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	<title>Tannhäuser - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Tannhäuser - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Bayreuth 2027 : les premières infos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2027-les-premieres-infos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jul 2026 06:36:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A peine l’édition du 150e a-t-elle débuté que la direction du Festival de Bayreuth dévoile ses distributions 2027 ; et elles sont dignes d’intérêt. Une nouvelle production de Lohengrin mise en scène par Ilaria Lanzino sera dirigée par le jeune chef prodige Tarmo Peltokoski (actuellement en poste à Toulouse). Michael Spyres tiendra le rôle-titre, Elsa Dreisig &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A peine l’édition du 150<sup>e</sup> a-t-elle débuté que la direction du Festival de Bayreuth dévoile ses distributions 2027 ; et elles sont dignes d’intérêt.<br />
Une nouvelle production de <em>Lohengrin</em> mise en scène par <strong>Ilaria Lanzino</strong> sera dirigée par le jeune chef prodige <strong>Tarmo Peltokoski</strong> (actuellement en poste à Toulouse). <strong>Michael Spyres</strong> tiendra le rôle-titre, <strong>Elsa Dreisig</strong> sera Elsa et <strong>Georg Zeppenfeld</strong> Heinrich.<br />
Autre nouvelle production : <em>Parsifal</em> dirigée par <strong>Christian Thielemann</strong> et conçue par <strong>Ersan</strong> <strong>Mondtag</strong> avec un casting de rêve : <strong>Piotr Beczala</strong> (Parsifal), <strong>Michael Volle</strong> (Amfortas), <strong>Mika Kares</strong> (Gurnemanz) et <strong>Michèle Losier</strong> (Kundry).<br />
Sont annoncées également deux reprises : <em>Die</em> <em>Meistersinger</em> <em>von</em> <em>Nürnberg</em> (<strong>Volle</strong>, <strong>Zeppenfeld</strong>, <strong>Nagy</strong>, <strong>Vogt</strong>, <strong>Miknevičiūtė</strong>) et <em>Tannhäuser</em> (<strong>Vogt</strong>, <strong>Nazmi</strong>, <strong>Miknevičiūtė</strong>).<br />
La suite de la programmation n’est pas encore connue.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser &#8211; Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tannhäuser est assez souvent représenté à Zurich, dans des productions toujours renouvelées. Le Harry Kupfer « peu inspiré » de 2011 paraîtrait certainement aujourd’hui génial… Car que dire de la représentation de ce soir, sinon qu’elle se déroule dans un tout autre monde. En résumant les choses, le premier tableau pendant l’ouverture montre une statue féminine décapitée &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Tannhäuser</em> est assez souvent représenté à Zurich, dans des productions toujours renouvelées. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chic-et-toc/">Le Harry Kupfer « peu inspiré » de 2011</a> paraîtrait certainement aujourd’hui génial… Car que dire de la représentation de ce soir, sinon qu’elle se déroule dans un tout autre monde. En résumant les choses, le premier tableau pendant l’ouverture montre une statue féminine décapitée et cassée, et des personnages tombant et se relevant sans cesse, se repassant une masse au long manche : qui a bien pu détruire une si belle œuvre et qui représentait-elle ? Vous connaissez la réponse, qui ne sera néanmoins dévoilée que dans les toutes dernières secondes de la partition.<br /><br />Le Venusberg se résume à deux grandes tables couvertes de verres en plastique, et une Vénus habillée de noir : sinistre ! Quand Tannhäuser le quitte pour la campagne verdoyante (plateau toujours noir), le landgrave Hermann et ses compagnons, Wolfram, Walther, Biterolf, Reinmar et Heinrich, arrivent très éméchés dans une limousine-corbillard qui vient s’encastrer dans les tables, éparpillant les verres. Pour bien montrer leur degré d’ébriété, des vidéos en gros plan les montrent sur grand écran en fond de scène. Ils sortent de la voiture le corps qu’ils transportaient : c’est la fameuse statue encore intacte malgré l’accident.<br /><br />Le concours de chant du 2e acte, traité façon fête vénitienne, avec des costumes aux couleurs agressives, est sans autre surprise particulière sinon qu’Elisabeth, au lieu d’être la blonde et accorte jeune femme habituelle, est une statue qui s’anime petit à petit. Au 3e acte, elle a besoin &#8211; allez savoir pourquoi &#8211; de redonner de la consistance à son apparence, et s’enduit consciencieusement de plâtre et de pierre reconstituée qui en séchant lui redonneront son aspect pétrifié. Mais un peu comme dans les <em>Visiteurs du soir</em>, son cœur continue à battre. Et finalement Tannhäuser, qui en a assez d’être tiraillé entre amour sacré et amour profane, choisit une illusoire liberté en renonçant définitivement au Venusberg et en détruisant l’Elisabeth statufiée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/24_tannhaeuser_ohp_c_herwig_prammer_r5_1892-rec-1-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-217229"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Opernhaus Zurich / Herwig Prammer</sup></figcaption></figure>


<p>C’est donc non plus au cheminement d’un pèlerin en déroute auquel nous convie le metteur en scène <strong>Thorleifur Örn Arnarsson</strong>, mais au cheminement intérieur d’un être torturé et indécis. Dire que le résultat scénique est à la fois clairement compréhensible et agréable à regarder serait un euphémisme, tant la traduction dramaturgique est sombre et absconse. En termes théâtraux, le noir quasi omniprésent avec l’or n’invite pas à des transitions clairement exprimées, d’autant que tout se déroule sur une implacable tournette devenue comme partout quasi obligatoire.<br /><br />La version de Dresde qui a été choisie peut à elle seule justifier la manière brutale de diriger du chef <strong>Tugan Sokhiev</strong>, qui assène dans la relative petite salle de l’Opéra de Zurich une ouverture tonitruante ? Violence continuelle, flonflons à la Meyerbeer avec moult fortissimo iront donc de pair pendant toute la représentation avec les excès de mise en scène, sans trop gêner toutefois le plateau vocal, qui se sort plutôt très bien de ces pièges continus.