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	<title>La Princesse de Trébizonde - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La Princesse de Trébizonde - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH &#8211; La Princesse de Trébizonde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/offenbach-la-princesse-de-trebizonde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la toute première version discographique de La Princesse de Trébizonde dans l’édition critique de Jean Christophe Keck, et, rien qu’à ce titre, cette parution mérite d’être connue. D’autant qu’à cette version ultime, réalisée en trois actes pour les Bouffes-Parisiens, si chers à Offenbach, l’éditeur ajoute opportunément des inédits de la version de Baden-Baden, retrouvés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la toute première version discographique de <em>La Princesse de Trébizonde</em> dans l’édition critique de Jean Christophe Keck, et, rien qu’à ce titre, cette parution mérite d’être connue. D’autant qu’à cette version ultime, réalisée en trois actes pour les Bouffes-Parisiens, si chers à Offenbach, l’éditeur ajoute opportunément des inédits de la version de Baden-Baden, retrouvés par l’ardent et infatigable chercheur, à Etretat, où résidait le compositeur. Les dialogues parlés du livret ont été « reconstitués » par Jeremy Sams.</p>
<p>L’ouvrage était tombé dans l’oubli (1). Au contraire des <em>Contes d’Hoffmann</em>, ce n’est pas d’une poupée mécanique que s’éprend le jeune premier, mais d’une jolie fille sous les traits de la Princesse de Trébizonde, exposée parmi d’autres figures de cire d’une baraque foraine. Ce prince Raphaël, auquel son père, Casimir, ne peut rien refuser, visitant cette attraction, s’éprend de celle qui a dû remplacer la figure dont elle a cassé le nez. Dans la recette, il a déposé un billet de loterie, qui rend les saltimbanques propriétaires d’un riche château et de ses dépendances. Six mois après, le prince retrouve la princesse/Zanetta dont il découvre la réalité humaine. Son père achète la collection de figures de cire et les fait transporter en son château… La nuit tombée, les couples se forment ou se retrouvent avec les pages. Le père, furieux, découvre la supercherie, mais cède à son fils, qui épousera Zanetta, car, jadis, il a lui-même épousé une acrobate, qui se révèle être la tante de l’héroïne… Le livret, pour n’être pas de Meilhac et Halévy, est fort bien écrit et ménage des situations variées à souhait, propres à générer une musique pétillante comme seul Offenbach savait les écrire. Le compositeur, marqué par le côté carnavalesque de son enfance, y déploie toutes ses qualités.</p>
<p>On le sait, les livrets originaux, toujours susceptibles d’adaptations, abondaient en textes parlés, savoureux, mais indissociables de la scène. Ici, ils sont réduits au strict minimum, privant l’auditeur curieux de répliques facétieuses, spirituelles, dont l’esprit doit être difficile à percevoir par un public anglophone (2). Si, d’une manière générale, trop fréquemment, les chanteurs se montrent peu à l’aise avec les dialogues parlés, ce n’est pas le cas ici, où l’esprit pétille, malgré les coupures.</p>
<p>La distribution est de luxe, au français exemplaire. Avant de nous intéresser aux solistes, essentiel est de souligner le rôle du chœur (l’ouvrage en compte 16 dans sa version parisienne), sous toutes ses formes, des délicieuses voix féminines des pages, des chasseurs aux chœurs mixtes dont les interventions sont renouvelées, et les styles variés à l’extrême. Dialoguant fréquemment avec les solistes, ces chanteurs d’<em>Opera Rara </em>se montrent exceptionnels d’engagement, de précision, d’équilibre et de couleurs. Dès le chœur des saltimbanques le ton est donné : aux voix de femmes vont répondre celles des hommes avant qu’elles se réunissent.</p>
<p><strong>Virginie Verrez</strong>, le Prince Raphaël, se voit confier pas moins de quatre airs et un duo, en dehors de sa participation aux nombreux ensembles. La délicieuse romance des tourterelles, ses couplets, l’ariette du mal de dents, tout est un régal, servi par la fraîcheur d’émission, une large palette expressive, assortie d’un medium et de graves solides. Son père, le Prince Casimir, a la voix de <strong>Josh Lowell</strong>, dont il faut souligner le brio et la maîtrise du français. Ses couplets de la canne séduisent et font sourire. Zanetta est chantée par<strong> Anne-Catherine Gillet</strong>. La soprano belge dont l’affection qu’elle <a href="https://www.forumopera.com/anne-catherine-gillet-je-doute-donc-je-suis/">porte au répertoire français est connue</a> a le panache requis, la voix piquante qui sied à l’emploi. Les couplets du nez cassé promettent, et la chanteuse nous emportera jusqu’au dénouement. Son duo avec le Prince Raphaël (La reconnaissance) où chaque personnage évolue est particulièrement remarquable.</p>
<p><strong>Antoinette Dennefeld</strong>, dont on se souvient de la Périchole impressionnante, est Régina. Son unique air « quand je suis sur la corde raide » est un bonheur, au chant pulpeux, comme son duo avec Trémolini. Ce dernier est confié à <strong>Christophe Mortagne</strong>, amoureux d’Offenbach, qu’il sert avec maestria, dès son boniment. Outre ses brèves interventions, il sera de la plupart des ensembles. Il en va de même pour <strong>Christophe Gay</strong>, magnifique baryton, Cabriolo, et de <strong>Katia Ledoux</strong>, Paola, au timbre riche et sombre. Il faut citer aussi <strong>Loïc Félix</strong>, le directeur de la loterie puis Sparadrap<strong>, </strong>dont les trop rares apparitions sont appréciées. Aucun des nombreux petits rôles ne dépare cet ensemble digne des meilleures troupes.</p>
