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	<title>Jacques Fromental HALÉVY - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 23 Sep 2024 08:20:40 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Jacques Fromental HALÉVY - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Pene Pati, Nessun dorma</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-nessun-dorma/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un magnifique album publié en 2022 enregistré alors qu&#8217;il était encore relativement peu connu, Pene Pati nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&#8217;ouvre avec un superbe « Nessun dorma &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-pene-pati-ou-le-soleil-du-pacifique/">un magnifique album publié en 2022</a> enregistré alors qu&rsquo;il était encore relativement peu connu, <strong>Pene Pati</strong> nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&rsquo;ouvre avec un superbe « Nessun dorma » mettant parfaitement en valeur le timbre chaud et rayonnant du chanteur. La projection actuelle de la voix de Pene Pati lui interdirait de chanter <em>Turandot</em> à la scène, mais, face à un micro, le résultat est convaincant. L&rsquo;interprétation est d&rsquo;une belle poésie. Le phrasé est presque impeccable : on regrettera toutefois quelques libertés rythmiques (une note trop longue, une autre trop courte : ce ne sera pas le seul air concerné par cette observation), comme s&rsquo;il manquait une ou deux prises supplémentaires pour arriver à un résultat optimal. Pene Pati interprètera <em>Faust</em> à l&rsquo;Opéra-Bastille à compter du 25 septembre et il sera intéressant de comparer l&rsquo;expérience de la scène et celle du disque. Le français est quasiment parfait. La musicalité du chanteur est impeccable, usant à bon escient de la voix mixte et du registre de poitrine. Le contre-ut final de la cavatine est terminé d&rsquo;un magnifique <em>morendo</em>. Cette musicalité est doublée de celle d&rsquo;<strong>Emmanuel Villaume</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux-Aquitaine, qui offre un accompagnement original et raffiné. Le chef français dirigera ce même ouvrage à l&rsquo;Opéra-Bastille. Toujours tiré de <em>Faust</em>, nous entendons ici pour la première fois l&rsquo;allegro (presque une cabalette) qui devait à l&rsquo;origine suivre la cavatine. Il s&rsquo;agit a priori du premier enregistrement mondial de cet air, particulièrement excitant, mais qui fut coupée lors des répétitions : objectivement, il aurait brisé l&rsquo;harmonie générale de l&rsquo;acte. Toutefois, la page en question, qui démarre avec la même musique que <a href="https://youtu.be/kkxV9I7DXdY?t=8690">celle qui accompagne l&rsquo;arrivée dans la prison de Faust et Mephisto au dernier acte</a> est <em>diablement</em> excitante et Pati en offre une interprétation énergique, couronnée d&rsquo;un long contre-ut. L&rsquo;air de Des Grieux de la <em>Manon</em> de Massenet est d&rsquo;une belle poésie, avec là encore un magnifique jeu sur la voix mixte et le registre de poitrine. Toutefois, les aigus manquent un peu de soutien. L&rsquo;intelligence donnée au mot est remarquable. Pour l&rsquo;anecdote, l&rsquo;intervention parlée du sacristain, effet typique d&rsquo;opéra-comique, est intelligemment rétablie (mais pas son intervention finale). Le Duo des cerises de <em>L&rsquo;Amico Fritz</em> fut longtemps une page célèbre, mais est tombée dans l&rsquo;oubli depuis quelques décennies, de même que l&rsquo;ouvrage : Pene Pati et <strong>Amina Edris</strong>, son épouse à la ville, l&rsquo;interprètent avec justesse et simplicité. Le duo de <em>Macbeth</em>, « Dove siam? (&#8230;) La patria tradita <span style="font-size: 16px;">», est l&rsquo;occasion pour Pene Pati d&rsquo;être rejoint cette fois par son frère <strong>Amitai Pati</strong> : le court morceau est plein d&rsquo;énergie grâce à l&rsquo;impulsion martiale d&rsquo;Emmanuel Villaume mais il y aurait peu de chance que le rendu soit aussi réussi à la scène, celle-ci réclamant des voix davantage projetées, celles de<em> lirico-spinto</em>. Fort bien chanté et parfaitement articulé, «<span style="font-size: 16px; font-style: normal;"> Nature immense</span> » extrait de <em>La damnation de Faust </em>manque un peu de romantisme. « Pourquoi me réveiller » de </span><em>Werther</em> est lui aussi chanté avec goût mais ses aigus sont un brin trémulants, Pati ayant clairement plus de difficultés à émettre un la dièse stable qu&rsquo;un contre-ut spectaculaire : on a déjà pu le constater à la scène, mais cela surprend dans un enregistrement commercial. Là encore on saluera le talent du chef qui ne se contente pas ici d&rsquo;un simple rôle d&rsquo;accompagnateur. Le délicieux « Seul sur la terre » extrait de <em>Dom Sébastien, roi du Portugal</em> est une autre pépite de cet enregistrement, interprété avec une belle musicalité, et des suraigus (ut et ut dièse) superbes. « Che gelida manina » de <em>La Bohème </em>est un peu expédié, alors qu&rsquo;on aurait imaginé le chanteur ici plutôt dans son élément : même le contre-ut final déçoit par son manque de stabilité. Autre pépite avec le duo de ténors, « Non sai tu che non avrai più del ciel » extrait du rare <em>Il Bravo</em> de l&rsquo;injustement oublié Saverio Mercadante, composition entre Donizetti et le Verdi de jeunesse, interprétée avec toute l&rsquo;urgence nécessaire. On ne se souvient plus guère d&rsquo;Ernest Guiraud, sinon en tant que compositeur des excellents récitatifs de <em>Carmen</em>, de l&rsquo;orchestration des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, voire des suites symphoniques de <em>L&rsquo;Arlésienne</em>. Ernest Guiraud était aussi compositeur mais, par une cruelle ironie de l&rsquo;histoire, il ne put achever son dernier ouvrage, <em>Frédégonde</em>. Camille Saint-Saëns se chargera des trois derniers actes, dans son style propre toutefois. Si la voix d&rsquo;Amina Edris manque un peu de largeur pour le rôle, cet exceptionnel duo tiré de l&rsquo;acte II donne clairement envie d&rsquo;entendre l&rsquo;ouvrage en entier ! Pati est décidément à son aise dans le Donizetti français, avec un extrait de <em>La Favorite</em> conjuguant les styles français et italien. Superbement chanté, « Tombe degli avi miei » de <em>Lucia di Lammermoor </em>souffre d&rsquo;un si naturel final peu stable. A ce stade de l&rsquo;écoute, on ressent aussi un certain sentiment de monotonie, comme si trop d&rsquo;intentions musicales finissaient par donner le sentiment d&rsquo;un chant un brin affecté, alors que les morceaux de bravoure se réécoutent avec de plus en plus de plaisir. Sans être véritablement verdienne, l&rsquo;interprétation de « Ah, la paterna mano » de <em>Macbeth</em> est d&rsquo;une belle émotion. Le trio de <em>La Juive</em>, « Tu possèdes, dit-on, un joyau magnifique » est une curieuse façon de terminer l&rsquo;album : Amina Edris est un peu dépassée et la voix de Pati est a priori plutôt celle du rival Léopold que celle d&rsquo;Éléazar, même si la typologie vocale du créateur, Adolphe Nourrit, reste difficile à imaginer. Les courtes interventions du chœur sont excellentes, l&rsquo;orchestre est impeccable et la direction d&rsquo;Emmanuel Villaume est un atout non négligeable à cet enregistrement, séduisant malgré quelques faiblesses. On apprécie de le réécouter plusieurs fois, en particulier pour les pages moins connues qu&rsquo;on aimerait entendre régulièrement sur les grandes scènes. La diversité, c&rsquo;est aussi la programmation.</p>
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		<title>HALÉVY, La Juive &#8211; Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce 14 juillet, alors qu’on célèbre de ce côté du Rhin notre Fête nationale, Francfort est toute entière tournée vers la préparation de la finale de l&#8217;Euro. Une large foule converge vers la fanzone située le long du Main, juste derrière l’Opéra. Pendant ce temps, entre les murs de l’Opéra, on s’apprête à clore &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce 14 juillet, alors qu’on célèbre de ce côté du Rhin notre Fête nationale, Francfort est toute entière tournée vers la préparation de la finale de l&rsquo;Euro. Une large foule converge vers la fanzone située le long du Main, juste derrière l’Opéra. Pendant ce temps, entre les murs de l’Opéra, on s’apprête à clore la saison 2023-2024 et lever pour la dernière fois le rideau en donnant une œuvre française, plus régulièrement donnée en Allemagne qu’en France d’ailleurs, <em>La Juive</em> de Fromental Halévy.</p>
