu le privilège d’assister à toutes les productions de ces chefs-d’œuvre, mais de mémoire longue, même fragmentaire, rarement la puissance dramatique et l’émotion ont trouvé meilleure traduction. La mort de Salud nous bouleverse au plus haut point, au terme d’une progression inexorable à laquelle nul ne peut être indifférent. Longtemps après que la dernière note ait retenti, l’émotion demeure intacte et les images sonores et visuelles continuent de nous hanter. Une production appelée à faire date, à laquelle on souhaite la plus large diffusion.</p>
<pre>(1) Alors jumelée aux scènes de <em>Carmen</em>, chorégraphiées. Naturellement la distribution est totalement renouvelée, comme la direction, alors confiée à Jacques Mercier.</pre>
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		<title>DE FALLA, Les Tréteaux de Maître Pierre &#8211; Grenade</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/de-falla-les-treteaux-de-maitre-pierre-grenade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jun 2023 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Tréteaux de Maître Pierre, opéra pour marionnettes en un acte de Manuel de Falla, évoque de multiples références, à mi-chemin entre la France et l’Espagne. Le Festival International de Musique et Danse de Grenade inaugure sa 72e édition avec une production ambitieuse de l’œuvre. Si Falla est habituellement vu comme un Maurice Ravel espagnol, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><i>Les Tréteaux de Maître Pierre</i>, opéra pour marionnettes en un acte de Manuel de Falla, évoque de multiples références, à mi-chemin entre la France et l’Espagne. Le Festival International de Musique et Danse de Grenade inaugure sa 72<sup>e</sup> édition avec une production ambitieuse de l’œuvre.</p>
<p>Si Falla est habituellement vu comme un Maurice Ravel espagnol, la partition de <i>Tréteaux</i> donne lieu à une autre forme de néo-classicisme, rappelant l’écriture qui sera développée par le groupe des Six et surtout celle d’Igor Stravinsky. Entre 1907 et 1914, Falla vit à Paris où il fait la connaissance de son collègue russe dont la période néo-classique coïncide avec son séjour en France et qui voyagera également en Espagne. À ce moment-là, Falla découvre <i>Renard </i>&#8211; conçu comme une œuvre pour marionnettes &#8211; ainsi que <i>Petrouchka</i>, et consacre un important article à Stravinsky. Il entre également en contact avec Claude Debussy et Paul Dukas. Un an plus tard, il signe le manifeste d’adhésion aux Nations unies et se prononce en faveur de la tradition, du «&nbsp;bon goût français&nbsp;» et d’une identité musicale latine représentée par la France, l’Espagne, l’Italie et la Russie – opposée à la suprématie de l’Allemagne depuis la guerre de 1870 – comme le souligne le romaniste Andrés Soria Olmedo. En 1918, Falla reçoit une commande de Winnaretta Singer, princesse de Polignac, importante mécène française et héritière de l’entreprise de machines à coudre fondée par son père. Mais c’est seulement quatre ans plus tard que Falla achève la composition de <i>Tréteaux</i>. Entre-temps, sa relation avec Stravinsky s’est poursuivie. À partir du ballet <i>Pulcinella</i>, composé en 1919, les œuvres de ce dernier prennent une tournure néo-classique qui ne laisse pas indifférent Falla. En témoigne la partition de <i>Tréteaux </i>qui comporte des danses et autres formes classiques, des sonorités baroques (notamment un clavecin et un trio de hautbois), ainsi qu’un mélange de musique espagnole folklorique et savante, suscitant toutes sortes d’interpénétrations. Ces éléments existent certes dans d’autres œuvres de Falla mais sont particulièrement prononcés dans <i>Tréteaux</i>.</p>
<p>Cette œuvre fait dialoguer des influences françaises avec un sujet viscéralement espagnol. C’est pendant la période de gestation de l’opéra que Falla, désormais installé à Grenade, rencontre le poète Federico García Lorca, de qui il restera proche jusqu’à la mort de celui-ci en 1936. Parmi leurs passions communes figurent le théâtre de marionnettes et un intérêt accru pour l’identité culturelle de l’Espagne rurale, en l’occurrence celle de l’Andalousie. Le premier de leurs projets fut l’organisation d’un concours de <i>Cante jondo</i>, chant traditionnel andalou de type flamenco. Stravinsky et Ravel y auraient assisté si le conseil municipal de Grenade n’avait pas refusé de les inviter pour des raisons budgétaires. Lorsque le critique Adolfo Salazar, ami de Lorca et Falla, reprocha au compositeur une sorte de « nationalisme musical », ce dernier répondit : « Toute musique vivante européenne procède d’un nationalisme musical bien appréhendé », défendant évidemment un art universel.</p>