<p>Un bref bruitage précède l’ouverture, plongeant l’auditeur dans l’univers insouciant et enjoué de la fête foraine. Avec les trois entractes, nous découvrons de belles pages où tout Offenbach est là. Le <em>London Philharmonic Orchestra</em>, sous la direction de <strong>Paul Daniel</strong>, trouve les tempi, la souplesse et les rythmes, essentiels à la vie de l’ouvrage. Il rend justice aux couleurs les plus authentiques, comme à l’expression, de la tendresse alanguie du violon solo aux sonneries de la chasse. La difficile et complexe scène de la loterie est magnifiquement construite (Treize cent treize…). Quant à l’esprit, il est omniprésent, des clins d’œil aux onomatopées loufoques (« boum, la la, boum, zing… ». De la légèreté au coup de théâtre final, endiablé, l’indifférence est impossible.</p>
<p>Le livret des versions de Paris et de Baden-Baden et une riche iconographie occupent l’essentiel de la brochure d’accompagnement de 160 p.. Unique – petit – regret, le texte d’introduction (signé Jean-Christophe Keck) n’est publié que dans sa traduction anglaise.</p>
<ul>
<li>
<pre>(1) Seules traces, la prise de l’Orchestre radio-lyrique de la RTF, dirigé en 1966 par Marcel Cariven, Ems (dir. Jean-Pierre Haeck) en 2000, puis la résurrection stéphanoise (2013), et enfin sa reprise limougeaude de 2016. Paris est toujours aux abonnés absents…
(2) Le livret original, publié par Michel Lévy Frères en 1870, se trouve aisément sur le net. A titre d’exemple, entre cent, une réplique de Cabriolo conservée dans la version enregistrée (n°17) : « Eh quoi ! Ma fille ! La fille dont je suis le père serait la bru du père dont vous êtes le fils ! Oh !... la famille, quelle noble institution ! » .</pre>
</li>
</ul>
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		<title>La Princesse de Trébizonde, bientôt chez Opera Rara</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-princesse-de-trebizonde-bientot-chez-opera-rara/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jul 2023 10:28:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Etablie par Jean-Christophe Keck, l’édition critique de la version parisienne de La Princesse de Trébizonde fait l’objet d’un enregistrement studio pour le label Opera Rara, auquel s’ajoutent des extraits inédits de la version originale de Baden-Baden, découverts par hasard par le musicologue français Cet opéra-bouffe de Jacques Offenbach a en effet été d’abord créé à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Etablie par Jean-Christophe Keck, l’édition critique de la version parisienne de <em>La Princesse de Trébizonde</em> fait l’objet d’un enregistrement studio pour le label Opera Rara, auquel s’ajoutent des extraits inédits de la version originale de Baden-Baden, découverts par hasard par le musicologue français Cet opéra-bouffe de Jacques Offenbach a en effet été d’abord créé à Baden-Baden le 31 juillet 1869 en deux actes, puis remanié en trois actes à Paris le 7 décembre 1869. A la tête du London Philharmonic Orchestra (LPO), <strong>Paul Daniel</strong> dirige une équipe entièrement francophone – condition nécessaire (mais non suffisante) à ce répertoire. D’après Jean-Claude Yon*, « la partition est un chef d’œuvre qui culmine dans un brindisi et un grand galop irrésistibles ». Sortie annoncée le 22 septembre 2023.</p>
<pre>* Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach (Gallimard, 2000)</pre>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="The Making of Offenbach&#039;s La Princesse de Trébizonde | Anne-Catherine Gillet, Virginie Verrez" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/3mpnu0VO1sw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Harriet Walter, de Downton Abbey à La Princesse de Trébizonde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/harriet-walter-de-downton-abbey-a-la-princesse-de-trebizonde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Aug 2022 04:36:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les (nombreux) amateurs de Downton Abbey de ce côté de La Manche se souviennent peut-être de son interprétation de Prudence Shackleton, une vieille amie de Violet Crawley, dont le neveu, Henry Talbot, épousera Lady Mary. Mais la renommée de Harriet Walter en Grande Bretagne ne se réduit pas à une épisodique apparition dans une série &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les (nombreux) amateurs de <em>Downton Abbey</em> de ce côté de La Manche se souviennent peut-être de son interprétation de Prudence Shackleton, une vieille amie de Violet Crawley, dont le neveu, Henry Talbot, épousera Lady Mary. Mais la renommée de <strong>Harriet Walter</strong> en Grande Bretagne ne se réduit pas à une épisodique apparition dans une série télévisée. Ses services rendus à l’art dramatique lui ont valu d’être élevée au rang de dame commandeur dans l’ordre de l&rsquo;Empire britannique. Nouveau fleuron à sa couronne, la comédienne sera la récitante d&rsquo;une représentation en version de concert de <em>La Princesse de Trébizonde</em>, un opéra-bouffe de Jacques Offenbach donné le 16 septembre prochain à Londres dans l&rsquo;édition critique de Jean-Christophe Keck. <strong>Paul Daniel</strong>, à la tête du London Philharmonic Orchestra, dirigera une distribution d’où émergent les noms de <strong>Anne-Catherine Gillet</strong>, <strong>Christophe Gay</strong>, <strong>Antoinette Dennefeld</strong>, <strong>Christophe Mortagne</strong> et <strong>Loïc Félix</strong>, entre autres. On suppose qu&rsquo;un enregistrement pour le label Opera Rara devrait suivre.</p>
