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	<title>Aurélien AZAN ZIELINSKI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 30 Mar 2025 21:55:58 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Aurélien AZAN ZIELINSKI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BROOKS, Frankenstein Junior &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/brooks-frankenstein-junior-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de fermer pour deux ans et demi de travaux, l’Opéra-Théâtre de Metz achève sa saison* en apothéose avec la troisième reprise de inénarrable Frankenstein Junior crée en 2007 et repris en 2021&#160;par le directeur, Paul-Émile Fourny. Sa proposition n&#8217;a pas pris une ride. Elle joue de la référence au cinéma d&#8217;horreur d&#8217;avant-guerre comme au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de fermer pour deux ans et demi de travaux, l’Opéra-Théâtre de Metz achève sa saison* en apothéose avec la troisième reprise de inénarrable <em>Frankenstein Junior</em> crée en 2007 et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/frankenstein-junior-metz-pisse-froid-sabstenir-cest-du-mel-brooks/">repris en 2021</a>&nbsp;par le directeur, <strong>Paul-Émile Fourny</strong>.</p>
<p>Sa proposition n&rsquo;a pas pris une ride. Elle joue de la référence au cinéma d&rsquo;horreur d&rsquo;avant-guerre comme au film éponyme de de Mel Brooks. Le livret lui est très fidèle, tout comme la scénographie qui mêle les décors réels d&rsquo;<strong>Emmanuelle Favre</strong> avec des projections en noir et blanc sur deux cyclos aux élégants effets de transparence. Ces vidéos ne sont pas sans évoquer les photos de Brassaï utilisées dans le ballet <em>Rendez-vous</em> de Prévert et Roland Petit. Ainsi est habilement contourné l&rsquo;écueil des lieux multiples où se déroule l&rsquo;action tout en instillant une atmosphère délicieusement rétro accentuée par les beaux costumes de <strong>Dominique Louis</strong>. Elle s&rsquo;amuse, elle aussi des codes des tenues traditionnelles roumaines comme du glamour des années 1930 et de l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Hollywood. Les trouvailles visuelles sont pléthore, comme les chevaux-danseurs ou le duo dansé entre le « monstre »&nbsp;et sa fausse ombre projetée. Elles jouent des codes du théâtre pour mieux réjouir l&rsquo;œil.</p>
<p>Ce dernier est à la fête donc, d&rsquo;autant plus que les chorégraphies de <strong>Graham Erhardt-Kotowich</strong> sont particulièrement réussies et menées avec maestria par l&rsquo;ensemble des artistes. Le ballet de l&rsquo;opéra-théâtre est au cœur de cette performance dont l&rsquo;apothéose est un épatant numéro de claquettes sur «&nbsp;Puttin on the Ritz&nbsp;», standard fox trot des années 1920.</p>
<p>Le rythme est au cœur de ce type de spectacle et ici encore le succès est total ; la soirée ne souffre d&rsquo;aucun temps morts, l&rsquo;énergie et la joie déployées sur le plateau sont communicatives, tandis qu&rsquo;en fosse <strong>Aurélien Azan Zielinski</strong> mène son big band tambour battant. La phalange est de grande qualité, juste, précise&nbsp;; les cuivres y sont à la fête.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GIS1374-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-186184"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Philippe Gisselbrecht</sup></figcaption></figure>


<p>Cette parodie fantasque de l&rsquo;œuvre de Mary Shelley enlevée, joyeuse, flirte avec le grivois – parfois même le potache, voire le graveleux –&nbsp;mais n&rsquo;était ce pas également le cas des opérettes des années 1930 ? <em>Phi-Phi</em> ne nous démentirait pas.</p>
<p>Une grande partie du cast était déjà dans l&rsquo;aventure en 2021 comme le démontre l&rsquo;exceptionnelle cohésion perceptible tout au long de la soirée. les chorégraphies sont d&rsquo;une précision millimétrique, les dialogues ciselés, les dictions impeccables, les répliques fusent&#8230;</p>
<p><strong>Vincent Heden</strong> est bluffant d&rsquo;aisance en Dr. Frederick Frankenstein, un rôle qu&rsquo;il a déjà endossé à plusieurs reprises. Il nous avait bouleversé cet hiver dans la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/machado-la-falaise-des-lendemains-rennes/"><em>Falaise des Lendemains</em></a> à l&rsquo;Opéra de Rennes. Son ténor séduisant, son jeu énergique, n&rsquo;ont d&rsquo;égale que sa veine comique, sans parler de ses compétences en danse ou en claquettes.</p>
<p>Il partage un formidable sens de la scène avec sa délicieuse assistante Inga incarnée par l&rsquo;époustouflante <strong>Lisa Lanteri</strong>, danseuse en formation – comme le démontre son grand écart –&nbsp;mais également chanteuse d&rsquo;excellent niveau qui yodle avec brio d&rsquo;un soprano fruité et mutin.</p>
<p><strong>Grégory Juppin</strong> est excellent en assistant quasimodesque à la voix de jeune Premier, tout comme l&rsquo;hilarante gouvernante campée par <strong>Valérie Zaccomer</strong>.</p>
<p><strong>Léonie Renaud</strong> minaude à plaisir en Elizabeth Benning, profitant d&rsquo;aigus faciles, percussifs, d&rsquo;un timbre brillant un peu moins à son aise – et moins juste –&nbsp;en voix de poitrine.</p>
