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	<title>Rinaldo - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 16 Oct 2025 08:26:44 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Rinaldo - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Franco Fagioli – Paris (Théâtre des Champs-Elysées)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-franco-fagioli-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 04:03:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le public d&rsquo;Île-de-France a de la chance avec <strong>Franco Fagioli</strong> : depuis 2006 (<em>Tolomeo</em> au TCE), on a pu l&rsquo;entendre régulièrement à Paris, Versailles ou encore Poissy dans des opéras, le plus souvent en version concert, et dans nombre de récitals (une dizaine environ rien que ces dix dernières années). Ses apparitions accompagnées au piano font toutefois figure d’exception : pour nous, c’était en tout cas une première, et probablement aussi pour le chanteur. Comme on le sait, cet exercice est nettement plus ardu que celui d’un concert soliste avec accompagnement d’orchestre. La voix est pour ainsi dire mise à nu : le legato doit être impeccablement soutenu, les faiblesses éventuelles ou la méforme ne peuvent être dissimulées, etc. Par ailleurs, il n’y a pas de pièces orchestrales pour se reposer entre les différents morceaux. Enfin, dans la pratique, si l’artiste peut donner un peu moins de voix car il n’a pas a lutter contre la puissance d’un orchestre, il doit aussi chanter plus longtemps (ici, deux parties d’environ 47 et 50 minutes bis compris). Après plus de 20 ans de carrière internationale, ce format était donc un nouveau défi pour le chanteur. Pour ce concert, le contre-ténor argentin, a choisi un programme balayant trois siècles de musique, voire quatre en comptant les bis, démontrant une fois de plus son insatiable curiosité musicale et son intelligence à servir des répertoires différents et sans cesse renouvelés. </p>
<div>
<p>Le récital s’ouvre en douceur avec le <em>Seicento</em> italien et Francesco Cavalli. Le chanteur offre une voix charnue et sensuelle dans le « Delizie contente, che l’alma beate », extrait de <em>Giasone</em>, dans une interprétation d&rsquo;une douce poésie (créé par un ténor, le rôle est ordinairement chanté par des contraltos masculin ou féminin). Changement d’ambiance avec Alessandro Scarlatti et l’air brillant « Già il sole del Gange » extrait de l&rsquo;improbable <em>L’honestà negli amori. </em>De cet opéra, la postérité n&rsquo;a retenu que cet extrait, l&rsquo;air très secondaire d&rsquo;un page qui regarde se lever le soleil. Pour l&rsquo;anecdote, la distribution de la création est restée inconnue à ce jour : on ne sait donc même pas si ce page était un soprano féminin ou un castrat soprano. On retrouve ici le Franco Fagioli virtuose, mais avec aussi un bas médium un peu sec où la voix semble parfois accrocher, et des reprises de souffle un peu bruyantes. L&rsquo;aria « Intorno all’idol mio », tiré de l&rsquo;<em>Orontea </em>d&rsquo;Antonio Cesti (chanté à la création par un soprano féminin), suivi de la mélodie d&rsquo;Antonio Lotti « Pur dicesti, o bocca bella » combinent toutes deux des exigences dramatiques et belcantistes. L&rsquo;interprétation est là encore d&rsquo;une émotion contenue tandis que les nombreux trilles sont parfaitement battus, exercice dans lequel le chanteur excelle décidément comme personne. Fagioli sait également alléger son émission, par exemple pour exprimer la douceur d&rsquo;un baiser dans l&rsquo;ariette de Lotti. Premier morceau de bravoure de la premier partie, « Venti, turbini », extrait du <em>Rinaldo</em> de Haendel, créé par le castrat Nicolini, est pris à un tempo rapide rendant encore plus spectaculaire encore l&rsquo;agilité du contre-ténor, avec notamment une vocalise jusqu&rsquo;au si naturel (à vue de nez). Toutefois, la voix n&rsquo;est là encore pas toujours exempte de raucités dans le médium. Le magnifique « Sposa, non mi conosci », extrait de la <em>Merope</em> de Geminiano Giacomelli et écrit pour la castrat Farinelli, est interprété avec une émotion à fleur de peau. Le chanteur y fait preuve d&rsquo;une belle longueur de souffle, d&rsquo;un legato exceptionnel et de belles variations de couleurs. Après le XVIIe siècle, nous passons au classicisme mozartien avec <em>La Clemenza di Tito</em> et à un autre morceau de bravoure pour clore la première partie, « Parto, parto ». Le rôle de Sesto est aujourd&rsquo;hui chanté par des mezzo sopranos féminins, mais il fut créé par le castrat Domenico Bedini : en attendant une évolution sociétale peu probable, un contre-ténor y est donc tout aussi légitime aujourd’hui qu’un mezzo traditionnel. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lopera-seria-pris-au-serieux/">Fagioli connait bien l&rsquo;œuvre pour l&rsquo;avoir déjà chantée intégralement</a>. Il y offre une nouvelle fois une composition remarquable, tour à tour tragique dans la déclamation et agile dans l’émission : une virtuosité sans faille qui n’est jamais gratuite ou prosaïquement hédoniste, mais toujours au service de la construction dramatique du personnage et de la représentation de la complexité de ses sentiments.</p>
</div>
<p>La seconde partie est consacrée au répertoire du XIXe siècle. Fagioli chante avec finesse des mélodies de Bellini puis Donizetti : quoique charmante, l’interprétation de telles pages par un contre-ténor reste toutefois un brin exotique comparée au naturel d’une voix traditionnelle italienne. Extrait de <em>La Donna del Lago</em> de Gioachino Rossini, « Mura felici » est le premier morceau de résistance de la seconde partie. Rappelons que le rôle de Malcom fut écrit pour mezzo-soprano et non pour contre-ténor. Franco Fagioli y est certes nettement plus en voix que lors de son récent Arsace de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-rouen/"><em>Semiramide</em></a> (un autre rôle de mezzo), mais, même impeccable de virtuosité et frémissant d&rsquo;une émotion tout en finesse, le chanteur pâtit nécessairement de la comparaison avec les grandes références du passé, aux voix plus larges et avec davantage de rondeur dans le médium (Marilyn Horne, pour ne pas la citer). Reconnaissons toutefois que son puissant double si naturel conclusif est d&rsquo;une audace confondante ! Concluant le récital, l’extrait de l&rsquo;<em>Andronico</em> de Saverio Mercadante, écrit pour le castrat Giovanni Battista Velluti, est totalement convaincant et enthousiasmant, la scène étant conclue cette fois par un spectaculaire contre-ut.</p>
<p>Michele D’Elia offre un accompagnement presque fusionnel avec le chanteur. Deux pièces solistes nous permettent de mieux gouter son talent : la sonate K347 de Domenico Scarlatti, tour à tour vive et poétique, et la réjouissante (pour peu que l’on connaisse bien l’œuvre de Gioachino Rossini) « Marche et réminiscences pour mon dernier voyage » extraite de ses <em>Péchés de vieillesse pour piano</em> : une sorte de <em>Tableaux d&rsquo;une exposition</em> dans laquelle le compositeur s’autocite en passant en revue quelques unes de ses mélodies les plus célèbres, tout en les détournant avec son ironie habituelle.</p>
<p>Deux bis viennent un peu faiblement compléter le programme. Beaucoup découvriront le compositeur argentin Carlos Guastavino au travers de sa mélodie « La rosa y el sauce » : la musique en est agréable mais une introduction exposant le thème du poème n’aurait pas été superflue pour l’apprécier davantage (1). Venant clore la soirée, le tube « Non ti scordar di me » n’apportera pas grand chose à la gloire du chanteur, d’autant qu’il n’est pas ici porteur d’un double sens comme lorsqu’il est interprété <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JK1FmkaApko">par des chanteurs en fin de carrière</a> : la mélodie d’Ernesto de Curtis sera toujours mieux défendu par des voix au timbre plus corsée, des chanteurs qui ne reculent pas devant un surcroit de sentimentalisme, tandis que l’art de Fagioli est d’abord fait de virtuosité, de délicatesse et d’élégance, comme il nous l&rsquo;aura une fois de plus prouvé à l&rsquo;occasion de ce récital.</p>
