Céleste soirée

Gustav Mahler, Symphonie n°4 - Laon

Par Marcel Quillévéré | dim 27 Septembre 2020 | Imprimer

La région des Hauts de France peut s’enorgueillir d’avoir en la personne de Jean-Michel Verneiges, un directeur artistique d’envergure capable d’organiser chaque année deux grands festivals de musique qui permettent à un vaste public, venu souvent de loin, d’assister dans l’Aisne à des concerts de haut niveau auxquels participent les plus grands artistes. La musique baroque est à l’honneur au printemps à l’Abbatiale de St Michel en Thiérache, et la musique des XIXe et  XXe siècle à la Cathédrale de Laon en automne (deux acoustiques exceptionnelles). Le 24 septembre dernier c’est l’ Orchestre Philharmonique de Radio France, fidèle invité du Festival depuis des années,  qui était de retour avec son chef titulaire Mikko Franck, dans une cathédrale bondée (en tenant compte des contraintes sanitaires évidemment). Au programme : l’Adagio Céleste du compositeur finlandais Einojuhani Rautavaara, maître du chef d’orchestre, et la 4e Symphonie de Gustav Mahler. Composée alors que ce dernier venait d’être nommé à la direction de l’Opéra de Vienne, la voix y tient une place essentielle comme dans ses deux symphonies précédentes.

Mikko Franck impose d’emblée une vision analytique du premier mouvement. Ce qui peut déconcerter à prime abord. Mais l’adagio « Ruhevoll » en est d’autant plus bouleversant et le fourmillement initial prépare à l’exubérant Lied final « Das Himmlische Leben » « La vie céleste », aboutissement joyeux de la symphonie.  Il s’agit d’un des poèmes populaires allemands recueillis par Brentano et von Arnim sous le titre du « Cor merveilleux de l’Enfant » : dans un ciel parsemé de violons, des jouissances tout à fait terrestres se succèdent en cascades. Sous son apparente simplicité, ce lied est très exigeant. C’est la jeune et sympathique cantatrice belge Jodie Devos, qui l’interprète ici. Ses rôles de soprano léger à l’Opéra Comique de Paris et son disque d’airs coloratures ont fait merveille. Cette légèreté est d’ailleurs de bon aloi dans le Lied malhérien, sa diction allemande est précise mais elle se confronte à une tessiture difficile et sa voix passe mal la rampe dans le registre grave souvent sollicité (ce lied est d’ailleurs parfois confié à une mezzo-soprano). Sa présence chaleureuse sauve la mise mais est-ce vraiment son répertoire ? Pas sûr !

Les musiciens de l’Orchestre Philharmonique sont ovationnés par le public. Les solistes des pupitres des vents notamment. Un grand coup de chapeau au violon solo, le jeune Nathan Mierdel absolument extraordinaire.

 

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