<p><strong>Jean-Fernand Setti, Laurent Montel, Philippe Ermelier</strong> bouffonnent avec brio tout comme le <strong>chœur de l&rsquo;opéra-théâtre</strong> qui se coule avec enthousiasme dans les codes de la comédie musicale.</p>
<p>Le moins que l&rsquo;on puisse dire c&rsquo;est que le vent de Broadway souffle ce soir jusqu&rsquo;en Lorraine. Cerise sur le cupcake, à l&rsquo;issue de la représentation, Paul-Émile Fourny rend hommage à <strong>Clément Malczuk</strong> qui fait ses adieux de danseur avec ce<em> Frankenstein Jr</em> et a pu réaliser son « rêve de comédie musicale » avec le rôle de Ziggy où il excelle. Sa famille le rejoint et comme toujours lorsque la vraie vie s&rsquo;invite sur scène, l&rsquo;émotion se mêle au plaisir d&rsquo;une soirée marquante qui mériterait de tourner largement dans l&rsquo;hexagone.</p>
<pre>*L'ultime production 2024-25,<em> Aïda</em>, se tiendra hors les murs.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/brooks-frankenstein-junior-metz/">BROOKS, Frankenstein Junior &#8211; Metz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>YESTON, Titanic &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/yeston-titanic-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Dec 2023 07:35:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>N’était-ce pas un pari audacieux que de se saisir d’une catastrophe pour écrire une comédie musicale ? La naufrage du Titanic, en 1912, a suscité bien des créations, y compris lyriques (1). L’œuvre de Maury Yeston (2), sur le livret de Peter Stone, basée sur l’histoire de la traversée inaugurale, évoque avant tout le formidable espoir &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>N’était-ce pas un pari audacieux que de se saisir d’une catastrophe pour écrire une comédie musicale ? La naufrage du Titanic, en 1912, a suscité bien des créations, y compris lyriques (1). L’œuvre de Maury Yeston (2), sur le livret de Peter Stone, basée sur l’histoire de la traversée inaugurale, évoque avant tout le formidable espoir que représentait ce navire pour ses passagers, comme pour ses concepteurs et financeurs.</p>
<p>Le livret témoigne d’une rare intelligence narrative et dramatique, sérieusement documentée, d’une connaissance fine des usages codifiés de la navigation, du personnel de bord – des machines à la vigie – comme des passagers. Le pouvoir, la responsabilité sont au cœur de ce drame, doux-amer, qui nous renvoie aux fonctionnements de nos propres sociétés, sans oublier la fragilité et la vanité du luxe par rapport aux forces de la nature. Les cloisonnements, au propre comme au figuré, les aspirations de chaque classe, du rêve américain des humbles migrants irlandais, aspirant à une vie stable, paisible et épanouissante, aux passagers de seconde, lorgnant vers la condition des privilégiés de première, dont la première préoccupation est de préserver l’entre-soi, toutes les catégories sociales sont représentées. Le microcosme que constituait le monde des passagers, les plus riches, comme les plus humbles, métaphore d’une société prise au piège d’une vision linéaire du progrès, d’une technicité, d’une course folle à la vitesse, va nourrir une chronique proprement balzacienne, où les destins se croisent. Toutes les déclinaisons de l’amour y prennent place (3), de la rencontre à la séparation, comme à la fidélité (Isodor Straus et son épouse, qui décident de partager leur sort funeste).</p>
<p>Quelques figures essentielles émergent : l’architecte concepteur, le capitaine, l’armateur, le second, l’opérateur radio, le soutier. La riche galerie des rôles secondaires est telle qu’il nous faut renoncer à les décrire, et c’est dommage, car malgré la brièveté de leurs interventions, il n’est pas un personnage qui n’apporte sa contribution à l’ouvrage, ou démérite. En plus des solistes, et de l’Orchestre national de Metz, l’Opéra-Théâtre a mobilisé l’ensemble de ses forces, le chœur et le corps de ballet. Ce sont ainsi plus de quatre-vingt personnes qui vont donner vie aux personnages de la comédie musicale. La direction d’acteurs en est remarquable.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, réaliste et poétique, avec l’aide de décors bien conçus et fidèles (<strong>Emmanuelle Favre</strong>), de vidéos remarquables (<strong>Julien Soulier</strong>), d’éclairages pertinents (<strong>Patrick Méeüs</strong>), et de magnifiques costumes (<strong>Dominique Louis</strong>), parvient à nous entraîner dans cette aventure jusqu’à l’engloutissement ultime, saisissant. Les plans se succèdent à un rythme cinématographique : de la timonerie, lieu d’exercice du pouvoir, avec ses antagonismes, au salon des Première classe, jusqu’aux soutes où l’ancien mineur charge la chaudière, nous parcourons tous les espaces : de la piscine, au poste du radio-télégraphiste ou à la vigie. De bout en bout la réalisation est maîtrisée, et le public, chaleureux, multipliera les rappels.</p>
<p>Certains tableaux sont particulièrement réussis, l’embarquement, le bal des passagers de première classe, les danses auxquelles les Irlandais se livrent, entraînés par le fiddle, puis par tout l’orchestre, le ballet de la piscine (en maillots d’époque !), évidemment l’immersion inexorable de la proue et des malheureux dont les tentatives sont désespérées…</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/231220N200-1294x600.jpg" /></p>
