<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Richard BRUNEL - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/brunel-richard/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/brunel-richard/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 18 Jun 2026 13:03:06 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Richard BRUNEL - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/brunel-richard/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>VERDI, Rigoletto – Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-lausanne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=215361</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est une production qui a été déjà vue à Nancy, Luxembourg, Rouen et Toulon et approuvée à des degrés divers par les rédacteurs de Forum Opéra, allant de deux à quatre cœurs&#8230; Pour nous ce sera quatre sans hésiter, tant la reprise de l’Opéra de Lausanne est servie par une distribution et une direction musicale &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-lausanne/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, Rigoletto – Lausanne</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-lausanne/">VERDI, Rigoletto – Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une production qui a été déjà vue à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-nancy-le-duc-mene-la-danse-et-les-masques-tombent/">Nancy</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-luxembourg-un-demi-orchestre-pour-une-demi-salle/">Luxembourg</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-rouen-danser-oui-mais-pas-trop-vite/">Rouen</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-toulon/">Toulon</a> et approuvée à des degrés divers par les rédacteurs de Forum Opéra, allant de deux à quatre cœurs&#8230; Pour nous ce sera quatre sans hésiter, tant la reprise de l’Opéra de Lausanne est servie par une distribution et une direction musicale exemplaires.</p>
<p>Même si la transposition imaginée par Richard Brunel a déjà été décrite et commentée dans ces pages, et notamment <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-nancy-le-duc-mene-la-danse-et-les-masques-tombent/">par Yvan Beuvard</a> qui l’avait aimée autant que nous, on ajoutera quand même un mot…</p>
<p>Pour dire d’abord que c’est un bel objet de théâtre que le décor à transformations imaginé par <strong>Etienne Pluss</strong>, et qui est en somme le nouveau sujet de la pièce. <strong>Richard Brunel</strong> montre ce qu’il connaît le mieux : les coulisses d’un opéra, que l’on imagine de province. <br />Tout commence pendant une représentation de ballet. Une cabine de régie à jardin, avec ses écrans de contrôle, son pupitre et ses potentiomètres, un escalier qui conduit au plateau au fond, une table de maquillage pour les raccords sur la droite, des portants avec des costumes, et tout un monde de machinistes avec leurs écouteurs, et leur cahier de régie, le pompier de service, les danseuses qui sortent de scène et suivent sur un écran la suite du spectacle. Sur ce petit univers, règne un maître de ballet entre deux âges, une jambe prise dans une genouillère, c’est Rigoletto. Un jeune homme aux dents longues veut prendre sa place, c’est le duc, surtout occupé à se précipiter sur toutes les femmes à sa portée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-10-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215385"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Au centre, Lionel Lhote © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une âme passe</strong></h4>
<p>Mais sur ce théâtre veille aussi, telle une présence magique, une danseuse en longue robe blanche ; c’est elle qui, apparaissant devant le rideau, le soulèvera pour que commence le drame, c’est elle qui poussera le décor (ou fera mine de) dans les translations qui feront apparaître une loge où le vieux bonhomme enfermera sa fille, puis une entrée des artistes dans une ruelle propice aux assassinats, enfin un studio de danse dont les miroirs sans tain s’ouvriront sur un hors-champ (l’empire de la mort).</p>
<p>Cette danseuse, c’est, on le comprendra vite, l’épouse défunte de Rigoletto, celle dont il dit : « C’était un ange. Elle avait de la compassion pour mes souffrances… Alors que j’étais seul, difforme, pauvre, elle m’aima ». <strong>Agnès Letestu</strong>, étoile de l’Opéra de Paris, incarne cette apparition fantomatique, – et alors que les distributions d’une reprise à l’autre ont sans cesse changé, elle seule est restée, comme si elle était doublement l’âme du spectacle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-5-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215379"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lionel Lhote et Agnès Letestu © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>C’est d’ailleurs un plaisir de théâtre, et un amusement, que les pirouettes du metteur en scène, faisant de Borsa (<strong>Matthieu Justine</strong>) un chef de plateau, ou du comte Ceprano (<strong>Kyu Choi</strong>) un admirateur venant offrir un bouquet (suivi de la comtesse, sur laquelle fond aussitôt le duc tel un rapace). Parmi la foule qui envahit cette arrière-scène (transposition de la fête à Mantoue), apparaît, ivre de colère et de vin, suivi de sa fille visiblement très enceinte des œuvres du duc, le Comte Monterone. Dans ce rôle très court mais essentiel <strong>Sulkhan Jaiani</strong>, noir de poil et noir de voix, est impressionnant de puissance et sa malédiction d’autant plus crédible (superbe, son imprécation « Ah sì ! a sturbare sarò vostr’orgie »). <br />Autre voix de basse, et non moins noire, celle du pompier de service, qui, autre trouvaille, se révélera être sicaire à ses moments perdus… Ce Sparafucile inattendu, silhouette longiligne et glaçante, c’est <strong>Vartan Gabrielian</strong>, aux graves sinistres à souhait. Derrière tous ces choix vocaux judicieux, on trouve la patte de Claude Cortese, le directeur de l’Opéra de Lausanne….</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-2-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215376"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Au centre, Sulkhan Jaiani (Monterone) © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Lionel Lhote grandiose</strong></h4>
<p>… Qui a offert à <strong>Lionel Lhote</strong> l’occasion d’une prise de rôle marquante : son Rigoletto est d’une justesse humaine formidable. Perclus de douleur, de solitude, d’humiliation, le vieux danseur déchu ne trouve soutien que dans l’amour de sa fille et le souvenir de sa femme. On le verra même, autour de la barre, esquisser quelques mouvements de danse avec elle, et se risquer à un porté. La transposition dans le monde du ballet offre la possibilité de suggérer physiquement le désespoir ou un bonheur perdu : on pense à ce trio sur l’escalier du deuxième acte, le père étreignant sa fille, et la mère venant se joindre à eux et posant sa tête sur l’épaule du bonhomme. Il y a ainsi beaucoup d’étreintes, de doigts qui se cherchent, de détails de direction d’acteurs qui suscitent l’émotion. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-12-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-215387"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lionel Lhote et Agnès Letestu © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Le monologue « Pari siamo » au premier acte est un modèle de chant verdien, de <em>parlar cantando</em> (ou l’inverse). L’amertume du personnage, ses sombres ruminations, ses bouffées de colère, ses angoisses (« Quel vecchio maledivami ! »), tout cela, Lionel Lhote le transmet par les couleurs d’une voix qui peut ici ou là se faire noire, presque sèche, mais sollicité par une phrase lyrique, il peut aussi la souligner par un legato d’autant plus envoûtant, par des effets de <em>messa di voce</em>, des accents sur tel mot du texte, des variations de tempo où l’orchestre le suit, l’écoute, le conforte. <br />Première occasion de souligner la direction magnifique du jeune (31 ans) chef italien <strong>Giulio Cilona</strong>, aussi attentif à mettre en place le grand ensemble avec chœur de la première scène avec autant de netteté que d’élan, qu’il est souple dans sa manière d’écouter et d’accompagner, au plein sens du terme, les inflexions des chanteurs. D’animer constamment le discours, de varier les tempi, sans cesser de marier les timbres et de veiller à la netteté des lignes. Une direction très inspirée, un soin à établir une palette riche en graves, très assise et, dès le prélude (dramatique, tendu, architecturé) à faire respirer cette musique : Verdi explore, juxtapose, plusieurs langages en fonction de la dramaturgie et Giulio Cilona le suit dans toutes ses ruptures de ton.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-3-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215377"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lionel Lhote, Marie Lys, Agnès Letestu © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Sur les pointes !</strong></h4>
