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	<title>Candide - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 17 May 2025 05:37:24 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Candide - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>BERNSTEIN, Candide &#8211; Dresde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bernstein-candide-dresde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Adapté du conte de Voltaire, Candide devient à travers le prisme de Bernstein et de ses différents comparses une œuvre hybride et originale. Envisagé dès 1950, le projet connut un parcours chaotique, entre échecs, remaniements successifs et réhabilitations tardives. Derrière cette genèse mouvementée se cache une ambition inédite : transposer en musique l’ironie mordante et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Adapté du conte de Voltaire, <em>Candide</em> devient à travers le prisme de Bernstein et de ses différents comparses une œuvre hybride et originale. Envisagé dès 1950, le projet connut un parcours chaotique, entre échecs, remaniements successifs et réhabilitations tardives. Derrière cette genèse mouvementée se cache une ambition inédite : transposer en musique l’ironie mordante et le pessimisme lucide du philosophe des Lumières, tout en rendant hommage à l’esprit de Broadway. À la croisée des genres — entre opéra, opérette et comédie musicale —, <em>Candide</em> subvertit les codes du théâtre lyrique avec une insolence jubilatoire qui rend regrettable sa relative absence de l’affiche.</p>
<p>En France, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/candide-lyon-candide-oratorio-profane-sur-la-fin-du-monde/">Lyon</a> le proposait il y a deux saisons. Notre dernier souvenir remonte à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/candide-anvers-tout-pour-le-mieux/">Anvers en 2013</a>. Michael Spyres illuminait le rôle-titre – ce qui n´est pas sans peser sur nos impressions dresdoises.</p>
<p>Sur la scène du Semperoper, un récitant se charge de faire le lien entre les numéros.<strong> Jan Josef Liefers</strong> manie l’ironie avec brio ; la salle s’esclaffe, mais le choix d’une version de concert porte préjudice à l’intégrité dramatique de l’œuvre, transmutée en revue de music-hall. Au jeu du « trois petits tours, et puis s’en vont », se détachent d’abord les artistes pouvant conjuguer présence scénique, énergie communicative et voix de stentor – car il faut de la puissance pour s’imposer face à une Säschsiche Staatskapelle Dresden que la direction de <strong>Karen Kamensek</strong> ne cherche pas à brider.</p>
<p>Citons <strong>Tichina Vaughn</strong> à cheval sur deux registres – poitrine et tête – pour composer en souplesse une Old Lady explosive ; <strong>Christoph Pohl</strong>, imparable en Pangloss comme en Martin dans l’attention portée au texte et au chant à travers ses nuances, sa ligne et ses couleurs – « Dear Boy » idéal, long de souffle, railleur et affectueux à la fois – ; et dans une moindre mesure, car Maximilian et le Capitaine sont moins avantagés par la partition, <strong>Joshua Hopkins</strong> – magistral Almaviva dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-new-york-streaming/">Les Noces de Figaro </a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-new-york-streaming/">au Met cette saison</a> –, réjouissant de timbre, d’émission et d’intentions.</p>
<p>Excellent dans chacune de ses interventions, <strong>Aaron Pegram</strong> ferait un quarté de ce tiercé de tête s’il parvenait mieux à s’imposer face à l’orchestre. Le ténor se distingue sinon par sa clarté, sa souplesse, sa musicalité, son insolence aussi, et une diction particulièrement soignée – qualités qu’il met en valeur dans une sérénade du Gouverneur tout en finesse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/csm_Candide_c_David_Baltzer-0771_c75e3a20cf.jpg?&amp;cacheBreak=1747405453295" />© Semperoper Dreden / David Baltzer</pre>
<p>Cunégonde n’a plus de mystère pour<strong> Erin Morley</strong>. La soprano américaine avance en terrain conquis, dans sa langue maternelle, alliant l’à-propos scénique à une technique vocale d&rsquo;une indiscutable précision. L’agilité et la fraîcheur intacte d’un timbre cristallin font merveille dans ce pastiche de bel canto qu’est « Glitter and Be Gay ». Si l’aigu demeure son royaume, le medium en revanche peine à franchir la rampe, notamment dans les ensembles, où la projection manque de corps.</p>
<p>L’expression, plus que la puissance, est l’obstacle sur lequel achoppe <strong>David Butt Philip</strong>. La voix, homogène sur toute la tessiture, franchit sans dommage le mur du son mais peine à traduire les affects de Candide, sauf à considérer le jeune homme introverti et timide. Tout semble chanté sur un même plan, sans les variations de lumière et la poésie qui caractérisent la plupart de ses airs. L’interprétation ne se libère que trop rarement, lorsque le ténor parvient à détacher les yeux de sa partition.</p>
<p>Omniprésent, l’orchestre, doublé d’un chœur pléthorique – une soixantaine de chanteurs –, prend le lead dès l’ouverture, pétaradante. Bois bavards, cuivres flamboyants, percussions facétieuses, cordes tantôt lyriques, tantôt grinçantes : chaque pupitre, en mouvement perpétuel, s’empare de la partition. Les scènes chorales reposent sur une structure rigoureuse, comparable à un édifice monumental dont les voix assureraient la stabilité et la cohérence. De la tendresse, voire de l’émotion, comme le voudrait « It Must Be So », la ballade de l’Eldorado ou le « Make our garden grow » final ? Non, mais de l’éclat, à faire trembler les murs, du brillant à faire pâlir les néons de Broadway, des contrastes dynamiques, un kaléidoscope de styles crânement assumé sans jamais sombrer dans l’hétéroclite. De ce feu d’artifice sonore jaillit un théâtre auquel il est impossible de résister. Dans la salle, les mains battent la mesure en catimini, les pieds marquent le rythme, indifférents à la gêne que cette manifestation de plaisir peut causer à leurs voisins. C’est debout que le public termine la soirée.</p>
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		<title>Musiques en Fête &#8211; Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/musiques-en-fete-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Musiques en Fête, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par Jean-Louis Grinda est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Musiques en Fête</em>, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par <strong>Jean-Louis Grinda</strong> est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les nombreux nouveaux talents mis sur le devant de la scène du Théâtre antique, le programme traditionnellement pluriel, a été recentré sur la voix et l’opéra avec des solos, duos, trios, quatuors et même un hilarant  septuor, allant du <em>Bel Canto</em> au répertoire dramatique, en passant par le Baroque. « Cette année, j’ai voulu renouveler les distributions avec de nouvelles voix que je suis allé chercher un peu partout et qui participent de l’espoir que l’opéra perdure en dépit de tous les Cassandre ! Et puis j’ai voulu en même temps renouveler le répertoire avec des œuvres que pour la plupart nous n’avons pas encore entendues à Musiques en Fête »<em>,</em> nous a confié <strong>Alain Duault, </strong>concepteur historique du programme.</p>
<p>Lundi soir, <em>Musiques en fêtes</em>, s’est donc décliné sur un air nouveau. La famille s’est enrichie de jeunes visages, et parmi ceux-ci, l’heureuse surprise de ce florilège vocal, la soprano d’origine éthiopienne <strong>Mariam Battistelli</strong>. Débordant d’énergie, facétieuse, elle reprend ici avec brio le rôle de Musetta qu&rsquo;elle avait déjà interprété à Monte Carlo en 2020. On peut aujourd&rsquo;hui mesurer tout le chemin parcouru par la jeune chanteuse depuis sa prestation monégasque. Son passage par l’Ecole de perfectionnement du Palais des Arts de la Reine Sofia, lui a été manifestement bénéfique.  Elle interprète Musette avec une facilité et une décontraction qui montre déjà tout du potentiel de la jeune soprano. Autre attraction vocale de la soirée, la mezzo-soprano <strong>Anna Goryachova</strong>, qui a fait sensation l&rsquo;année dernière en Roméo dans <em>I Capuletti et I Montecchi, </em>se lance ici dans le répertoire baroque avec « Venti, turbini, prestate » du <em>Rinaldo</em> de Haendel avec des moyens vocaux exceptionnels servis par un timbre à la fois sombre et moiré conférant à son interprétation profondeur couleurs, et expressivité. Elle cultive la virtuosité et un art consommé de l’ornementation qui révèlent une artiste de fière et belle allure. Autres nouvelles venues : <strong>Aurélie Jarjaye</strong> à la voix émouvante dotée d’un léger vibrato, touche au cœur dans « Memories » de <em>Cats</em> et <strong>Sandra Hammoui</strong>, au chant soigné et au timbre clair, mais qui ne possède pas tout à fait la légèreté et la dimension aérienne requises pour le « Ah non credea mirarti » de <em>La Somnambula</em>.</p>
