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	<title>David BÖSCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>David BÖSCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>SCHREKER, Irrelohe — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/irrelohe-lyon-a-lopera-comme-au-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Mar 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut saluer la programmation artistique initiée à Lyon (et aussi à Strasbourg) qui prend le temps d’explorer le répertoire germanique de l’Entre-deux-guerres et du XXe siècle naissant. Au-delà des Strauss rebattus, les Zemlinsky, Braunfels et donc Schreker dormaient dans ces cartons d’où l’on ressort parfois des œuvres pour le moins mineures, à défaut de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut saluer la programmation artistique initiée à Lyon (et aussi à Strasbourg) qui prend le temps d’explorer le répertoire germanique de l’Entre-deux-guerres et du XXe siècle naissant. Au-delà des Strauss rebattus, les Zemlinsky, Braunfels et donc Schreker dormaient dans ces cartons d’où l’on ressort parfois des œuvres pour le moins mineures, à défaut de ces petites pépites, certes disparates mais ô combien excitantes. Schreker donc, retrouve les planches lyonnaises avec une deuxième œuvre plus tardive en création française, <em>Irrelohe</em>, où l’on reconnait sa patte tonale, son romantisme torride et quelques audaces stylistiques. Tous les ingrédients sont réunis pour le défendre : une distribution globalement idoine, un metteur en scène déjà rompu à ce langage musical et un chef lui aussi expert de cette période.</p>
<p>La baguette de <strong>Bernhard Kontarsky</strong> donne le « la » dès les premières mesures d’un œuvre qui juxtapose les audaces tonales et instrumentales du compositeur avec ses pages les plus enfiévrées. L’orchestre jouit d’une préparation irréprochable où l’on sent un travail méticuleux sur les couleurs dans chaque pupitre. La narration va bon train, soutient le plateau rarement noyé sous les décibels.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/irrelohe_web5.jpg?itok=F2MAV68k" title="© Stofleth" width="468" /><br />
	© Stofleth</p>
<p>La distribution suit le mouvement. Tous les rôles secondaires trouvent leur juste interprète. Les trois musiciens pyromanes <strong>Peter Kirk</strong> (Funkchen), <strong>Romanas Kudriasovas</strong> (Strahlbusch), <strong>Barnaby Rea</strong> (Ratzekahl) ne disposent que d’une courte scène, à la <em>Ariadne auf Naxos</em>, pour mettre le feu. Ils y parviennent sans mal, joignant la manière scénique à un chant coloré et loufoque. Les quatre solistes empruntés aux chœurs de l’Opéra de Lyon s’acquittent de leur charge avec brio, notamment le Prêtre badin de <strong>Kwang Soun Kim</strong> et l’Anselme sirupeux d’<strong>Antoine Saint-Espes</strong>. <strong>Piotr Micinski </strong>croque le Forestier en quelques phrases grâce à un timbre sombre. De même pour <strong>Michael Gniffke </strong>qui souligne toute la parenté entre Christobald et Loge. Deux êtres de feu, deux esprits malins et une même vocalité qui requiert un timbre de caractère où l’enjôleur le dispute au grinçant. Passées les premières phrases qui la cueillent à froid, <strong>Lioba Braun</strong> retrouve un abattage certain et dessine un portrait subtile de Lola, une mère entre angoisse et névrose. <strong>Julian Orlishaussen</strong> dispose du volume et de l’ambitus pour incarner les excès de Peter. Le rôle va crescendo, de l’adolescent qui sort de ses langes à l’adulte fou et meurtrier. Il suit cette trajectoire avec soin, malgré un timbre un rien gris. <br />
	Le couple principal, ténor et soprano, rejoint la longue liste des rôles tendus que ce répertoire mobilise systématiquement : <em>le Nain</em>, <em>Die Vögel</em> ou encore <em>Die</em> <em>Gezeichneten</em>. La parenté entre Heinrich et Eva d’une part, et d’autre part Alvaro et Carlotta est manifeste, même si Shreker n’atteint pas ici les sommets de passions torrides des deux derniers. D’Heinrich, <strong>Tobias Hächler</strong> possède ce timbre un rien nasal et cette présence reptilienne qui font de son héros un personnage inquiétant. Mais il lui manque le volume et deux tons à l’aigu pour remplir tout à fait le costume. A l’inverse, <strong>Ambur Braid</strong> déborde de puissance vocale et d’endurance. Las, son timbre est particulièrement acide et la voix parasitée par un vibrato très large dès le mezzo forte.</p>
<p>	<strong>David Bösch</strong> construit un spectacle aussi noir qu’élégant. Enfin un décor sombre parfaitement éclairé ! La présence ominieuse de la bâtisse du Comte qui surplombe depuis le fond de scène rappelle sans cesse la malédiction de cette famille et ses conséquences pour les villageois en contrebas, en même temps qu’elle se dresse comme une manière de château des Carpates. L’histoire se joue autant dans le passé que dans le présent. Le château est maudit depuis sa construction ; le Comte, père d’Heinrich a violé Lola d’où naquit Peter. Eva s’aimante aux deux demi-frères, sortes de Janus où la pulsion violente se fait jour de manière différente. Peter s’y abandonne, Heinrich s’y refuse et la combat. Eva choisit ce dernier. Peter, rendu fou de jalousie veut se venger et trouve la mort de la main même de son frère. En arrière-plan, Christobald, corbeau de malheur, venge le viol de celle qu’il aimait en réduisant en cendre le château. Le parallèle choisi par David Bösch avec les contes de vampires se poursuit dans le choix d’une mise en abyme cinématographique. L’ouverture, traitée comme un générique, les interludes, où des panneaux de dialogues (insipides) de cinéma muet viennent s’intercaler, le « fin » projeté tautologiquement sur le dernier accord encadrent le spectacle dans une gangue froide. Tout cela respire le professionnalisme mais l’on ne peut s’empêcher d’y voir aussi certaines facilités. Déjà, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-gezeichneten-lyon-diamant-noir"><em>Die Gezeichneten</em> nous proposait peu ou prou la même narration</a>, avec ces coupures de presse qui virevoltent comme dans <em>Citizen Kane</em>, ces inserts de cinémascope muet, cette distanciation de bon ton. Après Korngold, dont on ressasse à longueur de pages le caractère cinématographique de la musique, est-il besoin de retomber dans un poncif stérile qui a valu à ces musiques un siècle de dédain ? Ces redites ne trouvent leur renouveau que dans une ultime pirouette. Point de salut dans les flammes d’un bûcher wagnérien (comme le veut le livret) : le couple se suicide cependant que les musiciens reviennent mettre le feu symboliquement à une projection du bâtiment Jean Nouvel de l’Opéra de Lyon. Manière de dire que l’opéra est cathartique ? Cela nous avait semblé tout sauf évident dans un spectacle prisonnier de son quatrième mur d’images.</p>