<p>Aujourd’hui, la marque de fabrique du Festival de Grenade est la combinaison d’une distribution internationale – allant de Bob Dylan à Riccardo Chailly – avec une grande sensibilité pour l’histoire locale. L’édition 2022, marquée par le centenaire du fameux concours de <i>Cante jondo</i>, a vu plusieurs manifestations de flamenco ainsi que la création de <i>Cantes antiguos del flamenco</i> pour alto et orchestre du compositeur Mauricio Sotelo. Cette année, les chefs d’orchestre Ton Koopman et Giovanni Antonini ainsi que le compositeur Tomás Marco sont artistes en résidence. Le Conseil du tourisme, de la culture et du sport d&rsquo;Andalousie (Consejería de Turismo, Cultura y Deporte) apporte son soutien au festival, qui collabore également avec d&rsquo;autres institutions grenadines. Cette année, le Centro Federico García Lorca consacre une belle exposition aux <i>Marionnettes de Lorca, Lanz et Falla</i>. L’artiste et décorateur de théâtre Hermenegildo Lanz signa les décors et les marionnettes de la création de <i>Tréteaux </i>qui eut lieu le 25 juin 1923 au palais de la princesse de Polignac, précédée d’une version concert créée quelques mois plus tôt au Teatro San Fernando de Séville.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>S’appuyant sur deux chapitres de <i>Don Quichotte </i>de Cervantes, le livret de Falla représente une longue mise en abyme. Le chevalier errant assiste à un spectacle du marionnettiste Maître Pierre : un garçon, le Trujamán, raconte l’histoire de Don Gayferos qui vient en aide à son épouse Melisendra, fille de Charlemagne tenue prisonnière depuis de nombreuses années par le roi Marsilio. Les deux amants s’enfuient, persécutés par les soldats du roi. À ce moment-là, Don Quichotte, confondant une fois de plus réalité et fiction, fait irruption sur la scène et détruit les décors dans l’effort de combattre les assaillants, au grand dam du Maître et du public.</p>
<p>Il n’y a pas que le nom de l’épouse qui fait penser à <i>Pelléas et Mélisande</i> de Debussy, l’intrigue étant une variation espagnole du mythe de Tristan. Falla y joint un épilogue déclamé par Don Quichotte qui évoque sa propre histoire.</p>
<p>Étant donné la courte durée de l’opéra, l’équipe autour du réalisateur Enrique Lanz le fait précéder d’une première partie instrumentale alternant entre deux œuvres baroques, l’une française, l’autre allemande, ce qui ajoute une dimension politique. Il s’agit de <i>Don Quichotte chez la Duchesse</i> de Joseph Bodin Boismortier ainsi que <i>Burlesque de Quichotte</i> de Georg Philipp Telemann. Les danses baroques et une importante partie de percussions (tambours de basque et provençal), improvisée selon la tradition, annoncent certaines couleurs de <i>Tréteaux</i>. L’œuvre commence d’ailleurs par quelques mesures de tambour et timbales seuls. L’effectif prévu par Falla, après consultation de Winnaretta Singer, est un orchestre de chambre de 21 musiciens, qui incorpore aussi les instruments des œuvres baroques. Le passage à la deuxième partie de la soirée se fait presque imperceptiblement.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Si Falla souhaite que tous les personnages, et non seulement les poupées du Maître, soient représentés par des marionnettes, cela remet en question le lien entre public et scène. L’écart entre les deux, creusé par la présence d’interprètes stylisés – les marionnettes – est aggravé par une réalité dramatique à laquelle le public n’a pas accès. Car le quatrième mur que Don Quichotte brise en intervenant dans le spectacle du Maître ne sépare pas les spectateurs de la scène, mais bien deux niveaux scéniques distincts. Cette aliénation du public est également importante pour les pièces de théâtre de Lorca.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/230621-Retablo-de-Maese-Pedro-Palacio-Carlos-V-Fermin-Rodriguez093-1294x600.jpg">© Festival de Granada | Fermín Rodríguez</pre>