<br /><br />La prise de rôle de Tannhäuser par <strong>Eric Cutler</strong>, dont on suit depuis des années l’ascension de fort ténor, domine l’ensemble semble-t-il sans trop d’efforts. Est-ce à dire que l’on perçoit l’évolution du personnage au fil de l’action, ses hésitations, ses atermoiements ? Rien n’est moins sûr, mais la puissance vocale, le phrasé et la violence des confrontations sont bien là, ce qui est déjà beaucoup. À ses côtés, le Wolfram de <strong>Christian Gerhaher</strong> constitue une totale antithèse : la voix, allant d’infimes pianissimi à d’énormes forte, est totalement mise au service du personnage, et surprend tant par ses subtiles nuances que par son adéquation au texte. La « Romance à l’étoile » est de fait suspendue hors du temps, un de ces exceptionnels moments de théâtre dont on gardera le souvenir. Le landgrave de <strong>Christof Fischesser</strong> ainsi que ses compagnons de beuverie et de chant ont tout à fait les voix fortes qui conviennent. On a connu des Vénus plus fines et démonstratives que <strong>Rachael Wilson</strong>, assez engoncée dans ses convictions, mais dont la voix suit avec efficacité la partition. Quant à l’Elisabeth de <strong>Christina Nilsson</strong>, on admire une ligne de chant impeccable et des aigus naturels malgré la quasi immobilité qui lui est souvent imposée par le metteur en scène. Mentionnons enfin, comme à l’habitude, la qualité des chœurs masculins et féminins, ainsi que leur efficacité en scène.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-zurich/">WAGNER, Tannhäuser &#8211; Zurich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Soirée anniversaire de Viorica Cortez &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/soiree-anniversaire-de-viorica-cortez-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Viorica Cortez a 17 ans quand elle débute avec la XIe symphonie de Beethoven. Repérée par l’Académie de musique de Bucarest, elle y étudie 5 ans pour être finalement révélée en 1964 avec le premier prix au Concours international de chant de Toulouse. Après avoir pris la difficile décision de quitter la Roumanie où elle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Viorica Cortez a 17 ans quand elle débute avec la XIe symphonie de Beethoven. Repérée par l’Académie de musique de Bucarest, elle y étudie 5 ans pour être finalement révélée en 1964 avec le premier prix au Concours international de chant de Toulouse. <a href="https://www.forumopera.com/viorica-et-mioara-cortez-deux-soeurs-deux-destins/">Après avoir pris la difficile décision de quitter la Roumanie</a> où elle élevait sa fille, Viorica Cortez triomphera sur les plus grandes scènes du monde tout en restant boudée incompréhensiblement par les <i>majors</i> du disque (on peut néanmoins la retrouver <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/viorica-cortez-une-vie-dopera-a-deguster-sans-moderation/">dans un récital récemment réédité</a>). Elle sera ainsi surnommée « la Carmen du siècle », un rôle qui convenait idéalement à son tempérament volcanique. Dans le prolongement de son 90e anniversaire le 26 décembre dernier, et sous le triple patronage de l&rsquo;Institut Culturel Roumain de Paris, de l&rsquo;Ambassade de Roumanie et Noesis Enesco, ses proches et ses admirateurs lui rendaient hommage au cours d&rsquo;un concert auquel participaient quelques uns de ses amis ou élèves.</p>
<p>Après les hommages de rigueur des institutions, le récital s&rsquo;ouvre avec une magnifique <em>Valse de Juliette</em>, interprétée par la jeune <strong>Max</strong> <strong>Roblain</strong>, lauréate du <em>Concours international de chant Georges Enesco Paris</em> en 2025, ainsi que du prix spécial Catalina Cortez. Élève de Leontina Vaduva, elle-même une des plus belles Juliette autour des années 90, Max Roblain a déjà une belle technique (avec des trilles correctement battus), un ambitus significatif (jusqu&rsquo;au contre-ré), et on peut parier sur une future grande interprète du rôle. Le ténor <strong>Antonio Pereira</strong> interprète avec chaleur la version française de l&rsquo;air du <em>Pays du sourire</em>. <strong>Sandrine Peris</strong> s&rsquo;attaque avec honneur aux difficiles vocalises du « Cruda sorte » de <em>L&rsquo;italiana in Algeri</em>. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bourgault-ducoudray-la-conjuration-des-fleurs-paris-temple-du-luxembourg/">Familier des lieux</a>, <strong>Jacques Loiseleur des Longchamps</strong> distille avec finesse et musicalité le magnifique <em>Spectre de la rose</em> berliozien, avant d&rsquo;être rejoint par Antonio Pereira pour le duo de<em> Don Carlo</em>, bizarrement en italien. Aux côtés de Sandrine Peris, <strong>Catherine Manandaza</strong> met son timbre cuivré au service d&rsquo;un <em>Duo des fleurs</em> aérien, avant de changer totalement de registre avec « In questa reggia » extrait de <em>Turandot</em> aux aigus spectaculaires. Avec la mélodie de Martini, « Plaisir d&rsquo;amour », et surtout dans l&rsquo;air de <em>Partenope</em>, le contre-ténor <strong>Alexis</strong> <strong>Vassiliev</strong> offre une voix bien projetée, un timbre chaud et une vocalisation impeccable. <strong>Paul Gaugler</strong> semble infatigable dans son <em>Retour de Rome</em>, extrait de <em>Tannhäuser. </em>La voix est homogène sur toute a tessiture, avec une belle couleur argentée. La tâche un brin ingrate d&rsquo;accompagnateur revient à <strong>Ciprian Oloi</strong> qui s&rsquo;en acquitte avec métier, quelques pages en soliste lui permettant de mieux faire apprécier son talent.</p>
<p>Toujours élégante et toujours rayonnante, <strong>Viorica Cortez </strong>clôt le concert. Bien sûr, les années ont passées mais, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-viorica-et-mioara-cortez-paris-inoxydables/">comme à l&rsquo;occasion de son récital en compagnie de sa sœur Mioara en 2019</a>, la diva franco-roumaine sait encore colorer de manière unique le « Mon cœur s&rsquo;ouvre à ta voix » de <em>Samson et Dalila</em> ou émouvoir avec le délicat duo mère-fils d&rsquo;<em>Il trovatore. </em>La mélancolique mélodie de Marioara J. Fărcăşanu, « Seigneur, mon désir errant » sur un poème de Octavian Goga, vient ajouter une touche plus intime, la compositrice illustrant ici la souffrance du peuple roumain. Le concert se termine toutefois par une vision plus riante, solistes et public entonnant l&rsquo;Hymne européen aux paroles pleine d&rsquo;espoir. Bon anniversaire Viorica !</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Tannhäuser &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une constante dans le drame wagnérien : les passions renvoient à des interrogations psycho-métaphysico-philosophico-théologiques à bien des égards irréductibles à toute synthèse et donc heureusement irréconciliables (que serait le Geist s’il se figeait ? Plus un souffle ni esprit). Tannhäuser  n’échappe pas à la règle : les opposés s’y affrontent en une lutte acharnée et, ici, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">C’est une constante dans le drame wagnérien : les passions renvoient à des interrogations psycho-métaphysico-philosophico-théologiques à bien des égards irréductibles à toute synthèse et donc heureusement irréconciliables (que serait le <em>Geist</em> s’il se figeait ? Plus un souffle ni esprit). <em>Tannhäuser </em> n’échappe pas à la règle : les opposés s’y affrontent en une lutte acharnée et, ici, violente. Au fond, toute vie spirituelle peut sans doute être pensée sous le prisme de ces antagonismes : vie-mort, amour-haine, liberté-contrainte, plaisir-morale, rédemption-damnation… La partition de <em>Tannhäuser</em> ne raconte pas autre chose : envolées excessives, progressions lentes mais explosives ou harmonies sans résolutions posent le cadre d’une intrigue où la mesure n’est pas érigée en idéal parce qu’elle ne se conçoit même pas.