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	<title>Namur - Ville - Forum Opéra</title>
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	<title>Namur - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>M.-A. CHARPENTIER, Actéon &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/m-a-charpentier-acteon-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Quelques jours après avoir fait l’ouverture des <em>Midis</em>&#8211;<em>Minimes</em> à Bruxelles, les <em>Scherzi</em> <em>Musicali</em> étaient à Namur pour un concert en deux parties, un peu plus long donc que celui présenté au festival bruxellois. Le cœur du programme, la pastorale <em>Actéon</em> de Marc-Antoine Charpentier était identique, mais ici précédé de quelques autres pièces, vocales ou instrumentales, d’inspiration similaire. Ce même <em>Actéon</em>, dans deux versions différentes, la seconde qualifiée par le compositeur lui-même de « ravaudage », (un terme que je croyais définitivement sorti du vocabulaire contemporain qui désigne ici une refonte assez drastique de l’œuvre, puisque le rôle-titre en est alors confié à une voix de dessus) parait simultanément en disque chez <em>Ricercar </em>; les concerts de ce début d’été en sont, en quelques sorte, la tournée promotionnelle.</p>
<p>On doit à l’énergie infatigable de <strong>Nicolas Achten</strong>, fondateur et directeur artistique de l’ensemble, de nombreuses redécouvertes ou exhumations de répertoire inédit au fil des ans. Ce n’est pourtant pas tout à fait le cas de cet <em>Actéon</em>, déjà enregistré par William Christie dès 1983 (pour Harmonia Mundi), enregistré <em>life</em> en 2016, magistralement, par Christophe Rousset (disponible sur Youtube dans la série Opéra Orange) ou dirigé par David Fallis à Versailles en novembre 2018 notamment. Pas vraiment une découverte donc, mais tout de même une rareté, et certainement une bonne pioche. L’œuvre en effet est plus substantielle qu’il n’y parait à première écoute, et c’est en miniature une véritable tragédie lyrique qui nous est présentée ici, basée sur un épisode relaté dans les métamorphoses d’Ovide, qui voit le malheureux héros transformé en cerf et dévoré par ses chiens au seul motif qu’il a surpris, par hasard, Diane et ses nymphes dans l’intimité de leur bain. On comprendra plus tard qu’à travers lui, c’est Junon elle-même qui se venge de son mari volage. Actéon est une victime collatérale des infidélités répétées de Jupiter. L’action, ramassée en quelques scènes seulement, commence dans l’esprit d’une pastorale mais est ensuite marquée d’un dramatisme intense dans toute la seconde partie de l’œuvre, qui donne lieu à quelques pages remarquables et un chœur final de toute beauté.</p>
<p>Présentée en costumes modernes et dans une mise en espace due à Jean-Marc Amé, la pièce bénéficie d’une troupe de chanteurs physiquement très engagés, de sorte que ce qui, sur papier, paraissait n’être qu’un levé de rideau devient ici pièce de résistance. Elle est précédée d’une entrée en matière un peu disparate et décevante, une première partie de concert trop courte et bien peu consistante. Est-il bien nécessaire au chef, qui dirige du clavecin, de se produire aussi en tant que bariton – sans grand relief – dans l’air <em>Tristes déserts, sombre retraite ? </em>Les <em>Stances du Cid </em>en revanche, interprétées avec beaucoup de conviction dramatique par <strong>Pierre</strong> <strong>Derhet</strong>, sont une heureuse découverte. Derhet est sans conteste l’élément le plus solide de la distribution vocale, beaucoup d’assurance, émission très sonore, diction impeccable.</p>
<p>C’est tout naturellement lui qui en seconde partie de concert tiendra le rôle-titre <em>d’Actéon</em>, entouré de <strong>Morgane</strong> <strong>Heyse</strong>, un peu froide dans le rôle de Diane au bain, <strong>Wei</strong>&#8211;<strong>Lian</strong> <strong>Huang</strong> dans celui d’Aréthuse, à la diction problématique, <strong>Katerina</strong> <strong>Blížkovská,</strong> impériale en Junon et trois rôles masculins, <strong>Andréa</strong> <strong>Gavagnin</strong>, <strong>Emanuele</strong> <strong>Petracco</strong> et <strong>Andrés</strong> <strong>Soler</strong> <strong>Castaño, </strong>ce dernier en retrait par rapport aux deux autres. Tous participent très activement au jeu de scène, interagissent également avec les instrumentistes, virevoltent en tout sens, donnant l’illusion d’une distribution plus nombreuse, avec des effets de plateau assez réussis au regard des moyens mis en œuvre. Au risque de surprendre une partie du public, tous ces chanteurs (ainsi d’ailleurs que les instrumentistes) ont laissé dans leurs loges chaussures et chaussettes, goûtant au plaisir de se présenter sur scène les pieds nus.</p>
<p>Mentionnons aussi les louables efforts faits par chacun pour retrouver les couleurs particulières du français du XVIIe siècle, avec une prononciation reconstituée, faisant apparaître des sons qu’on ne retrouve plus guère qu’au Canada et donnant à la belle langue du librettiste inconnu, une saveur exotique toute particulière. Cela n’aide pas, on s’en doute, à la compréhension du texte, mais heureusement il y a des surtitres, on peut tout suivre à son aise.</p>
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		<title>Requiem pour un Empire, Les traversées baroques &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/requiem-pour-un-empire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival de Namur ne laisse pas de nous étonner par les découvertes de répertoire qu’il propose à son public année après années. C’était au tour d&#8217;Etienne Meyer et son ensemble Les Traversées Baroques (avec l’aide de huit chanteurs membres du chœur de chambre de Namur) ce jeudi soir de poursuivre sa découverte de l’œuvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival de Namur ne laisse pas de nous étonner par les découvertes de répertoire qu’il propose à son public année après années. C’était au tour d&rsquo;<strong>Etienne Meyer</strong> et son ensemble <strong>Les Traversées Baroques</strong> (avec l’aide de huit chanteurs membres du chœur de chambre de Namur) ce jeudi soir de poursuivre sa découverte de l’œuvre de Marc Antonio Ziani, dont il avait déjà présenté en avril dernier