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	<title>György LIGETI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>György LIGETI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>LIGETI, Requiem &#8211; Paris, Philharmonie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-requiem-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Nov 2025 06:16:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Esa-Pekka Salonen n’est pas encore le chef principal de l’Orchestre de Paris, fonction qu’il n’occupera qu’à compter de 2027. Mais il semble déjà chez lui sur la scène de la Philharmonie, face à des musiciens qu’il a été tant de fois invité à diriger. Au point de les guider sans faiblir dans des contrées inconnues. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Esa-Pekka Salonen</strong> n’est pas encore le chef principal de l’Orchestre de Paris, fonction qu’il n’occupera qu’à compter de 2027. Mais il semble déjà chez lui sur la scène de la Philharmonie, face à des musiciens qu’il a été tant de fois invité à diriger. Au point de les guider sans faiblir dans des contrées inconnues. Car à l’occasion de ces concerts, le <em>Requiem </em>de Gyorgy Ligeti faisait, sauf erreur de notre part, son entrée au répertoire de l’Orchestre. Composée entre 1963 et 1965, la pièce semble de prime abord s’engouffrer dans le sillage des messes des morts « théâtrales », tant les contrastes abondent, entre les vagues sonores coloristes des choristes dans le « Kyrie », le « Dies irae » hérissé de stridences et de déchirures qui n’ont rien de l’ironie du <em>Grand Macabre </em>que le compositeur écrira une bonne décennie plus tard, et les pages finales qui retrouvent, en même temps qu’une forme de consonance, les lumières de ce qui peut ressembler à de l’apaisement. Mais dire cela ne suffit pas à décrire l’atmosphère angoissante, presque oppressante, qui empoigne l’auditeur dès les premières mesures, ni les réminiscences que nous apporte une écriture qui se souvient du contrepoint, et même du plain-chant, dont elle restitue le goût sans en copier les méthodes. D’une clarté admirable, la battue de Salonen parvient à unifier ce qui, de prime abord, s’oppose : les affres et la consolation ne sont pas, ici, des contraires, mais les étapes d’un même chemin, où le chef avance d’un pas ferme, meilleur appui des instrumentistes, dont il tire des sonorités diaphanes, mais aussi des choristes, particulièrement sollicités ici. Au Chœur de Paris s’ajoutent pour l’occasion les forces du New London Chamber Choir, rompues à ce répertoire. Disposés à l’arrière-scène et sur le plateau, les diapasons à portée d’oreille pour ne pas se perdre dans les jeux de variation infinies des lignes de chant, les choristes sont magnifiques, totalement voués aux rapprochements et aux éloignements successifs qui rendent les voix, tantôt dissociées en de longues plaintes horrifiques, tantôt unies dans la quête de l’éternité, comme des points se confondant à mesure qu’ils s’approchent de la ligne d’horizon. Travail de maître, admirablement préparé par les chefs de chœurs <strong>Richard Wilberforce</strong> et <strong>Bertie Baigent</strong>, assistés de <strong>Pierre-Louis de Laporte</strong> et <strong>Gisèle Delgoulet</strong>, et au niveau duquel s’élève le chant des solistes : <strong>Jennifer France</strong>, qui hérite d’une partie à l’ambitus impitoyable, mobilise toutes les forces d’un soprano à la droiture jamais stridente, quand <strong>Virpi Räisänen</strong> projette son mezzo ductile avec aisance.</p>
<p>Après l’entracte, et cette demi-heure de haute intensité, il était encore question de spiritualité, bien que celle-ci revête, avec Bruckner, les habits plus traditionnels d’un romantisme certes distendu parfois jusqu’à l’abstrait, mais encore tenu dans les grandes formes de la symphonie du XIXe siècle. Dès l’entame de la Quatrième, scandée par des contrebasses dont les marches harmoniques sonnent plus distinctement qu’à l’accoutumée, Salonen opte pour une lecture où la netteté des plans sonores tient lieu d’éthique, sinon de religion, et où le refus du gros son facile déplace parfois les centres de gravité musicaux. Ainsi le deuxième mouvement, avec ses allures de valse triste et ses cordes embrumées, constitue un sommet plus haut et plus marquant que le scherzo, qui ne sait pas toujours éviter les redondances. L’Orchestre de Paris suit vaillamment, sinon parfaitement : si ce n’était pour admirer le cor solo formidable de <strong>Gabriel Dambricourt</strong>, on regretterait que les cordes cèdent un peu trop souvent aux cuivres, sauf dans les derniers trémolos d’un final qui achève de déclencher l’enthousiasme de la salle.</p>
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		<title>LIGETI / DAVIES, Birds &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-davies-birds-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bianca Chillemi, pianiste et directrice artistique de l&#8217;Ensemble Maja, adore le jeu des associations musicales quasi surréalistes, fondées donc sur le principe de l&#8217;analogie. C&#8217;est ainsi qu&#8217;elle a souhaité proposer une hybridation qui n&#8217;est pas évidente sur le papier : réunir sur la scène deux œuvres de compositeurs très différents, le hongrois György Ligeti et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bianca Chillemi</strong>, pianiste et directrice artistique de l&rsquo;<strong>Ensemble Maja</strong>, adore le jeu des associations musicales quasi surréalistes, fondées donc sur le principe de l&rsquo;analogie. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle a souhaité proposer une hybridation qui n&rsquo;est pas évidente sur le papier : réunir sur la scène deux œuvres de compositeurs très différents, le hongrois György Ligeti et l&rsquo;anglais Peter Maxwell Davies, créées il est vrai toutes les deux dans les années soixante. Esthétiquement ces deux œuvres insolites sont bien de leur temps, typiques de ces années où la déconstruction fait rage et les prouesses de composition encouragées dans des courants d&rsquo;avant-gardes aussi radicaux que volatiles : le Groupe de Manchester pour Davies (avec Birtwistle et Goehr), diverses évolutions pour Ligeti, de Vienne à Cologne. Et justement des volatiles on en parle, on les voit, on les entend dans le spectacle <em>Birds</em>. C&rsquo;est même le principal point d&rsquo;achoppement, malicieusement trouvé par <strong>Bianca Chillemi</strong> entre les <em>Aventures</em> et les <em>Nouvelles aventures</em> de Ligeti, sorte d&rsquo;happening absurde dans lequel trois chanteurs et sept musiciens jouent ici avec les limites du dialogue et des grands morceaux de bravoure opératiques et les <em>Huit chants pour un Roi fou, </em>un monodrame satirique et tragique pour baryton mettant en scène la démence du roi George III et ses oiseaux. Pour la création de cette pièce en 1969, les six musiciens sur scène étaient d&rsquo;ailleurs placés dans des cages d&rsquo;oiseaux.</p>
<p>Dans la première partie du spectacle, la mezzo <strong>Romie Estèves</strong>, la soprano <strong>Anne-Laure Hulin</strong>, divas hilarantes ou pathétiques et le baryton <strong>Pierre Barret-Mémy</strong> se lancent dans un tourbillon parfois désopilant, parfois poétique, parfois inquiétant tissé de cris, halètements, hoquets, de débuts de grands airs façon Bel Canto vite contrariés ; bref se joue une variété assez formidable d&rsquo;un parler qui n&rsquo;est plus un langage identifiable tout en sauvant les apparences du dialogue et de la conversation musicale. Ces artistes merveilleux jouent les péripéties d&rsquo;une histoire qui nous échappe, faite de rivalité, de prise de pouvoir de la scène, de sentiments aussi divers que fugaces, terriblement humaine. Les instrumentistes prennent leur part dans ce théâtre musical qui évoque Beckett (pour le nombre exponentiel de didascalies remplaçant les mots sur la partition) ou un Jarry pour l&rsquo;irrévérence farcesque, la richesse de la musique en plus. Ils sont tous dirigés par un chef et pianiste fou en mal d&rsquo;ordre, que persécute un claveciniste non moins étrange. Parmi les musiciens, le percussionniste <strong>Valentin Dubois</strong> prend une part remarquable dans ce chaos primal et gestuel, souvent irrésistible.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023_BIRDS_63-1-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1707519077823" />© DR</pre>
