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	<title>Florian CAFIERO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Florian CAFIERO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>THOMAS, Hamlet — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-nantes-au-vrai-chic-carsenien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Sep 2019 04:59:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour monter le Hamlet d’Ambroise Thomas, jadis pilier du répertoire d’opéra français, mais œuvre qui n’a vraiment repris les chemins des scènes que depuis deux décennies, Angers Nantes Opéra et Rennes ont uni leurs forces, avec un résultat qui confirme une fois encore la validité de cet opéra trop longtemps décrié. A la mise en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour monter le <em>Hamlet</em> d’Ambroise Thomas, jadis pilier du répertoire d’opéra français, mais œuvre qui n’a vraiment repris les chemins des scènes que depuis deux décennies, Angers Nantes Opéra et Rennes ont uni leurs forces, avec un résultat qui confirme une fois encore la validité de cet opéra trop longtemps décrié.</p>
<p>A la mise en scène, <strong>Frank Van Laecke</strong>, nom dont on avoue humblement ne pas être familier, mais dont les choix esthétiques et dramaturgiques rappellent furieusement le « style Carsen » : une production fort élégamment illustrative, dans un décor d’une sobriété pleine de bon goût, divisé entre une zone restreinte à l’avant-scène pour les moments intimes, et un espace plus vaste qui ne se découvre que pour les épisodes de faste. Ce beau décor de pierre grise, ces chaises en rang, cette table de banquet, tout cela pourrait venir d’un spectacle signé Robert Carsen, où manquerait juste une idée directrice plus nettement dessinée. Frank Van Laecke avait monté une belle <a href="https://www.forumopera.com/katia-kabanova-rennes-rennes-sous-leau"><em>Katia Kabanova</em> à Rennes en février 2018</a> ; même si l’opéra de Thomas n’est pas la pièce de Shakespeare, on pouvait attendre pour <em>Hamlet</em> une vision peut-être un rien plus audacieuse. Le fil conducteur semble être ici la cendre : le héros commence par jouer avec l’urne contenant les restes de son défunt père, il se saupoudre ensuite de ces cendres, avant de vider toute l’urne sur son oncle l’usurpateur. A la toute fin, une pluie de cendre tombera des cintres. Pour la représentation théâtrale qui doit confondre l’assassin, le roi, la reine et la cour de Danemark prennent place dans la salle même. Aux troisième et quatrième actes, la présence de la mort est renforcée par un bel usage du chœur, assis à l’arrière-plan et portant des masques-crânes. Fluidité des enchaînements, raffinement visuel, et ridicule toujour évité : ce sont là de grands atouts, il faut le reconnaître.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Pierre Dumoussaud</strong> dirige en convaincu de la qualité de cette musique, dont il prouve qu’elle n’est ni mièvre ni (trop) clinquante. Musicalement, on entend le final original de l’œuvre, mais la mise en scène a choisi de faire se suicider Hamlet alors même que le chœur le sacre roi : peut-être aurait-on pu alors utiliser plutôt le <em>unhappy ending</em> écrit pour les représentations londoniennes ? En tout cas, l’Orchestre National des Pays de la Loire rend lui aussi justice à cette partition, qu’il doit encore jouer trois fois à Nantes, trois fois à rennes et deux fois à Angers d’ici la fin novembre.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/hamlet_-_session_1-11.jpg?itok=P7F3QA_t" title="© Jean-Marie Jagu" width="468" /><br />
