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WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg — Munich

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Spectacle
28 juillet 2016
Les Maîtres chanteurs et leurs fans

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra en 3 actes de Richard Wagner, sur un livret du compositeur

Créé le 21 juin 1868 au Théâtre de la Cour Royale de Munich

Détails

Mise en scène
David Bösch
Décors
Patrick Bannwart
Costumes
Meentje Nielsen
Lumières
Michael Bauer
Vidéo
Falko Herold
Dramaturgie
Rainer Karlitschek

Hans Sachs
Wolfgang Koch
Walther Von Stolzing
Jonas Kaufmann
Eva
Sara Jakubiak
Sixtus Beckmesser
Martin Gantner
David
Benjamin Bruns
Magdalene
Okka von der Damerau
Veit Pogner
Christof Fischesser
Kunz Vogelgesang
Kevin Conners
Konrad Nachtigall
Christian Rieger
Fritz Kothner
Eike Wilm Schulte
Balthasar Zorn
Ulrich Reß
Ulrich Eisslinger
Stefan Heibach
Augustin Moser
Thorsten Scharnke
Hermann Ortel
Friedemann Röhlig
Hans Schwarz
Peter Lobert
Hans Foltz
Dennis Wilgenhof
Ein Nachtwächter
Tareq Nazmi

Orchestre et Choeurs de la Bayerische Staatsoper
Chef des Choeurs
Sören Eckhoff
Direction musicale
Kirill Petrenko

Munich, Bayerische Staatsoper, jeudi 28 juillet 2016, 17h

Longtemps les Meistersinger nous ont semblé longs. Nous espérions sincèrement que l’équipe réunie par le Bayerische Staatsoper réussirait à nous faire oublier les prolixités du premier acte et l’inutilité dramatique du deuxième. Cela ne fut pas le cas. Une proximité plus grande avec la langue allemande permettrait peut-être de ne pas se sentir tenu à l’écart du chef-d’œuvre vanté par beaucoup. Cette mise à l’écart, on la doit d’abord à David Bösch. Sa mise en scène utilise ici la même esthétique que pour son très réussi Orfeo de Monteverdi sur cette même scène. Transposé dans une banlieue pauvre et grise des années 80, son propos semble chercher une poésie pasolienne totalement incompatible avec le flot verbal et musical surabondant voulu par Wagner. De plus certains parti pris nous semblent difficiles à justifier : pourquoi affubler Stolzing d’un irrespect adolescent, voire d’une certaine grossièreté qui colle mal avec la noblesse de sa naissance et la qualité de son chant ? Certes le personnage est différent des autres, mais il n’est pas dilettante pour autant, et la mise en scène a trop vite fait de transformer un rebelle en sale gosse. Certains gags font cependant sourire et apporte une gaieté bienvenue (la chaise du chanteur devenue électrique sur un ring de boxe au premier acte, Stolzing brisant le buste chéri du compositeur, Beckmesser aux prises avec un élévateur récalcitrant pour sa sérénade au II ou affublé d’un costume disco flashy au III). Reste qu’une des contradictions principale du livret est aggravée : comment une confrérie en perte de popularité réussit-elle à susciter un tel engouement pour son concours ? Le décor brut de la cité au deuxième acte est bien celui d’une population détournée de l’art et uniquement consommatrice de spectacles (les paraboles). Est-ce aussi pour forcer le trait que cet acte se termine avec le lynchage de Beckmesser par des figurants portant masques de singe et qui rendent impuissant la police/veilleur de nuit ? Les immenses bannières de fan adressées à chacun des maitres au troisième acte n’en sont que plus incompréhensibles. Cette mise en scène vaut finalement avant tout par sa direction d’acteurs extrêmement vive et chaleureuse, qui nous a emporté à défaut de susciter notre adhésion.


© Wilfried Hösl

Il était en revanche difficile de ne pas adhérer à la musique ce soir-là ! Tous les maîtres réussissent à se distinguer les uns des autres avec bonheur, avec une mention spéciale pour le fringuant Kothner d’Eike Wilm Schulte. Au Veit Pogner de Christof Fischesser on reprochera seulement une santé vocale trop ardente  et une présence physique qui  le font plus passer pour le grand frère de Stolzing que pour son futur beau-père. Le David très clair et puissant de Benjamin Bruns réussit avec art à traduire la maladresse érudite du personnage sans sombrer dans la guignolade. Tout comme la Magdalene d’Okka von Damerau qui jouit d’un médium riche et velouté. Sara Jakubiak propose une Eva en pleine possession de ses moyens mais manquant de subtilité et de tendresse à notre goût, notamment dans les aigus. Tête à claque de génie, Martin Gantner est un Beckmesser impayable, à la fois détestable et attachant, qui jamais ne sacrifie la qualité de son chant aux effets théâtraux, il sera ovationné par la salle. Stolzing ne pose évidemment aucun problème à Jonas Kaufmann et le rôle lui permet de faire montre de toutes les qualités dramatiques et musicales qu’on lui connait déjà, alternants airs époustouflants et une finesse comique qu’on ne lui soupçonnait pas. Pour Sachs, Wolgang Koch affiche une technique solide (et il en faut, vu la longueur du rôle !) et une vraie attention dramatique mais manque de variété et d’impact dans l’expression de la nostalgie qui rend le personnage si attachant. Sa composition débonnaire  lui donne des faux airs de Bryn Terfel, l’éloignant finalement trop de son double juvénile qu’est censé être Stolzing.

Inutile de dire à quel point les chœurs du Bayerische Staatsoper sont ici excellents, ni de démontrer que la partition n’a plus aucune secret pour l’orchestre du lieu. La direction de Kirill Petrenko est cependant assez étonnante : sans excès de rutilance, elle réussit à être très entraînante, roborative au point de friser l’indigestion sonore parfois mais toujours impressionnante dans sa maîtrise des contrastes et son énergie. La scène n’est par ailleurs jamais couverte et les moments plus intimistes sont tout aussi excellents. C’est d’ailleurs au début de l’acte III que l’orchestre se montre le plus époustouflant, alors que la mise en scène colle fugacement mais parfaitement à la triste légereté du moment.

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Opéra en 3 actes de Richard Wagner, sur un livret du compositeur

Créé le 21 juin 1868 au Théâtre de la Cour Royale de Munich

Détails

Mise en scène
David Bösch
Décors
Patrick Bannwart
Costumes
Meentje Nielsen
Lumières
Michael Bauer
Vidéo
Falko Herold
Dramaturgie
Rainer Karlitschek

Hans Sachs
Wolfgang Koch
Walther Von Stolzing
Jonas Kaufmann
Eva
Sara Jakubiak
Sixtus Beckmesser
Martin Gantner
David
Benjamin Bruns
Magdalene
Okka von der Damerau
Veit Pogner
Christof Fischesser
Kunz Vogelgesang
Kevin Conners
Konrad Nachtigall
Christian Rieger
Fritz Kothner
Eike Wilm Schulte
Balthasar Zorn
Ulrich Reß
Ulrich Eisslinger
Stefan Heibach
Augustin Moser
Thorsten Scharnke
Hermann Ortel
Friedemann Röhlig
Hans Schwarz
Peter Lobert
Hans Foltz
Dennis Wilgenhof
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Tareq Nazmi

Orchestre et Choeurs de la Bayerische Staatsoper
Chef des Choeurs
Sören Eckhoff
Direction musicale
Kirill Petrenko

Munich, Bayerische Staatsoper, jeudi 28 juillet 2016, 17h

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