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	<title>Rubén AMORETTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Rubén AMORETTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ALBENIZ, Pepita Jiménez &#8211; Madrid (Teatro de la Zarzuela)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/albeniz-pepita-jimenez-madrid-teatro-de-la-zarzuela/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2025 05:52:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ouverture de la saison 2025-26 au Teatro de la Zarzuela de Madrid avec une nouvelle production de l’opéra Pepita Jiménez d’Isaac Albeniz. Pièce majeure dans le catalogue lyrique du compositeur ibérique, même si elle ne s’est guère imposée dans d’autres pays. Cette œuvre a connu une genèse complexe : créée en 1896 en italien au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ouverture de la saison 2025-26 au Teatro de la Zarzuela de Madrid avec une nouvelle production de l’opéra <em>Pepita Jiménez</em> d’Isaac Albeniz. Pièce majeure dans le catalogue lyrique du compositeur ibérique, même si elle ne s’est guère imposée dans d’autres pays.<br />
Cette œuvre a connu une genèse complexe : créée en 1896 en italien au Liceu de Barcelone, ce n&rsquo;est qu’en 1964 qu&rsquo;elle est interprétée pour la première fois en castillan au Teatro de la Zarzuela de Madrid. Aujourd’hui régulièrement donnée en deux actes (comme pour cette production), l’œuvre a été initialement publiée en un seul acte, sur un livret anglais du collaborateur britannique d&rsquo;Albéniz<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://es.wikipedia.org/w/index.php?title=Francis_Money-Coutts&amp;action=edit&amp;redlink=1">,</a> le Baron Francis Money-Coutts, qui s’était basé sur le roman éponyme de Juan Valera. L&rsquo;opéra a ensuite été revu à plusieurs reprises, d&rsquo;abord par son compositeur et plus tard par d&rsquo;autres. Il en existe une version en trois actes.</p>
<p><em>Pepita Jiménez</em> a certainement connu son apogée au début des années 1960 ; une production de Juan de Prat-Gay datant de 1964 proposait aux spectateurs du Teatro de la Zarzuela de Madrid une version en trois actes défendue par rien moins que Pilar Lorengar dans le rôle-titre et dans celui de Luis, Alfredo Kraus, dont un superbe buste en bronze orne l’un des salons du théâtre.<br />
On a pu reprocher au livret (plus qu’à la pièce originelle dont il semble une bien pâle copie) la minceur de la substance. De fait, l’action d’un opéra qui ne s’étale guère sur plus de 75 minutes peut se résumer très vite.<br />
Pepita, une jeune veuve, est éprise de Luis, jeune séminariste qui se destine à la prêtrise, guidé en cela par le vicaire qui cherche à persuader Pepita de renoncer au jeune homme. Pepita est également courtisé par le Comte de Genazabar, qui veut se battre en duel avec Luis (mais on n’apprendra rien d’autre sur ce duel). Le second acte tourne autour de la rencontre avec Luis qu&rsquo;Antoñona, la gouvernante de Pepita, va organiser afin que celle-ci séduise le séminariste et le fasse renoncer à ses projets ecclésiastiques. Elle y parviendra au terme d’une (trop) longue scène de séduction qui finira par faire fléchir le jeune homme.</p>
<p>Intrigue maigrelette, et surtout une quasi absence de caractérisation des personnages, chacun étant réduit à la caricature de soi-même.<br />
Dans la mise en scène de <strong>Giancarlo del Monaco</strong>, à laquelle nous assistons, Pedro de Vargas, le père de Luis, qui, au début de la pièce était amoureux lui aussi de Pepita, jette immédiatement son dévolu sur Antoñona, dès qu’il apprend que Pepita est amoureuse de son fils. Cela donne lieu à une scène un peu sordide de séduction brutale entre Pedro et Antoñona. Luis semble d’une confondante naïveté en promettant à Pepita de l’aimer toujours…comme un frère. Quant à Pepita, elle est tendue vers la réalisation de son rêve, ou plutôt l’assouvissement de ses pulsions spectaculaires. Luis ne pourra pas résister !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PepitaJimenez-_0108x-1294x600.jpg" />© Javier del Real</pre>
<p>Mettre <em>Pepita Jiménez</em> en scène n’est pas aisé, concédons-le, car l’action, on le voit, est des plus simplettes, les personnages un rien falots, et la partition, magnifique quant à elle, offre de longues plages orchestrales, qu’il n’est guère aisé d’illustrer sur scène.<br />
Le long intermède au début du II est astucieusement mis à profit par le metteur en scène pour faire tourner le plateau sur lui-même. Le plateau est constitué d’un ensemble de grilles en fer échafaudé sur trois niveaux avec des escaliers les reliant. Les parois grillagées rappellent un lieu d’enfermement (cage ou prison, ou peut-être figurent-elles l’étroitesse des pensées de l’héroïne, que l’on voit longuement arpenter les escaliers de cet ensemble).<br />
Au début du second acte la machinerie va se mettre à tourner sur elle-même, ce qui traduit bien le tourment, la tempête qui agitent les esprits des deux héros. Tous deux sont pris dans un maelström de sentiments et de pulsions, à vous faire tourner la tête. Et c’est un peu ce qui se passe sur scène, car, non contents d’opérer une rotation à 360 degrés, les machinistes vont en proposer quatre ! Quatre tours complets, à vous donner définitivement le tournis.</p>
<p>C’est Leonardo Caimi qui devait chanter Luis pour la première, il est remplacé par <strong>Antoni Lliteres</strong>, prévu dans le cast B. Le jeune ténor fait fort bonne impression ; le jeu est soigné et crédible. La voix se densifie tout au long de la soirée et ses incursions dans l’aigu <em>forte</em> sont dans l’ensemble réussies. Antoñona est <strong>Nodriza de Pepita</strong> qui peine en début de soirée à maîtriser le vibrato même si les choses s&rsquo;arrangent par la suite. <strong>Rubén Amoretti</strong> est droit dans ses bottes en vicaire jaloux de son pré carré, <strong>Rodrigo Esteves</strong> figure un père de famille peu au clair avec ses sentiments ; la basse est solide, tout comme celle de <strong>Pablo L</strong><strong>ó</strong><strong>pez</strong>, le comte éconduit.<br />
Malheureusement ce soir <strong>Á</strong><strong>ngeles Blancas</strong> (Pepita) est en petite forme. Sans doute la tension de cette première qui aura eu raison de la justesse de la voix dans bien des occurences.</p>
<p>L&rsquo;orchesta de la Communidad de Madrid, ainsi que les chœurs, le tout dirigés par <strong>Guillermo García Calvo</strong>, rendent parfaitement justice à la mélodie souvent envoûtante d&rsquo;Isaac Albéniz. Des saluts un peu chahutés concluent la soirée tandis que l&rsquo;apparition subreptice d&rsquo;un drapeau palestinien en fond de scène en interpelle plus d&rsquo;un.</p>
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		<title>MOZART, Cosi fan tutte &#8211; Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-cosi-fan-tutte-lausanne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Feb 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela ressemble à un appartement-témoin, c’est lisse, blanc, pas très habité. Normal, c’est un décor de Reality TV. Plantes vertes en plastique, colonnes en stuc, mobilier moitié faux Louis XVI, moitié contemporain. Au fond, une photo panoramique de Naples. En haut une passerelle métallique et des projecteurs. De temps à autre, des panneaux glissant à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela ressemble à un appartement-témoin, c’est lisse, blanc, pas très habité. Normal, c’est un décor de Reality TV. Plantes vertes en plastique, colonnes en stuc, mobilier moitié faux Louis XVI, moitié contemporain. Au fond, une photo panoramique de Naples. En haut une passerelle métallique et des projecteurs. De temps à autre, des panneaux glissant à l’avant-scène viendront clore le «&nbsp;quatrième mur&nbsp;» pour nous rendre complices du hors-champ. Les protagonistes y rejoindront l’équipe technique, cameraman, preneur de son, assistants et maquilleuse. Des écrans diffuseront le générique de l’émission («&nbsp;www.lascuoladegliamanti&nbsp;»…) avec les sourires engageants des quatre sujets d’étude, ou de temps à autre des captations en direct de l’action.</p>
<p>Voilà l’idée. L’équivalent aujourd’hui des utopies à la Marivaux, de tous les <em>Triomphe de l’amour</em> et autre <em>Dispute</em>, de ces expériences parfois cruelles confrontant des personnages travestis ou des jumeaux séparés dès la naissance, ce serait l’univers artificieux des <em>Loft</em> ou des <em>Iles de la Tentation</em>. De fait ces programmes stéréotypés, avec leurs personnages de convention (le naïf, l’aguicheuse, etc.) ont un air de famille avec le conte philosophique de Da Ponte et Mozart, cruel lui aussi.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="712" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cosi-fan-tutte-c-Jean-Guy-Python-4-1024x712.jpg" alt="" class="wp-image-154943"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>Le risque étant, en cherchant son inspiration du côté de ces univers tape-à-l’œil, de se laisser contaminer par leur – comment dire ? – trivialité. D’épaissir le trait et de perdre ce qui fait le prix de <em>Cosi fan tutte</em>, sa délicatesse de touche et de sentiments, sa mélancolie profonde, d’enfouir sous une verve vaudevillesque sa vision tragique des relations amoureuses entre les femmes et les hommes.</p>
<p>Il est vrai que Mozart et Da Ponte n’avaient pas eu peur non plus d’utiliser les clichés de leur époque (les barbes postiches et les costumes « albanais ») pour faire surgir une certaine vérité d’une situation archi-fausse. Ce <em>dramma giocoso</em> n’est gai qu’à la surface. De là, une kyrielle d’airs fermés qui ne dépareraient pas un opera <em>seria</em>. C’est la part du <em>dramma</em>. Mais quoi de plus <em>giocoso</em> que les deux grands finals, d’une verve inépuisable. Étonnante si l’on se souvient qu’en 1789 tout va mal dans la vie de Mozart. Il a des dettes, il lance des appels au secours à son ami Puchberg, Constance est malade et les cures coûtent cher, elle met au monde en novembre une petite fille qui ne vit qu’une heure alors qu’il est en pleine écriture de <em>Cosi</em>, qui sera créé au Burgtheater le 26 janvier 1790.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cosi-fan-tutte-c-Jean-Guy-Python-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-154941"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Les chargeurs réunis</strong></h4>