<p>On signalera, pour le regretter, un horaire inhabituel, à rebours des habitudes du public parisien.</p>
<pre><span style="color: #080809; font-family: inherit;">1. On se plaint que le grand public fuit désormais les récitals avec piano, sauf stars à l’affiche. Force est de constater que l'on ne fait pas grand chose pour l’aider à revenir. Autrefois, les <em>Lundis de l’Athénée</em> permettait de suivre les concerts, salle partiellement éclairée, avec une feuillet imprimé dont les spectateurs tournaient bruyamment les pages. C</span><span style="color: #080809; font-family: system-ui, -apple-system, BlinkMacSystemFont, .SFNSText-Regular, sans-serif;">’</span><span style="color: #080809; font-family: inherit;">était un moindre mal et un surtitrage systématique serait aujourd'hui plus efficace : on ne peut raisonnablement attendre du public qu’il connaisse toutes les mélodies de la terre ou qu’il comprenne toutes les langues, à supposer d’ailleurs que le chanteur soit constamment intelligible !</span></pre>
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		<item>
		<title>Gala ODB Opéra – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, le site francophone d&#8217;échanges entre les passionnés d&#8217;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&#8217;artistes hors de la sphère opératique. Comme en 2023 et 2024, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, <a href="https://www.odb-opera.com/joomfinal/index.php">le site francophone d&rsquo;échanges</a> entre les passionnés d&rsquo;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&rsquo;artistes hors de la sphère opératique. Comme en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/">2023</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris/">2024</a>, l&rsquo;après-midi est un véritable marathon lyrique avec un peu plus de quatre heures de concert. <strong>Erminie Blondel</strong> ouvre le bal musical. La jeune soprano fait partie de ces artistes dont la carrière commence à s&rsquo;épanouir, en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-la-nonne-sanglante-saint-etienne/">province</a> comme à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/duvernoy-la-tempete-paris-temple-du-luxembourg/">Paris</a>. Elle déploie un timbre fruité et une voix ample et bien projetée, homogène sur toute la tessiture, dans un air des <em>Pêcheurs de perles</em> impeccable de musicalité et qui donne envie de l&rsquo;entendre dans le rôle complet. <strong>Blerta Zeghu</strong> s&rsquo;attaque avec un réel tempérament dramatique à la difficile scène finale de <em>Roberto Devereux </em>puis interprètera avec une belle sensibilité deux mélodies de Tosti, où son beau timbre un peu sombre fait merveille. Originaire de Moscou, <strong>Serafima</strong> <strong>Liberman</strong> offre un timbre capiteux, une belle largeur de voix et une bonne projection. Elle chante en interprète habitée l&rsquo;air de <em>Iolanta</em> et une rare mélodie de Mili Balakirev sur un poème de Pouchkine (texte également mis en musique par Rachmaninov). Artiste confirmée, <strong>Pauline Courtin</strong> chante avec une grande sensibilité l&rsquo;<em>Adieu de l&rsquo;hôtesse arabe</em> de Georges Bizet et triomphe sans faiblir de la virtuosité de l&rsquo;air des bijoux de <em>Faust </em>dans lequel elle déploie une voix ample et bien homogène. <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/choses-vues-et-chantees/">On rappellera son récent enregistrement consacré à Victor Hugo</a>. <strong>Adam Barro</strong> chante l&rsquo;air de Bartolo des <em>Nozze di Figaro</em> avec la rondeur d&rsquo;un vieux routier italien et une belle maîtrise du <em>canto</em> <em>silábico</em>. D&rsquo;origine arménienne, le baryton nous fait également découvrir un ample arioso extrait de <em>Davit Bek</em>, ouvrage populaire en Arménie mais inconnu en France. D&rsquo;origine portoricaine, <strong>Clara Luz Iranzo</strong> connait déjà un début de carrière internationale (Grèce, États-Unis). Sa <em>Thaïs</em> est chantée avec une voix exceptionnellement corsée dans ce rôle (pour préciser, on est plus proche de Caballé que de Sills ou Fleming). Pour ces mêmes raison, son premier air de Lucia, couronné par un puissant contre ré émis sans effort, est particulièrement impressionnant. La prononciation est impeccable et la caractérisation dramatique très sensible et variée. Appréciée lors de la précédente édition, <strong>Victoria Lingock</strong> est en progrès constant, avec un timbre rare à mi-chemin entre ceux de Jessye Norman et de Grace Bumbry et son air de Dalila ne manque pas de donner le frisson ainsi que son impérieux « Acerba voluttà » d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em>. Les deux artistes se lancent ensuite avec énergie dans le premier duo de <em>Norma</em>. Le timbre d&rsquo;Iranzo est assez grave mais celui de Lingock l&rsquo;est encore plus, de fait les deux voix sont bien appariées offrant une coloration inédite pour un résultat captivant. <strong>Momo Jang</strong> chante avec musicalité et émotion la scène de folie d&rsquo;<em>I Puritani</em>, mais c&rsquo;est surtout dans son épatant « Martern aller Arten » de <em>Die Entführung aus dem Serail</em> qu&rsquo;elle achève de nous convaincre, avec des coloratures impeccables et surtout un ambitus idéal (dans cet air impitoyable, combien de sopranos à l&rsquo;aise dans l&rsquo;aigu se trouvent à nu dans le grave, et inversement). <strong>Christophe Poncet de Solages</strong> chante le premier air du Duc de Rigoletto, « Questa o quella », avec une aisance pleine de charme, et offrira le tube de <em>Das Land des Lächelns </em>(<em>Le Pays du</em> <em>sourire</em> dans sa version française) dans une interprétation gorgée de soleil qui attire la sympathie. <strong>Marion Charlo</strong> triomphe avec aisance des vocalises de sa « Céleste providence », extraite du <em>Comte Ory</em>, se jouant des nombreux conte-ut piqués qui émaillent son air, avec une délicieuse voix de colorature à la française. <strong>Hugo Tranchant</strong> à le type de voix idéalement haut perchée pour incarner Beppe et se révèle plein d&rsquo;abattage dans le rondo de<em> La</em> <em>Grande Duchesse de Gérolstein</em>. <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong>, qui avait chanté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anne-lise-polchlopek-paris-cortot/">en récital la veille Salle Cortot</a>, nous fait la grâce de deux morceaux de style et de tonalité très opposés, qui lui permettent de démontrer la versatilité de son talent, la triste <em>Première lettre</em> de Chaminade, d&rsquo;une émotion à fleur de peau, et la pétulante « Tarántula », extraite de la zarzuela L<em>a Tempranica</em> d&rsquo;un bel abattage. <strong>Jean Bélanger</strong> est un Banco puis un Sarastro encore un peu verts mais les moyens sont là. <strong>Runji Li</strong> est encore très jeune mais séduit, dans la mélodie <em>Nina</em> (longtemps attribuée à Pergolese) par un timbre de ténor chaud et coloré. <strong>Aurélien Vicentini</strong> fait ses débuts public de contre-ténor avec le célèbre « Lascia ch&rsquo;io pianga » de <em>Rinaldo</em> de Haendel. Dans « E lucevan le stelle », <strong>Ismaël Billy</strong> a des petits airs de Juan Diego Flórez, avec un timbre plus corsé. <strong>May Chedid</strong> avait été une découverte lors de la première édition, chantant de manière un peu improvisée une mélodie libanaise <em>a</em> <em>cappella</em>. Elle nous offre cette fois deux belles mélodies, de Fauré et Tosti, chantée avec musicalité et où l&rsquo;on sent le développement harmonieux de la voix. Également présente au premier gala, <strong>Claire</strong> <strong>de</strong> <strong>Monteil</strong> a depuis vu sa carrière se déployer (<a href="https://www.forumopera.com/breve/vrais-debut-de-claire-de-monteil-a-la-scala/">on se rappelle de ses débuts inattendus à la Scala</a>). La voix s&rsquo;est