<p>Ainsi dans le duo Rigoletto-Gilda qui enchaîne sur « Pari siamo » : d’abord impeccablement sautillant, puis effusif et grisé dès leur premier unisson, s’alentissant sur « Ah veglia, o donna », suivant les pleins et déliés du « Quanto affetto » de Gilda…. puis accompagnant dans tous ses caprices la strette de ce duo. <br />Où se donne à entendre l’autre perle rare de ce spectacle : l’extraordinaire <strong>Marie Lys</strong>, qui dessine une Gilda à la silhouette de frêle adolescente en mini-jupe, mais aux raffinements belcantistes ébouriffants.<br />Son grand air « Gualtier Maldé… Caro nome » mettra en valeur une ligne de chant toujours expressive appuyée sur un timbre d’une richesse magnifique, d’une homogénéité sans faille, avec des trilles de rêve, des alanguissements fondants, des vocalises et des coloratures d’une facilité irréelle, et c’est, après avoir enfilé des chaussons de danse, sur les pointes (!) qu’elle montera jusqu’au contre-<em>mi</em>…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-13-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215389"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Davide Tuscano et Marie Lys © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Le jeune ténor <strong>Davide Tuscano</strong>, au physique athlétique, qu’on aura trouvé un peu tonitruant dans son air d’entrée, « Questa o quella », ne cessera de tout améliorer au fil du spectacle. Encore un peu hirsute, dans « É il sol dell’anima », plus généreux que styliste, sa sincérité donnera une belle crédibilité à son « Ella me fu rapita » et certes son penchant à l’extraversion ne messied pas pour dessiner un duc, comme on le verra dans son brillant « Possente amor mi chiama », qu’il partagera avec un <strong>Chœur de l’Opéra de Lausanne</strong>, impeccable de finesse et de plénitude, ses vingt membres (uniquement des hommes pour <em>Rigoletto</em> comme on sait) se lançant tout en chantant dans une manière de ballet drolatique, aussi réussi qu’avait été à la fin du premier acte la scène du rapt. <br />Scéniquement brillante : les murs de la loge où est enfermée Gilda s’écartent (effet spectaculaire qui s’inscrit dans cette réflexion sur la théâtralité qu’est aussi, incidemment, cette mise en scène), le plateau n’est éclairé que par les lampes-torche des choristes-conspirateurs, et leur « Zitti, zitti » mezza voce est une autre démonstration de piqué et de mise en place, dans une scène d’action que Giulio Cilona ponctue d’accents cinglants.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-15-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215391"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Rigoletto menacé par les cortegiani © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Shakespearien</strong></h4>
<p>Superbe encore de rage, de puissance, mais aussi de douleur, le monumental monologue de Rigoletto, « Cortigiani, vil razza dannata » : Lionel Lhote y est d’une grandeur, d’une humanité, d’une vérité bouleversantes, comme dans le grand duo, cœur de l’opéra sans doute, entre le père et la fille, et qui fait songer au Roi Lear auquel rêva Verdi sa vie durant.<br />L’association Marie Lys/Lionel Lhote, deux arts du chant aussi dissemblables, mais aussi parfaits chacun à sa manière, porte à incandescence ce flot de douleur et d’amour, dont Giulio Cilona fait rouler les grandes vagues, cela respire magnifiquement, avant d’exploser dans un duo de la vengeance à couper le souffle. Terrassant !</p>
<p>Un dernier mot à propos du troisième acte : à nouveau l’<strong>Orchestre de chambre de Lausanne</strong> (assez nombreux, 28 cordes et une quinzaine de vents, eu égard à la taille relativement petite de la salle) donne à entendre de magnifiques sonorités feutrées, d’une couleur un peu viennoise, dans le très beau prologue. Qui précède de peu « La Donna e mobile », où Davide Tuscano sera à son meilleur, éclatant, et s’essayant à des demi-teintes bienvenues.</p>
<p>Le Duc est alors un peu pris de boisson (et Davide Tuscano le joue fort bien) et en pleine surchauffe érotique, électrisé par la Maddalena non moins survoltée de <strong>Sophie Kidwell</strong>.<br />De sorte que le célèbre quatuor se muera en un deux fois deux convaincant : à gauche dans leur loge Rigoletto et Gilda, l’un et l’autre songeurs et douloureux, et à droite dans le studio de danse le Duc et Maddalena, de plus en plus exaltés… Moment lyriquement très abouti (notamment grâce au beau timbre de mezzo de Sophie Kidwell, qu’on a peu entendue jusque là).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-4-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215378"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>L&rsquo;apparition de Loïe Fuller (à droite Vartan Gabrielian) © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>L’empire des morts</strong></h4>
<p>C’est au cours de l’orage, et du célèbre chœur à bouche fermée, que va surgir une image fantastique : la mère sous l’aspect de Loïe Fuller, tournant telle une fleur immatérielle dans d’immenses voiles accrochant des lumières tour à tour jaunes ou bleutées, image un peu incongrue, pas tellement facile à justifier, mais tant pis ! C’est à la fois beau et très réussi du point de vue de la reconstitution, si l’on en croit les quelques films conservés de l’art de la danseuse américaine, star 1900 s’il en fut…</p>
<p>En revanche, on avouera honnêtement que, regardant la danseuse, on n’aura pas vu l’assassinat de Gilda par Sparafucile, mais bon, on connaît l’histoire…</p>
<p>L’histoire, ici, c’est un grand sac poubelle qu’apporte le tueur à gages, et contenant un cadavre dont Rigoletto croit que c’est celui du duc, mais voilà qu’à la cantonade on entend « la Donna é mobile ». Le père ouvre le sac, c’est sa fille qui apparaît, revenue de l’empire des morts…<br />La force de Verdi, c’est bien sûr de rendre crédible cet invraisemblable mélodrame… et émouvant leur ultime duo. Ce « Ne meurs pas » de Rigoletto à sa fille, sur un rythme quasi de valse…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RIGOLETTO-@Carole-Parodi-OPL-16-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-215393"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lionel Lhote</sub> <sub>et Agnès</sub> <sub>Letestu © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Ici une image superbe, l’apparition de la mère qui vient chercher Gilda et l’emmène au-delà du miroir. Ultime cri bouleversant de Rigoletto « Mia Gilda… É morta… »</p>
<p>Non, il y aura encore une image, à peine entr&rsquo;aperçue tandis que l’orchestre prolonge l’accord final et que le rideau tombe.</p>
<p>Celle de toutes les victimes du duc, la fille de Monterone et les autres, se précipitant sur le duc, apparu à l’avant-scène côté jardin. La vengeance des femmes commence…</p>
<p>&nbsp;</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-lausanne/">VERDI, Rigoletto – Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BRITTEN, Billy Budd &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-billy-budd-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=210396</guid>

					<description><![CDATA[<p>En ce deuxième jour de festival, Richard Brunel propose et met lui-même en scène la création lyonnaise de Billy Budd. Il se donne pour principal enjeu de rendre lisible une œuvre dense, où la pléthore de personnages aux tessitures identiques brouille parfois les caractères. Pour autant, il trouve aussi un angle dramaturgique en transformant le &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-billy-budd-lyon/"> <span class="screen-reader-text">BRITTEN, Billy Budd &#8211; Lyon</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-billy-budd-lyon/">BRITTEN, Billy Budd &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce deuxième jour de festival, <strong>Richard Brunel</strong> propose et met lui-même en scène la création lyonnaise de <em>Billy Budd</em>. Il se donne pour principal enjeu de rendre lisible une œuvre dense, où la pléthore de personnages aux tessitures identiques brouille parfois les caractères. Pour autant, il trouve aussi un angle dramaturgique en transformant le prologue et l&rsquo;épilogue comme des extraits d’un tribunal militaire devant lequel Vere rend compte. De fait, le directeur de l’institution réussit un joli coup double. Ce Billy Budd se conçoit tout d’abord comme un geste esthétique où lumières (<strong>Laurent Castaingt</strong>) et scénographie (<strong>Stephan Zimmerli</strong>) assemblent autant de travellings et d’effet de zooms nécessaires à la narration. Ces structures mobiles, comme autant de lieux du bateau, s’ébrouent et animent la scène, même si le deuxième acte moins choral, rend le dispositif plus aride. Heureusement, le parallèle entre les bouts de la marine et les cordes du théâtre n’est pas tissé au-delà de l’ouverture du premier acte, où le théâtre de