<p>C’est un opéra plein d’écueils. D’abord il n’est pas court… et, si beaux soient-ils, les airs interrompent l’action. Ce qui explique sans doute l’inclination du metteur en scène <strong>Jean</strong> <strong>Liermier</strong> à multiplier les gags, par crainte de l’ennui sans doute, à le tirer un peu trop du côté de la farce et de la parodie. Aidé en cela par un couple de garçons quasiment en roue libre, surtout le Guglielmo de <strong>Robert</strong> <strong>Gleadow</strong>, l’espièglerie du personnage tournant à la gaudriole. Son penchant à finir tous les verres et à les remplir quand ils sont vides le mènera à une titubante ébriété. Avant cela la scène du faux empoisonnement à l’arsenic au début du premier final les conduira, Ferrando et lui, l’un attifé en don Juan de dancing, l’autre hirsute et débraillé, à une truculence un peu hors de contrôle, dirons-nous…</p>
<h4><strong>La <em>Mozart touch</em> et comment l’avoir…</strong></h4>
<p>Tant est délicate la balance mozartienne… <br>Mais, puisque nous en sommes à la <em>Mozart touch</em>, c’est à <strong>Marie Lys</strong> qu’on donnera la palme. Qui, tout en jouant tout à fait le jeu de la mise en scène, chante de façon exquise les deux airs de Despina, envoyant des coloratures à la fois brillantes et drôles dans « In uomini in soldati » et dans « Una donna a quindici anni » glissant un « Hé ! Ragazzi ! » adressé aux garçons passant dans la <em>strada</em>, aussi saugrenu que délicieux. Mais c’est surtout l’équilibre parfait entre mille ingrédients, la beauté du chant (et du timbre), le legato, l’ironie, le respect impeccable du texte, et en même temps la liberté, l’imagination, le charme, le piquant, l’apparente facilité, la désinvolture, qui font penser « Voilà, Mozart est là… »</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="693" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cosi-fan-tutte-c-Jean-Guy-Python-5-1024x693.jpg" alt="" class="wp-image-154944"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Marie Lys © Jean-Guy Python</sup></figcaption></figure>


<p>Dès le début, l’esprit des ensembles aura été tout aussi mozartien, menés d’une main ferme par <strong>Diego Fasolis</strong>, d’ailleurs sur un tempo assez raisonnable. Comme l’avait été l’ouverture, qu’on a connue plus folle et où on avait remarqué comme à l’habitude la fluidité des bois de l’<strong>Orchestre de chambre de Lausanne</strong>. Des ensembles nombreux où le premier souci est d’équilibrer des voix venues d’écoles très dissemblables, impression ressentie dès le premier quintette, « Sento o Dio », d’un faux pathétique très réussi, donné avec l’enjouement qu’il faut. En revanche, le quintette des adieux, « Di scrivermi », puis le sublime <em>terzettino</em>, « Soave sia il vento », un peu hâtif, un peu vert, nous sembleront en manque de suavité, de poli, et pour tout dire d’émotion.</p>
<h4><strong>Un opera seria déguisé</strong></h4>
<p>C’est à partir de son aria héroïque « Temerari….Come scoglio » que <strong>Arianna Vendittelli</strong> (Fiordiligi) trouvera la plénitude de ses moyens vocaux, comme si cet air de bravoure, avec ses redoutables sauts de notes (jusqu’à une douzième !) dégageait tout-à-coup le paysage. Celle que nous avions vue sur la même scène dessiner une remarquable Suzanna allait y darder, après un récitatif altier, des aigus impérieux (même si elle allait esquiver le deuxième <em>si</em> bémol final), enrichir la reprise de fières vocalises et trouver des graves qui ne sont peut-être pas son registre le plus assuré.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cosi-fan-tutte-c-Jean-Guy-Python-1-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-154946"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Arianna Venditelli et Wallis Giunta © Jean-Guy Python</sup></figcaption></figure>


<p>Encore plus redoutable, dans la deuxième partie, l’aria «&nbsp;Ei parte… Per pietà&nbsp;», véritable air d’opera <em>seria</em>, étonnant de la part de la petite jeune fille des premières scènes, ici écartelée entre son amour naissant (pour Ferrando) et son remords (de trahir Guglielmo). Air grandiose accompagné par l’octuor des bois, où la voix sinue entre des plongées vers le plus grave de la tessiture (jusqu’au <em>la</em> dièse) avant de s’exalter sur les sommets : un superbe récitatif accompagné, à la fois désespéré et passionné, incarnation de la maturité nouvelle du personnage, puis une <em>aria</em> noble et ardente, hérissée de sauts de notes tout aussi escarpés. C’est ici la belle étoffe vocale qu’on admire, le timbre chaud, les traits en triolets impeccables et la solidité jusqu’au bout (avec un court fléchissement ce soir-là sur un passage dans les graves, comme pour rappeler à l’auditeur que ce genre de performances vocales ne va pas de soi…)</p>
<h4><strong>Ambiguïtés</strong></h4>
<p>La Dorabella de <strong>Wallis Giunta</strong> mettra davantage de temps à convaincre. On est accoutumé dans les rôles de soprano 2 chez Mozart à des timbres plus charnus, plus chauds, notamment pour cette frivole Dorabella, que l’on pressent moins vertueuse que sa sœur. La voix est très proche de celle de Fiordiligi, et on croira entendre certaines acidités dans son premier air «&nbsp;Smanie implacabili&nbsp;». Déjà leur premier duetto, «&nbsp;Ah ! guarda sorella&nbsp;», les cueillant sans doute à froid toutes deux, n’avait pas eu la rondeur souhaitable, notamment dans les voix parallèles, et les arabesques finales, un peu rêches, avaient paru flotter quelque peu. En revanche leur duetto du second acte, «&nbsp;Prenderò quel brunettino&nbsp;», avec ses longues phrases à la tierce sera d’une musicalité et d’une drôlerie parfaites.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="927" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cosi-fan-tutte-c-Jean-Guy-Python-6-1024x927.jpeg" alt="" class="wp-image-154949"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Robert Gleadow et Wallis Giunta © Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>Mais c’est dans son duo avec Guglielmo, «&nbsp;Il cor vi dono&nbsp;», que Wallis Giunta montrera le mieux les qualités et les couleurs de sa voix, sa chaleur, son sens de la ligne. Dans une séquence dont la subtilité et la mélancolie secrète sont un peu mises à mal par la mise en scène : Guglielmo y joue un jeu de dupes insinuant auquel Dorabella se laisse prendre en toute sincérité. Ici, tout se terminera par de torrides galipettes sur un lit, filmées en plongée depuis la passerelle (allusion à Loana et Jean-Edouard ?) Contraste entre l’image sans équivoque et la douceur des voix entrelacées. Entre la voluptueuse séduction de la voix de Robert Gleadow, sa musicalité (et la finesse des contrechants de violon) et son jeu pour le moins caricatural de dragueur basique.</p>
<h4><strong>Vérité et mensonge</strong></h4>
<p>C’est le moment où se révèle l’ambiguïté profonde de <em>Cosi fan tutte</em> : grâce au stratagème fomenté par Don Alfonso, naissent deux couples vocaux parfaits, le baryton avec le soprano 2 et le ténor avec le soprano 1. Mal apariés aux temps de leurs amours anciennes, les voici accédant sous le travesti à leur vérité musicale. La vérité par le mensonge en somme…<br>Son trouble, Ferrando, l’âme sensible, le montrera dans le très beau récitatif accompagné «&nbsp;Barbara !&nbsp;Perché fuggi ? » qui introduit l’aria de Fiordiligi «&nbsp;Per pietà&nbsp;», mais surtout dans sa grande scène «&nbsp;In qual fiero contrasto…. Tradito, scernito&nbsp;» qui répond au rondo de Guglielmo «&nbsp;Donne mie&nbsp;» (excellent Robert Gleadow qui retrouve là l’insolence du fringant Figaro qu’il fut sur la même scène).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="495" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cosi-fan-tutte-c-Jean-Guy-Python-3-1024x495.jpg" alt="" class="wp-image-154942"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Arianna Vendittelli, Wallis Giunta, Marie Lys © Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>Le Ferrando de <strong>Pavel Petrov</strong> déploie dans cet air farouche tout l’éclat d’une voix très lyrique, à la fois projetée, solide et ensoleillée. C’est une voix mozartienne d’aujourd’hui, sincère et ardente, évidemment très éloignée des mellifluences viennoises de jadis. Son <em>aria</em> du premier acte « Un’aura amorosa… » avait déjà montré ses qualités de vaillance et la franchise de son timbre, auquel il ne manque qu’un rien de velouté peut-être.</p>
<h4><strong>Fosse et plateau</strong></h4>
<p>On a dit la qualité des ensembles. Les deux grands Finals, qui n’ont rien à envier à ceux des <em>Noces</em> et de <em>Don Giovanni</em>, ne sont qu’invention et changements de tempo. <strong>Rubén Amoretti</strong> (Don Alfonso) met sa prestance au service de ce théâtre de marionnettes dont il tire les ficelles en jouant habilement de la maturité de sa voix. Le final du premier acte, lancé par deux flûtes dialoguant avec les deux donzelles (très joli duetto sur « Ah, che tutta »), se résoudra après le faux suicide à l’arsenic par la pétulante apparition de Despina en costume orange de secouriste (succès garanti) et de sa <em>pietra mesmerica</em> (ici une colorature délirante de Marie Lys déchainée). On admire l’élégance avec laquelle Mozart et Diego Fasolis mènent le jeu. Il semble que plus les <em>lazzi</em> sur scène tournent à la farce, plus la musique est complexe, savante et décalée… Parfaite réussite collective, fosse et plateau.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/992feec_1686068113510-file72jfw4u4t7nx2hes2ex-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-155425"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub> ©&nbsp;Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>Le Final de l’acte II, qui se terminera par une scène de mariage comme avait commencé l’opéra (avec pièce montée et invitées chapeautées de capelines), les deux garçons réapparaissant en officiers de marine, se teintera, en dépit des titubations de Guglielmo, d’une délicate mélancolie : on reviendra à l’ambiguïté initiale, mais Fiordiligi et Ferrando, les deux personnages les plus sincères, laisseront suggérer par l’inflexion d’on sait quelle couleur vocale, que désormais le ver est dans le fruit…</p>