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		<item>
		<title>Opera Rara : un nouveau directeur et de nouveaux projets</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/opera-rara-un-nouveau-directeur-et-de-nouveaux-projets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jul 2019 06:45:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne présente plus Opera Rara, cette institution britannique qui s’emploie depuis presque un demi-siècle à redécouvrir, restaurer, enregistrer et interpréter les opéras oubliés des 19e et début du 20e siècles. Depuis sa création en 1970, 72 ouvrages rares ont fait l’objet d’un enregistrement, 53 d’une nouvelle édition critique, sans parler des quelque 57 récitals &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On ne présente plus Opera Rara, cette institution britannique qui s’emploie depuis presque un demi-siècle à redécouvrir, restaurer, enregistrer et interpréter les opéras oubliés des 19<sup>e</sup> et début du 20<sup>e</sup> siècles. Depuis sa création en 1970, 72 ouvrages rares ont fait l’objet d’un enregistrement, 53 d’une nouvelle édition critique, sans parler des quelque 57 récitals et compilations également au catalogue. A l’approche de son jubilé, le label change de directeur artistique. <strong>Carlo Rizzi</strong> succède à Sir <strong>Mark Elder</strong> qui, après avoir dirigé le mois dernier <strong>Albina Shagimuratova</strong> et <strong>René Barbera</strong> dans <em>Il paria</em> de Donizetti (sortie annoncée au printemps 2020), reste associé à l’enregistrement, prévu en mars 2023, de la version originale de <em>Simon Boccanegra</em>. Le premier projet de Carlo Rizzi dans ses nouvelles fonctions sera en mars 2021 l’exhumation d’<em>Il furioso all’isola di San Domingo</em> de Gaetano Donizetti, un opéra <em>semiseria</em> créé en 1833 à Rome, avec pour particularité un des plus grands rôles de baryton du répertoire donizettien. La distribution sera annoncée prochainement. Sont aussi planifiés <em>La Princesse de Trébizonde</em> d’Offenbach (septembre 2021), <em>Zingari </em>de Leoncavallo (septembre 2022) et, entre les deux en mars 2022, <em>Guido et Ginévra</em> de Fromental Halévy avec <strong>Michael Spyres </strong>dans le rôle de Guido. Le ténor américain avait proposé en 2017 deux extraits de cet opéra dans <a href="https://www.forumopera.com/cd/espoir-si-ce-nest-lui-cest-donc">son album <em>Espoir</em></a>, déjà placé sous la direction de Carlo Rizzi. A ce programme s’ajoute en septembre 2020, un récital discographique d’une des artistes phares d’Opera Rara, <strong>Ermonela Jaho</strong>, conçu comme un hommage à Rosina Storchio, la créatrice de Madama Butterfy.  </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="329" src="/sites/default/files/styles/large/public/operarara.jpg?itok=BGglqDEw" width="468" /></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Princesse de Trébizonde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-princesse-de-trebizonde-deja-un-bon-bouche-trou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Nov 2016 08:31:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nuitter et Tréfeu ne sont pas Meilhac et Halévy, mais La Princesse de Trébizonde n’en est pas moins un très bon Offenbach, supérieur à bien des compositions post-1870. C’est aussi une oeuvre scandaleusement négligée par le disque. Pour ce grand succès qui eut le malheur d’arriver peu avant la guerre franco-prussienne, pas trace d’un seul &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nuitter et Tréfeu ne sont pas Meilhac et Halévy, mais <em>La Princesse de Trébizonde </em>n’en est pas moins un très bon Offenbach, supérieur à bien des compositions post-1870. C’est aussi une oeuvre scandaleusement négligée par le disque. Pour ce grand succès qui eut le malheur d’arriver peu avant la guerre franco-prussienne, pas trace d’un seul enregistrement, même dans la défunte série « Gaieté lyrique » chez Musidisc, pourtant si riches en perles. Autant dire que la version radiophonique publiée par Malibran comble une lacune de taille dans la discographie. Evidemment, il faut se soumettre aux pratiques de la RTF <a href="http://www.forumopera.com/cd/madame-larchiduc-jacques-et-les-travestis">déjà plusieurs fois dénoncées</a> : une fois de plus, le rôle travesti du prince Raphaël, qui a droit aux plus beaux airs de cette partition, est confisqué à la voix de mezzo pour être confié à un ténor (heureusement, personne n’eut alors l’idée de faire chanter Chérubin ou Octavian par des hommes). Ironie du sort, le résultat sonne infiniment plus mièvre que si le duo Raphaël-Zanetta était interprété par deux femmes comme prévu, mais heureusement, ces temps sont révolus et les représentations récentes, <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/merveille-de-la-ceroplastie">à Saint-Etienne</a>, <a href="http://www.forumopera.com/la-princesse-de-trebizonde-limoges-le-temps-que-la-cire-prenne">à Limoges</a> ou <a href="http://www.forumopera.com/la-princesse-de-trebizonde-baden-baden-de-quoi-se-mettre-sous-la-dent">à Baden-Baden</a>, respectent désormais cette composante. Un motif de satisfaction quand même : la partition n’est par ailleurs pas trop mutilée, malgré quelques menues coupes ici et là. Et <strong>Marcel Cariven</strong> est un chef rompu à la direction des opérettes, qu’il assurait régulièrement à la tête de l’orchestre de la radio.</p>