la mémoire de Vere se dresse devant nos yeux en même temps que plateau de l&rsquo;opéra se peuple. Ce filon aurait vite été vain par la suite. Ce geste élégant se voit redoublé d’un angle dramaturgique inédit. Dilemme moral de Vere, exploration des désirs homoérotiques dans un milieu clos testostéroné… tout cela a déjà été fait. Richard Brunel et <strong>Catherine Ailloud-Nicolas</strong> (dramaturgie) imaginent donc que les deux monologues de Vere, ainsi que certains des ses apartés durant les actes sont adressés à ses pairs réunis pour le « juger ». Cet angle ne va pas sans poser de problèmes. Dès lors que l’action n’est plus une narration extérieure mais la voix du capitaine, celui-ci devient omniscient, témoin de toutes les malversations à bord et de fait complice de Claggart. D’ailleurs, le tribunal de Billy devient tout autant celui de Vere : les figurants magistrats assistent à celui du matelot par les officiers de l&rsquo;Indomitable. C’est en tordant le final de l’opéra – Billy n’est pas pendu mais poignardé par un Squeak revanchard – que Vere échappe à la pire des sentences pour n’être que dégradé. Redevenu civil, il peut se lamenter sur l’innocence sacrifiée du gabier de misaine. Paradoxalement, cette entorse eut encore mieux fonctionné si les désirs refoulés entre Claggart, Squeak et Billy avaient été rendus plus visibles.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BillyBudd2G%E2%94%AC%C2%AEJeanLouisFernandez-208-1294x600.jpg" alt="" />© Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>Encore plus que la veille, les forces de l’Opéra de Lyon participent pour beaucoup à la réussite du spectacle. Sous la baguette de <strong>Finnegan Downie Dear</strong>, l’orchestre a retrouvé souplesse et moelleux tout en se montrant d’une précision d’orfèvre dans l’exécution de la rythmique précise de Britten. Cette navigation brumeuse au large du Finistère exige une palette de couleur à la Turner, ce que, petite harmonie et cuivre s’ingénient à peindre de la première à la dernière note. Les chœurs masculins bluffent tout du long, tant par leur investissement scénique, qui fait de chacun de ses membres un acteur à part entière, que par la cohésion, la précision et l’emphase avec laquelle ils rendent justice à la partition du compositeur britannique. La maîtrise et le jeune mousse leur emboîtent le pas avec une évidence que ne laisse pas transparaître leur jeune âge.</p>
<p>La distribution appelle beaucoup d’éloges. <strong>Filipp Varik</strong> module son chant pour faire entendre les jappements du veule Squeak. <strong>William Morgan</strong> trouve sans effort le pathos du novice supplicié. <strong>Guillaume Andrieux</strong> use de toute la chaleur de son timbre pour donner corps à l’empathie de l’Amie du novice. <strong>Oliver Johnston</strong> pare ses interventions de tous les accents plaintifs nécessaires au portrait de l’enrôlé de force révolté. <strong>Alexander de Jong</strong>, Redburn sonore, <strong>Rafal Pawnunk</strong>, Flint compatissant, <strong>Daniel Miroslaw</strong> (Ratcliff) associent leurs qualités en un trio d’officiers homogène. <strong>Scott Wilde</strong> dispose du timbre profond et humain qui donne corps à Dansker le vieux briscard bourru mais chaleureux. Les trois rôles principaux s’appuient sur des qualités hétérogènes.<strong> Derek Welto</strong>n ne peut compter sur la noirceur d’un timbre assez clair et mat pour grimer le maître d’arme diabolique. C’est par la puissance et les modulations qu’il dresse un portrait convaincant parce que sournoisement inquiétant. <strong>Paul Appleby</strong>, très à l’aise sur l’ensemble de la tessiture, coule déclamation et ligne dans un même creuset pour incarner la noblesse du Capitaine. Enfin, <strong>Sean Michael Plumb</strong> compose un Billy irradiant tant scéniquement que vocalement. Son émission franche et lumineuse lui permet de survoler les scènes de groupe. Il trouve dans son dernier monologue toute l’intériorité du jeune homme résolu devant la mort.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-billy-budd-lyon/">BRITTEN, Billy Budd &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BERG, Wozzeck – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berg-wozzeck-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Oct 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=173560</guid>

					<description><![CDATA[<p>Toute représentation de Wozzeck est un choc : choc musical autant que théâtral, choc psychologique. Souvent qualifiée de véritable « coup de poing », l’œuvre est  d’une concision brutale, qui ne peut laisser personne indifférent. Pour le spectacle d’ouverture de la saison 2024-2025, le directeur de l’opéra de Lyon, Richard Brunel, propose sa propre mise en scène de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/berg-wozzeck-lyon/"> <span class="screen-reader-text">BERG, Wozzeck – Lyon</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berg-wozzeck-lyon/">BERG, Wozzeck – Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Toute représentation de <em>Wozzeck</em> est un choc : choc musical autant que théâtral, choc psychologique. Souvent qualifiée de véritable « coup de poing », l’œuvre est  d’une concision brutale, qui ne peut laisser personne indifférent.</p>
<p>Pour le spectacle d’ouverture de la saison 2024-2025, le directeur de l’opéra de Lyon, <strong>Richard Brunel</strong>, propose sa propre mise en scène de ce chef-d’œuvre créé il y a un siècle à Berlin, dans un geste audacieux. Cet opéra, réputé difficile en raison de son écriture qui suspend la tonalité tout en maintenant des passages résolument tonaux, surprend aujourd’hui encore l’oreille de l’auditeur non prévenu. C’est que l’opéra d’Alban Berg a été conçu lors de la découverte par le compositeur, au début du XXe siècle, de l’œuvre posthume de Georg Büchner, cet immense auteur allemand mort très jeune, dont le réalisme social, d’une puissance sans précédent, a semblé à Berg contemporain alors qu’il datait déjà de près d’un siècle. C’est dire la capacité de l’œuvre à traverser le temps, à se réactualiser sans cesse, à être perçue au gré des visions du monde qui se succèdent.</p>
<p>C’est dire aussi la persistance des inégalités, des injustices, du déterminisme social, qui font que l’on peut adhérer aujourd’hui à la transposition opérée dans cette proposition scénique : ici, contrairement à ce que nous dit le livret, Wozzeck n’est pas un soldat que l’on découvre au début de l’opéra en train de raser son capitaine, dans un décor plus ou moins daté. C’est un pauvre diable d’aujourd’hui, sans le sou, qui fait tout pour décrocher une place dans une sorte de casting de volontaires prêts à se soumettre contre rémunération à des expériences médicales, un homme qui devient cobaye pour nourrir celle qu’il aime et leur enfant. La violence des conditions de sa survie, l’ébranlement de sa raison et le contraste entre les idéaux et la misère sont ici moins représentés par le monde militaire (pas de chambrée des gardes, pas de soldats endormis pour le chant à bouche fermée de l’acte II) que par la toute-puissance tyrannique de la science médicale, dégradant l’individu et le soumettant à une constante surveillance.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Wozzeck4G%E2%94%AC%C2%AEJeanLouisFernandez-011-1294x600.jpg" alt="" />® Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>Si l’on est parfois surpris (notamment par les modifications concernant les lieux – par exemple : le meurtre de Marie n’est pas commis au bord d’un étang, la fin délivre visuellement un message différent des indications du livret), tout paraît d’une parfaite cohérence. L’attention portée au texte, en dépit de l’abandon de nombre d’indications scéniques, est l’une des réussites de ces choix : on ne ressent jamais de rupture ou de contradiction entre ce qui est dit, chanté et ce qui est représenté. Le programme de salle présente d’ailleurs l’argument selon la vision renouvelée du metteur en scène, évacuant ainsi, pour qui l’aura lu avant le début de la représentation, les sempiternelles interrogations sur l’absence de « fidélité » au livret lorsque le résumé de l’œuvre ne prend pas en compte les intentions de mise en scène.</p>
<p>Le spectacle est d’une richesse qui rend justice à la densité du texte comme de la composition musicale. On en retiendra d’abord la fluidité et le rythme effréné, traduisant la précipitation et l’angoisse, l’accélération qui ébranle la raison, tant dans les mouvements des chanteurs et acteurs que dans l’exécution musicale sous la baguette de <strong>Daniele Rustioni</strong>. Le chef lyonnais adopte des tempi qui donnent le tournis, un vertige semblable à celui qu’exprime le Wozzeck débonnaire et tragique incarné par le baryton <strong>Stéphane Degout</strong>, tour à tour rêveur et agité, tendre et violent, dont on admire une fois de plus le sens des nuances, notamment lorsqu’il prononce l’une des phrases clés : « L’être humain est un abîme, on est pris de vertige lorsqu’on regarde à l’intérieur ». L’amplitude de la voix est ici au service de ce contraste entre les mots qui se bousculent (dès le début) et la douceur lyrique des passages réflexifs ou hallucinés (qui parfois se recoupent) – douceur incongrue au sein d’une humanité bruyante et grossière parfaitement suggérée par le Tambour-major de <strong>Robert Watson</strong>, tandis que l’Orchestre de l’Opéra de Lyon donne aux thèmes récurrents toute la clarté voulue, avec une présence palpable des vents, et une force expressive particulière dans les cuivres et les cordes basses, qui font proprement frissonner.</p>