élargie, gagnant aussi en puissance sans rien perdre en aigu. Elle nous offre une splendide interprétation de l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Leonora dans<em> Il trovatore</em> (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-lucques/">un ouvrage qu&rsquo;elle a chanté à travers l&rsquo;Italie l&rsquo;année dernière</a>). Elle démontre une nouvelle fois ses affinités avec la musique de Kurt Weill avec la glaçante chanson « Je ne t&rsquo;aime pas ». Dans le redoutable « Si ritrovarla io giuro » de <em>La Cenerentola</em>, <strong>Mali Zivcovic</strong> offre une impressionnante cascade de suraigus (plusieurs contre-ut et un contre-ré) et une belle aisance dans la vocalisation. Par contraste, son <em>Werther</em>, trop central à ce stade mais dont il a assurément le physique, le met moins en valeur. En Anna Bolena et en Micaela, <strong>Fanny Utiger</strong> offre un timbre chaud et une remarquable aisance dans l&rsquo;aigu et de beaux graves sans efforts, alliés à une belle incarnation dramatique. <strong>Raluca Vallois</strong> sait nous faire sourire avec une <em>Belle Hélène</em> à la voix charnue et puissante, et à l&rsquo;aigu généreux. La jeune <strong>Anaëlle Gregorutti</strong> se lance avec intrépidité dans l&rsquo;air de Farnace du <em>Mitridate</em> de Mozart, avec une voix corsée, à l&rsquo;aigu puissant, et conclut le programme avec la délicieuse <em>Heure</em> <em>exquise</em>, non dans la version de Reynaldo Hahn mais dans celle, tout aussi élégante et plus rare de Régine Poldowski.</p>
<p>Le programme intégrait également la lecture de trois beaux poèmes d&rsquo;<strong>Hanna Rees</strong>, moment de grâce trop fugitif. Ceux-ci sont  <a href="https://www.amazon.fr/Haïkus-à-française-Hanna-Rees/dp/2310014346/ref=sr_1_5?dib=eyJ2IjoiMSJ9.jKKCN5JZZmFXGMUcAtntS7sBUIYJFEiguSCbD9gp5V6lrFtfrJfQNNOkocCEqN4zsxy_Il5hmrNBo-l5jKMYGfF8l-PuZVyFfxej_1xvGUwktY-0jAqD-S7lqXVuRiuG.lY4fEg0VCmx0GOMsJWN0At8icONpKNijGwzAeT4Vnt4&amp;dib_tag=se&amp;qid=1759055463&amp;refinements=p_27%3AHanna+Rees&amp;s=books&amp;sr=1-5&amp;text=Hanna+Rees">extraits de ses <em>Haïkus à la française</em></a>, et dits par leur auteur. Le dernier d&rsquo;entre eux évoque avec force et sensibilité le choc éprouvé par Hanna Rees <a href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">à l&rsquo;annonce de la mort de Béatrice Uria Monzon</a>.<strong> Isabelle Carrar</strong> a fait résonner l&rsquo;esprit du Quartier Latin avec trois belles chansons extraites des répertoire de Barbara et de Juliette Gréco (on pourra l&rsquo;entendre en récital à Senlis le 9 octobre prochain à la Maison Léo Delibes, <a href="https://villaduchatelet.com/concerts/">Villa du Châtelet</a>). Le soprano et professeur de chant <a href="https://www.linkedin.com/in/anne-julia-audray-471b6bb1/">Anne-Julia Audray</a> a présenté son recueil de sélections d&rsquo;airs (opéra, oratorio, mélodie, chanson ou comédie musicale), <em>Opera</em> <em>Singing</em>, pour jeunes et moins jeunes chanteurs. L&rsquo;idée est de permettre à des artistes de ne pas être obligés de voyager avec plusieurs partitions et de se concentrer sur celles susceptibles de les mettre en valeur. À titre d&rsquo;exemple, même les chanteurs enfants y trouveront des airs leur permettant de mieux briller lors de leurs auditions. Les morceaux sélectionnés comportent plusieurs versions chantées traduites. L&rsquo;après-midi était animée par Jérôme Pesqué, « patron » d&rsquo;<a href="https://odb-opera.com/">ODB-Opéra</a>, et par <strong>Stéphane Sénéchal</strong> qui a apporté quelques moments de décompression avec ses incarnations de Funny Truche (soprano influenceuse) et de la Stromboli (diva à la carrière plus brève que son bagout !). Et l&rsquo;on n&rsquo;oubliera pas de remercier et de féliciter les quatre pianistes qui se sont succédé pour accompagnés les artistes dans ce programme particulièrement éclectique (et comportant beaucoup de raretés), et sans lesquels ce concert n&rsquo;aurait pu avoir lieu : <strong>Maxime Neyret</strong>, <strong>Matteo Carminati</strong>, <strong>François Bettencourt</strong> et <strong>Arnaud</strong> <strong>Kérébel</strong>. Le spectacle était donné au profit de la <em>Ligue contre le cancer.</em></p>
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		<title>À Rennes, un Rinaldo en plein air avec des vrais bouts de dragon dedans</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-rennes-un-rinaldo-en-plein-air-avec-des-vrais-bouts-de-dragon-dedans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 16:08:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fidèle à son souhait d’allier ambition estivale et convivialité, l’Opéra de Rennes propose un spectacle lyrique en plein air dans l’écrin inattendu de l’Écomusée de la Bintinais. Dragons, poissons et autres créatures envahissent le lieu pour une adaptation de Rinaldo de Haendel, où mythes et musique se rencontrent, « invitation à la rêverie ». Claire Dancoisne, metteuse &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fidèle à son souhait d’allier ambition estivale et convivialité, l’Opéra de Rennes propose un spectacle lyrique en plein air dans l’écrin inattendu de l’Écomusée de la Bintinais. Dragons, poissons et autres créatures envahissent le lieu pour une adaptation de <em>Rinaldo</em> de Haendel, où mythes et musique se rencontrent, « invitation à la rêverie ». <strong>Claire Dancoisne</strong>, metteuse en scène, avait déjà présenté en 2021 cette production marquée par marionnettes et machines. Après 35 représentations en salle depuis 2018, le spectacle passe pour la première fois au plein air, à Saint-Céré et comme ouverture de saison à Rennes. Aux côtés d’artistes lyriques, de comédiens et de l’ensemble Le Caravansérail, sous la direction du claveciniste <strong>Bertrand Cuiller</strong>, les machines prennent vie devant les spectateurs dans l’écrin de l’écomusée.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Rinaldo à l&#039;Écomusée de la Bintinais à Rennes" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/-i2z6XhIbd0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><em>Avec Paul Figuier, Mathilde Ortscheidt, Maïlys de Villoutreys, </em><br /><em>Camille Poul, Damien Pass </em><br /><br /><em>Samedi 30 août 2025 à 18h</em><br /><em>HORS LES MURS</em><br /><em>ÉCOMUSÉE DE LA BINTINAIS, RENNES</em></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/a-rennes-un-rinaldo-en-plein-air-avec-des-vrais-bouts-de-dragon-dedans/">À Rennes, un Rinaldo en plein air avec des vrais bouts de dragon dedans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>HAENDEL, Rinaldo (1731)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rinaldo-1731-marco-angioloni/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier opéra italien expressément composé pour Londres,&#160;Rinaldo, avec son action en technicolor (sorcière, sirènes, dragons, démons, chevaliers, pont en flammes, fontaines glougloutantes, oiseaux vivants) et sa distribution fastueuse, fit l’effet d’une déflagration, lançant la carrière anglaise du Saxon. Au fil des deux années suivantes, après même que Haendel eut créé d’autres ouvrages, celui-ci fut repris &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Premier opéra italien expressément composé pour Londres,&nbsp;<em>Rinaldo</em>, avec son action en technicolor (sorcière, sirènes, dragons, démons, chevaliers, pont en flammes, fontaines glougloutantes, oiseaux vivants) et sa distribution fastueuse, fit l’effet d’une déflagration, lançant la carrière anglaise du Saxon. Au fil des deux années suivantes, après même que Haendel eut créé d’autres ouvrages, celui-ci fut repris près de cinquante fois, avec quelques aménagements – comme la suppression du rôle d’Eustazio. Et, lorsqu’en 1731, après la refondation de la Royal Academy of Music, le compositeur-imprésario peina à retrouver son public, il ressuscita cette œuvre vieille de vingt ans pour renflouer les caisses.</p>