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Michael Thalheimer</strong> a bien sûr une conscience aiguë de ces questions qu’il reformule dans sa note d’intention : « qui sommes-nous ? qu’est-ce qu’une vie pleine de sens ? notre existence a-t-elle une finalité ? […] quelles possibilités s’offrent à nous dans la vie ? pourquoi existe-t-il tant de contraintes et d’obstacles ? quand est-ce que j’agis de mon plein gré et dans quelle mesure mes actes sont-ils dictés par mon environnement ? ». Pourtant, la mise en scène qu’il propose n’aborde pas – ou, du moins, pas frontalement – ces question essentielles. On retiendra un marquage toujours clair des oppositions dans l’intrigue, oppositions qui sont souvent opportunément ramenées à la dualité entre « notre » monde et celui du Venusberg – monde de l’abandon aux plaisirs ou à la tyrannie qu’ils exercent, peut-être monde intérieur ou de la folie, monde où l’homme perd le contrôle qu’il exerce sur lui-même et où le monde perd le contrôle qu’il tend à exercer sur chacun. Le Venusberg est un cercle – figurant l’infini et l’éternel retour chers à Nietzsche et Wagner, mais peut-être aussi un monde psychique clos ou l’éternité d’une inéluctable damnation. La mise en scène suggère mais n’offre pas de lecture explicite et c’est ce qui fait sa beauté. Outre ce cercle qui, passé l’ouverture et le tout début de l’œuvre, est largement remisé à l’arrière du plateau, la scénographie est d’une sobriété extrême : ni décors, ni costumes élaborés. Les oppositions entre un monde et l’autre sont suggérées par des éléments récurrents (singulièrement, le sang qui relève davantage ici du sacrifice sexuel que du sacrifice humain) dont la puissance évocatrice suffit à porter l’œuvre. Quelques éléments kitschs (vierge, séquences lumineuses ou pureté retrouvée… grâce à des serpillères) apportent la légèreté qui manque <em>a priori</em> à l’œuvre. Initialement confiée à <strong>Tatjana Gürbaca</strong> qui a dû se retirer de la production pour des raisons de santé et ensuite confiée à Michael Thalheimer alors que les décors et costumes étaient déjà prêts,  la mise en scène touche ici efficacement le cœur de l’œuvre sans s’attarder  en particulier sur l’une ou l’autre question, sans effusions et, au fond, sans excès de prétention. Elle est touchante parce qu’elle touche le cœur de toute vie humaine et parce que, comme à l’issue de toute vie humaine, elle ne lève aucune incertitude.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026A010_Tannhauser_PG_20250917_GTG-Carole_Parodi_HD-8497-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-200057"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Carole Parodi</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">C’est une autre constante dans le drame wagnérien : le propos dramatique est indissociable du propos musical, l’un nourrissant l’autre et réciproquement. Sortie de son contexte dramaturgique, l’ouverture de <em>Tannhäuser</em> a bien sûr des qualités musicales propres qui en font une pièce de premier choix en concert  mais, ramené au propos global de l’œuvre, ce moment – durée éprouvée – prend une épaisseur supplémentaire. À la tête de l’<strong>Orchestre de la Suisse Romande</strong>, <strong>Mark Elder</strong> parvient à rendre cette puissance dramatique : de notes crépusculaires, légères mais déjà pleines d’un inquiétant foisonnement, à l’explosion jubilatoire (le chef parle d’ailleurs d’énergie sexuelle libérée à cet égard), l’orchestre assure un <em>crescendo</em> très lent qui permet à la tension de s’installer dans la durée et d’éprouver les insoutenables tourments vécus entre ces pôles opposés – n’est-ce pas le sujet essentiel de cet opéra ? Le son est toujours remarquable de rondeur et de cohérence. Les cordes et les bois sont veloutés, voire voluptueux et, si l’on peut regretter l’un ou l’autre accroc au niveau de la justesse et quelques passages comme en retrait, la lecture est fluide et globalement excellente.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026A010_Tannhauser_PG_20250917_GTG-Carole_Parodi_HD-5235-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-200052"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Carole Parodi</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">En Tannhäuser, <strong>Daniel Johansson</strong> est d’une efficacité redoutable. La clarté et la luminosité du timbre, de même que la richesse des harmoniques, lui permettent d’affronter une partition où se côtoient l’exaltation débridée et la pure intériorité. Le phrasé est magnifique et ne trouve de limites que dans certains traits de vocalises où la rupture de la phrase se double d’une intonation plus approximative quand la vocalise se déploie sur une même syllabe (quand le même motif musical revient mais sur un texte où chaque note est amenée par une consonne, le problème ne se pose plus et l’on retrouve avec bonheur un phrasé irréprochable).</p>
<p style="font-weight: 400;">La voix de <strong>Victoria Karkacheva</strong>, qui réalise ici une prise de rôle remarquable, est à l’image de la Vénus qu’elle incarne : charnue, chaude, sensuelle mais pas lascive. Les passages de registres s’effectuent dans la cohérence d’un phrasé où les séquences sont poussées à un degré d’intensité extrême sans aucune rupture. En Elisabeth, <strong>Jennifer Davis</strong>, qui signe aussi une prise de rôle parfaitement maîtrisée, offre une voix et une interprétation en adéquation parfaite avec le rôle. Légère et presque menue d’abord, la voix semble pouvoir s’ouvrir à l’infini. Elle révèle un timbre léger mais puissant, riche et très coloré.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Stéphane Degout</strong> offre à Wolfram von Eschenbach le timbre incisif qu’on lui connaît. Le phrasé est remarquablement canalisé vers le haut du masque sans jamais tomber dans la nasalité. Il est capable de toutes les nuances, offrant dans l’air de l’étoile du berger l’un des moments les plus intimes et touchants de l’œuvre. <strong>Franz-Josef Selig</strong> est un Hermann, Landgraf von Thüringen, efficace en tous points. La voix est profonde et bien installée, très légèrement rocailleuses, ce qui ne pose aucun problème ici. La projection est idéale et la direction bien sentie. Le rôle de Biterolf est servi par la voix ample de <strong>Mark</strong> <strong>Kurmanbayev</strong> (prise de rôle). Également sonore dans tous les registres, profonde mais pas sombre, lumineuse mais pas légère, la jeune basse a toutes les qualités d’un wagnérien de premier plan. À suivre. La distribution masculine est avantageusement complétée par le Walther von der Vogelweide de <strong>Julien Henric</strong>, le Heinrich der Schreiber de <strong>Jason Bridges</strong> et le Reinmar von Zweter de <strong>Raphaël Hardmeyer</strong>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le jeune berger de <strong>Charlotte Hirt</strong> (prise de rôle) ne réduit pas la candeur à la légèreté et parvient à concilier puissance et naïveté grâce à une voix dont les harmoniques se déploient naturellement et habillent l’espace sonore sans effort perceptible. </p>