<p>Le choix de présenter ces scènes comme autant de fragments qui se succèdent est davantage un retour à la pièce de Büchner telle qu’elle a été retrouvée, que la stricte illustration de la forme close conçue par Alban Berg (trois actes comptant chacun cinq scènes). Au sein de l’immense espace gris de la scène comme lieu d’expérimentation, dans lequel un immense robot suspendu aux cintres personnifie la lampe médicale, comme dotée d’une existence propre et d’un regard auquel nul ne peut se soustraire, se succèdent des compartiments mobiles, sortes de wagons dans le grand train de la vie – ou le manège de l’absurde –, comme des mobilhomes, des maisons de fortune où il est difficile de s’isoler des regards extérieurs. Dans un remarquable équilibre entre la musique et la scénographie d’<strong>Étienne Pluss</strong>, on perçoit la beauté (trop ?) fugace de certains passages comme la prière de Marie ou l’Interlude en ré mineur de l’acte III. On peut être plus réservé sur le tempo choisi pour la scène du cabaret, qui laisse peu de place au lyrisme et à la musicalité, même caricaturés.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Wozzeck3PG%E2%94%AC%C2%AEJeanLouisFernandez-012-1294x600.jpg" alt="" />® Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>Stéphane Degout rayonne vocalement, avec un art consommé de la diction allemande, tout en jouant avec talent la maladresse physique, faisant de ce Wozzeck un personnage attachant et profondément émouvant, avant d’en suggérer – plutôt que d’en révéler – la noirceur criminelle. À ses côtés, <strong>Ambur Braid</strong> donne à Marie une présence vocale impressionnante, jouant sur l’opposition entre le caractère extraverti du personnage et la dimension introvertie de Wozzeck, se jouant des difficultés de la partition. On regrettera simplement que le lyrisme du début de l’acte III soit un peu gommé au profit de la projection vocale, dans un passage qui devrait précisément, nous semble-il, exprimer tendresse et humanité.</p>
<p>Le ténor autrichien <strong>Thomas Ebenstein</strong> est un Capitaine d’une précision métronomique, comme il sied à son rôle, doté d’une rare clarté d’élocution, et dont les aigus témoignent d’une aisance parfaite. C’est lui qui domine l’ensemble des rôles « négatifs ». La basse anglaise <strong>Thomas Faulkner</strong>, incarnant le Docteur, maître d’œuvre du système à la « Truman show » qui est présenté ici, a semblé le soir de la première moins à l’aise et peu sonore, comme bousculé parfois par le tempo adopté. Le ténor <strong>Robert Lewis</strong> incarne un Andrès de très bonne facture, doté d’une voix claire et d’une excellente projection, tandis que la mezzo-soprano <strong>Jenny Anne Flory </strong>s’acquitte honorablement de son rôle en Margret. Le Fou de <strong>Philip Varik</strong> donne lieu une interprétation haute en couleurs et vocalement très réussie. Les chœurs, comme toujours, sont excellents dans leur incarnation vocale d’un collectif angoissant.</p>
<p><strong>Hugo Santos</strong> et <strong>Alexander de Jong</strong>, incarnant respectivement le Premier et le Second artisan à l’acte II de manière très convaincante – voix de basse un peu sourde pour le premier, qui « fonctionne » bien ici, et baryton plus sonore et compréhensible pour le second – sont présents tout au long de la pièce, sous les traits de deux personnages ajoutés ici, un prêtre et un ministre, qui assistent aux différents étapes du recrutement des volontaires et des expérimentations. Faire des deux ivrognes un prêtre et un ministre est un choix discutable : on perd l’idée d’une philosophie de cabaret liée au portrait de deux anonymes au profit d’une imagerie un peu convenue, quoique tristement d’actualité (les turpitudes des prétendus garants de la morale et de l’autorité de l’Église et de l’État). Mais répétons-le : l’ensemble de cette production fait preuve d’une cohérence parfaite, en écho à celle de la construction musicale, dans un mouvement qui emporte tout et suscite émotion et questionnements, comme le souhaitait Berg autant que Büchner.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berg-wozzeck-lyon/">BERG, Wozzeck – Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LECOCQ, La fille de Madame Angot &#8211; Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-nice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=173106</guid>

					<description><![CDATA[<p>Inattendu, durable, sans précédent, l’incroyable succès de La fille de Madame Angot, suivi d’une étonnante éclipse, appelait une recréation. En complément à l’excellente présentation qu’en fit Cédric Manuel, j’ajoute l’humble témoignage de l’éditeur – Brandus – qui adressa, juste deux ans après la création, dans une somptueuse reliure, le dix-millième exemplaire ( ! ) de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-nice/"> <span class="screen-reader-text">LECOCQ, La fille de Madame Angot &#8211; Nice</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-nice/">LECOCQ, La fille de Madame Angot &#8211; Nice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Inattendu, durable, sans précédent, l’incroyable succès de <em>La fille de Madame Angot</em>, suivi d’une étonnante éclipse, appelait une recréation. En complément à <a href="https://www.forumopera.com/zapping/un-jour-une-creation-4-decembre-1872-la-bonne-fortune-de-charles-lecocq/">l’excellente présentation qu’en fit Cédric Manuel</a>, j’ajoute l’humble témoignage de l’éditeur – Brandus – qui adressa, juste deux ans après la création, dans une somptueuse reliure, le dix-millième exemplaire ( ! ) de la partition à Lecocq, assorti d’un envoi chaleureux (1). Il y a un an, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-paris-opera-comique-en-cours/">Christophe Rizoud avait rendu compte de la première parisienne</a>. On s’est interdit de relire son propos avant de découvrir la réalisation, que signe <strong>Richard Brunel</strong>. Ce dernier a choisi de transformer en fresque sociale ce qui ne prétendait qu’à la légèreté et à la fantaisie, quitte à dévoyer <em>La Fille de Madame Angot</em>.  Il n’est plus question des affrontements entre républicains et royalistes sous le Directoire, mais des manifestants avec la police de Papon (jamais cité), traitée ici à l’égal des carabiniers d’Offenbach. Comme le chœur chante « Crains la colère populaire » au finale du I, la transposition nous entraîne dans un Paris de mai 68, évidemment réducteur sinon caricatural, force tags, banderoles, pancartes, et même mégaphone, porteurs des revendications du temps. Ainsi, avec un bonheur incertain, le livret est-il contraint de se plier au cadre nouveau. Nous sommes chez Renault, à Boulogne-Billancourt, dont Larivaudière est le patron. Clairette y travaille à l’assemblage des R5, lorsque l’action commence : c’est la grève. Elle sera ensuite étudiante, on ne sait par quelle vertu (Paris VIII-Vincennes verra le jour peu après). Chaque auditeur, en fonction de son âge et de son vécu, s’est forgé sa propre représentation des événements de 68, et la légèreté n’est guère de mise. La tournette juxtapose la chambre nuptiale aux ateliers, étrange&#8230; « Comme si ces paroles ne contenaient pas une vérité de tous les temps » (écrit Lecocq à propos de l’intrigue politique), la transposition – toujours artificielle, gauche – confère une certaine lourdeur à l’ensemble : ça sonne faux ; ainsi, les 30 000 écus que Pitou obtient de Larivaudière pour prix de son silence, la valse chantée depuis les fauteuils de cinéma. Le texte original est savoureux, plein d’esprit, de finesse, de trouvailles. L’adaptation obligée perd une large part de ses qualités. Les passages parlés, essentiels à la caractérisation de chacun comme au jeu dramatique et à la compréhension de l’intrigue, sont réduits à la portion congrue, adaptés à la proposition. Trénitz en est la plus évidente victime, ridicule et inintelligible en américain. Richard Brunel s’est fourvoyé. Cela sonne faux, superficiel, à défaut de légèreté douce-amère (Musset demeure en filigrane, comme pour <em>Fortunio</em>), la tendresse, le sourire comme l’impertinence provocatrice s’effacent pour un artifice qui jamais ne convainc, malgré le professionnalisme de certaines directions d’acteurs. La bonne humeur, la drôlerie, la sensibilité se sont réfugiés dans la fosse. L’opéra-comique (ni opéra-bouffe, ni opérette) dont le charme se situe dans l’héritage de Mozart (2) comme d’Auber connaît ici une mutation : une pochade boiteuse, à laquelle on ne croit pas un instant, la prive de son naturel, de son esprit et de sa verve, malgré la direction enthousiaste de <strong>Chloé Dufresne</strong>. C’est laid, de l’usine au cinéma, digne d’une revue provinciale ou d’une comédie musicale racoleuse. <strong>Bruno de Lavenère</strong> et <strong>Laurent Castaingt</strong> nous ont habitué à d’autres réussites : costumes colorés et décors sont moches (ne manque que le formica), et les éclairages conventionnels.</p>