<p style="font-weight: 400;">La distribution en fut alors repensée&nbsp;: profitant du retour (temporaire) de Senesino, castrat alto adoré des Londoniens, Haendel transposa vers le bas le rôle-titre, conçu pour un mezzo. Deux autres contraltos (féminines) s’arrogèrent Armida et Argante, tandis que Goffredo était, à l’inverse, confié à un ténor et qu’Almirena, restée soprano, se voyait remaquillée au bénéfice de la Strada. Il y aurait beaucoup à dire sur cette adaptation, qui intégrait des airs passés inaperçus dans&nbsp;<em>Lotario</em>&nbsp;(«&nbsp;D’instabile fortuna&nbsp;» conçu pour le sidérant Fabri, ou «&nbsp;Arma lo sguardo&nbsp;», écrit pour la Merighi) ainsi que dans&nbsp;<em>Partenope</em>&nbsp;(étincelant «&nbsp;Fatto è Amore/Giove un dio d’inferno&nbsp;»), mais affaiblissait considérablement la figure du roi de Jérusalem (du fracassant «&nbsp;Sibillar gli angli d’Aletto&nbsp;» ne reste que… la ritournelle)&nbsp;: resserrée, l’action devenait moins décousue, tandis que la partition conservait son parfum de pot-pourri – mais mis au goût du jour.</p>
<p style="font-weight: 400;">Si certains chefs avaient déjà emprunté à cette mouture (par exemple, John Fischer, qui distribuait Ernesto Palacio en Goffredo), c’est à&nbsp;<strong>Marco Angioloni</strong>&nbsp;que revient l’honneur d’en graver l&rsquo;intégrale. Le chef-ténor ferait-il une fixation sur l’année 1731, lui dont le précédent enregistrement haendélien était consacré à&nbsp;<em>Poro&nbsp;</em>(CVS)<em>,&nbsp;</em>œuvre créée exactement deux mois avant ce&nbsp;<em>Rinaldo</em>&nbsp;?&#8230;</p>
<p style="font-weight: 400;">Il n’a cependant pas ici bénéficié des mêmes moyens : son orchestre, notamment, passe de trente à dix-huit musiciens –&nbsp;la légèreté de ces effectifs se faisant surtout sentir à l&rsquo;occasion des batailles et des enchantements. Le violon solo de Beatrice Scaldini enveloppe d’une délicieuse nostalgie le « Per salvarti » d’un Argante devenu très galant mais manque de panache dans le tempétueux « Venti, turbini ». Beau basson, guitare/théorbe parfois envahissants. La direction vive, naturelle, sensible d’Angioloni apparaît à son meilleur dans les moments d’intimité, particulièrement à l’Acte II, lors du duo opposant Armida à Rinaldo et durant le bel <em>accompagnato</em> qui suit.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il faut dire que, si, en concert, la projection de&nbsp;<strong>Vivica Genaux</strong> nous a déçu ces derniers temps, elle retrouve sa superbe face aux micros, campant une magicienne aussi féroce que classieuse – bien que prudente dans son dernier air.&nbsp;<strong>Roberta Mameli</strong>&nbsp;confère aussi beaucoup de caractère à son Almirena, moins dans les pépiements de «&nbsp;Parolette, vezzi e sguardi&nbsp;» (au thème emprunté à&nbsp;<em>Il Trionfo del Tempo</em>) que dans un «&nbsp;Lascia ch’io pianga&nbsp;» fort voluptueux. Ce n’est pas faire injure à Angioloni que de répéter qu’il nous convainc davantage à la baguette que comme bariténor haendélien&nbsp;: la voix est décidément trop peu ample et assurée pour ces figures héroïques. Les admirateurs de&nbsp;<strong>Filippo Mineccia</strong>&nbsp;apprécieront sa fougue et son engagement mais avouons que ce chant serré, névrotique et souvent tubé nous séduit peu, tandis que le second contre-ténor, un&nbsp;<strong>Logan Lopez Gonzalez</strong>&nbsp;cotonneux mais élégant, fait le job dans un rôle retaillé aux modestes mesures de la Bertolli. Oublions les comprimari. Et déplorons qu’un éditeur négligent ait laissé passer diverses erreurs de montage, comme celle qui, aux plages 9 et 10 du second CD, fait répéter une partie du récitatif…</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour «&nbsp;<em>Rinaldo</em>&nbsp;1731&nbsp;», de toute façon, vous n’avez pas le choix. Pour le&nbsp;<em>Rinaldo</em> originel, Malgoire, Hogwood et Jacobs (dans cet ordre, en ce qui nous concerne) restent en tête.</p>
<p style="font-weight: 400;">
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		<title>HAENDEL, Rinaldo &#8211; Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps après que Pier Luigi Pizzi et Marilyn Horne aient révélé Rinaldo, Beaune retrouve notre héros, pour la troisième fois, vingt-deux ans, puis quinze ans après. Ce soir c’est Thibault Noally qui conduit son ensemble, Les Accents. La production, créée au Théâtre des Champs Elysées en février dernier (2) connaît une distribution presqu’inchangée, puisque le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps après que Pier Luigi Pizzi et Marilyn Horne aient révélé <em>Rinaldo</em>, Beaune retrouve notre héros, pour la troisième fois, vingt-deux ans, puis quinze ans après. Ce soir c’est <strong>Thibault Noally</strong> qui conduit son ensemble, <em>Les Accents</em>. La production, créée au Théâtre des Champs Elysées en février dernier (2) connaît une distribution presqu’inchangée, puisque le rôle de Goffredo change de titulaire (à Lucile Richardot est substituée <strong>Lorrie Garcia</strong>), et  <strong>Chiara Skerath </strong>s&#8217;empare du rôle d&rsquo;Armida, cédant Almirena à <strong>Gwendoline Blondeel</strong>. La plupart des solistes sont familiers du Festival.</p>
<p>L’histoire est connue, où les Croisés assiègent Jérusalem.  Goffredo (Godefroid de Bouillon), frère d’Eustazio et père d’Almirante, confie à Rinaldo le soin de vaincre les Infidèles (Argante, roi de Jérusalem, et son amante, la magicienne Armide). Celle-ci enlève Almirante, promise à Rinaldo, et séduit ce dernier par ses enchantements&#8230;</p>
<p>Cette version de concert, que le mauvais temps a contraint au repli à la Basilique, confine l’orchestre et les solistes dans son chœur. Il leur est ainsi malaisé de jouer pleinement leur personnage comme ils l’auraient certainement fait dans la cour des Hospices. Certes, la magie, les effets spectaculaires réservés aux machines comme aux êtres animés (3) relèvent ce soir de l’imagination, mais les prouesse vocales, orchestrales n’en sont que plus évidentes. Les nombreux airs (4) éblouissent et nous touchent, de la vaillance à la plainte extatique. Tous les <em>da capo</em> sont ornés, parfois brillamment, toujours avec intelligence. Les récitatifs sont animés, d’une souplesse et d’un naturel confondants. Seule réserve, mineure, le recours trop fréquent (5) au positif, très sonore, au détriment du plus discret clavecin, d’autant que le continuo est fourni. Seulement quatre duos, tous aussi remarquables, émouvants par leur sens dramatique et leur perfection vocale, pour quantité d’airs : le duetto de Rinaldo avec Almirena (« Scherzano sul tuo volto »), puis avec Armide (« Fermati / No, crudel ! », ajouté en 1731), enfin celui d’Argante avec la magicienne « Al trionfo del nostro furore », sans oublier celui des sirènes, « Il vostro maggio », délicieux, respirant la séduction, d’une égale réussite.</p>
<p><strong>Carlo Vistoli</strong>, plus haendelien que jamais, possède la pleine intelligence du rôle-titre – martial, viril et tendre – et les moyens superlatifs pour en traduire les sentiments : une technique prodigieuse (son aisance dans les vocalises et les traits les plus pyrotechniques), l’ambitus le plus large, une projection et puissance rares chez les contre-ténors, et, surtout, une qualité d’élocution et de réels talents de comédien. Si son air d’entrée, élégiaque, n’est pas le plus approprié aux démonstrations, comme le « Cara sposa, amante cara », ému, qui traduit bien l’accablement du héros à l’enlèvement d’Almirena, dont il a été le témoin impuissant, le furieux « Venti turbini » est fabuleux de virtuosité, où le violon solo de Thibault Noally nous éblouit autant que la voix. L’enchantement se poursuivra après les dernières notes de « Or la tromba in suon festante », dont l’éclat et l’ornementation virtuose fascinent. La santé vocale de <strong>Chiara Skerath</strong> est confirmée pour Armida, le rôle habité de la plus redoutables des magiciennes. La voix, souple, agile, est agressive, fière comme caressante, tendre, émouvante, d’une <em>italianità</em> parfaite. Elle éblouit par ses airs violents (son arrivée, avec « Furie terribili ! ») comme par ses élans amoureux (la déchirante déploration « Ah ! crudel ! il pianto mio ») justes, sincères jusqu’au pathétique. Sa liberté vocale, dès son air d’entrée, impose un personnage flamboyant, de démesure. Chacun des ses airs est un régal. Retenons particulièrement l’air de vengeance du II , « Vo’ far guerra, e vincer voglio », avec ses improvisations au clavecin, ménagées par Haendel, aux vocalises exemplaires. <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, dont la révélation au concours de Froville a marqué le début de la carrière, est Almirena. La séduction le dispute à l’autorité, le timbre, fruité, la ligne soutenue et finement ciselée, les aigus épanouis et lumineux emportent l’adhésion. De ses nombreux airs, retenons déjà « Augeletti, che cantate, zefiretti » avec la petite flûte (<em>ottavino</em>) virtuose, et deux flûtes à bec, d’un raffinement extrême, d’une fraîcheur rare, où notre soliste orne sa ligne à l’égal des trois instruments. Son duetto avec Rinaldo « Scherzano / Ridano » est d’un bonheur communicatif, rayonnant.  