l’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ziani-la-morte-vinta-sul-calvario-namur/">Oratorio de Pâques</a>. Ce compositeur vénitien dont la carrière trouva son aboutissement à Vienne à la cour des Habsbourg laisse une œuvre de très grande qualité, plutôt placée sous le signe de l’austérité que du divertissement. Au sein de cette œuvre, c’est un Requiem qui a ici retenu l’attention du chef, pièce magistrale dont il imagine qu’elle aurait pu servir aux funérailles de l’empereur Joseph Ier qui trouva la mort en avril 1711. Mais voilà, dans la partition conservée à la bibliothèque de Vienne, non datée et jamais éditée, pas de <em>Dies Irae</em> ! Il décide alors de compléter cette lacune en empruntant au successeur de Ziani, l’autrichien Fux un <em>Dies Irae</em> tiré de son <em>Kaiser Requiem</em>, composé en 1720. Poursuivant alors dans la démarche aujourd’hui très courante de composer un concert alternant les pages de deux compositeurs différents, le fameux concert en lasagnes, il complète le programme avec une <em>Lectio</em> de Ziani, placée en guise d’introduction méditative, deux pages instrumentales de Fux et le <em>Stabat Mater</em> de Ziani en apothéose, aboutissant à un minutage juste suffisant pour un concert sans entracte.</p>
<p>Tout cela fonctionne très bien, le matériau musical est de grande qualité et justifie largement l&rsquo;intérêt qu&rsquo;on y porte. On constate que la confrontation entre les univers des deux compositeurs n’a finalement pas lieu, tant leur langage, leur inspiration et leur grammaire sont communs ; leurs pages se fondent dans une seule esthétique parfaitement intégrée. Et on soulignera l&rsquo;audace du Festival de Namur de programmer de telles découvertes pour notre plus grand plaisir.</p>
<p>Les cinq solistes de la distribution constituent une phalange homogène et fonctionnent comme les solistes d’un chœur, sans mettre en avant leur individualité propre. Les sopranos <strong>Capucine</strong> <strong>Keller</strong>, voix légère et timbre fruité qu’on entend beaucoup en Suisse, son pays d’origine et <strong>Dagmar Saskova</strong>, voix un peu plus grave d’origine tchèque, établie à Paris, se donnent la réplique avec bonheur et complicité. L’alto <strong>Paulin</strong> <strong>Bündgen</strong> possède un timbre d’une exceptionnelle rondeur, rare dans sa tessiture, dont il use avec un grand raffinement au prix d’un volume sonore un peu limité. Le ténor <strong>Vincent</strong> <strong>Bouchot</strong> possède une voix naturelle, qu’on pourrait aussi qualifier de peu travaillée, ce qui lui confère une certaine spontanéité bienvenue. C’est également le cas de la basse <strong>Renaud</strong> <strong>Delaigue</strong>, un timbre cuivré très intéressant, typé, très sonore mais qui tend à couvrir un peu ses partenaires.</p>
<p>Etienne Meyer, chef de chœur avant d’être chef d’orchestre, dirige avec précision et nuances, vissé au texte mais sans réellement mettre en relief le côté rhétorique des œuvres, avec une vision austère et rigoureuse – presque scientifique – de l’esthétique baroque, sans laisser guère de place à la fantaisie, à l’ornementation ou à l’inspiration du moment. Les voix sont traitées d’une façon très instrumentale. Cette absence de spontanéité, qui s’explique sans doute par le caractère religieux et le lien des œuvres avec le thème de la mort, engendre aussi un manque de sensualité dans l’interprétation. Le caractère méditatif sans cesse mis en avant finit cependant par créer une très belle atmosphère, spirituelle autant que musicale,</p>
<p>Au printemps, l’ensemble avait terminé son concert Ziani par un extrait du <em>Stabat</em> <em>Mater</em>. Juste retour des choses, Meyer et ses troupes proposeront ici en guise de bis un extrait de l’Oratorio <em>La</em> <em>Morte</em> <em>Vinta</em> composé pour le temps de Pâques, la boucle est ainsi bouclée.</p>
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		<title>Musique romaine du XVIIe siècle &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/musique-romaine-du-xviie-siecle-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec une bien légitime fierté que Leonardo García Alarcón, tout auréolé du succès de son Ercole Amante à Bastille, et dans l’attente de sa Flûte Enchantée au Festival d’Aix en Provence la semaine prochaine, présentait en ouverture du Festival de Namur 2026 un programme de musique romaine du XVIIe siècle, dont la seule pièce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est avec une bien légitime fierté que <strong>Leonardo García Alarcón</strong>, tout auréolé du succès de son <em>Ercole Amante</em> à Bastille, et dans l’attente de sa <em>Flûte Enchantée</em> au Festival d’Aix en Provence la semaine prochaine, présentait en ouverture du Festival de Namur 2026 un programme de musique romaine du XVIIe siècle, dont la seule pièce un peu connue était le <em>Miserere</em> de Gregorio Allegri. Tout le reste, il est allé le découvrir dans les rayons les plus sombres des bibliothèques vaticanes, et ce sont de pures merveilles.</p>
<p>Et les Namurois s’étaient déplacés en masse pour l’événement : pas un seul siège libre, la salle était pleine comme un œuf, jusqu’au balcon derrière la scène, toute bruissante d’un public impatient.</p>
<p>On a tamisé la lumière pour donner à la salle l’ambiance d’une chapelle éclairée à la bougie, la musique semblant sortir des ténèbres. Comme souvent, le concert est en quelque sorte spatialisé, c’est-à-dire que le chœur et les solistes bougent au fil de la soirée ; ainsi, le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> fait son entrée depuis l’arrière de la salle en chantant le motet <em>Piangete</em> o<em>cchi, piangete </em>de Luigi Rossi, ce compositeur que Mazarin fit ensuite venir à la cour de Louis XIV où il montera le premier opéra jamais joué en France. Tout le début du spectacle est consacré à des musiques spécifiquement écrites pour la semaine sainte, dont on connait l’importance dans les célébrations liturgiques romaines. Suivront deux autres motets, d’Alessandro Scarlatti cette fois, mais dans la même veine somptueuse, riche et sensuelle.</p>
<p>Il y aura au cours de la soirée de nombreux autres déplacements, pas toujours justifiés, et parfois un peu bruyants car ils se font pendant les intermèdes orchestraux.</p>