<p><em>La Juive</em>, c’est une œuvre éblouissante, qui fait musicalement la synthèse des traditions française et italienne, témoignant d’un art de l’écriture musicale et orchestrale beaucoup plus conventionnel que chez Meyerbeer, mais d’un sens de l’efficacité dramatique et du contraste qui inspirera Verdi (voire même Wagner, qui écrivit un article élogieux sur l’œuvre à sa création). Le livret est de Scribe, déroutant, avec des zones d’ombre qui en font toute sa richesse&nbsp;: on ne se situe pas face à des personnages-types comme on en trouve dans de trop nombreux opéras, mais face à des êtres pétris de contradictions, tourmentés, passionnés, dont les rapports se recomposent sans cesse au cours d’un récit qui n’est pas avare en révélations.</p>
<p>Cette partition éloquente est servie avec beaucoup de probité par <strong>Henrik Nánási</strong> et un <strong>Frankfurter Opern- und Museumorchester</strong> en belle forme&nbsp;: la filiation rossinienne de l’ouverture apparaît dans la lecture nerveuse qu’en fait le chef hongrois. Il met intelligemment en valeur les effets dramatiques de l’orchestration de Halévy, comme les frissons fiévreux qui parcourent l’orchestre lors du duo entre Éléazar et le cardinal Brogni et maintient une battue vive dans les moments les plus tendus de l’œuvre. Les contrastes entre ces morceaux vifs et les passages plus élégiaques sont cependant un peu exagérés par des tempi trop langoureux, mais il s’agit globalement d’une lecture cohérente et très théâtrale de l’œuvre.</p>
<p>Pour ce qui est de l’état de la partition, on remarque quelques coupures, comme toujours dans cette œuvre. Certaines, notamment au premier acte, peuvent être justifiées pour éviter un déséquilibre entre les actes et faire avancer l’action, mais d’autres le sont moins. Cependant, le boléro d’Eudoxie est bien présent, tout comme le ballet. Le finale de l’acte III est complet, et les duos Eudoxie/Rachel et Éléazar/Brogni sont donnés dans leur (quasi) intégralité, ce qui est encore rare aujourd’hui (ce n’était pas le cas <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-turin/">à Turin en septembre dernier</a>, par exemple).</p>
<figure id="attachment_169131" aria-describedby="caption-attachment-169131" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-169131 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5420_lajuive07_gross-2048x1735-1-1024x868.jpg" alt="" width="1024" height="868"><figcaption id="caption-attachment-169131" class="wp-caption-text">© Monika Rittershaus</figcaption></figure>
<p>Pour cette dernière représentation, un numéro attendu a aussi été coupé&nbsp;: John Osborn a renoncé à la cabalette crucifiante d’Éléazar après la cavatine «&nbsp;Rachel quand du Seigneur&nbsp;», alors qu’il semble l’avoir chantée (au moins un couplet) lors des autres représentations et qu’il la proposait intégralement <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/">à Genève lors de sa prise de rôle en septembre 2022</a>. C’est dommage, car au-delà du morceau de bravoure qu’elle constitue, cette cabalette donne du relief au personnage d’Éléazar&nbsp;; mais si le chanteur ne se sentait pas capable de la réussir ce jour-là, c’est peut-être une bonne chose de l’avoir escamotée.</p>
<p>L’Éléazar de <strong>John Osborn</strong> apparaît cependant sans faiblesse. Après sa prise de rôle à Genève la saison passée, le portrait du personnage est encore plus affiné et touchant à Francfort. Tout aussi à l’aise dans les passages qui exigent de la vigueur (dans les ensembles) que dans ceux qui demandent un phrasé plus tendre (comme dans la prière de l’acte II ou dans la fameuse cavatine de l’acte IV), il impressionne par la longueur de son souffle, le mordant de sa voix, qui n’est certes pas puissante mais toujours tranchante, et la clarté de son français. Un Éléazar très maîtrisé, auquel on peut préférer les tourments et les failles de celui de Gregory Kunde, mais qui s’impose comme une des plus belles incarnations du rôle.</p>
<p>Tous les autres chanteurs de la distribution faisaient leur prise de rôle et la diction du français est honorable chez toutes et tous. Même si on est en droit d’attendre dans ce répertoire une diction plus incisive pour faire vibrer le texte, c’est suffisamment rare, dans une maison étrangère réunissant des artistes non-francophones, pour être souligné. <strong>Ambur Braid</strong>, qui a été récemment <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-lyon/">à l’Opéra de Lyon une Teinturière sidérante</a>, est une Rachel puissante, presque trop. En effet, son format vocal est peut-être un peu large pour le personnage, qu’elle défend cependant avec une énergie débordante, mais elle semble en difficulté dans l’aigu et manque parfois de pudeur et de fragilité. À ses côtés, <strong>Monika Buszkowska</strong> a elle aussi en Eudoxie un type de voix qui déconcerte nos habitudes d’écoutes&nbsp;: le timbre est très corsé et&nbsp;on l’imaginerait justement plus en Rachel… Mais cela convient tout à fait à la lecture du personnage qu’en fait la metteuse en scène&nbsp;: une femme plus âgée, mère de deux enfants et qui est mariée avec Léopold depuis longtemps. Même si quelques aigus sont chargés d’acidité, la virtuosité vocale du rôle est brillamment assurée.</p>
<figure id="attachment_169135" aria-describedby="caption-attachment-169135" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-169135 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/la-juive_org_3515-1024x576.jpg" alt="" width="1024" height="576"><figcaption id="caption-attachment-169135" class="wp-caption-text">© Monika Rittershaus</figcaption></figure>
<p>Léopold est incarné par <strong>Gerard Schneider</strong>, voix claire et nasale qui se distingue dans les ensembles du métal de John Osborn. Le chanteur assume totalement la dimension ingrate de ce rôle d’homme m’as-tu-vu, aussi passionné que lâche. <strong>Simon Lim</strong> est quant à lui un Cardinal Brogni très émouvant. Le timbre est un peu mat, mais la musicalité de l’artiste est indéniable et l’émotion qu’il déploie dans le duo avec Éléazar au quatrième acte touche le spectateur en plein cœur. Le plus beau moment de la représentation, et qui révèle combien ce quatrième acte, depuis le duo Rachel/Eudoxie jusqu’à la grande scène soliste d’Éléazar, est un sommet de l’art lyrique du XIXe siècle.</p>
<p>Les seconds rôles masculins n’appellent que des louanges&nbsp;: <strong>Sebastien Greyer</strong> en premier lieu, bien chantant et très charismatique dans le rôle de Ruggiero, <strong>Danylo Matviienko</strong> ensuite, qui est un Albert stylé, avec une voix claire et franche, et qui dégage en plus un charme scénique indéniable, ce qui lui vaut de recevoir le bouquet d’un admirateur aux saluts !</p>
<p>Difficile cependant d’affirmer que la mise en scène de <strong>Tatjana Gürbaca</strong> puisse convaincre totalement, mais elle a ses qualités. Son principal défaut, d’abord, est une direction d’acteur qui réduit trop souvent les situations à des anecdotes : haussement d’épaules et yeux levés au ciel ne servent pas à rapprocher les personnages de nous, mais les réduisent paradoxalement à des stéréotypes, en ne les faisant s’exprimer qu’à travers un naturalisme de convention. Le <strong>Chœur de l’Opéra de Francfort</strong>, pourtant impeccable sur le plan vocal, est lui aussi poussé dans l’exagération et la réaction la plus vive, ce qui peut fonctionner dans certaines scènes où le chœur se montre particulièrement violent, mais se révèle vite inefficace sur la longueur car trop caricatural.</p>
<p>Cette proposition scénique apporte cependant quelques belles idées qui permettent d’avoir un autre point de vue sur certaines scènes. La metteuse en scène porte une attention particulière au rôle d’Eudoxie, qui vient chez Éléazar alors qu’elle sait pertinemment que son mari y est présent. On découvre plus tard qu’elle est mère de deux enfants et que son couple avec Léopold bat de l’aile. Quand Rachel s’offre à son service, elle a parfaitement conscience qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la maîtresse de son mari et manifeste même un certain mépris à son égard en l’habillant en caleçon de soie et en manteau de fourrure rouge, faisant d’elle une putain pour le reste de l&rsquo;œuvre. Eudoxie enfile alors les vêtements de Rachel pour s’adonner à un jeu de séduction avec Léopold dans un Boléro à l&rsquo;érotisme explicite. Tout ce qui suit apparait comme un dérapage du jeu d’Eudoxie, qui est alors contrainte de supplier Rachel pour sauver son mari. C’est son statut de mère et la présence des enfants qui finira de persuader Rachel.</p>