<p>Après un finale dévastateur et spectaculaire, la scène se vide pour accueillir le monodrame de Davies et le baryton <strong>Vincent Bouchot</strong>, absolument incroyable dans une performance presque impossible, qui nous parle aussi de (perte de) pouvoir et de provocation. Outre les techniques variées de chant, engageant la voix sur cinq octaves, le chanteur doit incarner en huit stations le cheminement erratique du monarque anglais du dix-huitième siècle, qui s&rsquo;occupe d&rsquo;oiseaux pour tenter d&rsquo;échapper à la démence. Une énorme araignée-couronne lui sert successivement de prison, de cage à oiseaux et de sceptre géant dont le poids accablant l&rsquo;a conduit aux frontières de la vie. Le baryton français, par ailleurs compositeur, impressionnant de virtuosité, distille à travers son personnage ridicule et pathétique un fort sentiment de dépossession mais aussi d&rsquo;étonnement voire d&rsquo;émerveillement par sa capacité à enchanter son propre univers : les six musiciens, le chef et les serviteurs (joués par les chanteurs du premier spectacle) sont naturellement ici des créatures échappées de son imagination. Le bord de leur costumes est ourlé d&rsquo;un ruban de la même couleur que l&rsquo;intérieur du piano.</p>
<p>Nous nous retrouverons finalement plutôt proches de tous ces personnages en quête de sens et que ne peuvent sauver que la musique. Les quatre chanteurs comme l&rsquo;<strong>Ensemble Maja</strong>, lauréat 2023 du tremplin Jean-Claude Malgoire porté par l&rsquo;Atelier Lyrique de Tourcoing, nous régalent décidément avec ces deux œuvres, dont ils redéfinissent avec brio et passion l&rsquo;intérêt et les enjeux.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Birds - Teaser | Ensemble Maja &amp; Bianca Chillemi" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/bjW9YBoPcks?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<item>
		<title>La Damoiselle élue — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-lorchestre-de-paris-paris-philharmonie-apollinienne-serenite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Sep 2022 01:09:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ceux qui voient avant tout en Debussy le bâtisseur d’un nouveau langage, qui a influencé la plupart des mouvements musicaux qui lui ont succédé, doivent écouter La Damoiselle élue pour mesurer tout ce que le compositeur devait, dans ses jeunes années, à ceux qui l’ont précédé. Si ses premières pièces pour piano se souviennent de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ceux qui voient avant tout en Debussy le bâtisseur d’un nouveau langage, qui a influencé la plupart des mouvements musicaux qui lui ont succédé, doivent écouter <em>La Damoiselle élue </em>pour mesurer tout ce que le compositeur devait, dans ses jeunes années, à ceux qui l’ont précédé. Si ses premières pièces pour piano se souviennent de Chopin, c’est plutôt vers Wagner et son <em>Tristan et Isolde </em>que regarde la longue introduction, toute en modulations et en chromatismes, de ce « Poème lyrique pour deux voix de femme solo, chœur et orchestre » écrit à l’issue de son séjour à la Villa Médicis à Rome. Le poème évanescent de Dante-Gabriel Rossetti, le rythme de lente barcarolle sur lequel les choristes passent le relais aux solistes, les interventions raffinées confiées aux clarinettes, aux flûtes ou aux harpes, infusent une atmosphère que certains critiques de l’époque qualifièrent de « décadente », mais dont la richesse harmonique et la profusion de couleurs annoncent <em>Images </em>ou <em>Pelléas. </em>Au lieu de souligner les inflexions orientalisantes du discours, la direction souple d’<strong>Esa-Pekka Salonen</strong> privilégie la lisibilité des timbres. L’écrin est parfait pour <strong>Axelle Fanyo</strong>, qui apporte à ses interventions sa connaissance du répertoire français et les teintes claires de sa voix. <strong>Fleur Barron</strong> n’est pas en reste, qui dompte avec force, grâce à un instrument parfaitement projeté, l’acoustique de la Philharmonie. Toujours distinctes, mais idéalement fondues dans le discours d’ensemble, les solistes émergent, plus qu’elles ne s’en distinguent, du Chœur de l’Orchestre de Paris, parfaitement préparé.</p>
<p>Pour la pièce suivante, c’est pourtant l’excellent <strong>Chœur Accentus</strong> qui prend leur place. Il faut dire que dans <em>Clocks and Clouds, </em>György Ligeti met en avant chacune des douze choristes requises : dans un chant constitué d’onomatopées, elles se mêlent à l’orchestre dans un savant entremêlement de rythmes et de phrases qui s’imbriquent puis s’éloignent les uns des autres pour former des séquences musicales dont les arêtes et les angles se transforment à vue, devenant tantôt plus précis (« Clocks », le mesurable et le régulier), tantôt plus diffus (« Clouds », l’impalpable et le linéaire). Stimulante et perpétuellement créative, mettant en valeur le moindre pupitre de l&rsquo;Orchestre ainsi que la virtuosité de toutes les chanteuses, la pièce ne parvient pas toujours à s’empêcher d’être absconse, sans l’unité de langage et la cohérence qui caractérisent une partition comme <em>Atmosphères. </em></p>
<p>Après cette copieuse entrée en matière, qui voyait des œuvres exigeantes intégrer pour la première fois le répertoire de l’Orchestre de Paris, la deuxième partie s’annonçait plus ambitieuse encore, avec la <em>Turangalîlâ-Symphonie, </em>œuvre monstre et <em>magnum opus</em> d’Olivier Messiaen, créée en 1949 par le Boston Symphony Orchestra sous la direction de Leonard Bernstein. Dix mouvements, plus d’une heure vingt d’exécution, un orchestre pléthorique auquel s’ajoutent le piano et les ondes Martenot : la tentation du gigantisme n’est pas toujours loin, et risque d’emporter les interprètes. Salonen, là encore, se tient sur ses gardes : devant des musiciens  qui le suivent comme un seul homme, il sculpte les phrasés, soigne les lignes mélodiques, dégraisse les textures, comme s’il s’agissait là d’une pièce du XVIIIe siècle, parfaitement intelligible pour tout le monde. <strong>Nathalie Forget</strong> aux ondes Martenot et <strong>Bertrand Chamayou</strong> au piano s’inscrivent d’emblée au cœur de cette construction précise et aérienne, sans s’interdire des échappées virtuoses (« Joie du sang des étoile » !), spectaculaires instants que les  « Chants d’amour » ou le « Développement de l’amour » ramènent vite sur les rives d’une apollinienne sérénité.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>LIGETI, Le Grand Macabre — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-grand-macabre-paris-le-macabre-lui-va-si-bien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Dec 2018 06:58:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les superproductions autour d’œuvres-phare de la musique contemporaine semblent fleurir en cette fin d’année 2018. Après un Stockhausen d’anthologie qui rassemblait les forces du Balcon et du CRR de Paris, voici un Ligeti tout aussi ébouriffant, mêlant les effectifs de l’Ensemble intercontemporain et de l’Orchestre du Conservatoire de Paris, avec la participation remarquée du Chœur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les superproductions autour d’œuvres-phare de la musique contemporaine semblent fleurir en cette fin d’année 2018. Après <a href="https://www.forumopera.com/donnerstag-aus-licht-paris-favart-und-es-ward-licht">un Stockhausen d’anthologie</a> qui rassemblait les forces du Balcon et du CRR de Paris, voici un Ligeti tout aussi ébouriffant, mêlant les effectifs de l’Ensemble intercontemporain et de l’Orchestre du Conservatoire de Paris, avec la participation remarquée du Chœur national hongrois. </p>
<p>Ce concert aux allures pantagruéliques donnait à entendre deux chefs d’œuvre du compositeur hongrois, se complétant mieux qu’on ne l’imagine. En effet, la farce breughelienne du <em>Grand Macabre</em> peut être vue comme une parodie du sentiment d’angoisse qui domine dans le <em>Requiem</em>. On dresse ici avant tout le portrait d’un Ligeti torturé par la question de la finitude, se réfugiant dans l’humour noir et scabreux, ou affrontant le problème à bras le corps, avec un soupçon de religieux. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/48046290_1656216571144433_8863856434928943104_n.jpg?itok=pE5dphc4" title="© Ensemble intercontemporain" width="468" /><br />