<p>Ténor suave,<strong> Aimé Doniat</strong> est charmant mais ne peut donner à son chant la sensualité qu’y mettrait une mezzo, notamment dans les inénarrables couplets du mal de dents. On connaît l’abattage de <strong>Lina Dachary</strong>, pilier de tant d’intégrales d’opérettes et d’opéra-comiques. Pour nous être un peu moins familière, ses partenaires féminines n’en sont pas moins présentes : belle voix chaude pour la Régina de <strong>Nicole Briard</strong>, personnalité affirmée pour <strong>Germaine Duclos</strong> en Paola. <strong>Robert Destain</strong> a toute la faconde attendue en Cabriolo, et sur ce terrain, <strong>Gaston Rey </strong>lui donne parfaitement la réplique ; seul <strong>Raymond Amade</strong> fait un peu plus pâle figure en Trémolini. Dommage que le savoureux air des cannes, chanté par le prince Casimir, souffre d&rsquo;un petit problème technique (des raccords étranges dans la bande font qu&rsquo;au deuxième couplet, il manque plusieurs secondes par-ci, par-là), d’autant que <strong>Joseph Peyron</strong> est, pour une fois, tout à fait à sa place et se montre assez déchaîné.</p>
<p>En complément de programme, une très étrange version de <em>Monsieur Choufleuri restera chez lui le…</em>. Si l’on pouvait prévoir que <strong>Michel Sénéchal </strong>serait assez idéal en Chrysodule Babylas, <strong>André Balbon</strong> est plus (excellent) acteur que chanteur et l’exquise <strong>Line Clément</strong> manque parfois de puissance. Curieusement, le chœur est lamentable, comme s’il découvrait la partition pour la première fois. Les solistes eux-mêmes ont parfois du mal à chanter au même rythme que l&rsquo;orchestre. Surtout, ce qui déconcerte, c’est le mélange de coupures et d’ajouts que cet opérette-bouffe a subi. Cela commence par la suppression du délicieux air d’Ernestine sur lequel s’ouvre l’œuvre, et cela continue avec la suppression systématique des reprises et de plusieurs passages importants dans les ensembles. Bizarrement, deux personnages ont été ajoutés, Monsieur et Madame Zéphirin, et l’on a même introduit une page purement instrumentale, un ballet dont les premiers instants parodient celui de <em>Faust </em>avant de dégénérer en danse paysanne, puis de reprendre un des interludes de <em>La Grande-duchesse de Gérolstein</em> (« Bonne nuit » et « A cheval »). Mieux vaut oublier cette bizarrerie-là et se rabattre sur la version EMI de <em>Choufleuri </em>dirigée par Manuel Rosenthal.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>OFFENBACH, La Princesse de Trébizonde — Limoges</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-princesse-de-trebizonde-limoges-le-temps-que-la-cire-prenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Jan 2016 07:48:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-temps-que-la-cire-prenne/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faut-il aller voir La Princesse de Trébizonde ? Oui, bien sûr. Mais on est d’abord dubitatif, il faut l’avouer. Encore un Offenbach méconnu ? Un chef-d’œuvre caché ? L’idée laisse un peu sceptique, même si le tri sélectif opéré par le temps s’avère souvent bien partial. Après avoir été remontée par des troupes amateurs, l’œuvre semble reprendre le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Faut-il aller voir <em>La Princesse de Trébizonde</em> ? Oui, bien sûr. Mais on est d’abord dubitatif, il faut l’avouer. Encore un Offenbach méconnu ? Un chef-d’œuvre caché ? L’idée laisse un peu sceptique, même si le tri sélectif opéré par le temps s’avère souvent bien partial. Après avoir été remontée par des troupes amateurs, l’œuvre semble reprendre le chemin des scènes, avec le spectacle donné début 2015 <a href="http://www.forumopera.com/la-princesse-de-trebizonde-baden-baden-de-quoi-se-mettre-sous-la-dent">à Baden-Baden</a>, ou la <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/merveille-de-la-ceroplastie">production stéphanoise</a> de 2013 que reprend cette année l’opéra de Limoges. Pourtant, au cours du premier acte, on guette en vain les pépites espérées, malgré au moins deux airs  saillants : celui dans lequel l’héroïne explique avoir cassé le nez de la statue de cire qui donne son nom à cet opéra-bouffe, et « l’air des tourterelles » qu’interprète le prince Raphaël. Pourtant, l’air du nez cassé ne produit pas tout l’effet attendu, et c’est peut-être à cause de son interprète. Malgré la sympathie et l’admiration qu’inspire une artiste aussi sincère qu’<strong>Amel Brahim-Djelloul</strong>, ce n’est pas la première fois que sa voix se révèle lente à se chauffer : de ce premier air surnagent quelques aigus, tout le reste étant à peu près inaudible. Heureusement, le problème ne durera pas, et les deux actes suivants rendront à la soprano tout le brillant dont elle est capable.</p>