<p>Sur les écrans au premier plan, apparaîtra un triple message : « Si vous voulez que les couples d’origine se reforment tapez 1, si vous voulez que Ferrando épouse Fiordiligi tapez 2, si vous voulez que Guglielmo épouse Dorabella tapez 3… »</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-cosi-fan-tutte-lausanne/">MOZART, Cosi fan tutte &#8211; Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Vincenzo Bellini &#8211; I Capuleti e i Montecchi, Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Aug 2022 08:35:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque représentation actuelle d&#8217;un opéra de Bellini se confronte à la question de la viabilité scénique des ouvrages du divin Sicilien. Si les longues courbes mélodiques de Bellini, expression la plus sublime du bel canto, ont fait les délices des mélomanes, des chanteurs et de compositeurs comme Chopin, elles n&#8217;inspirent pas naturellement une action théâtrale. &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices/"> <span class="screen-reader-text">Vincenzo Bellini &#8211; I Capuleti e i Montecchi, Venise</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices/">Vincenzo Bellini &#8211; I Capuleti e i Montecchi, Venise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque représentation actuelle d&rsquo;un opéra de Bellini se confronte à la question de la viabilité scénique des ouvrages du divin Sicilien. Si les longues courbes mélodiques de Bellini, expression la plus sublime du bel canto, ont fait les délices des mélomanes, des chanteurs et de compositeurs comme Chopin, elles n&rsquo;inspirent pas naturellement une action théâtrale. Comment habiter ces moments de pur statisme ? Comment donner vie à des personnages qui semblent s&rsquo;arrêter à tout instant ? <strong>Arnaud Bernard</strong> a eu la bonne idée de prendre Bellini au mot. Puisque l&rsquo;action s&rsquo;interrompt régulièrement au profit de la musique, il a choisi de figer ses personnages et tout leur entourage dans des poses qui évoquent la peinture. Tout au long de ces Capuleti e Montecchi, on a donc droit à « La Ronde de nuit » de Rembrandt, aux « Noces de Cana » de Véronèse, ou à pas mal de Rubens. Le procédé fonctionne admirablement, même si sa répétition finit par lasser quelque peu. Les décors, abondamment pourvus en toiles de grande taille, et le jeu très impliqué des choristes et des solistes achèvent de rendre crédible cette réalisation, qui se signale par ailleurs par un grand classicisme. Les costumes mélangent agréablement les époques, les éclairages de <strong>Fabio Barettin </strong>sont constamment soucieux d&rsquo;esthétique, et l&rsquo;action demeure lisible. Sans doute n&rsquo;est-ce pas ici que l&rsquo;on trouvera des émotions théâtrales délirantes comme peuvent en offrir <em>Elektra</em> ou <em>Boris</em> <em>Godounov</em>, mais ce n&rsquo;est pas non plus ce qu&rsquo;on attend d&rsquo;une représentation de Bellini.</p>
<p>La part du lion revient au chant, et il faut reconnaitre que le menu est plutot alléchant. Si <strong>Sonia Ganassi</strong> connait quelques moments de faiblesse dans le rôle écrasant de Romeo, avec des baisses de tension qui se ressentent au niveau de la justesse, ses atouts compensent largement : un tempérament scénique volcanique, une présence criante de vérité, un timbre qui reste parmi les plus beaux dans sa tessiture, et une habileté à apparier sa voix avec celle de sa partenaire, malgré la nature très différente des timbres. Tant d&rsquo;engagement fait oublier ce que le travestissement peut avoir de vieillot, et les bons 15 centimètres qui manquent à ce Romeo pour avoir la taille de sa bien-aimée. Une Juliette, <strong>Jessica Pratt</strong>, dont la beauté suffoque, et à qui pas une boucle de la fameuse chevelure de Juliette ne fait défaut. L&rsquo;opulence physique trouve son pendant dans un chant extrêmement charnu et aisé, ou pas une seule ligne bellinienne ne semble poser de difficulté à la soprano, qui termine la soirée aussi fraiche qu&rsquo;elle l&rsquo;a commencée, provoquant l&rsquo;enthousiasme du public. Les duos la montrent à son meilleur, et elle est aussi à l&rsquo;aise dans la jubilation que dans la détresse.</p>
<p><strong>Shalva Mukeria </strong>est un peu moins à l&rsquo;aise en Tebaldo, la vocalité belcantiste échappant un peu à son style très « gros », avec des aigus manquant parfois de grâce. Mais cette relative inadéquation avec le style de l&rsquo;époque pèse de peu de poids face à tant de santé vocale, à tant d&rsquo;éclat dans un rôle que beaucoup de titulaires ont cantonné à des incarnations bien pâles. N&rsquo;oublions pas que ces <em>Capuleti</em> furent remis a l&rsquo;honneur dans les années 60 par Claudio Abbado, avec dans la distribution un certain Luciano Pavarotti. On ne prétendra pas que Mukeria sonne comme son illustre prédécesseur, mais son approche s&rsquo;inscrit dans la même lignée : puissante et solaire. Il n&rsquo;y a pas grand chose à dire du Lorenzo de <strong>Luca dall&rsquo;Amico,</strong> si ce n&rsquo;est son impérial maintien, ni du Capellio de <strong>Rubén Amoretti,</strong> parce que Bellini ne leur a confié aucun vrai passage soliste. Tout au plus assurent-ils les clés de fa dans les ensembles, ce qu&rsquo;ils font avec beaucoup de talent. Le <strong>chœur de La Fenice</strong> se montre à la hauteur des vastes fresques qui laissent déjà présager de ce que seront<em> I Puritani</em>. La baguette alerte d&rsquo;<strong>Omer Meir Wellber</strong> équilibre a merveille drame et contemplation, sachant accélerer ou respirer avec beaucoup d&rsquo;à propos, et tirant le meilleur d&rsquo;un orchestre maison en progrès constant, avec une clarinette solo à se damner, et une tenue générale des plus honorables. Au final, les versions filmées de ces <em>Capuleti</em> ne sont pas légion, et celle-ci vient prendre son rang. Ce n&rsquo;est que justice, puisque c&rsquo;est dans ce même théâtre que l&rsquo;œuvre fut créée en mars 1830.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco — Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nabucco-parme-nabucco-hype/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Oct 2019 04:01:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Regietheater avait jusqu&#8217;ici plutôt épargné les belles provinces italiennes, mais cette nouvelle production de Nabucco nous rappelle que nul n’est désormais à l’abri. Nouveau duo hype, Stefano Ricci et Gianni Forte ont fondé en 2006 le Ricci/Forte Performing Arts Ensemble. Formés auprès de Luca Ronconi à Rome et Edward Albee à la New York &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Regietheater </em>avait jusqu&rsquo;ici plutôt épargné les belles provinces italiennes, mais cette nouvelle production de <em>Nabucco </em>nous rappelle que nul n’est désormais à l’abri. Nouveau duo <em>hype</em>, <strong>Stefano Ricci</strong> et <strong>Gianni Forte</strong> ont fondé en 2006 le Ricci/Forte Performing Arts Ensemble. Formés auprès de Luca Ronconi à Rome et Edward Albee à la New York University, ils ont depuis développé leur propre style, très éloignés de ces deux maîtres, et plus proche du travail de plasticiens ou de chorégraphes, quelque chose entre Jan Fabre et Romeo Castellucci. Leur thématique est des plus classiques : critique de la société de consommation, de la cruauté du monde contemporain et de ses injustices, dénonciation de la prédominance des images, des frontières entre les peuples, etc. C’est donc sans doute par antiphrase qu’ils sont qualifiés « d’enfants terribles de la scène italienne » tant le propos est convenu. Le <em>Nabucco </em>proposé n’échappe pas à ces préoccupations. Nous sommes en 2046. Babylone est un vaisseau qui vogue sur les mers sans jamais s’arrêter. Dans son mouvement incessant, il a recueilli des migrants tout en en laissant quelques autres se noyer dans les flots (ce qui nous vaut d’ailleurs une très belle scène dansée au ralenti, le travail sur les corps étant une des signatures de Ricci / Forte). Ces migrants sont les derniers survivants d’une antique religion disparue : les catholiques (comprendre : d’ici 30 ans, les rôles seront peut-être inversés). Les Assyriens célèbrent quant à eux le culte de la consommation. Ainsi, le vaisseau est rempli d’œuvres d’art pillées on ne sait où, et jamais déballées (comprendre : la soif de posséder). Entre deux scènes lyriques, deux soldats arrachent des pages de livres censurés, et les passent à la broyeuse (comprendre : le pouvoir impose sa censure). Nabucco et Abigaille sont constamment suivis de journalistes en uniforme qui enregistrent toutes leurs déclarations (comprendre : les médias vous mentent). Des écrans affichent les inévitables images de la Syrie dévastée. Au final, migrants et autochtones seront fondus dans un même creuset. Message humaniste et modérément optimiste (les anciens oppressés deviennent vite les nouveaux oppresseurs), bien éloigné de la thématique originelle de l’ouvrage : nationaliste social, Giuseppe Verdi ne fut pas vraiment le chantre du vivre-ensemble entre Italiens et Autrichiens, et le « Va, pensiero » ne peut se comprendre si on cherche à oublier qu’il est d’abord le cri, échappant aux ciseaux d&rsquo;Anastasie, d’un peuple asservi. Dans la pratique, la mise en œuvre du concept n’est pas extrêmement claire, et, sans lecture préalable des notes d’intention du programme (dévorées à l’entracte), il est difficile de saisir où le metteur en scène veut en venir.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="277" src="/sites/default/files/styles/large/public/2209_nabuccofv2019_parte_iii.jpg?itok=02gF8eKF" title="© Roberto Ricci Teatro Regio di Parma" width="468" /><br />
	© Roberto Ricci Teatro Regio di Parma</p>
<p>En revanche, à  l’inverse des standards du <em>R</em><em>egietheater</em> allemand, la scénographie est plutôt belle, colorée et spectaculaire. A noter qu’à l’occasion d’un changement de décor un peu long, les danseurs interprètent une incroyable évocation de noyades (voir photo). Un gros fil de laine bleu dans leur mains figure le niveau de l’eau, et les danseurs miment l’asphyxie quand ils ont la tête en dessous de fil, ou reprennent bruyamment leur respiration lorsqu’elle est au-dessus. Une scène assez forte, mais sans grand rapport avec l’opéra : une partie du public, mécontent, ne se privera pas de manifester. En dehors des figurants et des danseurs, le « travail sur les corps » nous laisse un peu sur notre faim, avec pas mal de scènes où les protagonistes principaux semblent laissés à l’abandon, et où les chœurs sont simplement alignés pour chanter. Le « Va, pensiero » est en revanche très réussi, avec une arrivée progressive des artistes du chœurs qui coule de source avec la musique. Au global, un spectacle intéressant, mais partiellement abouti, excellent contrepoint d&rsquo;une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/aida-busseto-aida-au-naturel"><em>Aida </em>archi-classique</a> : dans cette édition du Festival Verdi, il y en a ainsi pour tous les goûts.</p>