<p>Enchaînées les unes aux autres et présentées sans entracte, toutes ces splendeurs du baroque romain révèlent une science du contrepoint très aboutie, au service d’émotions doloristes déployées sans beaucoup de retenue, et dont la richesse d’écriture engendre parfois une certaine saturation du son. L’oreille n’étant plus capable de suivre toutes les voix individuellement s’enivre d’un son global qui remplit tout l’espace et se laisse entraîner vers une méditation satisfaite, aux limites de l’exaltation.</p>
<p>Vient alors, en milieu de programme et présenté comme la pièce de résistance, le fameux <em>Miserere</em> de Gregorio Allegri, celui que (dit-on) que Mozart âgé de treize ans retranscrivit d’oreille après l’avoir entendu deux ou trois fois lors de son voyage à Rome – la partition en était jalousement gardée par la Chapelle Sixtine qui en interdisait toute interprétation hors du Vatican. Se jouant des difficultés techniques, chœur, solistes et ensemble instrumental en livrent une version plutôt sobre, très émouvante et qui fait magnifiquement ressortir les détails de cette architecture sonore exceptionnelle.</p>
<p>Ce fut ensuite le tour de Giovanni Giorgi, autre compositeur très peu connu, dont on put entendre quatre motets, puis une messe complète, relativement longue, deuxième pièce de résistance de la soirée, d’une rare complexité d’écriture, faite pour l’élévation spirituelle et la gloire du Seigneur, toute emplie de polyphonies savantes et de polyrythmies audacieuses, avec de nombreux passages fugués, une bien intéressante découverte.</p>
<p>Le concert bénéficie d’une brochette de cinq solistes de haut niveau, une distribution très homogène, avec une attention de chacun à la qualité de l’ensemble et sans qu’aucun ne cherche à briller au détriment d’un autre.</p>
<p>Si la direction du chef est toujours inspirée, l’interprétation du chœur de chambre de Namur, dont c’est la première présentation de ce programme, souffre d’un petit manque de travail. Des entrées incertaines, des imprécisions dans l’intonation, quelques défaillances d’inattention en sont la preuve. Nul doute que tout cela se corrigera au fil des concerts suivants (je suppose qu’il y en aura…) mais une ou deux répétitions de plus n’auraient pas été un luxe avant ce premier concert.</p>
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		<item>
		<title>Jean-Philippe RAMEAU : Les Boréades &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 07:22:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des Boréades ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des<em> Boréades</em> ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme le précise le programme de la soirée, l’œuvre était déjà en répétition à Paris en avril 1763, en vue d’une création à Choisy en juin, à l’occasion des fêtes célébrant la fin de la guerre de Sept-Ans. Le côté subversif du livret, où l’on voit une femme renoncer au trône pour échapper à un mariage forcé, le héros tenté par le suicide plutôt que de combattre et les abus commis par les princes à l’égard de leur prisonnière, pourrait être une des raisons. Les difficultés de la partition pourraient en être une autre. Mais il y a aussi qu&rsquo;à Paris le goût est en train de changer de camps, au profit des italiens plus en vogue. Rameau à cette époque représente la vieille garde, son heure a passé. Il y a enfin que la Pompadour cherchait à imposer son protégé Benjamin de Laborde, et c’est l&rsquo;opéra de ce dernier <em>Ismène et Isménias</em> qui fut finalement représenté à Choisy.</p>
<p>Redécouverte et créée par John Eliot Gardiner à Aix en 1982, la partition reste rare au répertoire, et il semble bien que la représentation d’hier à Namur pourrait même être une première en Belgique.</p>
<p>Présentée sans mise en scène mais avec une distribution vocale de premier choix, l’œuvre paraît fort intéressante à bien des égards. Les éléments non conventionnels du livret, qui proclame la liberté d’aimer et voit dans cette liberté même le bien suprême, apportent à ces<em> Boréades</em> une grande modernité. La musique y est complexe, avec un recours fréquent à la virtuosité la plus débridée, tant aux voix qu’à l’orchestre, avec aussi de fréquentes ruptures rythmiques ou harmoniques, ou des transitions abruptes propres à dérouter l’auditeur, et parfois même les musiciens.</p>
<p>Seconde représentation après Dortmund la veille, et avant toute une série d’autres qui mèneront les musiciens jusqu’à Beaune en juillet prochain, la halte à Namur, où le chœur est chez lui, parait bien naturelle. Dire que la représentation fut parfaite est sans doute un peu exagéré, mais elle réunissait une distribution vocale d’excellente qualité. <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Gwendoline</strong> <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Blondeel</strong> campe une Alphise extrêmement solide, avec un réel abattage scénique, une aisance dans tous les registres et des réserves de puissance étonnantes. Elle vocalise aussi bien en force qu’en légèreté et relève avec honneur tous les défis techniques de la partition. Reste que la diction, les consonnes en particulier, laisse parfois un peu à désirer et on doit souvent s’en référer aux surtitres pour saisir le texte.</p>
<p><strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Abaris) ne faillit pas à sa réputation : dès son entrée au début de l’acte II, il fait très grande impression. La voix est somptueuse et le chanteur est particulièrement à son aise dans ce rôle qu’il a déjà expérimenté en septembre 2023 à Paris aux côtés de Sabine Devieilhe. Il confirme cette belle solidité tout au long de la représentation, avec une magnifique palette de nuances, des couleurs vocales très variées et toujours appropriées. Il n’empêche que vouloir cumuler le premier rôle masculin de la distribution et la direction de l’orchestre n’est sans doute pas une bonne idée. Les gesticulations, légitime dans son rôle de chef, ne sont guère compatibles avec les différentes émotions qu’il exprime comme chanteur, on le voit dansant presque sans cesse (il dirige avec tout le corps), y compris lorsqu’il est en proie aux émotions les plus fortes ou qu’il appelle la mort. Le voir diriger les duos entre lui-même et Alphise ou Adamas établit entre eux un rapport qui n’est pas juste dramatiquement. Ce sont là de petites choses, mais face à une distribution d’une telle qualité, on en vient à espérer la perfection.</p>