<figure id="attachment_169133" aria-describedby="caption-attachment-169133" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-169133 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5428_lajuive17_gross-2048x1366-1-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-169133" class="wp-caption-text">© Monika Rittershaus</figcaption></figure>
<p>Le décor – une sorte de cône en béton brut – ménage des ouvertures dans les grandes scènes d’ensemble et permet un resserrement de l’action dans les scènes plus intimes. L’apparition de l’empereur sous la forme d’un enfant est assez émouvante et permet de le présenter assis sur un cheval de bois pendant la musique du ballet, regardant un film de propagande muet (plutôt réussi) qui met en scène les victoires de Léopold sur le mode burlesque. Tout ceci fait montre d’une succession de bonnes idées, mais qui peinent à former une lecture cohérente, comme en témoignent également les costumes, qui mêlent les lieux et les époques, dans une logique composite qui n’est pas éloigné de l’esthétique du Grand Opéra, mais qui est ici un peu trop générale et englobante pour vraiment toucher.</p>
<p>On peut malgré tout reconnaître la très belle tenue de l’ensemble de la production, et particulièrement de son versant musical, qui sert avec bonheur cette œuvre sublime. Un autre opéra rare français, bien plus rare encore que <em>La Juive</em>, aura d&rsquo;ailleurs les honneurs de l’Opéra de Francfort l’année prochaine : <em>Guercœur</em> d&rsquo;Albéric Magnard, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/magnard-guercoeur-strasbourg/">présenté cette année à Strasbourg</a>. Décidément, l&rsquo;Oper Frankfurt est une institution qui chérit les raretés et présente à son public une diversité de titres vraiment impressionnante.</p>
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		<title>La Juive à Turin, prix de la critique musicale Franco Abbiati</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-juive-a-turin-prix-de-la-critique-musicale-franco-abbiati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Apr 2024 06:07:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La commission de la 43e édition du Prix de la critique musicale  commissione Franco Abbiati a décerné son prix du meilleur spectacle 2023 à la production de La Juive donnée à Turin en ouverture de saison et qui réunissait les talents conjugués de Gregory Kunde en Eléazar, Mariangela Sicilia en Rachel, Martina Russomanno en Eudoxie &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La commission de la 43e édition du Prix de la critique musicale  commissione Franco Abbiati a décerné son prix du meilleur spectacle 2023 <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-turin/">à la production de <em>La</em> <em>Juive</em> donnée à Turin</a> en ouverture de saison et qui réunissait les talents conjugués de <strong>Gregory Kunde</strong> en Eléazar, <strong>Mariangela Sicilia</strong> en Rachel, <strong>Martina Russomanno</strong> en Eudoxie et <strong>Riccardo Zanellato</strong> en Brogni, sous la baguette de <strong>Daniel Oren</strong> et dans une production de <strong>Stefano Poda</strong>. Parmi les autres lauréats récompensés, on notera <strong>Daniele Gatti</strong> pour la direction d&rsquo;orchestre, les chanteurs <strong>Olga Bezsmertna</strong> et <strong>Carlo Vistoli</strong>, le metteur en scène <strong>Andrea Bernard</strong> (Don <em>Carlo</em>, OperaLombardia), <strong>Mel Page</strong> (pour les décors et costumes de <em>Mefistofele</em> au Teatro dell’Opera di Roma). Les prix Franco Abbiati sont décernés annuellement par l&rsquo;association nationale des critiques italiens depuis 1980. Musicologue de formation, Franco Abbiati fut le critique musical attiré du <em>Corriere della Sera </em>pendant 36 ans.</p>
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		<title>HALEVY, La Juive &#8211; Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-turin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 04:36:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le grand opéra français opère un retour en force sur les scènes européennes. Qui s’en plaindra ? Avant L’Africaine à Marseille et conjointement au Don Carlos genevois, Turin affiche La Juive, un titre emblématique du genre. Le chef d’œuvre de Fromental Halevy n’avait pas été donné au Teatro Regio depuis 1885. Encore s’agissait-il de la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-turin/"> <span class="screen-reader-text">HALEVY, La Juive &#8211; Turin</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le grand opéra français opère un retour en force sur les scènes européennes. Qui s’en plaindra ? Avant <em>L’Africaine</em> à Marseille et conjointement au <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-don-carlos-geneve-en-cours/">Don Carlos</a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-don-carlos-geneve-en-cours/"> genevois</a>, Turin affiche <em>La Juive</em>, un titre emblématique du genre. Le chef d’œuvre de Fromental Halevy n’avait pas été donné au Teatro Regio depuis 1885. Encore s’agissait-il de la version italienne. Proposer un ouvrage de ce format avec ce qu’il implique de démesure tient de la gageure. L’équipe turinoise s’est donné les moyens de ses ambitions.</p>
<p>Réputé au sud des Alpes, le travail de <strong>Stefano Poda</strong> reprend les éléments de langage théâtraux qui lui sont caractéristiques. Dans un espace monumental, le glissement latéral et vertical des plateaux favorise les changements à vue de tableaux. En fond de scène, une croix lumineuse surmontée d’une inscription en lettres latines, semblable à celle que l’on trouve sur le fronton des églises de la ville, rappelle les enjeux religieux de l’œuvre – « Tantum religio potuit suadere malorum » – au cas où le livret ne serait pas assez explicite. Le mouvement lent d’une dizaine de danseurs et figurants plus ou moins dénudés en marge de l’action engendre deux niveaux de narration : le premier arrimé au livret, le second en arrière-plan supposé reproduire au ralenti la passion du Christ. Ces deux niveaux de lecture se rejoignent lorsqu’à la fin de l’opéra Rachel prend place sur la croix. Les costumes s’inspirent de l’imagerie biblique, à l’exception d’Eudoxie qui opte pour une panoplie d’hôtesse de <em>peep show </em>en pantalon de cuir et talons aiguille. A chacun ses fantasmes. Certains s’insurgeront de ce détournement d’une œuvre au profit des obsessions d’un metteur en scène. D’autres se réjouiront au contraire du renouvellement du propos, seule condition à la viabilité du répertoire – ce qui fut vrai dans les dernières décennies du XXe siècle l’est-il encore aujourd’hui ? Loin de toute querelle, disons que cette approche, si elle ne sert pas l’œuvre, ne la dessert pas. L’important est ailleurs, dans l’interprétation musicale d’une partition aux multiples difficultés, ici souvent déjouées pour notre plus grand plaisir.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Juive-Turin-4-1294x600.jpg" />© Andrea Macchia</pre>
<p>Métronomique, la direction de <strong>Daniel Oren</strong> privilégie l’équilibre au détriment du souffle épique attendu. Mais les chœurs disposent d’une large palette de couleurs pour peindre <em>a fresco</em> les tableaux mis en musique par Halévy, et les chanteurs ont chevillé dans la voix l’éperon qui stimule les duos et les ensembles.</p>
<p>Que le Cardinal Brogni selon <strong>Riccardo Zanellato</strong> apparaisse moins imprécateur qu’homme de Dieu enclin à la miséricorde est un choix dicté par la douceur d’une basse dont l’autorité n’a jamais été le premier des atouts. Là où l’anathème du troisième acte se heurte à un défaut d’ampleur, les confrontations avec Rachel puis Eléazar, flattées par la noblesse du geste vocal et ponctuées de notes abyssales, touchent à l’humanité compassionnelle d’un rôle que l’on a trop souvent tendance à confondre avec le Grand Inquisiteur verdien.</p>
<p>Comme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/">à Genève l’an passé</a>, <strong>Ioan Hotea</strong> rappelle avec témérité la filiation rossinienne de Léopold (et comment son appariement à Eléazar reproduit le tandem formé à Naples dans les années 1810 par Giovanni David et Andrea Nozzari, l’un <em>contraltino</em>, l’autre <em>baritenore</em>). Quelques aigus étranglés, nasalités et autres tensions trahissent l’effort sans cependant altérer la conformation de l’amant félon.</p>
<p><strong>Martina Russomanno</strong> évite l’insipide gazouillis de la colorature pour offrir à Eudoxie une densité dans le médium qui la positionne en digne rivale de Rachel. L’interprétation dispense peu d’effets belcantistes, ce qu’autorise une partition originellement dévolue à Julie Dorus-Gras, mais la virtuosité est assumée, dans la cadence brillante de l’air du 3<sup>e</sup> acte plus encore que dans le boléro.</p>