<p>Quel est l’espace scénique qu’<strong>Enrique Lanz</strong> crée afin de répondre à cette particularité de l’œuvre ? Pendant l’introduction, une vidéo est projetée sur le rideau : d’ombres diffuses sortent graduellement des formes et silhouettes découpées, constituant une scène en noir et blanc sur laquelle défilent des images préfigurant l’intrigue de la pièce. La différence entre Don Quichotte et Don Gayferos n’est pas encore nette. Ce processus d’émergence continue au lever du rideau. Sept marionnettes géantes, mesurant jusqu’à quatre fois la taille d’un homme, se tiennent sur le devant de la scène, majoritairement dos au public. Deux d’entres elles s’avéreront être Trujamán et Don Quichotte. Cet agrandissement passe au crible la nature même des marionnettes. Une deuxième scène, plus petite, peuplée de poupées plus stylisées et abstraites, se dessine en arrière-plan. Elle accueille le spectacle du Maître. Celui-ci ainsi que d’autres figures surdimensionnées apparaissent de temps à autre, contribuant à l’impression d’un tableau vivant en constante ébullition. Le clair-obscur des lumières d’Alberto Rodríguez va dans le même sens. Les chanteurs sont placés à l’extérieur, en évidence à gauche de l’orchestre. À la fin, un rideau transparent tombe, sur lequel sont projetées les images d’un autodafé. L’on peut y voir une allusion à la biographie de Falla qui finit ses jours à l’exil en Argentine, fuyant la guerre d’Espagne. Lanz crée donc une hiérarchie de corps plus ou moins grands et dessinés, ainsi qu’un dégradé d’abstraction, qui reflètent la position ambiguë du spectateur. La cour du palais de Charles Quint dans l’Alhambra, où la représentation a lieu, semble prolonger l’espace théâtral. Malgré sa cohérence, ce dispositif impressionnant court le risque de masquer la musique. L’effectif réduit et les structures délicates de la partition de Falla ne sont pas toujours à la hauteur de la pléthore d’éléments visuels. Lanz, petit-fils d’Hermenegildo Lanz, reprend sa mise en scène de l’œuvre datant de 2009. Son propre fils Leo fait partie de l’équipe de marionnettistes.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Sous la baguette d’<strong>Aarón Zapico</strong>, expert de l’interprétation historiquement informée, le jeu de l’orchestre est d’une grande vélocité. Que ce soit Falla, Boismortier ou Telemann, la musique parfois très concentrée, comme à découvert, ne perd jamais d’intensité ni de direction. Zapico maintient ce caractère limpide lorsque Falla mélange des sonorités divers et variées.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Les trois chanteurs se montrent tout aussi précis. La soprano <strong>Alicia Amo</strong> campe un Trujamán à la voix effervescente, en donnant un aspect burlesque à son timbre sans tomber dans la caricature. Sa partie – un rôle travesti – consiste essentiellement en notes répétées d’une grande virtuosité rythmique, Trujamán signifiant «&nbsp;interprète de négociation&nbsp;» en espagnol. Le public français a pu découvrir cette chanteuse à mille facettes entre autres dans <i>Salomé</i> d’Alessandro Stradella, en 2019 à l’opéra de Rennes. Le Maître Pierre de <strong>David Alegret</strong> prend très à cœur son spectacle. Par moments, le ténor confère un timbre texturé à sa voix, avant qu’elle ne reprenne son ampleur sensuelle. Alegret maîtrise toutes les nuances dramatiques de son personnage. La voix chaude et suave du baryton <strong>José Antonio López</strong> va comme un gant à Don Quichotte. Impliqué et franc, il ne fléchit pas lorsqu’il se méprend visiblement sur l’importance des événements. En 2015, López interpréta le rôle d’Enrique dans l’opéra <i>Le Public</i> de Mauricio Sotelo, d’après la pièce de théâtre de Lorca.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Rarement joué, <i>Les Tréteaux de maître Pierre</i> met en exergue certains enjeux musicaux et culturels de l’époque, et la production du festival de Grenade a tout le mérite d’en proposer une<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>interprétation contemporaine, sans perdre de vue la substance de l’œuvre.</p>