<p> </p>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-entfuhrung-aus-dem-serail-hambourg-sauvetage-reussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mine de rien, la nouvelle production – réussie disons-le d’emblée –  de cet Enlèvement au sérail  tient de son petit miracle et relève d’un sauvetage réussi. Il y a moins d’un mois de cela, à peu près deux semaines avant la première du 17 octobre sur la Dammtorstraβe de Hambourg, le Dr Ralf Klöter, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mine de rien, la nouvelle production – réussie disons-le d’emblée –  de cet <em>Enlèvement au sérail</em>  tient de son petit miracle et relève d’un sauvetage réussi. Il y a moins d’un mois de cela, à peu près deux semaines avant la première du 17 octobre sur la Dammtorstraβe de Hambourg, le Dr Ralf Klöter, le patron du Staatsoper Hamburg a reçu la visite de l’intendant Georges Delnon lui annonçant tout de go qu’il avait décidé de cesser la collaboration en cours avec le metteur en scène Paul-Georg Dittrich, pourtant l’enfant du pays. Tout ceci bien sûr « in gegenseitigem Respekt » (« avec tout le respect dû » – qu’en termes fleuris ces choses-là sont dites ! ). Nous n’en saurons guère plus si ce n’est les incontournables « incompatibilités artistiques » invoquées qui peuvent tout et rien dire à la fois. Toujours est-il que c’est en moins de deux semaines que <strong>David Bösch</strong>, contacté en urgence, a dû se mettre à l’ouvrage pour proposer cette huitième nouvelle production hambourgeoise de l’ <em>Enlèvement au sérail</em> (la dernière datait de 1993 et avait connu 64 représentations). David Bösch est un régisseur respecté Outre-Rhin ; s’il a fait l’essentiel de sa carrière dans le théâtre en Allemagne et surtout au Burgtheater de Vienne, on lui doit également des mises en scènes d’opéra remarquées (un <em>Orlando furioso</em> à Francfort ou un <em>Elisir d’amore</em> à Munich). Il faut lui être reconnaissant d’avoir sauvé cette production. Certes, au vu des délais raccourcis, le propos du metteur en scène est simplifié à l’extrême et le décor inexistant : des matelas ici et là simulent sans doute le harem. Le reste du décor est constirué de vidéos projetées (des mangas d&rsquo;une utilité discutable, censément destinées à commenter l&rsquo;action, plutôt là pour meubler qu&rsquo;autre chose ) et la direction d’acteur assez rudimentaire. N’en faisons pas grief. Chez Mozart, on le sait, on pourrait se passer de tout, de décor, de costumes, de jeu d’acteur, pourvu qu’il  reste la musique. D&rsquo;aucuns ajouteront qu&rsquo;on lui en voudra d’autant moins que cette production <em>a minima</em> nous aura peut-être épargné quelque mise en scène improbable comme Hambourg et bien d’autres maisons allemandes savent en proposer.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/stueck-3966-original.png?itok=0nzWvGQJ" title="© DR Staatsoper Hamburg" width="468" /><br />
	© DR Staatsoper Hamburg</p>
<p>La musique donc ; elle est joliment servie par un <strong>Adam Fischer</strong> d’une remarquable juvénilité ! Le chef maîtrise ses troupes, les mène parfois à la hussarde avec des tempi martiaux, mais qui se tiennent. Pour le « Martern aller Arten », il fait appel à un quatuor obligé (flûte, hautbois, violon et violoncelle) ; tout cela du plus bel effet et qu’importe si cela ne figure pas tel quel dans la partition originelle. La distribution vocale mérite qu’on s’y attarde. Pour le dire simplement il n’y a pas de maillon faible, même s’il y a ici et là quelques imperfections dans le rendu d’une partition dont on ne dira jamais assez la difficulté. Commençons par Constanze. <strong>Tuuli Takala</strong> remarquée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-traviata-metz-tuuli-takala-une-violetta-qui-promet">dans ces colonnes</a> à Metz pour sa Violetta, se sort brillamment du parcours redoutable que représente le rôle. Pourtant son « Ach, ich liebte » au début du I nous est apparu tout en tension et les aigus peu affirmés. La suite est plus rassurante et elle passe l’épreuve du redoutable deuxième acte avec réussite ; son « Martern aller Arten » suscite légitimement de l’enthousiasme. Beaucoup de choses y sont : la technique, l’agilité, la beauté du timbre aussi. Manque encore l’aisance, mais peut-on être à l’aise quand il faut gravir un tel sommet ? On retiendra aussi la prestation de <strong>Narea Son</strong> en Blonde ; cette jeune Sud-coréenne, pas encore entièrement à l’aise dans les récitatifs en langue allemande, se joue des quelques suraigus de son rôle avec une aisance prometteuse. Voilà une jeune cantatrice qu’il nous plaira de réentendre quand elle aura gagné en puissance et consolidé la partie haute de la gamme.</p>
<p>Sur les quatre hommes de l’intrigue, l’un est un rôle entièrement parlé. <strong>Burghart Klaußner </strong> (le pacha Selim) est un acteur réputé en Allemagne et qui a connu son brin de célébrité grâce à sa contribution à la série <em>The Crown</em>. Il campe ici un pacha à la fois amoureux, joueur et bon perdant. Le Pedrillo de <strong>Michael Laurenz</strong> qui apparaît sous les traits d’un jardinier (il cultive sans doute l’amour de sa promise…) est impeccable. On aura remarqué la noblesse de <strong>Martin Mitterrutzner</strong> en Belmonte. Son « Hier soll ich dich denn sehen » du I a donné le la de toute sa prestation : beauté de la ligne, pureté du timbre, et surtout cette impression de grande élégance qui ressort de l’ensemble. L’Osmin de<strong> Ante Jerkunica</strong> recueille sans doute la plus belle ovation. Celle-ci est méritée. Le terrible début du I, pris à froid et interminable, est un véritable piège pour celui qui s’y est mal préparé. Ce n&rsquo;est pas le cas ce soir-là et le défi est superbement relevé grâce à un jeu juste jusqu’au bout et une basse bien basse et bien chantante.</p>
<p> </p>
<p>Décernons un coup de chapeau à tous les acteurs de cette production passablement chamboulée mais qui délivre un spectacle réjouissant.</p>
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		<item>
		<title>Pavol Breslik vous apprend à fabriquer un chien avec un ballon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pavol-breslik-vous-apprend-a-fabriquer-un-chien-avec-un-ballon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jan 2019 08:14:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la nouvelle production munichoise de Die verkaufte Braut (eh oui, en terres germaniques, on continue de donner La Fiancée vendue en version allemande), la mise en scène très rurale de David Bösch impose aux chanteurs de savoir conduire un tracteur et utiliser une pompe à bière, entre autres choses. Dans le rôle de Hans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la nouvelle production munichoise de<em> Die verkaufte Braut</em> (eh oui, en terres germaniques, on continue de donner <em>La Fiancée vendue</em> en version allemande), la mise en scène très rurale de David Bösch impose aux chanteurs de savoir conduire un tracteur et utiliser une pompe à bière, entre autres choses. Dans le rôle de Hans (le Jenik de la VO), <strong>Pavol Breslik</strong> doit même être capable de fabriquer un chien à partir d&rsquo;un ballon afin de l&rsquo;offrir à sa bien-aimée (incarnée par Selene Zanetti, véritable révélation du spectacle). Comme la maîtrise de ce talent suppose un apprentissage préalable, le Bayerische Staatsoper a publié un petit tutoriel avec le ténor en personne.</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr">