	© Jean-Marie Jagu</p>
<p>Quant à la distribution, les dates de représentation rapprochées ont conduit les organisateurs à la prévoir double pour les deux rôles principaux. Pour la première, c’est <strong>Kevin Greenlaw</strong> qui prête au prince de Danemark une voix claire et un bel engagement scénique ; en dehors d’une pointe d’accent anglophone, on regrette un peu que le baryton semble avoir pris pour modèle les nasalités d’un Thomas Hampson plutôt que la noblesse stylée d’un Ernest Blanc. Même si elle interprète toujours des rôles de colorature comme Zerbinette ou la fée de <em>Cendrillon</em>, <strong>Marie-Eve Munger</strong> commence à aborder des personnages un peu moins légers, et cela s’entend dans un registre central plus étoffé, sans que la virtuosité ne soit perdue, opportun renvoi à une époque où les plus grandes sopranos avaient Ophélie à leur répertoire. Quant au français, il ne pose aucun problème à la Québécoise, on s’en doute. <a href="https://www.forumopera.com/hamlet-paris-favart-etre-et-ne-pas-etre">Après la Salle Favart en décembre dernier</a>, <strong>Julien Behr</strong> retrouve Laërte : passé son air initial, où il prodigue des trésors de délicatesse, il disparaît hélas jusqu’au quelques mesures qui lui reviennent au dernier acte. <strong>Philippe Rouillon</strong> commence par inquiéter sérieusement, car il semble parler ses premières phrases plus qu’il ne les chante. Une fois la voix chauffée, on se rassure devant l’énergie avec laquelle l’aigu est projeté, le timbre ayant conservé une noirceur idéale, même si le legato manque parfois. <strong>Julie Robard-Gendre</strong> est une Gertrude majestueuse, tant sur le plan vocal que scénique, dont on regrette pourtant que la diction ait tendance à se perdre dans l’aigu. Dans la mesure où le Spectre reste invisible dans cette production (ses apparitions se manifestent seulement par un brusque changement d’éclairage), il est difficile de juger la prestation de <strong>Jean-Vincent Blot</strong>, dont la voix parvient amplifiée par des micros. <strong>Nathanaël Tavernier </strong>et <strong>Florian Cafiero</strong> tiennent fort correctement leurs rôles, mais l’on avouera avoir été conquis par les deux Fossoyeurs (même privés d’un de leurs couplets), <strong>Mikaël Weill </strong>et <strong>Benoît Duc</strong>, issus du Chœur d’Angers Nantes Opéra, dont toutes les interventions font mouche, de la pompe des premières scènes au banquet « offenbachien », de l’accompagnement bouche fermée de la mort d’Ophélie au convoir mortuaire du dernier acte.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Musiques en fête, quoi de neuf en 2019 ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/musiques-en-fete-quoi-de-neuf-en-2019/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jun 2019 09:37:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le rendez-vous est désormais inscrit dans le paysage cathodique : la 9e édition de Musiques en fête aura lieu le mercredi 19 juin. La soirée sera comme à chaque fois retransmise en direct du Théâtre Antique d’Orange par France 3 et France Musique. La formule reste inchangée : quelque 200 musiciens* interpréteront les plus grands airs d’opéra, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rendez-vous est désormais inscrit dans le paysage cathodique : la 9<sup>e</sup> édition de Musiques en fête aura lieu le mercredi 19 juin. La soirée sera comme à chaque fois retransmise en direct du Théâtre Antique d’Orange par France 3 et France