Patchwork vestimentaire

Die Zauberflöte - Santa Fe

Par Maria Nockin | jeu 05 Août 2010 | Imprimer
Cette Flûte enchantée est la reprise d’une production de 2006 signée Tim Albery. Le metteur en scène ne s’est pas aventuré en dehors des sentiers battus par le livret même si les décors sont réduits au minimum (au point d’utiliser des lumières pour suggérer le feu et l’eau au dernier acte). Ce sont aux costumes, dessinés par Tobias Hoheisel en fonction des types de personnages, qu’il revient d’apporter un peu de fantaisie.
 
Vêtu d’une armure brillante au moment où les trois Dames le tirent des griffes du serpent, Charles Castronovo est un Tamino sans défaut aux sons brillants et bien projetés dont l’aria « Dies Bildnis ist bezaubernd schön » met en valeur la clarté de la diction.
Ekaterina Siurina (sa compagne aussi à la ville) chante Pamina  avec une voix large et crémeuse qui emplit le théâtre d’un déluge de sonorités radieuses. Elle est de plus une artiste expressive dotée d’une belle présence, ce dont témoigne un « Ach ich Fühl’s » poignant.
La reine de la nuit, Erin Morley, et ses trois Dames, Rachel Willis-Sorensen, Audrey Walstrom et René Tatum sont habillées d’un costume élisabéthain qui leur donne une allure vraiment majestueuse. La première est la meilleure surprise de la soirée. Jeune artiste charmante, elle triomphe aisément des impossibles coloratures de ses deux airs, s’offrant même à un moment le luxe d’orner son chant. Chaque note est projetée avec élégance et précision.
Toujours dans les temps et dans le ton, la soprano Rachel Willis-Sorensen, au contraire des mezzos (Audrey Walstrom et René Tatum) qui marquent parfois dans les ensembles une légère hésitation. Rien à redire sinon.
Casquette vissée sur la tête, tee-shirt sur le dos, le baryton sonore de Joshua Hopkins offre à Papageno une voix chaude et solide, capable d’humour comme d’émotion. Habillée à l’identique, Jamie-Rose Guarrine est une Papagena tout aussi anxieuse de trouver un partenaire. Leur quête mutuelle s’achève dans l’allégresse, ils sont accompagnés à la fin de l’opéra par une myriade d’enfants.
On sait que Sarastro est un rôle difficile dont Andrea Silvestrelli, en tenue XVIIIe siècle, vient puissamment à bout, grâce notamment à un registre grave luxueux. A la fin de l’opéra, Albery s’écarte du livret en le faisant réconcilier la Reine de la Nuit et Pamina.
Habillé en soldat fasciste et accompagné de plusieurs co-conspirateurs, Timothy Oliver est  un Monostatos amusant dont la voix de stentor sait aussi exprimer la menace. Dave Travis (le récitant) donne à chaque mot le poids qu’il convient. Jason Slayden est un Prêtre sonore aux notes brillantes et bien projetées. Les deux hommes d’armes, Jorge Prego et David Govertsen, chantent avec une voix solide et les trois esprits, Sean Jahner, Trent Llewellyn et Craig Short ont de séduisants timbres de soprano.
Le chef d’orchestre, Lawrence Renes, nous tient en haleine par une lecture alerte et piquante de la partition. Tous sont copieusement applaudis au tomber du rideau.
 
 

 

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