Attendue, « Lascia, ch’io pianga », la poignante sarabande au legato exemplaire suspend le temps, fait toujours son effet. Vraisemblable prise de rôle pour Lorrie Garcia, contralto marseillaise dont l’essentiel de la carrière se développe en Italie. Elle campe un Goffredo élégant et viril, à l’indéniable autorité. La voix est charnue, bien timbrée, incisive, autoritaire, aux solides graves et la technique est sans défaut, dès son air d’entrée  (« Sovra balze scosceni e pungenti »). On retiendra son « Mio cor, che mi sai dir ? » enfiévré, ambigu, où la complexité du personnage lui confère une réelle humanité. Les trois airs retenus du frère de Goffredo, Eustazio, sont heureusement confiés à <strong>Anthea Pichanick</strong>, dont on connaît les mérites. La chaleur, la souplesse et le timbre moelleux lui permettent l’une des plus belles plaintes que nous ayons entendues (« Siam prossimi al porto »). Si, auparavant puis ensuite, chacun de ses airs est remarquable (« Col valor,colla virtù or si vad », « Di Sion nell’ alta sede »), c’est également dans les récitatifs que toutes ses qualités sont flagrantes. Avec le « Sibillar gli angui d’Aletto », Argante nous est présenté par<strong> Victor Sicard</strong>. Vigoureux, chaleureux pour cet air aux généreuses vocalises, admirables, avec un orchestre survitaminé, le roi de Jérusalem est parfaitement servi, rivalisant avec trompettes et timbales. Le legato superbe du « Vieni, o cara », sensible, douloureux, met tout autant en évidence l’étendue des qualités de notre baryton. En outre, ses talents de comédien, son art du récitatif, lui permettent une caractérisation aboutie de son personnage et le rendent attachant.</p>
<p>Thibault Noally dirige du violon, dont il joue fréquemment, tant dans les tutti que comme soliste, toujours soucieux de la dynamique et de l’articulation de ses musiciens. S’il semblait sur la retenue lors de la première au TCE, ce soir, comme ses chanteurs et son ensemble, il paraît libéré, pleinement épanoui. Sa familiarité de l’ouvrage et l’attention portée au chant permettent l’expression lyrique la plus juste. L’orchestre rend pleinement justice à la partition, dès son ouverture, somptueuse et animée, au son plein et chargé de séduction, la première sinfonia participe vraiment au drame que constitue l’enlèvement d’Almirena. La berceuse des sirènes, étrange avec ses dissonances audacieuses, nous envoûte.  Seul petit bémol, la formidable bataille du III, ici réduite à une simple illustration martiale, spectaculaire, est prise à un train d’enfer, inapproprié aux conditions acoustiques de la basilique. La dynamique, l’articulation, les batteries se signalent par le souci de précision constant. Les solistes des <em>Accents</em>, flûtes, hautbois, basson, clavecin, violon, aux timbres délicieux, rivalisent d’agilité pour dialoguer avec les voix.</p>
<p>Pouvait-on rêver plus belle distribution, engagée, virtuose et harmonieuse, servie par une direction pleinement épanouie ? Après le chœur final, souriant, chaleureux bien que dramatiquement convenu, la nef comme les bas-côtés exultent. L’enthousiasme d’un public ravi fera un long triomphe aux chanteurs comme aux <em>Accents </em>et à son chef.</p>
<pre>(1) Le 20 juillet 1996, Christophe Rousset (avec Sarah Mingardo, Sandrine Piau et autres), puis le 18 juillet 2009 (où Ottavio Dantone réunissait Delphine Galou, Lennecke Ruiten, Riccardo Novaro etc.). 
(2) Guillaume Saintagne, pour Forumopéra, en avait rendu compte (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-paris-theatre-des-champs-elysees/">Plus d’intelligence que d’éclat</a>). 
(3) A la création, en 1711, ce sont des oiseaux vivants qui peuplaient le jardin d’Armide. 
(4) 29 dans la partition de 1711 ; 23 sont conservés. Il est vrai que l’ouvrage est ample... 
(5) Y compris dans les arias d’où Haendel l’a explicitement exclu, où seules les cordes sont convoquées.</pre>
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		<title>HAENDEL, Rinaldo &#8211; Paris (Théâtre des Champs-Elysées)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Carte de visite en forme de feux d’artifice, Rinaldo ouvrit les portes de Londres au tout jeune Haendel qui venait de triompher en Italie. Et pour que le feux d’artifice soit beau, il faut des pyrotechniciens prêts à voir le bout des doigts roussis par la flamme. Ce n’est pas vraiment le cas ce soir, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Carte de visite en forme de feux d’artifice, <em>Rinaldo</em> ouvrit les portes de Londres au tout jeune Haendel qui venait de triompher en Italie. Et pour que le feux d’artifice soit beau, il faut des pyrotechniciens prêts à voir le bout des doigts roussis par la flamme. Ce n’est pas vraiment le cas ce soir, mais à défaut de têtes brulées, saluons la performance de chanteurs éminemment intelligents, avec beaucoup de personnalité, venant compenser un éclat vocal insuffisant. Commençons par reconnaitre la version quasi-complète de la partition : on a gardé les sirènes et n’ont été coupés que le passage du Mage, un air pour Rinaldo puis Goffredo, et quelques récitatifs (les invocations à Mahomet d’Armide par exemple, mais qui furent coupées dès les premières reprises du vivant de Haendel).</p>
<p><strong>Anthea Pichanik</strong> d’abord campe un superbe Eustazio, à la mélancolie caressante couvant une certaine angoisse dans «&nbsp;Siam prossimi&nbsp;al porto». Les vocalises de <strong>Lucile Richardot</strong> ne sont pas les plus fluides et ses voyelles trop ouvertes trahissent une plus grande affinité avec le français que l’italien, mais comme toujours, quelle éloquence ! Quelle intelligence des mots ! Une telle présence théâtrale ferait presque de Goffredo un personnage principal. Son « Mio cor che mi sai dir » est à la fois déchirant et palpitant, une des meilleures versions que nous ayons entendues de cet air splendide. <strong>Chiara Skerath</strong> est tout aussi étonnante : son timbre et son émission rappellent Jennifer Smith, avec plus de moelleux, et même si son trille est insuffisamment battu, la technique est solide. Son personnage enfantin trépignant d’impatience, incarné immédiatement dès la ritournelle du « Combatti da forte », attire immédiatement la sympathie et ne l’empêche pas de donner un aussi dépouillé que sincère « Lascio ch’io pianga », loin de toute la mièvrerie dans laquelle trop de soprano noient cet air.</p>
<p><strong>Victor Sicard</strong> manque d’ampleur et de projection pour effrayer mais pas de longueur de souffle : son très exposé air d’entrée est tenu dans toute sa difficulté, malgré des variations trop timides au da capo. Comme Lucile Richardot, sa fréquentation du répertoire français lui permet d’exceller dans les récitatifs. Reste un personnage un peu trop sensible, on peine à voir le méchant qui s’attendrit, notamment dans un « Vieni o cara » splendide mais dont la délicatesse est davantage celle d’un jeune héros. En comparse infernale, <strong>Emöke Baràth</strong> est limitée aux extrêmes de la tessiture. Même si la chanteuse a beaucoup d’allure, son « Furie terribile » est trop sur la retenue ; cet air devrait faire trembler le théâtre ou faire craindre l’accident vocal pour impressionner. Même constat pour son « Vo far guerra » pas assez virulent ni arrogant pour exister entre deux soli de clavecin. C’est dans les airs plus centraux (« Molto voglio ») ou tragiques qu’elle est à son meilleur, ainsi d’un « Ah crudel » épuré et puissant qui révèle la grande haendélienne.</p>