<p>Entendu dans ce rôle à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/nabucco-lyon-le-triomphe-danna-pirozzi">Lyon et au Théâtre des Champs-Elysées</a>, <strong>Amartuvshin Enkhbat </strong>confirme un potentiel important (rappelons qu&rsquo;il n&rsquo;a que 33 ans). La voix est puissante, d&rsquo;une parfaite homogénéité sur toute la tessiture, d&rsquo;une grande musicalité, dans la lignée d&rsquo;un Renato Bruson, mais avec une plus grande aisance dans l&rsquo;aigu. Sa prestance naturelle lui permet d&rsquo;interpréter un Nabucco naturellement royal, qui en impose sans histrionisme ni vulgarité. L&rsquo;interprétation est encore un peu lisse et on attendrait davantage d&rsquo;expressivité et d&rsquo;émotion dans son « Oh ! di qual onta aggravasi » ou dans le « Dio di Giuda ! » (par ailleurs suivi d&rsquo;une cabalette électrisante). Cela viendra avec la fréquentation du rôle. <strong>Saioa Hernández</strong> est une Abigaille vaillante et convaincante, à la limite de ses moyens vocaux. La voix est puissante, l’aigu sûr mais un peu acide, les redoutables vocalises sont très correctement exécutées. Toutefois, un aigu passe à la trappe dans le récitatif d’entrée, et les paroles dans les montées chromatiques sur « L&rsquo;umil schiava a supplicar » de la cabalette, sont remplacées par une suite de voyelles, ce qui est d’ailleurs assez courant. Les différents aspects du personnage sont bien évoqués, monstre hystérique initialement, femme repentante au final. On appréciera aussi une certaine retenue : son « Anch&rsquo;io dischiuso un giorno ebbi alla gioia il core » exprime une vraie fêlure. Pour autant, est-il prudent de garder un tel rôle à son répertoire ? <strong>Ivan Magrì</strong> est un Ismaele au timbre solaire, avec une belle voix de lirico spinto qui ne force jamais, et un bel engagement dramatique : un luxe dans ce rôle souvent sacrifié. Alternant avec Michele Pertusi, <strong>Rubén Amoretti</strong> nous a paru un peu fatigué en Zaccaria. La Fenena d&rsquo;<strong>Annalisa Stroppa</strong> est tout simplement idéale : une artiste à suivre dans des rôles plus importants.</p>
<p>Le <strong>Chœur du Teatro Regio</strong> est tout bonnement phénoménal. Electrisant dans les parties rapides (en particulier au premier acte) et émouvant dans l&rsquo;incontournable « Va, pensiero », pour une fois justement bissé, il nous fait partager son évident plaisir de chanter. A la tête de l&rsquo;excellente <strong>Filarmonica Arturo Toscanini,</strong> <strong>Francesco Ivan Ciampa</strong> nous entraîne dans un véritable déchaînement de passions. Le final de l&rsquo;acte I est l&rsquo;un des plus rapides jamais entendus, totalement électrisant. L&rsquo;attention au plateau est remarquable, les chanteurs étant constamment en osmose avec le chef. La baguette est nerveuse, et précise, tendre à l&rsquo;occasion. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/spectacle/des-brigands-rehabilites">Voilà plusieurs années que nous avons remarqué ce jeune chef</a>, et il serait grand temps qu&rsquo;il soit reconnu par le circuit international qui manque cruellement de professionnels de cette valeur.</p>
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		<title>Retour triomphal de Poliuto à Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/retour-triomphal-de-poliuto-a-barcelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jan 2018 06:13:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Absent depuis 42 ans du Liceu, le rare Poliuto de Donizetti a fait ce week-end un retour triomphal sur la scène catalane. Après un premier concert en demi teintes, la représentation du samedi 13 janvier a porté le public jusqu&#8217;au délire. Donné sans coupures, l&#8217;ouvrage était dirigé avec une fougue irrésistible par Daniele Callegari à la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Absent depuis 42 ans du Liceu, le rare <em>Poliuto</em> de Donizetti a fait ce week-end un retour triomphal sur la scène catalane. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/JffTJcRcmc0">Après un premier concert en demi teintes</a>, la représentation du samedi 13 janvier a porté le public jusqu&rsquo;au délire. Donné sans coupures, l&rsquo;ouvrage était dirigé avec une fougue irrésistible par <strong>Daniele Callegari </strong>à la tête d&rsquo;un orchestre impeccable et de choeurs survoltés. <strong>Gregory Kunde</strong> retrouve un rôle <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/dvd/cest-nourrit-quon-ressuscite">qu&rsquo;il avait déjà marqué en 2010</a>. La voix a gagné en largeur et le ténor américain allie insolence de la quinte aiguë et richesse belcantiste, avec des variations enthousiasmantes.  Succédant <em>in loco</em> à la légendaire Paolina de Leyla Gencer, <strong>Sondra Radvanovsky </strong>offre ici une exceptionnelle prise de rôle , magnifique d&rsquo;engagement et d&rsquo;une généreuse « folie » vocale. On a du mal à croire que la soprano canadienne ait pu offrir une telle performance entre deux répétitions d&rsquo;<em>Un ballo in maschera</em> à Bastille. Chapeau bas. Le baryton <strong>Gabriele Viviani </strong>est une des surprises de la soirée, car il se hisse tout à fait au niveau de ses partenaires, avec une voix d&rsquo;une projection remarquable et un caractérisation dramatique sans faille. Une représentation parfaite, où le moindre second rôle est impeccablement distribué, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du percutant Nearco de <strong>Alejandro del Cerro</strong> ou du caverneux Callistene de<strong> Rubén Amoretti</strong>. Au Liceu, le belcanto, c&rsquo;est du sérieux !</p>
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		<title>Sur les ondes lyriques en janvier 2018</title>
		<link>https://www.forumopera.com/sur-les-ondes-lyriques-en-janvier-2018/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/sur-les-ondes-lyriques-en-janvier-2018/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laure Machado]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jan 2018 10:26:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la prolongation de la féérie de Noël, les ondes lyriques du mois de janvier s’annoncent enchanteresses. Web, radio et télévision, voici une sélection de retransmissions à ne manquer pour rien au monde. Samedi 6 janvier, 18h CET, BBC3 : Gioachino Rossini, Semiramide – Londres, ROH, 2017 (durée 3h59) « Prodige de l’art » selon Bellini, grand &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans la prolongation de la féérie de Noël, les ondes lyriques du mois de janvier s’annoncent enchanteresses. Web, radio et télévision, voici une sélection de retransmissions à ne manquer pour rien au monde.</strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj1.jpg?itok=0nhF_oOA" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:11"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.bbc.co.uk/programmes/b09l21cf">Samedi 6 janvier, 18h CET, BBC3</a></ins></u></strong> : <strong>Gioachino Rossini, <em>Semiramide</em> – Londres, ROH, 2017 (durée 3h59) </strong></p>
<p>« Prodige de l’art » selon Bellini, grand admirateur de Rossini, qui considérait les compositeurs de son temps comme « autant d’insectes comparés au maître des maîtres… ». <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/semiramide-londres-roh-dans-lair-du-temps"><em>Semiramide</em> à Londres</a> en novembre 2017 abat les cartes maîtresses. Avec sa patte de tragédienne et son ébouriffante maîtrise vocale<strong>, Joyce DiDonato </strong>se surpasse en reine Semiramide. <strong>Daniela Barcellona </strong>a les hardiesses d’Arsace, <strong>Laurence</strong> <strong>Brownlee </strong>la virtuosité d’Idreno. Qui sera Assur : <strong>Michele</strong> <strong>Pertusi</strong> (souffrant le 19 novembre) ou son remplaçant <strong>Mirco</strong> <strong>Palazzi</strong> ? <strong>Antonio</strong> <strong>Pappano</strong> dirige avec cœur et maestria, comme à l’accoutumée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj2.jpg?itok=kAqNUYMz" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:16"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.francemusique.fr/emissions/dimanche-a-l-opera/la-cenerentola-a-l-opera-de-lyon-54781">Dimanche 7 janvier, 20h CET, France-Musique</a></ins> </u> : Gioachino Rossini, <em>La Cenerentola</em> – Opéra National de Lyon, 2017 (durée 3h)</strong></p>
<p>A riche plumage théâtral – mise en scène féconde de <strong>Stefan</strong> <strong>Herheim </strong>– brillant ramage rossinien. Cette<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-cenerentola-lyon-angelina-au-pays-des-merveilles"> <em>Cenerentola</em> du 15 décembre 2017 à Lyon</a> tient ses promesses<strong>. </strong>Le chant de <strong>Cyrille</strong> <strong>Dubois, </strong><u>é<ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:24"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/trophees-2017-des-lecteurs-le-palmares">toile lyrique montante 2017 selon les lecteurs de forumopera.com</a></ins>,</u> a la noblesse de cœur et l’élégance élastique de Don Ramiro. Sa Cendrillon, <strong>Michèle</strong> <strong>Losier</strong>, assume pleinement sa ribambelle de jouissives épreuves vocales. Dirigés par <strong>Stefano</strong> <strong>Montanari</strong>, le reste du plateau est de haut vol : <strong>Renato</strong> <strong>Girolami</strong> (Don Magnifico et Rossini venu superviser la représentation), <strong>Katherine</strong> <strong>Aitken </strong>(Tisbe), <strong>Clara</strong> <strong>Meloni</strong> (Clorinda), <strong>Nikolay</strong> <strong>Borchev</strong> (Dandini) et <strong>Simone</strong> <strong>Alberghini</strong> (Alidoro).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj3.jpg?itok=5NMZxjo8" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:26"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.arte.tv/fr/videos/076633-000-A/le-pays-du-sourire/">Lundi 8 janvier, 0h25 CET, Arte</a></ins></u> : Franz Lehár, <em>Le</em> <em>Pays</em> <em>du</em> <em>Sourire </em>–<em> </em>Opéra de Zurich<em>, </em>2017 (durée 1h45)</strong></p>