<p>La distribution, vocalement inégale, pêche aussi par les carences dramatiques de plusieurs interprètes : on sait que la comédie est un exercice redoutable pour les chanteurs, et peu tirent leur épingle du jeu. L’intelligibilité fait trop souvent défaut, desservie il est vrai par un orchestre parfois bruyant. En dehors de ce dernier, du chœur et de la direction, ce sont au moins quatre des principaux interprètes qui renouvellent la production de l’Opéra-comique. <strong>Hélène Guilmette</strong>, Clairette, demeure. Elle est évidemment bien différente de celle de Clairville, Siraudin, Koning, et Lecocq. Ceux qui la fréquentent de longue date auront eu peine à la reconnaître dans son nouvel emploi. La frondeuse jeune fille, fraîche, primesautière et impertinente est oubliée, au profit d’une jeune femme de tempérament qui se dévergonde, y compris avec Larivaudière. Dans le nouvel emploi que la mise en scène lui confie, notre soprane est crédible : la voix est saine, corsée. Si elle déçoit au premier acte, elle gagnera en intelligibilité et en force pour atteindre une qualité enviable à la fin, mais on reste sur notre faim, tant on est loin du personnage original. En Mademoiselle Lange, <strong>Valentine Lemercier </strong>jamais ne démérite, sortie tout droit de <em>La mariée était en noir</em> (Truffaut). Elle a l’élégance, la distinction, la fougue et la séduction qu’appelle la demi-mondaine, mais aussi et surtout les moyens vocaux. La complicité des femmes qui se retrouvent au deuxième acte, puis leur affrontement final sont réussis. Amaranthe est confiée à <strong>Floriane Derthe</strong>, qui chante aussi Hersilie. L’authentique poissarde chez Lecocq semble assagie dans cette version, moins vulgaire, servie par une voix sûre et séduisante.</p>
<p><strong>Enguerrand de Hys </strong>est Pomponnet, le fiancé de Clairette. Le fin chanteur que l’on apprécie le plus souvent manque ici de la projection nécessaire pour être toujours audible et intelligible. Le chansonnier royaliste (« artiste contestataire », écrit le metteur en scène), élégant, séducteur en diable, Ange Pitou est confié au baryton <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong>. Heureux choix que cette distribution car c’est un authentique diseur autant qu’un chanteur. Sa présence scénique est manifeste, dès son entrée, remarquée, puisque seul à adopter un costume d’Incroyable du Directoire. <strong>Matthieu Lécroart</strong>, formidable Larivaudière (il l’était déjà à l’Opéra-Comique), parvient à nous faire oublier la transposition de l’action. Le jeu et l’abattage sont convaincants, la voix généreuse, épanouie, toujours intelligible. Quant à Louchard (<strong>Antoine Foulon</strong>), on regrette qu’il ne soit pas davantage sollicité, tout comme <strong>Matthieu Walendzik</strong> dans ses multiples emplois.<br />
Les ensembles, les nombreux duos et le quintette, sont réussis, expressifs et équilibrés, et il faut louer les chanteurs pour leur précision et leurs efforts d’articulation.</p>
<p>On connaît l’ardeur et la conviction de<strong> Chloé Dufresne</strong>. Totalement engagée, démonstrative, elle communique un entrain, une vie authentique aux musiciens en fosse, sculptant les phrasés, articulant les textes, même si des décalages entre les chanteurs et l’orchestre sont parfois perceptibles. Tout juste aurait-on souhaité que les tempi lents aient été davantage retenus, un peu alanguis, pour mieux en renforcer la force expressive. Pourquoi n’avoir pas conservé les effectifs des musiciens bruxellois pour lesquels Lecoq écrivit ? L’équilibre entre le plateau et la fosse y aurait gagné. Le chœur, sous toutes ses configurations, tient bien son rôle, homogène sinon toujours clair.</p>
<p>La salle, dont les applaudissements sont bien maigres, ne s’est pas trompée à ce flop, L’équipe de réalisation échappe à une bronca attendue en renonçant aux saluts. Oublions. <em>La Fille de Madame Angot</em> attendra encore un metteur en scène amoureux, respectueux, humble, sensible au charme de l’ouvrage.</p>
<ul>
<li>
<pre>(1) « C’est à vous, cher Maître, que j’ai réservé ce dix-millième exemplaire de votre partition, témoignage irrécusable d’un succès qu’aucun autre n’a encore égalé. Votre dévoué et reconnaissant éditeur, 1<sup style="color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">er</sup><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> janvier 1874... ».</span>
<span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">(2) I</span><span style="font-size: 1rem; color: var(--ast-global-color-3); font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">l n’est que d’écouter le tissu soyeux des cordes dans l’accompagnement mozartien de Mademoiselle Lange lorsqu’elle va lire la lettre attribuée à Pitou (duo des lettres). L’écriture est un régal et Lecocq n’a rien à envier à Bizet.</span></pre>
</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-nice/">LECOCQ, La fille de Madame Angot &#8211; Nice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>JANACEK, Věc Makropulos &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-vec-makropulos-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2024 21:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=165945</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’œuvre fait presque office de rareté sur la scène française, n’était-ce la production entre King Kong et Monroe de l’Opéra de Paris. Pourtant Věc&#160;Makropulos cumule nombre d’avantages&#160;: un livret moderne entre polar et thriller&#160;; un sous-thème philosophique que le transhumanisme de certains mégalomanes contemporains réactive&#160;; une durée réduite à l’heure du refresh permanent de nos &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-vec-makropulos-lyon/"> <span class="screen-reader-text">JANACEK, Věc Makropulos &#8211; Lyon</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-vec-makropulos-lyon/">JANACEK, Věc Makropulos &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’œuvre fait presque office de rareté sur la scène française, n’était-ce la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-laffaire-makropoulos-paris-bastille/">production entre King Kong et Monroe de l’Opéra de Paris</a>. Pourtant <i>Věc</i><em>&nbsp;Makropulos</em> cumule nombre d’avantages&nbsp;: un livret moderne entre polar et thriller&nbsp;; un sous-thème philosophique que le transhumanisme de certains mégalomanes contemporains réactive&nbsp;; une durée réduite à l’heure du <em>refresh</em> permanent de nos smartphones ; un compositeur au sommet de son art ; une musique qui épouse la parole et les affects avec un naturel troublant. Choix judicieux donc pour l’Opéra de Lyon qui <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-katia-kabanova-lyon/">nous donne rendez-vous avec Janáček régulièrement</a>.</p>
<p>Aussi vrai que <i>Věc</i><em>&nbsp;Makropulos</em> dispose de tous les ingrédients pour se tailler une place au répertoire, elle ne souffre pas d’approximation et exige des artistes qui la servent d’exceller. Le chanté-parlé, une scansion rythmée, une instrumentation qui alterne entre ligne simple et opulence… tout cela doit être embrassé par le chef d’orchestre avec maestria. Il doit à la fois dépeindre, colorer et narrer, peut-être encore plus que dans d’autres répertoires. Ce soir, <strong>Alexander Joel</strong> n’y est pas encore. La narration piétine pendant le duo de dupe avec Berti, on cherche encore à entendre le venin d’Emilia notamment dans sa confrontation avec Prus. Janacek a ménagé des scènes de genre – les pas de deux avec Maxi – que le chef peine à détacher du continuum de l’intrigue principale. Si l’ensemble fonctionne au global, il y manque le frisson induit par l’irruption brutale de la mère originelle venue purger les comptes dans cet interminable procès en succession.&nbsp;</p>