<p><strong>Carlo Vistoli</strong> fait plus que tenir la route en héros éponyme. Avec des prises de risque maitrisées et un vocabulaire bel cantiste affuté (aucune approximation dans les trilles ou les vocalises ce soir) il brille surtout dans les airs centraux comme ce « Cara sposa » très intense ou ce « Cor ingrato » au cordeau. Néanmoins le timbre très mat, l’émission un peu heurtée, les incursions certes marquantes mais trop épisodiques (les points d’orgue) dans l&rsquo;aigu et un jeu peu naturel l’empêchent de vraiment transformer l’essai dans les airs virtuoses : « Venti turbini », « M’abbrucio » et « Or la tromba » ne manquent pas de panache mais bien d’éclat. &nbsp;C’est « Il tricerbero » qui convainct le moins en raison d&rsquo;un registre grave malaisé, comme pour son <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-paris/">Cesare quelques mois plus tôt sur la même scène</a>.</p>
<p>A l’orchestre l’effectif est fourni ( 28 musiciens, dont 2 hautbois, 2 à 3 flutes et une riche basse continue) et avec de très bons solistes dans une œuvre où ils sont souvent exposés dans les morceaux concertants (même si on déplore quelques couacs chez un trompettiste et un hautboïste). Nous sommes néanmoins un peu déçus par la direction assez sage de <strong>Thibault Noally</strong> : on attendait de cet excellent chef et de son ensemble une vision plus personnelle. Certes la tension dramatique est tenue d’un bout à l’autre et les équilibres sont parfaits, toutefois il faut attendre la battaglia du dernier acte pour entendre <strong>Les Accents</strong> tels qu’on les aime. Comme s’ils privilégiaient la sécurité en ne voulant pas trop bousculer les chanteurs, alors que cela aurait peut-être permis au plateau de briller davantage.</p>
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		<title>HAENDEL, Rinaldo — Tourcoing</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rinaldo-tourcoing-jeux-dartifices-haendeliens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Nov 2021 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entendre Rinaldo résonner dans le Théâtre Raymond-Devos de Tourcoing, lieu de résidence principal de l’Atelier lyrique, a quelque chose de très émouvant. En effet, c’est Jean-Claude Malgoire, le fondateur et l’ancien directeur artistique de l’Atelier lyrique de Tourcoing, qui fut, en 1977, le premier à enregistrer l’œuvre de Haendel et à l’interpréter sur instruments d’époques, participant ainsi &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Entendre <em>Rinaldo</em> résonner dans le Théâtre Raymond-Devos de Tourcoing, lieu de résidence principal de l’Atelier lyrique, a quelque chose de très émouvant. En effet, c’est Jean-Claude Malgoire, le fondateur et l’ancien directeur artistique de l’Atelier lyrique de Tourcoing, qui fut, en 1977, le premier à enregistrer l’œuvre de Haendel et à l’interpréter sur instruments d’époques, participant ainsi à la redécouverte d’un répertoire, d’un genre et d’un style dont on avait perdu la probité interprétative au cours du XIX<sup>e</sup> siècle. L’acoustique de cette salle de taille modeste et à l’allure douillette, est par ailleurs remarquable pour ce répertoire, soutenant chaleureusement la projection des chanteurs et faisant palpiter les timbres des instruments d’époque avec vivacité.</p>
<p>Il convient peut-être de s’attarder justement sur la question du genre de l’œuvre. Rinaldo est un <em>opera seria</em>, le premier que Haendel écrivit spécifiquement pour le public londonien. Les codes dramaturgiques de l’<em>opera seria </em>sont tout à fait éloignés de ceux des œuvres musicales et dramatiques du XIX<sup>e</sup> et, à plus forte raison, du XX<sup>e</sup> siècle. En effet, l’argument en est souvent succinct et présente des situations conventionnelles ; les personnages apparaissent comme des assemblages de passions typiques ; la forme musicale est très strictement arrêtée, selon un modèle <em>récitatif – aria</em>, avec très peu d’ensembles et de mobilité dramatique. Il faut aussi imaginer qu’à l’époque d’Haendel, la dimension spectaculaire de la représentation avait toute son importance : la réussite de tableaux extraordinaires et de scènes « à machines » participaient, avec les charmes de la partition et la virtuosité des interprètes, à la réussite d’un spectacle. Il ne s’agit nullement de porter un jugement de valeur sur ces codes esthétiques, car ils sont ceux d’une époque et d’un public, et déploient des enjeux dramatiques et musicaux qui ne demandent qu’à être réactivés, mais le défi d’un metteur en scène d’<em>opera seria </em>aujourd’hui sera toujours de parvenir à rendre accessible, voire évidente et nécessaire, cette forme spécifique à un public actuel.</p>
<p>Pour sa première mise en scène d’opéra, créée en 2018 et déjà chroniquée sur Forum Opéra lors de la <a href="https://www.forumopera.com/rinaldo-nantes-magique">création nantaise</a> et de la <a href="https://www.forumopera.com/rinaldo-rennes-demons-et-merveilles">reprise rennaise</a> de cet automne, <strong>Claire Dancoisne</strong> a su recourir à son expérience du théâtre de rue et d’objets, ainsi que dans l’art de la marionnette. L’esthétique de la scénographie et des costumes, d’un style cyberpunk très années 1980, peut sembler un peu désuète, mais la dimension merveilleuse du livret est prise en charge avec brio et malice : comme indiqué dans le livret, Armida arrive juchée sur un dragon, ici une impressionnante machine articulée qui vomit de la fumée. Ces machines, impressionnantes par leur démesure sur une scène si peu vaste, participent à l’action et, notamment lors du démontage à vue par les interprètes de l’arbre/cage d’Armida, amènent une dimension réflexive au dispositif, en exhibant leur propre artificialité. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/18-0118-rinaldo-12_c_pascal-perennec.jpg?itok=AI56TO2E" title="© Pascal Perennec " width="468" /><br />
	© Pascal Perennec </p>
<p>Des tableaux très différents se succèdent, sur un plateau animé par deux comédiens, <strong>Gaëlle Fraysse</strong> et <strong>Nicolas Cornille</strong> : théâtre d’ombre ou d’objets sont notamment convoqués pour amener de la variété au spectacle, et de la poésie. La direction d’acteur donne même à voir les personnages comme des marionnettes, ce qu’accentue leur maquillage outré. Néanmoins, cette distanciation éloigne fatalement par moments les personnages de ce qu’ils traversent et beaucoup de scènes sont traitées sur un ton humoristique, comme le coup de foudre d’Armida pour Rinaldo – certes, <em>l’opera seria </em>n’est pas toujours que sérieux, mais on gagnerait en richesse expressive et en contrastes en laissant les interprètes habiter pleinement certaines situations, mêmes conventionnelles, plutôt qu’en les abordant avec distance. </p>
<p>Créé par un castrat, parfois confié à une voix de femme, le rôle de Rinaldo est ici tenu par le jeune contre-ténor <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong>. La voix est d’une homogénéité remarquable et le timbre d’une densité harmonique rare pour ce type de voix. Doté d’une solide technique, le chanteur n’hésite pas à ornementer abondamment ses reprises et à recourir dans le grave de sa tessiture, par touches expressives, à la voix mixte, notamment dans un étonnant « Il Tricerbero umiliato », où Rinaldo semble tirer sa force guerrière des plus obscures profondeurs de la terre. </p>