<p>Coté masculin, le ténor <strong>Julien Henric </strong>a suscité le frisson dans l’air de Roméo « Lève-toi Soleil » servi par un timbre superbe, une voix homogène et assurée, un aigu percutant, avec une projection et une diction impeccables. Le ténor <strong>Diego Godoy</strong> impressionne par l’ampleur de ses moyens et son engagement dans « Di quella pira » de <em>Il Trovatore</em>. L’artiste ne manque pas d’ardeur et d’héroïsme, même si on s’attendrait toutefois, avec une telle puissance, à plus de nuances et davantage d’amplitude et de virtuosité. Il s’est en revanche montré beaucoup plus à son aise en  Duc de Mantoue, dont il a la brillance et l’assurance, motivé sans doute par sa partenaire (que de baisers dans ce duo !) <strong>Emy Gazeilles</strong>, Gilda au timbre clair et à luminosité  juvénile. Les ténors étaient d’ailleurs fort bien représentés dans cette soirée, puisqu’outre Julien Henric et Diego Godoy, <em>Musiques en fête </em>accueillait également <strong>Kaëlig Boché</strong> en Don José. Il n’a guère été aisé au jeune chanteur de trouver ses marques face à la Carmen stratosphérique de <strong>Marina Viotti</strong> dans le duo final de l’acte 1. Dans <em>La Fleur que tu m&rsquo;avais jetée</em>, au-delà de qualités évidentes de timbre et de ligne de chant, il a toutefois manqué puissance et charisme au jeune ténor pour être pleinement convaincant. Le rôle de Don José n&rsquo;est donc pas (encore) pour lui. En revanche, à ce stade, il ferait merveille dans Ferrando de<em> Cosi</em> <em>Fan tutte</em> dont il possède le phrasé, le timbre et les nuances piano. La basse <strong>Adrien Mathonat</strong> confère à l’air « O wie will ich triumphieren » de somptueuses couleurs vocales.  Sa descente vers les tréfonds abyssaux de sa tessiture pourrait toutefois être moins tendue et davantage audible, mais la voix convoque à l&rsquo;évidence l’émotion. Aucune basse française ne possède actuellement comme celle-ci une telle densité de timbre si caractéristique des chanteurs de l’Europe de l’Est.</p>
<p>Parmi les artistes davantage familiers de l’évènement, Le baryton-basse argentin <strong>Nahuel di Pierro</strong> s’est quant à lui distingué par la noblesse du grain profond d’une voix chaude, mais aussi une diction impeccable qui rendent son interprétation de « Vi ravviso, o luoghi ameni » de <em>La Somnambula</em> magistrale.</p>
<p>Outre les nouveaux visages, certaines voix de la grande famille de <em>Musiques en Fête</em> ont répondu présent, tel <strong>Florian Sempey</strong> superbe d’autorité et de présence dans « Estuans Interius », du <em>Carmina Burana</em> de Orff, <strong>Jerôme Boutillier</strong> égal à lui-même dans le Toast d’Escamillo qu’il habite comme à son habitude avec maestria, Côté féminin, les stars de la soirée, ont incontestablement été Marina Viotti et <strong>Catherine Hunold</strong>, venue en <em>invitée </em>de dernière minute. Sa participation à <em>Musiques en Fêtes</em> a permis de faire découvrir au public qu’elle n’est pas seulement wagnérienne, mais également une grande interprète dramatique capable de s’emparer avec brio de Macbeth ou Norma, dans laquelle elle a d&rsquo;ailleurs brillé en duo avec une Marina Viotti, superlative. Cette dernière a montré qu’elle était en effet capable d’épouser tous les répertoires avec une aisance déconcertante : de Bellini à Bizet en passant par une « Historia de un amor » d’Almaran, où elle se fond à la perfection dans le style andalou jouant de son timbre rond et corsé pour livrer une lecture éminemment sensuelle. Pour rester dans l’exceptionnel et le spectaculaire, il convient de mentionner le moment de bravoure et la pyrotechnie vocale de la soprano Catalane <strong>Sarah Blanch Freixes</strong> dans l’exubérant « Glitter and be gay » tiré de <em>Candide</em> de Berstein. La colorature virtuose est aussi une comédienne hors paire qui tient la scène en véritable show-woman, obligeant d&rsquo;ailleurs le caméraman à épouser son ballet de contorsions scéniques pour pouvoir la suivre ! Dans la même veine de l&rsquo;<em>entertainment</em> de haute volée, et complétant ce florilège vocal, la chanteuse <strong>Isabelle Georges</strong> s’est illustrée avec brio dans  « My heart belongs to Daddy » de Cole Porter. Portant haut la tradition du Music-Hall combinée à la maestria et l&rsquo;éclectisme de l&rsquo;entertainer à l&rsquo;Américaine, elle nous livre un numéro pétillant et plein d&rsquo;allant.</p>
<p>Pour accompagner ce parterre d’artistes, l’Orchestre national de Montpellier, le Chœur de Parme et le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo, avec la maîtrise de l’Opéra d’Avignon dirigés par les chefs <strong>Luciano Acoccella</strong> et <strong>Didier Benetti</strong> qui ont été rejoints cette années par la jeune cheffe <strong>Chloé Dufresne</strong> Révélations « chef d&rsquo;orchestre » aux Victoires de la musique et assistante de <strong>Gustavo Dudamel</strong> la direction musicale du Los Angeles Philharmonic. Mentionnons également le chœur d&rsquo;enfants de <em>Pop the Opera</em> dans un émouvant medley Disney.</p>
<p>Musiques en Fête nous a offert lundi soir une belle soirée lyrique, qui ne se perd pas sur des chemins de traverse. Renouant ainsi avec l’esprit de ses années fondatrices, cette treizième édition conçue comme une ode à la voix (et aussi à la joie) a su, sans nul doute,  capturer le regard et l&rsquo;intérêt tant du grand public que de l’amateur éclairé.</p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide &#8211; Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bernstein-candide-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Emménageant à Strasbourg pour ses études, l&#8217;auteure de ces lignes avait découvert un dispositif formidable qui permit à des générations d&#8217;étudiants de profiter à prix très réduits d&#8217;une offre culturelle de haute qualité et des émotions esthétiques afférentes : la carte Culture. Cette dernière fête ses trente ans, l&#8217;occasion d&#8217;investir la Aula – superbe patio &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Emménageant à Strasbourg pour ses études, l&rsquo;auteure de ces lignes avait découvert un dispositif formidable qui permit à des générations d&rsquo;étudiants de profiter à prix très réduits d&rsquo;une offre culturelle de haute qualité et des émotions esthétiques afférentes : la carte Culture. Cette dernière fête ses trente ans, l&rsquo;occasion d&rsquo;investir la Aula – superbe patio couvert du Palais Universitaire de Strasbourg – pour une version concertante du <i>Candide</i> de Bernstein dont une représentation, gratuite, était même réservée cette semaine aux étudiants alsaciens ! </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Evoquer Leibniz, <span style="color: #000000">fut-ce</span> avec irrévérence, à quelques pas de la statue du philosophe et des amphis, amener l&rsquo;opéra au cœur même d&rsquo;un lieu emblématique de l&rsquo;université, voilà une proposition hautement pertinente pour les jeunes artistes de <b>l&rsquo;Opéra Studio de l&rsquo;Opéra national du Rhin</b> sous la houlette experte de <b>Lambert Wilson</b>. Narrateur ironique à l&rsquo;humour grinçant, tour à tour cabotin, crooner ou libidineux, le comédien-chanteur campe un Pangloss hilarant de certitudes qui rend l&rsquo;action aussi limpide que dynamique ; au point que l&rsquo;absence de mise en scène n&rsquo;est jamais pesante. Leonard Bernstein lui-même avait d&rsquo;ailleurs fait le même choix en 1989 dans sa version avec le London Symphony Orchestra.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Ni ennui, ni temps mort, donc, dans cette soirée réjouissante, au diapason des tempi – très – enlevés choisis par l&rsquo;excellent jeune chef de l&rsquo;Opéra Studio, <b>Samy Rachid</b>. Ce dernier habite la partition des pieds à la tête, dansant presque face à <b>Orchestre symphonique de Mulhouse </b>à l&rsquo;interprétation décoiffante, toute en vitalité juvénile, et ce, dès l&rsquo;ouverture.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Acoustiquement, le lieu n&rsquo;est pas simple, les artistes ne s&rsquo;entendent sans doute pas très bien d&rsquo;où quelques décalages. Sans cesse le chef se penche en arrière vers les chanteurs, accroche leur regard pour donner les entrées, puis pirouette vers l&rsquo;avant pour soutenir le Chœur de l&rsquo;Opéra national du Rhin à la pâte sonore opulente même si son anglais n&rsquo;est pas toujours très clair.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Côté solistes, le Maximilien d&rsquo;<b>Oleg Volkov</b> impose sa prestance décontractée et la projection puissante d&rsquo;un organe au grain généreux sans aucun effort apparent.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small"><b>Liying Yang</b>, quant à elle, prête sa voix riche à la belle autorité au personnage délicieusement dévoyé de la vieille dame.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small"><span style="color: #1d1d1d">Nommée Révélation classique de l’ADAMI</span> en 2021, <b>Brenda Poupard</b><span style="color: #1d1d1d"> collabore régulièrement avec</span> l<span style="color: #1d1d1d">e Poème Harmonique. Elle campe </span>une Paquette tout en fruité que l&rsquo;on aurait aimé plus entendre, tout comme <b>Andrei Maksimov</b>, impeccable d&rsquo;autorité vocale ou encore <b>Iannis Gaussin </b>dont le Vanderdendur, félin, matois, révèle un vrai sens comique servi par une projection puissante et percussive.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Tous rejoignent le couple d&rsquo;amoureux dans des ensembles bien équilibrés où perce le plaisir manifeste de pasticher tous les genres en jouant des couleurs et des nuances.</span></span></p>