<p>Ce premier acte dévoile aussi les options de <strong>Waut Koeken</strong>, qui n’en est plus à son premier spectacle offenbachien. Les dialogues ont été largement réécrits, mais de façon plus délicate que pour <a href="http://forumopera.com/spectacle/on-pete-dans-la-soie"><em>Barbe-Bleue</em></a> (et certains traits d’esprit qu’on croirait ajoutés datent en fait du livret original, comme ce numéro d’acrobatie « qu’en raison de ses difficultés nous avons surnommé <em>l’équilibre européen</em> »). Le décor de cirque tournant sur lui-même, bien qu’extrêmement bruyant (mais ses grincements se font surtout entendre pendant les dialogues), permet de jolis effets, comme cette scène « ralentie » où l’on voit le public applaudir la statue. Le chœur uniformément coiffé de chapeaux melons semble renvoyer à l’esthétique du cinéma muet, et des acrobates arpentent la scène. La frénésie prévisible du final (« Tout va changer, quel délire ! On va manger, boire et rire ») est interrompue par l’adieu à la « baraque héréditaire », mais au terme de ce premier acte, la partie n’est pas encore gagnée. On parle beaucoup dans <em>La Princesse de Trébizonde</em>, et l’on s’étonne d’ailleurs qu’un des rôles qui parlent plus qu’ils ne chantent ait précisément été confié à un non-francophone, <strong>Aaron Ferguson</strong>, malgré sa verve scénique, constatée la saison dernière dans <em>L’Affaire Tailleferre</em>.</p>
<p>Au deuxième acte, le cirque est devenu une vaste cage aux fauves, tout comme le château gagné à la loterie n’est qu’une cage dorée pour les saltimbanques. Vient enfin le magnifique duo Zanetta-Raphaël, une de ces pages pour deux voix de femmes comme Offenbach savait admirablement en écrire (on pense à <em>Fantasio</em> et à bien d’autres œuvres où le jeune premier a la voix d’une mezzo). Très vite, la mayonnaise – la cire ? – prend enfin, la représentation trouve un rythme, et le pari est gagné. Dans le rôle de Raphaël triomphe la mezzo <strong>Julie Robard-Gendre</strong>, dont le timbre chaud et la belle diction font merveille dans ce rôle travesti. Et quand on la voit interpréter l’air du mal de dents, on ne comprend vraiment pas pourquoi ce morceau n’a pas trouvé sa place au panthéon des grands « tubes » offenbachiens au même titre que la griserie de <em>La Périchole</em>.</p>
<p>Le troisième acte, lui, passe comme une lettre à la poste. On est ravi par l’élégance de danseuse et d’acrobate de <strong>Romie Esteves</strong>, très voix de mezzo et actrice à qui le metteur en scène semble pouvoir tout demander. Le ténor <strong>Martial Defontaine</strong>, d’abord peu assuré, s’affirme peu à peu. Les autres rôles ont moins à chanter, du moins hors des ensembles, mais s’imposent par leur désopilante composition comique : le couple improbable formé par <strong>Marie-Thérèse Keller </strong>et <strong>Olivier Hernandez</strong>, ou le Cabriolo de <strong>Michel Vaissière</strong>, particulièrement irrésistible dans ce dernier acte. On salue aussi les six pages, issus des pupitres de sopranos et d’altos du <strong>Chœur de l’Opéra de Limoges</strong>. Succédant à Laurent Campellone qui dirigeait le spectacle à Saint-Etienne, <strong>Nicolas Krüger</strong> reprend dignement le flambeau à la tête de l’<strong>Orchestre de Limoges et du Limousin</strong>, pour un spectacle auquel on adhère finalement sans réserve et dont on espère qu’il connaîtra encore bien des reprises.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Princesse de Trébizonde — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-princesse-de-trebizonde-baden-baden-de-quoi-se-mettre-sous-la-dent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2015 03:14:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du festival de Pâques, initié la veille avec un très attendu Rosenkavalier à la distribution prestigieuse donné dans l’immense Festspielhaus de Baden-Baden, la programmation se diversifie pour le moins, dès le lendemain, avec une œuvre passablement rare d’Offenbach. L’œuvre est présentée cette fois dans le ravissant petit théâtre à l’italienne de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre du festival de Pâques, initié la veille avec un très attendu <a href="/der-rosenkavalier-baden-baden-la-fragilite-des-roses"><em>Rosenkavalier</em> à la distribution prestigieuse</a> donné dans l’immense Festspielhaus de Baden-Baden, la programmation se diversifie pour le moins, dès le lendemain, avec une œuvre passablement rare d’Offenbach. L’œuvre est présentée cette fois dans le ravissant petit théâtre à l’italienne de la ville, celui-là même où Hector Berlioz créa <em>Béatrice et Bénédict </em>en 1862<em>. </em>On sait beaucoup moins que Jacques Offenbach y créa, sept ans plus tard, la <em>Princesse de Trébizonde</em>, pendant l’été 1869, avant de reprendre l’œuvre en y ajoutant un acte aux Bouffes-Parisiens quelques mois plus tard.</p>
