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Dix opéras américains pour une investiture réussie

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19 janvier 2017
Dix opéras américains pour une investiture réussie

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Au lieu de ramer pour trouver quelques vedettes de la chanson prêtes à donner de la voix pour sa cérémonie d’investiture, le vendredi 20 janvier, Donald Trump aurait pu proposer une représentation d’opéra : sans renoncer à la préférence nationale, le  nouveau président des Etats-Unis y aurait trouvé une belle occasion de rassurer l’opinion de ses concitoyens et du monde entier. La preuve en dix exemples.


1. Scott Joplin, Treemonisha (1913)

Par un étonnant hasard, alors que l’Amérique dit adieu à son premier président non-blanc, le plus ancien opéra venu des Etats-Unis qui soit encore représenté de nos jours est l’œuvre d’un compositeur africain-américain. En y insérant des rythmes de ragtime, Treemonisha célébrait les noces réussies du genre lyrique occidental avec la musique du Nouveau Continent.

2. Virgil Thomson, Four Saints in Three Acts (1934)

Monter un opéra composé sur le livret résolument avant-gardiste d’une auteur lesbienne et collectionneuse des peintres les plus audacieux de son temps, voilà qui montrerait à ses adversaires que Donald Trump a l’esprit plus ouvert qu’on le dit. Et s’il prend goût à Four Saints in Three Acts, il pourra ensuite passer à The Mother of Us All (1947), deuxième fruit de la collaboration entre Virgil Thomson et Gertrude Stein.

3. George Gershwin, Porgy and Bess (1935)

Porgy and Bess n’est pas seulement un opéra dont la quasi-totalité des personnages sont noirs, c’est aussi celui dont le protagoniste central fait partie de ce qu’on appelle aujourd’hui les PMR. Malgré sa « mobilité réduite », Porgy est bien le héros de l’histoire. Voilà qui enverrait un signal positif, de la part de celui qu’on a accusé de moquerie envers un journaliste handicapé et qui promettait de restreindre l’accès aux soins de santé.

4. Carlisle Floyd, Susannah (1955)

Donald Trump a nommé ministre de l’éducation un créationniste, opposé à la théorie darwinienne de l’évolution ? Qu’à cela ne tienne : dénonciation acerbe du maccarthysme et deuxième opéra américain le plus représenté après Porgy and Bess, Susannah  de Carlisle Floyd montrerait que le nouveau président est résolument hostile à l’obscurantisme.

5. Leonard Bernstein, Candide (1956)

Durant sa campagne, le candidat républicain a annoncé son intention de déporter plusieurs millions d’immigrants illégaux. Il est temps d’appeler à la rescousse Leonard Bernstein et son Candide, composé en pleine guerre froide comme occasion idéale de pourfendre l’intolérance politique et religieuse de bon nombre de ses compatriotes. L’air de la Vieille constitue notamment un croustillant éloge de l’assimilation des réfugiés.

6. Samuel Barber, Antony and Cleopatra (1966)

Tandis que Poutine et Bachar el-Assad filent le parfait amour, Donald Trump s’apprêterait-il à remporter en Syrie une nouvelle bataille d’Actium ? Antony and Cleopatra, œuvre pharaonique commandée à Samuel Barber pour l’inauguration du nouveau Metropolitan Opera construit au Lincoln Center, offrirait peut-être une autre vision des problèmes politiques du Proche-Orient.

7. Philip Glass, Einstein on the Beach (1976)

La victoire inattendue de Donald Trump a provoqué comme une onde de choc dans le milieu scientifique et universitaire américain, que ses déclarations sur le financement de la recherche ont de quoi inquiéter. Einstein on the Beach, dont les liens avec la théorie de la relativité restent ténus, permettrait peut-être de noyer le poisson.

8. John Adams, Nixon in China (1987)

Le nouveau president des Etats-Unis semble sur le point d’appliquer envers la Chine une politique radicalement opposée à celle de ses prédécesseurs, qui rappellera étrangement la guerre froide. Trump pourrait avantageusement s’inspirer de l’attitude de son prédécesseur Nixon, qui contribua au contraire à renouer les liaisons diplomatiques, comme le rappelait le premier opéra de John Adams.

9. Andre Previn, A Streetcar Named Desire (1998)

Dans l’opéra tiré de la pièce de Tennessee Williams Un Tramway nommé désir, Blanche Dubois veut fuir la réalité et réclame de la magie : il va en falloir beaucoup au nouveau président, en plus du tour de passe-passe grâce auquel il a été élu, pour réenchanter une Amérique qui ne se fait plus guère d’illusions.

10. Charles Wuorinen, Brokeback Mountain (2014)

Malgré des efforts tardifs pour se présenter comme un candidat « LGBT-friendly » (pour un Républicain, en tout cas), l’élection de Donald Trump sème la panique dans toute la communauté homosexuelle des Etats-Unis, qui redoute de perdre tous les acquis des dernières décennies. Brokeback Mountain aurait prouvé que ces craintes étaient infondées.

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