<p dir="ltr" lang="en" xml:lang="en">If you want to try the balloon trick on your next date <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://twitter.com/PavolBreslik?ref_src=twsrc%5Etfw">@pavolbreslik</a> shows you how to make a balloon dog (with very short hind legs) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://twitter.com/hashtag/BSObraut?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#BSObraut</a> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://t.co/n3FDKwD0EH">pic.twitter.com/n3FDKwD0EH</a></p>
<p>	— BayerischeStaatsoper (@bay_staatsoper) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://twitter.com/bay_staatsoper/status/1081985751800311809?ref_src=twsrc%5Etfw">6 janvier 2019</a></p>
</blockquote>
<p> </p>
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		<item>
		<title>MOZART, Don Giovanni — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-geneve-tu-veux-ma-photo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jun 2018 05:22:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que fait Don Giovanni à chaque femme, « pur che porti la gonnella » ? Il la prend en photo, répond David Bösch, concluant à Genève une trilogie Mozart-Da Ponte entamée à Amsterdam avec Les Noces de Figaro en 2016 puis poursuivie à l’Opéra des Nations avec Così fan tutte en 2017. Hélas, si le metteur en scène &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Que fait Don Giovanni à chaque femme, <em>« pur che porti la gonnella » </em>? Il la prend en photo, répond <strong>David Bösch</strong>, concluant à Genève une trilogie Mozart-Da Ponte entamée à Amsterdam avec <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/le-nozze-di-figaro-amsterdam-les-phallocrates-a-la-lanterne"><em>Les Noces de Figaro </em>en 2016</a> puis poursuivie à l’Opéra des Nations avec <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cosi-fan-tutte-geneve-moi-jessuie-les-verres-au-fond-du-cafe"><em>Così fan tutte</em> en 2017</a>. Hélas, si le metteur en scène allemand avait brillamment réussi le premier volet, il avait moins convaincu ensuite, et ce <em>Don Giovanni</em> genevois prouve une fois de plus qu’il est bien difficile d’offrir de ce chef-d’œuvre une vision entièrement aboutie. Le séducteur est ici muni d’un appareil Polaroid, qui lui sert à immortaliser les femmes qu’il trouve à son goût, et son fameux catalogue est un gros album-photo où Leporello colle soigneusement tous ces clichés. L’action se situe dans les années 1950 (comme pour <em>Così</em>), et a pour décor unique un théâtre délabré : un de plus, dira-t-on, car c’est là devenu un des poncifs de la mise en scène d’opéra. Sauf que, cette fois, il se justifie moins que jamais car il ne sert nullement à une réflexion de type « théâtre dans le théâtre ». Sauf peut-être dans l’air du champagne, que Don Giovanni chante avec une gestuelle de rock-star, en prenant un balai pour micro, aucune mise en abîme ici, et l’on en vient à se dire que ce lieu délabré a été uniquement choisi parce qu’il offrait deux niveaux (une scène envahie par les herbes folles et un parterre ayant conservé quelques-uns de ses sièges) ainsi que de nombreuses portes par où entrer et sortir.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/dongiovanni_presse_c_caroleparodi_02.jpg?itok=WKat3Rh-" title=" © Carole Parodi" width="468" /><br />
	 © Carole Parodi</p>
<p>Si <strong>Simon Keenlyside</strong> avait des kilos en trop, il en perdrait sans doute plusieurs chaque soir, tant il déploie d’énergie à interpréter un rôle qu’il fréquente depuis longtemps. Son Don Giovanni est un hyper-actif qui carbure à la poudre blanche, qui ne cesse de se remuer, d’esquisser des pas de danse en claquant des doigts (même le « La ci darem » devient une sorte de ballet, comme s’il séduisait Zerline en répondant à son envie de danser, bien mal satisfaite par le lourdaud Masetto). Plus méchant homme que grand seigneur, rien ne le plaçant visiblement au-dessus des « paysans » de la noce, le baryton britannique n’en possède pas moins l’exacte mesure du rôle. Après avoir campé le rôle-titre dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/figaro-gets-a-divorce-geneve-apolitique-le-figaro"><em>Figaro divorce</em> en tout début de saison</a>, <strong>David Stout</strong> revient la conclure en Leporello : presque aussi virevoltant que son maître, le valet est irréprochable sur le plan de l’abattage, mais on pourrait souhaiter une voix un rien plus grave, même si son timbre se distingue suffisamment de celui de Don Giovanni, et malgré une belle maîtrise de la vélocité dans « Ah pietà, signori miei ». Le problème est plus sensible avec <strong>Michael Adams</strong>, dont le Masetto surtout à l’aise dans l’aigu ne donne à aucun moment le sentiment qu’il pourrait également interpréter le Commandeur, comme ce fut le cas à la création. Cela dit, <strong>Thorsten Grümbel</strong> ne fait pas grande impression, ni en père de Donna Anna, vieillard ridicule affublé d’un béret basque, ni en statue surgissant de la brume et éclairée à contre-jour : où est la basse caverneuse qui rendra enfin terrifiante cette apparition. Le Don Ottavio de <strong>Ramón Vargas</strong> s’inscrit bien dans l’optique de David Bösch, qui privilégie presque exclusivement le côté <em>giocoso</em> du <em>dramma </em>: avec ses lunettes à la Léon Zitrone et ses mimiques éloquentes (ah, la tête qu’il fait à la fin quand Anna lui annonce qu’il va encore devoir attendre un an !), le ténor mexicain ne sort pas d’une certaine tradition, alors même qu’il prête au personnage des accents énergiques et virils. Manque néanmoins une dynamique plus variée, car on ne sort guère de la nuance mezzo-forte.</p>
<p>Chez les dames, <strong>Mary Feminear</strong> est une Zerline charmante, mais très légère, et elle réussit par deux fois l’exploit d’entraîner ses partenaires à chanter tout à coup beaucoup trop vite (dans la conclusion de « Giovinetti che fate all’amore » comme dans celle du « La ci darem », où le décalage avec l’orchestre est flagrant). <strong>Myrtò Papatanasiu</strong>  passe sa carrière à alterner allègrement Anna et Elvira : elle est ici une Elvire ouvertement comique, ce qui n’a heureusement aucune incidence sur ses belles qualités vocales, et son timbre prenant se distingue bien de celui de l’autre grand rôle féminin. Mozart est de plus en plus présent dans l’agenda de <strong>Patrizia Ciofi</strong>, avec une comtesse à Marseille et une Vitellia à Liège la saison prochaine : même si elle sert le Salzbourgeois d’une manière que certains pourraient juger peu orthodoxe, même si elle « fait du Ciofi », son interprétation frappe par une italianité pas si courante chez les mozartiennes (admirable récitatif accompagné précédant « Or sai chi l’onore ») ; certes le grave n’est pas très sonore, et l’aigu n’a plus la facilité de naguère, mais le personnage brûle les planches et ne laisse pas indifférent.</p>