<p>Le plateau vocal concède quelques difficultés. <strong>Paul Curievici</strong> (Vitek) s’abime à l’aigu dès les premières mesures, rapidement rejoint Denys Pivnitskyi (Albert) dont le chant presqu’exclusivement en force fatigue vite l’auditeur. On lui saura gré de faire de ces difficultés vocales un élément de sa composition scénique. Ce Berti désespéré et fou amoureux se révèle aussi crédible que pénible. <strong>Thandiswa Mpongwana</strong> dispose d’un beau métal, dont les aspérités font le charme… peut-être moins d’une diction qui lui permettrait d’insuffler vie et épaisseur à son personnage. <strong>Karoly Szemeredy</strong> (Maître Kolenaty) et <strong>Tomas Tomasson</strong> (Prus) endossent avec à-propos leurs rôles. Le premier entre facétie et sérieux croque un portait sans faute de l’avocat blasé et pince sans rire. Le second puise dans un timbre épais et charbonneux pour dessiner un Jaroslav sûr de lui jusqu’à la rencontre fatidique avec Emilia. Le personnage dispose de peu de répliques pour faire entendre la douleur que provoque la mort de son fils en même temps que la fascination entre Eros et Thanatos pour le vampire Marty. Le baryton y parvient avec un grand naturel. Les deux ténors plus légers trouvent en <strong>Marcel Beekman</strong> (Maxi) et <strong>Robert Lewis</strong> (Janek) deux interprètes idoines.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LAffaireMakropoulos2GP┬®JeanLouisFernandez_39-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-165950" width="910" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Malgré toutes ses qualités, <i>Věc</i>&nbsp;<em>Makropulos</em> repose largement sur le rôle principal, Emilia Marty, aka Elina Markopoulos. L’histoire la conduit de l’opérette à la grande scène dramatique finale. <strong>Ausrine Stundyte</strong> n’a rien perdu de son magnétisme scénique naturel et d’un sens inné de la scène et du théâtre, qui lui font incarner chacun de ses personnages avec justesse. En revanche, l’instrument s’avère de plus en plus instable, même dans le confort de la rythmique du chanté parlé, et laisse des béances dans la ligne vocale. On craint pour la scène finale où le soprano retrouve in extremis chaire et consistance dans le timbre, en même temps que volume et projection.</p>
<p>Pain béni qu’une telle actrice pour <strong>Richard Brunel</strong> qui mène tout son plateau avec une précision d’horloger. Si le celui-ci empile les machineries parfois gratuitement (les meubles qui vont et viennent, les allers-retours entre le plateau haut et le plateau bas), la proposition jouit d’une lisibilité parfaite notamment dans les premières scènes où il faut bien comprendre quelles sont les pièces du puzzle. La direction d’acteur ne repose pas que sur les talents d’Ausrine Stundyte et chacun se voit confier la juste attitude ou le bon geste. Comme à son habitude, Richard Brunel ne cherche pas la relecture à tout prix, laissant le charme du livret opérer, à l’exception de l’ultime scène qui voit Emilia aller au bout de son geste de renoncement et bruler la formule magique de son père plutôt que de la céder à Krista. Cette proposition prend donc toute sa valeur dans son esthétisme et sa minutie et est accueillie chaleureusement aux saluts.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-vec-makropulos-lyon/">JANACEK, Věc Makropulos &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>RIVAS, Otages &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rivas-otages-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 06:50:25 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=158440</guid>

					<description><![CDATA[<p>Otages en création dans le cadre du festival de l’Opéra national de Lyon est un bon spectacle. Le problème pour l’auteur de ce compte-rendu vient du fait que ce n’est pas vraiment une œuvre lyrique. Pourquoi ? Sebastian Rivas s’est donné les bons outils. Il les détaille longuement dans le programme du spectacle&#160;: la déclamation &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rivas-otages-lyon/"> <span class="screen-reader-text">RIVAS, Otages &#8211; Lyon</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rivas-otages-lyon/">RIVAS, Otages &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Otages</em> en création dans le cadre du festival de l’Opéra national de Lyon est un bon spectacle. Le problème pour l’auteur de ce compte-rendu vient du fait que ce n’est pas vraiment une œuvre lyrique. Pourquoi ? <strong>Sebastian Rivas</strong> s’est donné les bons outils. Il les détaille longuement dans le programme du spectacle&nbsp;: la déclamation pour le factuel, le récit, les péripéties&nbsp;; pour la voix les affects, les sentiments, les fantasmes. Le lyrisme doit permettre d’incarner et de représenter tout cet univers mental et sensuel. Le livret, adapté par le compositeur lui-même d’après la pièce de Nina Bouraoui, s’avère d’une grande richesse, en prise avec notre époque qu’il dramatise. Ce n’est pas tout à fait le cas de la musique. La composition de Sebastian Rivas étale de grand aplats sonores que viennent colorer une myriade d’instruments et de techniques modernes. Le continuum qu’il recherche en voix parlée et chantée se dissémine dans une partition qui ne possède pas de vraies ruptures et peu de points saillants pour souligner la scansion de l’argument. Acte manqué ou révélateur, les musiciennes de l’ensemble musicale sont placées derrière le décor. Tout juste devinera-t-on la battue rigoureuse de <strong>Rut Schereiner</strong>.</p>
<p>Le problème majeur, c’est que toute la pièce tourne autour du récit factuel de la vie maritale et professionnelle de Sylvie Mayer. Dès lors, les possibilités d’une écriture lyrique sont réduites à la portion congrue, ne peuvent se développer et se cantonnent à une esthétique contemporaine somme toute académique. Sylvie parle en quasi-permanence et l’on a presque envie de rendre davantage hommage à l’incarnation théâtrale au sens large de <strong>Nicola Beller Carbone</strong> qu’à sa prestation vocale – irréprochable et engagée. Il en va de même pour les «&nbsp;hommes&nbsp;» qu’<strong>Ivan Ludlow</strong> endosse (le Mari et Victor Andrieu, le patron). Très peu de texte chanté et une voix déclamée qui ressemble à s’y méprendre avec celle d’un certain président de la République.</p>
<p>La proposition scénique de <strong>Richard Brunel</strong>, le directeur de l’Opéra national de Lyon, s’attèle à rendre parfaitement lisible les topos (physique et mentaux) de la déclamation de Sylvie. Dans ce décors de bureau de l’usine de caoutchouc, le truchement de stores, tantôt persiennes sur l’intimité tantôt écran de projection de vidéos live des scènes de huis clos, permet une plongée au cœur de l’action que la musique ne parvient pas à transmettre. La direction d’acteur, précise et ciselée, participent grandement à la réussite du spectacle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rivas-otages-lyon/">RIVAS, Otages &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lyon 2024-25 : une saison paritaire</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/158110/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Mar 2024 16:08:08 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=158110</guid>

					<description><![CDATA[<p>S’il fallait définir la saison de l’Opéra national de Lyon en 2024-25, on reprendrait les mots de son directeur général et artistique Richard Brunel : paritaire. Parité femme/homme puisque sur les neuf opéras mis en scène la saison prochaine, cinq le seront par des femmes. Deux compositrices présenteront leurs créations : Le Sang du Glacier &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/158110/"> <span class="screen-reader-text">Lyon 2024-25 : une saison paritaire</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/158110/">Lyon 2024-25 : une saison paritaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il fallait <a href="https://www.opera-lyon.com/saison-2024-2025-65ef08cd9da04">définir la saison de l’Opéra national de Lyon en 2024-25</a>, on reprendrait les mots de son directeur général et artistique <strong>Richard Brunel</strong> : paritaire. Parité femme/homme puisque sur les neuf opéras mis en scène la saison prochaine, cinq le seront par des femmes. Deux compositrices présenteront leurs créations : <em>Le Sang du Glacier</em> de <strong>Claire-Mélanie Sinnhuber</strong> <em>et L’avenir nous de le dira</em> de <strong>Diana Soh</strong>. Parité d’une certaine manière avec un XIXe siècle réduit à trois titres <em>(Il Turco in Italia</em>, <em>La forza del destino</em>, et <em>Andrea Chenier</em> (en concert et aussi donné au Théâtre des Champs Elysées), trois opéras du 20e siècle – <em>Madama Butterfly</em> en co-production avec Aix-en-Provence, <em>Wozzeck</em> (dont Richard Brunel signera la réalisation) et <em>Peter Grimes</em> – et donc trois opéras de notre temps avec la reprise dans le cadre du festival de <em>7 minutes</em> de <strong>Battisteli</strong>, créé à Nancy en 2019 et les deux créations déjà citées. Parité en somme entre la mission de gardienne du répertoire et de création, d’autant que fidèle à sa tradition, Lyon fait appel à des metteurs et metteuse en scène iconoclastes : <strong>Andrea Breth</strong>, <strong>Marie-Eve Signeyrole</strong> (<em>Cosi fan tutte</em> en clôture de saison) ou encore <strong>Ersan Mondtag</strong> dont la carrière en France semble prendre de l’ascendant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/158110/">Lyon 2024-25 : une saison paritaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Rigoletto -Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Oct 2023 03:58:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=143291</guid>