<p>La musique, particulièrement soignée, s’inscrit dans le droit fil de ce que la comédie musicale américaine a réalisé de mieux. Douce, joyeuse, insouciante et futile, désuète comme grave, puis tendue, dramatique, elle confie à l’orchestre un rôle essentiel. Si le cinéma n’est pas loin, le raffinement, le sens de l’orchestration doivent être soulignés. Evidemment, les soli, ensembles et chœurs, où les chansons occupent une place de choix, alternent avec des passages parlés, où, parfois, l’orchestre se tait. Le retour des mélodies, faciles mais subtiles et bien tournées, aux fréquents accents jazzy, nous les imprime en mémoire. Le <em>Farewell</em>, de la pleine mer, au premier acte, est l’occasion d’un magnifique tableau où le chœur polyphonique, puissant, impressionne. Le trio des fiancées (au I) nous ravit. Toutes les voix des solistes sont amplifiées, c’est la règle du genre, et il est vraisemblable que certains – comédiens plus que chanteurs – ne pourraient en faire l’économie. Mais il faut avouer qu’à l’écoute on oublie les parcours, connus ou supposés. L’intelligibilité est permanente, et le surtitrage ne doit concerner que nos voisins européens.</p>
<p>La distribution fait largement appel à des chanteurs-acteurs familiers de la comédie musicale (4). Personnage mûr, expérimenté – c’est sa dernière traversée – à l’autorité naturelle, le Capitaine E.J. Smith, est incarné par <strong>Philippe Ermelier</strong>. Le chant, bien timbré, grave, comme le jeu sont exemplaires. « Seul, il dispose, seul il commande… », repris alors que bâtiment sombre est d’une rare puissance dramatique. Le mineur reconverti en soutier est confié à <strong>Fabrice Todaro</strong>. Tendre, émouvant dans son air avant le choc avec l’iceberg, servi par une orchestration remarquable, le baryton bien connu pour servir au mieux les opérettes et comédies musicales n’appelle que des éloges. Son duo avec le télégraphiste mérite également d’être signalé. <strong>Gilles Vajou</strong> est J. Bruce Ismay, propriétaire de la Compagnie maritime. Comédien autant que baryton, il nous vaut un personnage plus vrai que nature, qu’il campe avec autorité, rondeur et suffisance, grisé par le progrès technique. Si son duo avec Alice (<strong>Valérie Zaccomer</strong>) est ravissant, celui avec le télégraphiste, après le choc, nous fait frémir. Thomas Andrews, l’architecte, est confié à <strong>Jean-Michel Richer</strong>, remarquable ténor québecois. Il ouvre la comédie-musicale, plongé dans ses plans, et durant la catastrophe, obsédé par sa responsabilité, insouciant du navire qui sombre, il les corrige fébrilement<strong>. Tadeusz Szczeblewski</strong> nous émeut dans l’ultime duo d’Isidor Straus et de son épouse. Mentionnons aussi <strong>Olivier Lagarde</strong>, dont la belle voix de baryton et un jeu dramatique irréprochable donnent vie à Henry Etches, Steward de 1<sup>ère</sup> classe, stylé et d’un optimisme constant. Autre baryton, <strong>Scott Emerson</strong> qui prête son chant, ample et libre, à Charles Clarke, passager de seconde. La galerie est si riche qu’il faudrait signaler chacune et chacun.</p>
<p>Le Chœur de l&rsquo;Opéra-Théâtre de l&rsquo;Eurométropole de Metz très sollicité dans la plupart des scènes, fait preuve d’une aisance scénique rare. Fréquemment divisé en fonction des tableaux, qu’il chante à l’unisson ou en polyphonie, de l’ample choral réformé aux scènes les plus légères ou dramatiques, c’est un bonheur constant. Les danseurs excellent autant dans les figures des danses de salon que dans les danses irlandaises traditionnelles et endiablées.</p>
<p>Déjà remarqué dans <em>Frankenstein Junior</em>, <strong>Aurélien Azan Zielinski </strong>dirige de nouveau l’Orchestre national de Metz Grand Est, avec souplesse, précision et efficacité, lui permettant des progressions spectaculaires. Nous goûtons ainsi une partition dont l’écriture témoigne d’un métier très sûr et d’un raffinement exceptionnels pour le genre. Ductile, d’une constante attention aux voix, aux équilibres, aux contrechants instrumentaux, il trouve la légèreté, l’élégance raffinée, sensuelle comme la rusticité des danses irlandaises, la tension grandissante, la puissance inexorable de la disparition lente et dramatique du bateau.</p>
<p>Un spectacle riche, intelligent, émouvant, exemplaire de tenue, qui régale l’oreille autant que l’œil. Les Lorrains seront gâtés puisque six représentations sont données en cette fin d’année, de quoi ravir le plus nombreux public.</p>
<pre>(1) Luciano Berio, en 1970, dans <em>Opera</em>, associe le mythe d'Orphée, le naufrage du <em>Titanic</em> et un hôpital d'incurables, trois images de la mort. En 1979, Wilhelm Dieter Siebert créait <em>Der Untergang der Titanic</em>, au Deutsche Oper Berlin. Repris en 1985 à Rennes (Maison de la Culture).  
(2) L’Opéra Royal de Wallonie l’avait donnée en 2000, dans une tout autre mise en scène. Il n’y a aucune relation, sinon le titre, avec le film, sorti la même année, en 1997, ni avec la production du Théâtre de la Renaissance (2022), reprise en juillet 23 en Avignon (Festival Off). 
(3) Alors que le roman, puis le film focalisaient l’attention sur le couple Rose et Jack. 