<p>Pure version de Prague, sans « Mi tradì » ni « Dalla sua pace » : les partisans de la cohérence musicologique seront satisfaits. <strong>Stefan Soltesz</strong> la dirige d’une baguette fine et nerveuse, avec des tempos toujours rapides, dans lesquels l’orchestre de la Suisse romande le suit sans accroc et avec un bien joli pupitre de bois. Tout le contraire du <em>Così</em> pesant qu’avait imposé Hartmut Haenchen l’an dernier.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>KORNGOLD, Das Wunder der Heliane — Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/das-wunder-der-heliane-gand-la-dystopie-aux-deux-miracles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Sep 2017 03:51:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Affreux, sales et méchants. Quand le rideau se lève sur la production gantoise de Das Wunder der Heliane, on découvre, hélas sans grande surprise, que l’action va se dérouler dans un désert de caillasse, et que les protagonistes en seront des malheureux en guenilles modernes. Trahison ? Pas du tout, puisque le livret situe explicitement l’œuvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Affreux, sales et méchants. Quand le rideau se lève sur la production gantoise de <em>Das Wunder der Heliane</em>, on découvre, hélas sans grande surprise, que l’action va se dérouler dans un désert de caillasse, et que les protagonistes en seront des malheureux en guenilles modernes. Trahison ? Pas du tout, puisque le livret situe explicitement l’œuvre à une époque inconnue, dans un état totalitaire anonyme. Au vague Moyen Age imposé par l’imaginaire symboliste, <strong>David Boesch</strong> a trouvé un équivalent pour les esprits d’aujourd’hui, et il replace l’intrigue dans un avenir proche, peut-être post-nucléaire : tout se déroule dans une de ces dystopies comme aime en concevoir la romancière canadienne Margaret Atwood, notamment dans sa trilogie inaugurée en 2003 avec <em>Le Dernier Homme</em>. Les principaux éléments sont respectés, et l’on a bien ici une population abrutie et mystique tenue en respect par un pouvoir militaire brutal, qui donne la mort à quiconque se met en travers de sa route. Le double miracle a bien lieu : la résurrection de l’Etranger est permise par un jeu d’éclairage qui aveugle momentanément  le public, tandis que la montée au Ciel du couple qu’il forme avec Heliane morte se déroule devant un rideau rouge venu masquer la réalité. Manque seulement l’érotisme torturé du livret : la reine Heliane a ici une dégaine qui rappelle, en plus trash, l’Elsa du <em>Lohengrin</em> de Robert Carsen, et au lieu d’offrir à l’Etranger le spectacle de sa nudité totale, elle se contente d’ôter son manteau. Mais on ne s’en plaindra pas, pour une fois qu’un spectacle compte sur l’imagination du spectateur et opte pour une lecture un peu distanciée au lieu de se vautrer dans le stupre.</p>
<p>Avec un livret en forme de cocktail de perversité et de violence, on pourrait penser que l’opéra de Korngold a encore tout pour plaire. Si les représentations scéniques en sont si rares, malgré l’enregistrement paru en 1993 chez Decca, c’est sans doute pour des raisons musicales. Le chef britannique <strong>Alexander Joel</strong> parvient à canaliser ce déferlement de décibels où Richard Strauss rencontre ce qui sonne aujourd’hui à nos oreilles comme la bande-son des classiques du cinéma hollywoodiens – et pour cause, puisque l’on doit à Korngold la musique de <em>Robin des bois</em> et d’autres films des années 1930 et 1940. Composition puissante, indéniablement, et d’une efficacité redoutable dans son maniement des forces chorales qu’elle exploite sans ménagement : saluons la prestation du chœur de l’Opéra des Flandres, et des artistes issus de ses rangs qui assurent notamment les voix séraphiques entendues en coulisses.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="308" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2017-09-18_15.24.25.png?itok=6PeKjWFa" title="© Annemie Augustijns" width="468" /><br />
	© Annemie Augustijns</p>
<p>Redoutable, <em>Das Wunder der Heliane</em> l’est aussi et surtout pour les solistes, et c’est là sans doute la véritable cause de sa rareté sur les scènes. Korngold écrit en ayant en tête les formats vocaux post-wagnériens, pour les Maria Jeritza, Lotte Lehmann et autres stars qui créaient à la même époque les grandes œuvres de Richard Strauss. On reconnaîtra à <strong>Ian Storey</strong> l’immense mérite d’affronter le rôle inhumain de l’Etranger, heldentenor qui doit constamment lutter comme le déchaînement de l’orchestre. Déjà en 2007, face à Waltraud Meier à La Scala, le ténor n’était pas le plus juvénile des Tristan ; dix ans après, mieux vaut ne pas s’attarder sur la jeunesse de l’Etranger régulièrement invoquée par lui-même ou par les autres personnages. Très sollicitée dès les premières scènes, la voix se chauffe d’heure en heure et se montre souveraine au dernier acte. Stupéfiant Vampire de Marschner à Genève en novembre dernier, <strong>Tómas <strong>Tómasson</strong></strong> prête au Souverain un timbre d’une admirable noirceur, la méchanceté du personnage étant ici tempérée par le ridicule auquel l’expose son esprit obtus. Enfin, sans<strong><strong> Ausrine Stundyte</strong></strong>, l’Opéra des Flandres aurait-il osé monter ce <em>Miracle d’Heliane </em>? L’héroïne dévoile peu à peu toute l’ardeur dont elle est capable et, après son bel air du deuxième acte, elle semble ne plus aller que de paroxysme en paroxysme. Récemment Renata de<em> L’Ange de feu</em><strong><strong><em> </em></strong></strong>à Lyon et l’été prochain à Aix-en-Provence,<strong> </strong>la soprano lituanienne, ajoute ici une nouvelle passionaria à sa collection de rôles meurtriers. Complétant ce trio de choc, <strong>Natascha Petrinsky </strong>est une messagère-Lara Croft à la voix tranchante, tandis que<strong> Markus Suihkonen</strong><strong> </strong>et<strong> Denvil Delaere</strong>, membres du Jeune Ensemble de l’Opéra des Flandres, se hissent à la hauteur de leurs collègues les plus confirmés. </p>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-geneve-moi-jessuie-les-verres-au-fond-du-cafe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2017 06:09:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sait désormais que Così fan tutte n’a rien d’une franche rigolade, et que l’histoire de ces couples d’un jour se termine presque aussi mal que celle des amants d’un jour chantés par Edith Piaf. Après le Despina’s Diner où Peter Sellars avait jadis situé sa mise