					<description><![CDATA[<p>Créée à Nancy en 2021, cette coproduction de Rigoletto avait séduit Yvan Beuvard, qui avait apprécié la transposition faisant de la cour de Mantoue une compagnie de danse et décrit avec précision l’installation scénique – le décor – et son évolution. Le duc est donc le tout puissant maître de ballet. Il exerce sur les &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-toulon/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, Rigoletto -Toulon</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-toulon/">VERDI, Rigoletto -Toulon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée à Nancy en 2021, cette coproduction de <em>Rigoletto </em>avait séduit Yvan Beuvard, qui avait apprécié la transposition faisant de la cour de Mantoue une compagnie de danse et décrit avec précision l’installation scénique – le décor – et son évolution. Le duc est donc le tout puissant maître de ballet. Il exerce sur les membres de la troupe un pouvoir despotique d’avant le « #me too » et se divertit des sarcasmes humiliants que pour lui plaire un ancien danseur devenu boiteux, Rigoletto, leur inflige sans ménagement. Dérivé directement du Triboulet de Victor Hugo, lui-même avatar de Quasimodo, le personnage de Piave a conservé pour Verdi une difformité physique dont, comme Yvan Beuvard à Nancy, nous constatons l’absence à Toulon. Or elle est essentielle. Sans doute <strong>Richard Brunel</strong> n’est-il pas le premier à adopter ce parti pris. Mais cela le rend-il plus pertinent ?</p>
<p>Jadis une femme bonne a su surmonter la répugnance que l’apparence monstrueuse de Rigoletto inspire parce qu’elle a compris sa soif désespérée d’amour. Elle est morte en couches et pour préserver la pureté d’âme de la défunte à travers leur fille il l’a éloignée des turpitudes de la vie urbaine. Pourquoi vient-il de l’accueillir dans le milieu empoisonné où il vit ? L’œuvre ne le dit pas. Mais elle va fatalement rencontrer le maître, un homme dont la beauté physique et le charme la subjugueront. Il est tout l’opposé de son père : beau au dehors, laid au-dedans, mais elle n’en sait rien. Peut-on être fidèle à l’esprit de l’œuvre sans respecter scrupuleusement ces contrastes ? Mais peut-être la dramaturge, qui montre la mort de Gilda comme un suicide, n’en est-elle pas à ça près.</p>
<p>Pour Richard Brunel, l’amour de sa femme a été si important que Rigoletto continue de vivre avec elle, dans le décor d’une loge-reliquaire et dans un tête à tête mental infini qui confine à l’hallucination. Le metteur en scène a donc créé un rôle pour qu’en présence muette elle soit l’alpha et l’oméga de l’œuvre, de son apparition devant le rideau pendant l’ouverture à son retrait final en compagnie de Gilda, dont la dernière tenue identique à celle de sa mère explicite qu’elles sont désormais ensemble dans l’au-delà. <strong>Agnès Letestu</strong> s’acquitte avec toute son élégance, sa maîtrise et sa sensibilité de ballerine des figures conçues par <strong>Maxime Thomas</strong>, allant jusqu’à jouer les Loïe Fuller dans la scène de l’orage où les éclairages de <strong>Laurent Castaingt</strong> valorisent la fantasmagorie.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Generale-Piano-Rigoletto-144-1000x600.jpg?&amp;cacheBreak=1697317385840" />© DR</pre>
<p>C’est beau, comment le nier, mais on ne taira pas que cet élément surajouté crée une distraction quant à la musique et à la situation dramatique dont la nécessité ne nous semble pas s’imposer. Car une autre distraction s’impose, celle créée par l’amplification rendue nécessaire par le lieu – le Zénith de Toulon – quand la musique reflue directement des haut-parleurs. C’est d’autant plus regrettable que sous la direction incandescente de <strong>Valerio Galli</strong> les musiciens donnent le meilleur d’eux-mêmes, la sonorisation l’expose en direct, mais l’impact émotionnel est trop différent de l’effet en fosse pour qu’on savoure sans mélange.</p>
<p>Cet effet de « lissage » du son affecte évidemment les chanteurs. C’est dommage pour eux, car ils accomplissent tous un sans-faute, des seconds rôles aux premiers, à quelques nuances près. On mentionnera avant tout leur engagement théâtral, sous la conduite d’ <strong>Alex Crestey</strong> qui a repris la mise en scène. Jusqu’aux artistes des chœurs, qui prendront même des poses et des positions sans que cela nuise à l’homogénéité et à la cohésion, tous se sont engagés sans réserve. Ainsi <strong>Juliette Raffin-Gay</strong> joue-t-elle la comtesse Ceprano en diva mortifiée par l’indifférence initiale du maître. En habilleuse factotum facilement entremetteuse <strong>Julie Pasturaud </strong>ne fait qu’une bouchée du rôle de Giovanna. <strong>Jean-Kristof Bouton </strong>(Monterone) <strong>Mathieu Gourlet </strong>(Ceprano)<strong> Olivier Cesarini </strong>(Marullo) et <strong>Kiup Lee </strong>(Matteo Borsa) sont impeccables.</p>
<p>Admirable aussi la Maddalena de <strong>Lucie Roche</strong>, qui a la désinvolture scénique de meneuse de revue suggérée par la mise en scène et marie de façon convaincante le cynisme le plus cru avec l’attendrissement sentimental. La basse <strong>Peter Martincic </strong>incarne de façon sobre mais efficace son tueur à gages de frère. Venu remplacer Matteo Roma, annoncé souffrant, <strong>Ivan Ayon-Rivas </strong>a été le duc de Mantoue dans au moins huit productions différentes. Si sa voix n’échappe pas aux conséquences de l’amplification, il exhibe des moyens conséquents qui lui vaudront un triomphe aux saluts. Sa Gilda, <strong>Maria Carla Pino Cury </strong> inquiète fugitivement car les aigus semblent un peu pincés, et puis la voix s’ouvre et se déploiera sans la moindre difficulté jusque dans les zones les plus élevées, sans omettre un trille, et parfois sur pointes, pour préparer la fin où la fille aura rejoint la mère. Une prise de rôle réussie !</p>
<p><strong>Nikoloz Lagvilava </strong>triomphe lui aussi, à juste titre, car outre une voix dont on devine que les conditions mentionnées n’ont pas pu altérer son timbre, son étendue et sa projection, il domine les facettes vocales du rôle de Rigoletto et les restitue avec probité, sans histrionisme déplacé et une concentration scénique à saluer particulièrement, étant donné le partenariat avec la danseuse que lui imposait cette production. Ainsi s&rsquo;achève cette production, qui semble avoir ravi le public;&#8230;.excepté un voisin parti à l&rsquo;entracte !</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-toulon/">VERDI, Rigoletto -Toulon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LECOCQ, La Fille de Madame Angot &#8211; Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-paris-opera-comique-en-cours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Sep 2023 03:55:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=142099</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelle célimène délicate et chatouilleuse que l’opérette ! La traiter avec insuffisamment d’égard peut la discréditer ; lui accorder trop d’attention n’est pas davantage lui rendre service. Pour preuve, La Fille de Madame Angot à l’Opéra Comique jusqu’au 5 octobre, puis à Nice, Avignon et Lyon les saisons prochaines. Dans un de nos meilleurs théâtres &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-paris-opera-comique-en-cours/"> <span class="screen-reader-text">LECOCQ, La Fille de Madame Angot &#8211; Paris (Opéra Comique)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-paris-opera-comique-en-cours/">LECOCQ, La Fille de Madame Angot &#8211; Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle célimène délicate et chatouilleuse que l’opérette ! La traiter avec insuffisamment d’égard peut la discréditer ; lui accorder trop d’attention n’est pas davantage lui rendre service. Pour preuve, <em>La Fille de Madame Angot</em> à l’Opéra Comique jusqu’au 5 octobre, puis à Nice, Avignon et Lyon les saisons prochaines. Dans un de nos meilleurs théâtres lyriques, avec des moyens dignes d’une grande production, le choix d’un metteur en scène reconnu et de gosiers rompus à des répertoires autrement exigeants ne suffit pas à avaliser le retour du chef d’œuvre de Charles Lecocq Salle Favart après 85 ans d’absence.</p>