(4) Ainsi du mémorable <em>Frankenstein junior</em>, produit ici-même en 2021, retrouvons-nous avec bonheur Grégory Juppin (maintenant, le commandant en second) et Lisa Lanteri (Kate Mac Gowan, également violoniste irlandaise).</pre>
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		<title>PESSON, Trois Contes — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-trois-contes-rennes-a-rennes-les-contes-sont-bons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mettre l’opéra contemporain à la portée de tous, beaucoup en rêvent, l’Opéra de Rennes l’a fait. A la portée de tous – et des enfants en particulier. Nous avons rarement vu autant d’enfants à l’opéra, lors d’une représentation publique, que dimanche dernier à l’opéra de Rennes. On y donnait les Trois contes de Gérard Pesson. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Mettre l’opéra contemporain à la portée de tous, beaucoup en rêvent, l’Opéra de Rennes l’a fait. A la portée de tous – et des enfants en particulier. Nous avons rarement vu autant d’enfants à l’opéra, lors d’une représentation publique, que dimanche dernier à l’opéra de Rennes.</p>
<p>On y donnait les <em>Trois contes</em> de <strong>Gérard Pesson</strong>. Ce spectacle qui a un goût de fête de fin d’année a été créé il y a trois ans à Lille.</p>
<p>Les trois contes en question sont sans rapport l’un avec l’autre. Le premier, présenté avec humour en cinq versions, est le « Petit pois » d’Andersen. Le sujet : impossible de dormir dans un lit où traîne un petit pois quand on est princesse ! Le second narre le mystère de la disparition du manteau de l&rsquo;écrivain Marcel Proust. Le troisième, d’après Edgar Poe, est l’histoire du diable qui met la panique dans un village en déréglant son horloge. Vous voyez, des contes sans lien entre eux (… ou alors vraiment caché, le diable est peut-être dans les détails!)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/trois_contes_opera_rennes_9_c_laurent_guizard_-_copie.jpg?itok=gm1x3yHT" title="Le troisième conte: le Diable dans le beffroi (Photo Laurent Guizard)" width="468" /><br />
	Le troisième conte: le Diable dans le beffroi © Laurent Guizard</p>
<p>Ce qui est bien dans cette affaire – et cela, beaucoup grâce à la qualité des interprètes – c’est qu’on comprend les textes. Cela est si rare à l’opéra !</p>
<p>Gérard Pesson enveloppe le tout d’une musique abondante, foisonnante, crépitante, sans repère tonal bien sûr, qui déroule tout au long de l’action son flot rocailleux ou limpide. Elle fourmille de références : Marche funèbre de Chopin, Cinquième de Beethoven, Zarathoustra, Chevalier à la rose, Madame Butterfly, Air du froid de Purcell, choral de Bach, et même chabadabada de Francis Lai. N’en jetez plus !</p>
<p>La mise en scène ne se  fait pas à l’économie : elle regorge de tableaux, de costumes, d’humour, d’effets spéciaux. Dans le conte sur Proust défile une succession de plateaux roulants portant chacun leur décor, qui sont autant de scènes différentes. Dans le conte du diable, le décor se présente sous forme d’un de ces livres d’enfant qui, lorsqu’on les ouvre, présentent des pages découpées en relief.</p>
<p>Côté chant, ce fut un gala ! Et cela malgré l’absence de l’interprète principale, Camille Merckx, souffrante, qui fut remplacée par l’excellente <strong>Victoire Bunel</strong>. Celle-ci chanta sa partition derrière son pupitre tandis que le metteur en scène <strong>David Lescot</strong>, vêtu en femme, mimait son rôle de reine sur le plateau. La performance de la remplaçante fut digne de son prénom, Victoire !</p>
<p>La délicieuse soprano <strong>Maïlys de Villoutreys</strong> fit tinter le cristal de son timbre dans son rôle de princesse.</p>
<p><strong>Armando Noguera</strong> fut un roi admirable. Le ténor <strong>Pierre Derhet</strong> fait partie de ces voix agréables qui s’adaptent en souplesse au répertoire contemporain. Il en est de même de <strong>Melody Louledjian</strong>. Ah, si tous les guides de musée pouvaient s’exprimer en chantant comme elle le fait dans le conte sur le manteau de Proust !</p>
<p>Le baryton <strong>Jean-Gabriel Saint Martin</strong>, le comédien<strong> Jos Houben</strong> et la danseuse <strong>Sung Im Her</strong> complétèrent cette distribution exemplaire.</p>
<p>L’Orchestre de Bretagne apparut fort à fait à l’aise sous la baguette de <strong>Aurélien Azan-Zielinski</strong>.</p>
<p>Il n’y a pas à dire, à Rennes les Contes sont bons !</p>
<p>
	 </p>
<p style="margin-left: 0.6cm;margin-right: 0.6cm">
	 </p>
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		<title>BROOKS, Frankenstein Junior — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/frankenstein-junior-metz-pisse-froid-sabstenir-cest-du-mel-brooks/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Oct 2021 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On n’y croyait plus : interrompue brutalement par la pandémie – plus d’un an après la générale – la production de Frankenstein Junior est enfin offerte au public. Les films fondés sur le roman de Mary Shelley (1818) ne se comptent plus, depuis l’incarnation du monstre de Boris Karloff (1931), résumant ce que tous les films de médecin &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On n’y croyait plus : interrompue brutalement par la pandémie – plus d’un an après la générale – la production de <em>Frankenstein Junior</em> est enfin offerte au public. Les films fondés sur le roman de Mary Shelley (1818) ne se comptent plus, depuis l’incarnation du monstre de Boris Karloff (1931), résumant ce que tous les films de médecin fou peuvent produire. Celui de Mel Brooks (1974), qui en reprend les décors, fit grand bruit, un énorme éclat de rire, tant son art de la parodie débridée y faisait merveille. La musique du film était composée et dirigée par John Morris (on se souvient de l’ouverture avec son solo de violon). En 2006, Mel Brooks lui-même en reprit le flambeau pour passer de l’écran à la comédie musicale. Ainsi signe-t-il la partition de son deuxième <em>musical</em>.  