en scène de la Scuola degli amanti, David &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On sait désormais que <em>Così fan tutte</em> n’a rien d’une franche rigolade, et que l’histoire de ces couples d’un jour se termine presque aussi mal que celle des amants d’un jour chantés par Edith Piaf. Après le Despina’s Diner où Peter Sellars avait jadis situé sa mise en scène de la <em>Scuola degli amanti</em>, <strong>David Bösch</strong> nous emmène à l’Alfonso’s Bar, où le vieux cynique, entre deux essuyages de verres, propose à ses jeunes amis son pari échangiste. Malgré tout, cette production genevoise a tendance à prendre la chose à la légère le plus longtemps possible : on s’amuse donc, même si les gags ne sont pas toujours des plus fins (lorsqu’on joue avec les sous-vêtements de ces dames, notamment), mais les premiers moments de sérieux semblent d’autant plus difficiles à justifier avant la désillusion finale. Si la pantomime pendant l’ouverture laissait présager un spectacle parent des <em>Noces de Figaro</em> amstellodamoises particulièrement réussies, le décor tournant semble ici un luxe inutile, l’envers du bar (la chambre des deux sœurs) n’étant utilisé que très brièvement, à deux ou trois reprises. Excepté quelques anachronismes sans doute voulus, l’action est clairement située dans les années 1950, et le déguisement des « Albanais » les transforme en clones de Marlon Brando, mi-<em>Equipée sauvage</em>, mi-<em>Homme à la peau de serpent </em>(pour Ferrando, du moins, car Guglielmo, lui, semble carrément lorgner vers les rockers des <em>sixties</em>).</p>
<p>Musicalement, on se pince en découvrant le nom du chef : quoi, ce même <strong>Hartmut Haenchen </strong>qui, il y a à peine plus d’un mois, dirigeait <em>Elektra</em> et <em>Tristan</em> à l’Opéra de Lyon ? Quelle polyvalence ! Va donc pour un <em>Così</em> à l’ancienne, qui rompt, non sans lourdeurs, avec tout ce que les chefs baroqueux ont apporté dans leurs lectures de cette partition. On retrouve aussi les coupures « traditionnelles », non seulement dans les récitatifs, mais jusque dans les airs (deuxième aria de Despina, duo Ferrando-Fiordiligi…), ce qui est plus grave. Face à un continuo où le clavecin bénéficie de l’étoffe supplémentaire d’un violoncelle, l’Orchestre de la Suisse romande ne peut éviter les décalages avec les chanteurs, particulièrement au dernier tableau – nous sommes pourtant déjà à la deuxième représentation –, et le chœur en coulisses semble s’évanouir bien avant d’avoir terminé son intervention dans la sérénade.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/cosi5_0.jpg?itok=YyNeMTfL" width="468" /><br />
	© Carole Parodi</p>
<p><strong>Laurent Naouri</strong> met au service d’un Don Alfonso particulièrement désabusé tout son talent d’acteur et son timbre à nul autre pareil, s’imposant sans peine malgré l’absence d’air véritable. De retour à Genève après son Ruggiero dans l’<em>Alcina</em> montée par le même David Bösch l’an dernier, <strong>Monica Bacelli</strong> peut s’appuyer sur son expérience de l’opéra-bouffe napolitain pour camper une Despina vénale et narquoise, mais se refuse à changer de voix pour ses deux travestissements.</p>
<p>Avant le lever du rideau, une annonce signale que <strong>Steve Davislim</strong> a tenu à chanter malgré une indisposition causée par le pollen et par le froid. Dommage, vraiment, car le ténor australien est un mozartien de haute volée, on l’entend bien malgré tout, même si l’on ne peut qu’imaginer ce qu’il aurait fait de son « aura amorosa » eût-il été en pleine possession de ses aigus. <strong>Vittorio Prato</strong> compose un Guglielmo sympathique, vite épuisé par les exigences de Dorabella, mais Mozart n’a manifestement guère été inspiré par le personnage.</p>
<p>Pour les deux sœurs bien différenciées, l’une aussi brune et pulpeuse que l’autre est blonde et longiligne, on a fait appel à deux chanteuses venues de l’Est. On a pu entendre à Paris, dans <em>La Cerisaie</em> de Philippe Fénelon, l’Ukrainienne <strong>Alexandra Kadurina </strong>: si les moyens sont incontestables, sans doute faudrait-elle qu’elle améliore son italien, dont l’articulation semble un peu relâchée. Originaire d’Ossétie, <strong>Veronika Dzhioeva</strong> séduit d’abord par une opulence vocale inhabituelle dans ce répertoire, avec des graves sonores qui n’empêchent pas une maîtrise du piano subito dans l’aigu. Rigolarde et énergique, sa Fiordiligi est tout aussi inhabituelle, loin de la pudeur réservée dans laquelle on cantonne souvent le personnage ; revers de la médaille, si son « Come scoglio » convainc pleinement, avec un côté virago qui n’a rien de malvenu, la chanteuse passe à côté de « Per pietà », pris trop rapidement pour que s’en dégage toute la beauté. Mais là encore, le chef n’y est peut-être pas pour rien.</p>
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		<title>VERDI, Il trovatore — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trovatore-londres-roh-affaires-de-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2017 14:42:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé à la fin de la saison dernière, la nouvelle production d’Il Trovatore connait déjà une première série de reprises. Nous ne reviendrons pas sur la mise en scène de David Bösch amplement décrite par notre confrère Yannick Boussaert. On peut en apprécier l’originalité et le côté déjanté, sa noirceur assumée, mais force est de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé à la fin de la saison dernière, la nouvelle production d’<em>Il Trovatore</em> connait déjà une première série de reprises. Nous ne reviendrons pas sur la mise en scène de <strong>David Bösch</strong> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/il-trovatore-londres-roh-equation-a-moitie-resolue">amplement décrite par notre confrère Yannick Boussaert</a>. On peut en apprécier l’originalité et le côté déjanté, sa noirceur assumée, mais force est de constater qu’elle déclenche souvent des rires dans le public, ce qui n’est pas vraiment ce qu’on attend dans cet ouvrage. Difficile également de croire que l’espèce de cirque ambulant en faillite, qui représente le camp des gitans, puisse être une menace sérieuse pour les séides du Comte de Luna équipés de Kalachnikov et de chars d’assaut (à moins que ce ne soit l’arme du rire, justement). Ceci étant, ces quelques incongruités passent au second plan à la deuxième vision, surtout avec un tel plateau, malgré la quasi absence de direction théâtrale.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/il_trovatore.jpg?itok=Qn3LRBhb" title="Il trovatore, The Royal Opera © 2016 ROH. Photograph by Clive Barda" width="468" /><br />
	Il trovatore, The Royal Opera © 2016 ROH. Photograph by Clive Barda</p>