Musique. La formule reste inchangée : quelque 200 musiciens* interpréteront les plus grands airs d’opéra, d’opérette, de comédies musicales, ainsi que des musiques traditionnelles et des chansons françaises. Comme d’habitude, <strong>Luciano Acocella</strong> et <strong>Didier Benetti</strong> dirigeront l’Orchestre régional Avignon-Provence et l’Orchestre de Cannes Alpes-Provence-Côte d’Azur et comme l’an passé, Judith Chaine et Cyril Féraud présenteront l’émission. Alors quoi de neuf en 2019 ? la chanteuse de variété béninoise <strong>Angélique Kidjo</strong> et pour la première fois <strong>Roberto Alagna</strong>, ce qui n’est cependant pas inhabituel sur une chaîne de télévision française. Plus original, aux côtés des habitués de l’événement – <strong>Florian Laconi</strong>, <strong>Béatrice Uria-Monzon, Patrizia Ciofi, Kevin Amiel, Sara Blanch Freixes¸ Chloé Chaume, Fabienne Conrad, Armelle Khourdoian, Valentine Lemercier, Amélie Robins</strong> … –, quelques jeunes chanteurs prometteurs auxquels l’émission offre un tremplin médiatique appréciable : <strong>Erminie Blondel</strong>, <strong>Jérôme Boutillier</strong>, <strong>Florian Cafiero</strong>, <strong>Thomas Dear</strong>, <strong>Marc Scoffoni</strong> et le ténor français qui monte : <strong>Thomas Bettinger</strong> que l’on pourra aussi retrouver à Paris le 21 octobre, aux côtés de Nicolas Cavallier, dans l’INSTANT LYRIQUE.  </p>
<p><strong>*Programme (sous réserve de modification)</strong></p>
<ul>
<li>
Georges Bizet, <em>Carmen</em>; Ouverture
</li>
<li>
Charles Aznavour, La bohème (Roberto Alagna)
</li>
<li>
Giuseppe Verdi, <em>La traviata</em>, « Sempre libera » (Erminie Blondel et Florian Cafiero)
</li>
<li>
Giuseppe Verdi, <em>La traviata</em>, « Dite alla giovine » (Armelle Khourdoïan et Marc Scoffoni)
</li>
<li>
Giuseppe Verdi, <em>Aida</em>, « Gloria all’Egitto » (Chœur)
</li>
<li>
POP OPERA, extraits de chansons
</li>
<li>
Ruggero Leoncavallo, <em>I Pagliacci</em>, « Vesti la giubba » (Roberto Alagna)
</li>
<li>
Vincenzo Bellini, <em>I Capuleti e i Montecchi</em>, « Oh quante volte » (Patrizia Ciofi)
</li>
<li>
Franz Lehar, <em>Le Pays du sourire</em>, « Je t’ai donné mon cœur » (Kévin Amiel, Erminie Blondel, Marc Scoffoni)
</li>
<li>
Giacomo Puccini, <em>Tosca</em>, « E lucevan le stelle » (Florian Cafiero)
</li>
<li>
Giacomo Puccini, <em>Gianni Schicchi</em>, « O mio babbino caro » (Chloé Chaume)
</li>
<li>
Jacques Offenbach, <em>La Vie parisienne</em>, air du Brésilien (Roberto Alagna)
</li>
<li>
Johann Strauss, <em>La Chauve-Souris</em>, « Mon cher marquis » (Amélie Robins)
</li>
<li>
Giuseppe Verdi, <em>Nabucco</em>, « Come notte » (Thomas Dear/chœur)
</li>
<li>
Jules Massenet, <em>Le Cid</em>, « Ô Souverain, Ô juge, Ô père … » (Roberto Alagna/chœur)
</li>
<li>
Leonard Bernstein, <em>West Side Story</em>, Mambo (danseurs de l’Opéra d’Avignon)
</li>
<li>
Leonard Bernstein, <em>West Side Story</em>, « Tonight » (Fabienne Conrad et Florian Laconi)
</li>
<li>
Gaetano Donizetti, <em>Lucia di Lammermoor</em>, Finale de l’acte II (Patrizia Ciofi, Valentine Lemercier, Kévin Amiel, Thomas Bettinger, Jérôme Boutillier, Thomas Dear/chœur)
</li>
<li>
Pietro Mascagni, <em>Cavalleria rusticana</em>, « Ave Maria » (Béatrice Uria-Monzon)
</li>
<li>
Lucio Dalla, Caruso (Florian Cafiero)
</li>
<li>
Michel Legrand, Hommage à Michel Legrand (Jérôme Boutillier, Erminie Blondel, Valentine Lemercier, Amélie Robins, Kévin Amiel, Thomas Bettinger/ Danseurs de l’Opéra d’Avignon)
</li>
<li>
Vincenzo Bellini, <em>Norma</em>, « Casta Diva » (Fabienne Conrad/Chœur)