<p>En quelques années, <strong>Mariangela Sicilia</strong> a franchi d’un soprano alerte les étapes qui mènent du lyrique léger – Musetta dans <em>La Bohème </em>à la Bastille en 2014 – à des rôles plus dramatiques – prochainement Donna Elvira dans <em>Don Giovanni </em>après avoir chanté Donna Anna (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-orange-en-voiture-zerline/">en 2019 à Orange</a> notamment). Sans malmener la ligne, ni bousculer l’homogénéité du son, la voix assume l’écriture centrale de Rachel, sa véhémence orgueilleuse, sa fièvre (« Il va venir ») et, tout aussi essentiel, ses pudeurs amoureuses. De délicats allègements alternent avec les traits furieux pour composer un portrait qui recueillerait au moment des saluts tous les suffrages si <strong>Gregory Kunde</strong> ne suscitait un plus grand engouement, dès la fin de « Dieu que ma voix tremblante », sans parler de l’interminable ovation qui accueille « Rachel, quand du seigneur », une des plus mémorables qu’il nous ait été donné de vivre pendant une représentation d’opéra.</p>
<p>Quels mots trouver lorsqu’un artiste défie ainsi les lois de la nature et hisse l’art lyrique à d’ineffables sommets ? A 69 ans, le ténor américain ajoute un nouveau drapeau à son palmarès avec l’intelligence qu’on lui connaît, conscient des limites imposées par certaines notes, par certaines pages – la cabalette que peu de ténors parviennent à transgresser – mais prétextant Eléazar pour offrir une extraordinaire leçon de chant. Alors, le phrasé certes ; le tracé impérieux de la ligne – et quelle assurance dans l’attaque ! Quel aplomb dans la manière de projeter le son ! – ; l’accent oui, d’autant plus qu’Eléazar n’exige pas la plastique vocale d’un jeune premier ; et au-delà, le tourbillon d’oxymores qui sont l’essence même du rôle, écartelé entre vengeance et pardon, amour et haine, force et douceur, bonté et sévérité, révolte et découragement – l’accablement avec lequel est entonné « Rachel, quand du seigneur ». Cette vérité du personnage, Grégory Kunde la donne à éprouver, avec une intensité hors du commun.</p>
<p><em>Last but not least </em>dans le dithyrambe, la maîtrise de la langue française que le ténor partage à un degré supérieur avec ses partenaires, comme lui non francophones. Derrière l’attention que tous portent à la diction, condition nécessaire – mais non suffisante – à l’interprétation de ce répertoire, se mesure le soin mis par le Teatro Regio pour sortir <em>La Juive</em> des limbes italiennes. Cet effort se voit justement récompensé par l’enthousiasme du public, debout au moment des saluts.</p>
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		<title>Dix opéras à voir absolument en 2023-24</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-operas-a-voir-absolument-en-2023-24/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Sep 2023 00:32:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette sélection a été établie à partir de la nouvelle édition du guide Musique &#38; Opéra après consultation de l’équipe de rédaction de manière à embrasser un large répertoire.   1. HALEVY, La Juive – Turin, 21 septembre-3 octobre 2023 (plus d’informations) Ouvrage emblématique du genre Grand Opéra, prétexte à tous les débordements – scénique, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Cette sélection a été établie à partir de <a href="https://www.forumopera.com/breve/sortie-du-guide-musique-opera-2023-24-le-29-aout/">la nouvelle édition du guide Musique &amp; Opéra</a> après consultation de l’équipe de rédaction de manière à embrasser un large répertoire.  </em></p>
<p><strong>1. HALEVY, <em>La Juive</em> – Turin, 21 septembre-3 octobre 2023 </strong>(<a href="https://www.teatroregio.torino.it/en/opera-e-balletto-2023-2024/la-juive">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-1.jpg" width="120" height="60" />Ouvrage emblématique du genre Grand Opéra, prétexte à tous les débordements – scénique, vocal, orchestral, choral – <em>La Juive</em> n’avait pas été représentée à Turin depuis 1885. Cette nouvelle production de Stefano Poda se veut « une réflexion ouverte sur des questions universelles, transcendant les géographies et les périodes de l’histoire originale ». Soit, admettons puisque Eléazar sera chanté par Gregory Kunde – une prise de rôle très attendue. A noter pour les inconditionnels de l’œuvre, une série de sept représentations à <a href="https://oper-frankfurt.de/en/season-calendar/la-juive">Francfort du 16 juin au 14 juillet 2024</a> avec John Osborn en tête d’affiche.</p>
<p><strong>2. ZINGARELLI, <em>Giulietta e Romeo</em> – Versailles, 18-22 octobre 2023</strong> (<a href="https://www.chateauversailles-spectacles.fr/programmation/zingarelli-romeo-et-juliette_e2765">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-2.jpg" width="120" height="60" />Créé à La Scala de Milan en 1796, <em>Giulietta e Romeo</em> était, paraît-il, l’opéra préféré de Napoléon 1<sup>er</sup>. Afin de satisfaire son goût immodéré pour la musique italienne en général, et pour cet ouvrage en particulier, l’Empereur invita à Paris le contralto Giuseppina Grassini et le seul chanteur capable de l’émouvoir aux larmes, le castrat Girolamo Crescentini. Sur la scène de l’Opéra de Versailles, dans une mise en scène de Gilles Rico, il reviendra à Franco Fagioli et Adèle Charvet de redonner vie dans le même temps à ce couple légendaire et à une partition historique. Préparez vos mouchoirs !</p>
<p><strong>3. WAGNER, <em>Das Rheingold </em>– Bruxelles, 24 octobre-9 novembre 2023</strong> (<a href="https://www.lamonnaiedemunt.be/fr/program/2654-das-rheingold?gclid=Cj0KCQjw9MCnBhCYARIsAB1WQVWtAZjU_Dojk6eCeGct_cXkYhHm5ZAZQMsRfaGg4Xlr_ZYOOZVNJvgaApuCEALw_wcB">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-3.jpg" width="120" height="60" />Un <em>Ring</em> est toujours un événement. Que la mise en scène soit confiée à l’artiste plasticien Roméo Castellucci, connu pour la radicalité de ses approches théâtrales, décuple l’intérêt suscité par cette nouvelle production dirigée par le directeur musical du Théâtre Royal de la Monnaie, Alain Altinoglu, et étalée sur deux saisons : après <em>Das Rheingold</em> à l&rsquo;automne, <em>Die Walküre</em>, du 21 janvier au 11 février et les deux dernières journées du cycle en 2024-25.</p>
<p><strong>4. ROSSINI, <em>Maometto II</em> – Naples, 25 octobre-5 novembre</strong> (<a href="https://www.teatrosancarlo.it/en/spettacoli/maometto-ii-22-23.html">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-4.jpg" width="120" height="60" />Retour de <em>Maometto II</em> au San Carlo, un des plus beaux théâtres au monde où cet opéra fut créé le 3 décembre 1820. Rien n’a été négligé pour raviver <em>in loco</em> la flamme rossinienne, à commencer par une équipe de chanteurs rompus à ce répertoire : Roberto Tagliavini, Dmitry Korchak, Varduhi Abrahamyan et Vasilisa Berzhanskaya, cette dernière encore auréolée de sa formidable Sinaide dans <em>Moïse et Pharaon</em> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moise-et-pharaon-pesaro-de-rage-et-de-fureur/">en 2021 à Pesaro</a> puis l’année suivante à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moise-et-pharaon-aix-en-provence-comme-a-la-tv/">Aix-en-Provence</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-moise-et-pharaon-lyon-reprise-surprise/">Lyon</a>. Chef catalogué rossinien malgré lui, Michele Mariotti sera à la baguette tandis que la mise en scène de Calixto Bieito se chargera d’apporter la touche subversive sans laquelle il est aujourd’hui peu de nouvelles productions.</p>
<p><strong>5. MOUSSORGSKI, <em>Boris Godounov</em> – Toulouse, 24 novembre-3 décembre 2023</strong> (<a href="https://opera.toulouse.fr/agenda/operas/boris-godounov/">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-5.jpg" width="120" height="60" />Encore une prise de rôle attendue. C’est à Toulouse que Matthias Goerne chantera son premier Boris dirigé par Andris Poga dans une mise en scène d’Olivier Py avant que la même équipe – ou presque, le National de France suppléant l’Orchestre national du Capitole – investisse dans la même œuvre <a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2023-2024/opera-mis-en-scene/boris-godounov">le Théâtre des Champs-Elysées du 28 février au 7 mars 2024</a>.</p>
