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	<title>Fidelio - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Fidelio - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>L&#8217;Opéra de Vienne rend hommage à Otto Schenk</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-vienne-rend-hommage-a-otto-schenk/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2025 16:16:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous l’annoncions dans nos colonnes, le metteur en scène viennois Otto Schenk est décédé le 9 janvier dernier à l’âge de 94 ans. Le Wiener Staatsoper, où il a tant été présent, a décidé de lui rendre hommage en mettant en avant quelques-unes de ses plus marquantes mises en scène. C&#8217;est pourquoi le site internet &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous l’annoncions <a href="https://www.forumopera.com/breve/deces-dotto-schenk/">dans nos colonnes</a>, le metteur en scène viennois Otto Schenk est décédé le 9 janvier dernier à l’âge de 94 ans. Le Wiener Staatsoper, où il a tant été présent, a décidé de lui rendre hommage en mettant en avant quelques-unes de ses plus marquantes mises en scène. C&rsquo;est pourquoi le <a href="https://play.wiener-staatsoper.at/">site internet</a> de l&rsquo;Opéra d&rsquo;Etat met en accès libre le streaming de captations prestigieuses. Ainsi <em>L’Elisir d’amore</em> (<strong>Nazarova</strong>, <strong>Volkov</strong>),  <em>Der Rosenkavalier</em> (<strong>Kleiber</strong> / <strong>Lott</strong>, <strong>Moll</strong>, <strong>von</strong> <strong>Otter</strong>, <strong>Hornik</strong>, <strong>Bonney</strong>), <em>Ariadne auf Naxos</em> (<strong>Lindsey</strong>, <strong>Davidsen</strong>, <strong>Spyres</strong>), <em>Die Fledermaus</em> (<strong>de</strong> <strong>Billy</strong>, <strong>Nigl</strong>, <strong>Sabirova</strong>), <em>Andrea Chénier</em> (<strong>Harteros</strong>, <strong>Kaufmann</strong>), <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> (<strong>Thielemann</strong> / <strong>Anger</strong>, <strong>Kaimbacher</strong>, <strong>Pelz</strong>), <em>Fidelio</em> (<strong>Vogt</strong>, <strong>Kampe</strong>) sont-ils à consommer sans modération jusqu’au 31 janvier 2025.</p>
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		<title>BEETHOVEN, Fidelio &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Oct 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Soirée militante ce jour dans la deuxième grande maison berlinoise (Deutsche Oper) et si « message » il y a, il est certes sur scène, nous y reviendrons, mais il est aussi dans les coulisses. A peine le rideau tombé sur le premier acte de Fidelio, donné ce soir-là, Tobias Kehrer, Rocco tout juste échappé de l’enfer &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Soirée militante ce jour dans la deuxième grande maison berlinoise (Deutsche Oper) et si « message » il y a, il est certes sur scène, nous y reviendrons, mais il est aussi dans les coulisses. A peine le rideau tombé sur le premier acte de <em>Fidelio</em>, donné ce soir-là, Tobias Kehrer, Rocco tout juste échappé de l’enfer de la prison de Pizarro, revient en effet sur l’avant-scène, micro et papier en main et lit son manifeste. Il s’agit de ce qui, à Berlin, fait l’actualité culturelle depuis fin septembre, nous en parlions <a href="https://www.forumopera.com/breve/berlin-taille-dans-le-budget-de-la-culture/">dans ces colonnes il y a peu</a>. Le gouvernement de l’Etat de Berlin entend en effet rogner entre 200 et 300 millions d’euros sur le budget culture sur les deux exercices 2025 et 2026. Depuis, le monde de la culture local est en émoi et se mobilise : immenses affiches accolées sur la façade du Berliner Ensemble, distribution de tracts à la sortie des spectacles, QR codes à scanner dans les salles de spectacles, pour renvoyer vers la pétition en ligne, qui, au moment où Kehrer faisait son annonce, avait recueilli plus de 70 000 clics. Il faut savoir qu’à Berlin, quand une pétition recueille au moins 100 000 signatures, elle peut enclancher un processus qui oblige le Sénat berlinois à l’examiner formellement.<br />
Mais le militantisme est aussi sur scène pour la treizième représentation depuis la première en novembre 2022 de ce <em>Fidelio</em> que <strong>David Hermann</strong> veut lire, lui aussi, comme un véritable manifeste. Une dénonciation du monde carcéral de nos jours, et le moins qu’on puisse dire c’est que celui qui fut à 29 ans le plus jeune metteur en scène du Festival de Salzbourg (2006, <em>Ascanio in Alba</em>) n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il a choisi son sujet et il pilonne autant que possible pour faire passer le message. Dans le désordre : les prisons sont surpeuplées, les détenus y perdent toute identité : on les voit tous affublés d’un même masque qui leur couvre entièrement le visage et dont ils ne se départiront que pour la promenade quotidienne (chœur « O welche Lust »), les matons sont corruptibles (échange d’argent entre Rocco et Pizarro) et violents, voire meurtriers (des détenus sont achevés à coup de pistolet). Et finalement, l’essentiel est de cacher la misère sous le tapis : lorsque Don Fernando se présente pour la « visite officielle » d’une prison sans doute considérée comme modèle, entouré de gardes du corps et de conseillers chargés de faire en sorte que tout se passe bien, les prisonniers apparaissent cette fois tout endimanchés, à moins que ce soit des badauds venus pour l’occasion, on ne le saura pas.<br />
Bref un certain nombre des clichés liés à la perception du monde carcéral sont accumulés, sans que le spectateur ait pu puiser le moindre motif de réflexion. Une sorte de lecture au premier degré, prévisible au vu de ce que nous dit <em>Fidelio</em> et qui, somme toute, déçoit.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2imgtoolkit.culturebase-1-1294x600.jpg" alt="" width="690" height="320" />
© Bernd Uhlig</pre>