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		<title>L’Amour sorcier / Journal d’un disparu — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lamour-sorcier-journal-dun-disparu-strasbourg-sept-ils-sont-sept-et-prokofiev-ny-est-pour-rien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Mar 2022 07:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce ne sont pas les dieux démoniaques que Prokofiev prend pour sujet dans sa cantate, à peu près contemporaine des oeuvres programmées ce soir. Mais ils sont bien sept, sept danseurs hors normes pour une stupéfiante chorégraphie que signe l’un d’entre eux, Manuel Liñán. C’est ce qui restera en mémoire, déjà, de celles et ceux qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce ne sont pas les dieux démoniaques que Prokofiev prend pour sujet dans sa cantate, à peu près contemporaine des oeuvres programmées ce soir. Mais ils sont bien sept, sept danseurs hors normes pour une stupéfiante chorégraphie que signe l’un d’entre eux, <strong>Manuel Liñán</strong>. C’est ce qui restera en mémoire, déjà, de celles et ceux qui ont eu la chance de découvrir cet extraordinaire spectacle. Le <em>Journal d’un disparu</em>, de Leoš Janáček (*), suivi de <em>l’Amour sorcier</em>, de Manuel de Falla ont été associés, à l’occasion du <em>Festival Arsmondo Tsigane</em>, qui se déroule à Strasbourg, du 11 mars au 18 avril, au milieu d’une floraison d’événements centrés sur le peuple rom. Le couplage, original et bienvenu, est particulièrement fort. Le même décor minimaliste (sol rouge, fond de scène incurvé en deux panneaux, rose et orange), dix chaises en arc de cercle, des tissus noirs au pied de sept d’entre elles, c’est tout), les mêmes costumes, des chorégraphies voisines, la même formation orchestrale, les mêmes projections, vont permettre la succession des œuvres intimement jumelées. Le public a retenu ses applaudissements au terme de la première, la seconde étant enchaînée après un long silence, alors que sont projetés les titres en langue originale de chacune des pièces.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/-62diptyquepg3265web.jpg?itok=w3e3sAfN" title="Journal d'un disparu (Janacek) - Magnus Vigilius (Janik) © Klara Beck" width="468" /><br />
	Journal d&rsquo;un disparu (Janacek) &#8211; Magnus Vigilius (Janik) © Klara Beck</p>
<p>Comment exprimer notre surprise lorsque les dix interprètes en scène, dans leurs tenues contemporaines, prennent place sur leurs sièges ? Serait-ce une version de concert ?  L’orchestre en fosse, double quintette (cordes et vents) auquel harpe, piano et percussions se sont ajoutés, introduit le cycle de Janáček. Nouvelle surprise : l’orchestration-arrangement d’Arthur Lavandier sonne évidemment de façon très différente du piano et dérange nos habitudes. La partition originale prend des couleurs singulières, qui ne relèvent plus de Janáček, malgré le respect de la partition. <strong>Magnus Vigilius</strong>, Janik, chantera la plupart des mélodies assis sur sa chaise. Familier de l’œuvre du compositeur morave, bien que danois, c’est un magnifique ténor. La voix est ample et libre, mordante, qui prend les couleurs slaves du chant. Le statisme du chanteur, voulu par la mise en scène audacieuse de <strong>Daniel Fish</strong>, limite son expression à la voix. Il en ira de même pour les autres interprètes, les mouvements étant réservés aux seuls danseurs. Leurs costumes, créations de<strong> Doey Lüthi</strong>, sont non seulement des parures extraordinaires, noires et individualisées, par-delà la stylisation gitane, elles favorisent les figures chorégraphiques les plus éblouissantes. Les séquences d’habillage, répétées, sont mises à profit durant les pages instrumentales. Les vidéos de <strong>Joshua Higgason</strong> empruntent leur sujet à deux lignes du poème du <em>Journal d’un disparu</em> (18). Le sacrifice d’un magnifique coq noir, en gros plan, est ainsi réduit à de très brèves séquences qui ponctuent le propos tout au long du spectacle, d’une force émotionnelle extraordinaire, d’autant que l’expression stylisée du danseur soliste rejoint cette image. La proposition est audacieuse, davantage performance artistique qu’opéra traditionnel.</p>
