Il y a dans cette captation beaucoup de ce qui relève de la « vie de la scène », notamment certaines postures vocales exagérément expressionnistes (on pense au pauvre Heinz Zednik, en fin de carrière, sorte d’Héroïde qui avait avalé de la tabasco). Le premier acte en souffre, perdu dans un chasse-croisé de personnages dont les intentions se chevauchent jusqu’au charivari. Il faudra l’arrivée de la Reine – Susan Chilcott – pour apporter une certaine hauteur de vue. Soupçonnée d’adultère, elle sera étranglée par son mari sous les imprécations de Paulina, l’une des familières de la souveraine. Assurément, l’un des moment lus plus forts de la pièce; la Reine est morte, ainsi que le Dauphin, reste donc à Leontes à parcourir le Royaume des Dix-Siciles. Là, il tombera sur une muette, danseuse de sa condition (ah, ce prélude du quatrième acte !) reste enfin à Susan Chilcott de sortir du gigantesque mur de glace dans lequel elle se réfugiait. Son air « Ihr Götter » ne désavouerait pas le pardon de la Comtesse au Quatrième acte des Nozze. Lieto Fine ? Sous réserve d’inventaire, mais l’art orchestral de Boesmans est à son sommet.
Dale Duesing (Leontes), Susan Chilcott (Hermione), Kornelia Kallish (Paulina), Anthony Rolfe Johnson (Sicile), Kris Dane (Florizel), Heinz Zednik (Zeist), Franz Joseph Sellig (Mamillus) Johanne Saunier (Perdita, rôle dansé), Aka Moon (Trio de Jazz).