<p>La salle du Deutsche Oper est immense, la scène aussi. Et pour remplir l’une et l’autre, il faut des voix adaptées et un orchestre qui leur laisse aussi la possibilité d’exister. <strong>Stephan Zilias</strong> fait de louables efforts pour que l’Orchester der Deutschen Oper ne submerge pas la scène. Il n’y parvient pas toujours. Sa direction ne rend pas une lecture très fluide de la partition ; cela est le cas dès l’ouverture (il a choisi la « Fidelio ») où il peine à discipliner ses vents et particulièrement les cuivres. Toutefois l’orchestre participera à de très beaux moments, comme l’accompagnement tout en retenue du quatuor au I (« Mir ist so wunderbar » ).<br />
De toutes les voix présentes ce soir, seule celle du Rocco de <strong>Tobias Kehrer</strong> passe la rampe sans difficulté. Il avait été de la partie lors du <em>Ring</em> de Stefan Herheim <em>in loco</em>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-berlin-deutsche-oper/">chroniqué en mai dernier par Christophe Rizoud</a> . Ce membre de la troupe possède une basse chantante rayonnante et très prometteuse, à suivre sans aucun doute. Les autres protagonistes ont malheureusement en commun d’avoir des voix mal calibrées pour l’immense volume de la salle. Cela ne leur retire nullement leurs qualités propres. <strong>Jane Archibald</strong> en Leonore ne convainc pas entièrement dans son arioso et air  « Komm Hoffnung », elle semble plus à l’aise dans les ensembles. <strong>Oreste Cosimo</strong> (Florestan) possède un superbe ténor avec un timbre très personnel et il réussit sa difficile entrée « Gott ! Welch Dunkel hier ». <strong>Joel Allison</strong> est un Pizarro retors à souhait même si la prononciation de l’allemand laisse à désirer. Il y a dans la voix de  <strong>Lilit Davtyan</strong> toute la fraîcheur qui sied à Marzelline, enfin <strong>Thomas Cilluffo</strong> en Jacquino et <strong>Artur Garbas</strong> en Don Fernando complètent le tableau sans démériter.</p>
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		<item>
		<title>BEETHOVEN, Fidelio &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jean Michel Pennetier a rendu compte dans ces colonnes du concert donné voici quelques jours au Gran Teatro Del Liceu de Barcelone, et en a souligné les caractéristiques inédites, dont le but est de rendre intelligible aux personnes sourdes et malentendantes l&#8217;hymne à l&#8217;humanité et à la liberté que constitue Fidelio. Les mêmes artistes de ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jean Michel Pennetier a <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-barcelone/">rendu compte dans ces colonnes</a> du concert donné voici quelques jours au Gran Teatro Del Liceu de Barcelone, et en a souligné les caractéristiques inédites, dont le but est de rendre intelligible aux personnes sourdes et malentendantes l&rsquo;hymne à l&rsquo;humanité et à la liberté que constitue <em>Fidelio</em>. Les mêmes artistes de ce concert se retrouvent sur la scène de la Philharmonie de Paris, avant Londres dans quelques jours. Dans sa note d&rsquo;intention, <strong>Alberto Arvelo</strong> tient à rappeler que le message que porte le chef-d&rsquo;œuvre beethovénien est aussi celui de l&rsquo;inclusivité et que le compositeur l&rsquo;a écrit alors que lui-même allait très vite perdre à peu près totalement l&rsquo;audition. La conception du spectacle, créé à Los Angeles en 2022, consiste donc à « faire comprendre et ressentir Beethoven sous un jour nouveau ».</p>
<p>Sur le plateau en demi-cercle, nous retrouvons donc les duos décrits par notre confrère : chaque protagoniste a son double et l&rsquo;on s&rsquo;habitue très vite à ces « incarnations parallèles ». Sans revenir sur ce que Jean Michel Pennetier a déjà très bien décrit, il faut néanmoins relever la grande poésie visuelle qu&rsquo;induisent les mouvements incessants de la langue des signes, en particulier lorsque se trouvent sur la scène ou à l&rsquo;arrière-scène les chœurs du Liceu et du Palais de la musique catalane et le Coro de manos blancas.  Ce dernier fait partie du fameux programme d&rsquo;inclusion sociale <em>El Sistema</em> d&rsquo;où provient Gustavo Dudamel lui-même, avec un chœur d&rsquo;enfants et de jeunes adultes dont plusieurs présentent des troubles cognitifs ou des difficultés motrices et d&rsquo;apprentissage, ainsi qu&rsquo;un chœur gestuel, avec des enfants et adolescents malentendants. Au fond de l&rsquo;orchestre auquel elle tourne le dos, leur cheffe, <strong>María Inmaculada Velásquez Echeverria,</strong> les dirige avec une grande grâce. Les récitatifs, exclusivement interprétés en langue des signes, sont interprétés dans un silence saisissant qui capte l&rsquo;attention. Les acteurs qui interprètent les doubles des chanteurs (ou l&rsquo;inverse) sont tous extrêmement investis et se taillent tous le premier rôle, avec une mention spéciale pour le Rocco pétri d&rsquo;humanité de <strong>Hector Reynoso</strong>.</p>
<p>Les chanteurs sont également tous identiques à ceux entendus à Barcelone. Dans le rôle titre, <strong>Tamara Wilson</strong> est surtout à l&rsquo;aise dans le registre aigu, sans pour autant être aussi en retrait qu&rsquo;elle semblait l&rsquo;être à Barcelone. L&rsquo;acoustique de la Philharmonie l&rsquo;y a peut-être aidée. La Marzelline de <strong>Gabriella Reyes</strong> impressionne davantage, avec une voix rayonnante et d&rsquo;une grande plénitude. Ce sont bien les deux sopranos qui s&rsquo;illustrent le mieux ce soir, avec des doubles (<strong>Amelia Hensley</strong> et <strong>Sophia Morales) </strong>touchantes.</p>