<p><strong>Blandine de Sansal</strong> est peut-être un peu jeune encore pour conférer au personnage de Goffredo, fier commandant en chef des armées croisées, toute son autorité, mais le timbre de la chanteuse est riche et le phrasé plein d’élégance. Le registre grave de la voix est particulièrement séduisant et la diction de l’italien est pleine de saveurs. Une jeune artiste à suivre, assurément !</p>
<p>Le rôle d’Alminera, la fille de Goffredo et amante de Rinaldo, à qui échoit l’air le plus connu de l’œuvre (« Lascia ch’io pianga »), est tenu par <strong>Emmanuelle de Negri</strong>. Elle pare le rôle d’une présence pleine de fraîcheur et vigueur, grâce à son timbre fruité et la délicatesse assurée avec laquelle elle déploie les lignes musicales.  </p>
<p>Le timbre acidulé d’<strong style="font-size: 14px">Aurore Buché </strong>convient tout à fait aux charmes âpres de la magicienne Armida. La voix manque cependant un peu d’ampleur pour épouser la mesure du personnage et l’aigu sonne un peu aigre, mais l’abattage scénique pallie adroitement ces quelques défauts.</p>
<p>D’une présence scénique saisissante, <strong>Thomas Dolié</strong> est un Argante plein de charmes. Certes, l’italien est un peu flou et le manque de coloration de la voix peut rendre parfois presqu’uniforme certains passages de la partition, mais la beauté de l’engagement, les qualités expressives de l’artiste et sa technique redoutable – quel impressionnant « Sibilar gli angui d’aletto », aux vocalises démesurées attaquées avec panache ! – balayent ces quelques réserves et emportent l’adhésion. Un portrait d’une grande noblesse et superbement accompli, assurément.</p>
<p>Les sortilèges et le merveilleux jaillissent aussi de la fosse où le <strong>Banquet Céleste</strong> officie. L&rsquo;effectif instrumental est un peu réduit, mais cela n’empêche pas les musiciens d’atteindre une remarquable plénitude sonore. Les solistes, notamment le bassoniste et le claveciniste, remarquables d&rsquo;engagement et de phrasé, dispensent un son riche et constrastée. On entend que le chef <strong>Damien Guillon</strong> est aussi un chanteur, tant sa direction épouse les mouvements des interprètes sur scène et tant l&rsquo;orchestre semble soutenir et se fondre, dans un même temps, aux voix des chanteurs. La musique de Haendel s&rsquo;anime sous sa baguette, tantôt avec un tranchant d&rsquo;un éclatant dramatisme, tantôt avec une grâce pleine de charme et des contours délicats. Rarement on aura entendu un Haendel si palpitant, à la fois vivant, équilibré et d&rsquo;une folle inventivité instrumentale.</p>
<p> </p>
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		<title>Le Rinaldo, recréé à Rennes dernièrement, part en tournée !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-rinaldo-recree-a-rennes-dernierement-part-en-tournee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laure Machado]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Oct 2021 12:03:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le compte-rendu de Tania Bracq vous transporte avec « gourmandise » dans les « démons et merveilles » de cette production de 2018, dans la mise en scène de Claire Danscoine. Sans débauche de moyens, ni surcharge visuelle, tout y est léger, subtil et remarquablement équilibré entre une scénographie ingénieuse, les fines exubérances haendéliennes du plateau vocal et enfin &#8230;</p>
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<p>&#8211; Mer. 06/10/21 &#8211; <strong>Besançon</strong> &#8211; Les 2 scènes (Théâtre Ledoux) &#8211; 19h</p>
<p>&#8211; Jeu. 07/10/21 &#8211; <strong>Besançon</strong> &#8211; Les 2 scènes (Théâtre Ledoux) &#8211; 20h</p>
<p>&#8211; Dim. 10/10/21 &#8211; <strong>Sénart </strong>&#8211; Théâtre Sénart -16h</p>
<p>&#8211; Mer. 13/10/21 &#8211; <strong>Quimper</strong> &#8211; Le Théâtre de Cornouaille &#8211; 20h</p>
<p>&#8211; Jeu. 14/10/21 &#8211; <strong>Quimper</strong> &#8211; Le Théâtre de Cornouaille &#8211; 20h</p>
<p>&#8211; Sam. 13/11/21 &#8211; <strong>Tourcoing</strong> &#8211; Théâtre Raymond Devos &#8211; 17h</p>
<p>&#8211; Dim. 14/11/21 &#8211; <strong>Tourcoing</strong> &#8211; Théâtre Raymond Devos &#8211; 15h30</p>
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		<title>HAENDEL, Rinaldo — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rinaldo-rennes-demons-et-merveilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Oct 2021 15:40:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Éblouis, enchantés, voilà l&#8217;état d&#8217;esprit des chanceux applaudissant debout le Rinaldo proposé par la co[opera]tive et l&#8217;Opéra de Rennes en ce début de saison. La recréation de cette production de 2018 sera remontée cet automne à Besançon, Senart, Quimper et Tourcoing. Courrez-y car Caire Dancoisne, tout comme Armide, est une magicienne ! La metteure en scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Éblouis, enchantés, voilà l&rsquo;état d&rsquo;esprit des chanceux applaudissant debout le <em>Rinaldo</em> proposé par la co[opera]tive et l&rsquo;Opéra de Rennes en ce début de saison. La recréation de cette production de 2018 sera remontée cet automne à Besançon, Senart, Quimper et Tourcoing. Courrez-y car <strong>Caire Dancoisne</strong>, tout comme Armide, est une magicienne !</p>
<p>La metteure en scène expérimente depuis plus de trente ans, machines, marionnettes et théâtre d&rsquo;objets au sein de son Théâtre de la Licorne. <em>Rinaldo</em> lui offre toute latitude pour inventer un monde à sa démesure. Cet univers mélange avec culot et fantaisie des éléments très contemporains dans une esthétique assez punk, à la Bilal pour les perruques improbables et les costumes de cuir et de broc d&rsquo;<strong>Elisabeth de Sauverzac</strong>, quant le grand kakémono de fond de scène où se détache des ombres chinoises nous transporte, lui, chez Michel Ocelot et ses <em>Princes et Princesses</em>,</p>
<p>L&rsquo;esprit baroque est pourtant bien présent avec d&rsquo;éblouissantes machines articulées, dont la manipulation à vue dénonce délicieusement l&rsquo;artifice du théâtre en train de se faire. Le spectateur est à la fois fasciné et complice amusé des « trucs » les plus sophistiqués comme des plus frustes. Lorsque Rinaldo se laisse envahir par le désespoir, son ombre immense disparaît peu à peu sous la terre projetée à vue sur son reflet, avant de réapparaître à la reprise quand l&rsquo;espoir renaît. Par ce moyen très simple et qui s&rsquo;affiche comme procédé, nous est parfaitement perceptible le risque de disparition d&rsquo;un individu englouti dans la dépression. Tout comme lorsqu&rsquo;Armide se grime en sa rivale ou que les chefs de guerre manipulent leurs armées de marionnettes depuis des échiquiers, cette créativité n&rsquo;est jamais gratuite, elle sert toujours le propos.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rinaldo_-_opera_de_rennes_6_c_laurent_guizard.jpg?itok=PTdQBKqy" title=" © Laurent Guizard" width="468" /><br />
	 © Laurent Guizard</p>
<p>Chaque scène apporte ainsi une invention qui magnifie le moment : les éblouissantes entrées d&rsquo;Argante et d&rsquo;Armide sur leurs chars sont d&rsquo;autant plus marquantes que le procédé n&rsquo;a rien de répétitif : des marionnettes de tables se substituent aux chanteurs lorsque Rinaldo se laisse séduire par les fallacieuses promesses d&rsquo;Armide. Ainsi, trompé par le chant des sirènes, c&rsquo;est sa marionnette qui monte dans la barque le conduisant en captivité. Changement d&rsquo;échelle et de réel à nouveau bouleversé dans l&rsquo;immense arbre prison du tableau suivant où sa détresse reprend alors toute sa dimension humaine.</p>
<p>Par cette grande liberté esthétique et visuelle, par ces ruptures de ton – de nombreux éléments d&rsquo;humour visuels émaillent la soirée – l&rsquo;étonnement est constant, le spectateur garde les yeux écarquillé afin de ne rater aucune nouvelle trouvaille. En situation de totale gourmandise, il se délecte des airs successifs, adhère totalement aux émotions des personnages sans lassitude aucune. L&rsquo;écueil bien connu de l&rsquo;opera-seria, succession d&rsquo;airs da capo qui peut être fastidieuse, est ici évité avec brio.</p>