<p> Avant le début du spectacle, Alain Perroux, Directeur de l’Opéra national du Rhin, à qui l’on doit cette programmation singulière, avait signalé le remplacement (pour raison de santé) de Rocio Marquez par <strong>Esperanza Fernandez</strong>, autre célèbre <em>cantaora</em>. Celle-ci n’est pas une chanteuse lyrique et usera du micro. Sa voix parlée, qui est déjà chant, et ses mélodies, caressantes et âpres, ont la liberté naturelle de la tradition. Le chef, <strong>Lukasz Borowicz</strong>, tout particulièrement attentif à la souplesse de l’improvisation ajoutée, qui instille aussi le jeu des musiciens de l’orchestre de Mulhouse, excelle dans cette expression si exigeante. De cette seconde œuvre, en dehors des admirables chorégraphies, on retiendra déjà l’orchestration. C’est en effet la version originale de 1915 qui a été retenue, écrite pour un petit orchestre (le théâtre n’avait pas de fosse). A cette écoute, on oublie toutes les versions symphoniques, y compris les plus brillantes. L’âpreté, la sensualité, la force rythmique, amplifiée pour deux numéros par les claquettes virtuoses des sept danseurs, sont proprement inouïes et appellent une captation. Si la populaire <em>danse du feu</em> prend des accents plus authentiques que jamais, la totalité de la partition fascine et le public est envoûté. Seul regret : malgré leur incontestable qualité, le chant des deux solistes et de leurs partenaires semble relégué au niveau de prétexte par la toute-puissance de la danse et des images, si brèves soient-elles.</p>
<p>Une soirée exceptionnelle, inoubliable.</p>
<p>(*) On réécoutera avec bonheur l’excellent enregistrement de Pavol Breslik, dont Charles Siegel rendait compte dans <em>Forumopéra</em> (<a href="/cd/leos-janacek-journal-dun-disparu-ensorcele">Ensorcelé !</a>). La version scénique de Ivo van Hove, diffusée sur de très nombreuses scènes lyriques, a suscité partout un enthousiasme rare. Le lecteur en trouvera les recensions sur le site (<a href="/journal-dun-disparu-lyon-vive-la-photo-argentique">Vive la photo  argentique</a>, &amp; <a href="/le-journal-dun-disparu-rennes-vertus-du-photomontage">Vertus du photomontage</a>).</p>
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		<title>Sophie Harmsen, deux petits chants et puis s’en va ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/sophie-harmsen-deux-petits-chants-et-puis-sen-va/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jul 2017 10:04:08 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/sophie-harmsen-deux-petits-chants-et-puis-sen-va/</guid>

					<description><![CDATA[<p>La pianiste japonaise Mari Kodama a enregistré chez Pentatone un album consacré à Manuel de Falla. Au programme : Noches en los jardines de España, El sombrero de tres picos, Interlude et danse extraits de La vida breve ainsi que la danza ritual del fuego tirée de El amor brujo. De la musique instrumentale avant tout, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La pianiste japonaise <strong>Mari Kodama</strong> a enregistré chez Pentatone un album consacré à Manuel de Falla. Au programme : <em>Noches en los jardines de España</em>, <em>El sombrero de tres picos</em>, Interlude et danse extraits de <em>La vida breve</em> ainsi que la danza ritual del fuego tirée de <em>El amor brujo</em>. De la musique instrumentale avant tout, dirigée par <strong>Kazuki Yamada</strong> à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, si l’on excepte les deux chants d’<em> El sombrero de tres picos</em>, inspirés par le <em>Cante jondo</em>, littéralement « chant profond », élément clé du répertoire flamenco. Mezzo-soprano d’origine canadienne, <strong>Sophie Harmsen</strong> s’empare de ces deux airs avec la même détermination farouche qui la pousse, dans un autre répertoire, à oser le redoutable « Qual guerriero in campo armato » écrit à l’intention de Farinelli. Est-ce la raison pour laquelle on trouve à sa voix des couleurs fauves proches de celles de Vivica Genaux, grande interprète aujourd’hui de cette aria virtuose ? « <em>L’Annio de Sophie Harmsen est lui-aussi de classe mondiale : belle voix richement timbrée sur tout l’ambitus et une masculinité d’une crédibilité rare.</em> » écrivait Camille De Rijck dans son compte rendu de <em><a href="https://www.forumopera.com/la-clemenza-di-tito-madrid-la-clemence-de-mortier">La Clemenza di Tito </a></em><a href="https://www.forumopera.com/la-clemenza-di-tito-madrid-la-clemence-de-mortier">à Madrid en novembre dernier</a>. Depuis, la chanteuse semble avoir disparu des radars lyriques. Il serait pourtant dommage que sa carrière s’en tienne au stade des promesses.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/ahr0chm6ly9plnnjzg4uy28vaw1hz2uvzdy1mmq5yzezztq5mwe1mjcwyzbhzmnkmmm1m2i5zdg1nzdmodq5ng.jpg?itok=4bxv4Cil" width="300" /></p>