<p>Car le Florestan d&rsquo;<strong>Andrew Staples</strong>, à la voix certes très sûre et bien projetée, fait à peu près tout <em>tutta forza</em>, y compris le début du fameux <em>Gott</em> qui ouvre l&rsquo;air « Gott ! Welch Dunkel hier ! », pris très haut et qui lui demande d&#8217;emblée un effort dans le crescendo qui le fait trembler tout entier sans obtenir l&rsquo;effet d&rsquo;outre-tombe que d&rsquo;autres ténors ont su donner à cette redoutable introduction. Son double, <strong>Daniel Durant</strong>, se fait quant à lui presque discret. Comme indiqué plus haut, <strong>Hector Reynoso</strong> fait oublier son double <strong>James Rutherford</strong>, qui pourtant ne démérite pas, mais qui reste en retrait. On a même l&rsquo;impression que c&rsquo;est l&rsquo;acteur qui chante ! Le Pizarro de <strong>Shenyang</strong>, bien chantant, plutôt noble et trop gentil, n&rsquo;a pas la noirceur du personnage et son double, <strong>Giovanni Maucere</strong>, la surjoue quant à lui un peu trop, comme à Barcelone. En Jaquino, le ténor léger <strong>David Portillo</strong> tire joliment son épingle du (court) jeu, de même que son très expressif double, <strong>Otis Jones</strong>. <strong>Patrick Blackwell</strong> est un Don Fernando noble mais à la voix un peu fatiguée, tandis que son double <strong>Mervin Primeaux-O’Bryant</strong>, au port altier, ressemble à ces danseurs qui interprètent les seigneurs des ballets de Tchaïkovski ou d&rsquo;Adam.</p>
<p>Les ensembles sont au demeurant très homogènes, très bien articulés, en particulier le quatuor « Mir ist so wunderbar ».</p>
<p>Les chœurs, impressionnants, sont absolument remarquables.</p>
<p>A la tête d&rsquo;un orchestre aux accents « historiquement informés », <strong>Gustavo Dudamel</strong>, qui entre et salue sobrement, se fait presque oublier par une direction délicate et nuancée, mais aussi très nerveuse, dès l&rsquo;ouverture. Les vents sont particulièrement mis en relief, avec des cors somptueux dans l&rsquo;introduction du second acte par exemple. Sur de petites timbales de type baroque, le timbalier Joseph Pereira s&rsquo;en donne à cœur joie. Tous nous réservent un finale étourdissant et même ébouriffant qui soulève la salle d&rsquo;enthousiasme dans un tonnerre d&rsquo;acclamations et d&rsquo;applaudissements, dont beaucoup dans la langue des signes, ce merveilleux geste qui est comme un sourire avec les mains, qu&rsquo;on agite tournées vers le ciel et par lequel tous les artistes se congratulent avec effusion. Un beau moment de fraternité.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>BEETHOVEN, Fidelio &#8211; Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-barcelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 May 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On estime à plus de cinq millions rien qu’en France le nombre de personnes souffrant d’un handicap auditif. Comment rendre l’opéra plus inclusif en s’adressant à ces populations, tel est le défi auquel s’attaque le réalisateur, scénariste et producteur de cinéma vénézuélien, Alberto Arvelo à travers cette proposition inédite autour de Fidelio où les chanteurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On estime à plus de cinq millions rien qu’en France le nombre de personnes souffrant d’un handicap auditif. Comment rendre l’opéra plus inclusif en s’adressant à ces populations, tel est le défi auquel s’attaque le réalisateur, scénariste et producteur de cinéma vénézuélien, <strong>Alberto Arvelo</strong> à travers cette proposition inédite autour de <em>Fidelio</em> où les chanteurs sont doublés de comédiens du Deaf West Theatre, une compagnie théâtrale basée à Los Angeles et qui se consacre à mettre en valeur l’expressivité de la langue des signes. L’ouvrage est donné dans une version semi concertante : un escalier en guise de décors, des éclairages bien venus, des costumes vaguement ethniques (clairs pour les chanteurs et bigarrés pour les acteurs). Les dialogues parlés ici sont supprimés, ce qui ne raccourcit pas la durée de la représentation bien au contraire : ils sont en effet remplacés par la langue des signes et bien entendu, le surtitrage, avec un décalage de fluidité qui engendre de longs moments de silence entre les parties musicales. C’est peut-être une façon de rééquilibrer le handicap, d’autant que le défilement des surtitres est problématique dans ce contexte (il arrive que plusieurs surtitres s’affichent successivement alors que les acteurs ont déjà quitté la scène). Pour les parties chantées, les acteurs sont mis en avant, avec des mouvements très chorégraphiés parfaitement en phase avec l’action et la musique. Les chœurs eux-mêmes sont doublés par des acteurs. Tout ceci donne néanmoins l’impression d’une certaine agitation côté acteurs (on a parfois l’impression qu’il y a plusieurs chefs d’orchestre sur scène tant les mouvements de bras sont amples et coordonnés), d’autant que les chanteurs restent quant à eux en retrait, marmoréens, sauf à de rares occasions où ils interagissent entre eux ou avec leur double. Au final, on a tendance à regarder les acteurs, plutôt très bons, comme s’ils jouaient sur une bande-son. Le jeu très moderne, un peu outré dans certains cas (pouces levés pour indiquer sa satisfaction, Pizzaro qui prend des poses de maffioso&#8230;) introduit un autre décalage avec le style de l’ouvrage. Proposition intéressante mais dont on a du mal à mesurer l’impact sur les personnes auxquelles elle est censé s’adresser, malgré la présence notable de nombreux spectateurs utilisant la langue des signes à l’entracte (le Liceu nous a confirmé qu&rsquo;une centaine de personnes malentendantes étaient présentes à cette soirée). Il est à noter que la présentation du spectacle sur le site de la Philharmonie de Paris où il sera donné prochainement ne détaille aucunement ce concept, comme s’il s’agissait d’une version-concert classique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="570" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/T24-Fidelio-e_039-1-1024x570.jpg" alt="" class="wp-image-164265"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© David Ruano</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Andrew Staples</strong> offre à Florestan une voix claire et un timbre rayonnant, avec une belle projection. Sa maîtrise des registres lui permet de bien nuancer son chant : toutefois, quand on a entendu tant de ténors formidables dans ce rôle, on reste