<p style="font-weight: 400;">Dans <em>Tannhäuser</em>, les chœurs ont une place prépondérante – il suffit de penser au chœur des pèlerins, tube wagnérien par excellence. Voix féminines et masculines ne se mélangent jamais avant l’apothéose rédemptionnelle finale qui marque peut-être une forme de réconciliation des opposés. Le <strong>Chœur du Grand Théâtre de Genève</strong>, préparé par <strong>Mark Biggins</strong>, est exceptionnel à cet effet. Au-delà de l’homogénéité, de la rondeur du son, de l’intégration scénique maîtrisée de cette masse de chanteurs, il faut souligner le sens de la retenue et l’absolue maîtrise de l’énergie musicale. C’est un seul souffle qui, doucement, naît, s’ouvre et se déploie, vibre et vit, explose aussi. En dernière instance, le chœur porte toutes les questions soulevées par le drame wagnérien, peut-être parce que le médium choral permet l’expression des opposés, leur cohabitation, l’expression de leurs tensions et leur possible réconciliation.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-geneve/">WAGNER, Tannhäuser &#8211; Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Les enfants sont bienvenus à Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-enfants-sont-bienvenus-a-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En marge du prochain Festival de Bayreuth, saluons le projet «&#160;Kinderoper 2025&#160;», entendons «&#160;Wagner pour les enfants&#160;»&#160;! Du 25 juillet au 03 août, ce sont 10 représentations de Tannhäuser proposées aux jeunes de cinq à douze ans. Représentations adaptées bien entendu, avec une durée de spectacle (sans entracte est-il précisé) qui n’excède pas 60 minutes. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En marge du prochain Festival de Bayreuth, saluons le projet «&nbsp;Kinderoper 2025&nbsp;», entendons «&nbsp;Wagner pour les enfants&nbsp;»&nbsp;! Du 25 juillet au 03 août, ce sont 10 représentations de <em>Tannhäuser</em> proposées aux jeunes de cinq à douze ans. Représentations adaptées bien entendu, avec une durée de spectacle (sans entracte est-il précisé) qui n’excède pas 60 minutes. Le Brandenburgisches Staatsorchester Frankfurt est à la manœuvre&nbsp;; la distribution réunit des artistes professionnels&nbsp;: <strong>Markus Suihkonen</strong> (membre de la troupe de Hanovre), <strong>Corby Welch</strong>, <strong>Michael Kupfer-Radecky</strong>, <strong>Martin Koch</strong> (membre de la troupe à Cologne), <strong>Dorothea Herbert</strong> (qui chantera Helmwige de <em>Walkyre</em> et la troisième norne de <em>Götterdämmerung</em> cet été à Bayreuth), <strong>Alexandra Ionis</strong> (la Schwertleite du <em>Ring</em> berlinois de <strong>Tcherniakov</strong>). Le tout se déroule dans une des salles de répétition du Palais des Festivals, dans une mise en scène de <strong>Nada Zimmermann</strong> et sous la direction musicale de <strong>Azis Sadikovic</strong>, qui avait dirigé <em>Der fliegende Holländer</em> lors du projet «&nbsp;Kinderoper 2024&nbsp;».<br />
Les tickets sont gratuits pour les enfants&nbsp;et chacun d’entre eux pourra être accompagné de deux personnes maximum qui s’acquitteront de 30 ou 40 €.</p>
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		<title>Andreas Schager donne de ses nouvelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/andreas-schager-donne-de-ses-nouvelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2024 13:20:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous l’annoncions ici il y a peu, Andreas Schager a dû être remplacé, mardi 6 août, au cours du troisième acte du Tristan und Isolde à Bayreuth. L’Autrichien n’a pas tardé à donner de ses nouvelles sur les réseaux sociaux. Dans un post Instagram, il explique souffrir d’une inflammation des voies respiratoires supérieures, diagnostiquée par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous l’annoncions <a href="https://www.forumopera.com/breve/andreas-schager-remplace-en-pleine-representation-de-tristan/">ici il y a peu</a>, <strong>Andreas Schager</strong> a dû être remplacé, mardi 6 août, au cours du troisième acte du <em>Tristan und Isolde</em> à Bayreuth. L’Autrichien n’a pas tardé à donner de ses nouvelles sur les réseaux sociaux. Dans un post Instagram, il explique souffrir d’une inflammation des voies respiratoires supérieures, diagnostiquée par l’ORL du Festival. Il annule sa participation à la représentation de <em>Parsifal</em> prévue ce mercredi 7 août 2024&nbsp;et remercie <strong>Klaus-Florian Vogt</strong> (déjà à l’affiche dans le rôle-titre de <em>Tannhäuser</em> et en Siegfried de <em>Siegfried</em> et <em>Götterdämmerung</em>), qui le remplace au pied levé. Ses remerciements aussi en direction de <strong>Tilman Unger</strong>, qui a pu terminer depuis les coulisses le III de Tristan, et de <strong>Katharina</strong> <strong>Wagner</strong> «&nbsp;pour son aide élégante, rapide et efficace&nbsp;». Andreas Schager n’annule pour le moment aucune de ses autres participations de ce mois d’août. Rappelons qu’on l’attend encore dans sept représentations (<em>Tristan und Isolde</em> et <em>Parsifal</em>) avant la clôture, le 27 août, de l’édition 2024 des Bayreuther Festspiele.</p>
<p><a href="https://www.instagram.com/p/C-XSb4dsFpl/">https://www.instagram.com/p/C-XSb4dsFpl/</a></p>