<p> </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QZUPOG2U_qM" width="560"></iframe></p>
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		<title>Esperanza Fernández revient dans un nouvel Amour sorcier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/esperanza-fernandez-revient-dans-un-nouvel-amour-sorcier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 11:35:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1996, Esperanza Fernández enregistrait déjà El Amor brujo sous la baguette d’Edmon Colomer, chez Auvidis. Vingt ans après, sort aujourd’hui une nouvelle gravure de l’œuvre de Manuel De Falla, où cette artiste revient, cette fois dirigée par Enrique Mazzola à la tête de l’Orchestre national d’Ile-de-France. Mais le temps, parfois cruel aux sopranos, ne &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1996, <strong>Esperanza Fernández</strong> enregistrait déjà <em>El Amor brujo</em> sous la baguette d’Edmon Colomer, chez Auvidis. Vingt ans après, sort aujourd’hui une nouvelle gravure de l’œuvre de Manuel De Falla, où cette artiste revient, cette fois dirigée par <strong>Enrique Mazzola</strong> à la tête de l’Orchestre national d’Ile-de-France. Mais le temps, parfois cruel aux sopranos, ne peut qu’aider une <em>cantaora</em> à rendre son chant plus déchirant encore. Cette version proposée par NoMadMusic est complétée par les suites tirées du <em>Tricorne</em> (Ballets Russes, 1919) et par une page beaucoup plus rare, la brève mais superbe <em>Fanfare pour une fête</em>, commande du magazine britannique <em>Fanfare</em>, créée à Londres en 1921, preuve qu’il y a un siècle, l’Europe musicale existait déjà.</p>
<p>1 CD NoMadMusic NMM041 &#8211; 52&rsquo;32</p>
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		<title>Don Quichotte — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-voyages-de-don-quichotte-bordeaux-ne-pleure-pas-sancho/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Sep 2016 05:20:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ne pleure pas, mon bon. Certes, les caisses de l’Opéra de Bordeaux sont vides que c’en est désolant, mais tu verras, Sancho, tout recommencera bientôt comme avant. Marc Minkowski n’a rien d’un Don Quichotte, et ce n’est pas contre des moulins qu’il s’est battu pour établir sa première saison bordelaise. Il y a malgré tout &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ne pleure pas, mon bon. Certes, les caisses de l’Opéra de Bordeaux sont vides que c’en est désolant, mais tu verras, Sancho, tout recommencera bientôt comme avant. <strong>Marc Minkowski</strong> n’a rien d’un Don Quichotte, et ce n’est pas contre des moulins qu’il s’est battu pour établir sa première saison bordelaise. Il y a malgré tout quelque chose d’un peu chimérique dans le projet de cette soirée d’ouverture qui cherche à contenter tout le monde et qui n’y parvient pas toujours : un peu d’opéra, un peu de symphonique, un peu de mélodie, un peu de chanson, même, mais avec des bonheurs divers.</p>
<p>La première partie de la soirée laisse une impression assez mitigée. La présence de Quichotte et Pança au milieu du public nous vaut d’abord quelques gentilles facéties qui ne mangent pas de pain, sans doute censées instaurer une atmosphère bon enfant. Admettons. Après une « Inaccessible étoile » susurrée d’une voix opératique par <strong>Anna Bonitatibus</strong> et accompagnée à la guitare par <strong>François Chappey</strong>, les trois mélodies de Ravel sont dirigées à un rythme extrêmement mesuré par <strong>Paul Daniel</strong>, et partagées entre <strong>Andrew Foster-Williams</strong> pour les deux premières, et <strong>Alexandre Duhamel</strong> pour la dernière, la chanson à boire ayant paru plus conforme au caractère joyeux de Sancho, dont le baryton français a les rondeurs chaleureuses, tandis que son confrère britannique campe un Chevalier lunaire et douloureux, personnage à la Woody Allen. Vient ensuite une exécution du <em>Don Quichotte </em>de Richard Strauss, avec en soliste le violoncelliste <strong>Alexis Descharmes</strong>. Bien davantage que pour Ravel, Paul Daniel galvanise <strong>l’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine</strong> dans cette partition dont il souligne toute l’étonnante modernité, avec cet invraisemblable collage de courtes citations et ses combinaisons sonores inouïes en 1900. En parallèle, est projeté sur grand écran une sorte de <em>road movie</em> tourné dans la Mancha par <strong>Bertrand Couderc</strong>, interminable défilé de champs et de pans de mur dont la platitude n’apporte strictement rien à l’écoute : il y a mille fois plus d’images, et d’incroyables, dans la musique de Strauss.</p>