<p>Au risque de se répéter, est-il obligatoire d’user de la transposition pour aider le public d’aujourd’hui à mieux appréhender les ouvrages d’hier ? Aidée par la musique, la mise en scène de <strong>Richard Brunel</strong> parvient à stimuler une intrigue privée de ressorts. Mais un décalage immédiat s’installe entre la représentation de l’action aux heures les plus chaudes de mai 1968, et le livret, si ancré dans le Directoire qu’il multiplie les références à cette période et en convoque plusieurs figures historiques – Pitou, Lange&#8230; Qu’à la fin du XVIIIe comme du XXe siècle, la révolte gronde ne rend pas moins incongrue la présence d’un poète royaliste dans un atelier d’assemblage de carrosserie. Sous les pavés, la plage ; sur les grilles de l’usine, des banderoles noircies de slogans. Une tournette favorise le passage de l’aciérie vers le salon de Mlle Lange, devenu salle de cinéma. Le duo des retrouvailles, « Jours fortunés de notre enfance », donne lieu à une parodie des <em>Demoiselles de Rochefort</em> qui forme le numéro plus abouti de la soirée. Las, les gradins des salles obscures s’avèrent peu propices à la valse supposée dissimuler les manigances des conspirateurs. On ne nous fera pas prendre des vessies pour des lanternes, des baisers pour des pas de danse et de Gaulle pour Barras. Quelques huées sanctionnent le parti pris au moment des saluts.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Fille-De-Madame-Angot-2-%C2%A9Jean-Louis-Fernandez-1000x600.jpg" />© Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>A l’époque de Lecocq, « les chanteuses assuraient le succès des productions tandis que les chanteurs décevaient régulièrement », explique Alexandre Dratwicki dans le programme – très complet, comme toujours à l’Opéra Comique. Les temps ont changé. <strong>Hélène Guilmette</strong> et <strong>Véronique Gens</strong> doivent s’incliner devant leurs partenaires masculins. La première crayonne une Clairette en mal de brio, de clarté et de cette fraicheur consubstantielle aux jeunes filles en fleur de l’opérette. Mlle Lange contraint la seconde à d’inconfortables efforts de projection, comme si le rôle ne tombait pas dans sa voix. Devoir lire les surtitres pour ne pas perdre un mot du texte chanté est un comble s’agissant d’une interprète émérite de la tragédie lyrique et de la mélodie. <strong>Julien Behr</strong> porterait beau en Ange Pitou si l’émission trop en arrière n’atténuait l’éclat du séducteur et ne le rendait lui aussi difficile à comprendre. Ce sont finalement les seconds rôles qui tirent leur épingle du jeu : <strong>Ludmilla Bouakkaz</strong> en Amarante gouailleuse bien que là encore il faille s’accrocher aux surtitres pour goûter la « légende de la mère Angot » ; <strong>Matthieu Lécroart</strong> dont le baryton timbré évite le piège de la caricature, digne dans les situations les plus embarrassantes, inquiétant dès qu’il retrouve un semblant d’autorité, amusant au 3e acte dans le duo très applaudi « des deux forts » ; et en tête de peloton, <strong>Pierre Derhet</strong>, Pomponnet toujours intelligible, d’une aisance vocale et scénique remarquable, jusque dans la romance du 2e acte, coupée lors de la création car jugée trop difficile, usant à propos de la voix mixte pour diaprer de sentiments un personnage sinon ridicule.</p>
<p>Les artistes du Concert Spirituel mettent à profit leur connaissance du répertoire français du XVIIIe siècle pour anoblir chacune des interventions chorales. Avec le concours de l’Orchestre de chambre de Paris, <strong>Hervé Niquet</strong> professe sa foi en la musique de Lecocq. La légèreté de sa direction, sa fantaisie dénuée d’insolence, n’excluent pas le respect porté à la partition pour atteindre au bout du compte l’équilibre recherché entre le trop et le pas assez.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-paris-opera-comique-en-cours/">LECOCQ, La Fille de Madame Angot &#8211; Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Requiem &#8211; Lyon (Fourvière)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-lyon-fourviere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=133722</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un récent concert donné le 28 octobre 2022 dans le cadre du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, proposait le Requiem de Verdi dans les conditions qui avaient été celles de sa présentation en 1943 au camp de concentration de Terezin, une des antichambres d’Auschwitz. Le pianiste et chef d’orchestre tchèque Rafael Schächter avait &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-lyon-fourviere/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, Requiem &#8211; Lyon (Fourvière)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-lyon-fourviere/">VERDI, Requiem &#8211; Lyon (Fourvière)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un récent concert donné le 28 octobre 2022 dans le cadre du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, proposait le <em>Requiem</em> de Verdi dans les conditions qui avaient été celles de sa présentation en 1943 au camp de concentration de Terezin, une des antichambres d’Auschwitz. Le pianiste et chef d’orchestre tchèque Rafael Schächter avait réussi à réunir avec les difficultés que l’on imagine, cent cinquante choristes et quatre solistes, tous internés, accompagnés par deux pianos. Ce soir, ce concert, donné au théâtre romain de Fourvière dans le cadre du 40<sup>e</sup> anniversaire de l’orchestre de l’Opéra de Lyon, se voulait rappeler la mémoire des artistes et des musiciens déportés au camp de Terezín. Des extraits du roman de Josef Bor, <em>Le Requiem de Terezin</em> (1963), lus par <strong>Richard Brunel</strong> pendant près de vingt-cinq minutes réparties en trois interventions, rappelaient ce douloureux évènement. Mais autant l’émotion était poignante et lourde de sens à la Sorbonne, autant ici, avec grand orchestre et solistes en robes du soir et frac, le décalage était-il sans doute trop grand pour que ce <em>Requiem</em>, œuvre intemporelle et universelle, touche de la même manière.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/608-89corr-22-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-133723" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photo Paul Bourdrel&nbsp;</sup></figcaption></figure>


<p>Car le concert est resté dans le grand classicisme, sans rien d’exceptionnel, ni dans la direction d’orchestre de <strong>Daniele Rustioni</strong>, solide sans être novatrice, ni dans les interventions des chœurs, d’une grande clarté. Les solistes n’ont pas eu l’air plus concernés par ce qui se passait autour d’eux. On sait pourtant que, pour que le miracle fusionnel fonctionne entre tous les ingrédients du <em>Requiem</em> de Verdi, il ne suffit pas de réunir quatre des plus grands chanteurs du moment. Il faut surtout de longues répétitions pour permettre une unité de style qui lie les composants, en particulier dans le <em>Dies iræ</em>. Ce soir, chacun est resté sur ses positions, et l’on a donc eu droit à des interventions plus qu’honorables mais faites d’autant d’éléments séparés accolés.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/REQUIEM-Lyon-2-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-133724" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photo Jean-Marcel Humbert</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Ekaterina Gubanova</strong>, de sa voix d’orgue, s’est approprié le rôle de diva d’opéra, entre Azucena et Eboli, magnifique notamment dans le <em>Liber Scriptus</em>. Mais évidemment, dans un style plus slave que latin, écrasant souvent ses partenaires, comme dans le <em>Quid sum Miser</em>. Ce n’est finalement que dans l’<em>Agnus Dei</em>, quand la soprano a enfin trouvé ses marques, que l’on a droit à un duo de belle tenue. <strong>Saimir Pirgu</strong>, dans la plénitude de ses moyens, confirme une fois de plus des qualités lyriques et musicales de premier plan, et même si l’on a noté quelques délicatesses avec le style et le legato, son <em>Ingemisco</em> est de toute beauté, la voix splendide, la projection de premier ordre. Osant utiliser la voix mixte à bon escient, il montre que, même en plein air, il est possible de se faire entendre tout en rendant toutes les finesses de la partition. Mais c’est <strong>Michele Pertusi</strong> qui a le mieux distillé une grande humanité et une grande émotion, peut-être du fait de moyens qui ne sont plus ceux de sa jeunesse, et d’un souffle qui paraît parfois un peu court. Mais quelle technique, quelle maîtrise du texte et des intentions, un grand moment de beau chant. Enfin, <strong>Mariangela Sicilia</strong> remplaçait au pied levé Anna Pirozzi, déclarée souffrante. Grâce lui soit rendue d’avoir sauvé le concert. Cette mozartienne que l’on commence à bien connaître, construit de remplacements en prises de rôles une belle carrière internationale. Dès le <em>Rex tremendæ</em>, sa voix aérienne s’affirme rapidement, jusqu’à un magnifique <em>Libera me</em> qui termine en beauté ce concert, dont on retiendra surtout le côté un peu patchwork.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-lyon-fourviere/">VERDI, Requiem &#8211; Lyon (Fourvière)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