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		<title>WAGNER, Tannhaüser &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Aug 2024 06:55:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme Parsifal quelques jours plus tôt, Munich propose ce soir la reprise d’une production wagnérienne créée quelques années plus tôt avec un distribution presqu&#8217;entièrement différente. En 2017, Romeo Castellucci exposait déjà plusieurs de ses tics (la gaze en guise de quatrième mur, les animaux, ou les textes pas toujours lisibles notamment) qui le font depuis progressivement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme <em>Parsifal</em> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-munich/">quelques jours plus tôt</a>, Munich propose ce soir la reprise d’une production wagnérienne<em> </em>créée quelques années plus tôt avec un distribution presqu&rsquo;entièrement différente. En 2017, Romeo Castellucci exposait déjà plusieurs de ses tics (la gaze en guise de quatrième mur, les animaux, ou les textes pas toujours lisibles notamment) qui le font depuis progressivement glisser vers une caricature de lui-même. Toutefois il conserve ici une ambition graphique capable de séduire et faire oublier leur quête de sens aux spectateurs analytiques qui voudraient en trouver derrière tous ces signes, souvent plus sibyllins que polysémiques, tout cadre narratif semblant aboli. A défaut de<a href="https://www.slate.fr/story/266117/theatre-berenice-racine-romeo-castellucci-isabelle-huppert-mise-en-scene-tragedie"> tirade devant une machine à laver</a>, on commence tout de même par être agacé au point de vouloir fermer les yeux devant ce ballet d’amazones pendant l’ouverture et la bacchanale : les archères passent 20 minutes à décocher des flèches dans un œil géant en fond de scène, qui devient une oreille, qui devient une pomme. Plusieurs sens sont attaqués donc. Tannhäuser utilisera ensuite ces mêmes flèches comme une échelle pour grimper au Venusberg. On comprend ensuite vite que l’arc remplace la harpe, la flèche la note et Elisabeth ira jusqu’à en ficher une dans le dos du héros à la fin de l’acte II. L’inverse n’est pas vrai, ce sont bien des arcs que les chasseurs portent à la fin du premier acte, et qu’ils banderont pour menacer Tannhäuser à la fin du second. Cette introduction est donc en totale opposition avec la musique de la bacchanale, vouée au plaisir des sens. Le jeu des couleurs est plus lisible : à Venus le rouge, aux personnages de la Wartburg le blanc, aux pêcheurs le noir : intégral pour les pèlerins, une tache dans le dos pour Tannhäuser, qui semble possédé par une figure maléfique entièrement noire aussi. La lecture est néanmoins brouillée par le blanc adipeux des suivants de la déesse, et le noir que porte le fantôme d’Elisabeth au dernier acte. Laissons ici d’autres signes que certains, plus clairvoyants que nous, réussiront peut-être à assembler : la rosace peinte en direct avec le sang du cerf ; les pèlerins qui portent un gros rocher doré qu’ils rapportent de Rome en petits morceaux ; les pieds coupés ; Elisabeth qui devient gisante et dont le cadavre gonfle, puis tombe en poussière face à celui du chanteur (on a écrit le nom de l’interprète, Klaus, sur son tombeau, pour elle c’est plus simple, c’est le même) pendant le milliard de milliards de milliards (sic) d’années que l’on nous dit s’écouler (oui, Wagner, pour certains, c’est long, mais quand même !). Plus réussie est la scène du Venusberg avec ces nus féminins qui défilent dans l’oculus en fond de plateau, et surtout cet amas libidineux et animé dont Vénus émerge puis s’extirpe, et qui s’amincit au fur et à mesure que la séparation se confirme. Comme si le héros émergeait lui aussi d’une assemblée ensuquée par un plaisir charnel poisseux, ivre de chairs. On citera aussi les éclairages intenses et envoutants qui font de ce spectacle un objet photographique remarquable, ou les rideaux tournoyants qui structurent la grande salle de la Wartburg avec grâce, telles les anciennes toiles peintes, libérées de leur rigidité figurative.</p>
<p>Avec <strong>Sebastian Weigle</strong> l’orchestre trouve un chef solide capable d’une exécution sans coup de génie mais quasi impeccable (on ne trouvera guère à reprocher que des doubles croches en triolet des violons de l&rsquo;ouverture, un peu pesantes, alors que Wagner y voyait des « pulsions de vie ») à la tête d’une phalange qui semble jouer facilement ce monument symphonique. Plus remarquable encore est la prestation du chœur, d’une assurance et vivacité phénoménales, qui transforme les pèlerins en messagers sereins de l’apocalypse.</p>
<p>Parmi les seconds rôle, si Walther est un peu raide (comme la teneur de son discours, certes), et le landgrave d’<strong>Ain Ainger</strong> semble indisposé (vibrato incontrôlé et allemand mâchonné, insuffisamment masqués par la puissance de l&rsquo;émission et la profondeur du timbre), le Wolfram d&rsquo;<strong>Andrè Schuen</strong> a tout ce que l’on peut rêver d’un poète aux amours déçues : enthousiasme fraternel, simplicité de l’élocution, clarté de la diction, voix parnassienne. Il n’y a guère que dans l’effroi final qu’il nous semble plus limité. La Vénus de <strong>Yulia Matochkina</strong> est plus molle que sensuelle, y compris dans la diction, et intéresse difficilement malgré quelques aigus saillants.</p>
<p>Comme souvent, <strong>Klaus Florian Vogt</strong> préfère claironner le rôle que le jouer : à part au dernier acte ardemment investi, il semble réciter, de façon très détachée du drame. Certes le clairon est toujours admirable : puissance qui semble ne requérir que peu d’effort, diction au cordeau, timbre solaire, mais le souffle se raccourcit, le forçant à négliger ses fins de phrase. Sans compter le manque de nuances, et l’intonation des moments clés souvent prosaïque, voire à côté de la plaque (« Zu Ihr ! » plus énergique que fiévreux ; « Elisabeth ! » plus benêt qu’illuminé).</p>
<p>Terminons sur <strong>Elisabeth Teige</strong> : un chant légèrement vibré, intense quoique très intérieur, semblant honteuse de son emportement dans « Dich, teure Halle », c’est une amoureuse contrainte et contrite, jusque dans ce « Er kehret nich züruck », atone, suivant la stupéfaction muette. L’exact opposé du personnage éponyme. On peut préférer des héroïnes plus emportées, la prière de cette vierge protestante reste le plus beau moment de la soirée.</p>
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		<title>Concert Nathalie Stutzmann &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-nathalie-stutzmann-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jul 2024 07:41:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la troisième saison consécutive, le Festival de Bayreuth offrait un concert gratuit en plein air dans les jardins du Festspielhaus. Confié à la baguette de Nathalie Stutzmann, le programme nous convie à suivre les voyages de Richard Wagner et les compositions associées, qu&#8217;il s&#8217;agisse des siennes ou de celles d&#8217;autres compositeurs. Quatre chanteurs se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la troisième saison consécutive, le Festival de Bayreuth offrait un concert gratuit en plein air dans les jardins du Festspielhaus. Confié à la baguette de<strong> Nathalie Stutzmann,</strong> le programme nous convie à suivre les voyages de Richard Wagner et les compositions associées, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des siennes ou de celles d&rsquo;autres compositeurs. Quatre chanteurs se partagent le programme vocal : <strong>Catherine Foster</strong>, qui sera Brünnhilde cette saison, le ténor<strong> Tilmann Unger</strong> (qui assure les doublures de sa tessiture), le baryton <strong>Michael Kupfer-Radecky</strong> (Gunther dans le <em>Götterdämmerung</em>) et le baryton <strong>Birger Radde</strong> (Melot dans la nouvelle production de <em>Tristan und Isolde</em>).</p>
