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MELANI, Santa Rosa di Viterbo – Viterbe

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Spectacle
2 septembre 2023
La macchina da belezza della Rosa

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Santa Rosa Di Viterbo
Oratorio d’Alessandro Melani (1686)

Détails

 

Santa Rosa, soprano
Silvia Frigato

Madre, soprano
Dorota Szczepanska

Padre, basse
Masashi Tomosugi

Maga, mezzosoprano
Eleonora Filipponi

Ensemble Mare Nostrum
Direction
Andrea de Carlo

violon I
Gabriele Toscani

violon II
Marco Kerschbaumer

viole
Simone Siviero

viole de gambe
Irene Maria Caraba

violoncelle
Johannes Kofler

contrebasse
Amleto Matteucci

théorbe
Daniel Zapico

archiluth et guitare baroque
Juan José Francione

harpe triple
Margherita Burattini

clavecin et orgue
Lucia Adelaide Di Nicola

Viterbe, Eglise Santa Maria Nuova, mercredi 30 aout, 20h30

 

 

 

 

Le concert d’ouverture du festival Stradella restera sans doute un temps fort dans l’histoire de l’ensemble Mare Nostrum avec la recréation, sur les lieux même de sa naissance, de l’oratorio composé par Alessandro Melani en l’honneur de Sainte Rose de Viterbe.

Le manuscrit, déposé à la Bibliothèque Nationale de France n’avait plus été entendu depuis 1686, or la musique en est superbe, tandis que le livret, efficace, raconte un moment charnière de la vie de la Sainte. Prônant la fraternité et le retour au premier christianisme dans un XIIIe siècle en pleines dissensions politiques et religieuses, la jeune fille est poussée à l’exil en plein hiver. Son ordalie amène ici la conversion d’une « magicienne » plus vraisemblablement une cathare. L’action est resserrée autour de quatre personnages qui dialoguent : la jeune sainte, ses parents et « l’hérétique » qui lui impose vainement l’épreuve du feu.

Fidèle à son goût pour les redécouvertes historiquement informées, Andrea de Carlo et son ensemble font merveille avec cette partition d’Alessandro Melani, contemporain de leur compositeur fétiche, Alessandro Stradella.

De la tempête de neige au feu de la Foi, les musiciens ne font qu’un sous la direction passionnée du chef, déployant une palette colorée puissamment évocatrice qui réjouit l’oreille avec des tempi enlevés et un formidable travail rythmique. Chacun pourtant cisèle sa partie avec créativité et un plaisir palpable.
Intelligence du contrepoint, ampleur de la respiration, pureté des lignes, équilibre des pupitres… La danse est partout, dans les épreuves comme dans l’espérance ; alliée à un mode de narration très direct, elle permet d’obtenir une exécution aussi théâtrale qu’élégante, sans temps morts et où l’attention de faiblit jamais.

Incarnant les quatre protagonistes, le plaisir est grand de retrouver les chanteurs fidèles à l’ensemble et qui nous avaient déjà régalés l’an passé. L’on aurait souhaité, alors, plus profiter de la belle voix de basse de Masashi Tomosugi. Voilà qui est chose faite avec d’importantes interventions dont l’acmé est sans doute le poignant « Mi lasso, e che rimiro ». L’artiste s’enorgueillit d’une voix large à l’excellent focus, une énergie toujours juste et une excellente diction – comme chacun de ses collègues, d’ailleurs.

© Daniele Veglianti-Alberto Scaglietta

Dorota Szczepanska incarne remarquablement son épouse et fait honneur au travail d’articulation et de prononciation de l’italien cher au directeur artistique puisqu’on n’imaginerait pas qu’elle ne parle pas couramment la langue de Dante. « Tenere Piante » est tout de nuances délicates, le son rond, les phrases bien conduites comme dans « Se a tante pene »

Silvia Frigato, leur fille et personnage éponyme, confirme son immense talent dans une partition exigeante où ses vocalises impeccables de précision ne sont jamais prises en défaut. Plénitude, maturité, les aigus sont libres, brillants, le timbre charnu contrastant magistralement avec l’ensemble plein de délicatesse formé par harpe, luth, guitare et gambe dans « Di flagelli armata ancor » par exemple. La détresse est palpable dans le récitatif « Mio genitor » où elle déplore le décès – temporaire – de ses parents. On y admire de belles notes longues et droites, déchirantes, que l’on retrouve dans le magnifique « Mio Dio, se a te piace » avant l’apothéose finale de « Quando piange ».

Duo et trio entremêlent les lignes mélodiques avec brio dans « la Fede » dans les superbes « il guardo deluso , « A nuovo cimento si muovin le piante » ou « Un ingiusto rigore » ; les voix s’accordent parfaitement.

Il faut attendre la seconde partie de l’oratorio pour qu’entre en scène Eleonora Filipponi qui, forte d’un charisme impressionnant, tient fort bien sa partie avec une assise bien verticale dans « Inaudito portento » même si l’unité des registres est parfois mise à mal par l’ambitus de la partition. « Odo un eco » est formidable d’expressivité.

Une standing ovation conclut le marathon créatif mené par Mare Nostrum puisque sous peu, devrait paraître le premier enregistrement de cette œuvre à découvrir. Le festival, lui, ne fait que commencer.

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Santa Rosa Di Viterbo
Oratorio d’Alessandro Melani (1686)

Détails

 

Santa Rosa, soprano
Silvia Frigato

Madre, soprano
Dorota Szczepanska

Padre, basse
Masashi Tomosugi

Maga, mezzosoprano
Eleonora Filipponi

Ensemble Mare Nostrum
Direction
Andrea de Carlo

violon I
Gabriele Toscani

violon II
Marco Kerschbaumer

viole
Simone Siviero

viole de gambe
Irene Maria Caraba

violoncelle
Johannes Kofler

contrebasse
Amleto Matteucci

théorbe
Daniel Zapico

archiluth et guitare baroque
Juan José Francione

harpe triple
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clavecin et orgue
Lucia Adelaide Di Nicola

Viterbe, Eglise Santa Maria Nuova, mercredi 30 aout, 20h30

 

 

 

 

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