<p style="text-align: center"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-126868 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Candide-7574presse-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /><br />
© DR</p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">La Cunégonde de <b>Floriane Derthe</b> est un concentré de charme en fourreau lamé qui brille également par un timbre charnu, des aigus aussi faciles que ses graves sont bien campés. On perd parfois le personnage quand son œil trahit trop clairement la chanteuse en quête d&rsquo;un appui pour une entrée mais il ne s&rsquo;agit là que d&rsquo;un défaut de jeunesse.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">La révélation de la soirée est sans conteste <b>Glen Cunningham</b> qui, tout en assumant la modeste fonction du gouverneur, s&#8217;empare avec maestria du rôle titre en remplacement de son collègue, <b>Damien Arnold</b>, malade. Le jeune ténor force l&rsquo;admiration tant il parvient à se détacher de la partition pour incarner un Candide tout d&rsquo;ingénuité et de naturel, tant dans l&rsquo;émission que dans le jeu, rendant l&rsquo;incarnation naïve totalement crédible, ce qui est loin d&rsquo;être facile.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Si l&rsquo;instrument n&rsquo;est pas démesuré, les <em>forte</em> sont d&rsquo;une indéniable autorité, les <em>piani</em> délicatement filés dans un remarquable travail des nuances. Le chanteur colore même ses différents personnages d&rsquo;une palette différente faisant montre d&rsquo;une intelligence musicale qui force l&rsquo;admiration.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Le propos universaliste de Voltaire est ainsi porté avec brio par des chanteurs du monde entier : chinois, russe, australien, écossais autant que français dans u<span style="color: #1d1d1d">ne version généreuse de cette « farce d&rsquo;étudiant » qui nous démontre avec jubilation combien les voies de l&rsquo;optimisme sont impénétrables. </span></span></span></p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/candide-lyon-candide-oratorio-profane-sur-la-fin-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2022 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entrée réussie au répertoire de l’Opéra de Lyon du Candide de Bernstein. Dans une salle sold out, malgré la rude concurrence d’un match de football à la même heure (!), le public lyonnais a accueilli avec un enthousiasme justifié une nouvelle production majoritairement américaine et n’a pas lésiné sur les applaudissements. Tout n’était pourtant pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entrée réussie au répertoire de l’Opéra de Lyon du <em>Candide</em> de Bernstein. Dans une salle <em>sold out</em>, malgré la rude concurrence d’un match de football à la même heure (!), le public lyonnais a accueilli avec un enthousiasme justifié une nouvelle production majoritairement américaine et n’a pas lésiné sur les applaudissements.<br />
	Tout n’était pourtant pas gagné d’avance, loin de là, puisque le parti pris par <strong>Daniel Fish</strong> et <strong>Annie Parson</strong> était diablement risqué, nous le verrons. Daniel Fish, présent essentiellement à New York, travaille aux frontières entre plusieurs formes artistiques, opéra contemporain, théâtre, film ou installation vidéo. Il a signé cette année à l’Opéra du Rhin un spectacle  autour du <a href="https://www.forumopera.com/lamour-sorcier-journal-dun-disparu-strasbourg-sept-ils-sont-sept-et-prokofiev-ny-est-pour-rien"><em>Journal d’un disparu</em> et de l’<em>Amour sorcier</em>.</a> Quant à Annie Parson, cofondatrice du Big Dance Theatre, elle travaille principalement à Broadway et récemment, c’est elle qui a créé les danses pour <a href="https://www.forumopera.com/the-hours-new-york-en-direct-de-new-york-une-creation-spectaculaire-pour-le-retour-de-renee-fleming"><em>The Hours</em> au Metropolitan Opera</a>.</p>
<p>Pari risqué disions-nous, puisque en réalité nos deux comparses ont en quelque sorte travaillé contre nature. Annie Parson n’a chorégraphié aucune danse dans ce <em>Candide</em>. Certes la scène est toujours occupée par des figurants (une cinquantaine au maximum) qui se déplacent de façon quasi ininterrompue, mais il s’agit en fait de déambulations permanentes, de marches à peine chorégraphiées. C’est la marche du monde que nous donnent à voir ces figurants, habillés comme vous et moi, où toutes les strates de la société contemporaine sont représentées, figurants parmi lesquels se trouvent les choristes ainsi que les personnages principaux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/operacandide01_copyrightstofleth.jpg?itok=YOboX6sR" title="© Stofleth" width="468" /><br />
	© Stofleth</p>
<p>Quant à Daniel Fish, il réduit la conduite d’acteurs à son strictissime minimum. Peut-on même parler de mise en scène dans ce spectacle ?  L’idée de départ est que le <em>Candide</em> de Voltaire, certes retravaillé de façon fidèle à l’original il faut le souligner, par Hugh Wheeler, est impossible à mettre en scène. Comment représenter un conte philosophique qui nous déplace en permanence dans l’espace et le temps et qui ne vaut en réalité que par ses enseignements ? Plutôt que de risquer l’infaisable, Fish prend Voltaire au mot et s’en tient à la substance de l’œuvre originale qu’il ne cesse d’interroger sur son sens ultime. Il agrémente le tout d’interventions d’un narrateur qui relie les scènes entre elles en les commentant succinctement ou en philosophant sur les personnages. Exemple de ces apophtegmes : « Les optimistes ont-ils jamais eu raison ? ».<br />
	Du coup, non seulement on se passera de mise en scène mais aussi de décors. La scène du théâtre de Lyon est entièrement nue, du sol au plafond, de cour à jardin. Seuls accessoires : les chaises sur lesquelles prennent place les figurants ou les chanteurs et, surtout, une immense sphère transparente, sorte de ballon représentant notre planète, qui, au final du II, de dégonflera dangereusement, rendant compte de la tonalité on ne peut plus pessimiste voulue par Daniel Fish et résumée par cet extrait de <em>Annie Hall</em> de Woody Allen, figurant en exergue du programme de salle : « Pour moi, la vie se divise en deux catégories, l’horrible et le misérable. Dans la première, il y a les malades en phase terminale […] et dans la seconde il y a tous les autres, c’est-à-dire les gens comme vous et moi. Au fond, il faut remercier le ciel d’être misérable parce qu’on a une chance inespérée ». Et, pour enfoncer le clou, Fish nous dit : « Comment se fait-il, en dépit de montagnes de plus en plus hautes de preuves du contraire, que les gens continuent de croire que tout va bien se résoudre à la fin ? ».</p>
<p>Parti pris minimaliste donc, mais qui se tient, même si certaines options nous laissent perplexes : des jets récurrents de mousse et des signes un rien ésotériques proposés par les figurants, sans qu’on en comprenne bien le sens. Au final, ce qui nous est donné de voir s’approche d’une version de concert, dans laquelle les chanteurs ne s’adressent pas les uns aux autres, mais au seul public et transforme <em>Candide</em> en une sorte d’oratorio profane sur la fin du monde.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/operacandide54_copyrightstofleth.jpg?itok=6KeJ28dc" title="© Stofleth" width="468" /><br />
	© Stofleth</p>
<p>Ce qui nous est donné d’entendre est du meilleur acabit. Commençons par la Cunégonde de <strong>Sharleen Joynt </strong>qui remplace Andrea Carroll, initialement prévue. L’Europe a très peu l’occasion de l’entendre puisqu’elle défend le grand répertoire de colorature essentiellement Outre-Atlantique. Son « Glitter and be gay » nous envoie le feu d’artifice attendu avec contre mi-bémol obligés, glissades et roucoulades sans aucune difficulté apparente. L’aisance sur scène est impressionnante, la voix est assurée, tranchante, même si le métal est un peu froid. Les médiums sont un peu moins audibles dans les ensembles, mais Joynt restera pour nous une révélation. Le Candide de <strong>Paul Appleby</strong> est tout simplement parfait. Son ténor est juste du début à la fin, le phrasé soyeux, le timbre captivant et une incroyable longueur de souffle qu’il nous donne par deux fois d’admirer :  en conclusion du « It must be me » au I puis du « Nothing more than this » au II. <strong>Derek Welton</strong> est un Pangloss au baryton sûr de même que celui de <strong>Sean Michael Plumb</strong> (Maximilien), capable également de bien monter les étages de la gamme. Magnifique présence sur scène de <strong>Tichina Vaughn</strong> en Vieille dame ; elle en impose par sa stature certes, mais surtout par l’ampleur et la chaleur de la voix. Vibrato large, mais pas envahissant, elle a gagné tout au long de la représentation en assurance. <strong>Peter Hoare</strong> chante les trois personnages du Gouverneur, de Vanderdendur et de Ragotski avec autant d’implication et de réussite. Copie parfaite enfin pour la Paquette de <strong>Thandiswa Mpongwana</strong>.</p>