forcément sur sa fin quand les nuances que l’on attend n’y sont pas. <strong>Tamara Wilson</strong> est apparue très en retrait avec une voix peu projetée, inaudible dans les ensembles du premier acte. Elle retrouve ses moyens pour un « Abscheulicher! » de bonne tenue à défaut d’être mémorable. Même si elle en a toutes les notes, le rôle ne correspond pas à sa vocalité : la voix manque de largeur pour cette tessiture centrale (défendue habituellement par des sopranos plus dramatiques voire des mezzo-soprano) et ne se libère que dans le registre aigu. Son double, <strong>Amelia Hensley</strong> est en revanche extrêmement touchant dans son exubérance. <strong>James</strong> <strong>Rutherford</strong> est un Rocco correctement chantant mais sans grand relief, surtout comparé à son double <strong>Hector</strong> <strong>Reynoso</strong> qui brûle les planches. Même constat pour Don Pizzaro, chanté noblement et sobrement par <strong>Shenyang</strong> et surinterpété par <strong>Giovanni</strong> <strong>Maucere</strong> qui en fait la petite frappe qu’il n’est pas dans le livret. <strong>Gabriella</strong> <strong>Reyes</strong> est une Marzelline lumineuse, magnifiquement chantante, et sans doute la voix la mieux projetée du plateau : pour une fois, le double attire moins l’attention. <strong>David</strong> <strong>Portillo</strong> est également un Jaquino très musical et la voix est bien projetée. <strong>Patrick</strong> <strong>Blackwell</strong> est Fernando auquel il manque un peu de puissance pour son autorité supposée. Son double est à la limite du parodique.</p>
<p>Le Los Angeles Philharmonic n’offre pas la perfection attendue (les cors de « Abscheulicher! » sont autant en difficulté que d’habitude). Les deux chœurs assemblés pour le concert sont excellents, en particulier les voix masculines. <strong>Gustavo</strong> <strong>Dudamel</strong> offre une direction sobre plutôt légère, voire un peu en retrait, à mi-chemin entre l’éclat des grands orchestres romantiques et la souplesse des formations sur instruments d’époque. Comme souvent désormais, l&rsquo;ouverture <em>Leonore III</em> n&rsquo;est pas introduite au second acte.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-barcelone/">BEETHOVEN, Fidelio &#8211; Barcelone</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Fidélio &#8211; Si l’opéra m’était dessiné… (Guy Delvaux &#8211; Antonio Ferrara)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fidelio-si-lopera-metait-dessine-guy-delvaux-antonio-ferrara/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 May 2024 00:29:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Transposition talentueuse, dans l’univers de la bande dessinée, de l’unique opéra de Beethoven, ce Fidélio (avec un accent aigu) est le quatrième volume d’une entreprise séduisante et ambitieuse. Après Thaïs, Alcina et Norma, la collection « Si l’opéra m’était dessiné… », aux éditions Kifadassé (Belgique), s’enrichit d’un titre qui contribuera à rendre plus populaire en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Transposition talentueuse, dans l’univers de la bande dessinée, de l’unique opéra de Beethoven, ce <em>Fidélio</em> (avec un accent aigu) est le quatrième volume d’une entreprise séduisante et ambitieuse. Après <a href="https://www.forumopera.com/breve/opera-et-bande-dessinee-vers-un-mariage-heureux/"><em>Thaïs</em></a>, <a href="https://www.forumopera.com/lopera-autrement-kifadasse-lopera-en-bande-dessinee/"><em>Alcina</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/norma-si-lopera-metait-dessine-norma-la-bd-qui-chante/"><em>Norma</em></a>, la collection « Si l’opéra m’était dessiné… », aux éditions Kifadassé (Belgique), s’enrichit d’un titre qui contribuera à rendre plus populaire en France une œuvre souvent réputée austère, chantée dans une langue (l’allemand) peu propice à une réception plus approfondie par le grand public (qui trop souvent n’en connaît que le nom). Il faut donc savoir gré aux auteurs de n’avoir pas cédé à la facilité du choix d’un opéra plus connu.</p>
<p>Comme dans les ouvrages précédents, Guy Delvaux se fait le librettiste de cet opéra de dessins, d’encre, de couleurs et de papier. Il tient la gageure de réduire le texte des dialogues et des airs tout en en conservant l’essentiel, dans un découpage doté d’un sens dramatique assuré, qui met en valeur les mots clefs et distingue, dans une traduction alerte et lyrique à la fois, les passages parlés des airs versifiés et rimés.</p>
<p>Grâce à un lettrage élégant et dynamique –  tout en arabesques pour le chant, plus resserré et régulier pour les dialogues parlés –, et par une répartition originale et changeante du texte par rapport à l’image, le dessinateur Antonio Ferrara crée une impression de mobilité remarquable, qui entraîne le lecteur dans le mouvement de l’action tout au long des deux actes.</p>
<p>Peut-on parler de musicalité de la composition picturale ? Prenons l’exemple du début : le passage d’un plan large à un plan rapproché, tout en respectant fidèlement les didascalies du livret original, suggère la succession de l’Ouverture et du premier duo ; l’irruption des premiers phylactères signale le début du chant après la musique orchestrale ; le rythme des cases évoque ensuite les difficultés de communication entre Jaquino et Marcelline, tandis que, peu après, l’épanchement de l’air (n° 2) de Marcelline (« O wär ich schon mir dir vereint ») se confond avec les draps qu’elle étend au vent, non sans que divers éléments de l’arrière-plan ne contribuent à illustrer ses états d’âme et les intonations de son chant.</p>
<p>Les dessins à l’encre de Chine, rehaussés de superbes couleurs aquarellées, magnifient l’architecture de la prison comme les costumes des personnages, mettent en évidence l’expressivité des visages et l’intensité des affects, donnent à voir autant les mouvements et les postures des personnages que l’intimité de leur être. La variété des perspectives devient alors autant spatiale que psychologique.</p>