<p>En Manrico, le vétéran <strong>Gregory Kunde</strong> force l’admiration. La ligne de chant est souveraine, le phrasé impeccable. La voix du ténor américain ayant encore gagné en largeur, elle lui permet d’offrir un « Ah! si, ben mio » impeccable, avec un magnifique contrôle du souffle. Le « Di quella pira » qui suit est électrique, avec deux magnifiques contre-ut. Le chant est davantage « en force » que dans ces incarnations précédentes, mais reste typiquement belcantiste. Une telle santé fait regretter la quasi absence de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/il-trovatore-venise-aux-sources-du-trouvere">variations dans les reprises</a>. <strong>Anita Rachvelishvili </strong>casse la baraque avec une Azucena hallucinée, mais toujours parfaitement chantante, au volume impressionnant et au timbre chaud, et respectueuse des nuances de la partition. Théâtralement, elle brûle naturellement les planches et on se plaît à l’imaginer encore plus débridée ! <strong>Lianna Haroutounian </strong>est bien plus sage et évoque les Leonora des années 50 : timbre riche, voix bien projetée, mais sans suraigus (écrits ou non), ni variations, ni sons filés. Il faut également souligner et apprécier son endurance, qui lui fait affronter au début de l’acte III, successivement et sans pause, air, duo et cabalette (un seul couplet) sans fatigue apparente. C’est finalement pour la mort de Leonora que le soprano se montrera sous son meilleur jour. En Luna, <strong>Vitaliy Bilyy</strong> offre un chant élégant, une belle musicalité, mais avec parfois de legérs défauts d’intonation. Le timbre est riche et les vocalises souples. Dans la belle acoustique naturelle du Royal Opera, la projection est un peu inférieure à celle de ses partenaires. <strong>Alexander Tsymbalyuk</strong> est un Ferrando particulièrement impressionnant, tant physiquement que vocalement. La projection est insolente, presque … wagnérienne ! Le chant est impeccable et l’ambitus parfait : ni grave, ni aigu ne lui posent de problème ! Seul bémol, un timbre un peu passe-partout. Les <em>comprimari </em>sont, comme souvent ici, tous très corrects et les chœurs n’appellent que des compliments : leur performance est d’autant plus remarquable leur effectif est bien moins élevé que celui de l’Opéra de Paris dans le même ouvrage.</p>
<p>A la tête d’un orchestre du Royal Opera en bonne forme, <strong>Richard Farnes</strong> offre une direction élégante et vive, manquant parfois un peu de spectaculaire (en ne marquant pas certains points d’orgue par exemple).</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Amsterdam</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-nozze-di-figaro-amsterdam-les-phallocrates-a-la-lanterne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Sep 2016 05:28:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’heure de la parité et des quotas, le public est-il encore prêt à admirer, ou même à tolérer la surhumaine bonté de la comtesse Almaviva lorsqu’elle pardonne au plus abominable des maris ? Même si le public éclate de rire (c’est le cas en ce moment à Amsterdam, et ce l’était déjà à Glyndebourne le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’heure de la parité et des quotas, le public est-il encore prêt à admirer, ou même à tolérer la surhumaine bonté de la comtesse Almaviva lorsqu’elle pardonne au plus abominable des maris ? Même si le public éclate de rire (c’est le cas en ce moment à Amsterdam, et ce l’était déjà à Glyndebourne <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/le-nozze-di-figaro-glyndebourne-swinging-sevilla">le mois dernier</a>) lorsqu’il entend le comte implorer sa clémence, le temps semble révolu où Rosine pouvait se contenter d’être une malheureuse cloîtrée au château d’Aguas-Frescas, et les metteurs en scène doivent à présent lui trouver mieux à faire que de pleurer en silence. Il arrive désormais que la comtesse noie son chagrin dans l’alcool, et le seul registre de la pudeur blessée ne suffit apparemment plus ; le personnage est descendu de son piédestal pour devenir une femme de chair et de sang, qui ne compte pas se laisser marcher sur les pieds (dans ce contexte, il est d’autant plus regrettable de supprimer l’air « féministe » de Marceline). Si lutte il y a, elle est désormais plus entre les sexes qu’entre les classes. C’est du moins ce que montre la production montée au DNO par <strong>David Bösch</strong>, dont il est permis de penser, après le succès récent de ses <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/die-meistersinger-von-nurnberg-munich-entre-tradition-et-innovation"><em>Maîtres-chanteurs</em> munichois</a>, que la comédie lui réussit plutôt bien. On retrouve l’esthétique du metteur en scène allemand, qui situe l’action assez proche de nous dans le temps, mais à une époque où l’on utilisait encore des machines à écrire, et en un lieu (l’Autriche ? la Suisse ?) où les paysans portaient encore des costumes traditionnels pour les grandes occasions. La tournette du décor de <strong>Patrick Bannwart</strong> n’a rien de gratuit, qui permet de montrer la chambre de la comtesse, le cagibi destiné aux futurs mariés, la chambre de Chérubin, et l’espace non identifié où, entre autres choses, le comte fait du vélo d’appartement. Tout le spectacle est porté par une énergie théâtrale que les airs n’interrompent pas, et le réalisme de l’ensemble est égayé par quelques gags dignes de dessins animés (Chérubin qui se sauve caché dans un carton) et par quelques échappées magiques, comme les apparitions improbables de Chérubin derrière les différentes portes de l’immense dressing occupant toute la chambre de la comtesse, ou la multiplication improbable des banderoles dans l’atmosphère « lendemain de fête » du quatrième acte.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/nozze5_0.jpg?itok=hoi56v5U" title="© DR" width="468" /><br />
	E. Buratto, C. Karg, S. Degout, A. Esposito, M. Peirone, K. Adam, J. de Vaal, U. Chiummo, K. Goeldner © DR</p>
<p>Complice de <strong>David Bösch </strong>pour <em>Mitridate</em> et <em>Orfeo </em>à Munich<em>,</em> souvent invité à Amsterdam pour diriger des opéras du XVIII<sup>e</sup> siècle, <strong>Ivor Bolton </strong>s’empare de la partition avec une vigueur toute baroqueuse et lui insuffle cette pulsation indispensable à une bonne exécution des <em>Noces. </em>Il impose des tempos en général assez rapides à un <strong>Nederlands Chamber Orchestra </strong>gorgé de couleurs savoureuses, et incite les chanteurs à orner généreusement leurs airs. Il peut d’ailleurs compter sur une distribution de premier choix pour les cinq rôles principaux. <strong>Christiane Karg</strong> était l’un des meilleurs éléments de l’intégrale enregistrée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/mozart-les-noces-de-figaro-montagnes-russes">par Yannick Nézet-Séguin</a> : elle prouve ici encore toute son adéquation dans le répertoire mozartien, et il est grand temps de l’entendre dans un rôle que, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-questions-a-christiane-karg">nous confiait-elle en juin</a>, elle rêve d’abandonner au profit de la comtesse. Même si son début