<p>C’est donc avec beaucoup d’intérêt et une pointe de nostalgie qu’on s’installe dans la salle bleu et or, sorte de mini Fenice, pour découvrir un opéra-bouffe qui commence assez mal. La distribution, juvénile, frise l’amateurisme, c’est ce qui frappe dans les premiers instants, où le jeu des chanteurs comédiens est pour le moins maladroit et forcé. Les dialogues sont en allemand (assez drôles, il faut le dire), surtitrés en français mais résumés, quand les airs sont chantés en français (surtitrés en allemand). Rien de bien gênant a priori, mais toute la mise en scène d’<strong>Anna Drescher</strong> semble avoir ainsi l’arrière-train entre deux chaises. Certaines trouvailles sont très drôles, comme par exemple l’apparition d’hommes en collants à deux bandes rayées noires et roses façon Irma Vep affublée de larges oreilles ourlées de fourrure rose, entre lapins Playboy et souris ou plutôt rats dont la queue est remplacée par un sparadrap. Leur arrivée suscite un fou-rire mais on ne trouve rien de mieux à faire que de les laisser retraverser la scène dans l’autre sens. Il s’agit là de comique à répétition, la cause est entendue, mais il aurait été souhaitable d’introduire quelques variations. Le tout manque de rythme, ce qui est vraiment dommage, car il aurait suffi d’un tout petit rien pour que le spectacle soit totalement réussi. Certains gags, plutôt que d’approcher le grotesque et friser la vulgarité, auraient pu être franchement drôles. Les costumes de <strong>Hudda Chukri</strong> sont à l’avenant et le personnage de Regina évoque une Wonder Woman croisée avec Spiderwoman, celui de Sparadrap ressemble à un Leningrad Cowboy qui se prendrait pour Frankenstein alors que Tremolini rappelle un Homme qui rit hybride de Rigoletto. Avec Paola, l’esthétique Disney oscille entre les reines maléfiques et les hippopotames en tutu de <em>Fantasia</em>. Quant aux décors, ils sont minimalistes, largement inspirés par Matisse mâtiné d’art cinétique à l’arrêt. Tout cela fourmille d’idées et encore une fois, la frustration est d’autant plus grande de ne pas avoir eu droit à une unité d’ensemble.</p>
<p>Le problème principal est celui de la prononciation. Certains chanteurs sont quasiment incompréhensibles, un comble et surtout une grande frustration. Dans cette histoire où la Princesse de Trébizonde est une figure de cire dont Zanetta, la fille du directeur de la troupe de forains, casse accidentellement le nez. La jeune fille colle son visage à la place de la béance et Raphaël, un prince qui passait par là, tombe amoureux de la poupée de cire (et de sons). Quelques quiproquos plus tard, et ce sont trois couples qui se forment. L’histoire est divertissante et certains airs ne manquent pas de mordant, comme cette « migraine » de Raphaël qui refuse d’accompagner son père en prétextant un : « Ah ! J’ai mal aux dents ! C’est une molaire, hélas, quels tourments [&#8230;] Holà ! ça me lance ». Hélas, en effet, il a fallu s’appuyer sur le livret pour restituer ce dialogue croustillant, car la mezzo sud-coréenne <strong>Hongmee Youn</strong>, dotée par ailleurs d’un joli brin de voix, prononce atrocement mal le français et à peine mieux l’allemand. Pourtant, la jeune chanteuse capte l’attention avec des aigus très agiles et on est curieux de la voir évoluer. Les autres voix sont également intéressantes, où chacun possède les moyens de rôles qu’on ne saurait qualifier de périlleux. Une petite réserve cependant pour le prince Casimir interprété par <strong>Oliver Jacobs</strong>, habitué des comédies musicales, dont la <em>Cage aux folles</em>, mais qui affiche ici une voix nasillarde dont on ne sait pas trop si elle est forcée ou non.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Stanley Dodds </strong>dirige avec enthousiasme la jeune formation de l’Orchester-Akademie du Berliner Philharmoniker. Au final, l’abattage, la fantaisie, les trouvailles et les efforts déployés par les uns et les autres emportent l’adhésion. On sort passablement content de cette expérience qui permet tout de même d’entendre, qui plus est dans le lieu de sa création, une œuvre qu’on aurait simplement souhaitée correctement prononcée, sans s’y casser les dents. Mais on aura compris qu’on rechigne à avoir la dent dure avec un tel spectacle dans lequel on est bien content de pouvoir mordre à belles dents…</p>
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		<title>OFFENBACH, La Princesse de Trébizonde — Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/merveille-de-la-ceroplastie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 May 2013 22:18:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Avec La Princesse de Trébizonde, improbable rencontre entre une famille de saltimbanques et un duo de princes père et fils, l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne a réservé à son public une belle surprise de fin de saison. Cet hilarant opéra bouffe d’Offenbach, moins connu de nos jours mais qui connut un succès remarquable en 1869 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Avec <em>La Princesse de Trébizonde</em>, improbable rencontre entre une famille de saltimbanques et un duo de princes père et fils, l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne a réservé à son public une belle surprise de fin de saison. Cet hilarant opéra bouffe d’Offenbach, moins connu de nos jours mais qui connut un succès remarquable en 1869 et jusqu’à la fin du XIXe siècle, repose sur la parodie de situations convenues, le pastiche de formes théâtrales et musicales et une bonne dose de dérision et d’humour absurde. C’est une histoire de forains qui gagnent un château à la loterie puis s’y ennuient à mourir et se consolent en rivalisant de jeux de mots ; c’est un jeune prince, Raphaël, qui tombe amoureux d’une poupée de cire &#8211; la Princesse de Trébizonde &#8211; attraction foraine en réalité remplacée par Zanetta, la fille du saltimbanque Cabriolo, à la suite de son coup de plumeau malencontreux qui a cassé le nez de la figure de cire ; c’est un père princier et autoritaire, Casimir, qui doit finalement céder aux souhaits de son fils amoureux de la jeune Zanetta puisqu’il avait lui-même épousé autrefois « la célèbre plume d’acier », sœur de Paola et Cabriolo.</p>