C’est la version française de Stéphane Laporte, réalisée pour le Théâtre Déjazet en octobre 2011 qui est reprise ce soir, dans une nouvelle mise en scène, exemplaire de fidélité, d’efficacité et de beauté, de <strong>Paul-Emile Fourny</strong>. En fosse, <strong>Aurélien Alan Zielinski</strong> dirige une formation riche en couleurs comme en percussions : la musique, originale, jazzy, correspond idéalement au show, swinguée, rythmée à souhait, participant à toutes les atmosphères, et incluant un standard d’Irving Berlin (« Puttin On the Ritz ») pour le numéro de claquettes dont nous reparlerons.</p>
<p>Pour mémoire, empruntons au programme le bref résumé de l’action : « Le jeune professeur d’anatomie Frederick Frankenstein, apprenant le décès de son arrière-grand-père, illustre créateur de monstre, dont il est peu fier, se rend en Transylvanie pour récupérer son patrimoine. A son tour il décide de créer un être vivant à partir d’un cadavre. Mais son serviteur bossu, Igor, chargé de trouver le cerveau d’un génie, lui rapporte en fait celui d’un anormal… » Ajoutez trois figures féminines essentielles et très caractérisées, des personnages hauts en couleur, l’inspecteur Kemp au bras articulé, Harold, l’ermite aveugle, pour une action qui tient l’auditeur en haleine et vous aurez un cocktail détonnant. Clins d’œil, allusions appuyées, voire lourdes, c’est du pur Mel Brooks. L’ouvrage s’adresse à tous les publics, y compris aux « ratés et zozos » (*), de tous âges, mais est déconseillé aux pisse-froid. Du reste, l’assistance de ce soir, très mélangée, où les jeunes sont nombreux n’en comporte aucun semble-t-il : l’adhésion est unanime et outre la <em>standing ovation</em>, après que le rideau soit tombé, les spectateurs s’agglutinent autour de la fosse pour se balancer au rythme de l’orchestre qui continue d’enflammer les cœurs et les corps.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/frankenstein_587.jpg?itok=dffsF_5H" title="Frederick et Inga © Luc Bertau -  Eurométropole de Metz" width="468" /><br />
	Frederick et Inga © Luc Bertau &#8211;  Eurométropole de Metz</p>
<p>La fosse est ceinte d’une coursive qui permet aux comédiens-danseurs-chanteurs de s’approprier l’espace et de se rapprocher du public. Un usage judicieux de la vidéo – qui emprunte ses images au film – associé à des décors séduisants, permet une fluidité bienvenue des nombreux tableaux. Après une brève introduction qui nous entraîne en Transylvanie, passage obligé de tous les fantasmes d’horreur (vidéo noir et blanc d’un château des Carpathes), la première scène (la veillée funèbre du bisaïeul) donne le ton. Le cercueil est au centre. Un pope officie, entouré de paysans, de noir vêtus, protégés de la pluie par des grands parapluies noirs. Le défunt s’agite en entrouvrant sa boîte… Au premier acte, une des plus belles réussites réside dans l’ascension au château. Conduite par Igor, la scène est un régal, où la charrette de foin sera propice aux ébats du héros et de l’appétissante Inga, appelée à devenir sa délurée assistante : le mouvement ascendant figuré entre les arbres dégarnis, sous la lune, avec des chevaux pleins d’humour (qui n’ont rien à envier à ceux du <em>Coq d’or</em>, mis en scène par Barrie Kosky) est magistral. De la même manière, l’exhibition du monstre imitant son maître, pour un numéro de claquettes est indescriptible. L’amplification de la scène, l’ensemble des quatre danseurs réalisant leur solo de claquettes, puis la synchronisation entre les jeux de la créature et de son ombre, qui vont progressivement se dissocier, relèvent du tour de force. L’enlèvement de la belle Elisabeth par la bête (le monstre) n’est pas moins réjouissant. Du très grand art, de la conception à la réalisation, millimétrée, à la faveur d’interprètes de haut vol. Il n’est pas de scène qui laisse indifférent.</p>
<p>Metz se signale pour être l’une des rares scènes lyriques à conserver son corps de ballet. L’exercice collectif quotidien lui confère une cohésion extraordinaire, et le succès de la production repose pour une large part sur sa virtuosité, à l’égal des grandes revues internationales. La chorégraphie, recherchée, concerne chacun : les acteurs, solistes comme choristes, ont acquis un savoir-faire qui leur permet de se fondre en des ensembles achevés, sans qu’on puisse supposer la formation ou l’appartenance de l’artiste à une catégorie. <strong>Graham Erhardt-Kotowitch</strong>, qui signe les chorégraphies, mérite d’être cité au même titre que le metteur en scène ou qu’<strong>Emmanuelle Favre </strong>(décors), <strong>Dominique Louis</strong>, dont les costumes sont ravissants, sans oublier <strong>Patrick Willaume</strong>, le magicien des lumières.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/frankenstein_825.jpg?itok=p7DMuYvj" title="Le  Monstre  et  le Ballet © Luc Bertau -  Eurométropole de Metz" width="468" /><br />