<p><em>Candide</em> est une partition que <strong>Wayne Marshall</strong> connaît bien, ainsi que le répertoire américain en général qu’il défend tant aux Etats-Unis qu’en Europe. On a du mal à imaginer que l’orchestre de l’Opéra de Lyon joue cette pièce pour la première fois. Le mérite revient au chef d’avoir si bien su rendre ce qui fait le sel de l’orchestre de Bernstein : lyrisme, légèreté, rythmes endiablés ou au contraire gravité et austérité. Satisfecit à partager avec les chœurs de l’Opéra de Lyon qui s’emparent sans faiblesse de leur partie.</p>
<p> </p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide — Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bernstein-candide-lausanne-un-candide-petillant-et-doux-amer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la fois chic, grinçant, drôle, touchant, électrique, ce Candide est étincelant. On espère que des directeurs de théâtres auront envie de s’en emparer, et qu’il n’en restera pas à ses quatre (!) seules représentations lausannoises. D’abord, pour monter Candide, il faut un excellent Candide, et on l’a ! Miles Mykkanen, jeune ténor étasunien, rend &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A la fois chic, grinçant, drôle, touchant, électrique, ce <em>Candide </em>est étincelant. On espère que des directeurs de théâtres auront envie de s’en emparer, et qu’il n’en restera pas à ses quatre (!) seules représentations lausannoises.</p>
<p>D’abord, pour monter <em>Candide</em>, il faut un excellent Candide, et on l’a ! <strong>Miles Mykkanen</strong>, jeune ténor étasunien, rend vrai le personnage par sa seule présence (faussement) pataude. Il joue de sa rondeur, comme un enfant prolongé livré à la cruauté du monde. Les malheurs pleuvent sur lui, Cunégonde le berne, Pangloss l’assomme de son Leibniz pour les nuls, divers aigrefins le bernent, mais il se promène comme le personnage sérieux et sincère qu’il demeure, pur dans un monde violent. Une manière de Tamino ou de Belmonte en somme.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_3.jpeg?itok=zSiQzxwn" title="© Jean-Guy Python" width="414" /><br />
	Miles Mykkanen © Jean-Guy Python</p>
<p>Première image, il est debout sur une mappemonde, exercice d’équilibre pas facile, qui démontre à lui seul, que loin d’être pataud, il (le chanteur, pas le personnage) est très en accord avec son corps, ce que démontrera une voix saine, pleine, homogène, projetée, d’une habileté technique redoutable. On remarquera lors d’un de ses airs un passage en voix de tête puis un élargissement de l’émission, une manière de crescendo, le faisant se retrouver en voix de poitrine, sans couture apparente… Très fort !<br />
	De surcroît, sa Cunégonde, <strong>Marie Lys</strong>, est elle aussi dans une forme vocale insolente : son air à coloratures, « Glitter and be gay ! » sera d’une ébouriffante virtuosité, avec ses trois contre <em>mi</em>-bémol impeccables, ses glissandos comiques, son apparente facilité, et de surcroît quelques acrobaties (voir photos) sur le portique central et une dernière note en s’y balançant comme au gymnase. Triomphe, applaudissements à n’en plus finir.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_6_2.jpeg?itok=5B9PzObZ" title="Marie Lys © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Marie Lys © Jean-Guy Python</p>
<p>Rien de plus grinçant que cette comédie musicale, bien sûr, cornaquée ici par un excellent Narrateur, un <em>master of ceremony</em>, sardonique, assez dans l’esprit du Joel Grey de <em>Cabaret</em>. Frac et insolence, allusions au monde actuel, qui n’a pas beaucoup fait de progrès depuis le siècle de Voltaire : épidémies, catastrophes naturelles, invasions, guerre, ce n’est plus l’époque de la <em>spanish Inquisition</em> contre laquelle moulinait le seigneur de Ferney, ni celle de la <em>Red scare</em>, la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy, à l’assaut de laquelle partaient Lilian Hellman, la librettiste, et le libéral (à l’américaine) Bernstein, mais en somme ça va plutôt moins bien… et parmi les anachronismes que tricotera l’excellent <strong>Mike Winter</strong> (le Narrateur) on entendra passer un Poutine qui ne détonera pas. Et l’on verra à un certain moment tomber doucement du ciel (image poétique drôlatiquement jolie) une pluie de sacs en plastique de supermarché, comme pour célébrer un nouveau fléau auquel Voltaire n’avait pas pensé…</p>
<p><strong>De menaçants tricornes</strong></p>
<p>Le dispositif scénique dessiné par <strong>Vincent Lemaire</strong> est très réussi. Une sorte d’arène blanche, élégante, brillante, très <em>clean</em>, dominée par une tribune où sont perchés une trentaine d’observateurs en tenues vénitiennes, dans une sublime harmonie de couleurs noires et mordorées, bicornes pour les hommes et hautes coiffures pour les femmes. Un peu comme certains personnages de Sade ou de Marivaux, ces aristocrates, manière de société savante, font du petit monde du château de Thunder-ten-tronckh en Westphalie (Candide, Cunégonde, Maximilien, Pangloss et Paquette la camériste) les sujets de leurs expériences, en les plongeant dans le tragique du monde.</p>
<p><strong>Femmes puissantes</strong></p>
<p>Deux femmes dans les mêmes somptueux atours (<strong>Christian Lacroix</strong> a drapé des kilomètres de taffetas changeant – ou faisant office de…) descendront parfois dans l’arène pour jouer le rôle de manipulatrices. Pas d’autres éléments sinon un carton où Pangloss disparaitra avec Paquette pour quelques privautés – charme théâtral à l’ancienne des trappes…<br />
	Autre accessoire, un portique à l’avant-scène muni d’une porte en verre, lieu de passage entre le dehors et le dedans, mais aussi agrès où grimperont non seulement Cunégonde, mais aussi Candide (qui chantera un de ses airs perché là-haut) ou Maximilien, le frère de Cunégonde, auquel <strong>Joël Terrin</strong> prêtera sa silhouette de grand sifflet et un timbre de ténor très clair (il brillera dès le quatuor d’entrée, « Life is Happiness indeed », où ces jeunes privilégiés, ignorant tout du monde, s’esbaudissent de leur bonheur).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_4.jpeg?itok=Rnq0VAtP" title="© Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	© Jean-Guy Python</p>
<p>Ce premier ensemble aura été le vrai démarrage de la <em>comic operetta</em>. Auparavant, l’ouverture (qu’on a peut-être trop dans l’oreille dirigée à un tempo d’enfer par Bernstein) aura semblé très plan-plan. En tout cas d’une prudence toute vaudoise. Dans un effectif réduit mettant en lumière une flûte espiègle et des bois diserts.</p>
<p><strong>L&rsquo;amertume derrière la gaieté</strong></p>
<p><strong>Candide</strong> a connu de multiples avatars, dont un réaménagement après la création en 1956 à Broadway, qui connut un succès moyen (77 représentations tout de même). Sur le livret originel de Hugh Wheeler intervinrent pas moins de six <em>lyricists</em>, dont Stephen Sondheim (qui l’année suivante écrirait les paroles de <em>West Side Story</em>). Bernstein conçut ensuite une version de concert avec un narrateur, dont il serait en partie l’auteur du texte. C’est la version adoptée ici et ce narrateur donne à l’ensemble un faux air de cabaret berlinois. Et un second degré qui fait penser à l’esprit d’<em>Ariadne auf Naxos</em>, avec son côté expérimental que souligne ici la mise en scène inventive, brillante, élégante d&rsquo;un <strong>Vincent Boussard </strong>très inspiré.</p>
<p>Le paradoxe étant bien sûr que la gaieté de cette comédie dissimule à demi l’amertume profonde du propos. Et un cynisme allègre… C’est le docteur Pangloss évoquant cette syphilis que lui a transmise Paquette, ce virus dont il retrace tout le parcours, d’un Maure à un Japonais, puis d’un Suisse « au nom oublié » à une petite Parisienne, de là à un navigateur écossais, mais d’abord rapporté d’Amérique par Colomb, et sans le virus, dixit Pangloss, on n’aurait connu ni le chocolat, ni le tabac… Seront évoqués toujours aussi gaiement les 30 000 victimes d’un volcan près de Lisbonne ou le viol de Cunégonde sous la menace des baïonnettes de la soldatesque.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_9.jpeg?itok=Cu9XgWbX" title="Anne Steiger, Marie Lys © Jean-Guy Python" width="351" /><br />
	Anne Steiger, Marie Lys © Jean-Guy Python</p>
<p>… Cunégonde qui, arrivée à Paris, sera entretenue à la fois par l’Archevèque et un banquier juif financier du Vatican. En l’occurrence ici la robe de l’Archevêque clignotant comme un arbre de Noël et le chapeau d’hassidim du banquier s’allumant comme un plafonnier, Candide pour les occire tous deux n’aura qu’à leur couper le courant…</p>
<p><strong>Avant le politiquement correct</strong></p>