<p>			Jouant avec subtilité sur l’essence du comique &#8211; selon Bergson le mécanique plaqué sur du vivant -, les librettistes et le compositeur tissent des parallèles entre les poses figées des statues de cire et celles de l’aristocratie, célèbrent la rébellion du vivant contre l’esprit de système, déjouent les règles de la bienséance de classe et célèbrent les noces de la poésie et de la gouaille. À ce jeu-là, c’est <strong>Marie-Thérèse Keller </strong>qui remporte la mise : inénarrable Paola, elle lance ses répliques comme au café-théâtre, tout à la fois poissarde et grande dame, romantique et triviale, les pieds sur terre et le cœur dans les étoiles. Conformément à l’usage, les dialogues sont augmentés d’allusions à l’actualité – l’argent, l’éducation, la famille, le mariage (pour tous)… – et chacun s’en donne à cœur joie, notamment<strong> Lionel Peintre</strong>, excellent Cabriolo.</p>
<p><strong>Waut Koeken</strong> a réuni tout ce monde dans un chapiteau, baraque des forains puis immense manège qui tourne comme la roue de la fortune avant de devenir la cage dorée des saltimbanques devenus châtelains. L’animation joyeuse qui règne de bout en bout repose aussi sur l’utilisation des ressources du spectacle de foire, avec paillettes et véritables acrobates, toiles tendues et mystérieuses entrées, jeux de lumières en accord avec la musique, magistralement interprétée par l’Orchestre Symphonique Saint-Étienne Loire, sous la baguette incisive et enjouée de <strong>Laurent Campellone</strong>. Le spectacle est également dans la salle : lorsqu’un intrus (Sparadrap &#8211; réjouissant <strong>Antoine Normand</strong> -, chargé de veiller sur la « candeur » du prince jusqu’à son mariage) se précipite parmi les rangées de sièges et qu’un personnage altier – le prince Casimir – surgit dans une loge de l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne, le directeur en personne vient s’excuser sur scène auprès du public et le chef, s’impatientant, réclame le droit de reprendre – tout cela dans une atmosphère boulevardière qui n’aurait certainement pas déplu à Offenbach.<br />
			 <br />
			Le chant, bien entendu, est aussi de la partie – non seulement avec Paola, déjà citée, mais avec le couple charmant que forment <strong>Marie Kalinine</strong>, sensible et attachant Prince Raphaël, déployant une belle voix de mezzo-soprano dans l’air des tourterelles tout autant que dans les couplets de l’irrésistible morceau d’ensemble « Ah ! J’ai mal aux dents », et la soprano<strong> Amel Brahim-Djelloul</strong>, délicate Zanetta au timbre clair et à l’émission aérienne. Leurs duos, « Quand un papa part », ou bien « Ô Malvoisie » / « Ô vin de Grèce », séduisent par l’art de donner au texte volontairement ridicule une dimension lyrique proprement émouvante.<br />
			L’autre couple, formé de la deuxième fille de Cabriolo, Regina, et de son soupirant Trémolini, est interprété avec brio par la mezzo-soprano<strong> Romie Estèves</strong> (on songe particulièrement aux couplets « Quand une femme est saltimbanque ») et le ténor <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong>, voix de velours et belle couleur de timbre – tous deux également excellents acteurs. Le ténor <strong>Raphaël Brémard</strong> compose un Prince Casimir de belle facture, avec un superbe phrasé et une émission aisée.</p>
<p>			On sort joyeux et charmé d’un tel spectacle, et l’on garde longtemps dans l’oreille les airs des ensembles comme « Adieu, baraque héréditaire » (bien loin de l’asile héréditaire de <em>Guillaume Tell</em> !) ou encore le quintette des assiettes (« Tourne, tourne, tourne / En rapide tourbillon »). Comment ne pas être tenté de souhaiter longue vie à la Princesse de Trébizonde, lointaine préfiguration de l’Olympia des Contes d’Hoffmann, que Cabriolo présente comme « merveille de la céroplastie, la seule articulée et médaillée » !</p>
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		<title>OFFENBACH, La Princesse de Trébizonde — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/votre-cire-est-trop-bonne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 07:06:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La salle se remplit d’une foule bruyante, on n’est pas venu ici pour s’ennuyer ! Le batteur, dans la fosse, vide consciencieusement son sac avec des mines gourmandes, et en sort les accessoires les plus variés, qui laissent présager des sons en rapport. Après la désopilante Madame Mouche à beurre, le Trianon présente la Princesse de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          La salle se remplit d’une foule bruyante, on n’est pas venu ici pour s’ennuyer ! Le batteur, dans la fosse, vide consciencieusement son sac avec des mines gourmandes, et en sort les accessoires les plus variés, qui laissent présager des sons en rapport. Après la désopilante <em>Madame Mouche à beurre</em>, le Trianon présente la <em>Princesse de Trébizonde</em> : cette salle serait-elle en train de devenir le temple parisien du lyrique déjanté et de l’amateurisme de bon aloi ?</p>
<p> <br />
 </p>