<p><strong>6. PONCHIELLI,<em> La Gioconda</em> – Salzbourg, 23 mars-6 avril 2024</strong> (<a href="https://osterfestspiele.at/en/programme/2024/gioconda">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-6.jpg" width="120" height="60" />Anna Netrebko, Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier : le trio gagnant de <em>La forza del destino</em> à Londres en 2019 se reforme à Salzbourg (puis à <a href="https://www.teatrosancarlo.it/en/spettacoli/la-gioconda-23-24.html">Naples du 10 au 17 avril</a> – attention, deux distributions en alternance) dans cet ersatz italien de grand opéra qu’est <em>La </em><em>Gioconda</em>. Si le ténor et le baryton ont déjà étrenné la partition à Sydney cet été, il s’agira des débuts de la soprano dans un rôle autrefois hissé au sommet – et enregistré – par rien moins que Maria Callas et Anita Cerquetti. L’excitation est à la hauteur du défi ; la billetterie aussi.</p>
<p><strong>7. CHARPENTIER, <em>Médée</em> – Paris (Garnier), 10 avril-11 mai 2024</strong> (<a href="https://www.operadeparis.fr/saison-23-24/opera/medee">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-8.jpg" width="120" height="60" />Trois cent trente ans après sa création à l’Académie royale de Musique – ancêtre de l’Opéra national de Paris – <em>Médée</em>, l’unique tragédie lyrique de Charpenter, revient sur notre première scène nationale, portée par la direction musicale de William Christie avec Lea Desandre dans le rôle-titre. David McVicar transpose l’action pendant la Deuxième Guerre mondiale mais l’Opéra national de Paris tient à rassurer les partisans de la tradition : le metteur en scène est « réputé pour ses lectures d’une grande lisibilité ».</p>
<p><strong>8. MAGNARD, <em>Guercœur</em> – Strasbourg, 28 avril-7 mai 2024</strong> (<a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2023-2024/opera/guercoeur">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-7.jpg" width="120" height="60" />L’Opéra national du Rhin fait une nouvelle fois preuve d’audace et d’imagination. <em>Guercœur </em>d’Albéric Magnard n’avait pas été représenté sur une scène lyrique française depuis sa création posthume en 1931 au Palais Garnier. Les noms de Stéphane Degout et Catherine Hunold, dirigés par Ingo Metzmacher à Strasbourg (et Anthony Fournier à Mulhouse) dans une mise en scène de Christof Loy ajoutent à l’impatience de découvrir autrement qu’au disque ce « chef d’œuvre oublié » (<em>Guercœur</em> a été enregistré en 1986 par Michel Plasson avec José van Dam dans le rôle-titre<em>). </em></p>
<p><strong>9. LOUATI, <em>Les Ailes du désir</em> – Nantes, 6-7 mai 2024</strong> (<a href="https://www.angers-nantes-opera.com/les-ailes-du-desir">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-9.jpg" width="120" height="60" />Le film de Wim Wenders a inspiré le compositeur Othman Louati, connu pour ses adaptations de grandes œuvres du répertoire avec sa compagnie Miroirs Etendus : <em>Faust</em> d’après Berlioz en 2017, <em>Orphée</em> d’après Gluck en 2018, <em>Les Vêpres</em> d’après Monteverdi en 2020. Sur un livret en français de Gwendoline Soublin, son premier opéra s’articule autour d’un dispositif original : sept chanteurs solistes, six marionnettistes, douze marionnettes inspirées du bunraku (théâtre de marionnettes japonais) et treize instrumentistes sonorisés. Après Nantes, l’ouvrage sera accueilli à Rennes du 14 au 18 mai 2024.</p>
<p><strong>10. VIVALDI, <em>L’Olimpiade</em> – Paris (TCE), 20-29 juin 2024</strong> (<a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2023-2024/opera-mis-en-scene/olimpiade-1">plus d’informations</a>)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-24-10.jpg" width="120" height="60" />Jean-Christophe Spinosi souffle sur les braises d’une <em>Vivaldi Renaissance</em> qui depuis quelques années tend à sommeiller. Pour démontrer la viabilité scénique des opéras du Prêtre roux, le pétulant chef d’orchestre pourra compter sur une mise en scène d’Emmanuel Daumas et sur une poignée de chanteurs du genre à mettre le feu aux planches : Jakub Józef Orliński, Marina Viotti, Jodie Devos, etc.</p>
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		<title>HALÉVY, L&#039;Eclair — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/leclair-geneve-merite-la-decouverte-dans-dautres-conditions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1835 fut une année faste pour Halévy : après le triomphe de La Juive en février, en décembre l’opéra-comique L’éclair fut accueilli avec transport. Le compositeur faisait ainsi la preuve de la variété de son inspiration, en écrivant, quelques mois après un drame d’une ampleur majestueuse, une œuvre destinée au simple divertissement. Pas de chœurs, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>1835 fut une année faste pour Halévy : après le triomphe de <em>La Juive </em>en février, en décembre l’opéra-comique <em>L’éclair </em>fut accueilli avec transport. Le compositeur faisait ainsi la preuve de la variété de son inspiration, en écrivant, quelques mois après un drame d’une ampleur majestueuse, une œuvre destinée au simple divertissement. Pas de chœurs, et pas d’effets formidables à représenter : ce qu’il ne verra pas, le spectateur devra l’imaginer. En somme, une œuvre idéale pour être donnée en concert ?</p>
<p>Entre deux représentations de <em>La Juive </em>Aviel Cahn, le directeur du Grand Théâtre, a donc décidé d’afficher <em>L’éclair.</em> La dernière fois à Genève c’était en …1872 ! L’idée semblait excellente et propre à stimuler les mélomanes curieux. Et cependant malgré une date unique le théâtre n’était pas plein et  des désertions se sont produites à l’entracte. Pourquoi ?</p>
<p>D’abord, peut-être, parce que le concert ne permet pas au spectateur de s’y reconnaître dans une œuvre où l’intrigue se noue à la faveur d’un quiproquo. Le sujet, extrêmement mince, concerne deux sœurs, très unies mais au caractère dissemblable : l’une, Madame Darbel, veuve et mondaine, s’ennuie loin de Boston quand elle séjourne chez sa sœur Henriette, réservée, introvertie, qui aime sa vie au bord de l’océan.</p>
<p>Surgit George, un cousin frais arrivé d’Angleterre où il faisait des études ; leur oncle commun, qui vit à Boston mais restera invisible, lui a ordonné d’épouser l’une ou l’autre dans un délai de trois semaines s’il veut hériter de sa fortune. Qu’elles fassent leur choix ! Resté seul, tandis qu’il se réconforte de ses fatigues arrive un jeune officier de la marine américaine, Lionel, qui expose avec exaltation les charmes de sa vie aventureuse avant de regagner son bateau amarré tout près. Peu après l’orage annoncé à l’orchestre éclate avec violence et Henriette réapparait, soutenant Lionel, qu’un éclair a aveuglé quand la foudre a frappé le navire. Fin de l’acte I.</p>
<p>Fort opportunément l’oncle de Boston est « docteur, chirurgien, oculiste » ; il va donc intervenir sur le malheureux. Suspense : recouvrera-t-il la vue ? Madame Darbel a deviné que sa sœur s’est éprise de Lionel. Il a été conquis par la douceur de la voix d’Henriette ; il l’entraîne dans un duo afin qu’elle admette partager ses sentiments. Ils sont interrompus par l’irruption de George : puisque les sœurs ne se décident pas, chacune prétextant son souci de ne pas peiner l’autre, il a choisi d’épouser Henriette. Lionel révèle alors ouvertement son amour pour la jeune fille, à l’ébahissement de George. Alors celui-ci, qui se flatte d’être philosophe, décide dès lors de courtiser Madame Darbel. De son côté Henriette s’inquiète : quand, le bandage enlevé, Lionel la verra, l’aimera-t-il toujours ? L’heure est venue, le jeune homme y voit clair et il se jette aux pieds de sa voisine, Madame Darbel. Evidemment Henriette s’évanouit. Fin de l’acte II.</p>
<p>L’erreur de Lionel l’a blessée si profondément qu’Henriette s’est enfuie. Elle ne reviendra qu’une fois sa sœur et Lionel mariés, et alors elle épousera George. A son retour elle constate que Lionel ne semble pas heureux. George le lui confirme. Voilà que Lionel lui demande un entretien, avant de reprendre la mer : toujours amoureux d’elle, il va demander le divorce. Henriette admet alors qu’elle a eu tort de ne pas comprendre le quiproquo et avoue à Lionel qu’elle l’aime aussi. Que faire ?</p>
<p>Alors on lui révèle que le mariage avec Madame Darbel n’a jamais eu lieu ! Elle l’exigeait pour revenir, ils lui ont menti, et la voilà libre d’épouser celui qu’elle aime. Et George et Madame Darbel convoleront pour recueillir l’héritage ! Happy end.</p>