	© Ensemble intercontemporain</p>
<p>Un des défis majeurs du <em>Requiem</em> est de trouver la concentration suffisante pour instaurer l’ambiance mortifère de rigueur. Le moindre écart de nuance ou d’articulation suffit pour déchirer la toile contrapuntique finement tissée par un compositeur qui tenait Ockeghem pour l’un de ses maîtres. Pour cela, la battue ramassée et sans équivoque de <strong>Matthias Pintscher</strong> s’avère très efficace. Sa gestion des nuances est tout à l’honneur de la partition, et le chef peut compter sur la qualité des interprètes qui l’entourent pour tisser une magnifique tapisserie musicale.</p>
<p>Il faut avant tout rendre hommage à la grande qualité du Chœur national hongrois, préparé par <strong>Csaba Somos</strong>, qui ne laisse poindre aucune difficulté lorsqu’il s’agit de sortir des extrêmes graves ou aigus, tels que la partition en regorge. </p>
<p>Ces lignes vocales escarpées, les deux solistes de la soirée n’y échappent pas non plus. Dans l’ensemble, la mezzo <strong>Victoire Bunel</strong> s’en tire encore un peu mieux que sa partenaire <strong>Makeda Monnet</strong>, mais l’une comme l’autre épatent par leur intonation infaillible et leur souplesse vocale. Plus que les zig-zags du Dies irae, c’est le calme recueilli des sons tenus du Lacrimosa qui nous laissera la plus belle impression de la soirée.</p>
<p>Changement d’ambiance le plus radical après l’entracte : la mort est ici tournée en bourrique. L’intérêt du livret du <em>Grand Macabre</em>, œuvre commune du compositeur et de Michael Meschke réside dans sa gouaille absurde, dans son humour désespéré. Pour présenter un opéra aussi ambitieux, sans pour autant devoir se farcir les deux heures de musique (un peu fatigante à la longue), on a opté ici pour une version allégée de l’œuvre, réduite à une quarantaine de minutes. Si l’on peut regretter l’absence des ébouriffants « Mystères du Macabre », on constate que cette réduction donne un aperçu assez fidèle de ce qu’est l’œuvre dans toute sa durée.</p>
<p>Pourtant, ce qui devait être plus aisé à mettre en place que le <em>Requiem</em> n’est pas non plus gagné d’avance. En effet, la battue de Matthias Pintscher est toujours aussi énergique, mais les tempi très rapides de la partition déroutent parfois les interprètes, à l’image d’une première scène un peu trop précipitée. De plus, le vacarme instrumental orchestré par Ligeti et exacerbé par Pintscher couvre souvent des chanteurs mis en difficulté par les registres extrêmes de leur rôle. </p>
<p>Le ton nonchalant et bouffon du ténor <strong>Benoît Rameau</strong> sied tout à fait au rôle de Piet-le-Pot, et à part un allemand perfectible, il n’y a rien à reprocher à une interprétation on ne peut plus vivante. Le même constat scénique vaut pour le Nekrotzar de <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong>. Si le baryton doit encore consolider ses graves pour pouvoir camper de tels rôles, la prononciation est de nouveau l’atout du chanteur. Côté féminin, le duo Amando/Amanda formé par <strong>Marie Soubestre</strong> et <strong>Victoire Bunel</strong> déborde comme il faut de sensualité. Si les aigus puissants de la première couvrent un peu le registre de la seconde, leurs interventions brillent avant tout par leur musicalité. Les voix de <strong>Borbála Kiss</strong>, <strong>Makeda Monnet</strong>, <strong>Olivier Gourdy</strong> et <strong>Jenö Dékán</strong> viennent honorablement compléter la distribution pour le canon final.</p>
<p>On constate avec toujours autant de bonheur que les collaborations entre conservatoires et salles de spectacles autour d’œuvres contemporaines se déroulent à merveille. La récompense pour l’organisation d’une telle production est avant tout le public venu se masser dans une Grande salle de la Philharmonie pleine jusqu’au dernier siège.</p>
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		<item>
		<title>Dix notes qu&#8217;il faut avoir écoutées dans sa vie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-notes-quil-faut-avoir-ecoutees-dans-sa-vie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Apr 2017 06:38:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sélection amoureuse de dix notes de musique stupéfiantes qu&#8217;il faut avoir écoutées au moins une fois dans sa vie d&#8217;amateur d&#8217;opéra. 1. Le fa dièse de Cecilia Bartoli dans Artaserse Si émettre un fa dièse n’a rien d’exceptionnel pour un mezzo-soprano, le tenir plus de vingt secondes en l’enflant et le diminuant pour finalement le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sélection amoureuse de dix notes de musique stupéfiantes qu&rsquo;il faut avoir écoutées au moins une fois dans sa vie d&rsquo;amateur d&rsquo;opéra.</strong></p>
<hr />
<p><strong>1. Le <em>fa </em>dièse de Cecilia Bartoli dans <em>Artaserse</em></strong></p>
<p>Si émettre un<em> fa</em> dièse n’a rien d’exceptionnel pour un mezzo-soprano, le tenir plus de vingt secondes en l’enflant et le diminuant pour finalement le conclure par une vocalise relève du prodige. Dans « Son qual nave », un air de l’opéra <em>Artaserse</em> composé par Riccardo Broschi aux mesures gigantesques de son frère, l’illustre Farinelli, les applaudissements du public, éberlué, interrompent Cecilia Bartoli, amusée de son propre exploit, qui, à cet instant, vient de ressusciter en une seule note l’art, que l’on croyait définitivement disparu, des castrats. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/2AeariisA9Y" width="560"></iframe></p>
<p><strong>2. Le <em>sol</em> de Jonas Kaufmann dans <em>Fidelio</em></strong></p>
<p>Même s&rsquo;il a encore ses détracteurs dans le répertoire italien, Jonas Kaufmann fait l&rsquo;unanimité dans la musique allemande. Avant d&rsquo;aborder les héros wagnériens, un des premiers grands rôles qu&rsquo;il tint à la scène fut celui de Florestan. Lorsqu&rsquo;il apparaît enfin, au deuxième acte, le personnage incarcéré émet un sol, ce qui n&rsquo;a en soi rien de bien extraordinaire pour un ténor. La plupart du temps, cette note, sur le mot « Gott », est émise <em>forte</em>, comme un appel désespéré. Avec Jonas Kaufmann, ce « Dieu ! » devient un long soufflet, d&rsquo;abord à peine audible, et qui ne prend que peu à peu son ampleur. Effet garanti. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ukZe8vm_20I" width="560"></iframe></p>
<p><strong>3. Le <em>sol</em> de Selma Kurz dans « Der Vogel im Walde »</strong></p>
<p>Ce n&rsquo;est pas sa hauteur que cette note a de remarquable, mais sa longueur. D&rsquo;autant qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une simple note tenue, mais d&rsquo;un trille, pendant lequel la voix est censée vibrer entre deux hauteurs voisines. Wilhelm Taubert (1811-1891) est un compositeur éminemment oubliable, et « Der Vogel im Walde » n&rsquo;est guère qu&rsquo;une chansonnette à cui-cui, dont sut s&#8217;emparer Selma Kurz pour en faire un numéro de cirque : près de 25 secondes de trille, exercice reposant sur une maîtrise confondante du souffle, à couper celui de l&rsquo;auditeur. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/F1QItJZCHfs" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Le <em>si</em> bémol de Jon Vickers dans <em>Aida</em></strong></p>
<p>Comme le fameux si bémol pianissimo placé à la fin de l&rsquo;air de la Fleur, dans <em>Carmen, </em> un autre si bémol, noté <em>pianissimo morendo</em>, qui sert de note ultime à « Celeste Aida », suscite régulièrement la controverse et permet de diviser les ténors en deux catégories : ceux qui traduisent<em> </em>la nuance<em> pp </em>par « pleins poumons » et ceux qui s&rsquo;efforcent de respecter les désirs du compositeur. Jon Vickers comptaient parmi les Radamès capables de ne pas brailler ce si chanté sur la syllabe « sol ». [Laurent Bury]</p>
<p><em></em></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/5Nsi3kGjxnE" width="560"></iframe></p>
<p><strong>5. Le <em>si</em> de Montserrat Caballe dans <em>Don Carlo</em></strong></p>
