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Invitation au voyage (récital Véronique Gens) – Bruxelles (La Monnaie)

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Spectacle
27 novembre 2025
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4

Détails

Charles Gounod (1818-1893)

Où voulez-vous aller ? Barcarolle (Théophile Gauthier), (1839)
Viens, les gazons sont verts (Jules Barbier d’après Gil Vicente), (1872)

Edmond de Polignac (1834-1901)

Lamento (Théophile Gauthier)

Claude Debussy (1862-1918)

Nuit d’étoiles (Théodore de Banville), (1880)
Fleur des blés (André Girod), (1881)
La Belle au bois dormant (Vincent Hyspa), (1890)

Reynaldo Hahn (1874-1947)

La rossignol des lilas (Léopold Dauphin), (1913)
Séraphine (Anonyme d’après Heinrich Heine), (1896)
Paysage (André Theuriet), (1895)
Les cygnes (Armand Renaud), (1893-94)
Aimons-nous (Théodore de Banville), (1899)

Gabriel Fauré (1845-1924)

Le papillon et la fleur (Victor Hugo), op. 1/1(1861)
Les berceaux (René-François Sully-Prudhomme), op. 23/1 (1879)
La lune blanche (Paul Verlaine), op. 61/3 (1892-93)
Les roses d’Ispahan (Charles Leconte de Lisle), op. 39/4 (1884)

Henri Duparc (1848-1933)

L’invitation au voyage (Charles Baudelaire), (1870)
Chanson triste (Henri Cazalis/Jean Lahor), (1868)

Guy Ropartz (1864-1955)

Ceux qui, parmi les morts d’amour, extrait de Quatre poèmes (d’après Heinrich Heine), (1899)

Camille Saint-Saëns (1835-1921)

Désir de l’Orient (Camille Saint-Saëns), (1871)

Reynaldo Hahn

Trois jours de vendange (Alphonse Daudet), (1891)
Néère (Charles Leconte de Lisle), extrait de Études latines (1900)
Lydé (Charles Leconte de Lisle), extrait de Études latines (1900)
Tyndaris (Charles Leconte de Lisle), extrait de Études latines (1900)
Le printemps (Théodore de Banville), (1898)

Bis

Francis Poulenc (1899-1963)

Les chemins de l’amour (Jean Anoulih), (1940)

Edith Piaf/Louiguy 

La Vie en rose

 

Véronique Gens, soprano

James Baillieu, piano

La Monnaie (Bruxelles), 24 novembre, 20h

Dans l’invitation au voyage, c’est d’abord de désir qu’il est question : désir d’ailleurs qui est nécessairement désir d’absolu ; désir d’abandon, de mort peut-être ; désir d’amour, évidemment. Par le prisme, certes attendu, du poème de Baudelaire, c’est d’abord un voyage dans quelques-unes des plus belles pages de la mélodie française qu’ont proposé Véronique Gens et James Baillieu à la Monnaie, le 24 novembre dernier. Et si l’on ne se lasse pas de réentendre certains tubes de Fauré, Hahn, Debussy, Duparc et Saint-Saëns, quelques airs plus confidentiels équilibrent le propos. Ainsi, le Lamento de Théophile Gauthier – certainement plus connu pour la version qu’en a donné Berlioz dans « Les Nuits d’été » – tel que l’a mis en musique Polignac exprime une inquiétude intérieure mais musicalement et vocalement exigeante : Gens y déploie son timbre chatoyant, servi par une technique parfaite. Les attaques sont irréprochables et les débuts de phrases jaillissent comme du néant – comme si le son était déjà là, d’emblée parfaitement placé –, alors que certaines fins meurent en un diminuendo d’une délicatesse extrême – comme si certains mots ne pouvaient aboutir qu’un peu ailleurs (« l’ange amoureux »). Dans la « Nuit d’étoile » de Debussy, la palette textile de la voix se précise : de la soie l’on passe au velours, c’est-à-dire à une texture moins lisse, un peu plus lourde, peut-être pas vraiment plus chaude mais plus présente et toujours élégante. Et si « Aimons-nous » (de Hahn encore) est l’occasion de relever peut-être la seule goutte de kitsch du récital (un glissando un peu prononcé à l’amorce du vers : « Ta tête entre mes bras »), on se perd dans l’ambiance diaphane mais pleine de présence qu’offre la chanteuse dans « La lune blanche », sur le texte de Verlaine.

Au piano, James Baillieu est un accompagnateur que l’on pourrait croire discret mais qui, en réalité, dose parfaitement son jeu. A aucun moment il ne prend le pas sur la chanteuse, ce qui ne l’empêche pas de souligner l’un ou l’autre trait où le piano participe  directement au propos poétique (dans « Paysage » de Hahn, par exemple). L’articulation est parfaite et le jeu velouté, le son chaleureux voire intime.

Crédit photo : Jean-Baptiste Millot

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❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Charles Gounod (1818-1893)

Où voulez-vous aller ? Barcarolle (Théophile Gauthier), (1839)
Viens, les gazons sont verts (Jules Barbier d’après Gil Vicente), (1872)

Edmond de Polignac (1834-1901)

Lamento (Théophile Gauthier)

Claude Debussy (1862-1918)

Nuit d’étoiles (Théodore de Banville), (1880)
Fleur des blés (André Girod), (1881)
La Belle au bois dormant (Vincent Hyspa), (1890)

Reynaldo Hahn (1874-1947)

La rossignol des lilas (Léopold Dauphin), (1913)
Séraphine (Anonyme d’après Heinrich Heine), (1896)
Paysage (André Theuriet), (1895)
Les cygnes (Armand Renaud), (1893-94)
Aimons-nous (Théodore de Banville), (1899)

Gabriel Fauré (1845-1924)

Le papillon et la fleur (Victor Hugo), op. 1/1(1861)
Les berceaux (René-François Sully-Prudhomme), op. 23/1 (1879)
La lune blanche (Paul Verlaine), op. 61/3 (1892-93)
Les roses d’Ispahan (Charles Leconte de Lisle), op. 39/4 (1884)

Henri Duparc (1848-1933)

L’invitation au voyage (Charles Baudelaire), (1870)
Chanson triste (Henri Cazalis/Jean Lahor), (1868)

Guy Ropartz (1864-1955)

Ceux qui, parmi les morts d’amour, extrait de Quatre poèmes (d’après Heinrich Heine), (1899)

Camille Saint-Saëns (1835-1921)

Désir de l’Orient (Camille Saint-Saëns), (1871)

Reynaldo Hahn

Trois jours de vendange (Alphonse Daudet), (1891)
Néère (Charles Leconte de Lisle), extrait de Études latines (1900)
Lydé (Charles Leconte de Lisle), extrait de Études latines (1900)
Tyndaris (Charles Leconte de Lisle), extrait de Études latines (1900)
Le printemps (Théodore de Banville), (1898)

Bis

Francis Poulenc (1899-1963)

Les chemins de l’amour (Jean Anoulih), (1940)

Edith Piaf/Louiguy 

La Vie en rose

 

Véronique Gens, soprano

James Baillieu, piano

La Monnaie (Bruxelles), 24 novembre, 20h

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