<p>On le voit, tout cela date d’avant le politiquement correct, et une des scènes les plus réjouissantes est le crucial autodafé avec son irrésistible et bondissant refrain « What a Day for an Auto-da-fé !  – Quel beau jour pour boire en regardant des gens griller ! » Pangloss sera pendu après s’être félicité de l’invention de la corde, ce qui prouve bien que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles…</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_5.jpeg?itok=eiYkd6h9" title=" Franco Pomponi © Jean-Guy Python" width="468" /> <br />
	Franco Pomponi © Jean-Guy Python</p>
<p>L’air de Candide qui suivra sera un modèle de chant legato, en même temps que de doute : « It must be me… – Ce doit être moi qui ne sais pas voir la lumière su soleil… » et cela se terminera par une note filée d’une impalpable douceur. Son lamento, « Cunégonde, it’s true ? » quand il la croyait morte, avait déjà été par Miles Mykkanen une démonstration de chant expressif et pudique à la fois, mettant en valeur son timbre dense et très charnel.<br />
	De Pangloss, le baryton<strong> Franco Pomponi</strong> fait une composition savoureuse, au style clownesque assumé, son allure du premier acte avec son nez en carotte (stigmate de la syphilis) évoquant assez l’épouvantail du <em>Magicien d’Oz</em>. Vocalement, il semble avoir choisi l’option « comédien qui chante » dans une esthétique très comédie musicale.</p>
<p>Quant à <strong>Gavriel Heine</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre de Chambre de Lausanne</strong>, après l’Ouverture un peu quiète à nos oreilles, il allait ensuite respirer à l’unisson des chanteurs, les écouter, à l’occasion les suivre. Et notamment attiser dans la scène de l’autodafé et dans le chœur d’adieu des Surinamiens, particulièrement pimpant, le dynamisme d’un excellent <strong>Chœur de l’Opéra de Lausanne</strong>, magnifiquement préparé par <strong>Patrick Marie Aubert</strong>. Non seulement ces choristes participent à l’action (ils sont presque toujours en scène et manifestement Vincent Boussard les a dirigés de près), mais ils font entendre de très belles choses, notamment ce chœur des seules voix féminines dans la dernière scène, auxquelles Bernstein prête la ferveur d’un choral.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_7.jpeg?itok=F4SwCkAh" title="© Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	© Jean-Guy Python</p>
<p>C’est justement au milieu des choristes en grand équipage et envahissant pour la première fois la scène, que le quatuor, à bord d’une baignoire volante s’envolant dans les cintres, image à la Jules Verne, partira pour le Nouveau Monde, plein d’espoir (« Farewell to distress »), avec Buenos Aires pour première étape.<br />
	Danseurs de tango obligés (excellents, notamment une danseuse dans un numéro à la Cyd Charisse ravageur), sublime robe fuchsia pour Cunégonde et Fandango de la Vieille dame, « I was born in Rovno Gobernia » (soit dit en passant la province de naissance de Bernstein père…), qu’on aimerait un peu plus acéré, un peu plus galbé côté orchestre. C’est également en comédienne qu’<strong>Anna Steiger</strong> incarne cette Old Lady, passablement entremetteuse, vêtue d’une série de tenues extravagantes, du tablier de la soubrette à la robe panthère, à une parodie de tailleur Chanel… Elle assume crânement ce burlesque.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="343" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_8.jpeg?itok=tNM8yhgE" title="Au premier plan, le Narrateur, Mike Winter © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Au premier plan, le Narrateur, Mike Winter © Jean-Guy Python</p>
<p>Cunégonde est maintenant entretenue par le Gouverneur de Buenos Aires « au nom aussi long que ses moustaches » qui lui promet le mariage (<strong>Stuart Paterson</strong>, qui assume une poignée de rôles de méchants, qu’il se partage avec <strong>Bastien Combe</strong>, <strong>Raphaël Hardmeyer</strong>) tandis que Candide devient éleveur de moutons, dans cet Eldorado qu’il a enfin atteint. « Eldorado Clinics » précise une inscription sur le cadre de scène. Paradis illusoire…<br />
	Un Indien emplumé, Cacambo (à nouveau Franco Pomponi) lui fait visiter ce pays peuplé d’aras et de singes qui épousent des femmes. Les natifs de l’endroit l’enivrent de douces mélodies pour mieux l’emprisonner dans ses rêves.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_11.jpeg?itok=eZFVW-qH" title="Miles Mykkanen, Franco Pomponi © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Miles Mykkanen, Franco Pomponi © Jean-Guy Python<br />
	 </p>
<p><strong>« One single word : Absurd ! »</strong></p>
<p>Paradis d’amour de justice, où la jalousie, la haine n’existent plus, où la liberté s’exerce sans licence et l’amour sans possessivité, lui a raconté le Narrateur, et Candide chantera sa ballade « Up a seashell mount » dans un état second. Las ! La plupart  de ses moutons meurent, il part pour le Surinam.<br />
	C’est là que pleuvront du ciel les poétiques sacs plastiques que balayera un certain éboueur nommé Martin, chantant « Words, words, words », allusion shakespearienne, et nouvel air sardonique : « Libre arbitre, Humanité, Amour ! Des mots ! Il y a un mot qui pourrait s’appliquer à nous tous, piégés sur cette boule de poussière : Absurde ! »</p>
<p>Franco Pomponi, dans cette nouvelle composition, atteint au grandiose, avant de disparaître dans son carton…<br />
	C’est alors qu’un marchand hollandais nommé Vanderdendur (Stuart Patterson) qui chante joyeusement « Je suis une vraie fripouille, je suis riche à crever d’ennui », proposera à Candide un billet de passage pour Venise en échange des quelques derniers moutons qui lui restent et qu&rsquo;il transporte sous forme de sacs de voyages.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_12.jpeg?itok=qXME_LJA" title="Franco Pomponi, Miles Mikkanen © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Franco Pomponi, Miles Mikkanen © Jean-Guy Python</p>
<p><strong>Changement de ton</strong></p>
<p>C’est là que la mise en scène va prendre une bifurcation inattendue. Candide fait naufrage, il est recueilli par une galère où rament des esclaves dont l’un est Pangloss (pas vraiment pendu donc) et cinq rois déchus.<br />
	Cette galère avec ses lits métalliques blancs ressemble diablement à un navire-hôpital. D’ailleurs les observateurs sur leur tribune sont maintenant vêtus de blouses vertes comme des infirmiers et le casino vénitien où se déroulera la fin ressemblera décidément à un hôpital psychiatrique.</p>
<p>La <em>Venise Gavotte</em> est l’un des nombreux pastiches de cette partition joueuse, où l’on croit à chaque instant reconnaître un rappel de Strauss, de Gilbert &amp; Sullivan ou de Mahler, sans compter tout ce qui annonce <em>West Side Story</em> à quoi Bernstein travaillait à peu près en même temps, que ce soit un détail d’orchestration, un rythme latino ou un fragment de mélodie. L’un des duos Cunégonde-Candide était d’abord, dit-on, destiné à Tony et Maria, Bernstein le recycla.</p>
<p>ici, c’est le rayonnant « Is it this the meaning of my Life », où Miles Mykkanen, sur les riches phrases de cordes qui s’épanchent derrière lui, laisse monter une puissance éperdue, puis viendra le choral « Life is Life » dans une grande ferveur, douceur et amertume semblant s’entremêler.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="242" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_2.jpeg?itok=SpA2SCTP" title="© Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	© Jean-Guy Python</p>
<p>On redresse les lits, on fait courir des fils, où l’on étend les draps, le chœur retire ses blouses vertes. Peut alors commencer le duo final « Make our Garden grow », « ni purs, ni sages, ni bons, nous ferons de notre mieux ».<br />
	Cunégonde rejoint Candide. Les années ont passé, elle a changé, elle a maintenant de grosses jambes et du ventre. Marie Lys retirera ce rembourrage pour venir saluer dans la robe fuchsia ! Mais pour le moment, sous le portique c’est une image aigre-douce. C’est même un tableau accablant, émouvant et beau. Désespérant et beau.<br />
	Leurs deux voix fusionnent, tous vont venir les rejoindre, les dix voix s’assemblant dans un grand crescendo, <em>a cappella</em> un instant, puis soutenus dans un accord victorieux.<br />
	Victorieux ? Vraiment ?<br />
	« Any questions ? », interroge le narrateur, ultime pirouette.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_generalepiano_credits_jean-guy_python_1.jpeg?itok=ar3OL7D4" title="Miles Mykkanen, Marie Lys © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Miles Mykkanen, Marie Lys © Jean-Guy Python</p>
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			</item>
		<item>