carrière ne remonte à guère plus loin, <strong>Eleonora Buratto </strong>a déjà fait le saut et a délaissé Nanetta  pour Alice dans <em>Falstaff</em>, Suzanne pour la comtesse dans <em>Les Noces</em>. L’opulence de son timbre sombre le lui permet tout à fait, et si l’on est parfois surpris par la force avec laquelle certains aigus sont émis, cela s’accorde avec l’image d’une femme moins effacée qu’elle ne le fut souvent par le passé, et la voix n’en est pas moins superbement conduite, notamment dans les nombreux ornements dont elle pare la reprise du « Dove sono ». Bien plus à l’aise dans cette salle que lors de son passage par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/la-grande-illusion">Bastille en 2012</a>, son compatriote <strong>Alex Esposito</strong> est un Figaro bondissant et drôle, même si l’on aimerait plus sonores les graves du rôle qu’il a néanmoins, contrairement à certains interprètes plus barytons que basses. Et il faut parler des deux Français que l’Opéra de Paris s’honorerait à engager pour une prochaine production des <em>Noces de Figaro</em>. <strong>Marianne Crebassa</strong> est un Chérubin troublant, bouleversant dans ses deux airs, désemparé quand Figaro reprend ses outils de barbier pour lui infliger une tonsure en guise de préparation militaire, à la fin du premier acte, et que le comte l’oblige à faire quelques pompes. <strong>Stéphane Degout</strong>, justement, offre la noirceur de son timbre jouissif à un personnage auquel la production confère le dosage idéal entre l’odieux et le ridicule, avec notamment toute une pantomime pendant son air, qui achève de rendre détestable celui qui, muni d’une hache, a déjà fait percé plusieurs portes et fait s’écrouler le lit de son épouse dans le feu de sa jalousie… Parmi les personnages secondaires, on saluera tout particulièrement le ténor polonais <strong>Krystian Adam</strong>, qui compose un Basilio délicieusement caricatural sur le plan scénique, mais plein d’élégance sur le plan vocal, ce qui n’est pas si courant. La Barbarine de <strong>Louis Kemény</strong> possède une voix assez riche pour qu’on l’imagine sans peine dans des rôles plus lourds. <strong>Umberto Chiummo</strong> parle hélas sa « Vendetta » plus qu’il ne la chante mais, pour autant qu’on puisse véritablement en juger, <strong>Katharine Goeldner</strong> semble avoir les moyens d’une Marceline complète, puisqu’elle alterne encore rôles de caractère (Larina, Mrs Grose) et personnages bien plus exigeants (Amnéris, Carmen).</p>
<p>Après ces premiers pas concluants dans le premier volet de la trilogie Da Ponte, on attend désormais David Bösch au tournant pour le <em>Così fan tutte</em> prévu à Genève au printemps prochain.</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-meistersinger-von-nurnberg-munich-les-maitres-chanteurs-et-leurs-fans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 16:58:33 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/les-matres-chanteurs-et-leurs-fans/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Longtemps les Meistersinger nous ont semblé longs. Nous espérions sincèrement que l’équipe réunie par le Bayerische Staatsoper réussirait à nous faire oublier les prolixités du premier acte et l’inutilité dramatique du deuxième. Cela ne fut pas le cas. Une proximité plus grande avec la langue allemande permettrait peut-être de ne pas se sentir tenu à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Longtemps les<i> Meistersinger</i> nous ont semblé longs. Nous espérions sincèrement que l’équipe réunie par le Bayerische Staatsoper réussirait à nous faire oublier les prolixités du premier acte et l’inutilité dramatique du deuxième. Cela ne fut pas le cas. Une proximité plus grande avec la langue allemande permettrait peut-être de ne pas se sentir tenu à l&rsquo;écart du chef-d&rsquo;œuvre vanté par beaucoup. Cette mise à l&rsquo;écart, on la doit d&rsquo;abord à <strong>David Bösch</strong>. Sa mise en scène utilise ici la même esthétique que pour son très réussi <em>Orfeo</em> de Monteverdi sur cette même scène. Transposé dans une banlieue pauvre et grise des années 80, son propos semble chercher une poésie pasolienne totalement incompatible avec le flot verbal et musical surabondant voulu par Wagner. De plus certains parti pris nous semblent difficiles à justifier : pourquoi affubler Stolzing d’un irrespect adolescent, voire d&rsquo;une certaine grossièreté qui colle mal avec la noblesse de sa naissance et la qualité de son chant ? Certes le personnage est différent des autres, mais il n’est pas dilettante pour autant, et la mise en scène a trop vite fait de transformer un rebelle en sale gosse. Certains gags font cependant sourire et apporte une gaieté bienvenue (la chaise du chanteur devenue électrique sur un ring de boxe au premier acte, Stolzing brisant le buste chéri du compositeur, Beckmesser aux prises avec un élévateur récalcitrant pour sa sérénade au II ou affublé d’un costume disco flashy au III). Reste qu&rsquo;une des contradictions principale du livret est aggravée : comment une confrérie en perte de popularité réussit-elle à susciter un tel engouement pour son concours ? Le décor brut de la cité au deuxième acte est bien celui d’une population détournée de l’art et uniquement consommatrice de spectacles (les paraboles). Est-ce aussi pour forcer le trait que cet acte se termine avec le lynchage de Beckmesser par des figurants portant masques de singe et qui rendent impuissant la police/veilleur de nuit ? Les immenses bannières de fan adressées à chacun des maitres au troisième acte n’en sont que plus incompréhensibles. Cette mise en scène vaut finalement avant tout par sa direction d’acteurs extrêmement vive et chaleureuse, qui nous a emporté à défaut de susciter notre adhésion.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="281" src="/sites/default/files/styles/large/public/10_0.jpg?itok=m3Mk-HWU" title="© Wilfried Hösl" width="468" /><br />
	© Wilfried Hösl</p>
<p class="rtejustify">Il était en revanche difficile de ne pas adhérer à la musique ce soir-là ! Tous les maîtres réussissent à se distinguer les uns des autres avec bonheur, avec une mention spéciale pour le fringuant Kothner d’<strong>Eike Wilm Schulte</strong>. Au Veit Pogner de <strong>Christof Fischesser</strong> on reprochera seulement une santé vocale trop ardente  et une présence physique qui  le font plus passer pour le grand frère de Stolzing que pour son futur beau-père. Le David très clair et puissant de <strong>Benjamin Bruns</strong> réussit avec art à traduire la maladresse érudite du personnage sans sombrer dans la guignolade. Tout comme la Magdalene d’<strong>Okka von Damerau</strong> qui jouit d’un médium riche et velouté. <strong>Sara Jakubiak</strong> propose une Eva en pleine possession de ses moyens mais manquant de subtilité et de tendresse à notre goût, notamment dans les aigus. Tête à claque de génie, <strong>Martin Gantner</strong> est un Beckmesser impayable, à la fois détestable et attachant, qui jamais ne sacrifie la qualité de son chant aux effets théâtraux, il sera ovationné par la salle. Stolzing ne pose évidemment aucun problème à<strong> Jonas Kaufmann</strong> et le rôle lui permet de faire montre de toutes les qualités dramatiques et musicales qu’on lui connait déjà, alternants airs époustouflants et une finesse comique qu&rsquo;on ne lui soupçonnait pas. Pour Sachs, <strong>Wolgang Koch</strong> affiche une technique solide (et il en faut, vu la longueur du rôle !) et une vraie attention dramatique mais manque de variété et d’impact dans l’expression de la nostalgie qui rend le personnage si attachant. Sa composition débonnaire  lui donne des faux airs de Bryn Terfel, l’éloignant finalement trop de son double juvénile qu’est censé être Stolzing.</p>