<p><strong>Robert</strong> <strong>Getchell</strong> qui chante Calisis, possède une voix très sonore, avec des aigus impressionnants mais parfois un peu aigres, tout à fait dans l’esthétique du baroque français. Sa diction est excellente et son engagement total. A ses côtés, <strong>Philippe Estèphe</strong>, (Borilée) sobre et efficace est un pendant parfait. <strong>Thomás</strong> <strong>Král</strong> (Adamas – mais il chante aussi, et fort bien, le petit rôle d’Apollon) en impose par sa présence scénique, sa belle voix grave et son autorité naturelle. Il confère au personnage toute la maturité requise.</p>
<p><strong>Lore</strong> <strong>Binon</strong>, beaucoup de souplesse et de facilités technique, une très belle lumière dans la voix, un charme fou en scène, cumule tous les autres rôles féminins de la distribution, principalement Sémire, mais aussi une Nymphe, l’Amour (délicieusement malicieuse) ou Polymnie. Enfin, <strong>Lisandro</strong> <strong>Abadie</strong> chante le court et peu sympathique rôle de Borée, donnant lui aussi pleine satisfaction.</p>
<p>Le chœur de chambre de Namur, préparé comme à son habitude par <strong>Thibault</strong> <strong>Leenaerts</strong>, montre la même solidité que le reste de la troupe et répond avec entrain à toutes les sollicitations du chef.</p>
<p>Un peu moins satisfaisant, l’orchestre A Nocte Temporis semble avoir manqué d’une ou deux répétitions pour parachever un travail de recherche de contrastes et de couleurs, de précision des attaques et de fluidité des enchaînements, propre à crédibiliser davantage l’intrigue et mettre en valeur le livret.  On soulignera les efforts du percussionniste pour nous faire vivre avec effroi les différents épisodes de tempête et d&rsquo;orage de la partition, la qualité des cors de chasse et des vents en général, mais le pupitre des cordes a paru fort mince face aux chatoiements de la partition, en relatif sous- effectif par rapport à ce dont on se souvient des productions précédentes, un peu insuffisant pour rendre le caractère dramatique mais aussi grandiose de l&rsquo;œuvre.</p>
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		<title>PURCELL, Birthday Odes / The Indian Queen &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-birthday-odes-the-indian-queen-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Henry Purcell a écrit six odes pour les anniversaires de la Reine Mary, donnant à ces pièces de plus en plus d’ampleur au fil du temps. Ce sont les deux dernières qui étaient présentées ici, encadrant une suite d’orchestre tirée du The Indian Queen, l’un de ses semi-opéras, parvenu incomplet jusqu’à nous et composé à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Henry Purcell a écrit six odes pour les anniversaires de la Reine Mary, donnant à ces pièces de plus en plus d’ampleur au fil du temps. Ce sont les deux dernières qui étaient présentées ici, encadrant une suite d’orchestre tirée du <em>The</em> <em>Indian</em> <em>Queen</em>, l’un de ses semi-opéras, parvenu incomplet jusqu’à nous et composé à la même période, les toutes dernières années de la courte vie du compositeur.</p>
<p>Ce répertoire un peu convenu et pétri de bonnes intentions est l’occasion de musiques réjouissantes, festives et résolument optimistes, une genre dans lequel Purcell excelle. Préparé avec un très grand soin par les équipes de Vox Luminis – elles sont familiarisées avec ce compositeur depuis plusieurs années – sous la direction artistique de <strong>Lionel Meunier</strong>, ce concert fut une très grande réussite.</p>
<p>Le dispositif scénique (est-il inspiré du théâtre de Peter Brook ?) relègue sur les côtés de la scène les chanteurs ou les instrumentistes lorsqu’ils ne sont pas concernés par la scène en cours, et les réintègre au centre du podium, disposé en carré, dès qu’ils sont actifs. Cela crée un mouvement fluide et très bien rôdé. Les différentes interventions solistes sont menées par des membres du chœur qui y trouvent l’occasion de briller chacun à leur tour et réintègrent ensuite l’ensemble de façon très harmonieuse. Aucune faiblesse dans ce casting de chanteurs aguerris, aucun vedettariat non plus, chacun jouant son rôle sans chercher à prendre la lumière, pour le plus grand bénéfice de l’ensemble. L’orchestre semble se diriger tout seul, puisque Lionel Meunier, qui assume la direction artistique du projet, fait lui-même partie du chœur (il s’est aussi attribué quelques parties de flûte à bec) et ne se tient donc pas devant ses musiciens. Le premier violon d’une part et le claveciniste d’autre part assument la coordination des parties orchestrales sans qu’on ressente aucun décalage ni flottement, et font preuve là aussi d’une grande rigueur rythmique, d’une belle vivacité de ton, apportant aux chanteurs tout le soutien dont ils ont besoin, et conférant à l’ensemble de leur interprétation le climat joyeux et divertissant qui convient à cette musique.</p>
<p>Ces qualités orchestrales furent particulièrement sensibles dans la suite orchestrale tirée de <em>The</em> <em>Indian</em> <em>Queen</em>, présentée ici plutôt comme un intermède instrumental entre les deux odes qui constituaient bien le chœur du programme.</p>
<p>Parmi toutes les interventions solistes, on aura surtout remarqué dans la cinquième ode la participation particulièrement brillante de la trompette, ou l’air pour alto solo <em>Crown the Altar </em>et dans la sixième ode, le duo de contre-ténors <em>Sound the Trumpet</em> ou l’intervention de la basse <em>These are the Sacred Charms that Shield. </em>Tous les passages confiés au chœur – et notamment le très beau chœur final &#8211; firent grande impression, en parfaite symbiose avec l’orchestre et sans souffrir aucunement de l’absence de chef, tous ces musiciens fonctionnant comme un très vaste ensemble de musique de chambre au sein duquel l’énergie circule librement, sans cesse relayée par chacun dans une intension commune, ce qui montre, si besoin était, la qualité du travail en amont. La salle très enthousiaste ne manqua d&rsquo;ailleurs pas de saluer ce travail par de longs et chaleureux applaudissements.</p>