<p>Environ vingt-cinq ans après <em>La</em> <em>Veuve</em> <em>Joyeuse</em>, <em>Le</em> <em>Pays</em> <em>du</em> <em>Sourire</em> de Franz Lehár triomphe à Berlin en 1929. Cette opérette, où l’on ne rit pas, est une nouvelle mouture de <em>La</em> <em>Tunique</em> <em>Jaune</em> (1923), peut-être inspirée par <em>Turandot</em> que Puccini, ami de Lehár, composait alors. Dans une mise en scène hollywoodienne d’<strong>Andreas</strong> <strong>Homoki</strong>, le prince chinois Sou-Chong (<strong>Piotr</strong> <strong>Beczala</strong>) épouse et emmène en Chine sa comtesse autrichienne bien-aimée Lisa (<strong>Julia Kleiter),</strong> à laquelle il rendra sa liberté car elle refuse la polygamie autorisée en Chine. Voix généreuses et style consommé, nos deux héros excellent dans ce répertoire qu’ils chérissent.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj4.jpg?itok=LtC9rlAo" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-du-soir/thomas-hampson-et-le-secession-orchestra-avec-un-vibrant-programme-viennois-en-hommage-a-henry-louis-de-la-grange-57521"><strong><u>Lundi 8 janvier, 20h CET, France-Musique</u></strong></a> <strong>: Gustav Mahler et programme viennois – Paris, Auditorium du Musée d’Orsay, 2017 (durée 2h)</strong></p>
<p>Le coeur est gonflé de chagrin, il est comme un nuage en lambeaux dans un troupeau de nuages en fuite dans le ciel. Tel est le chant de <strong>Thomas</strong> <strong>Hampson</strong> dans <em>Der</em> <em>Abschied</em> (<em>L’Adieu</em>), dernier des six poèmes du <em>Das</em> <em>Lied</em> <em>von</em> <em>der</em> <em>Erde (Le Chant de la Terre)</em>, où le poète attend son amipour un éternel adieu. C’est à Paris au Musée d’Orsay, la retransmission d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/thomas-hampson-paris-musee-dorsay-renversante-experience"><u>un concert hommage à<strong> Henry-Louis de La Grange</strong></u></a>, disparu en 2017, grand spécialiste de Gustav Mahler comme Thomas Hampson d’ailleurs. Le baryton est accompagné par le chef d’orchestre <strong>Clément</strong> <strong>Mao</strong>&#8211;<strong>Takacs</strong> et son <strong>Secession</strong> <strong>Orchestra</strong>, au sein d’un programme viennois qui n’est pas que vocal.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj5.jpg?itok=92oXueSr" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:31"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.catmusica.cat/index_cm.htm">Mercredi 10 janvier, 20h CET, CatalunyaMusica</a></ins></u> : Gaetano Donizetti, <em>Poliuto </em>–<em> </em>Barcelone, Gran Teatre Del liceu, 2018</strong> <strong>(durée 1h40 environ)</strong></p>
<p>Non, <strong>Gregory</strong> <strong>Kunde</strong> ne ressemblera pas à Bob Marley, ni <strong>Sandra</strong> <strong>Radvanovsky</strong> à Joan Baez dans cette représentation de <em>Poliuto</em> au Liceu, car il s’agit d’une version de concert (voi<ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:33"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-cest-bob-marley">r brève du 11 janvier 2016)</a></ins> ! Après ses trois sensationnelles reines donizettiennes au MET en 2015 et -2016, Paolina, épouse de Poliuto, est une prise de rôle pour la Radvanovsky. on rêve déjà de l’y entendre. <strong>Gregory</strong> <strong>Kunde</strong> rallumera son Poliuto, seigneur arménien à la fois tendre et si héroïque de notes comme de jeu, <u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:35"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/cest-nourrit-quon-ressuscite">enregistré en 2010 en DVD</a></ins></u>. Ce duel de géants sera arbitré par <strong>Gabriele</strong> <strong>Viviani</strong> (Severo), <strong>Josep</strong> <strong>Fado</strong> (Felice), <strong>Ruben</strong> <strong>Amoretti</strong> (Callistene) et <strong>Alejandro</strong> <strong>del</strong> <strong>Cerro</strong> (Nearco), placés sous la direction de <strong>Daniele</strong> <strong>Callegari</strong>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj6.jpg?itok=ycqPBaez" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:40"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://operavision.eu/fr/bibliotheque/spectacles/operas/die-schneekonigin">Vendredi 12 janvier, 19h CET, Opéravision</a></ins></u> : Marius Felix Lange, <em>La</em> <em>Reine</em> <em>des</em> <em>Neiges</em> – Duisbourg, Deutsche Oper am Rhein, 2016 (durée 1h30)</strong></p>
<p>Premier prix au Premier Concours International de Cologne avec un opéra pour enfants, <strong>Marius</strong> <strong>Felix</strong> <strong>Lange</strong> (1968) a en toute logique écrit de nombreux opéras… pour enfants. Sa <em>Reine</em> <em>des</em> <em>Neiges</em> (création mondiale à Duisbourg en 2016), d’après un conte de Hans Christian Andersen, fusionne dissonance, romantisme et musique de film. <strong>Adela</strong> <strong>Zaharia</strong>, premier prix féminin d’Opéralia en 2017, est cette terrible reine en même temps qu’un scintillant soprano lyrique d’agilité dans une mise en scène de <strong>Johannes Schmidt,</strong> belle comme les contes, éclatante de couleurs et d’humour. Un opéra pour jeunes de 7 à 77 ans.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj7.jpg?itok=EKEIwfuI" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:41"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.wqxr.org/shows/metropolitan-opera/about">Samedi 13 janvier, 18h30 CET, WQXR</a></ins></u> : Pietro Mascagni, <em>Cavalleria</em> <em>Rusticana</em> ; Ruggero Leoncavallo, <em>Pagliacci</em> – New York, MET, 2018 (durée 3h)</strong></p>
<p>Pour le metteur en scène <strong>David</strong> <strong>McVicar</strong>, <em>Cav</em> (<em>Cavalleria</em> <em>Rusticana</em> ) est la nuit et <em>Pag</em> (<em>Pagliacci</em> ) est le jour, malgré la même issue fatale. L’esthétique très austère de son <em>Cav</em> est lourde de sens, la désopilante exubérance de son <em>Pag</em> bénéficie d’un plus : l’inspiration. Amant méprisant avec Santuzza, mais d’une tendresse inouïe avec Mamma Lucia, <strong>Roberto</strong> <strong>Alagna</strong> est un Turiddu idéal, tout comme il est un Canio fascinant, au chant éperdu dans  « Recitar… Vesti la giubba », et sa déferlante de violence meurtrière en fin de <em>Pag</em>. <strong>Aleksandra</strong> <strong>Kurzak</strong> incarne la Nedda pétulante et rayonnante de sensualité voulue par McVicar. <strong>George</strong> <strong>Gagnidze</strong>, déjà impressionnant dans cette mise en scène en 2016, reste un Alfio de cinglante autorité et un Taddeo/Tonio aussi libidineux que brutal. <strong>Ekaterina</strong> <strong>Semenchuk</strong> en Santuzza et <strong>Alessio</strong> <strong>Arduini</strong> en Silvio complètent la distribution. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.metopera.org/Season/Radio/Free-Live-Audio-Streams/"><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:44">Live Radio du MET, les 9 et 30 janvier à 01h25 CET.</ins></a></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj8.jpg?itok=GMpvQell" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:47"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.wqxr.org/shows/metropolitan-opera/about">Samedi 20 janvier, 19h CET, WQXR</a></ins></u> : Jules Massenet, <em>Thaïs</em> – New York, MET, 2017 (durée 3h16)</strong></p>
<p>Dans une production conçue à l’origine pour<strong> Renée Fleming</strong>, <em>Thaïs</em> revient à New York, interprétée cette fois par la soprano lauréate en 2012 du Richard Tucker Award : <strong>Ailyn</strong> <strong>Perez</strong>. <strong>Gerald</strong> <strong>Finley</strong> reste comme au Châtelet en 2007 Athanaël, l’ascète soumis à la tentation de la chair. Dans un répertoire où la diction est clé, <strong>Jean</strong>&#8211;<strong>François</strong> <strong>Borras</strong> en Nicias est la première raison de jeter une oreille à cette retransmission radiophonique à écouter aussi <ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:49"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.catmusica.cat/index_cm.htm">même jour, même heure sur CatalunyaMusica</a></ins>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj9.jpg?itok=9ybi4nr8" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:55"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatsoper.de/tv.html?no_cache=1">Lundi 22 janvier, 17h CET, Bayerische Staatsoper.TV</a></ins></u></strong> <strong>: Richard Wagner, <em>Die</em> <em>Walküre</em> – Munich, Bayerische Staatsoper, 2018</strong></p>
<p>Si les opéras de Wagner ne font pas l’unanimité, ils ne laissent jamais indifférents. Les plus récalcitrants n’auront d’autres choix que de virer leur cuti à la lecture de la distribution de cette première journée du Ring munichois, retransmise le 22 janvier en direct par le Bayerische Staatsoper sur son propre site, et en replay un seul jour supplémentaire le 23 janvier : <strong>Nina</strong> <strong>Stemme</strong>, <strong>Anja</strong> <strong>Kampe</strong>, <strong>Ekaterina</strong> <strong>Gubanova</strong>, <strong>Simon</strong> <strong>O’Neil</strong>, <strong>Wolfgang</strong> <strong>Koch</strong>, sous la conduite du futur directeur de l’Orchestre Philarmonique de Berlin <strong>Kiril</strong> <strong>Petrenko</strong>. Quand on sait la musique de Wagner aussi instrumentale que vocale, l’argument est imparable. <em>La</em> <em>Walkyrie</em> ne saurait pour autant se résumer à sa chevauchée. Episode le plus lyrique et le plus accessible de la Tétralogie, son accès à Munich est facilité encore par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/du-theatre-en-corps">la mise en scène corporelle d’<strong>Andréas</strong> <strong>Kriegenburg</strong></a>. Alors, si ce n’est déjà fait, pourquoi ne pas rentrer en religion wagnérienne par cette porte ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj10.jpg?itok=8wqtoKUT" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.streamingcarlofelice.com/">Mercredi 24 janvier, 20h CET, TCFWebTV</a></u> : Vincenzo Bellini, <em>Norma</em> – Gênes, Teatro Carlo Felice, 2018</strong></p>
<p>Quelle intelligence du chant, quelle technique et quelle maîtrise de son art ne faut-il pas à <strong>Mariella</strong> <strong>Devia </strong>pour être en scène à son âge ! Sa Norma est « tragico sublime », comme la voulait Bellini, son engagement bouleverse. A ses côtés, <strong>Stefan</strong> <strong>Pop</strong> (Pollione), <strong>Analisa</strong> <strong>Stroppa</strong> (Adalgisa) sont dirigés par <strong>Andrea</strong> <strong>Battistoni</strong>, dans une mise en scène de <strong>Luigi</strong> <strong>Di</strong> <strong>Gangi</strong> et <strong>Ugo</strong> <strong>Giacomazzi</strong> (<u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T17:00"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.streamingcarlofelice.com/">live-streaming, TCFWebTV, le 30 janvier 20h CET</a></ins></u>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj11.jpg?itok=tthBokH3" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.wqxr.org/story/104496-puccinis-emtoscaem/"><u>Samedi 27 janvier, 19h CET, WQXR </u></a>: Giacomo Puccini, <em>Tosca</em> – New York, MET, 2018 (durée 2h53)</strong></p>