<p>Le lecteur qui a eu la patience de nous suivre a déjà compris l’écueil d’une exécution en concert : les quiproquos ici ne sont pas dus à des méprises intellectuelles mais à des erreurs de la perception. Lionel s’était épris d’Henriette à travers la douceur de sa voix. Si, le bandage enlevé, elle avait alors ouvert la bouche Lionel aurait compris aussitôt son erreur. C’est pourquoi elle doit s’évanouir illico pour ménager un nouveau rebondissement, celui du pseudo-mariage. Mais dans une version de concert ? On la voit quitter la scène précipitamment.  Dans une mise en scène le spectateur aurait compris d’un coup d’œil et le rideau serait tombé. Combien d’auditeurs seront restés perplexes, comme notre voisine ?</p>
<p>Etirée sur trois actes, l’œuvre repose donc sur un couple de jeunes premiers amoureux et un autre de jeunes premiers bouffe, les premiers émouvants, les seconds divertissants. Si le premier couple transmet de l’émotion, à travers un chant souvent virtuose destiné au plaisir de l’auditeur, l’écriture ne prive pas le deuxième, à vocation comique, d’occasions qui lui permettent de briller. De ce point de vue, si l’on réclame souplesse, extension, agilité, trille, les quatre interprètes n&rsquo;en sont pas dépourvus. Mais le chant n’est pas que du son, et pour que le sens parvienne à l’auditeur une bonne articulation et une projection franche sont nécessaires. On regrette de le dire, mais le compte n’y était pas. Alors que la veille, dans <em>La Juive, </em>la diction du français était quasiment irréprochable, on en est loin avec trois chanteurs sur quatre francophones d’origine. Seul <strong>Julien Dran</strong> qui chante le rôle de George semble avoir reçu la formation et apporté le soin qui permettent une transmission claire du sens du texte. On regrette pour lui que cette version de concert ne lui permette pas de jouer pleinement la dimension comique de ce personnage dont il réussit à exprimer, même partiellement, le pragmatisme borné, l’aplomb de l’inconscience et l’autosatisfaction tout en montrant l’étendue de sa voix. Annoncé souffrant <strong>Edgardo Rocha</strong> reçoit le renfort du comédien <strong>Leonardo Rafael</strong>, qui lit avec conviction le texte parlé de Lionel. Quelque prudence initiale pourrait confirmer la réalité du malaise, mais assez vite la voix prend son envol et le charme du timbre opère, ainsi que la souplesse, l’art des demi-teintes et la douceur des aigus en voix mixte ou en falsetto, et la puissance à déployer dans l’évocation exaltée de la vie aventureuse d’un marin. Seulement on ne comprend pas en continu ce qu’il dit, parce que si la diction est passable la projection reste modeste. Plus problématique est le cas d’<strong>Eléonore Pancrazi</strong> et de <strong>Claire de Sévigné</strong>, francophones d’origine, qu’on peine vraiment à comprendre, problème récurrent dans les zones aigües, mais dont la puissance d&rsquo;émission et la force de la projection semblent très modestes, sauf à de rares moments. Pourtant leur tessiture semble adéquate pour les rôles. Sans doute les rôles ne se prêtent pas à des emportements, celui d’Henriette en particulier, que sa réserve naturelle et sa pudeur semblent vouer à la demi-teinte, dont Claire de Sévigné s’acquitte scrupuleusement,  mais le rôle de Madame Darbel n’offre-t-il pas la possibilité de plus de pétulance ? Cela dit, la virtuosité de l’une et de l’autre n’est pas en cause, et elles font un sort aux ascensions, aux trilles, aux roulades, qui étaient la raison d’être de l’œuvre. On en revient au regret déjà exprimé, du choix d’une version de concert, qui les prive de la dimension théâtrale.</p>
<p>Car dans ces versions, l’orchestre réclame sa part de lumière, et n’en cède rien. Quasiment irréprochable, l’exécution de l’Orchestre de Chambre de Genève rend justice à une partition dont l’inspiration nous a semblé inégale au premier acte et meilleure aux suivants. L’ouverture est séduisante, avec des échos de Beethoven ou de Weber, peut-être des échos de musique irlandaise, puis un intermède que l’on pourrait danser, des couleurs qui s’assombrissent et préfigurent l’orage futur, et des reprises incessantes, thèmes mélodieux en forme de rengaine qui symbolisent peut-être le chassé-croisé sentimental, et les accélérations qui entrainent, les scansions qui figent et le tutti final qui ravit. Au premier acte le duo des sœurs est assez plat, prétexte à assauts de virtuosité. Il est relevé par l’entrée de Georges, qui pourrait être signée Offenbach. Plus loin Lionel chante la mer dans un très long morceau de bravoure, quand Georges n’aura droit qu’à un « air du sommeil » bercé par une musique délicate où le hautbois s’endort pour inspirer le personnage. L’orage va le réveiller. Ce morceau « obligé » est écrit avec beaucoup de soin, en crescendo savamment contrôlé, se rapprochant, éclatant dans sa débauche sonore, avant de s’affaiblir progressivement, c’est la loi de l’exercice mais <strong>Guillaume Tourniaire </strong>le dirige avec une grande subtilité.</p>
<p>Au deuxième acte, à noter  la mélodie sur un rythme de valse chantée par madame Darbel, la leçon de chant que Lionel veut mettre à profit pour connaître les sentiments d’Henriette, leur duo entre insistance inquiète et douce résistance, l’autocomplaisance de Georges dans l’air du philosophe qui annonce encore une fois Offenbach, la frivolité affichée qui fait de Madame Darbel une cousine de la comtesse de Folleville, son duo avec Georges qui a peut-être inspiré la <em>Véronique </em>de Messager, le solo d’Henriette dont Gounod pourrait s’être souvenu dans <em>Mireille</em>.</p>
<p>Au troisième acte, des couleurs évoquent <em>Don Carlos</em> avant un autre solo d’Henriette d’une délicate mélancolie, le discret chant syllabé qui marque l’ébahissement quand elle annonce à Lionel qu’elle va épouser Georges et un « la voilà » anticipant sur <em>La fille du régiment</em>, le trio très mélodieux où Henriette annonce qu’elle se retire, et les vocalises de sa joie quand la supercherie lui est révélée, jusqu’à l’ensemble final sur les tutti de l’orchestre, il y a bien matière dans <em>L’éclair </em>à de grandes joies pour l’auditeur et de quoi se dire que ce compositeur souvent traité de haut a pu être souvent à la source de l’inspiration de confrères dont la réputation l’a supplanté. On regrettera que le chef n’ait pas suffisamment tenu compte – en tout cas c’était notre perception et d’autres l’ont partagée – de la projection globalement modeste de solistes, qui en maints endroits noyait leur voix dans les flots montant de la fosse.</p>
<p>La fin de l’opéra a été saluée chaleureusement par le public, parmi lequel beaucoup d’amis de l’Orchestre de Chambre. On espère que l’enregistrement donnera l’envie à quelque téméraire de monter une version scénique.</p>
<p> </p>
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		<title>HALÉVY, La Juive — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2022 12:59:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 1927 La Juive avait disparu des programmes du Grand Théâtre de Genève. Son retour constitue donc un évènement et pourtant la deuxième représentation n’a pas fait le plein. La proposition scénique aurait-elle indisposé ? Notre voisin regrettait que le metteur en scène exploite au dernier acte l’extermination des Juifs par le régime nazi, et certes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 1927 <em>La Juive</em> avait disparu des programmes du Grand Théâtre de Genève. Son retour constitue donc un évènement et pourtant la deuxième représentation n’a pas fait le plein. La proposition scénique aurait-elle indisposé ? Notre voisin regrettait que le metteur en scène exploite au dernier acte l’extermination des Juifs par le régime nazi, et certes ni Halévy ni Scribe n’en avaient la prescience. En 1835, ils avaient écrit un mélodrame conforme à l’air du temps depuis le triomphe d’<em>Hernani</em> et de <em>Robert le Diable</em>, où s’entrechoquent les passions d’individus qui représentent plus qu’eux-mêmes. La situation politique en France ajoutait  du piquant au sujet : la révolution de 1830,avait chassé un roi « de droit divin ». Désormais, l’Eglise qui faisait les rois depuis des siècles devait rabattre de sa prétention à influencer les gouvernements et contrôler la société. La loi dite « du culte israélite », six mois après l’accession au pouvoir de Louis-Philippe comme « roi des Français » avait déjà ce rôle, en proclamant l’égalité des droits civiques des adeptes de ce culte avec ceux des chrétiens.  </p>