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		<title>RAMEAU, Castor et Pollux &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la version originale, celle de 1737, que Leonardo García Alarcón a choisi de monter pour une tournée qui emmène les musiciens d’abord à Genève, ici à Namur et dès ce dimanche à Versailles. L’œuvre a été considérablement remaniée par Rameau en 1754, et c’est habituellement cette version-là, considérée comme définitive, qu’on entend. Dans cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la version originale, celle de 1737, que <strong>Leonardo</strong> <strong>García</strong> <strong>Alarcón</strong> a choisi de monter pour une tournée qui emmène les musiciens d’abord à Genève, ici à Namur et dès ce dimanche à Versailles. L’œuvre a été considérablement remaniée par Rameau en 1754, et c’est habituellement cette version-là, considérée comme définitive, qu’on entend. Dans cette proposition, qui est aussi une version de concert, pas de prologue. Dès après l’ouverture, roulez tambour, on plonge directement dans le drame avec le magnifique chœur <em>Que tout gémisse, que tout s’unisse,</em> ce qui donne à l’œuvre un tout autre caractère, beaucoup plus condensé, plus direct, plus intense. En grand connaisseur de l’esthétique baroque, le chef choisit d’exacerber les affects, d’exagérer les nombreuses ruptures abruptes de la partition, mettant un accent particulier sur sa théâtralité, accentuant les contrastes, variant sans cesse les tempi, les intentions, les couleurs, avec un grand souci du détail. Il use aussi abondamment, et de façon très démonstrative, des ralentis en fin de phrase. Les musiciens répondent plus ou moins fidèlement à toutes ces injonctions, mais pas toujours avec grande précision. Certaines attaques du chœur sont un peu approximatives, les tempi extrêmement rapides des passages purement orchestraux sont aussi causes de quelques désordres, qui seront rapidement rattrapés. L’ensemble, somptueusement coloré, très engagé, donne néanmoins une impression de très grande richesse sonore, mais pas toujours de grande précision. Ce souci du détail, dont le chef fait preuve à maintes reprises, frise le maniérisme ou l’affectation, parfois au détriment d’une sereine grandeur ou de l’unité de l’œuvre. On retiendra tout de même – et à titre d’exemple – la somptueuse intervention des quatre bassons dans le grand air de Télaïre (<em>Tristes</em> <em>apprêts</em>, <em>pâles</em> <em>flambeaux</em>) créant un effet dramatique intense, les solos de flûte ou de trompette, et les efforts d’imagination du percussionniste pour déclencher les tempêtes ou les entrées fracassantes des dieux, tentant de compenser par ses effets de surprise tout ce qu’une version de concert peut avoir de frustrant sur le plan visuel.</p>
<p>La distribution vocale est globalement de très grande qualité. Les deux rôles titres sont tout simplement somptueux : <strong>Thomas</strong> <strong>Dolié</strong> prête sa voix sombre et puissante, aux harmoniques particulièrement riches à Pollux, et parvient à rendre toute la subtilité des traits du personnage avec beaucoup de crédibilité. <strong>Reinoud</strong> <strong>Van</strong> <strong>Mechelen</strong> est un Castor parfait, émouvant, rayonnant, à la voix magnifiquement timbrée, impressionnante de volume et de couleurs, créant à chacune de ses interventions de puissantes émotions musicales. Son premier grand air au début de l’acte IV, <em>Séjour</em> <em>de</em> <em>l’éternelle</em> <em>paix</em>, qui ici ouvre la deuxième partie du spectacle, fait très grande impression ; ce rôle, c’est évident, semble écrit pour lui. Cet artiste exceptionnel confirme d’années en années ses qualités vocales rares, sa parfaite diction française, mais aussi son engagement sans faille au service du répertoire le plus exigeant.</p>
<p>A l’inverse, <strong>Judith</strong> <strong>van</strong> <strong>Wanroij </strong>(Télaïre), le nez dans la partition alors que tous les autres chantent de mémoire, semble nettement moins préparée que ses compagnons, de sorte qu’on se demande ce qui se passe, chez une chanteuse qu’on connait bien par ailleurs et dont on apprécie habituellement le timbre magnifique et les véritables qualités de musicienne. On apprendra plus tard qu’elle a rejoint la production en toute dernière minute en remplacement d’une collègue malade, ce qui explique tout, mais pourquoi ne pas l’avoir annoncé ? Il n’empêche, le déséquilibre avec le reste de la troupe est flagrant, la prononciation française laisse à désirer et la communication avec le public fait largement défaut. Les deux autres solistes féminies, <strong>Victoire</strong> <strong>Bunel</strong> en Phébé, et <strong>Giulia</strong> <strong>Bolcato</strong>, voix fraîche et charmante, donnent pleine satisfaction.</p>
<p><strong>Olivier</strong> <strong>Gourdy</strong> (Jupiter) possède beaucoup de qualités vocales, mais manque de charisme pour incarner le roi des dieux dont l’impact symbolique requiert une personnalité forte. <strong>Clément</strong> <strong>Debieuvre</strong>, dans les différents petits rôles qu’il incarne, fait preuve d’une fort belle vaillance, et d’une voix particulièrement brillante dans l’aigu, sans difficulté apparente malgré la tessiture.</p>
<p>Le chœur aussi a du préparer ce spectacle en peu de temps, encore occupé il y a deux jours par la <em>Création</em> de Haydn au TCE. Cela explique sans doute les quelques imprécisions, dues sans doute aussi aux déplacements inutiles entre les bords de la salle, le fond de scène ou au contraire l’avant-scène, ce qui ne facilite guère le contact visuel avec le chef. En dépit de ces quelques réserves, la soirée fut de grande tenue, au service d’une partition exceptionnelle à bien des égards et d’un livret d’une belle richesse morale et émotionnelle, tout cela largement salué par les applaudissements très enthousiastes d’un public ravi.</p>