<p>C’est dans cette capacité à mobiliser diverses dimensions, divers modes d’expression, divers codes sémantiques et graphiques,  que se réalise la transposition de l’opéra dans les deux dimensions de la page. Saluons ainsi la réussite de la représentation du quatuor du I (n° 3) réunissant sur une pleine page les quatre apartés, les deux pages illustrant le duo (n° 8) entre Pizarro et Rocco, la saisissante vision de Florestan au début de l’acte II et la  scène formidable (au sens propre) de l’affrontement entre Pizarro et Léonore (quatuor, n° 14). Est-ce pour rendre cette dernière encore plus admirable que les auteurs lui font opposer ensuite à son agresseur une pierre au lieu du pistolet que prévoit le livret ? Quoi qu’il en soit, le but est atteint dans la mesure où la violence des contrastes suscite l’émotion. Dans un registre opposé, le chœur des prisonniers accédant à l’air libre (« O welche Lust », Finale, n° 10), l’un des sommets de l’opéra en dépit de sa brièveté, aurait pu faire l’objet d’un traitement plus éclatant. Mais le dénouement et l’apothéose conclusive sont traités avec un art consommé de la mise en espace.</p>
<p>À toutes ces qualités, ajoutons celle d’avoir su proposer une introduction qui traduit en images la liste des personnages. Les dessins au crayon, précédant la couleur de l’ouverture et de l’acte I, présentent en pleine page chacun des acteurs de ce drame, dotant les corps et les visages de qualités propres et d’affects visibles : la douleur et la détermination de Léonore contrainte de se travestir, la souffrance de Florestan dans les chaînes – dont le corps érotisé rappelle aussi qu’il est l’objet du désir de Léonore, moteur de l’action –, la rondeur de Rocco, la perversité de Pizarro dissimulée dans une élégance de façade, la maladresse, la jeunesse et la candeur de Jaquino et Marcelline, la prestance et l’autorité de Don Fernando.</p>
<p>Les auteurs ont nommé cet ouvrage « mélodrame graphique », original et astucieux pendant du « <em>graphic novel</em> » (roman graphique) : ce terme ouvert, qualifiant une transcription semblable de toute œuvre dramatique accompagnée de musique, est une belle promesse de titres à venir, que l’on espère nombreux et aussi réussis.</p>
<p>N. B. : Le prochain album annoncé sera consacré à <em>Lakmé</em>.</p>
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		<title>BEETHOVEN, Fidelio &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 06:40:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fidelio serait-il un opéra injouable ? Impossible à mettre en scène ? Telles ont été les questions que le metteur en scène berlinois Harry Kupfer, mort à Berlin en 2019 à l’âge de 84 ans a dû se poser en 2016 en s’attaquant pour la seconde fois (la première était, toujours à Berlin, pour le Komische Oper) &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Fidelio</em> serait-il un opéra injouable ? Impossible à mettre en scène ? Telles ont été les questions que le metteur en scène berlinois <strong>Harry Kupfer</strong>, mort à Berlin en 2019 à l’âge de 84 ans a dû se poser en 2016 en s’attaquant pour la seconde fois (la première était, toujours à Berlin, pour le Komische Oper) au seul opéra composé par Beethoven. Sa proposition marque en effet une incapacité (peut-être feinte, le saura-t-on ?) à intégrer pleinement l’œuvre dans son entièreté, à la posséder, à se la faire sienne, l’intégrer intellectuellement, avant de la restituer au public au travers d’une mise en scène qu’il faudrait alors discuter. Car de mise en scène aboutie, il ne saurait être question dans cette 19e représentation à laquelle nous assistons au Staatsoper de Berlin. Mise en scène non aboutie mais assumée comme telle. On assiste deux heures durant à un jeu étrange, sorte d’allers et retours entre une tentative de véritable mise en perspective, avec décors, costumes, et jeu d’acteurs d’un côté et, de l’autre côté, comme un renoncement à ce jeu : ce sont les moments où les protagonistes, tous sans exceptions, y compris les prisonniers/choristes, reprennent en main la partition de <em>Fidelio</em>, voire, à la fin du second acte, se replacent selon la disposition de solistes et chœurs interprétant un oratorio. A la toute fin donc, une immense tenture, aperçue quelques secondes seulement au lever du rideau, et représentant la grande salle du Musikverein de Vienne, se remet en place, et l’immense piano de concert sur lequel un buste en plâtre de Beethoven est posé, est replacé au centre de la scène qu’il n’avait en fait jamais quittée.<br />
Cette mise en scène interroge bien sûr et renvoie à notre question initiale : non, certes, Fidelio n’est pas injouable, mais toutes les façons de le jouer, de le mettre en scène, ne font que renvoyer vers l’insatisfaction permanente de Beethoven face à son seul opus opératique. C’est ainsi qu’il faut peut-être aussi comprendre la proposition de Kupfer, qui se ferait en quelque sorte l’interprète de Beethoven et rendrait visible ses innombrables questionnements, eux-mêmes révélateurs des faiblesses de la pièce.<br />
Quoi qu’il en soit, le résultat est esthétiquement réussi : le plateau, les murs, sauf au tout début et pour la scène finale où nous nous retrouvons au Musikverein, sont noir anthracite. Nous sommes bien dans une prison, puis dans une cellule où rôde la mort. La conduite d’acteurs est pertinente, fluide, sans effet excessif .<br />
<img decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https-__www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_451_312c4e5bafb8d3a6fe80c6414ea40e0d_Fidelio_51-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1698532611757" alt="" width="710" height="329" /><br />
© Bernd Uhlig<br />