<p>Pour le moment peu d’images ou de youtuberies, quelques articles, mais on est déjà profondément touché par le <em>dolcissimo con grande sentimento</em> de <strong>Sonya</strong> <strong>Yoncheva</strong> (Tosca) dans sa prière « Vissi d’arte », et cette simplicité dont <strong>Puccini</strong> disait qu’elle est une divinité que doivent célébrer tous les artistes qui y croient. La sincérité de <strong>Vittorio</strong> <strong>Grigolo</strong> (Mario Cavaradossi), elle, passe par une générosité d’émotions dans un « E lucevan le stelle » où la douleur se fond au chant. L’excellent baryton <strong>Zeljko</strong> <strong>Lucic</strong> a très certainement le venin et la violence nécessaires à Scarpia. Si vous n’assistez pas à la retransmission de la représentation dans les cinémas Pathé, ce 27 janvier, écoutez-la à la radio, sur WQXR<strong> </strong><u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.br-klassik.de/programm/radio/ausstrahlung-1283178.html">ou le même jour à la même heure sur BRklassik</a>. </u></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj12.jpg?itok=oXMs1ZfH" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.francemusique.fr/"><strong><u>Dimanche 28 janvier, 20h, France-Musique</u></strong></a><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.francemusique.fr/"> </a>: Georg Friedrich Haendel, <em>Jephta</em> – Paris, Opéra Garnier, 2018 (durée 3h05)</strong></p>
<p>Victorieux des Ammonites, le chef militaire hébreu Jephta (<strong>Ian</strong> <strong>Bostridge</strong>) a promis de sacrifier la première personne rencontrée au retour du combat, et c’est sa fille Iphis (<strong>Katherine</strong> <strong>Watson</strong>) qui croise son chemin. (Rappelez-vous <em>Idomeneo</em> de Mozart !). Storgé (<strong>Marie</strong>&#8211;<strong>Nicole</strong> <strong>Lemieux</strong>), mère de la jeune femme, est horrifiée, Hamor (<strong>Tim</strong> <strong>Mead</strong>) demande à mourir à la place de celle qu’il aime et, Zébul (<strong>Philippe</strong> <strong>Sly</strong>) supplie Jephta d’épargner sa fille. Juste avant de mourir, Iphis sera sauvée par un Ange (<strong>Valer</strong> <strong>Sabadus</strong>) qui lui annonce son entrée en religion. <em>Jephta</em> est le dernier oratorio de <strong>Haendel</strong>, devenu aveugle en le composant. Si l’écriture garde ici sa majesté et sa virilité galvanisantes, la tristesse et la sévérité y sont dominantes. Représentée pour la première fois à l’Opéra Garnier, la mise en scène de <strong>Claus</strong> <strong>Guth</strong> a déjà fait <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/jephtha-amsterdam-es-muss-sein-ou-muss-es-sein">les beaux soirs d’Amsterdam en novembre 2016</a>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t2017-sca_0.jpg?itok=r0hWmIsQ" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operaliege.be/fr/activites/carmen-0"><strong><u>Mardi 30 janvier, 20h, Culturebox </u></strong></a><strong> : Georges Bizet, <em>Carmen</em> – Liège, Opéra Royal de Wallonie, 2018 (durée 3h20)</strong></p>
<p>Le communiqué de l’Opéra de Liège est bref : leur nouvelle <em>Carmen</em>, mise en scène par <strong>Henning</strong> <strong>Brokhaus</strong>, se passera dans un cirque et sera surprenante. Mais, d’euphories ensoleillées en passions vertigineuses, le chef-d’oeuvre de <strong>Bizet</strong> respirera à travers la baguette de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/trophees-2017-des-lecteurs-le-palmares"><strong><u>Speranza</u></strong><u> <strong>Scappucci</strong>, élue meilleure chef 2017 par les lecteurs de forumopera.com</u></a>. Timbre charnu, paysage de granit noir, le mezzo georgien <strong>Nino</strong> <strong>Surgaladze</strong> incarnera Carmen, notre astre de liberté. Pour un Don José vibrant d’élégie amoureuse et de vaillance exaspérée, on se réjouit d’entendre le rare <strong>Marc</strong> <strong>Laho</strong>. N’oublions pas l’Escamillo de <strong>Lionel</strong> <strong>Lhote</strong>, toujours <em>di</em> <em>qualità</em> et la Micaëla de <strong>Silvia</strong> <strong>Dalla Benetta.</strong></p>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Avenches</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-avenches-la-calomnie-sur-internet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2015 17:06:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel est le but affiché d’un festival populaire, sinon de faire découvrir à son public une œuvre dans les meilleures conditions ? Dans ce sens, pari gagné à Avenches cette année encore avec ce Barbier original, que la très grande majorité du public ne connaissait visiblement pas. La rouerie de Rosine, la vivacité d’Almaviva, la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel est le but affiché d’un festival populaire, sinon de faire découvrir à son public une œuvre dans les meilleures conditions ? Dans ce sens, pari gagné à Avenches cette année encore avec ce <em>Barbier</em> original, que la très grande majorité du public ne connaissait visiblement pas. La rouerie de Rosine, la vivacité d’Almaviva, la duplicité de Figaro et la balourdise de Bartolo ont réjoui au premier degré un auditoire réceptif qui rit de bon cœur à leurs facéties et aux nombreux anachronismes. Car l’astucieuse mise en scène de <strong>Marco Carniti </strong>est inventive et drôle, et c’est la grande force du spectacle. Alors que l’œuvre relève quasiment du théâtre musical de chambre, et que toute l’action se déroule pratiquement dans une seule pièce, la grandeur du plateau des arènes romaines d’Avenches nécessitait un dispositif scénique d’une tout autre ampleur. C’est ce qu’a fort bien réalisé <strong>Emmanuelle Favre</strong> en concevant un ensemble à la fois poétique et spectaculaire, un village aux petites maisons luminescentes sur pilotis, transparentes et légères, très joliment éclairées par <strong>Henri Merzeau</strong>, prenant au fil de l’action mille couleurs appropriées. Tournant sur elles-mêmes, s’unissant et se séparant en un ballet continu de construction et de déconstruction, créant des espaces scéniques de dimensions variées, elles participent ainsi pleinement à l’action, et constituent l’un des plus beaux décors qu’il ait été donné de voir à Avenches. Bel espace donc que ce village, où néanmoins Rosine est enfermée : c’est l’univers du <em>Corbeau</em>, chacun épie et juge son voisin. Et qui plus est lorsqu’Internet intervient et que les tablettes apparaissent au milieu des amusants costumes d’époque revisités par <strong>Amélie Reymond</strong>, permettant à travers les « réseaux sociaux » toutes les forfaitures imaginables, et notamment la diffusion ultra rapide sous la pression de tous les Basile du monde, de fausses nouvelles et de calomnies horribles.</p>
<p>À côté de ce drame de l’enfermement et de la privation de liberté, tout un univers de dérision et de <em>commedia dell’arte </em>se donne libre cours : Figaro arrivant dans un char bordé de deux énormes ciseaux pendant que des coursiers à vélo lui apportent des rendez-vous ; Bartolo pétrifié dont Figaro utilise les bras dans toutes sortes de positions bouffonnes ; Bartolo toujours, caricaturant le chant de ses partenaires, ou encore Basilio emmené par quatre infirmiers psychiatriques dans une chaise à porteurs marquée de la croix rouge.</p>
<p class="rtecenter"><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="249" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/05_barbier_bd.jpg?itok=CtKwfyud" width="468" /><br /><font color="#000000">© Photo Marc-André Guex </font></p>
<p>Malheureusement, comme souvent aujourd’hui, les plus belles idées de mises en scène ne sont pas forcément très bien défendues par les interprètes. Le plateau de ce soir est au demeurant plus qu’honorable, joue remarquablement bien la comédie et sait se faire entendre dans l’un des rares espaces de plein air non sonorisés. Mais il y manque déjà une vraie Rosine. <strong>Lana Kos</strong>, plutôt une Nedda, a certes l’abattage que nécessite le rôle mais n’en traduit ni la jeunesse ni la virtuosité vocale. Comme la plupart de ses partenaires, elle ne savonne pas vraiment, mais esquisse nombre de notes plus qu’elle ne les chante. Et comme eux, elle profite de la folie générale pour laisser place à une certaine nonchalence vocale, assez largement partagée. <strong>George Petean</strong> a chanté Figaro sur toutes les grandes scènes internationles, y compris à Bastille dans la mise en scène de Coline Serreau. Il est comme à son habitude pétillant de drôlerie et de présence scénique, mais cela s’accompagne d’une certaine mollesse vocale. Le chanteur chinois <strong>Yijie Shi</strong>, découvert à Pesaro il y a quelques années, a toujours ce caractère juvénile physique et vocal, et cette belle projection – encore qu’un tant soit peu nasale – parfaitement adaptés au rôle d’Almaviva, mais sa décontraction rejaillit par trop sur sa précision vocale. Le Fiorello pétillant de <strong>Fernando Afara</strong>, le Bartolo de <strong>Miguel Sola</strong> et le Don Basilio de<strong> Rubén Amoretti </strong>sont bien dans la tradition. On se saurait oublier la désopilante Berta de <strong>Carine Séchaye</strong>, et le non moins amusant Ambrogio (rôle muet) de<strong> Yaël Rion</strong>, façon Deschiens.</p>
<p>Le côté musical est un peu déstructuré. Les départs des chanteurs ont souvent une fraction de seconde de retard, et l’ensemble dirigé par <strong>Nir Kabaretti</strong> paraît surtout lourd et pesant bien que les tempi soient corrects. En fait, une direction plus légère et rapide aurait posé d’autres problèmes, car les chanteurs n’auraient pas pu suivre. S’y ajoute la présence d’un orchestre de chambre (Orchestre de Chambre Fribourgeois), de bonne qualité certes, mais au volume très insuffisant pour remplir l’espace de ces arènes romaines. Le Chœur de l’Opéra de Lausanne participe de manière très impliquée et excellente au travail théâtral de l’ensemble.</p>
<p>Notons une nouveauté instaurée cette année après la désastreuse saison de l’an dernier, où la pluie avait perturbé voire fait annuler plusieurs représentations : en cas de météo incertaine ou pluvieuse – comme mardi dernier –, la représentation a lieu dans le grand manège de l’Institut Équestre National d’Avenches, spécialement aménagé pour l’occasion. La décision, prise chaque jour de représentation à 14h30, est visible sur le site Internet d’Avenches Opéra. On ne pourrait que s’en féliciter si, malheureusement, le nombre de places dans cet espace couvert n’était insuffisant ; de ce fait, les places les moins chères – non numérotées – ne sont pas mises en vente, ce qui ne va guère dans le sens de la démocratisation du théâtre lyrique.</p>