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		<title>ZIANI, La Morte vinta sul calvario &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ziani-la-morte-vinta-sul-calvario-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 09:22:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Compositeur d’origine vénitienne, qu’on retrouve actif à Mantoue mais qui fit l’essentiel de sa carrière à Vienne, Marc’Antonio Ziani, neveu de Pietro-Antonio Ziani était connu à l’époque pour ses opéras, dont une grande partie est aujourd’hui perdue. Maître de chapelle à la cour des Habsbourg dès 1700, il avait aussi en charge la composition des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Compositeur d’origine vénitienne, qu’on retrouve actif à Mantoue mais qui fit l’essentiel de sa carrière à Vienne, Marc’Antonio Ziani, neveu de Pietro-Antonio Ziani était connu à l’époque pour ses opéras, dont une grande partie est aujourd’hui perdue. Maître de chapelle à la cour des Habsbourg dès 1700, il avait aussi en charge la composition des musiques religieuses destinées à toutes les circonstances de la vie de la cour, ainsi qu’aux principales célébrations du calendrier liturgique, parmi lesquelles les <em>Sepolcri</em>, œuvres plus ou moins théâtralisées, écrites pour la plupart en italien et censées éclairer le sens de la liturgie pascale par une représentation allégorique à plusieurs personnages. Sous la forme rhétorique d’une <em>disputatio</em>, directement inspirée de l’enseignement des jésuites, ces <em>Sepolcri</em> furent l’un des instruments de la contre-réforme pour ramener les fidèles vers la foi catholique.</p>
<p>C’est pendant le temps de repos forcé imposé par la pause du Covid que <strong>Etienne</strong> <strong>Meyer</strong> croisa la partition qui nous occupe aujourd&rsquo;hui, y trouva de l’intérêt et songea à monter l’œuvre. Il l’enregistra en 2024 pour la reprendre maintenant en concert, ce qui nous vaut la représentation de ce jour. De forme assez austère, elle est une succession d’airs et de récits, certains assez imagés, mais peine un peu à trouver son rythme propre. Les parties chantées sont plus riches que la partie orchestrale, réduite dans la réalisation proposée par les Traversées Baroques à sa plus simple expression : deux violons un violoncelle et une contrebasse, un continuo (basson, orgue et théorbe) et du côté des vents, deux cornets à bouquin et un trombone. Difficile avec une formation aussi réduite de donner beaucoup de relief et de moelleux à l’œuvre, ou de confort aux musiciens. Chacun est exposé comme pourrait l’être un soliste, et se confronte comme il peut aux difficultés de la partition.</p>
<p>Le livret à cinq personnages ne manque pas d’originalité. Il entame le récit après la mort de Jésus – qui n’est donc pas présent – et fait intervenir sous la forme d’allégories le Démon, qui se réjouit de pouvoir s’emparer de l’âme du Christ, la Nature Humaine, rôle assez central qui exprime la fragilité et la détresse du pauvre pêcheur, la Foi, la Mort et enfin l’Âme d’Adam, qui vient arbitrer les conflits en rappelant les principes fondamentaux de l’église, et s’assurer qu’à la fin, le Démon perde la face ! Certains airs accompagnés sont de très belle facture, le chœur final est grandiose (mais faute de moyens, il est interprété par les solistes qui à cinq peinent à lui rendre toute sa majesté). En définitive, telle que nous l’avons entendue mercredi à Namur, l’œuvre ne convainc pas entièrement : la tension dramatique n’est guère perceptible, les effets spectaculaires que permet l’esthétique baroque ne sont qu’à peine esquissés par une direction (Etienne Meyer) bien trop sage, surtout soucieuse de mise en place et peu expressive.</p>
<p>La troupe des chanteurs, relativement homogène et sans personnalité vedette, parvient néanmoins à caractériser chaque rôle. <strong>Yannis</strong> <strong>François</strong> n’a pas tout à fait la profondeur de voix qu’on attendrait pour incarner le Démon, mais il donne beaucoup d’énergie pour en rendre le caractère effrayant. <strong>Vincent</strong> <strong>Bouchot </strong>se montre émouvant lorsqu’il exprime la fragilité de son personnage, mais on s’aperçoit bien vite que c’est surtout la voix qui est fragile, avec une intonation parfois un peu approximative. <strong>Paulin</strong> <strong>Bündgen</strong> prête à l’allégorie de la Mort sa jolie voix de contre-ténor et rend bien l’ambiguïté enjôleuse du rôle. Du côté des voix féminines, nous avons trouvé <strong>Dagmar</strong> <strong>Saskova</strong> (la Foi) très puissante mais particulièrement dure et agressive dans sa première intervention, avec des aigus un peu métalliques ; <strong>Capucine</strong> <strong>Keller</strong> (l’Âme d’Adam) s’est montrée quant à elle plus nuancée et fine musicienne.</p>
<p>Saluons le louable effort de tous ces musiciens pour nous faire découvrir une partition complètement tombée dans l’oubli, et même nous révéler en bis une autre page de ce même Ziani, un chœur extrait d’un Stabat Mater qui fera (entre autre) l’objet de leur prochain concert en juillet.</p>
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		<title>Palmarès du Concours international d’art lyrique de Namur – Jodie Devos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/palmares-du-concours-international-dart-lyrique-de-namur-jodie-devos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Feb 2026 10:42:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La troisième édition du Concours international d’art lyrique de Namur – Jodie Devos s’est déroulée du 28 janvier au 7 février 2026 à Namur (Belgique), avec une finale donnée ce samedi 7 février au Grand Manège – Namur Concert Hall. Parrainée par la soprano Patrizia Ciofi, la soirée, ouverte au public, réunissait les finalistes aux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La troisième édition du Concours international d’art lyrique de Namur – Jodie Devos s’est déroulée du 28 janvier au 7 février 2026 à Namur (Belgique), avec une finale donnée ce samedi 7 février au Grand Manège – Namur Concert Hall. Parrainée par la soprano Patrizia Ciofi, la soirée, ouverte au public, réunissait les finalistes aux côtés de l’Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie, placé sous la direction d’Ayrton Desimpelaere.</p>