		<title>BERNSTEIN, Candide — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/candide-liege-limportant-cest-davoir-la-saucisse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2019 09:13:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis que Leonard Bernstein en a enregistré une mémorable version, également disponible en DVD, Candide est parvenu à se frayer un chemin dans les maisons d’opéra de la planète, et il n’est désormais plus si rare que cette œuvre soit programmée pour les fêtes de fin d’année, comme elle l’avait notamment été à Nancy en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que Leonard Bernstein en a enregistré une mémorable version, également disponible en DVD, <i>Candide</i> est parvenu à se frayer un chemin dans les maisons d’opéra de la planète, et il n’est désormais plus si rare que cette œuvre soit programmée pour les fêtes de fin d’année, comme elle l’avait notamment été à Nancy en 2013. En effet, tant par son côté « hommage à l’opérette européenne » que par son ironie ravageuse, l’œuvre est de celles qui mettent les spectateurs en joie, malgré le côté forcément doux-amer de la conclusion.</p>
<p>A Liège, alors que les vitrines des confiseurs s’emplissent de saint Nicolas en chocolat, flotte déjà un avant-goût de Noël, et c’est pour un seul soir, hélas, que <i>Candide </i>est à l’affiche, sous la forme d’un concert mis en espace. Aucun regret à avoir, cependant, tant cette soirée fait mouche par le brio avec lequel elle est menée. Pour cette coproduction, créée fin juin à Flagey, reprise en Wallonie en octobre, et qu’on pourra voir fin novembre à Charleroi, <b>Patrick Leterme</b> cumule deux casquettes : celle de directeur artistique et celle de chef d’orchestre. Son expérience de la comédie musicale lui permet de proposer un dosage idéal d’effets comiques, avec des chanteurs et un chœur qui sont ici aussi acteurs qu’ils devraient l’être dans une vraie production scénique. Un accessoire récurrent : la saucisse, à la fois symbole de la Westphalie et de la philosophie panglossienne. Les bouts tournés vers le bas, la saucisse est une moue face aux maux de ce monde, mais le maître ès-optimisme nous enseigne qu’elle se retourne en sourire, en banane pourrait-on dire (les extrémités tournées vers le haut) si l’on admet que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. La saucisse reviendra plus loin, plus charnellement associée à Pangloss lorsque celui-ci explique comment il a contracté la syphilis, puis sous la forme de chapelets ou de boucles d’oreille. Bien d’autres gags émaillent la soirée, chaque protagoniste se voyant doté d’une véritable personnalité. Le texte parlé est en anglais, mais il inclut aussi quelques ajouts et clins d’œil à l’actualité, notamment en français, sans oublier certains jeux de mots uniquement visibles dans les surtitres, puisque pour « Glitter and Be Gay », le texte projeté fait dire à Cunégonde « C’est Lacroix que je porte », telle une <i>fashion victim</i> sortie d’<i>Absolutely Fabulous. </i></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_-_c_opera_royal_de_wallonie_-_liege-012.jpg?itok=NzI2Mp9-" width="468" /><br />
	© Opéra Royal de Wallonie &#8211; Liège</p>
<p>Avec sa quarantaine d’instrumentistes, le Candide Symphonic Orchestra paraît d’abord un peu léger dans l’Ouverture. Devenu un tube et donc interprété par des formations plus copieuses, ce morceau semble ici moins opulent, moins tonitruant que l’on a pris l’habitude de l’entendre, mais lors de la création de l’œuvre à Broadway, ce n’était évidemment pas un orchestre philharmonique qui se trouvait en fosse. D’ailleurs, cette première impression se dissipe très vite. Composé de jeunes chanteurs, le Candide Symphonic Choir brille par son investissement dramatique et sa participation aux effets comiques. C’est de ses rangs que sortent les interprètes de quelques petits rôles et notamment de Paquette, confié à la pulpeuse <b>Lotte Verstaen</b>.</p>
<p>En gouverneur de Buenos Aires au nom aussi long que sa moustache, <b>Leandro Lopez Garcia </b>représente fort dignement la génération des anciens, par opposition à celle de Candide et de Cunégonde, et montre une belle solidité dans l’aigu. Dans le rôle de la Vieille, <b>Pati Helen-Kent</b> réussit à éviter l’écueil de la vulgarité et ne donne à aucun moment l’impression de devoir forcer ses moyens pour s’imposer dans les superbes pages que Bernstein réserve au personnage. Même si le personnage de Maximilian n’est pas le plus gâté, <b>Samuel Namotte</b> semble quand même un peu en retrait, au risque de déséquilibrer le quatuor initial, où il se fait moins entendre que ses partenaires ; sans doute s&rsquo;agit-il d&rsquo;un problème de réglage des micros, tous les chanteurs étant sonorisés.</p>
<p>Cantonné par la partition au registre élégiaque et doux, et privé de ce second degré que tous les autres peuvent pratiquer autour de lui, <b>Thomas Blondelle</b> campe un fort beau Candide romantique et rêveur. <b>Sarah Defrise</b> est une Cunégonde moins légère et plus active que d’ordinaire, avec un timbre sans doute moins lisse et moins cristallin que bien des coloratures ayant abordé le rôle, mais cela n’en confère que plus de relief à son personnage, déjà fort bien dessiné par son formidable talent d’actrice. Avec <b>Shadi Torbey</b> enfin, on se réjouit d’entendre en Pangloss non pas un acteur qui chante (ou parle) mais une authentique voix de basse et un savoureux récitant aussi à l’aise en anglais qu’en français.</p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/candide-theatre-des-champs-elysees-paris-tce-un-jardin-encore-a-cultiver/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2018 08:17:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Ce bruit, dit Pococuranté, peut amuser une demi-heure ; mais, s’il dure plus longtemps, il fatigue tout le monde, quoique personne n’ose l’avouer. La musique aujourd’hui n’est plus que l’art d’exécuter des choses difficiles, et ce qui n’est que difficile ne plaît point à la longue ». On pourrait craindre que ces propos, prêtés par Voltaire au &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Ce bruit, dit Pococuranté, peut amuser une demi-heure ; mais, s’il dure plus longtemps, il fatigue tout le monde, quoique personne n’ose l’avouer. La musique aujourd’hui n’est plus que l’art d’exécuter des choses difficiles, et ce qui n’est que difficile ne plaît point à la longue ».</p>
<p>On pourrait craindre que ces propos, prêtés par Voltaire au sénateur Pococuranté dans <em>Candide</em>, ne s’appliquent à l’œuvre de Bernstein, avec sa profusion de cuivres, ses aigus stratosphériques et ses complexités rythmiques. Un orchestre trop lourd, et on bascule dans le bruit ; une écriture trop périlleuse, et on perd l’ironie du propos. Mais le compositeur a su mêler un humour brut, sans concessions, et des subtilités musicales hors-pair.</p>
<p>Fort <a href="/candide-marseille-jubilatoire">des échos favorables du concert marseillais dimanche dernier</a>, on attendait donc, au Théâtre des Champs-Elysées, des musiciens qui mettent en lumière l’incroyable inventivité de la partition. Si l’ouverture se révèle prometteuse, <strong>Robert Tuohy </strong>prenant la tête de l’Orchestre Philharmonique de Marseille, l’auditeur déchante rapidement. La masse orchestrale est lourde, sans relief, et seuls les cuivres et les percussions parviennent à sortir du lot, pas toujours pour le meilleur – avec quelques problèmes de justesse chez les cors à l’acte I, et des timbales pressant le tempo. L’ensemble manque de nuances, se contentant de forte et de quelques piano isolés.</p>
<p>Mais le plus regrettable est que le chef ne parvienne pas à faire entendre les diverses influences qui nourrissent l’œuvre de Bernstein. <em>Candide</em> constitue en effet une somme de genres et de styles musicaux – souvent sous le prisme de la parodie : choral, valse, scène de grand opéra, sérénade, barcarolle, dodécaphonisme, mélodies yiddish, tango, <em>musical</em> s’y mêlent, nous donnant presque une leçon d’histoire de la musique. Mais ces subtilités échappent malheureusement à l’oreille.</p>
<p>Semblables réserves peuvent être formulées au sujet du chœur de l’Opéra de Marseille. On manque de phrasé et de dynamiques, le texte étant souvent sacrifié au profit du son, quitte à couvrir les solistes.</p>
<p>C’est dommage car le héros Candide trouve en <strong>Jack Swanson</strong> un interprète idéal. La raison suffisante en est une voix pleine sur l’ensemble de la tessiture, un vibrato bien maîtrisé, une projection irréprochable. Plus encore, le jeu et le chant donnent au personnage non seulement une candeur, mais de l’humanité et de l’émotion. L’air « It must be so » à l’acte I, plein de délicatesse, nous offre un aperçu des moyens du ténor américain, bientôt confirmés par un « Nothing more than this » intense, plein de profondeur et d’une grande musicalité.</p>
<p><strong>Sabine Devieilhe</strong> se révèle très à son aise vocalement dans l’exigeant rôle de Cunégonde. Son « Glitter and be gay » se joue aisément des coloratures tout en gardant un bas-medium assuré. On regrette que l’orchestre la couvre parfois et ne l’accompagne pas dans les piano qu’elle se permet à maintes reprises, y compris dans les aigus. La soprano incarne une héroïne futile et, semble-t-il, assez stupide, donnant à sa voix parlée un ton délicieusement insupportable. Devant tant de maîtrise, on ose souhaiter plus de rondeur dans le timbre, une voix plus incarnée, un lâcher-prise… car Cunégonde était bien sage !</p>