<p> </p>
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		<title>BELLINI, Norma — Séville</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/norma-seville-confusion-des-valeurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2015 06:55:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Abstraction ou réalisme ? Cette production de Norma née à Turin il y a une quinzaine d’années opte pour la deuxième option, avec menhirs, guerriers chevelus et broches en veux-tu en voilà et, dès la première scène, la statue vandalisée de l’empereur romain qui explicite l’hostilité des Gaulois envers leurs occupants romains. Seulement la solution technique &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Abstraction ou réalisme ? Cette production de <em>Norma</em> née à Turin il y a une quinzaine d’années opte pour la deuxième option, avec menhirs, guerriers chevelus et broches en veux-tu en voilà et, dès la première scène, la statue vandalisée de l’empereur romain qui explicite l’hostilité des Gaulois envers leurs occupants romains. Seulement la solution technique choisie pour les changements de lieu, des panneaux verticaux coulissant latéralement, n’a pas que avantages : même si des toiles peintes, en arrière-fond, ouvrent l’espace, la prédominance de ces pseudo parois rocheuses fait de la tribu un peuple cavernicole, et on s’attend, dans leur jeu incessant, à entendre « Sésame ouvre-toi ! ». On ne peut nier le soin que <strong>William Orlandi</strong> a mis à varier, dans les décors, les points de vue du spectateur en tenant compte de l’évolution de la situation, par exemple en montrant de profil l’autel déjà vu de face, ou en représentant la statue initiale réduite à l’état de ruine après la profanation du temple. Mais cette relative rigueur est mise à mal par des costumes, dont il est aussi l’auteur, pour le moins discutables. Passons sur les manteaux dépenaillés des soldats, mais Oroveso semble sorti de <em>Star Trek,</em> la tenue de Norma est un mixte de la Médée de Pasolini et de la Macareña, les manteaux des vierges gauloises pourraient servir de saris pour <em>Lakmé</em>… Tout cela mis ensemble crée par moments des effets d’un kitsch assuré, d’autant que la mise en scène de <strong>Alberto</strong><strong> Fassini</strong>, que l’on suppose fidèlement reprise par Vittorio Borrelli, ne répugne pas aux clichés, la marche de Norma tenant le poignard de l’infanticide en disputant le clou à celle des offrandes et de la faucille. Par ailleurs la gestion des mouvements d’ensemble vise inlassablement à une répartition dans l’espace qui satisfasse à la symétrie et compose ainsi des tableaux parfaitement dépourvus de vie théâtrale mais superbement éclairés par <strong>Juan Manuel Guerra</strong>. Ainsi le réalisme a-t-il tourné court et s’est-il converti en académisme pur et simple.  </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/norma_1.jpg?itok=J8MQ_-X4" title="Daniela Schillaci (Norma) et Sonia Ganassi (Adalgisa) © Guillermo Mendo" width="468" /><br />
	Daniela Schillaci (Norma) et Sonia Ganassi (Adalgisa) © Guillermo Mendo</p>
<p>Si donc l’aspect théâtral du spectacle n’a rien d’exaltant, le versant vocal et musical réserve d’autres satisfactions même s’il n’est pas irréprochable, à cause du rôle-titre. Engagée pour remplacer Angela Meade, initialement prévue, <strong>Daniela Schillaci</strong> a déjà chanté Norma en Sicile et en Sardaigne. En a-t-elle les moyens ? Sans doute les intentions sont-elles là, mais la voix est trop légère pour la majeure partie du rôle. Stridences dans les hauts de l’aigu, agilité modeste, faible mordant, ce sont les limites qu’un rôle surexposé met en lumière et dont elle a peut-être conscience, ce qui donne par moments un caractère très appliqué à son chant, étranger au charme mélodieux censé captiver l’auditeur. Elle recueillera pourtant un beau succès aux saluts, alors que « Casta Diva » s’était éteint dans un silence pesant. Adalgisa en version traditionnelle de mezzo, <strong>Sonia Ganassi</strong> n’a plus rien à prouver dans un rôle qu’elle a fait sien depuis longtemps. On pourrait craindre alors une interprétation de routine ; il n’en est rien, et tout en ciselant la moindre inflexion, elle réussit une fois encore à nous faire croire aux émois de la jeune fille amoureuse sans rien sacrifier de l’écriture belcantiste qu’elle maîtrise en virtuose accomplie pour le bonheur de l’auditoire. L’objet de leur rivalité trouve en <strong>Sergio Escobar</strong> un interprète de qualité, assez puissant pour camper le guerrier et assez nuancé pour que la sentimentalité du personnage, qui déterminera son destin final, soit perceptible dès sa scène initiale. S’il lui arrive de préparer un aigu la plupart sont lancés crânement ; la présence scénique est bonne et il recueille lui aussi un vif succès. On pourrait souhaiter une voix plus profonde pour Oroveso, mais on ne peut dénier à <strong>Ruben Amoretti</strong> une musicalité et une dignité qui font du chef gaulois un père noble au bon sens du terme. <strong>Mireia Pinto</strong>, Clotilde empressée et compatissante  et <strong>Vicenç Esteve Madrid</strong>, confident discret, complètent dignement la distribution.</p>
<p>Méritant d’être cités à part, les chœurs maison. Particulièrement nombreux, ils séduisent par la musicalité de leurs interventions, et l’on comprend le « Viva el coro » lancé à leur endroit. Leur directeur, <strong>Iñigo Sampil</strong>, est justement associé par <strong>Maurizio Benini</strong> aux saluts en première ligne. On comprend, en assistant à cette exécution de <em>Norma</em>, la réputation du chef d’orchestre. Il soutient sans relâche le plateau, offrant probablement aux chanteurs la sécurité et le confort maximum, dans les limites de son interprétation. Mais autant il veille à faire de l’orchestre le support discret mais expressif des voix, autant dès qu’il le peut il en libère les couleurs et en marque les rythmes, et la réponse des musiciens est d’une constante et ponctuelle souplesse. A cet égard l’ouverture apparaît, rétrospectivement, comme un condensé de sa méthode, attentive à la construction et soucieuse des motifs. Il y a du licier chez ce chef. Le public de La Maestranza l’a-t-il compris ?  Il l’accueille avec chaleur aux saluts, mais Norma l’emporte à l’applaudimètre. Confusion des valeurs ?  (Un dernier mot enfin pour mentionner le riche effectif de l’Orchestre Jeune d’Andalousie qui donne  à la musique en  coulisse à la fois sa densité et des effets de lointain très réussis. Cette participation témoigne d&rsquo;une volonté d&rsquo;aller de l&rsquo;avant malgré les difficultés économiques persistantes, qu&rsquo;on salue profondément.)</p>
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		<title>BELLINI, I Capuleti e i Montecchi — Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-capuleti-e-i-montecchi-venise-la-regle-sainte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jan 2015 06:56:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la dernière réplique, le plateau se fige tandis que descend des cintres un cadre doré qui fait des acteurs les personnages d’un tableau historique. Par cette image Arnaud Bernard met le point d’orgue à sa mise en scène des Capuleti e i Montecchi. Il a imaginé en effet que le drame se déroule dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la dernière réplique, le plateau se fige tandis que descend des cintres un cadre doré qui fait des acteurs les personnages d’un tableau historique. Par cette image <strong>Arnaud Bernard</strong> met le point d’orgue à sa mise en scène des <em>Capuleti e i Montecchi. </em>Il a imaginé en effet que le drame se déroule dans une ancienne demeure patricienne – les décors d’<strong>Alessandro Camera</strong> ont l’ampleur nécessaire – que des ouvriers transforment en pinacothèque. On voit donc des personnages sortant des toiles, pour le chœur littéralement, et parfois les reconstituant, dans des sortes « d’arrêt sur image ». Pourquoi pas ? Il n’est pas le premier à situer l’action d’un opéra dans un musée. Malheureusement pour lui, il échoue à marier de façon convaincante l’œuvre et son projet. Les allées et venues des corps de métier qui vaquent, chargés d’accessoires, à l’installation muséale, manutentionnaires, soudeur, techniciennes de surface et même restaurateur, parasitent d’abord l’ouverture et par la suite les différents moments musicaux où Bellini, par le son et la couleur d’un instrument soliste (le cor, la harpe, la clarinette), annonce la tonalité dramatique d’un air ou d’une scène. Leur disparition en coulisse et l’entrée des personnages se succèdent sans que cela semble nécessaire. Pas plus convaincantes ne sont la gestuelle et les attitudes imposées aux choristes et par moments aux solistes.  Osera-t-on écrire qu’elles nous ont paru souvent conventionnelles jusqu’au ridicule ? Quant à asseoir Giulietta sur le bord d’une baignoire ni médiévale ni élisabéthaine – alors que les costumes de <strong>Carla Ricotti</strong> le sont, à croire que le travail des musicologues qui a invalidé la filiation supposée de <em>Capuleti e Montecchi</em> avec Shakespeare n’a jamais existé – lorsqu’enfin en scène elle exhale ses sentiments, ce réalisme prosaïque éclaire-t-il ses états d’âme ? Dernière déception visuelle, les lumières de  Fabio Barettin dont la séduction est inégale.</p>