<p>Il faut dire que la direction musicale de <strong>Damien Guillon</strong>, à la tête du <strong>Banquet Céleste</strong>, mérite également tous les éloges. Plein d&rsquo;opulence en dépit de son effectif réduit de vingt musiciens, il cisèle la partition de mille nuances, raffinements et couleurs mais sans outrance ni ostentation. Il travaille remarquablement l&rsquo;équilibre entre les pupitres, le naturel des transitions – en particulier les da capo –, et régale par l&rsquo;inventivité de l&rsquo;orchestration.</p>
<p>Ainsi les chanteurs sont-ils placés dans un cocon visuel et sonore qui leur permet de déployer pleinement leurs qualités d&rsquo;autant plus que la direction d&rsquo;acteur, entre grandeur et ridicule, donne une grande humanité à chaque personnage, peignant chez chacun une palette d&rsquo;affects totalement crédibles.</p>
<p>Seule nouvelle venue dans la distribution, <strong>Blandine de Sansal </strong>s&#8217;empare avec conviction du rôle de Goffredo lui apportant ses graves riches et soyeux, son sens de la ligne mélodique et une belle noblesse.</p>
<p><strong>Paul-Antoine Bénos-Dijan</strong> campe un Rinaldo bien projeté, d&rsquo;une grande maîtrise dans les vocalises, en particulier « Venti, turbini » et  « Or la tromba » incandescents. Très juste dans ses élans, on ne doute pas une seconde de son amour pour Almirena, qui adopte la voix ductile, généreuse, aux phrasés délicats d&rsquo;<strong>Emmanuelle de Negri</strong>. Le naturel de l&rsquo;émission, les piani raffinés permettent même au tant rebattu « Lascia ch&rsquo;io pianga » de retrouver fraîcheur et fragilité.</p>
<p>La jeune femme emporte tous les cœurs dont celui de <strong>Thomas Dolié</strong>, Argante aux graves sensuels bien ancrés et à la projection pleine de panache. Excellent comédien, il rend le roi des sarrasins extrêmement juste dans ses errements, lui offrant une profondeur psychologique touchante.</p>
<p>Il forme un superbe duo avec <strong>Aurore Bucher</strong> dont l&rsquo;Armide est une Vivienne Westwood déjantée qui alterne pyrotechnies vocales et failles émotionnelles avec une puissance expressive notable.</p>
<p>Enfin, les deux comédiens <strong>Gaëlle Fraysse </strong>et<strong> Nicolas Cornille</strong> incarnent avec grand talent tout un bestiaire féerique aux sublimes masques d&rsquo;oiseaux, boucs, hyènes ou furies. Indispensables bras armé du rêve, ils transforment le spectateur en complice de l&rsquo;illusion, goûtant chaque nouvelle surprise avec délectation.</p>
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		<title>Rinaldo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rinaldo-neapolitan-rhapsody/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Apr 2019 05:31:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au départ, quelqu’un a dû avoir une idée, pas forcément plus mauvaise qu’une autre : et si l’on transposait l’univers chevaleresque de La Jérusalem délivrée dans le milieu du glam rock ? Les deux camps ennemis deviendraient des groupes rivaux, un peu comme au temps de Haendel les troupes d’opéra s’affrontaient en une concurrence acharnée. Rinaldo serait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au départ, quelqu’un a dû avoir une idée, pas forcément plus mauvaise qu’une autre : et si l’on transposait l’univers chevaleresque de <em>La Jérusalem délivrée</em> dans le milieu du <em>glam rock</em> ? Les deux camps ennemis deviendraient des groupes rivaux, un peu comme au temps de Haendel les troupes d’opéra s’affrontaient en une concurrence acharnée. Rinaldo serait Freddy Mercury, Eustazio serait Ziggy Stardust, Argante serait Kiss, etc. Et le costumier a dû bien s’amuser à créer des costumes mi-XVIIIe siècle, mi-<em>seventies</em>, avec des détails amusants que seuls les spectateurs des premiers rangs pouvaient apercevoir (Rinaldo porte des souliers à talon haut, mais à trois bandes noires sur fond blanc, comme de célèbres baskets…). L’ennui, c’est qu’une fois l’idée lancée, personne ne semble s’être chargé d’en tirer les conséquences possibles, en situant l’action dans le milieu du show business comme l’a brillamment fait Max Emanuel Cenčić pour <a href="https://www.forumopera.com/serse-karlsruhe-ma-vie-avec-libera-ser-ce"><em>Serse </em>à Karlsruhe</a>. Rien de tel ici, et la transposition ne va pas au-delà des costumes. Voilà pourquoi le visionnage de ce <em>Rinaldo</em> dont Dynamic publie la captation se révèle être un redoutable pensum : la mise en scène de <strong>Giorgio Sangati </strong>brille par une remarquable absence d’intérêt dramatique, et il doit y avoir plus d’idées théâtrales dans le moindre spectacle monté par des lycéens.</p>
<p>Encore un DVD pour rien, donc, là où un CD aurait amplement suffi. C’est dommage, et pour plusieurs raisons. D’abord parce que ce <em>Rinaldo</em>-là n’a rien d’ordinaire. Le festival de Martina Franca avait en effet choisi de ressusciter la « version de 1718 » donnée à Naples pour l’anniversaire de Charles VI, roi de Naples de 1714 à 1738. Pour l’occasion, l’œuvre qui avait remporté un grand succès à Londres sept ans auparavant fut adaptée, notamment par l’adjonction de deux personnages, Lesbina, suivante d’Armide, et Nesso, domestique d’Almirena. Ce n’est pourtant là que la partie émergée de l’iceberg, et la contribution de ces deux figures comiques reste anecdotique. Plus significatif, le réagencement complet de la distribution. Si Rinaldo était interprété par le même artiste qu’en Angleterre – le castrat Grimaldi –, si Armide restait soprano et Eustazio contralto, les trois autres protagonistes changèrent d’identité vocale : Almirena devint contralto, Argante passe de la tessiture de basse à celle de castrat contralto, et Goffredo, créé à Londres par la contralto Francesca Vanini, fut confié à un ténor. Et il s’en suit très logiquement, que ces dames et ces messieurs ne pouvaient plus chanter la partition telle que Haendel l’avait écrite. D’où quelques ajustements, et surtout la substitution pure et simple d’<em>arie di baula</em> aux morceaux initialement prévus. Grâce à un manuscrit conservé en Angleterre et très récemment retrouvé, un musicologue a pu établir une version jouable de ce <em>Rinaldo</em> à la napolitaine. Si le boîtier juxtapose les noms de Haendel et de Leonardo Leo comme co-auteurs de cet arrangement (on peut leur attribuer 50 et 30% de la musique, respectivement), il faut aussi y ajouter ceux de Vivaldi, d’Orlandini, de Sarro et de quelques autres encore.</p>
<p>Ce qui justifie la captation audio de ce spectacle, c’est aussi la présence d’une distribution de qualité. Citons en premier lieu l’Argante remarquable de <strong>Francesca Ascioti</strong>, l’une des rares à ne pas trop pâtir du néant de direction d’acteur. La mezzo parvient à conférer à son chant toute l’ardeur qui sied à son rôle de méchant. Le personnage d’Almirena est le grand bénéficiaire de la transformation du livret : la victime gentillette acquiert un tempérament qui se manifeste d’emblée, et <strong>Loriana Castellano </strong>lui donne une solide présence. On apprécie aussi l’élégance du ténor <strong>Francisco Fernández-Rueda</strong>, Goffredo stylé. Dans le rôle peu passionnant d’Eustazio, <strong>Dara Savinova </strong>fait valoir un timbre chaud. Soutenue par une véritable mise en scène, <strong>Teresa Iervolino</strong> aurait sans doute pu atteindre d’autres sommets ; le ton élégiaque lui convient ici mieux que les airs virtuoses (dans cette étrange version, Rinaldo récupère « Lascia ch&rsquo;io pianga »). Seule <strong>Carmela Remigio</strong> peine à camper une Armide aussi menaçante qu’il conviendrait.</p>
<p>Chef polyvalent, <strong>Fabio Luisi </strong>dirige cette œuvre hybride avec probité et mesure, mais aussi avec un manque de flamme dans les passages où un peu plus d’emportement aurait été bienvenu. La Scintilla apporte néanmoins la caution « historiquement informée » d’un ensemble d’instrumentistes habitués à ce répertoire.</p>
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