<p>Le sujet cher à Scribe qui l’avait proposé en vain à Meyerbeer avait l’avantage de la mise à distance temporelle et permettait, conformément à l’esthétique du grand opéra, l’insertion d’aventures individuelles dans un contexte historicisant, ici celui du Concile de Constance. En s’affranchissant de la date précise et en élargissant la perspective jusqu’au siècle dernier, <strong>David Alden</strong> a probablement l’intention de montrer la permanence des effets détestables du fanatisme religieux, si prompt à déchaîner la violence. Les passants auxquels s’attaque la milice n’ont d’autre tort que d’être Juifs : souvenons-nous que c’est seulement après 1965 que les Juifs ne seront plus qualifiés de « déicides » par les catholiques, mais de « frères aînés », à peu près les mots que Brogni adressera à Eléazar. Mais les sbires qui maltraitent les Juifs sont sous les ordres de l’empereur de droit divin qui parade pour célébrer la défaite sanglante des partisans d’une réforme de l’Eglise. Quant à la communauté chrétienne elle est hideuse, grâce aux costumes de <strong>Jon Morrell</strong>, à des maquillages savants et à des accessoires signifiants, tels les missels brandis ou les images et reliques exhibées lors de la procession, constituant un troupeau d’apparence sinistre dont les mouvements grégaires illustrent l’agressivité communautaire et dont la scène d’’ivrognerie crapuleuse dévoile l’immoralité. Alors, pourquoi pas complices des crimes nazis ? Sauf que généraliser, c’est exagérer, c’est donc se tromper, même si on ne peut nier que l’œuvre s’achève sur les cris de joie des chrétiens qui ont assisté au supplice.</p>
<p>Mais nous n’allons pas refaire le procès de Pie XII. Au-delà du parti-pris indéniablement partisan et dont on peut douter qu’il soit scrupuleusement fidèle aux intentions des auteurs, ce spectacle a une force et une cohérence qui s’imposent à l’admiration. La scénographie de <strong>Gideon Davey</strong> crée des espaces différents par le déplacement de grands panneaux orientables, ici une rue, là une salle à manger, une chambre ou une prison. Les chœurs s’y déplacent en blocs compacts dans une homogénéité dont même la pantomime de l’orgie ne vient pas à bout. Du coup les évolutions des solistes prennent un relief bienvenu. L’arrivée d Eléazar et de Rachel, dans leur élégante mais sobre tenue bourgeoise des années 30 du siècle dernier les distingue aussitôt de l’uniformité passéiste des habits et des crinolines. A l’indécente exhibition de la fête s’oppose la dignité de la célébration de la Pâque juive, qui réunit les générations autour du repas. Les scènes d’intimité sont traitées avec une habileté consommée : de la sérénade du pseudo-Samuel sous le balcon de Rachel – avec l’accompagnement de guitare prescrit – au boléro sensuel d’Eudoxie, aux divers face à face les personnages prennent tout le relief que l’œuvre leur consent.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/eleazar_et_leopold_acte_iii.jpg?itok=8KfgIHc0" title="Rachel a dénoncé publiquement Léopold. Eléazar le foudroie du regard © dougados magali" width="468" /><br />
	© dougados magali</p>
<p>Serait-ce possible avec une autre distribution ? Celle réunie à Genève, outre une homogénéité rare de la qualité de l’articulation du français, à très peu près impeccable, se compose de solistes pleinement investis dans leurs rôles et dont l’apparence physique est le plus souvent compatible avec les  personnages. Si tous ces personnages nous parviennent si expressifs, probablement est-ce dû à une direction d’acteurs précise . A la douceur recueillie du début du Te Deum va succéder la vigueur, puis la véhémence, la brutalité, que les chœurs insuffleront sans faille à leurs interventions, d’une précision irréprochable. <strong>Leon Kosavic </strong>campe les deux rôles du prévôt et du compagnon de Léopold d’une voix bien timbrée sans outrer pour le premier la sévérité de ses annonces, indiquant peut-être  par là qu’elle n’est pas le reflet d’une nature brutale mais la simple application de la loi.</p>
<p>Pour la basse <strong>Dmitry Ulyanov</strong>, les notes les plus graves du rôle du cardinal de Brogni constituent une gageure à relever ; il le fait honorablement, même si le son devient râpeux. Mais l’essentiel n’est pas là : il donne au personnage l’humanité qui fait défaut à ses ouailles et le sauve ainsi d’une condamnation sans appel. On peut trouver facile que l’ancien bourreau tende la main à sa victime, et penser que ses efforts désespérés pour sauver Rachel relèvent moins de la simple humanité – à défaut de principes chrétiens – que d’une inconsciente voix du sang. Mais ces attitudes l’excluent du camp des irrécupérables .Le chanteur communique tout cela, en jouant des couleurs de sa voix, et dans ses duos avec Rachel et avec Eléazar l’affectivité du personnage atteint celle du spectateur.</p>
<p>Annoncée souffrante, <strong>Elena Tsallagova </strong>inquiète quelques instants par une justesse aléatoire et des aigus stridents, mais une fois la voix chauffée elle démontre avec brio qu’elle a tous les moyens d’une Eudoxie. C’est un aspect intéressant de cette production que la complexité conférée au personnage. . Privilégiée exigeante et volubile chez Eléazar, jeune femme narcissique aimant se mettre en scène, épouse sensuelle que le retour de son mari épanouit, David Alden nous fait témoins de sa défaite quand elle échoue à stimuler la libido de Léopold. A cette humiliation privée succèdera l’outrage public et elle finira par supplier sa rivale, dans un renoncement qui va racheter sa frivolité initiale. La crédibilité de cette évolution dépend évidemment du talent de l’incarnation et celle d’Elena Tsallagova ne laisse rien à désirer.</p>
<p>Son époux infidèle est campé par <strong>Ioan Hotea</strong>, dont l’intrépidité fait parfois frémir car s’il atteint les sommets vers lesquels il s’élance, parfois on perçoit trop l’effort. Quand il ne cherche pas l’exploit, il séduit par un comportement vocal et scénique qui anime le personnage ; on entend dans sa sérénade des  souvenirs rossiniens et paradoxalement des accents de chantre de synagogue ; plus tard il est l’amoureux pressant, le rêveur éveillé, le penaud contraint à la fuite. C’est juste et c’est convaincant.</p>
<p>L’autre rôle de ténor, c’est celui créé pour et par Adolphe Nourrit, celui de l’homme qui, broyé de malheurs, sa femme morte, ses fils victimes des chrétiens, a pris le parti de la vie en sauvant un nouveau-né. Contraint à l’exil, il l’a emmené avec lui.  Agissant ainsi, il l’a ravi à son père, exerçant sur ce chrétien une sorte de loi du talion. Il a élevé cette enfant dans sa foi, cherchant à lui donner l’amour d’une vie digne et de la prévenir contre les chrétiens, dont l’inimitié les environne. Et cette enfant est devenue la sienne. Mais il n’a rien oublié et son ressentiment est toujours aussi vif envers les bourreaux qui maltraitent sans trêve sa communauté.  Et voilà, selon les lois du mélodrame, sa fille s’est éprise d’un ennemi perfide, venu les tromper en se faisant passer pour un coreligionnaire. La complexité de la situation de cet homme, déchiré entre sa foi et son amour paternel, entre martyre subi et martyre accepté, il incombe à <strong>John Osborn </strong>de l’incarner. Nos lecteurs savent notre admiration pour cet artiste, en qui s’unissent de manière exceptionnelle la maîtrise technique et la pénétration psychologique. Mais il reste un homme qui chante, exposé comme ses pareils à toutes les fragilités. Par bonheur la grâce était au rendez-vous : rien n’est venu altérer l’émission, perturber le contrôle, compromettre un aigu, affaiblir la projection. Et comme la démonstration vocale s’est accompagnée d’un comportement scénique à la fois juste et mesuré on s’incline avec respect et reconnaissance.</p>
<p>Rachel, celle qui allume les flambeaux de la veillée de prières, doit garder l’équilibre entre son statut de fille obéissante élevée dans la pudeur et la piété et la fougue de sentiments qu’elle peine à maîtriser. Somme toute, sa position ressemble à celle de Mathilde dans <em>Guillaume Tell</em> et il n’est pas étonnant que des couleurs voisines suggèrent cette filiation. Annoncée elle aussi souffrante, <strong>Ruzan Mantashyan </strong>ne nous fait pas languir : elle est d’entrée le personnage de cette fille dévouée à son père, discrète et déterminée, tant qu’il ne s’agit pas du pseudo-Samuel. La voix ferme sait se faire tendre et on comprend qu’Eléazar ne puisse résister à la douceur de la prière : « Pour lui, pour moi, mon père… ». L’écueil de la romance« Il va venir » a été franchi haut la main, le trouble puis la révolte aux révélations successives de Léopold, il faut à l’interprète un tempérament dramatique affirmé et la voix ferme et assez longue pour exhaler l’indignation ou les menaces. L’artiste a tout cela, et l’on est comblé.</p>