<p>Au nom de la vraisemblance, Claudio Abbado avait fait de Roméo un ténor. Pour y satisfaire dans cette édition conforme à l’œuvre originale – rappelons qu’elle fut créée en 1830 dans les mêmes murs – où Roméo est chanté par une femme,  puisqu&rsquo;il est admis que l’homme est toujours d’une taille plus élevée, les deux Juliette doivent contrôler sans cesse leurs attitudes pour gommer le fait qu’elles sont plus grandes que leurs Roméo respectifs. Ce souci n’altère apparemment en rien leur concentration pour l’interprétation vocale d’un rôle qui tient encore tant au bel canto rossinien par ses prérequis. Le soir de la première <strong>Jessica Pratt</strong> convainc sans réserve, malgré des moments où sa douceur frôle la placidité, par une sincérité d’accents et une maîtrise technique qui nous la rendent aussi éblouissante qu’il y a quelques années, quand la clarté de l’émission, la pureté des aigus et la tenue du souffle nous avaient ébahi. Aucune dureté, aucun éclat métallique, des piani et des <em>messe di voce</em> impeccables, un trille quasiment parfait et des variations de haute école.  Le lendemain <strong>Mihaela Marcu</strong>, qui était de la création à Vérone, ne démérite certes pas, mais les difficultés techniques proprement belcantistes nous semblent moins bien dominées, la vocalise moins nette, la variation moins  brillante, le style moins pur, peut-être à cause d’un vibrato qui tire cette Giulietta vers Violetta et l’éloigne du <em>soprano angelicato</em> décrit par les spécialistes, et aussi d’une immersion dans le personnage probablement limitée par le souci de soi. <strong>Sonia Ganassi</strong> est le Romeo de Jessica Pratt. On ne présente plus la mezzo-soprano émilienne, interprète émérite du rôle comme on peut s’en rendre compte sur un site célèbre. Six ans après son Romeo gênois, nous la retrouvons telle qu’en elle-même, la souplesse et la pulpe de la voix intactes, avec des aigus timbrés et arrogants, et des graves désormais devenus naturels. Maîtrise vocale, intelligence du texte, fermeté des accents, expérience scénique, font qu’à l’écouter on en oublie même un costume peu seyant, tant elle sait transmettre tour à tour la fougue ou l’imploration. Ses duos avec Jessica Pratt, modelés et fusionnels, sont captivants.  A <strong>Paola Gardina</strong>,<strong> </strong>l’autre Romeo, le travesti sied à ravir, et comme le timbre n’est pas sans évoquer celui de Lucia Valentini-Terrani elle éveille aussitôt l’intérêt. Mais est-ce le trac ? L’aigu est court, les graves, bien que sonores, sonnent fabriqués et la justesse laisse à désirer. Peu à peu cependant ces défauts vont s’atténuer et son deuxième acte sera bien meilleur, même si l’extension dans l’aigu reste limitée. A son actif encore un bel engagement scénique. Le troisième rôle marqué par le bel canto, celui de Tebaldo, échoit le 14 à <strong>Shalva Mukeria</strong>. La soirée était-elle mauvaise pour lui, comme cela peut arriver ? La voix est sans éclat, affectée d’un fort vibrato et souvent nasale. Il faudra attendre le deuxième acte pour qu’il se rachète dans le duo avec Romeo. En revanche le 15 <strong>Francesco Marsiglia</strong> s’impose d’emblée par la projection et l’éclat du  timbre ; sans doute certains aigus sont-ils voisins des limites de l’extension mais la sonorité ferme impose le personnage belliqueux, et la souplesse et l’expressivité le rendent émouvant dans le même duo. Les deux voix graves, celles de <strong>Ruben Amoretti</strong> qui incarne le père buté jusqu’à l’aveuglement et <strong>Luca Dall’Amico</strong>, le médecin de famille représentant l’esprit de progrès et d’ouverture, n’appellent aucune réserve, même si le second nous semble parfois, le 15, moins sonore que la veille. Mais les deux soirs l’affrontement constamment brutal entre ces personnages conserve pour nous son mystère. Aucun mystère en revanche pour les chœurs, manifestement bien préparés, même si on peut pointer le 15 quelques décalages avec l’orchestre. Peut-être cela tient-il à la fatigue ; peut-être aussi à une direction qui nous a semblé plus soucieuse d’effets que de l’œuvre. C’est entendu, le Romeo de Bellini n’est pas un adolescent mais un homme, et cet amoureux est aussi un chef de parti. Cela explique les accents martiaux de la partition, qui prend aussi en compte le bellicisme de Capellio et de ses partisans. Mais sous la direction d’<strong>Omer Meir Wellber</strong> ces éclats deviennent si bruyants et  leur rythme si lourd que ce que l’on entend semble illustrer les critiques des contempteurs de l’orchestration bellinienne. Sans doute le charme mélodique reste intact et les anticipations de <em>La Sonnambula </em>toujours aussi suggestives, mais l’étirement de certains tempi – d’où l’impression de placidité mentionnée – prive, le 14, certaines scènes de la vibration rythmique propre à soulever le spectateur. Ajoutons pour être complet que l’exécution de certaines parties solistes s’améliore notablement d’un soir sur l’autre.</p>
<p>A sa création à Vérone, la saison dernière, la production n’avait pas convaincu certains collègues. Le public de La Fenice semble avoir partagé leurs réticences. Plutôt froid le 14 – première oblige ? – il n’est guère plus tiède le 15, malgré des applaudissements finaux assez nourris, les deux soirs, au moment des saluts. C’est probablement la sanction, sévère pour les solistes, d’une mise en scène et d’une direction oublieuses de la règle sainte : s’effacer derrière le compositeur.</p>
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		<title>Hommage à Caruso — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/hommage-chaotique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Romain Louveau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2009 19:50:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Étrange soirée. Les meilleurs moments y côtoient les francs ratages, la bienséance poussiéreuse du récital de chant s&#8217;oublie parfois au profit de l&#8217;improvisation feinte, la sincérité flirte avec la vulgaire stratégie commerciale comme le bel canto avec l&#8217;amateurisme. Il ne fallait peut-être pas grand chose de plus pour faire de cet hommage une soirée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p> </p>
<p>Étrange soirée. Les meilleurs moments y côtoient les francs ratages, la bienséance poussiéreuse du récital de chant s&rsquo;oublie parfois au profit de l&rsquo;improvisation feinte, la sincérité flirte avec la vulgaire stratégie commerciale comme le <em>bel canto</em> avec l&rsquo;amateurisme. Il ne fallait peut-être pas grand chose de plus pour faire de cet hommage une soirée inoubliable&#8230; </p>
<p> </p>
<p>Il faudra bien entendu parler des nombreuses « surprises » annoncées en début de spectacle. Pour le programme officiel, la première partie, passée une exécution « de chauffe » très fragile de l&rsquo;air de <em>Néron</em>, nous réserve un moment de chant exceptionnel dans l&rsquo;interprétation successive de l&rsquo;air de Lenski (<em>Eugène Onéguine</em>) dans sa version originale et dans la version « Caruso » : Alagna y dévoile dans la reprise française une interprétation radicalement renouvelée : plus rapide sans doute, moins barytonnante, les quelques inflexions de voix (par imitation de Caruso ?) démontrent les subtiles articulations qui sont à la source de l&rsquo;interprétation : une vraie leçon de chant. Voilà d&rsquo;ailleurs qui faisait un beau projet pour un hommage : faire entendre au public la corrélation entre les partis pris apparemment anodins de Caruso (même forcés, comme ce fut probablement le cas dans le choix de la langue des livrets) et sa définition du style de chant. </p>
<p> </p>
<p>Malheureusement l&rsquo;hommage tourna plutôt au prétexte : après Tchaikovski, Roberto annonce en effet que Caruso interprétait l&rsquo;air de Gennariello de Gomes, bien qu&rsquo;il fût écrit pour soprano. En toute logique et sur le même modèle qu&rsquo;Onéguine, on s&rsquo;attendait à ce que Roberto nous propose donc cette nouvelle version Caruso. C&rsquo;est sans compter l&rsquo;esprit de famille qu&rsquo;Alagna a érigé en leitmotiv de ses apparitions, et c&rsquo;est donc Nathalie Manfrino qui vient sur scène interpréter un air qui, autant le dire franchement, n&rsquo;a pas plus d&rsquo;intérêt dans sa déclinaison « Caruso » que dans sa version originale, et qui n&rsquo;en gagne <em>a posteriori</em> pas dans sa « version Manfrino ». </p>
<p> </p>
<p>L&rsquo;autre grand leitmotiv, celui de la chanson sicilienne, émerge alors avec la diffusion d&rsquo;un extrait de Caruso, dans la sérénade de Turridu. On nous avait promis des grandes voix, en voilà : un legato exemplaire que seul un disque rayé pouvait interrompre avec tant d&rsquo;éclat&#8230; Ce n&rsquo;était là que la première « surprise » que nous réservait la technique. Flanqué de Richard Rittelmann, l&rsquo;interprétation de <em>Madame Butterfly</em> le nez collé au pupitre devait achever de manière bien bancale cette première partie. </p>
<p> </p>
<p>Au retour de l&rsquo;entracte et conformément à l&rsquo;esprit Caruso, on donne les <em>Pêcheurs de perles</em> en italien et sans orchestre, accompagné par le piano imprécis d&rsquo;Elizabeth Cooper : malgré ces résistances qui firent perdre la moitié du <em>tempo</em> et quelques accrochages vocaux (attaques imprécises, ports de voix « de secours ») Roberto émeut dans une très belle conclusion <em>sotto voce. </em>Intermède « Alagna and friends » avec l&rsquo;air de Colline dans<em> La Bohème</em> par Rubén Amoretti. (Pourquoi ? Et bien parce que Caruso chantait des airs de basse pardi !). De nouveau <em>la Bohème</em>, mais de Leoncavallo. Là encore, quelques maladresse techniques : un <em>Si</em>b bien escarpé et un soutien fragile.</p>
<p> </p>
<p>L&rsquo;ensemble des rappels forment donc une troisième partie de spectacle à part entière. Très bel « Ombra mai fu » par la mezzo Doris Lamprecht avec une ligne de chant irréprochable. Une belle apparition également de Laurent Korcia dans l&rsquo;élégie de Massenet, et surtout le ténor Marc Laho dans <em>Fanciulla del West, </em>sans doute le ténor le plus solide techniquement de la soirée ! Sans toutefois le rayonnement et le timbre de Roberto. </p>
<p> </p>
<p>La suite confine à l&rsquo;improvisation totale. Bis de trop, le septuor de <em>Lucia</em> : niveau de mise en place digne d&rsquo;un déchiffrage ; musicalement à la cavalière, avec un contre-<em>si</em>b de Manfrino envoyé deux temps en retard en passant par la quinte : effroyable. Nouveau couac des techniciens qui se trompent de CD lorsque Roberto annonce l&rsquo;air de <em>la Juive</em> « Rachel, quand du seigneur » par Caruso. Le public suggère donc quelques bis : une inconsciente réclame « <em>Lucia</em> ! ». Deuxième septuor, donc. Toujours de trop. Deuxième tentative de la technique pour <em>La Juive</em> et nouvel échec.</p>
<p> </p>
<p>Au moins, une partie du public s&rsquo;amuse : on persiste quand même à croire qu&rsquo;il est possible de rompre avec l&rsquo;austérité d&rsquo;un récital classique sans perdre le niveau de professionnalisme qu&rsquo;on pourrait attendre d&rsquo;un théâtre et d&rsquo;un chanteur d&rsquo;un tel prestige. </p>
<p> </p>
<p>Roberto donne finalement l&rsquo;air <em>a cappella</em> : transposé, donc sombre, et sans orchestre pour tenir le tempo : trop vite expédié. Le coeur y était.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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