<p>Il en va de même pour la Vieille Dame, interprétée ici par<strong> Sophie Koch</strong> (remplaçant Anne Sofie von Otter, souffrante). La voix trouve un bon équilibre entre le lyrique et le <em>musical</em>, mais l’interprétation est rigide, retenue. Il nous manque la danse, la folie, l’incongruité pour savourer un personnage fantasque et parmi les plus réussis de l’ouvrage. Le récit de ses mésaventures ne parvient pas à faire rire, alors que le principe de cette œuvre est que le malheur des uns fait le bonheur des autres.</p>
<p>Le Pangloss de <strong>Nicolas Rivenq</strong> amène heureusement un ton distant et irrévérencieux parfaitement en adéquation avec le livret. Le baryton se révèle un narrateur élégant, précis, à la diction impeccable. On apprécie, dans les passages chantés, une voix chaude et sonore qui s’ironise à souhait pour interpréter le personnage de Martin à l’acte II, mais sans outrance.</p>
<p><strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> fait bénéficier ses personnages d’un très beau timbre et d’une grande justesse dans l’interprétation, leur conférant ce qu’il faut d’humour et de fantaisie.</p>
<p><strong>Kévin Amiel</strong> convainc dans l’interprétation scénique de ses nombreux petits rôles, mais ses aigus sont malheureusement appuyés, notamment dans le « Bon voyage ». Quant à<strong> Jennifer Courcier</strong>, elle incarne une Paquette tout à fait satisfaisante, même si la voix manque un peu de projection.</p>
<p>Ce<em> Candide</em> présente donc des faiblesses, bien qu’il soit porté par un plateau vocal convaincant. Mais nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes possibles&#8230;</p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/candide-marseille-jubilatoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Oct 2018 07:05:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Candide de Leonard Bernstein n’a pas été d’emblée un succès, et divers remaniements tenteront d’y insérer des ingrédients qui avaient fait celui de West Side story sans faire de l’ombre au message intellectuel. Dans l’ultime version validée par le compositeur, celle de l’enregistrement de 1989, il nous semble avoir atteint l’équilibre qu’il cherchait entre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Candide </em>de Leonard Bernstein n’a pas été d’emblée un succès, et divers remaniements tenteront d’y insérer des ingrédients qui avaient fait celui de <em>West Side story </em>sans faire de l’ombre au message intellectuel<em>.</em> Dans l’ultime version validée par le compositeur, celle de l’enregistrement de 1989, il nous semble avoir atteint l’équilibre qu’il cherchait entre la romance qui plaît et la thèse philosophique. C’est celle qui vient d’être donnée en concert à l’opéra de Marseille pour célébrer le centenaire de la naissance de « Lenny », comme l’appelaient ses amis, seulement privée, si notre vigilance est restée entière, de la barcarolle des rois. L’œuvre faisait son entrée au répertoire de l’opéra phocéen et le moins qu’on puisse dire est qu’elle a été accueillie avec un enthousiasme qui constituait sans doute un très bel hommage au compositeur.</p>
<p>Il va sans dire que cette réception si heureuse est liée à la qualité de l’exécution, et à cet égard ce compte rendu sera tressé de louanges. Le premier contact avec l’œuvre s’opère par l’<em>Ouverture</em> : en quelques mesures, <strong>Robert Tuohy</strong> dévoile son amour et sa compréhension de la partition. L’introduction à l’œuvre est bien, sous sa direction, un étincelant condensé d’esprit, de vitalité joyeuse et de culture musicale ouverte dans le temps et dans l’espace, comme un passeport mondial. Il fait sonner à souhait les effets grandioses ou grandiloquents ou frémir les cordes sensibles dans les attendrissements mais rend perceptibles les intentions narquoises ou ironiques par lesquelles l’écriture du musicien retrouve l’esprit de celle de l’écrivain. Quant au savoureux « melting-pot » rythmique, il le scande avec une précision qui n’exclut pas la sensualité. Evidemment ce bonheur n’est possible que parce que les musiciens coopèrent pleinement : peut-être sont-ils fatigués par le calendrier des répétitions, car ils ne sourient guère, mais leur exécution est si propre et si polie qu’on ne peut que croire à leur plaisir de jouer cette partition extraordinaire dont tous les passages pour orchestre seul sont des bijoux d’orfèvrerie dont tous les miroitements nous sont offerts.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_3471_photo_christian_dresse_2018.jpg?itok=Qk2vV3tr" title="Sabine Devieilhe et Jack Swanson © Christian Dresse" width="468" /><br />
	Sabine Devieilhe et Jack Swanson © Christian Dresse</p>
<p>Autre grande performance, celle du chœur maison, qui s’empare de son lot de pièces avec une autorité impeccable, tantôt imposant, tantôt sarcastique, tantôt béatement et agressivement beauf (dans l’<em>Autodafe</em>), modulant très subtilement sa puissance et donnant à sa dernière intervention a cappella la résonance prévue et déconcertante d’un choral mystique, majestueux et émouvant.</p>
<p>Les solistes ne sont pas en reste : la brochette réunie est succulente. Dans les multiples rôles de Voltaire, Pangloss, Martin et Cacambo, l’élégant et spirituel <strong>Nicolas Rivenq</strong> démontre sa maîtrise ancienne de l’anglais, son esprit d’à propos lorsqu’il explique que Candide a reconnu Cunégonde à « son contre-mi » et son talent d’interprète dans la tirade béate « Dear boy » de Pangloss avant d’exprimer le dégoût rageur de Martin dans « Words, words, words ». Tour à tour Grand Inquisiteur brutal et croupier vénal, ce sont les rôles du négociant cynique et celui du gouverneur amoureux qui donnent à <strong>Kevin Amiel </strong>l’occasion de triller comme un merle et de faire briller un registre aigu que soutient une belle longueur de souffle. Si l’on se souvient que Nicolai Gedda  avait chanté ces rôles, on conçoit qu’un jeune ténor puisse s’en accommoder. Au baryton <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin </strong>d’incarner tour à tour le frère de Cunégonde, l’ambigu Maximilien, puis un capitaine, un quidam, un croupier ; il s’en acquitte avec efficacité, la clarté de sa voix et le renfort de ses mimiques contribuant à la saveur du texte et des situations.</p>
<p>C’est à <strong>Jennifer Courcier </strong>que revient <a>Pâquette</a>, la servante dévouée qui a transmis à Pangloss la syphilis et dont cette version féministe a fait entre autres conditions la supérieure d&rsquo;une communauté jésuite. La chanteuse se trouve visiblement dans l’état qu’on appelait autrefois « intéressant » et elle l’exhibe malicieusement, comme le fruit de la conduite capricante du personnage. Le découpage du livret flanque Cunégonde d’une compagne plus âgée dont l’histoire picaresque est nourrie par Bernstein de références familiales et d’allusions à l’actualité : la mère de la Vieille est originaire d’Ukraine, comme la famille du compositeur, et si le pape dont elle se dit la fille est devenu polonais, c’est parce qu’en 1989 règne Wojtyla, Jean-Paul II. Anne-Sophie von Otter devant renoncer pour raison de santé c’est une suppléante inattendue qui déboule dans un fourreau rouge. Dire qu’il s’agit de <strong>Sophie Koch</strong> suffit sans doute à calmer les perplexités ; dans sa maturité naissante, elle se coule avec bonheur, et pour le nôtre, dans ce personnage foutraque, que le compositeur a gratifié de deux morceaux de bravoure, dont le plus célèbre est le tango du premier acte. Comment décrire la qualité de ses interventions, tant vocales que visuelles, car aux paroles elle joint la mimique et le geste ? Si vous avez en tête la performance de Christa Ludwig dirigée par Bernstein, vous aurez une idée juste de celle de Sophie Koch. Son duo avec Cunégonde « We are women » est un piège auquel on succombe sans résister.</p>
<p>Comment résister, d’ailleurs, à <strong>Sabine Devieilhe</strong> ? Sa Cunégonde est d’une drôlerie expressive irrésistible, et son air des bijoux est aussi éblouissant qu’on l’espère, les difficultés accumulées dans une gradation savante étant exécutées avec la maîtrise souveraine qui les escamote. L’intelligence de l’interprète est connue et ainsi elle donne quelque épaisseur à un personnage dont la profondeur intellectuelle n’est pas la caractéristique. Grâce, esprit, élégance, cette dévergondée conserve assez de charme pour qu’on comprenne la quête obstinée de Candide, sous les traits du ténor <strong>Jack Swanson</strong>. Il sait d’entrée, alors que Voltaire présente son héros, tirer parti de son physique juvénile et prendre l’air d’innocence qui est sa carte de visite. Il saura aussi exprimer tant l’exaltation naïve que les incertitudes et les doutes, par son visage mouvant comme par les couleurs de sa voix de ténor, dans les « méditations » du personnage, jusqu’à l’émouvant « Nothing More than this » qui précède la conclusion.</p>