<p>Le concert est très correctement sonorisé et l&rsquo;espace public divisé en deux zones : une première, réduite, devant la scène (qui dispose d&rsquo;un écran), délimitée par une rangée d&rsquo;arbres ; une seconde, derrière cette rangée d&rsquo;arbres, plus étendue, d&rsquo;où l&rsquo;on ne peut suivre le concert que sur un autre écran. Toutes les générations sont représentées, ce qui atteste du succès populaire de l&rsquo;opération. Malheureusement, certains spectateurs ne sont pas foncièrement disciplinés (ce qui peut énerver l&rsquo;habitué des concerts) : ils se lèvent à tout moment, tiennent de longues conversation à voix haute au téléphone, parfois en mettant le haut-parleur parce que la musique les empêche d&rsquo;avoir une conversation tranquille. Des retardataires errent avec leur chaise au milieu de spectateurs installés avec leur pique-nique depuis deux heures&#8230; C&rsquo;est la loi de ce genre d&rsquo;événement. Sinon, la majorité des spectateurs est attentive et fait un excellent accueil aux artistes : Bizet, Boieldieu et Lloyd Webber triomphent de Wagner à l&rsquo;applaudimètre ! Cerise sur le gâteau, il fait beau et le sol est sec. La captation vidéo est d&rsquo;excellente qualité, alternant des plans de la chef, des chanteurs, des instrumentistes, et un drone filme le tout, donnant l&rsquo;image impressionnante d&rsquo;un long ruban étalé sur tout un côté de la «Colline sacrée » : quel dommage que tout ce travail ne soit pas disponible en retransmission ou en streaming.</p>
<p>La soirée débute par le célébrissime prélude de la <em>Suite pour violoncelle n°1</em> de Jean-Sébastien Bach (excellent soliste non crédité), ce dernier compositeur étant mort à Leipzig, ville où est né Richard Wagner (c&rsquo;est un peu tiré par les cheveux). L&rsquo;orchestre offre ensuite l&rsquo;<em>Ouverture pour Faust </em>en ré mineur, rare œuvre de jeunesse de Richard Wagner, composée entre 1839 et 1840, c&rsquo;est-à-dire quand il avait moins de 30 ans. Catherine Foster s&rsquo;essaie au «&nbsp; Dich, teure Halle » de <em>Tannhaüser</em>, mais la chanteuse est prise un peu à froid et son vibrato n&rsquo;est pas très régulier. Nathalie Stuzmann offre ensuite une interprétation absolument passionnée de l&rsquo;ouverture de <em>Rienzi</em>, un ouvrage qui devrait faire ses débuts au Festspielhaus en 2026 à l&rsquo;occasion du 150e anniversaire du festival. Rappelons en effet que Richard Wagner avait jugé ses trois premiers opéras (<em>Das Liebesverbot</em>, <em>Die Feen</em> et <em>Rienzi</em>) indignes du festival : néanmoins, pour le bicentenaire du compositeur, en 2013, les trois ouvrages y furent donnés (<em>Die Feen</em> en version concertante seulement), mais à l&rsquo;Oberfrankenhalle (qui accueille habituellement l&rsquo;équipe de basket locale) et avec les forces de l&rsquo;Opéra de Leipzig. Catherine Foster et Michael Kupfer-Radecky chantent ensuite le duo du <em>Fliegende Holländer</em>, « Wie aus der Ferne ». La voix du baryton est superbe (avec toutes les réserves que l&rsquo;on peut faire en raison de la sonorisation : nous n&rsquo;y reviendront pas) et laisse présager d&rsquo;un Gunther bien corsé. En revanche, Senta n&rsquo;est pas Brünnhilde, et Catherine Foster n&rsquo;en a pas vraiment la souplesse ni l&rsquo;aigu. Entendre l&rsquo;orchestre du Festspielhaus, à Bayreuth, jouer les ouvertures de <em>La Dame blanche</em> (un ouvrage que Wagner appréciait toutefois vivement) et de <em>Carmen</em> (que Nietzsche présentait comme un antidote aux langueurs wagnériennes) a un côté savoureux et quelque peu surréaliste : il ne manque plus que <em>La Muette de Portici</em> d&rsquo;Auber. Sous la baguette vivace de Stutzmann, la formation y est absolument impeccable, démontrant une légèreté, une &nbsp;souplesse et une vivacité qui ne sont pas souvent sollicitées dans son répertoire habituel. Birger Radde offre entre ces deux pages un « Ya vas lyublyu » de <em>La Dame de Pique&nbsp;</em>d&rsquo;une suprême élégance. Tilmann Unger chante ensuite un extrait du&nbsp;<em>Phantom of the Opera,</em> « The Music of the Night ». Le choix peut paraître étrange, mais il s&rsquo;agit ici de rendre hommage à Stephen Gould, <a href="https://www.forumopera.com/breve/mort-de-stephen-gould-1962-2023/">mort l&rsquo;année dernière</a>, qui commença sa carrière dans la comédie musicale avant de s&rsquo;orienter vers les rôles wagnériens, devenant l&rsquo;un des meilleurs <em>Heldentenors</em> bayeureuthiens de sa génération. La musique est accompagnées d&rsquo;émouvantes photos du ténor, depuis sa plus tendre enfance jusqu&rsquo;à ses dernières années. C&rsquo;est à ce type d&rsquo;hommages qu&rsquo;on reconnait les grandes maisons. Le scherzo de la Symphonie n°7 d&rsquo;Anton Bruckner offre une montée en tension impressionnante, nouveau témoignage de la versatilité de Stutzmann. Tilmann Unger et Birger Radde sont ensuite plus enthousiasmants dans leur duo de &nbsp;<em>Don Carlo,</em> « Dio, che nell’alma ». Catherine Foster retrouve la plénitude de ses moyens avec le <em>Liebestod</em> de <em>Tristan und Isolde</em> qui lui sied parfaitement. Franz Liszt, le beau-père de Richard Wagner et père de Cosima, a droit à une belle exécution du rare <em>Von der Wiege bis zum Grabe</em> (<i>Du berceau à la tombe) </i>page assez sombre avant que Tilmann Unger et Michael Kupfer-Radecky n&rsquo;offrent un « Blühenden Lebens labendes Blut » impressionnant. Enfin, la soirée se termine avec le prélude de <em>Parsifal</em> : là encore, on sent que Stutzmann aura des choses à nous dire dans cet ouvrage et la chef impressionne par la diversité des répertoires qu&rsquo;elle défend avec talent (il parait que l&rsquo;Opéra de Paris cherche un directeur musical).</p>