	Le  Monstre  et  le Ballet © Luc Bertau &#8211;  Eurométropole de Metz</p>
<p>La polyvalence des interprètes de musical est connue. Leur excellence dans chacune des composantes du spectacle est rare : comédien, danseur, chanteur se conjuguent ce soir pour atteindre au meilleur niveau d’exigence. Toutes les voix sont amplifiées, comme il convient pour le genre, et il est hors de propos de leur appliquer les critères qui gouvernent le chant lyrique. Encore que… <strong>Jean-Fernand Setti</strong>, le monstre, de voix et de stature imposantes, soit déjà une belle basse, dont les grognements ne se mueront en chant rayonnant d’humanité qu’au terme de l’ouvrage. Il en va de même de <strong>Léonie Renaud</strong> (Elisabeth), soprano aux graves solides, aux aigus éblouissants, qui se double d’une excellente comédienne. Dès son « Stop ! on n’touche pas » à son enlèvement par le monstre, c’est un régal, à l’égal de son « Profond, à moi l’amour ». <strong>Christian Tréguier</strong>, l’Ermite, hérite de son maître (Xavier Depraz) la noblesse, la clarté et la projection. Ses couplets (« Quelqu’un… ») sont émouvants malgré le contexte parodique. <strong>Laurent Montel</strong> est un beau baryton-bouffe qui nous vaut un Inspecteur Kemp remarquable (comme le bisaïeul du héros ; « Nous sommes l’orgueil de la Roumanie »). Deux artistes de l’Opéra-Théâtre participent à la distribution : Ia soprano <strong>Lisa Lanteri</strong> (Inga, l’assistante délurée) au timbre lumineux et au jeu superlatif, a quitté le corps de ballet pour se consacrer à la comédie musicale. « N’écoute que ton cœur », avec son yoddle en contrepoint confirme la pertinence de son choix. <strong>Paul Bougnotteau</strong>, baryton, remarqué déjà dans « Nous sommes éternels », campe un Ziggy solide. Toutes les disciplines requises sont au rendez-vous pour que <strong>Vincent Heden</strong> donne vie à Frederick Frankenstein (qu’il incarnait à Paris il y a dix ans déjà). <strong>Grégory Juppin</strong>, spécialiste de la comédie musicale, met toute sa vivacité au service d’Igor, magistral meneur de jeu, « C’est la Transylvania mania ». Frau Blücher, la gouvernante revêche, violoniste avouant fumer le cigare, est incarnée par <strong>Valérie Zaccomer</strong>, composition aboutie, qu’il s’agisse du jeu comme du chant (« C’était mon boy-friend »). Un ensemble, bref, mérite d’être signalé, digne des<em> Comedian Harmonists</em>, où cinq hommes chantent « Willkommen zu Transylvania ». Il faudrait tout énumérer, tant le bonheur est constant. Les chœurs, à l’égal des danseurs avec lesquels ils se confondent souvent, sont exemplaires : la clarté de la diction le dispute à la mise en place, parfaite. Rare, tonique, jubilatoire, enlevé, inventif, servi par une équipe des plus professionnelles, le spectacle mérite la plus large diffusion.</p>
<p>(*) Dans le film, à ses étudiants qui l’interrogent sur les travaux de son bisaïeul, le Professeur Frederick Frankenstine (sic.) déclare : « Pour les ratés et les zozos ».</p>
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		<title>PESSON, Trois Contes — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/trois-contes-rennes-le-petit-pois-de-proust-au-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jan 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après l&#8217;Inondation, l&#8217;an passé, l&#8217;Opéra de Rennes et Angers-Nantes Opéra proposent à nouveau à leurs publics de prendre le risque passionnant de la création contemporaine en reprenant une création lilloise de l&#8217;an passé. Comme le soulignent les deux directeurs dans le programme de salle, « &#8230; il est essentiel que les nouvelles œuvres ne soient pas présentées uniquement &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>l&rsquo;Inondation</em>, l&rsquo;an passé, l&rsquo;Opéra de Rennes et Angers-Nantes Opéra proposent à nouveau à leurs publics de prendre le risque passionnant de la création contemporaine en reprenant une <a href="https://www.forumopera.com/trois-contes-lille-le-beau-est-toujours-bizarre">création lilloise </a>de l&rsquo;an passé. Comme le soulignent les deux directeurs dans le programme de salle, « &#8230; il est essentiel que les nouvelles œuvres ne soient pas présentées uniquement dans les théâtres qui les créent, mais qu’elles puissent voyager et rencontrer un public élargi en étant portées avec engagement par d’autres maisons d’opéras. » L&rsquo;engagement est d&rsquo;autant plus fort ici qu&rsquo;après un mois de remontage, seule une répétition générale viendra couronner le travail de l&rsquo;équipe. Les représentations rennaises et nantaises sont annulées tandis que pèse l&rsquo;incertitude sur les séances prévues à Rouen en avril.</p>