<p>Le public est alors invité à quitter l’Auditorium pour assister/participer à une « Déambulation équestre ». On le sait, Marc Minkowski aime les chevaux, notamment ceux de Bartabas, qu’il aime à faire danser à Salzbourg sur la musique sacrée de Mozart. Cette fois, le seul accompagnement sonore est fourni par le guitariste assis dans la première des deux carrioles qui remontent le Cours de l’Intendance, et l’événement promis paraît un peu maigre pour susciter la liesse populaire : Quichotte, maintenant coiffé d’un casque de chantier empanaché, et Sancho continuent à jouer leur rôle, mais la présence d’un cheval et d’un âne en plus des deux véhicules ne suffit pas à transformer en cavalcade ce bien modeste défilé.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/quich2.jpg?itok=utxnuuLc" title=" © Frédéric Demesure" width="468" /><br />
	 © Frédéric Demesure</p>
<p>Une fois rejoint le bâtiment de Victor Louis, commence la partie opéra. <strong>Pierre Dumoussaud</strong> dirige sur scène la formation exigée par De Falla pour ses <em>Tréteaux de maître Pierre</em>, mais on ose à peine parler de spectacle pour ce qui paraît être à peine mieux qu’une mise en espace. Il ne se passe à peu près rien pendant cette demi-heure de musique, où l’on entend surtout la voix juste et bien timbrée de <strong>Clément Pottier</strong>, 14 ans, sa prestation étant complétée par les quelques phrases confiées à <strong>Mathias Vidal</strong> et à Andrew Foster-Williams. En lieu et place de théâtre de marionnettes, un écran où sont projetés des extraits du <em>Don Quichotte</em> de Pabst (sans le son, bien sûr), écran que finira par crever Don Quichotte.</p>
<p>Heureusement, la fin de la soirée viendra dissiper toute morosité, et l’on y découvre véritablement le travail de <strong>Vincent Huguet</strong>, secondé par la chorégraphe <strong>Blanca Li</strong>. Le metteur en scène maîtrise parfaitement l’art de faire bouger le chœur et de créer des images fortes, comme cet autodafé de romans de chevalerie qui rappelle les vers d&rsquo;Alexandre Arnoux mis en musique par Ibert : « Les livres sont brûlés, et font un tas de cendre. Si tous les livres m’ont tué, il suffit d’un pour que je vive… ». Dans une quasi absence de décor – quelques gradins de bois mobiles, puis finalement la cage de scène mise à nu –, le <em>Don Quichotte</em> de Massenet est présenté amputé de ses deuxième et troisième actes, et des trois quarts du premier. Il reste là quand même le meilleur de la partition du compositeur stéphanois, que Marc Minkowski dirige en accentuant farouchement les contrastes : feria endiablée pour l’ouverture et les pages brillantes, lent chuchotement recueilli pour la mélancolie de Dulcinée et la mort du chevalier. Un peu comme pour la fête foraine de la production Deflo naguère donnée à Bastille, Dulcinée est une sorte de meneuse de revue qui revêt ici les atours de Rita Hayworth dans <em>Gilda</em>, pour mieux arracher sa perruque rousse dans les ultimes instants. Anna Bonitatibus y déploie les sortilèges de son timbre envoûtant, même si elle n’est pas tout à fait la contralto voulue par Massenet, et dans un français qui n’est pas pire que celui de Teresa Berganza mais qui reste perfectible. Notre langue n’a en revanche plus de secrets pour Andrew Foster-Williams, hélas privé des principales interventions du héros ; sa mort est cependant d’une admirable pudeur, un beau moment d’émotion. C’est donc peut-être Alexandre Duhamel qui reste le grand triomphateur de cette soirée, par son aisance scénique et par la richesse de sa voix, puisque Sancho a conservé son air du quatrième acte, « Viens, mon grand, recommençons les belles chevauchées ! » Souhaitons donc que l’Opéra de Bordeaux puisse dans un avenir proche présenter beaucoup de vraies belles chevauchées.</p>
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