<p>La soirée de plus de deux heures est animée par Axel Brüggemann. Très à l&rsquo;aise avec le public, Brüggemann descend parmi les spectateurs s&rsquo;offrant, de ci de là, une bouchée ou une gorgée auprès des pique-niqueurs. Il expliquera les relations entre les pages choisies et le thème du voyage, les liens n&rsquo;étant pas toujours évidents. Il interviewera également les artistes, ce qui permettra à Nathalie Stutzmann d&rsquo;expliquer avec humour qu&rsquo;elle venait à Bayreuth pour tenter d&rsquo;effacer la honte du traitement subi par Wagner à Paris en 1861 à l&rsquo;occasion de la création locale de son <em>Tannhaüser</em>. Il comptera également quelques anecdotes, rappelant par exemple les souvenirs de Tchaikovski qui assista au premier festival en 1876 : « La petite ville n&rsquo;est pas capable de nourrir ses visiteurs. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai appris, dès les premiers jours de mon séjour le sens des mots <em>lutte pour sa survie</em>. On ne peut trouver un petit bout de pain ou une bière qu&rsquo;avec d&rsquo;immenses difficultés, au prix d&rsquo;une lutte terrible, d&rsquo;un rusé stratagème ou grâce à une patience de fer. Pendant toute la durée du festival, la nourriture constitue le principal centre d&rsquo;intérêt du public, l&rsquo;aspect artistique passant au second plan. Côtelettes, pommes de terre rôties, omelettes&#8230; sont des sujets de conversations plus vifs que ceux concernant la musique de Wagner ». Si la quantité est aujourd&rsquo;hui heureusement au rendez-vous, la qualité gastronomique n&rsquo;a pas beaucoup évolué depuis cette époque, et force est de constater que la saucisse reste le plat incontournable des entractes.</p>
<p>Le programme est redonné le 30 juillet.</p>
<p><strong>[AJOUT]</strong> Le 30 Juillet, Catherine Foster ayant renoncé à sa participation au concert, elle a été remplacée par Christina Nilsson pour Elisabeth de <em>Tannhaüser</em> et pour le reste par Brit-Tone Müllertz (actuellement Orlinde dans <em>Die</em> <em>Walküre</em>). Christina Nilsson est annoncée en Eva des Meistersinger la saison prochaine.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser – Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2024 05:37:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de Tobias Kratzer aura laissé des impressions très contrastées à l&#8217;équipe de Forumopera.com : nous étions sceptiques en 2019, Charles Siegel l&#8217;avait trouvée captivante en 2022 et Roselyne Bachelot l&#8217;avait beaucoup appréciée en 2023 ! Pour l&#8217;essentiel, cette nouvelle édition ne change pas fondamentalement notre opinion : le spectacle est drôle et brillant, mais plus &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Créée en 2019, la production de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Tobias Kratzer</strong><span class="apple-converted-space"> </span>aura laissé des impressions très contrastées à l&rsquo;équipe de Forumopera.com : <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-bayreuth-la-colline-accouche-dune-souris/">nous étions sceptiques en 2019</a>,<span class="apple-converted-space"> </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth-wagner-circus-ou-la-societe-du-spectacle/">Charles Siegel</a><span class="apple-converted-space"> </span>l&rsquo;avait trouvée captivante en 2022 et<span class="apple-converted-space"> </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth/">Roselyne Bachelot</a> l&rsquo;avait beaucoup appréciée en 2023 ! Pour l&rsquo;essentiel, cette nouvelle édition ne change pas fondamentalement notre opinion : le spectacle est drôle et brillant, mais plus potache que subversif. Il ne scandalise personne : c&rsquo;est au contraire l&rsquo;une des productions les mieux accueillies du festival. Passé l&rsquo;agacement de la première (nous préférons les<span class="apple-converted-space"> </span><em>Tannhaüser</em><span class="apple-converted-space"> </span>tragiques, que voulez-vous&#8230;), on apprécie une direction d&rsquo;acteurs au cordeau, une prouesse technique dans l&rsquo;entremêlement des vidéos et de la scène, ainsi que la finesse et l&rsquo;à-propos de la plupart des gags. Certains ont d&rsquo;ailleurs disparu : en 2019, l&rsquo;un des acolytes de Venus, le Gateau Chocolat (sans accent circonflexe), s&rsquo;arrêtait un brin libidineux devant de portrait de Christian Thielemann, son collègue, Oskar, lui, demeurait saisi devant celui de James Levine&#8230; Plus rien de tout ça dans cette dernière édition, un peu plus sage. Autre modification importante dans la vidéo qui accompagne l&rsquo;ouverture : à l&rsquo;arrière de la camionnette Citroën qui emmène nos rebelles, Oskar se serre un schnaps et lève son verre pour porter un toast. La caméra se tourne et montre alors le portait fleuri de Stephen Gould, créateur du rôle-titre de la production, <a href="https://www.forumopera.com/breve/mort-de-stephen-gould-1962-2023/">disparu prématurément le 20 septembre 2023</a> : difficile de ne pas avoir le cœur serré d&rsquo;émotion devant cet hommage d&rsquo;une belle simplicité à l&rsquo;un des plus grands interprètes du rôle, pilier de l&rsquo;institution. Au premier entracte, Oskar et le Gateau Chocolat proposent un long numéro au bord de l&rsquo;étang qui est en bas du parc du Festspielhaus : Oskar pagayant et jouant du tambour, courageusement embarqué sur un bateau gonflable, le Gateau Chocolat interprétant quelques tubes d&rsquo;une belle voix de basse. Entre autres : « I am what I am », extrait de la comédie musicale<span class="apple-converted-space"><i> </i></span><em>La Cage aux</em><span class="apple-converted-space"> </span><em>folles (</em><span class="apple-converted-space">morceau </span>ultérieurement popularisée par Gloria Gaynor), « If you wannabe my lover » des Spices Girls, et  même l&rsquo;air d&rsquo;entrée d&rsquo;Elisabeth dans<span class="apple-converted-space"> </span><em>Tannhaüser</em>, « Dich, teure Halle » !  Venus vient également se joindre à la troupe pour chanter « Sing dein Lied » de Nana Mouskouri (<a href="https://m.youtube.com/watch?v=fO3AJ38EpFU">« Finis ta chanson sans moi » dans sa version française</a>). Tout ceci devant un public majoritairement en habit de soirée et sirotant sa coupe de<span class="apple-converted-space"> </span><em>Sekt</em>.</p>
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<p><strong>Klaus Florian Vogt</strong><span class="apple-converted-space"> chante Tannhaüser depuis quelques années (prise de rôle en 2017 à Munich dans la production de Romeo Castellucci sous la baguette de Kirill Petrenko et aux côtés d&rsquo;Anja Harteros). Le ténor allemand</span> l&rsquo;avait notamment interprété dans cette production la saison dernière (et la veille à Munich : ces gens sont surhumains). Nous avouons que nous étions sceptiques quant à l&rsquo;adéquation de ce chanteur réputé pour sa voix angélique, presque blanche, surtout succédant à Stephen Gould et à une pléthore de <em>Heldentenors</em> du même métal. Pour donner sa chance à cette proposition originale, il faut d&rsquo;abord accepter d&rsquo;oublier toute référence à la tradition des grandes voix du passé. Nous avons l&rsquo;habitude des gros durs, libidineux au premier acte, repentis par la suite : un Tannhaüser encore presque adolescent, partagé d&rsquo;une part entre les plaisirs d&rsquo;une jeunesse débridée, une classique révolte contre la société, et d&rsquo;autre part la tentation de s&rsquo;assagir, le besoin de trouver des