Si le public a ovationné debout au moment des saluts, c&rsquo;est bien sûr à cause de l’émotion de revoir une mise en scène qui a marqué la scène berlinoise, mais c&rsquo;est surtout pour un plateau vocal de très haut niveau et ne présentant aucune faiblesse. C’est presque <strong>Andreas Schager</strong> en Florestan qui nous aura le plus interrogé. Sa performance frôle la perfection, n’en disconvenons pas. Son « Gott » piano et si haut perché, qui ouvre le second acte et l’arioso, nous restera longtemps en mémoire. La présence physique est toujours là, l’attention aux partenaires (sa Leonore, beaucoup plus fragile que lui) toujours autant appréciable. Mais ce que nous aurions aussi aimé entendre, c’est l’extrême faiblesse d’un Florestan affamé, épuisé, amaigri. Le Florestan de Schager est biberonné aux vitamines et la crédibilité du personnage en pâtit. Plaidons aussi que nous avons coutume de le voir et l’entendre en Siegfried ou Tristan, ses deux rôles du moment, ce qui peut fausser l’appréciation.<br />
Leonore est tenue par <strong>Sally Matthews</strong>. La soprano britannique a un peu peiné à entrer dans le rôle, sa prononciation de l’allemand dans les récitatifs parlés n’est pas exempte de reproches, mais son aria « Komm, Hoffnung » fait briller toutes ses qualités, notamment d’expressivité et de chaleur. Au II, le duo avec Florestan (« O namenlose Freude ») est une pure merveille d’harmonie.<br />
Louons également la prestation de la Marzelline d’<strong>Evelin</strong> <strong>Novak</strong>. Nous l’avions découverte en Woglinde dans le dernier Ring berlinois signé Tcherniakov ; le premier acte lui donne ici une partie plus ample grâce au duo avec Jaquino et surtout son air « O wär ich schon mit dir vereint » où l’expressivité et le timbre font merveille. Le Jaquino de <strong>Florian Hoffmann</strong> se hisse à la hauteur de celle qu’il courtise (et ce n’est pas un mince compliment). Mention toute spéciale pour le Rocco de <strong>Christof Fischesser</strong> à la basse voluptueuse et chantante. <strong>Tómas Tómasson</strong> est un Pizarro qu’on adore détester. Le timbre est tranchant et la projection solide. Rien à redire à <strong>Roman Trekel</strong> qui, en Ferrando, vient remettre les choses à leur place.</p>
<p>Le chœur d’hommes est un régal à entendre dans « O weiche Lust », le chœur de femmes, à la partie plus modeste, ne dépare pas. <strong>Markus Poschner</strong> qui dirige avec presque trop de mesure la Staatskapelle, se glisse dans la tradition de cette production et reprend, dans les pas de Daniel Barenboïm, la plutôt rare ouverture Leonore II. Orchestre sans défaut avec des bois qu’il faut particulièrement louer.</p>
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		<title>BEETHOVEN, Fidelio – Zurich (Tonhalle)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-zurich-tonhalle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ne refaisons pas le débat sur les versions concert. Proposer Fidelio dans l’enceinte de la Tonhalle c’est avant tout mettre les chanteurs dans des conditions quasi idéales pour servir leur rôle et leur personnage. Y adjoindre une spatialisation aide toujours en ce qu’elle appuie les traits de caractère et matérialise légèrement les situations du livret. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ne refaisons pas le débat sur les versions concert. Proposer Fidelio dans l’enceinte de la Tonhalle c’est avant tout mettre les chanteurs dans des conditions quasi idéales pour servir leur rôle et leur personnage. Y adjoindre une spatialisation aide toujours en ce qu’elle appuie les traits de caractère et matérialise légèrement les situations du livret. Affubler chacun des solistes, d’une chasuble, d’un béret pour Leonore (garçon manqué oblige), ou d’une pelisse façon « Thérèse un soir de Noël »&nbsp;pour Florestan n’apporte pas grand-chose. Excellente idée en revanche, d’<strong>Eva Buchmann</strong> qui signe le concept et la direction scénique de cette version semi-concertante donc de substituer les récitatifs de l’unique opéra de Beethoven par des extraits choisis de la correspondance du compositeur. <strong>Stefan Kurt</strong> les dit avec un soin tout particulier, soulignant la gravité ou l’humour de démiurge. On imagine que le public de la Tonhalle, chevronné et dans sa langue natale, n’aura pas souffert de l’absence des répliques prévues par le livret.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Jacquelyn_Wagner_WEB_SMALL-5.jpg" alt="" class="wp-image-134042" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Jacquelyn Wagner © DR</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution réunie mélange mozartiens expérimentés et wagnériens avec des bonheurs divers.<strong> Tareq Nazmi c</strong>onfirme tout le bagage acquis de ses années munichoises. Le matériau déjà ample et majestueux a encore gagné en brillant et en autorité. Il chante un Fernando proche de l’idéal. A l’inverse <strong>Shenyang</strong> capitalise uniquement sur un volume torrentiel aux dépens de l’expression. Voici un Pizzaro que l’on comprend aisément en colère mais qui n’inquiète jamais. <strong>Christof Fischesser</strong>, pris à froid par l’absence de récitatif, entame le concert entre deux voix. Les graves restent confidentiels et la ligne se cherche. Les choses s’arrangent après le quatuor. <strong>Michael Schade</strong> ferme le ban de ces wagnériens en goguette. Voix franche et volumineuse, on lui sait gré de tous les efforts qu’il déploie pour alléger le chant et nuancer dès que possible même si c’est parfois au prix de trous dans la ligne et d’approximations rythmiques. Son « Gott ! » enflé à la Kaufmann est du bel effet. Le reste de la distribution regarde du coté des emplois du 18<sup>e</sup> siècle.<strong> Patrick Grahl</strong> possède ce timbre si caractéristique des ténors retors d’un Mozart ou d’un Rossini. Un phrasé élégant et une bonne projection font le reste. <strong>Katharina Konradi</strong> lui oppose une pétulante Marzelline, parfaitement en place techniquement et au timbre délicieux. Enfin <strong>Jacquelyn Wagner</strong> convainc en Léonore. C’est un virage et un défi dans sa carrière, son répertoire gravitant autour de Mozart (à l’exception d’une Eva des <em>Maitres Chanteurs</em>). On la sent prudente et appliquée en attendant sa grande scène. Elle s’y jette tout entière, accusant seulement quelques faiblesses dues à un medium dont la chair ne demande qu’à se développer. Timbre soyeux, ligne racée, vocalises précises et aigus brillants assis sur une bonne projection… elle fait la démonstration tout le concert durant qu’il existe une autre voix que celle d’une Lise Davidsen pour rendre justice au rôle.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/header-th-totale-c-georg-aerni-1300x731px.1300x731-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-134041" /></figure>