<p class="rtejustify">Inutile de dire à quel point les chœurs du Bayerische Staatsoper sont ici excellents, ni de démontrer que la partition n’a plus aucune secret pour l’orchestre du lieu. La direction de <strong>Kirill Petrenko</strong> est cependant assez étonnante : sans excès de rutilance, elle réussit à être très entraînante, roborative au point de friser l’indigestion sonore parfois mais toujours impressionnante dans sa maîtrise des contrastes et son énergie. La scène n’est par ailleurs jamais couverte et les moments plus intimistes sont tout aussi excellents. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs au début de l&rsquo;acte III que l&rsquo;orchestre se montre le plus époustouflant, alors que la mise en scène colle fugacement mais parfaitement à la triste légereté du moment.</p>
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		<title>VERDI, Il trovatore — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trovatore-londres-roh-equation-a-moitie-resolue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jul 2016 15:26:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On l’écrit à l’envi et on se plaît à entretenir le mythe : monter Il Trovatore exige de satisfaire aux exigences d’une fameuse quadrature du cercle vocale. Paris a récemment fait une proposition, autour de la Leonora superlative d’Anna Netrebko. En ce début d’été, Londres tente l’aventure. Autour de la baguette experte de Gianandrea Noseda, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On l’écrit à l’envi et on se plaît à entretenir le mythe : monter <em>Il Trovatore</em> exige de satisfaire aux exigences d’une fameuse quadrature du cercle vocale. Paris a récemment fait une proposition, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/il-trovatore-paris-bastille-anna-netrebko-meilleure-chanteuse-du-monde">autour de la Leonora superlative d’Anna Netrebko</a>. En ce début d’été, Londres tente l’aventure. Autour de la baguette experte de Gianandrea Noseda, Lianna Haroutounian, Francesco Meli, Zeljko Lucic et Ekaterina Semenchuk défendent leur chance dans la nouvelle production du très demandé David Bösch.</p>
<p>	S’il est un opéra de chair et sang c’est bien <em>Trovatore</em> : rarement en deux heures de musique assiste-t-on à autant de rebondissements (invraisemblables raille-t-on bien souvent) dans une écriture musicale à la croisée des chemins entre bel canto et romantisme du second Verdi. Ce dernier style, la distribution du Royal Opera House le possède complètement. Mais l&rsquo;équation est partiellement résolue car lui fait défaut la dimension belcantiste. <strong>Ekaterina Semenchuk</strong>, toutes griffes dehors, réitère la forte impression qu&rsquo;elle laissait à Paris, au prix d&rsquo;un recours aussi systématique que phénoménal à la voix de poitrine, matinée de couleurs rauques. Couleurs qui manquent cruellement au Luna au chant monocorde et uniformément forte de <strong>Zeljko Lucic</strong>. Le baryton ne propose guère que son volume et sa vaillance en guise de caractérisation. <strong>Francesco Meli</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/il-trovatore-salzbourg-trouvere-resolument-rouge">qui fréquente Manrico depuis quelques temps déjà</a>, reçoit les gages d&rsquo;une voix qui a gagné en largeur et en puissance, comme en témoignait <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/tosca-genes-meli-mario">son récent Cavadarossi à Gènes</a>. Rigoureux comme toujours, le ténor maintient l&rsquo;intégrité de la ligne et l’attention au style. Revers de la médaille, un vibrato entache certaines phrases et la ductilité fait parfois défaut. La mezza-voce est trop parcimonieuse et peu assurée, si bien que l&rsquo;émotion peine à surgir de « ah si, ben mio ». <strong>Lianna Haroutounian</strong> rencontre peu ou prou les mêmes limites en terme de nuances qu&rsquo;elle compense par une grande intelligence musicale. Le chant est beau, chaud et rond sur toute la tessiture. L&rsquo;endurance certaine lui permet de convaincre tout à fait dans le quatrième acte qu&rsquo;elle traverse avec vaillance, mais sans pyrotechnie ou sons filés, avant de se consumer dans une mort émouvante. Les chœurs bien préparés du Royal Opera House rendent davantage justice à leurs partie que les comprimari.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="301" src="/sites/default/files/styles/large/public/160629_2456_il_trovatore_production_image_c_roh._photo_by_clive_barda.jpg?itok=pOBfuK-V" title="© Clive Barda" width="468" /><br />
	© Clive Barda</p>
<p>Sur scène, <strong>David Bösch</strong> a cette signature visuelle qui désormais l’identifie dès le lever de rideau. Son univers, pour personnel qu’il soit, prend son inspiration chez Tim Burton auquel il empreinte les teintes crépusculaires, et un bric à brac d’objets, de véhicules en tout genre et de toutes formes, ici une roulotte presque enfantine décorée de poupées de bébés pour la Bohémienne et un étrange coupé que l’on tracte. Avec <strong>Patrick Bannwart</strong>, il fait le choix d’illustrer les scènes au moyens de vidéos dessinées dans un style à la Enki Bilal où se côtoient le pire et le meilleur. Soit elles renforcent les belles lumières et ambiances du spectacle soit elles appuient des poncifs : corbeau pour la mort qui rôde, papillons pour les ailes de l&rsquo;amour&#8230; quand elles ne figurent pas des personnages hideux sensés représentés les héros de l’histoire. Peut-être eût-il mieux valu se concentrer sur la direction d&rsquo;acteur trop traditionnelle pour faire émerger des personnages mus par des passions crédibles.</p>
<p>Ce qui manque le plus à ce <em>Trovatore</em>, ce soupçon de subtilité be-cantiste, on le trouve finalement dans un orchestre mené avec brio par <strong>Gianandrea Noseda.</strong> Les tempi sont vifs, la battue précise et dirigée vers la scène ce qui lui permet d&#8217;emmener l&rsquo;ensemble des acteurs à bon port. D&rsquo;autant qu&rsquo;il n&rsquo;hésite pas à ponctuer le discours musical de ralentis ou de nuances variées au service de l&rsquo;esprit de la partition.</p>
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