Forum Opéra

Musique romaine du XVIIe siècle – Namur

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Spectacle
29 juin 2026
Découvertes romaines

Note ForumOpera.com

4

Détails

Luigi Rossi (1597-1653)

  • Oratorio per la Settimana Santa, « Piangete occhi, piangete »

Alessandro Scarlatti (1660-1725)

  • Piange quasi virgo
  • Ecce vidimus eum

Gregorio Allegri (1582-1652)

  • Miserere

Giovanni Giorgi (1719-1762)

  • Motets : In omne terram, Improperium, Dextera Domini, Ave Maria
  • Messe en Fa majeur : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei 

Sopranos
Mariana Flores
Maria Chiara Ardolino
Contre-ténor
William Shelton
Ténor
Valerio Contaldo
Basse
Matteo Bellotto

Chœur de chambre de Namur

Ensemble Cappella Mediterranea

Direction musicale
Leonardo García Alarcón

Namur Concert Hall, le vendredi 26 juin 2026 à 20h

C’est avec une bien légitime fierté que Leonardo García Alarcón, tout auréolé du succès de son Ercole Amante à Bastille, et dans l’attente de sa Flûte Enchantée au Festival d’Aix en Provence la semaine prochaine, présentait en ouverture du Festival de Namur 2026 un programme de musique romaine du XVIIe siècle, dont la seule pièce un peu connue était le Miserere de Gregorio Allegri. Tout le reste, il est allé le découvrir dans les rayons les plus sombres des bibliothèques vaticanes, et ce sont de pures merveilles.

Et les Namurois s’étaient déplacés en masse pour l’événement : pas un seul siège libre, la salle était pleine comme un œuf, jusqu’au balcon derrière la scène, toute bruissante d’un public impatient.

On a tamisé la lumière pour donner à la salle l’ambiance d’une chapelle éclairée à la bougie, la musique semblant sortir des ténèbres. Comme souvent, le concert est en quelque sorte spatialisé, c’est-à-dire que le chœur et les solistes bougent au fil de la soirée ; ainsi, le Chœur de chambre de Namur fait son entrée depuis l’arrière de la salle en chantant le motet Piangete occhi, piangete de Luigi Rossi, ce compositeur que Mazarin fit ensuite venir à la cour de Louis XIV où il montera le premier opéra jamais joué en France. Tout le début du spectacle est consacré à des musiques spécifiquement écrites pour la semaine sainte, dont on connait l’importance dans les célébrations liturgiques romaines. Suivront deux autres motets, d’Alessandro Scarlatti cette fois, mais dans la même veine somptueuse, riche et sensuelle.

Il y aura au cours de la soirée de nombreux autres déplacements, pas toujours justifiés, et parfois un peu bruyants car ils se font pendant les intermèdes orchestraux.

Enchaînées les unes aux autres et présentées sans entracte, toutes ces splendeurs du baroque romain révèlent une science du contrepoint très aboutie, au service d’émotions doloristes déployées sans beaucoup de retenue, et dont la richesse d’écriture engendre parfois une certaine saturation du son. L’oreille n’étant plus capable de suivre toutes les voix individuellement s’enivre d’un son global qui remplit tout l’espace et se laisse entraîner vers une méditation satisfaite, aux limites de l’exaltation.

Vient alors, en milieu de programme et présenté comme la pièce de résistance, le fameux Miserere de Gregorio Allegri, celui que (dit-on) que Mozart âgé de treize ans retranscrivit d’oreille après l’avoir entendu deux ou trois fois lors de son voyage à Rome – la partition en était jalousement gardée par la Chapelle Sixtine qui en interdisait toute interprétation hors du Vatican. Se jouant des difficultés techniques, chœur, solistes et ensemble instrumental en livrent une version plutôt sobre, très émouvante et qui fait magnifiquement ressortir les détails de cette architecture sonore exceptionnelle.

Ce fut ensuite le tour de Giovanni Giorgi, autre compositeur très peu connu, dont on put entendre quatre motets, puis une messe complète, relativement longue, deuxième pièce de résistance de la soirée, d’une rare complexité d’écriture, faite pour l’élévation spirituelle et la gloire du Seigneur, toute emplie de polyphonies savantes et de polyrythmies audacieuses, avec de nombreux passages fugués, une bien intéressante découverte.

Le concert bénéficie d’une brochette de cinq solistes de haut niveau, une distribution très homogène, avec une attention de chacun à la qualité de l’ensemble et sans qu’aucun ne cherche à briller au détriment d’un autre.

Si la direction du chef est toujours inspirée, l’interprétation du chœur de chambre de Namur, dont c’est la première présentation de ce programme, souffre d’un petit manque de travail. Des entrées incertaines, des imprécisions dans l’intonation, quelques défaillances d’inattention en sont la preuve. Nul doute que tout cela se corrigera au fil des concerts suivants (je suppose qu’il y en aura…) mais une ou deux répétitions de plus n’auraient pas été un luxe avant ce premier concert.

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❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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  • Miserere

Giovanni Giorgi (1719-1762)

  • Motets : In omne terram, Improperium, Dextera Domini, Ave Maria
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Namur Concert Hall, le vendredi 26 juin 2026 à 20h

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