<p>Surpris à la fin de l&rsquo;opéra dans les bras de sa belle-mère et ancienne fiancée, Elisabeth, alors qu&rsquo;ils échangent de chastes adieux, Don Carlos ne doit son salut qu&rsquo;à l&rsquo;intervention surnaturelle de son grand-père Charles Quint. Ce dernier surgissant de l&rsquo;ombre entraîne l’Infant dans les tréfonds de son tombeau avant que les sbires de son père, le roi, n’aient le temps de le pourfendre de leur épée. Terrifiée, Elisabeth pousse un cri : « <em>Grand Dieu</em> » dans la version française de l’œuvre, «<em> Oh Ciel </em>» dans l’italienne. A New York en 1972, l&rsquo;effet de cette scène déjà saisissante fut décuplé par la puissance et la longueur avec lesquels Montserrat Caballe projeta ce cri, un <em>si</em> naturel mais d&rsquo;une intensité telle qu’il n’est plus possible ensuite d’écouter un autre finale de <em>Don Carlo</em> sans le trouver parcimonieux. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/EcEsuRFvfyw" width="560"></iframe></p>
<p><strong>6. Le contre-ut d&rsquo;Alain Vanzo dans <em>Les Pêcheurs de perles</em></strong></p>
<p>On le sait, les notes les plus aimées du public, à l&rsquo;opéra, ne sont pas toujours celles que le compositeur a écrites. Ces aigus extrapolés sont ceux que guettent les aficionados, et il faut avoir les épaules solides pour s&rsquo;exposer à la déception que cause leur absence. Moins spectaculaire que le contre-mi à la fin du premier acte de <em>La traviata</em>, le contre-ut traditionnellement ajouté à la romance de Nadir a pour but de faire tourner la tête à l&rsquo;auditoire, non par une démonstration de force, mais par sa suavité extrême. Et il n&rsquo;est que trop facile de transformer le contre-ut en contre-sens, en le donnant <em>fff</em> comme c&rsquo;est hélas parfois le cas. Aucun risque de ce genre avec Alain Vanzo : maître suprême de la nuance, il le glisse en falsetto, comme s&rsquo;il s&rsquo;éloignait sur la pointe des pieds&#8230; [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/MGmxAHVbijI" width="560"></iframe></p>
<p><strong>7. Le contre-mi bémol de Maria Callas dans <em>Armida</em></strong></p>
<p>En 1952 à Florence, Maria Callas s’empare du rôle d’Armida dans l’opéra de Rossini. Son interprétation, quasi définitive, culmine dans une scène finale où, affranchie de partenaires insuffisants, la soprano peut enfin restituer à l’enchanteresse toute sa grandeur tragique. Abandonnée par Rinaldo, Armida cède au désespoir le plus profond puis, dans un sursaut d’orgueil, exhorte les démons à saccager l’île qui abrita leurs amours. La note conclusive de cette scène de furie, un contre-mi bémol de plusieurs secondes, est évidemment anecdotique au regard de toutes celles qui précédent, d’une intelligence confondante tant elles semblent l&rsquo;exacte émanation du texte. Cette note non écrite reste cependant indispensable – et par là même mémorable – pour résoudre l’insoutenable tension accumulée par un des plus grands moments d’opéra qui soient. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/_KBEmTKHn80" width="560"></iframe></p>
<p><strong>8. Le contre-mi de Michael Spyres dans <em>Les Martyrs</em></strong></p>
<p>Que Michael Spyres soit capable de notes extrêmes n’est pas une révélation. La Toile vibre de ses prouesses, certaines plus ébouriffantes encore que ce contre-mi lancé à pleine voix lors de l&rsquo;enregistrement de la version intégrale des <em>Martyrs</em>. Mais indépendamment de sa hauteur, l&rsquo;incroyable dans cette note, c’est que d’une part on ne l’attend pas et que d’autre part elle survient, à l’issue d’une cabalette effrénée, sur des paroles éloquentes  – « Dieu m’inspire » – comme si un esprit suprême prenait effectivement possession de la voix du ténor pour réaliser un de ces phénomènes surnaturels que l&rsquo;on croyait réservés aux films de science-fiction. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/l3Hp_e5Wb-s" width="560"></iframe></p>
<p><strong>9. Le contre-si bémol de Mado Robin dans <em>Lucia di Lammermoor</em></strong></p>
<p>Ce pourrait n’être qu&rsquo;un exploit pour lyricomane avide de performance, un record pour lecteur badaud du livre Guinness, un ultra-son pour écarter les moustiques dans les pays tropicaux. Ce ne serait en somme qu&rsquo;un contre-si bémol, une des notes les plus hautes jamais émises par un chanteur d’opéra, si Mado Robin ne la lançait d’une voix pure et claire qui parachève l’image cristalline d’une Lucia angélique, déjà détachée du monde des humains, sylphide irréelle broyée par la folie des hommes. Il paraît que le curé de la Madeleine, entendant cette note phénoménale demanda « <em>Madame, me permettez-vous de regarder dans votre gorge ?</em> », ce à quoi Sacha Guitry, présent aux côtés de la cantatrice, répondit : « <em>L&rsquo;Abbé, mon ami, cette gorge est comme la grotte de Lourdes, il s&rsquo;y produit des miracles.</em> » [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/32hdZaQi4-I" width="560"></iframe></p>
<p><strong>10. Toutes les notes de Barbara Hannigan dans <em>Le Grand Macabre</em></strong></p>
<p>On sait que les talents d&rsquo;actrice de Barbara Hannigan lui valent d&rsquo;être l&rsquo;égérie de divers metteurs en scène pour qui le jeu compte au moins autant que le chant, sinon davantage. La soprano canadienne a encore une autre corde à son arc, puisqu&rsquo;elle est aussi capable de diriger un orchestre, et pas simplement dans des compositions classiques, prévisibles, pourrait-on dire. Non, Barbara Hannigan aime diriger en concert les compositeurs contemporains, notamment le <em>digest</em> élaboré par Ligeti à partir de son opéra, <em>Mysteries of the Macabre</em>. Elle dirige, elle chante en même temps une partition hérissée de suraigus inhumains. Le tout, déguisée de la manière la plus improbable, par-dessus le marché. C&rsquo;est un tour de force qu&rsquo;il faut avoir vu et entendu. [Laurent Bury]</p>
<p><em></em></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/sFFpzip-SZk" width="560"></iframe></p>
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		<title>Dix duos d&#8217;opéra coquins pour la Saint-Valentin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-duos-dopera-coquins-pour-la-saint-valentin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Feb 2017 05:29:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l’opéra, le duo d’amour est un passage quasiment obligé, un exercice auquel tous les compositeurs – ou presque – doivent se plier pour satisfaire les impératifs d’un genre qui n’aime rien tant que les grands sentiments. Sauf que, dans le lot, certains de ces duos n’hésitent pas à sauter le pas de la déclaration &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l’opéra, le duo d’amour est un passage quasiment obligé, un exercice auquel tous les compositeurs – ou presque – doivent se plier pour satisfaire les impératifs d’un genre qui n’aime rien tant que les grands sentiments. Sauf que, dans le lot, certains de ces duos n’hésitent pas à sauter le pas de la déclaration pour passer à l’action. Sélection coquine de dix d&rsquo;entre eux à l&rsquo;occasion de la Saint-Valentin</strong></p>
<hr />
<p><strong>Claudio Monteverdi, <em>L&rsquo;incoronazione di Poppea</em>, « Pur ti miro, pur ti godo »</strong></p>
<p>Comment faire l’impasse sur l’un des premiers duos d’amour de l’histoire de l’opéra qui se trouve être aussi l’un des plus célèbres et des plus sensuels ? Quel farceur, ce Monteverdi, d’avoir prêté à deux personnages aussi détestables que Néron et Poppée le texte (et peut-être la musique) provenant d’<em>Il pastor regio</em> de Benedetto Ferrari (1640). Les voix s’enlacent comme les corps, et l’on peut comprendre qu’un metteur en scène refuse de concurrencer la partition : inutile de nous montrer des étreintes passionnées, la musique dit tout. [Laurent Bury]</p>
<p class="rtecenter"><strong></strong></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QBWJyAUzpBg" width="420"></iframe></p>
<p><strong>Georg Friedrich Haendel, <em>Rodelinda</em>, « Io t&rsquo;abbraccio »</strong></p>