<p>Mais <em>La Juive,</em> c’est aussi beaucoup de musique, au moins quatre heures, dont une bonne partie à la création avait pour fonction d’accompagner le grand spectacle. De nos jours, une reconstitution à l’identique étant exclue, pourquoi ne pas tenter une continuité narrative plus resserrée ? C’est l’option de <strong>Marc Minkowski, </strong>après d’autres, et force est de reconnaître qu’elle a fonctionné admirablement. Ce que l’on perd en durée de la musique on le gagne en efficacité émotionnelle. En enchaînant les tableaux on rehausse les contrastes, et on augmente l’impact dramatique parce que les scènes sont resserrées. Osera-t-on l’avouer ? Ainsi rythmées, les péripéties que constituent les révélations successives nous ont fait penser aux <em>soap operas</em> où le but de chaque scène est d’amener le spectateur à une découverte qui surenchérit sur la précédente. Cela donne à la représentation une tension que l’alternance des scènes de foule et des confrontations d’individus ne dissipe à aucun moment. Elle est soutenue par l’admirable tenue de l’orchestre, dont les instrumentistes confirment leur haute réputation mais qui semblent avoir épousé toutes les intentions de Marc Minkowski. Quand il se définit comme le fils d’une chrétienne et d’un juif, il indique que sa sensibilité a été nourrie de ces deux sources. C’est ce qu’il donne à entendre, probablement par un travail plus soutenu ou plus attentif que d’autres sur les sonorités qu’il rattache à celles de la musique d’Europe centrale jouée par des musiciens juifs itinérants. Car, en profane que nous sommes nous avons perçu çà et là comme l’écho de la voix d’un chantre – dans la sérénade du pseudo-Samuel, dans la prière d’ Eléazar – englobés dans une composition où passent des échos rossiniens – certains accents de Rachel évoquent la Mathilde de <em>Guillaume Tell</em>. Dans l’Ouverture on croit entendre le chofar, et la douceur des violoncelles amène à se demander si Offenbach ne l’a pas jouée, lui que certains traits annoncent, comme maints autres anticipent le Verdi de <em>Don Carlos</em>. Evidemment cela irait sans dire mais il convient de préciser combien la lecture de Marc Minkowski peut-être vigoureuse, voire cinglante, mais quel travail a été accompli pour doser les intensités sans les outrer ! Cette exécution mémorable nous restitue Halévy tel qu’en lui-même : un syncrétisme qui en fait un héritier et un prophète. Quand le rideau tombe sur l’horreur du dénouement on ne peut pas être malheureux, tant l’œuvre a été traitée avec talent. Le « bouh » isolé qui avait retenti à la fin du premier acte est resté orphelin et c’est avec une belle unanimité que le public a fait un triomphe aux artistes. On envie les prochains spectateurs !</p>
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		<title>Annulation de La Juive à Vienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/annulation-de-la-juive-a-vienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Aug 2022 14:11:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si les changements de distribution sont (malheureusement) courants à l’opéra, il est rare que ce soit une production entière qui soit annulée. Le Staatsoper de Vienne devait ouvrir sa saison avec une reprise de La Juive dans l’exceptionnelle production de Günter Krämer, dans laquelle Neil Shicoff livra autrefois une incarnation mémorable. Sonya Yoncheva et Roberto &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si les changements de distribution sont (malheureusement) courants à l’opéra, il est rare que ce soit une production entière qui soit annulée. Le Staatsoper de Vienne devait ouvrir sa saison avec une reprise de <em>La Juive </em>dans l’exceptionnelle production de Günter Krämer, dans laquelle Neil Shicoff livra autrefois une incarnation mémorable. Sonya Yoncheva et Roberto Alagna devaient y incarner Rachel et Eléazar, mais les deux artistes, malades, ont dû renoncer à leur engagement. Faute de remplaçants à la hauteur disponibles (les interprètes du chef d’œuvre d’Halévy ne courent pas les rues), la direction du théâtre s’est vue dans l’obligation d’annuler purement et simplement le spectacle. Son remplacement reste toutefois luxueux avec, selon les dates, une <em>Bohème </em>affichant Anna Netrebko (pour trois soirées : les 5, 11 et 18 septembre) en alternance avec Eleonora Buratto (le 8 septembre) aux côtés de Vittorio Grigolo (sauf le 18). Günther Groissböck, qui devait chanter le Cardinal Brogni étant recyclé en Colline, George Petean interprétant Marcello. Nina Minasyan, qui devait chanter Eudoxie, hérite de Musetta. A priori, Cyrille Dubois, qui devait interpréter le rôle du Prince Léopold, ne chantera pas Parpignol. Bertrand de Billy restera à la direction d’orchestre. Le 14 septembre, pas de <em>Bohème </em>mais une représentation additionnelle de <em>Carmen </em>(ça tombe bien, c’était complet) avec Elīna Garanča Piotr Beczała, Erwin Schrott et Slávka Zámečníková sous la baguette d’Yves Abel. Voilà une institution qui ne manque pas de ressources !</p>
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		<title>Recréation du « Val d’Andorre » … à Andorre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/recreation-du-val-dandorre-a-andorre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Feb 2022 11:24:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Principauté d’Andorre n’est pas exactement sur le chemin habituel des lyricomanes. Ce week-end mérite pourtant un détour puisqu’y sera représenté l’un des plus grands succès de Fromental Halévy, Le Val d’Andorre, créé à l&#8217;Opéra-Comique le 11 novembre 1848 à Paris (ce n’était pas encore un jour férié à cette heureuse époque). L’ouvrage y sera &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Principauté d’Andorre n’est pas exactement sur le chemin habituel des lyricomanes. Ce week-end mérite pourtant un détour puisqu’y sera représenté <a href="/livre/fromental-halevy-and-his-operas-halevy-dense">l’un des plus grands succès de Fromental Halévy</a>,<em> Le Val d’Andorre</em>, créé à l&rsquo;Opéra-Comique le 11 novembre 1848 à Paris (ce n’était pas encore un jour férié à cette heureuse époque). L’ouvrage y sera joué 165 fois et connaitra ensuite une carrière internationale avant de disparaitre définitivement du répertoire. Pour sa septième saison, <a href="https://andorralirica.com/temporada-dopera-dandorra/">Andorra Lírica </a>proposera une recréation de cet ouvrage, dans les lieux de l’action. L’opéra-comique sera mis en scène à l’Auditorium Claror de Sant Julia du Centre culturel et des congrès Lauredià, à Sant Julià de Lòria, côté frontière espagnol. Les dialogues seront donnés en catalan. La partition d’orchestre est réduite pour une petite formation qui accompagnera, sous la direction de Riccardo Serenelli, le soprano Jonaina Salvador (qui chantera le rôle féminin principal de Georgette et qui assure également la mise-en-scène), le ténor Carlo Giacchetta (Stéphane), aimé de la jeune Rose de Mai (Lauren Libaw), de la veuve Thérésa (Jana Corominas) et de la riche Georgette. Le rôle de Georgette, particulièrement exigeant, avait été créé par la colorature Louise Lavoye, également créatrice d&rsquo;ouvrages d&rsquo;<a href="/actu/auber-le-grand-oublie">Auber</a> comme <a href="/cd/la-sirene-fretillante-sirene"><em>La Sirène</em></a>, <em>Haydée</em> ou <a href="/spectacle/a-la-recherche-du-genre-perdu"><em>L&rsquo;Ambassadrice</em></a>.</p>
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		<item>
		<title>Wexford 2022 : « Music and Magic »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/wexford-2022-music-and-magic/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Oct 2021 10:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que sa 70e édition bat son plein (jusqu’au 31 octobre avec plusieurs soirées à suivre en ligne), le Wexford Opera Festival annonce le programme de la suivante, du 21 octobre au 6 novembre 2022. Comme toujours, la redécouverte d’opéras oubliés conditionne l’affiche. Regroupés sous le slogan « Music and Magic », ils seront l’an prochain au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que sa 70e édition bat son plein (jusqu’au 31 octobre avec <a href="https://www.forumopera.com/breve/a-suivre-en-ligne-le-70e-wexford-festival-opera">plusieurs soirées à suivre en ligne</a>), le Wexford Opera Festival annonce le programme de la suivante, du 21 octobre au 6 novembre 2022. Comme toujours, la redécouverte d’opéras oubliés conditionne l’affiche. Regroupés sous le slogan « Music and Magic », ils seront l’an prochain au nombre de trois : <i>La tempesta</i> de Fromental Halevy, <i>Lalla Roukh</i> de Félicien David et <i>Armida</i> d’Antonín Dvořák. </p>
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