<p data-start="730" data-end="1105">Parmi les cinq finalistes, la soprano Alice Hermand s’est nettement imposée, remportant quatre distinctions, dont le Premier Prix et le Prix du public. Âgée de 25 ans, la jeune chanteuse a séduit jury et auditoire avec l’air de Mignon d’Ambroise Thomas (<em data-start="1004" data-end="1035">« Je suis Titania la blonde »</em>), puis avec <em data-start="1048" data-end="1073">« O smania ! O furie… »</em> extrait d’<em data-start="1084" data-end="1094">Idomeneo</em> de Mozart.</p>
<p data-start="1107" data-end="1353">Le Deuxième Prix a été attribué au ténor coréen Kiup Lee, tandis que la soprano Margo Jacquart a reçu le Troisième Prix. La soprano Mala Weissberg se classe quatrième, devant la mezzo-soprano Caroline de Mahieu, cinquième.</p>
<p data-start="1355" data-end="1763">Cette édition revêtait une dimension particulièrement émouvante, le concours portant désormais le nom de Jodie Devos, ancienne étudiante de l’IMEP, disparue prématurément en 2024. En inscrivant son héritage artistique au cœur de son identité, le concours affirme plus que jamais sa vocation : révéler et accompagner les jeunes talents du chant lyrique.</p>
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		<title>HAENDEL, Acis and Galtea &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-acis-and-galtea-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’était l’ouverture de la saison, ce vendredi soir à Namur devant une salle comble, mais on célébrait aussi le vingtième anniversaire de l’ensemble Cappella Mediterranea, fondé par Leonardo García Alarcón en 2010. Et c’est en son honneur qu’était donné, dans un climat de fête et de joie, la délicieuse pastorale Acis et Galatea de Haendel, une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’était l’ouverture de la saison, ce vendredi soir à Namur devant une salle comble, mais on célébrait aussi le vingtième anniversaire de l’ensemble <strong>Cappella Mediterranea</strong>, fondé par <strong>Leonardo García Alarcón</strong> en 2010. Et c’est en son honneur qu’était donné, dans un climat de fête et de joie, la délicieuse pastorale <em>Acis et Galatea</em> de Haendel, une de ses œuvres les plus réussies, la plus jouée de son vivant, qui rassemble, sur un sujet sicilien tiré d’Ovide et pour un public anglais, des musiques d’influence française et italienne, sous la plume d’un compositeur germanique ; quelle meilleure préfiguration de l’Europe ?</p>
<p>L’ensemble s’est fait connaitre pour ses redécouvertes d’œuvres baroques oubliées, et chacun se souviendra notamment des opéras donnés à Ambronnay, Aix en Provence ou à Paris, <em>Il</em> <em>Diluvio universale</em> (Falvetti &#8211; 2010), <em>Eliogabalo</em> et <em>Erismena</em> (Cavalli 2016 et 2017), ou de répertoires plus courus comme <em>les Indes Galantes </em>de Rameau à Bastille en 2019, plébiscité par notre site, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=piLcWTP9ywU">pour ne citer quelques-uns de leurs nombreux succès</a>.</p>
<p>Les qualités de partage, de générosité, d’amour profond du chant mais aussi de précision, de documentation et de travail sont celles qui sont le plus souvent citées pour qualifier le chef argentin. Elles trouvaient dans le spectacle présenté hier une nouvelle illustration.</p>
<p>Ce qui frappe d’emblée, c’est la joie des musiciens, orchestre et chœurs confondus, leur plaisir d’être là et de partager la musique avec le public. Cette joie est particulièrement communicative, met tout le monde de bonne humeur et prédispose la salle à une écoute plus attentive, à une meilleure communion. L’œuvre, qui débute par une pastorale pleine de charme, s’y prête particulièrement bien.</p>
<p>Sans mise en scène, mais avec tout de même une mise en espace qui fait bouger les chœurs, qui emmène Acis à chanter son deuxième air depuis le fond de la salle (sur le plan acoustique, ce n’est pas idéal ) et qui ménage encore d’autres surprises, la représentation n’en souligne pas moins le côté théâtral de la partition, en particulier dans sa deuxième partie. Les effets de lumière qui soulignent la dimension dramatique, notamment lors de l’arrivée de Polyphème, sont largement suffisants pour camper une atmosphère et établir le climat émotionnel requis.</p>
<p>L’orchestre, très familier de ce type de répertoire, semble au meilleur de sa forme. Les tempi rapides imposés par le chef, les enchaînements dynamiques, et parfois la complexité de l’écriture requièrent une grande attention, mais la phalange méditerranéenne n’est jamais prise en défaut. On aura droit à quelques moments de beauté absolue, notamment la mort d’Acis (<em>Acis is no more</em>), à la fois tendre et grave, que le chef dirige face au public, le chœur étant à ce moment-là placé sur les bas-côtés de la salle.</p>
<p>La distribution vocale est homogène, les quatre solistes sont familiers de l&rsquo;œuvre et rompus au style de la musique baroque : la soprano <strong>Charlotte Bowden</strong>, figure montante du chant baroque britannique, possède une voix techniquement bien placée et pleine de charme, une excellente diction anglaise qui aide à faire passer le texte.  La voix n’est pas très puissante, mais le rôle ne le requiert pas non plus. Fort bien assorti, son partenaire <strong>Guy Cutting</strong>, excellent ténor qui chante Acis, fait preuve d’une personnalité plus affirmée, d’une plus grande assurance, et les duos qui les réunissent sont empreints de charme et d’émotion. Vaillant quand il s’agit d’engager le combat (<em>His hideous love provokes my rage</em>), déchirant lorsqu’il le perd (<em>Help, Galatea !</em>), le chanteur excelle à trouver le ton juste pour chaque situation, tout en restant parfaitement dans le style. <strong>Valerio Contaldo</strong> montre une belle virtuosité dans le rôle de Damon (il chante aussi celui de Coridon). La voix est charnue, sonore et le musicien empoigne les deux rôle, parfois un peu fades, avec une belle énergie. Polyphème est chanté par <strong>Staffan Liljas</strong>, basse venu de Suède qui surjoue un peu le méchant à des fins de caricature, mais convainc tant par son physique que par sa voix aux magnifiques résonances graves.  Parfaitement préparé, très investi et bien dégagé de la partition, le Chœur de chambre de Namur livre lui aussi une performance sans faille, autant acteur que chanteur, donnant à chacune de ses intervention le ton juste, ménageant des émotions très sincères chaque fois que la partition le permet.</p>