<p>Dans <em>Rodelinda</em>, les retrouvailles de Pertharite, roi des Lombards exilé, avec son épouse Rodélinde sont source d’une joie de courte durée, puisque leur amour conjugal est contrarié par l’usurpateur Grimoald. « Je t’étreins, et plus âpre que la mort est pour mon cœur cet adieu qui nous sépare ». Avant le trépas promis par le tyran, un déchirant duo les unit, où se confondent la petite mort et la grande. [Laurent Bury]</p>
<p class="rtecenter"><strong></strong></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/WhQmHA2dH9U" width="420"></iframe></p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart, <em>Così fan tutte</em>, « Fra gli amplessi »</strong></p>
<p>Après avoir longtemps défendu sa fidélité envers Guglielmo, par orgueil peut-être plus que par amour, Fiordiligi finit par céder à la cour que lui fait Ferrando dans le cadre du pari de Don Alfonso. Même si le duo « Fra gli amplessi » permet aux deux personnages d’explorer toute la palette du sentiment amoureux, c’est sans doute plus à l’appel des sens qu’ils succombent, s’abandonnant à ce plaisir dont ils se réjouissent par avance de soupirer. [Laurent Bury]</p>
<p class="rtecenter"><strong></strong></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/iG8N99Uz06M" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Gioachino Rossini,<em> Armida</em>, « Amor, possente nome »</strong></p>
<p>Amoureux à Naples de sa prima donna  Isabella Colbran, qu&rsquo;il finira par épouser en 1822, Rossini n&rsquo;a aucun mal à s&rsquo;identifier au chevalier Rinaldo ensorcelé par la magicienne Armida dans son opéra homonyme, créé en 1817. Faut-il chercher ailleurs la raison d&rsquo;une hauteur d&rsquo;inspiration qui ne faiblit jamais dès lors que les deux protagonistes sont sur scène ? Au deuxième acte, leur duo tour à tour galant, langoureux, capricieux et ardent se hisse à de tels sommets, mélodiques et érotiques,  que même les moins rossiniens d&rsquo;entre nous avouent ne pouvoir y résister (à condition que les interprètes n&rsquo;envisagent pas la vocalise d&rsquo;un seul point de vue technique mais sachent la doter des pouvoirs expressifs et suggestifs qu&rsquo;elle nécessite). [Christophe Rizoud]</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/2qMyMK25Y1w" width="420"></iframe></p>
<p><strong>Jacques Offenbach, <em>La belle Hélène</em>, « Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un rêve » </strong></p>
<p>Qui de Pâris ou d&rsquo;Offenbach est le plus coquin dans le duo du rêve au 2<sup>e</sup> acte de <em>La belle Hélène</em> ? Tandis que le prince troyen fait usage de la ruse pour arracher un baiser « un peu long » à celle dont Vénus lui a promis l&rsquo;amour, le compositeur, émoustillé, glisse entre deux étreintes une musique qui en dit tout aussi long, sans trop en dire cependant. De la différence entre grivoiserie et gauloiserie. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/V7JiNXsOJQY?ecver=1" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Giuseppe Verdi, <em>Don Carlo</em>s, « Dieu qui semas dans nos âmes »</strong></p>
<p>« C’est toi que dans mes bras, je presse… Tu souffres ! A mes yeux, l’univers n’est plus rien ! … Nous mourrons en nous aimant… Soyons unis pour la vie et pour la mort ! » : ces déclarations, Rodrigo, marquis de Posa, ne l&rsquo;adresse au deuxième acte de <em>Don Carlos</em>, ni à la princesse Eboli, ni à Elisabeth de Valois,  la reine d’Espagne, mais à l&rsquo;Infant lui-même. Sur ces paroles enflammées, Verdi scelle la relation trouble entre les deux amis par un thème cuivré, viril et chaleureux, faisant de <em>Don Carlos</em> un des premiers opéras crypto-gay du répertoire. [Christophe Rizoud]</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Ji4LW6sRC98" width="420"></iframe></p>
<p><strong>Giacomo Puccini, <em>Madama Butterfly</em>, « Vogliatemi bene »  </strong></p>
<p>Tourisme sexuel et pédophilie se disputent la part du vice dans <em>Madama Butterfly</em>, tout particulièrement au premier acte de l&rsquo;opéra où Pinkerton, prédateur ivre de désir, tisse sa toile autour de Cio-Cio-San, geisha de 15 ans acquise contre une poignée de dollars. Alors que l&rsquo;écriture flatte la séduction naturelle de la voix de ténor, la musique, d&rsquo;une volupté indécente, se fait complice du crime en une longue étreinte, de plus en plus pressante, dénouée par un spasme orchestral dont on laisse à l&rsquo;auditeur la libre interprétation. [Christophe Rizoud]</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/EAZOETtWiqQ" width="420"></iframe></p>
<p><strong>Richard Strauss, <em>Der Rosenkavalier</em>, « Wie du warst, wie du bist »</strong></p>
<p>Après l&rsquo;orgasme somptueusement évoqué par l&rsquo;ouverture du <em>Chevalier à la rose</em>, Octavian et la Maréchale prolongent leur étreinte par ce qui ressemble plus à un dialogue amoureux qu&rsquo;à un duo au sens traditionnel du terme, mais un dialogue encore tout empreint de la sensualité de l&rsquo;épisode qui a précédé. On échange des propos vaguement philosophiques et des platitudes délicieuses, on s&rsquo;interroge sur le sens de la copule « et » tout en se couvrant de surnoms ridicules, Bichette ou Quinquin, mon trésor ou mon gosse. Puis l&rsquo;on passe au petit déjeuner car, c&rsquo;est bien connu, l&rsquo;amour, ça creuse. [Laurent Bury]</p>
<p class="rtecenter"><strong></strong></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/c1GJ2nFvFZA" width="420"></iframe></p>
<p><strong>Maurice Ravel, <em>L&rsquo;Enfant et les sortilèges</em>, « Miinhou, Môrnaou, Moâou… »</strong></p>
<p>Autant certains font dans la finesse, effleurent, suggèrent, ondulent, louvoient, autant Ravel dans <em>L&rsquo;Enfant et les sortilèges</em> appelle un chat un chat. Les glissandos dont il accompagne le miaulement des deux matous en fin de première partie ne laissent aucun doute sur la nature de leur relation. Oreilles chastes s&rsquo;abstenir. [Christophe Rizoud]</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mcJGxzNJ8eo" width="420"></iframe></p>
<p><strong>György Ligeti, <em>Le Grand Macabre, </em>« O my darling »</strong></p>
<p>Cela commence comme un duo pour deux voix de femme, dont une en travesti, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit des personnages d&rsquo;Amando et d&rsquo;Amanda, un duo comme on en écrivait du temps de Rossini ou de Bellini, associant soprano et mezzo dont les timbres se superposent et s&rsquo;entrelancent. Sauf que, très vite, Ligeti renonce à leur faire réellement prononcer des mots pour se contenter d&rsquo;onomatopées, d&rsquo;interjections et de hoquets rythmés qu&rsquo;on ne peut même plus de qualifier de suggestifs. [Laurent Bury]</p>
<p class="rtecenter"><strong><em></em></strong></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/BswTeIPBLs4" width="560"></iframe></p>
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		<title>LIGETI, Le Grand Macabre — Londres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-grand-macabre-londres-joyeux-bordel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Jan 2017 11:31:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir vu sa mise en scène à Salzbourg en 1997 reniée par le compositeur lui-même, Peter Sellars a accepté la proposition de Sir Simon Rattle et du London Symphony Orchestra d’une version semi-scénique du Grand Macabre au Barbican Center de Londres. Deux représentations et une deuxième collaboration entre le maestro et le metteur en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir vu sa mise en scène à Salzbourg en 1997 reniée par le compositeur lui-même, <strong>Peter Sellars</strong> a accepté la proposition de <strong>Sir Simon Rattle</strong> et du London Symphony Orchestra d’une version semi-scénique du <em>Grand Macabre</em> au Barbican Center de Londres. Deux représentations et une deuxième collaboration entre le maestro et le metteur en scène après un <em>Pelléas et Mélisande</em> particulièrement réussi l’an passé. Toujours peu enclin à explorer le théâtre de l’absurde et la drôlerie irrévérencieuse de l’œuvre, l’Américain choisit à nouveau l’angle politique pour cette mise en espace. Le cataclysme c’est l’homme lui-même et sa force auto-destructrice toute entière résumée dans le symbole radioactif et la bombe nucléaire. Une projection d’un planisphère égrainera toutes les explosions depuis 1945 jusqu’à nos jours (plus de 2000). Si le propos suscite de l’intérêt, il réduit le récit du livret à une action politique, et ce faisant, il affaiblit les personnages et leur ambivalence notamment Nekrotzar qui semble bien palot en ange de la mort. Regrettable, d’autant que le placement et le rôle du chœur (dans les balcons, dans les travées du parterre etc.) tout comme la direction d’acteur toujours aussi intense pouvait laisser de la place à la folie douce. Un bordel politique et intellectuel trop distant du bordel lubrique qui doit survenir scène après scène.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="338" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_grand_macabre_005.jpeg?itok=1SEJA9vr" title="© John Phillips" width="468" /><br />