<p>Osera-t-on, avant de saluer encore une fois cette réussite, faire une suggestion ? Le couple qui se forme, à la fin de l’œuvre, n’est pas, n’est plus le couple initial. Des années ont passé, et des vicissitudes, et le regard de Candide est désormais sans illusion. Mais s’il a vu Cunégonde en fripouille racoleuse au casino, elle sait aussi que sa beauté s’est envolée. Leur union finale, c’est celle de deux lucidités, elle est émouvante, mais ce n’est pas une happy end. Or l’image que donnent les interprètes, jeunes et beaux, quand ils se tiennent la main, c’est bien celle de la fin heureuse. Serait-ce trop demander que, jusqu’à la fin de la musique, ils restent les personnages auxquels leur art a su nous faire croire ? Il nous semble qu’ainsi Voltaire et Bernstein auraient le dernier mot…</p>
<p> </p>
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		<title>Mort de Barbara Cook, la première Cunégonde de Bernstein</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/mort-de-barbara-cook-la-premiere-cunegonde-de-bernstein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2017 04:44:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Broadway pleure Barbara Cook, morte ce mardi 8 août à New York. « Elle était reconnue comme une des interprètes majeures des chansons de comédies musicales et en particulier des œuvres de Stephen Sondheim », dixit sa fiche Wikipedia, très détaillée pour qui souhaite mieux connaître la carrière de  cette actrice et chanteuse américaine née en 1927. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Broadway pleure <strong>Barbara Cook</strong>, morte ce mardi 8 août à New York. « <em>Elle était reconnue comme une des interprètes majeures des chansons de comédies musicales et en particulier des œuvres de Stephen Sondheim</em> », dixit sa <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbara_Cook">fiche Wikipedia</a>, très détaillée pour qui souhaite mieux connaître la carrière de  cette actrice et chanteuse américaine née en 1927. Si son nom cependant brille dans notre firmament lyrique, c’est qu’elle fut en 1956 la créatrice du rôle de Cunégonde dans <em>Candide</em> de Bernstein. L’air « glitter and be gay », devenu cheval de bataille des sopranos coloratures fut donc écrit à la mesure de cette voix brillante dont aujourd’hui encore on admire l’agilité autant que l‘étendue.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mF3fwp_VrdQ" width="560"></iframe></p>
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		<title>Dix opéras américains pour une investiture réussie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-operas-americains-pour-une-investiture-reussie/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/dix-operas-americains-pour-une-investiture-reussie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jan 2017 06:42:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au lieu de ramer pour trouver quelques vedettes de la chanson prêtes à donner de la voix pour sa cérémonie d’investiture, le vendredi 20 janvier, Donald Trump aurait pu proposer une représentation d’opéra : sans renoncer à la préférence nationale, le  nouveau président des Etats-Unis y aurait trouvé une belle occasion de rassurer l’opinion de ses &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/dix-operas-americains-pour-une-investiture-reussie/"> <span class="screen-reader-text">Dix opéras américains pour une investiture réussie</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au lieu de ramer pour trouver quelques vedettes de la chanson prêtes à donner de la voix pour sa cérémonie d’investiture, le vendredi 20 janvier, Donald Trump aurait pu proposer une représentation d’opéra : sans renoncer à la préférence nationale, le  nouveau président des Etats-Unis y aurait trouvé une belle occasion de rassurer l’opinion de ses concitoyens et du monde entier. La preuve en dix exemples.</strong></p>
<hr />
<p><strong>1. Scott Joplin, <em>Treemonisha </em>(1913)</strong></p>
<p>Par un étonnant hasard, alors que l’Amérique dit adieu à son premier président non-blanc, le plus ancien opéra venu des Etats-Unis qui soit encore représenté de nos jours est l’œuvre d’un compositeur africain-américain. En y insérant des rythmes de ragtime, <em>Treemonisha</em> célébrait les noces réussies du genre lyrique occidental avec la musique du Nouveau Continent.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QwZ0pBT0W5Q" width="560"></iframe></p>
<p><strong>2. Virgil Thomson, <em>Four Saints in Three Acts</em> (1934)</strong></p>
<p>Monter un opéra composé sur le livret résolument avant-gardiste d’une auteur lesbienne et collectionneuse des peintres les plus audacieux de son temps, voilà qui montrerait à ses adversaires que Donald Trump a l’esprit plus ouvert qu’on le dit. Et s’il prend goût à <em>Four Saints in Three Acts</em>, il pourra ensuite passer à <em>The Mother of Us All</em> (1947), deuxième fruit de la collaboration entre Virgil Thomson et Gertrude Stein.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/YrneAej8rh4" width="560"></iframe></p>
<p><strong>3. George Gershwin, <em>Porgy and Bess</em> (1935)</strong></p>
<p><em>Porgy and Bess</em> n’est pas seulement un opéra dont la quasi-totalité des personnages sont noirs, c’est aussi celui dont le protagoniste central fait partie de ce qu’on appelle aujourd’hui les PMR. Malgré sa « mobilité réduite », Porgy est bien le héros de l’histoire. Voilà qui enverrait un signal positif, de la part de celui qu’on a accusé de moquerie envers un journaliste handicapé et qui promettait de restreindre l’accès aux soins de santé.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/apiq3VN2Ra8" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Carlisle Floyd, <em>Susannah</em> (1955)</strong></p>
<p>Donald Trump a nommé ministre de l’éducation un créationniste, opposé à la théorie darwinienne de l’évolution ? Qu’à cela ne tienne : dénonciation acerbe du maccarthysme et deuxième opéra américain le plus représenté après <em>Porgy and Bess</em>, <em>Susannah </em> de Carlisle Floyd montrerait que le nouveau président est résolument hostile à l’obscurantisme.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Q-FPJ4IECd8" width="560"></iframe></p>
<p><strong>5. Leonard Bernstein, <em>Candide</em> (1956)</strong></p>
<p>Durant sa campagne, le candidat républicain a annoncé son intention de déporter plusieurs millions d&rsquo;immigrants illégaux. Il est temps d&rsquo;appeler à la rescousse Leonard Bernstein et son <em>Candide</em>, composé en pleine guerre froide comme occasion idéale de pourfendre l’intolérance politique et religieuse de bon nombre de ses compatriotes. L&rsquo;air de la Vieille constitue notamment un croustillant éloge de l&rsquo;assimilation des réfugiés.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/vFi-neN5H_0" width="560"></iframe></p>
<p><strong>6. Samuel Barber, <em>Antony and Cleopatra</em> (1966)</strong></p>
<p>Tandis que Poutine et Bachar el-Assad filent le parfait amour, Donald Trump s’apprêterait-il à remporter en Syrie une nouvelle bataille d’Actium ? <em>Antony and Cleopatra</em>, œuvre pharaonique commandée à Samuel Barber pour l’inauguration du nouveau Metropolitan Opera construit au Lincoln Center, offrirait peut-être une autre vision des problèmes politiques du Proche-Orient.</p>
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<p class="rtejustify"><strong>7. Philip Glass, <em>Einstein on the Beach</em> (1976)</strong></p>
<p>La victoire inattendue de Donald Trump a provoqué comme une onde de choc dans le milieu scientifique et universitaire américain, que ses déclarations sur le financement de la recherche ont de quoi inquiéter. <em>Einstein on the Beach</em>, dont les liens avec la théorie de la relativité restent ténus, permettrait peut-être de noyer le poisson.</p>
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<p class="rtejustify"><strong>8. John Adams, <em>Nixon in China </em>(1987)</strong></p>
<p>Le nouveau president des Etats-Unis semble sur le point d’appliquer envers la Chine une politique radicalement opposée à celle de ses prédécesseurs, qui rappellera étrangement la guerre froide. Trump pourrait avantageusement s’inspirer de l’attitude de son prédécesseur Nixon, qui contribua au contraire à renouer les liaisons diplomatiques, comme le rappelait le premier opéra de John Adams.</p>
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<p class="rtejustify"><strong>9. Andre Previn, <em>A Streetcar Named Desire</em> (1998)</strong></p>
<p>Dans l’opéra tiré de la pièce de Tennessee Williams <em>Un Tramway nommé désir</em>, Blanche Dubois veut fuir la réalité et réclame de la magie : il va en falloir beaucoup au nouveau président, en plus du tour de passe-passe grâce auquel il a été élu, pour réenchanter une Amérique qui ne se fait plus guère d’illusions.</p>
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<p class="rtejustify"><strong>10. Charles Wuorinen, <em>Brokeback Mountain</em> (2014)</strong></p>
<p>Malgré des efforts tardifs pour se présenter comme un candidat « LGBT-friendly » (pour un Républicain, en tout cas), l’élection de Donald Trump sème la panique dans toute la communauté homosexuelle des Etats-Unis, qui redoute de perdre tous les acquis des dernières décennies. <em>Brokeback Mountain</em> aurait prouvé que ces craintes étaient infondées.</p>
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