<p>En associant<em> la Princesse au petit pois, Le Manteau de Proust et Le Diable dans le beffroi</em>, le compositeur <strong>Gérard Pesson </strong>et son librettiste <strong>David Lescot</strong> – qui signe également la mise en scène – créent un triptyque qui tient du patchwork tant les trois œuvres sont éloignées les unes des autres. Deux contes d&rsquo;époques variées (Andersen et E.A. Poe) encadrent le récit d&rsquo;une « obsession littéraire », une histoire vraie relatée par la journaliste Lorenza Foschini. Les deux promoteurs du spectacle n&rsquo;ont aucunement cherché à unifier ces trois récits, leur attribuant même un traitement volontairement disparate, tant pour l&rsquo;œil que pour l&rsquo;oreille, sans que cela pèse au spectateur.</p>
<p>Aux toilettes somptueusement mordorées des résidents du château crées par <strong>Mariane Delayre</strong> répondent les tenues de papiers découpés accompagnant le réjouissant village en livre pop-up imaginé par <strong>Alwyne de Dardel</strong>. Les lumières raffinées de <strong>Paul Beaureilles</strong> parachèvent l&rsquo;enchantement visuel et unifient l&rsquo;ensemble.</p>
<p>Gérard Pesson pare sa partition d&rsquo;univers très contrastés. Il multiplie les clins d’œils, les citations et utilise avec talent l&rsquo;Orchestre National de Bretagne qui, sous la baguette d&rsquo;<strong>Aurélien Azan Zielinsky </strong>allie un superbe travail de couleurs à une grande précision, tout en se pliant à de plaisantes facéties : les musiciens interviennent vocalement à bouche fermée comme un chœur en fosse, rythment une phrase à coup de piano à bouche, d&rsquo;harmonica ou de compression de bouteilles d&rsquo;eau,&#8230; Les percussions sont très sollicitées, y compris sur des instruments improbables comme des gonfleurs à pied.</p>
<p>Les trois histoires s’enchaînent sans pause sur le mode d&rsquo;une anadiplose : le petit pois aux vertus insomniaques sort d&rsquo;un musée, tout comme le manteau de Proust qui abritait les nuits blanches de son propriétaire. Proust écrit des livres qui parlent du temps perdu. Le village de Vondervotteimittiss – c&rsquo;est-à-dire I wonder what time it is – a la même obsession et son décor est ici celui d&rsquo;un livre géant.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="334" src="/sites/default/files/styles/large/public/trois_contes_opera_rennes_8_c_laurent_guizard.jpg?itok=Y8lw3Htr" title=" © Laurent Guizard" width="468" /><br />
	 © Laurent Guizard</p>
<p>La fuite du temps est manifestement l&rsquo;un des fils rouges de la soirée : l&rsquo;histoire du manteau de Proust se déroule comme une longue paperole en un flux continu de scénettes cinématographiques qui défilent de gauche à droite de la scène. L&rsquo;intervention du diable fait sonner un coup surnuméraire à l&rsquo;horloge du village, précipitant le sonneur et tout le bourg dans le chaos. L&rsquo;histoire de la princesse, elle, est déclinée en six versions successives – dont une improbable marche arrière en quête du petit pois perdu – qui évoquent une histoire favorite répétée chaque soir à un enfant.</p>
<p>Mais ici, au fil des versions, dans le château barricadé, l&rsquo;arrivée de la princesse est accueillie tantôt comme une joie ou un danger, l&rsquo;exogamie souhaitée ou refusée. La crainte de l&rsquo;altérité, les dangers du conformisme, s&rsquo;imposent donc également comme des thèmes prégnants de la représentation : la famille de l&rsquo;écrivain, obsédée par le qu’en-dira-t-on, brûle les souvenirs compromettants qu&rsquo;un collectionneur passionné recueille religieusement, tandis que l&rsquo;Autre par excellence – le diable – dérègle avec jubilation la routine bien huilée d&rsquo;un village coupé du monde.</p>
<p>David Lescot assume brillamment les contrastes de ces trois narrations, servi par une équipe de six chanteurs impeccables. <strong>Maïlys de Villoutreys, Pierre Derhet, Armando Noguerra, Melody Louledjian, Jean Gabriel Saint-Martin </strong>et<strong> Camille Merckx</strong> incarnent cette galerie de personnages avec autant de précision que d&rsquo;humour. Beauté et complémentarité des timbres, aisance scénique, plaisir du jeu et du chant&#8230; l&rsquo;on regrette simplement que les moyens de chacun ne soient pas plus sollicités par la partition.</p>
<p>En attendant un report au mois de novembre en Bretagne, les<em> Trois contes</em> sont à suivre en streaming les lundi 25 et mardi 26 janvier 2021 à 20h sur le site de l&rsquo;opéra de Rennes. Cette captation vidéo réalisée lors de la création de l’œuvre à Lille en 2019 comporte plusieurs différences dans la distribution : L&rsquo; Ensemble Ictus y est dirigé par Georges-Elie Octors. Jacques Guérin y interprète Le Roi ; Marc Mauillon, le gardien du beffroi ; Enguerrand de Hys ,le Prince, Werner et le garçon.</p>
<p> </p>
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		<title>ROEDIGER, Le Petit Prince — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-prince-metz-et-bien-chantez-maintenant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2019 23:15:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa saison Jeune public, l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole s’attaque à forte partie en choisissant de créer un spectacle musical autour du Petit Prince. L’œuvre de Saint-Exupéry appelle chez chacun, enfant comme adulte, un imaginaire si puissant, les aquarelles de l’auteur nous sont si connues, que rares sont les versions scéniques ou cinématographiques qui ne &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa saison Jeune public, l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole s’attaque à forte partie en choisissant de créer un