	© John Phillips</p>
<p>Si la mayonnaise ne prend pas vraiment, ce n’est pas faute d’engagement de la part des chanteurs, magnétisés comme à chaque fois par Peter Sellars. <strong>Peter Hoare</strong> ouvre ce bal des fous dans une scène d’ébriété qui cueille la salle à froid avant de la dérider. Le timbre est chaud, la voix puissante et colorée pour épouser les sautes d’humeur du personnage. Suit l&rsquo;Amando profond et suave de Ronita Miller qu’équilibre le timbre d’<strong>Elizabeth Watts</strong> (Amanda). Tout ce beau monde cesse de batifoler bien vite à l’arrivée de l’inquiétant Nekrotzar de <strong>Pavlo Hunka</strong>. Une projection torrentielle finit d’asseoir le personnage démoniaque. Le couple Astradamors et Mescalina trouve en <strong>Frode Olsen </strong>et <strong>Heidi Melton</strong> deux opposés parfait tant physiquement que vocalement. Elle, voix chaude et sensuelle a besoin de deux onomatopées pour incarner la nymphomane quand lui, roide et piquant est crédible d’emblée en mari masochiste et soumis. <strong>Audrey Luna</strong> réussit à glisser de la douceur de Venus aux pyrotechnies de Gepopo avec une aisance confondante. Placement scénique oblige (elle est dans un lit d&rsquo;hôpital juste à côté de Simon Rattle), c’est bien plus cette intervention comme chef de la police secrète qui laisse coi tant l’aisance vocale est grande. Le contre-ténor <strong>Anthony Roth Costanzo</strong> épouse l’écriture presque baroque que Ligeti a voulu pour le Prince Gogo. Le portrait du potentat fragile est complet. Le London Symphony Chorus est irréprochable (dirigé depuis la scène par Simon Halsey) et complètement investi pour donner corps au peuple véhément ou implorant, à l’exception peut-être de quelques attaques particulièrement exposées.</p>
<p>	Au milieu de tout cet embrouillamini, Simon Rattle organise et excelle à faire déborder cette musique jubilatoire. Sa précision d’horloger fait naviguer le LSO sans mal à travers toutes les difficultés de la partition : des tutti gargantuesques au pianissimo presque inaudible. Pas un pupitre ne manque au diapason du regard sérieux et goguenard du chef, comme s’il devenait lui-même un des acteurs de la farce. Ligeti qualifiait son travail d’anti-opéra. Le chef britannique rend à l’orchestre un rôle prépondérant. Il commente, il moque et il cingle si bien qu’il déclenche les réactions hilares du public, ce en quoi échoue en partie la mise en scène.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Et maintenant, Peter Sellars ritualise le Grand Macabre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/et-maintenant-peter-sellars-ritualise-le-grand-macabre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2016 16:06:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On le sait, depuis quelques années, Peter Sellars semble avoir délaissé la mise en scène d’opéra dans sa forme traditionnelle au profit de « ritualisations », sortes de mises en espace pour lesquelles le chœur est habillé de vêtements d’aujourd’hui dans un camaïeu de bleu, tandis que les solistes se déplacent parmi les instrumentistes de l’orchestre ou &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On le sait, depuis quelques années, <strong>Peter Sellars</strong> semble avoir délaissé la mise en scène d’opéra dans sa forme traditionnelle au profit de « ritualisations », sortes de mises en espace pour lesquelles le chœur est habillé de vêtements d’aujourd’hui dans un camaïeu de bleu, tandis que les solistes se déplacent parmi les instrumentistes de l’orchestre ou sur quelques estrades disposées ici et là dans la salle de concert. D’ailleurs, même sa production d’<em>Oedipus</em> <em>Rex</em> à Aix-en-Provence cet été relevait plutôt de cette esthétique que d’un véritable spectacle scénique. Et peu à peu, Sellars revisite donc les opéras qui lui ont valu ses plus grands succès en les passant à la moulinette ritualisante. <em>Pelléas et Mélisande</em>, qu’il avait monté à Amsterdam en 1993 vient de connaître ce sort, et ce sera bientôt le tour du <em>Grand Macabre</em>, dont les impressionnants décors de George Tsypin n’avaient pas manqué d’impressionner les spectateurs lors des représentations donées à Salzbourg à l’été 1997, puis au Théâtre du Châtelet en février 1998. Vingt ans après, sans décors ni costumes, <em>Le Grand Macabre</em> sera mis en espace au Barbican Hall de Londres en janvier 2017, puis à la Philharmonie de Berlin en février. Sous la baguette de <strong>sir Simon Rattle</strong>, une distribution de choix réunira entre autres <strong>Anna Prohaska, Heidi Melton, Pavlo Hunka, Frode Olsen </strong>et <strong>Audrey Luna</strong>. Mais pas plus que <em>Pelléas et Mélisande</em>, ce spectacle-concert ne passera par Paris. Heureusement, il y a l’Eurostar…</p>
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		<title>György Ligeti</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gyorgy-ligeti-ligeti-la-liberte-du-labyrinthe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2016 21:04:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici la seule biographie en français, consacrée au compositeur György Ligeti (1923-2006). Refusant de dissocier la vie et l’œuvre, comme il est courant (première partie : l’homme ; seconde partie : la musique), Karol Beffa a sciemment choisi un modèle  croisant les deux perspectives. Ligeti s’est peu exprimé sur son passé. S’il a consenti à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici la seule biographie en français, consacrée au compositeur György Ligeti (1923-2006). Refusant de dissocier la vie et l’œuvre, comme il est courant (première partie : l’homme ; seconde partie : la musique), Karol Beffa a sciemment choisi un modèle  croisant les deux perspectives. Ligeti s’est peu exprimé sur son passé. S’il a consenti à donner des informations sur son enfance et son adolescence, il a toujours été secret, ne s’épanchant guère sur sa vie privée, évitant les questions personnelles et égarant volontiers ses interlocuteurs sur de fausses pistes par sa malice et son goût pour les mystifications. Beffa a néanmoins suivi une trame chronologique qui tend un arc de la naissance à la mort de Ligeti. Un parcours qui suit finalement la production du compositeur, assez clairement structurée selon trois périodes créatrices : une période « hongroise », jusqu’en 1956, marquée par l’influence de Bartók et de Kodaly ; une période « occidentale » qui voit Ligeti se prendre de fascination pour les textures et les trames micro-polyphoniques ; une dernière période, à partir du <em>Grand Macabre</em> (1974-1977), où s’exacerbent ses préoccupations rythmiques. Comme ces  trois périodes créatrices correspondent assez clairement à trois moments d’un parcours biographique, Beffa opère fréquemment des va-et-vient entre temps historique et temps des œuvres.</p>
<p>C’est qu’en réalité, l’ouvrage entremêle plusieurs chronologies. Outre la biographie de Ligeti proprement dite, il y a l’histoire de ses œuvres qui s’entrelace avec l’Histoire tout court, surtout durant la première période, particulièrement tragique. Ligeti, en effet, a vécu sous deux totalitarismes. Le premier, le totalitarisme nazi, voulait sa mort ; le second, le totalitarisme soviétique, a tout fait pour qu’il se conforme aux diktats du réaliste socialiste. Une fois exilé à l’Ouest, Ligeti n’en a pas moins poursuivi son combat contre toutes les formes de dogmatismes, jusqu’à contester la suprématie de la nébuleuse de Darmstadt. C’est pourquoi l’histoire des œuvres du compositeur hongrois s’enracine aussi dans l’histoire de la musique, notamment occidentale. Ligeti est un compositeur aux personnalités artistiques multiples et son propre cheminement à travers l’Europe et les styles musicaux fait de cet ouvrage une véritable histoire de la musique savante de la deuxième moitié du XX<sup>e</sup> siècle, fruit d’une longue réflexion de Beffa sur la musique d’aujourd’hui.</p>