<p>La représentation suscitera un très grand enthousiasme – parfaitement justifié – de la part du public. En guise de bis pour une œuvre qui n’en demande guère, les musiciens entonneront alors la <em>Passacaille</em> extraite du <em>King Arthur</em> de Purcell, toujours aussi convaincants.</p>
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		<title>LETERME, La Revanche de l&#8217;arbre &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/leterme-la-revanche-de-larbre-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 05:41:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pianiste, compositeur, arrangeur, mais aussi homme de radio et de télévision, Patrick Leterme est un homme hyper actif, débordant de talent et d’imagination, sans cesse en mouvement et peu soucieux de conformisme. Son catalogue de compositeur, qui s’enrichit d’année en année, le menant vers des pièces de plus en plus vastes et ambitieuses, comprenait déjà &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pianiste, compositeur, arrangeur, mais aussi homme de radio et de télévision, <strong>Patrick Leterme</strong> est un homme hyper actif, débordant de talent et d’imagination, sans cesse en mouvement et peu soucieux de conformisme. Son catalogue de compositeur, qui s’enrichit d’année en année, le menant vers des pièces de plus en plus vastes et ambitieuses, comprenait déjà deux opéras pour enfants (<em>Okilélé</em> 2015 et <em>Momo</em> 2017). Comme arrangeur ou comme chef d’orchestre, son attention s’est souvent portée vers la comédie musicale. Après une grande partition symphonique intitulée Lumières en 2021, voici qu’il nous livre une vaste pièce lyrique en forme d’oratorio sans soliste, <em>La revanche de l’arbre</em>, sur un poème de l’écrivain wallon Henri Simon, auteur largement oublié du grand public, mais qui fut en son temps académicien et pétri de culture latine. Bien menacée aujourd’hui, la langue wallonne était encore largement pratiquée en milieu rural à la fin du XIXe siècle dans la moitié sud de la Belgique. A l’instar d’autres langues régionales, elle a souffert de l’enseignement obligatoire en français, et ne subsiste aujourd’hui qu’artificiellement soutenue par quelques régionalistes passionnés.</p>
<p>Le livret revêt une double dimension, naturaliste et sociale ; dans sa première partie il raconte la gloire puis la mort d’un grand chêne qu’on abat pour en avoir de l’argent, et dans la seconde partie – mais ne comptez pas sur moi pour divulgâcher le fin mot de l’histoire – comment l’arbre finit par se venger de celui qui par lucre provoqua sa chute. De caractère très différent, ces deux parties sont traitées par le compositeur dans des styles bien distincts, une musique savante, nostalgique et sombre pour la première partie, largement burlesque et inspirée de traditions populaires pour la seconde, dans un style proche de Nino Rota, avec entre les deux un somptueux mais très virtuose solo de violon, en guise de requiem pour l’arbre déchu. Ces deux parties normalement s’enchaînent, sauf qu’à Namur, en raison d’un incident technique (l’arbre ne s’est pas effondré exactement comme on l’attendait) il a fallu ajouter un quart d’heure d’entracte pour remettre les choses en ordre.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025-10-02-La-Revanche-de-larbre%C2%A9Gabriel-Balaguera-37-1294x600.jpg" /></p>
<p>La mise en scène due à <strong>Ingrid von Wantoch Rekowski</strong>, sobre et efficace, poétique, distanciée, épurée, contribue beaucoup à la réussite de la soirée. Evitant les pièges du manifeste écologiste, des verdures de carton-pâte ou d’une ruralité caricaturale, elle ne montre que l’arbre, seul élément de décor symbolisé par un lourd faisceau de cordes tombant des cintres, et en fait le centre d’un dispositif scénique relativement réduit, dans la mesure où orchestre et chœurs occupent déjà une grosse moitié de la scène. Un jeu de lumières habile et des costumes très simples évoquant le monde paysan d’avant la grande guerre complètent le visuel du spectacle. Les gestes des choristes, relativement réduits mais pleins de sens, parfois presque chorégraphiés, suffisent à dire l’essentiel d’un texte qui vaut par sa qualité poétique au moins autant que par ce qu’il raconte.</p>
<p>L’orchestration est brillante, très colorée et la partition incorpore en seconde partie des musiques de tradition populaire wallonnes, que la fanfare reprend sur un rythme particulièrement entrainant de cramignon liégeois, menant à un long final en forme d’apothéose extrêmement brillant et réussi. Toute cette seconde partie est dominée par un humour déjanté irrésistible, avec sa part de dérision, de macabre et de carnavalesque assumé qui met la salle en joie, de sorte que le spectacle s’achève dans l’allégresse générale, standing ovation et applaudissements scandés à l’appui. La fanfare continuera à entonner les hymnes wallons bien après la fin du spectacle, prolongeant jusque dans le foyer la joie des spectateurs, le tout dans une très entrainante atmosphère de fête populaire.</p>
<p>Si la conception de l’œuvre et du spectacle impressionnent, sa réalisation laisse parfois entrevoir quelques faiblesses : le Candide Orchestra, phalange d’une quarantaine de musiciens amis fondée par le compositeur, n’est pas tout à fait le New-York Philharmonique, le solo de violon est un peu ardu pour les capacités techniques de l’interprète, mais une fois lancé dans la seconde section de l’œuvre, ces quelques lacunes paraissent sans importance face à la force de la partition et à son énorme pouvoir de conviction.</p>
<p>Le chœur de chambre de Namur, qui joue ici le rôle du narrateur, livre une très belle prestation empreinte de noblesse et de grandeur, et les enfants du chœur de la Monnaie, très attachants comme souvent, sont excellents également, bien que finalement peu sollicités.</p>
<p>Partition largement atypique, ni opéra ni oratorio, révélant différentes facettes de son compositeur et donc très personnelle, accessible à un public très large, la <em>Revanche de l’arbre</em> entame une tournée dans toute la Wallonie. On ne peut que lui souhaiter un rayonnement plus large et une postérité à la hauteur de ses qualités.</p>
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