<p>Car avant d’aller plus loin, rappelons qu’il s’agit ici d’un spectacle d’amateurs (dans le bon sens du terme), encadré par des professionnels : nous ne chercherons donc pas de comparaisons, et notre évaluation tiendra compte de cette particularité. Surtout, il s’agit d’un travail de troupe : chacun fait selon ses moyens, mais aucun ne démérite, et le résultat global est très proche de la qualité de ce type de spectacles visibles en Angleterre ou en Allemagne, où la tradition en est restée très vivace contrairement à la France (mais, pour ne citer qu’Offenbach et des productions récentes, on se souviendra néanmoins d’un très bon <em>Orphée aux Enfers</em> à Charenton, et d’un excellent <em>Château à Toto</em> à Boulogne-Billancourt). </p>
<p> </p>
<p>L’histoire est assez compliquée, mais si l’on veut la raconter en deux mots, disons que dans une foire, l’une des filles du chef des saltimbanques casse le nez de la Princesse de Trébizonde, une statue de cire qui constitue l’attraction principale de leur musée de cire forain, et elle décide de prendre sa place. Le fils d’un prince qui passe par là tombe amoureux d’elle. Parallèlement, les gens de la balle gagnent un château à la loterie, et les deux grandes familles, celle des saltimbanques et celle du prince, vont s’y retrouver pour des échanges aussi multiples que variés.</p>
<p> </p>
<p>Créée en 1869 avec grand succès, entre <em>La Périchole</em> et <em>Les Brigands</em>, cette <em>Princesse</em> est tout imprégnée de ces deux autres œuvres, nombre d’airs et d’ensembles en sont des adaptations directes, et <em>La Belle Hélène</em> n’est pas loin non plus. Et bien sûr, comme souvent chez Offenbach, on pense aussi à <em>La Vie Parisienne</em> (« <em>Tourne, tourne, tourne en rapide tourbillon, tourne, tourne, tourne comme un léger papillon… »</em>), et la poupée des <em>Contes</em> est annoncée (« <em>Elle a des ressorts, elle tourne des yeux, elle vous dit papa-maman si gentiment…</em> »). On y retrouve des airs irrésistibles (« <em>J’ai cassé le nez de la Princesse », « Ah, j’ai mal aux dents</em>… »).</p>
<p> </p>
<p>La mise en scène de <strong>Rémi Préchac</strong> est remarquable, de même que sa direction d’acteurs. Bien sûr, on remarque ça et là des réminiscences des Deschiens ou de Savary (les cinq extraordinaires pages en noir et blanc, les sœurs siamoises, les deux poivrotes), mais tout cela est fort bien fait. Et même le lapin de Chantal Goya, qui traverse la scène après le chœur des chasseurs (inspiré bien sûr du <em>Freischutz</em>) et les entraîne à sa poursuite, pour une fois fait rire ! Le rythme du spectacle est endiablé, les changements de décors sont réalisés par les choristes en un ballet bien réglé, les déplacements des masses (près de 50 personnes en scène) et les jeux chorégraphiques sont éblouissants d’efficacité quand on considère que l’on a affaire à des amateurs, et les sorties de scène des groupes, notamment en fin d’actes, que tant de professionnels ne savent souvent plus réaliser, sont parfaitement exécutées. Les éclairages, enfin, sont travaillés tout aussi professionnellement.</p>
<p> </p>
<p>On aurait envie de citer nombre de solistes, mais, comme toujours dans ce genre de production, quelques personnalités se dégagent tout particulièrement (ce qui ne veut pas dire que les autre déméritent), qui magnétisent la salle à l’instant même de leur entrée en scène : <strong>Lætitia Ayrès</strong>, sous un physique frêle, endosse avec autorité et naturel son rôle de délicieuse Zanetta/princesse qu’elle chante très joliment ; <strong>Jean-Philippe Monnatte </strong>en Cabriolo, entre Brachetti et Benigni, mène vocalement et scéniquement avec brio et humour tout son petit monde ; et <strong>Hervé Dupont</strong> incarne un Sparadrap à la diction et à la sobriété parfaites.</p>
<p> </p>
<p>Les décors d’<strong>Eric Destenay</strong> sont un peu passéistes, l’utilité d’une machine aussi lourde n’est pas prouvée, et un ensemble plus sobre et plus dépouillé – en évoquant davantage le côté fantastique du musée de cire – aurait peut-être été plus efficace. Les costumes de <strong>Véronique Boisel</strong> vont du drolatiques au délirant et sont tous individuellement extraordinaires, avec leurs formes et leurs couleurs improbables (les désopilantes sœurs siamoises aux cheveux aussi rouge-carotte que leur robe inspirée des Ménines, la femme-serpent, les chapeaux&#8230;), et même si l’on peut regretter un ensemble un peu trop disparate et manquant d’unité, ne boudons pas notre plaisir, une fois qu’on est entré dans le jeu, c’est un régal d’y découvrir mille détails amusants.</p>
<p> </p>
<p>Le chef <strong>Laurent Goossaert</strong> conduit l’excellent orchestre Ad Lib d’une main de maître ; l’esprit d’Offenbach est bien là, l’accord avec le plateau est très bon, les gags sonores amusants (les tourterelles, les cigales, etc.) même s’ils demandent à être encore un peu affinés, amusant également le jeu entre la fosse et la scène (l’air des cannes) : tout cela participe efficacement du mouvement et de la gaieté de l’ensemble.</p>
<p> </p>
<p>Amoureux d’Offenbach et vous tous qui ne connaissez pas cette œuvre, ne manquez pas l’occasion exceptionnelle de voir cette rare <em>Princesse</em>, et courez applaudir la troupe des Tréteaux Lyriques, qui nous offre là une bien agréable soirée où la bonne humeur du plateau et de la fosse gagne vite toute la salle, qui pardonne bien volontiers les évidentes petites faiblesses. Un incontournable de cette morose fin d’année (onze représentations, jusqu’au 17 janvier 2010, dont les bénéfices seront reversés à des œuvre caritatives).</p>
<p> </p>
<p> </p>
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