<p>Dès son avant-propos et tout au long de son ouvrage, Beffa analyse de façon très convaincante les relations fortes que Ligeti a entretenues avec les sciences et surtout avec les autres arts : la littérature (Borges, Lewis Caroll, Kafka, Queneau, Vian…), la peinture (Klee, Mondrian, mais aussi Piranèse et Escher…), le dessin (Roland Topor, Saul Steinberg…), le cinéma (Chaplin, les Marx Brothers…). L’auteur montre de manière tout à fait probante comment la musique de Ligeti, au-delà de l’ouïe, s’inscrit dans un imaginaire que travaille une riche culture littéraire et picturale. Comme le montre Beffa, les artistes que l’on vient de citer ont en commun le <em>nonsense</em>, un goût pour le méticuleux et pour les constructions labyrinthiques. Les compositions de Ligeti s’en ressentent, caractérisées par un goût pour le ludique et l’onirique, l’humour noir et le second degré, la spéculation formelle et la mise en abyme. </p>
<p>Le fait que Ligeti ait assorti la plupart de ses œuvres d’abondants commentaires ne rend pas la tâche aisée pour le musicologue qui voudrait élucider l’« intention créatrice du compositeur » (conformément à l’intention programmatique proposée par Beffa dans sa Leçon inaugurale au Collège de France <em>Comment parler de musique ?</em>). Dans la mesure où Ligeti adore brouiller les pistes, quel usage faire de la documentation le concernant ? Beffa s’est appuyé sur les notes et manuscrits attestant le travail compositionnel. Pour autant, il a préféré ne pas avoir recours dans le corps du texte à des exemples musicaux explicitement reproduits : les principes analytiques, il les extrait du mouvement même des compositions, en mobilisant une connaissance à l’évidence intime de l’œuvre — ce qui fait, d’ailleurs, que son livre devrait plaire tant aux fans de Ligeti qu’aux profanes. A noter que ces incursions dans l’atelier du compositeur fournissent des éléments susceptibles non seulement de suivre le surgissement ou le développement de certaines idées musicales, mais aussi de tester des hypothèses d’interprétation.</p>
<p>Que Beffa puisse ainsi convoquer sa pratique de compositeur se révèle crucial. On peut simplement regretter qu’il ne prenne pas plus fréquemment parti et donne parfois l’impression de rester en retrait. Derrière cette distance et cette pudeur, on perçoit simultanément le refus du dévoilement caractéristiques de la personnalité de Ligeti, étranger à son propre objet, celui que l’on questionne sans jamais parvenir à percer ses secrets, l’hyper-rationaliste aux prises avec le scalpel aigu de la déduction logique. Dans son utilisation des sources, Beffa témoigne d’une prédilection pour les archives orales, entretiens et témoignages de proches. Mais il s’est également appuyé sur ses propres entretiens avec le compositeur ainsi que sur les très nombreux échanges qu’il a eus avec Pierre-Laurent Aimard, <em>le</em> pianiste de Ligeti, créateur et dédicataire de plusieurs <em>Etudes </em>(un cycle inachevé auquel Beffa a consacré sa thèse de doctorat). Ces usages variés de sources orales, tout en introduisant des perspectives subjectives et des éclairages situés, rapprochent l’objet, lui confèrent des couleurs spécifiques.</p>
<p>Les œuvres de Ligeti sont passées en revue de manière plus ou moins détaillée. Le <em>Requiem</em> (1963-1965) et l’opéra <em>Le Grand Macabre</em> ont les sorts parmi les plus enviables — ce qui ne pourra que réjouir nos lecteurs bien-aimés. C’est que Ligeti était hanté par le sentiment de la mort et de l’inachevé. Il lui arrivait de prendre le contrepied de la gravité lorsqu’elle se fait trop menaçante, d’user du détournement, de la caricature : voies d’expression qui, outre <em>Le Grand Macabre</em>, ont été celles d’<em>Aventures </em>(1962) et <em>Nouvelles Aventures</em> (1965)<em>. </em>L’intérêt persistant qu’avait Ligeti pour l’art polyphonique flamand, en particulier celui d’Ockeghem, est sensible dans une grande partie de sa production chorale, dès la période hongroise, et jusqu’aux œuvres majeures que seront, après le <em>Requiem</em>, <em>Lux aeterna </em>(1966), les <em>Drei Phantasien nach Friedrich Hölderlin </em>(1982) et les <em>Nonsense Madrigals </em>(1988‐1993).</p>
<p>Dernier point à relever : l’importance que cette biographie accorde à Ligeti enseignant. Citer les témoignages des étudiants de la classe de composition à Hambourg permet à Beffa de cerner la singularité du professeur Ligeti, qui tient davantage à sa manière d’être, d’écouter, d’agir et de réagir qu’aux contenus pédagogiques qu’il transmet. Toute ressemblance avec un professeur de musicologie à l&rsquo;Ecole normale supérieure de la rue d&rsquo;Ulm serait fort peu fortuite&#8230;.</p>
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		<title>Dix mises en scène déconseillées au moins de seize ans</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-mises-en-scene-deconseillees-au-moins-de-seize-ans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2015 05:18:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec l&#8217;avènement des metteurs en scène, Il en est à présent de l&#8217;opéra comme du cinéma : certains ouvrages ne sauraient être mis devant tous les yeux. Voici une sélection amusée de quelques unes des mises en scènes parmi les plus scandaleuses de ces dernières années. La liste n&#8217;est évidemment ni exhaustive, ni définitive d&#8217;autant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec l&rsquo;avènement des metteurs en scène, Il en est à présent de l&rsquo;opéra comme du cinéma : certains ouvrages ne sauraient être mis devant tous les yeux. Voici une sélection amusée de quelques unes des mises en scènes parmi les plus scandaleuses de ces dernières années. La liste n&rsquo;est évidemment ni exhaustive, ni définitive d&rsquo;autant que là comme ailleurs, on assiste à une surenchère qui laisse présager dans les années à venir une généralisation et donc une banalisation d&rsquo;un phénomène posant plusieurs questions. Faut-il toujours être explicite ? Peut-on montrer ce que la musique ne fait que suggérer, si tant est qu&rsquo;elle l&rsquo;ait imaginé ? Jusqu&rsquo;à quel point a-t-on le droit d&rsquo;interpréter les intentions du compositeur, voire de les détourner ? L&rsquo;opéra, genre onirique s&rsquo;il en est, doit-il refléter l&rsquo;exacte réalité d&rsquo;un monde en perte de valeurs ? D&rsquo;un autre côté, ne faut-il ouvrir grand les portes des théâtres lyriques si l&rsquo;on veut renouveler un art vieillissant, qui tourne depuis maintenant un siècle avec peu ou prou la même cinquantaine de titres ? Ne faut-il pas frapper les esprits avec des images parfois insoutenables pour inciter chacun à réfléchir et, qui sait, réagir ? Interrogeons-nous, il en est temps encore. [Christophe Rizoud]</p>
<hr />
<p><strong>1. Gyorgy Ligeti, <em>Le Grand Macabre</em> &#8211; mise en scène de Daniel Mesguich (Paris, Garnier, 1981)</strong></p>
<p>Il y a plus de trente ans, un jeune homme de théâtre réalisait au Palais Garnier sa première mise en scène lyrique. Non seulement le texte très cru (en français selon la volonté du compositeur) choqua les tendres oreilles, mais les chastes yeux des spectateurs furent horrifiés : des femmes nues à l’Opéra de Paris ! C’était la première fois, mais ce ne serait pas la dernière. Après les figurantes en tenue d’Eve, viendrait le tour des chanteuses, notamment des Salomé allant jusqu’au bout de leur danse des sept voiles… [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="434" marginheight="0" marginwidth="0" scrolling="no" src="https://fresques.ina.fr/en-scenes/export/player/Scenes01073/512x384" width="512"></iframe></p>
<p><strong>2. Richard Wagner, <em>Tannhaüser </em>&#8211; mise en scène d&rsquo;Olivier Py (Genève, 2005)</strong></p>