<p>A la tête de son orchestre et sous la magnificence d’une Tonhalle récemment rénovée, <strong>Paavo Järvi</strong> offre une lecture musclée de l’œuvre. Il faut dire que le <strong>Tonhalle-Orchester Zurich</strong> répond aussi bien que les bolides qui défilent le long du lac. Si le tempo et les contrastes sont marqués, le chef peut compter sur la suavité des cordes et la volubilité des vents. Seuls quelques cors baillent en début de concert. L’acoustique généreuse de la salle ne désavantage pas les voix, comme les philharmonies modernes le font. Aussi, chef et phalange n’empiètent jamais totalement sur les chanteurs, malgré les formats décrits un peu plus haut. Le chœur enfin jouit d’une excellente préparation et viendra conclure un final grandiose.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-fidelio-zurich-tonhalle/">BEETHOVEN, Fidelio – Zurich (Tonhalle)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Gregory Kunde : nouvelle année, nouveau rôle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-nouvelle-annee-nouveau-role/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2023 07:50:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ténor de tous les exploits, notamment celui d’avoir exploré la plupart des facettes de sa tessiture, de la plus aigüe – contraltino rossinien – à la plus dramatique – Otello de Verdi (et, en même temps de Rossini !), Gregory Kunde débute 2023 en ajoutant un nouveau rôle à son palmarès : Florestan dans Fidelio à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ténor de tous les exploits, notamment celui d’avoir exploré la plupart des facettes de sa tessiture, de la plus aigüe – contraltino rossinien – à la plus dramatique – Otello de Verdi (et, en même temps de Rossini !), Gregory Kunde débute 2023 en ajoutant un nouveau rôle à son palmarès : Florestan dans<em> Fidelio</em> à l’Opéra de Nice du 20 au 26 janvier. Suivront Bacchus dans <em>Ariadne auf Naxos</em> à Dresde, <em>Pagliacci à</em> Parme et <em>Il trovatore</em> à Londres. Encore une saison bien remplie pour ce colosse du chant qui fêtera en 2023 45 ans d’une <a href="https://www.forumopera.com/actu/gregory-kunde-le-tenor-pluriel">carrière exceptionnelle</a>. Hashtag #thistenorneverstops.</p>
<p><iframe allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen="true" frameborder="0" height="709" scrolling="no" src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fgregorykundeofficial%2Fposts%2Fpfbid0rKQLPUXvmoPbJAJGRieVfB3ya2E7mcXymLAt6G5WYrUPr83KWqcd58kqyiZiQ9sCl&amp;show_text=true&amp;width=500" style="border:none;overflow:hidden" width="500"></iframe></p>
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		<title>VAN BEETHOVEN, Fidelio — Boulogne-Billancourt</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fidelio-boulogne-billancourt-deconstruit-ou-abouti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On allait voir ce qu’on allait voir ! Sans être bien sûr de savoir à quoi s’attendre on se dirigeait, ce samedi, vers la Seine Musicale avec l’intuition que ce Fidelio serait placé sous le sceau d’une certaine volonté de déconstruction ; c’est que David Bobée est célèbre pour ses collaborations avec Virginie Despentes, ses relectures tranchantes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On allait voir ce qu’on allait voir ! Sans être bien sûr de savoir à quoi s’attendre on se dirigeait, ce samedi, vers la Seine Musicale avec l’intuition que ce <em>Fidelio </em>serait placé sous le sceau d’une certaine volonté de <em>déconstruction </em>; c’est que <strong>David Bobée</strong> est célèbre pour ses collaborations avec Virginie Despentes, ses relectures tranchantes de <em>Lucrèce Borgia</em> avec Béatrice Dalle ou d’<em>Elephant Man </em>avec Joey Starr (lequel comptait d’ailleurs parmi ses invités en ce soir de première, et semblait moins préoccupé par la partition de Beethoven que par le souci de faire des Hauts-de-Seine un nouveau cluster épidémique en expectorant à gorge déployée tout au long de la représentation). Et <em>Fidelio</em>, avec sa célébration de l’émancipation et le visage singulier de son héroïne sur fond de détentions arbitraires et de violence carcérale, peut ouvrir de larges perspectives de relectures</p>
<p>En quittant son fauteuil, c’est pourtant le mot « sagesse » qui nous revenait inlassablement en tête pour résumer nos impressions. Sagesse du dispositif scénique, au demeurant assez esthétique : un décor unique à la verticale, composé de larges gravats entourant la trappe qui mène à la geôle de Florestan, qui ne tire pas vraiment parti de la spécificité consistant à représenter un opéra dans une salle de concert plutôt que dans un théâtre. Sagesse de la direction d’acteurs, peut-être en raison de ce même dispositif scénique, puisque les chanteurs, qui évoluent le plus souvent sur les gravats de cet espace désolé, n’ont pas beaucoup d’espace pour interagir directement, et ne semblent pas guidés par un regard très radical sur l’œuvre. Sagesse enfin des projections vidéo, passant de figures géométriques pendant l’ouverture à de discrètes évocations de Florestan à l’acte I. Pas de quoi bouder son plaisir : le spectacle, présenté sans entracte, garde pour lui sa fluidité, que viennent suspendre quelques images saisissantes, celle des prisonniers en ombres chinoises escaladant le fond de scène pendant « Oh welche Lust » n’étant pas la moins marquante.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/fidelio_4.jpg?itok=XTpOSSHM" title="© La Seine Musicale" width="468" /><br />