spectacle musical autour du <em>Petit Prince</em>. L’œuvre de Saint-Exupéry appelle chez chacun, enfant comme adulte, un imaginaire si puissant, les aquarelles de l’auteur nous sont si connues, que rares sont les versions scéniques ou cinématographiques qui ne déçoivent pas. Pour corser encore le pari, ce sont les membres du ballet de l’opéra qui interprètent en dansant – mais aussi en chantant – les différents personnages du conte. Force est de constater que le défi est relevé haut la main. L’équipe artistique a l’intelligence d’installer un univers poétique qui relève plus de l’évocation que du pur copier-coller. Ainsi, si le costume du Petit Prince ou encore celui du roi, sont de parfaites mises en volume du dessin original, en revanche, la migration des oiseaux sauvages, la rose ou le serpent font l’objet d’une réinterprétation très réussie. De même le chapeau seau à champagne du buveur, les tours de vélo de l’allumeur de réverbère, le roi en chaussettes-charentaises sous son manteau d’hermine servent parfaitement le propos.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/190423n121.jpg?itok=U-2GyiQA" title="© Luc Bertau" width="468" /><br />
	© Luc Bertau</p>
<p>La scénographie trouve elle aussi le délicat point d’équilibre entre la lettre et l’esprit du texte de Saint-Ex : Des rideaux de fil encadrent la scène sur trois côtés. Ils permettent d’une part l’utilisation de lumières latérales – indispensables en danse – mais créent également un jeu de transparence et de mouvement d’une grande séduction. Des gobos y projettent des images, évoquant aisément désert ou nuit étoilée. De gros ballons pendent des cintres avant que les danseurs ne s’en saisissent pour danser, évoquant ainsi le voyage du Petit Prince de planète en planète.</p>
<p>Ces éléments très graphiques, créés par la metteur en scène et scénographe <strong>Pénélope Bergeret</strong> sont sublimés par les magnifiques lumières de <strong>Patrice Willaume</strong>. Tout comme le danseur-costumier <strong>Valerian Antoine</strong>, ces deux artistes appartiennent de longue date à la maison messine. Cette confiance accordée à des talents « maison » – y compris dans une spécialité qui n’est pas leur formation initiale – est assez remarquable pour être soulignée : ainsi, Pénélope Bergeret était membre du Ballet de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole ; elle a collaboré avec Paul-Émile Fourny à l’adaptation de <em><a href="https://www.forumopera.com/lauberge-du-cheval-blanc-metz-une-cure-de-bonne-humeur">l’Auberge du Cheval Blanc</a></em> fin 2017 avant de signer un <a href="https://www.forumopera.com/eugene-oneguine-metz-david-bizic-prend-du-galon"><em>Eugène Oneguine </em></a>l’an passé. Danseuse, elle a pu servir au mieux la chorégraphie classique et limpide de <strong>Martin Harriague</strong> qui joue sans ostentation des codes de la tradition, de ceux de l’élégance néoclassique – dans ses très raffinés pas de deux en particulier – , sans oublier ceux de la comédie musicale.</p>
<p><strong>Thomas Roediger</strong>, quant à lui, est une basse qui interprète régulièrement des seconds plans dans les productions messines. Auteur de plusieurs cycles de mélodies, <em>le Petit Prince</em> est sa première œuvre scénique. Il propose une partition fine, accessible, lisible, tonale, jouant des évocations, qui met en valeur les excellents solistes de l’<strong>Orchestre de Chambre du Luxembourg</strong>. Sous la direction pointue, généreuse et tout en contraste d’<strong>Aurélien Azan Zielinski </strong>– chef régulièrement invité par l’orchestre, qui a longtemps enseigné à Metz et y a dirigé <em>Orphée et Eurydice</em> cet hiver – la vingtaine d’artistes de la phalange luxembourgeoise proposent des soli délicats et des ensembles diaprés aux nuances subtiles. L’instrumentarium choisi permet d’élargir encore la palette des couleurs orchestrales : aux interventions des vents et des cuivres s’ajoutent celles du piano, au clavecin, de la harpe, du métallophone et même de l’orgue de barbarie.</p>
<p>Le seul choix discutable est celui qui confie les parties vocales aux danseurs du corps de ballet. Les interventions sont courtes, servant le propos sans devenir de véritables arie et se révèlent donc compatibles avec ces voix non professionnelles. Un important travail de diction et de justesse a manifestement été mené et, si des voix véritablement lyriques auraient apporté plus de magie à la création, ces timbres sonorisés mais jamais forcés, ont une fragilité et un naturel qui ne manquent pas de charme. Mentions particulières à la séduisante rose de <strong>Lisa Lanteri </strong>dont le timbre lumineux – à l’image de ses talons vertigineux – a une couleur joliment lyrique et à l’excellent <strong>Paul Bougnotteau</strong> qui se glisse avec la même prestance barytonnante dans les oripeaux du roi, d’une bouteille – au convaincant falsetto – , de l’allumeur de réverbères ou encore du marchand de pilules.</p>
<p>Seul le Petit Prince de <strong>Gabriel Fillatre</strong> ne chante pas ; lunaire, décalé, il conserve son mystère en ne s’exprimant que par la danse et se contentant d’être témoin de la folie des hommes sans la commenter. Encore une fort jolie idée attestant de la finesse de lecture et d’adaptation de l’oeuvre.</p>
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