<p>Comment évoquer la luxure du Venusberg au début de <em>Tannhäuser</em> ? Pardi, en demandant à un hardeur de traverser la scène nu, zizi en l’air. A Genève en 2005, la scène mit le feu au lac. Pouvait-il en être autrement ? Interrogé <a href="/actu/le-best-of-de-jean-marie-blanchard">ici-même</a> à ce sujet, Jean-Marie Blanchard, alors directeur du Grand-Théâtre, s’étonnait : « <em>Tout cela prend une dimension folle et on oublie complètement </em>Tannhäuser<em> dans l’histoire : Nina Stemme, sublime, chantant dans son église de néons, à vous faire verser les larmes. Comment un scandale non voulu occulte les choses essentielles… La présence de cet homme nu en érection n’avait finalement rien de scandaleux dans le Venusberg. Comme le disait Olivier Py, regardez les didascalies, rien que les didascalies. Ce Venusberg, je le trouvais presqu’un peu sage !</em> ». Comme quoi, tout est relatif. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allow="geolocation *; autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="351" name="Opéra: Olivier Py met en scène &quot;Tannhäuser&quot; de Wagner à Genève" src="//tp.srgssr.ch/p/srf/embed?urn=urn:rts:video:1551626&amp;start=" width="624" id="Opéra: Olivier Py met en scène &quot;Tannhäuser&quot; de Wagner à Genève"></iframe></p>
<p><strong>3. Antonio Vivaldi, <em>Ercole sul Termodonte</em> &#8211; mise en scène de John Pascoe (Spoleto, 2006</strong>)</p>
<p>Un décor hérissé de phallus géants, et un chanteur qui, dans le rôle-titre, ne cache pas grand-chose de sa propre anatomie – tout juste le drapé « alla Pizzi » dont Hercule est (fort peu) vêtu vient-il masquer sa virilité. Bien sûr, ça ne dure pas très longtemps, le temps d’une scène seulement, mais grâce à laquelle John Pascoe a réussi à marquer les esprits. Si jamais le DVD tombe entre les mains de vos chères têtes blondes, imposez-leur le sous-titrage pour protéger leur innocence : le texte masquera au moins une partie de l’image. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mhHU56_nfrI" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Piotr Ilyitch Tchaïkovski, <em>Eugène Onéguine</em> &#8211; mise en scène de Krzysztof Warlikowski (Munich, Bayerische Staatsoper, 2007)</strong></p>
<p>L&rsquo;homosexualité est indéniablement une des clés de l&rsquo;œuvre de Tchaïkovski en général et d&rsquo;<em>Eugene Onéguine</em> en particulier. De là à faire coucher le héros de l&rsquo;opéra avec son meilleur ami et transformer la fameuse polonaise en partie de jambes en l&rsquo;air entre cowboys, il y a un fossé large et profond que Krzysztof Warlikowski n&rsquo;a pas hésité à franchir dans sa représentation scénique de l&rsquo;ouvrage à Munich en 2007. Huit ans plus tard, cette vision subversive continue de susciter des réactions controversées. Et pendant que les adultes, partagés, s&rsquo;affrontent dans la salle à grand renfort de quolibets, les enfants restent consignés à la maison. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/y7M-UgDd8As" width="420"></iframe></p>
<p><strong>5. Thomas Adès, <em>Powder </em><em>her face</em> &#8211; mise en scène de Carlos Wagner (Londres, 2008)</strong></p>
<p>Que l’histoire vraie de la Duchesse d’Argyll, photographiée en 1963 à son insu en train de tailler une pipe à un inconnu ne soit pas de celles que l’on raconte le soir à la veillée relève de l’évidence. Que Thomas Adès en fasse un opéra, créé en 1995 au festival Cheltenham, passe encore. La musique aide souvent à rendre moins crues les situations les plus scabreuses. Mais que la mise en scène en soit confiée treize ans après à Carlos Wagner, voilà qui laissait présager le pire quand on connait le radicalisme de ses (re)lectures. Si le parti fut évidemment pris de ne rien cacher, si la fameuse fellation fut représentée plusieurs fois sans la moindre équivoque, le résultat s&rsquo;avéra finalement moins choquant que prévu. A force, on finit par être blindé. [Christophe Rizoud]<br />
	 </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bfIIZve0Z80" width="420"></iframe></p>
<p><strong>6. Nikolaï Rimski-Korsakov, <em>Kitège</em> &#8211; mise en scène de Dmitri Tcherniakov (Amsterdam, 2012)</strong></p>
<p>Apologie du meurtre, incitation à la violence ? La férocité des envahisseurs tatares aura rarement été montrée de manière aussi explicite que dans la mise en scène de <em>Kitège</em> réglée par Dmitri Tcherniakov. Avec des scènes où la mafia russe n’hésite pas à violer, à torturer et à tuer comme pour le plaisir, un nouveau palier a peut-être été atteint dans ce qui est représentable sur une scène d’opéra. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/0dIdGKdxi5c" width="560"></iframe></p>
<p><strong>7. Richard Wagner, <em>Der Ring des Nibelungen</em> &#8211; mise en scène de Frank Castorf (Bayreuth, 2013)</strong></p>
<p>Pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Wagner en son royaume – Bayreuth –, il était important de marquer les esprits. C’est pourquoi, après quelques péripéties, il fut décidé de confier la nouvelle mise en scène du <em>Ring</em> à Frank Castorf, un des papes du Regietheater. Bingo ! Chaque soir des bordées d’injures et de huées accueillirent son travail dont on ne sait finalement ce qui fit le plus grincer les dents : la turlutte d’Erda à Wotan, le couple de crocodiles forniquant allègrement ou la kalachnikov avec laquelle Siegfried abat de sang-froid Fafner, préfigurant d’autres drames sanglants, bien réels ceux-là malheureusement.  [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allow="geolocation *; autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="351" name="Ausschnitte aus «Rheingold»" src="//tp.srgssr.ch/p/srf/embed?urn=urn:srf:video:10da7ff0-9193-49d5-aa08-70f1de96f606&amp;start=" width="624" id="Ausschnitte aus «Rheingold»"></iframe></p>
<p><strong>8. Dmitri Chostakovitch, <em>Lady Macbeth de Mtsensk</em> &#8211; Mise en scène de Calixto Bieito (Vlaanderen Opera, 2014)</strong></p>
<p>De la rencontre entre Calixto Bieito, metteur en scène réputé sulfureux, et <em>Lady Macbeth de Mtsensk</em>, opéra jugé dégénéré par la censure stalinienne, il ne fallait pas attendre un nouvel épisode des Barbapapas. Combat dans la boue, corps dénudés, scènes de viol et de sexe explicites et, comme souvent avec Bieito – c&rsquo;est, plus que son goût pour la provocation, la raison de la considération dont il bénéficie –, des artistes si engagés que, <a href="/spectacle/sex-crimes">le 29 mars 2014</a>, le placard de la cuisine sur laquelle Ladislav Elgr (Serguei) besognait furieusement Austine Stundyne (Katarina) s’est décroché. Vous avez dit <em>trash</em> ? [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="281" mozallowfullscreen="" src="https://player.vimeo.com/video/89479607?color=ec007c&amp;title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" webkitallowfullscreen="" width="500"></iframe></p>
<p><strong>9. Gioachino Rossini, <em>Guillaume Tell </em> &#8211; mise en scène de Damiano Michieletto (Londres, Royal Opera House, 2015</strong>)</p>
<p>Avec <em>Sigismondo</em>, Damiano Michieletto avait indigné le très conservateur public du festival de Pesaro. Depuis juin dernier, il a rejoint le petit club des auteurs de productions huées avec véhémence dans une maison d’opéra internationale. Pourtant, Londres avait déjà eu droit à une scène de viol collectif l’année précédente, dans <em>La donna del lago</em>. Mais celle que Michieletto situe pendant le ballet du troisième acte de <em>Guillaume Tell</em> fut autrement plus convaincante, et donc plus nauséeuse. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/m5uSjeraUm8" width="560"></iframe></p>
<p><strong>10. Wolfgang Amadeus Mozart, <em>L’enlèvement au sérail</em> &#8211; mise en scène de Martin Kušej (Aix-en-Provence, 2015)</strong></p>
<p>A l’heure où l’islamisme militant fait sans cesse de nouveaux ravages et ne cesse d’attirer de nouvelles recrues parmi les jeunes Occidentaux, il n’était peut-être pas très judicieux de montrer Osmin muni de têtes tranchées à la fin de la représentation de <em>L’Enlèvement au sérail. </em>Martin Kušej a donc été prié d’ôter de sa mise en scène, pourtant située il y a un siècle, tout ce qui pouvait un peu trop rappeler la situation géopolitique actuelle. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ZWgAS3z-X54" width="560"></iframe></p>
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