	© La Seine Musicale</p>
<p>Il a pour autre vertu de mettre en valeur une troupe de chanteurs enthousiasmante. Dans le rôle éponyme, la soprano irlandaise <strong>Sinéad Campbell-Wallace</strong> impose un touchant portrait de femme : au diapason d’une présence scénique féline, son timbre aux reflets mordorés, efficacement projeté par un vibrato large mais contrôlé, vient sans faiblir à bout de cette partition éprouvante. Non moins assassin est le rôle de Florestan ; non moins convaincant s’y révèle <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong>. Dès le long crescendo par lequel il entame son air d’entrée, il dessine un personnage infiniment touchant, clair de timbre, parfois contraint dans les changements d’émission, mais jamais fragilisé, jusque dans les éclats du final. Face au digne Rocco de <strong>Christian Immler</strong>, <strong>Sebastian Holecek</strong> pourra sembler caricatural à ceux qui aiment leur Pzizaro phrasé comme un Jesus-Christ de la <em>Passion selon Saint-Matthieu</em> ; il faut au contraire lui savoir gré de rester musical, tout en incarnant un méchant digne de nos meilleurs nanars. La Marzelline juvénile mais sonore d’<strong>Hélène Carpentier</strong>, le Jacquino dynamique de <strong>Patrick Grahl</strong> et l’élégant Don Fernando d’<strong>Anas Seguin</strong>, à l’impeccable stature vocale et scénique, complètent une distribution de laquelle on s’en voudrait d&rsquo;exclure les choristes. Car fidèle à sa réputation, le <strong>Chœur Accentus</strong> fait ici figure de véritable protagoniste, qui dispense d’exquises nuances dans le final du I aussi bien que les accents triomphaux qui emportent celui du II. De nuances, il est également question dans le geste de <strong>Laurence Equilbey</strong>. Si elle opte pour des tempi globalement modérés et qu’elle insère un plaisant <em>rallentando </em>entre les deux parties de « Hat man nicht auch Gold beineben » , c’est pour mieux mordre dans la chair du drame quand celui-ci se fait plus prégnant – tout le deuxième acte passe ainsi comme l’éclair. Son <strong>Insula Orchestra</strong> ne nous épargne certes pas une certaine sécheresse ni, dans « Abscheulicher », les défaillances dont les cors naturels sont coutumiers mais, en vaillant dramaturge, il donne à cette soirée le souffle et la sève qui scellent sa réussite.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Stanislas de Barbeyrac : nouveau rôle, nouvelle tête</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/stanislas-de-barbeyrac-nouveau-role-nouvelle-tete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 May 2022 09:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/stanislas-de-barbeyrac-nouveau-role-nouvelle-tete/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Prises de rôle en série pour Stanislas de Barbeyrac cette fin de saison. Avant Licinius dans La Vestale en version de concert au Théâtre des Champs-Elysées le 22 juin, le ténor français s&#8217;apprête à ajouter à son répertoire Florestan dans Fidelio dirigé par Laurence Equilbey et mis en scène par David Bobée le 8 mai à &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/stanislas-de-barbeyrac-nouveau-role-nouvelle-tete/"> <span class="screen-reader-text">Stanislas de Barbeyrac : nouveau rôle, nouvelle tête</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Prises de rôle en série pour <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> cette fin de saison. Avant Licinius dans <em>La Vestale</em> en version de concert au <a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2021-2022/opera-en-concert-et-oratorio-1/la-vestale">Théâtre des Champs-Elysées le 22 juin</a>, le ténor français s&rsquo;apprête à ajouter à son répertoire Florestan dans<em> Fidelio</em> dirigé par <strong>Laurence Equilbey </strong>et mis en scène par <strong>David Bobée</strong> le 8 mai à Bruxelles, le 11 mai à Londres puis les 14, 16, 18 mai à La Seine Musicale (<a href="https://www.insulaorchestra.fr/e/fidelio-david-bobee/">plus d&rsquo;informations</a>). L&rsquo;occasion d&rsquo;échanger une coupe de cheveux néo-romantique, façon Pelléas, contre un look Guantánamo mieux adapté à l&rsquo;univers carcéral du seul opéra composé par Beethoven, et de constater via <a href="https://twitter.com/StandeBarbeyrac/status/1519925333302169600/photo/4">Twitter</a> que le torse de Stanislas de Barbeyrac n&rsquo;a rien à envier en termes de pilosité à celui de notre président de la République. </p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="en" xml:lang="en">New role, new head, new feeling ! <a href="https://twitter.com/InsulaOrchestra?ref_src=twsrc%5Etfw">@InsulaOrchestra</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/fidelio?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#fidelio</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/tenorlife?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#tenorlife</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/florestan?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#florestan</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/opera?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#opera</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/paris?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#paris</a> <a href="https://twitter.com/LaSeineMusicale?ref_src=twsrc%5Etfw">@LaSeineMusicale</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/davidbobee?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#davidbobee</a> <a href="https://twitter.com/Equilbey?ref_src=twsrc%5Etfw">@Equilbey</a> <a href="https://t.co/esB7Q9xyfj">pic.twitter.com/esB7Q9xyfj</a></p>
<p>	— Stanislas de Barbeyrac (@StandeBarbeyrac) <a href="https://twitter.com/StandeBarbeyrac/status/1519925333302169600?ref_src=twsrc%5Etfw">April 29, 2022</a></p>
</blockquote>
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