repères, de s&rsquo;identifier à des valeurs, c&rsquo;est après tout une situation banale de la jeunesse moderne. À 54 ans, le ténor allemand n&rsquo;a certes plus le physique d&rsquo;un adolescent, mais la voix reste d&rsquo;une étonnante fraîcheur et la projection a peu à envier aux grosses pointures du festival. On retrouve également, surtout en première partie, le défaut de soutien habituel chez ce chanteur, qui induit un phrasé haché, dépourvu de legato. Le défaut est moins rédhibitoire à l&rsquo;acte II qui lui impose un maximum d&rsquo;engagement dramatique face à la masse des divers protagonistes qui s&rsquo;opposent à lui, et disparait quasiment au dernier acte dont il offre une interprétation sincère et bouleversante, non pas hallucinée comme celle de Stephen Gould, mais désespérée, celle d&rsquo;un être dépassé par les événements (là encore, on pourrait faire le parallèle avec le suicide chez les adolescents). Elle aussi présente à Munich la veille (!),<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Elisabeth Teige</strong><span class="apple-converted-space"> </span>est une Elisabeth d&rsquo;une grande intensité qui sait utiliser son vibrato rapide à des fins dramatiques (ce qui n&rsquo;était pas le cas de sa devancière dans la production, Lise Davidsen, nettement plus fade). La voix est de bonne taille, plutôt lyrique, le timbre est intéressant, la présence lumineuse. Ses talents d&rsquo;actrice sont indéniables dans cette méta mise en scène :  au deuxième acte par exemple, nous assistons à une représentation (perturbée) de l&rsquo;opéra et l&rsquo;interprète doit être à la fois l&rsquo;oie blanche traditionnellement attendue et la cantatrice excédée par le désordre du spectacle.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Irene Roberts</strong><span class="apple-converted-space"> </span>campe une Venus saisissante d&rsquo;aisance scénique et vocale. On retrouvera cette même énergie pour le mini show au bord du lac. La voix est bien projetée, le timbre agréable et chaud, celui d&rsquo;un vrai mezzo. Quelle évolution depuis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-huguenots-berlin-deutsche-oper-pari-gagne-pour-florez/">son espiègle Urbain des<span class="apple-converted-space"> </span><em>Huguenots</em></a><span class="apple-converted-space"> </span>d&rsquo;il y a quelques années, tout aussi détonnant ! Encore une artiste à suivre.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Günther Groissböck</strong><span class="apple-converted-space"> </span>est un Hermann de luxe. Des chanteurs de la Warburg on retiendra en particulier le lumineux ténor<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Siyabonga Maqungo</strong><span class="apple-converted-space"> </span>(en Walther von der Vogelweide) dont on suivra la carrière avec intérêt. <strong>Markus Eiche</strong> est en revanche un Wolfram un peu terne, propret, bien chantant mais trop appliqué. Côté chœurs, on appréciera la vigueur des artistes masculins mais les sopranos ont un peu de mal à toutes atteindre le si naturel de l&rsquo;acte II.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Nathalie Stutzmann</strong><span class="apple-converted-space"> </span>offre une interprétation vibrante et passionnée, d&rsquo;un romantisme assumé. Dès le début, elle trouve des couleurs et des effets dramatiques inédits, tels ces violons presque acides, comme pris de folie, dont les aigus viennent submerger le reste de l&rsquo;harmonie au plus fort de l&rsquo;hystérie de l&rsquo;ouverture. Forte de son expérience de chanteuse lyrique, elle sait ainsi faire chanter son orchestre comme un authentique acteur du drame, et en parfaite adéquation avec le plateau. On a hâte de la réentendre, en particulier dans de nouvelles œuvres lyriques.</p>
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		<title>Face à des recettes de billetterie insuffisantes, le Met puise dans les réserves</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/face-a-des-recettes-de-billetterie-insuffisantes-le-met-puise-dans-les-reserves/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jan 2024 08:27:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le fonds de dotation du Metropolitan Opera de New-York, une enveloppe d&#8217;environ 300 millions de dollars alimentée par les dons de généreux mécènes, est sérieusement mis à contribution ces temps-ci. Après un retrait de 30 millions de dollars la saison passée, ce sont 40 millions de dollars que le directeur de l&#8217;institution, Peter Gelb, a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le fonds de dotation du Metropolitan Opera de New-York, une enveloppe d&rsquo;environ 300 millions de dollars alimentée par les dons de généreux mécènes, est sérieusement mis à contribution ces temps-ci. Après un retrait de 30 millions de dollars la saison passée, ce sont 40 millions de dollars que le directeur de l&rsquo;institution, Peter Gelb, a retiré ce mois-ci, selon un article du<a href="https://www.nytimes.com/2024/01/25/arts/music/met-opera-endowment-finances.html?unlocked_article_code=1.RU0.9kFM.qPql3DSFMxJQ&amp;smid=em-share"> New York Times.</a></p>
<p>Une décision difficile mais nécessaire, pour pallier les recettes décevantes d&rsquo;une billetterie en berne : « les défis sont plus grands que jamais », selon Peter Gelb, pour qui « la seule solution est de se réinventer ». A cet égard, on ne saurait reprocher au Metropolitan Opera son conservatisme ou son immobilisme : modernisation du répertoire (17 opéras contemporains prévus dans les cinq prochaines saisons), réduction du nombre de représentations (194 en 2023-2024 contre 215 en 2022-2023), poursuite des diffusions de spectacles dans les cinémas du monde entier, avec <em>Carmen </em>tout récemment, activisme du directeur musical, <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/concert-du-metropolitan-opera-de-new-york-1-philharmonie/">qui a emmené l&rsquo;an dernier l&rsquo;<strong>Orchestre du Metropolitan Opera</strong> dans sa première tournée européenne depuis des lustres</a>,&#8230; &nbsp;Jeter un oeil sur la plateforme de réservation du Met ou sur les taux de remplissage observés cette année (87% pour <em>La Flûte Enchantée</em>, 78% pour<em> The Life and Times of Malcolm X </em>d&rsquo;Anthony Davis, mais seulement 64% pour <em>Tannhäuser</em> et 56% pour <em>Un Bal Masqué, </em>malgré des distributions souvent luxueuses) ne permet pas encore de conclure à la réussite de cette stratégie, mais l&rsquo;on ne peut que souhaiter que la saison prochaine, avec ses six opéras contemporains et ses tubes concentrés sur les week-end, constitue le début d&rsquo;une renaissance pour cette institution qui, depuis 141 ans, donne le la sur la scène lyrique mondiale.</p>
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