</li>
<li>
Gaetano Donizetti, <em>Lucia di Lammermoor</em>, « Quando rapito in estasi » (Sara Blanch Freixes)
</li>
<li>
Michel Berger, <em>Starmania</em>, Le blues du businessman (Florian Laconi)
</li>
<li>
Giacomo Puccini, <em>La Bohème</em>, « Che gelida manina » (Kévin Amiel)
</li>
<li>
Giacomo Puccini, <em>La Bohème</em>, « Quando men vo’ » (Armelle Khourdoïan)
</li>
<li>
Jacques Offenbach, <em>La Grande Duchesse de Gerolstein</em>, « Ah que j’aime les militaires » (Valentine Lemercier)
</li>
<li>
Jacques Offenbach, Les Contes d’Hoffmann, La chanson de Kleinzach (Florian Laconi/chœur)
</li>
<li>
Franz Lehar, <em>La Veuve joyeuse</em>, Heure exquise (Armelle Khourdoïan et Marc Scoffoni)
</li>
<li>
Ennio Morricone, <em>Il était une fois dans l’Ouest</em> (Amélie Robins/Maîtrise de l’Opéra d’Avignon)
</li>
<li>
Jules Massenet, <em>Werther</em>, « Pourquoi me réveiller » (Thomas Bettinger)
</li>
<li>
Georges Bizet, <em>Carmen</em>, Air du toréador (Jérôme Boutillier/chœur)
</li>
<li>
Georges Bizet, <em>Carmen</em>, Scène finale (Béatrice Uria-Monzon, Roberto Alagna)
</li>
<li>
Célia Cruz, La vida es un carnaval (Angélique Kidjo/Chœur)
</li>
<li>
Jacques Offenbach, <em>Orphée aux Enfers</em>, galop infernal (Tutti/Chœur/Danseurs de l’Opéra d’Avignon)
</li>
<li>
Giuseppe Verdi, <em>La traviata</em>, « Libiamo ne’ lieti calici » (Patrizia Ciofi et Roberto Alagna/Chœur)
</li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Nabucco — Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nabucco-dijon-le-bruit-et-la-fureur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Nov 2018 09:30:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé à Lille il y a six mois, Nabucco était impatiemment attendu à Dijon qui n’avait pas applaudi l&#8217;opéra de Verdi depuis 2004. Avant que les lumières déclinent, un homme immobile, comme celui qui incarnait la résistance stambouliote de la place Taksim en 2013, dans un faisceau de lumière tombant des cintres, s’anime aux accents &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé <a href="/nabucco-lille-toute-ressemblance-avec-des-faits-reels-nest-pas-fortuite">à Lille il y a six mois</a>, <em>Nabucco</em> était impatiemment attendu à Dijon qui n’avait pas applaudi l&rsquo;opéra de Verdi depuis 2004. Avant que les lumières déclinent, un homme immobile, comme celui qui incarnait la résistance stambouliote de la place Taksim en 2013, dans un faisceau de lumière tombant des cintres, s’anime aux accents de l’ouverture, dans une ondée qui s’amplifie. Originale, sa lutte contre les éléments qui se déchaînent prend valeur de symbole. Le ton est donné : <em>Nabucco</em> n’est plus ce soir le peplum biblique mais un hymne à la résistance à l’oppression, conformément au vœu de Verdi, assorti d’une dissection des liens du pouvoir. Pour ce faire, <strong>Marie-Eve Signeyrole</strong> use avec virtuosité de tous les moyens propres à renforcer la dimension dramatique de l’ouvrage. Les médias, les chaînes d’information continue sont convoqués, qui nous gavent d’images plus fortes les unes que les autres. Ainsi, la vidéo projetée commentera en temps réel les péripéties du pouvoir, mais aussi accompagnera d’illustrations percutantes la fureur destructrice, les atrocités, l’apparition du despote. Une interview, des textes brefs, pertinents, prononcés lentement avec un fort accent étranger, tout concourt à la puissance expressive. Les armes, visibles et sonores, visant parfois le public, nous rappellent le déferlement de violence que subissent nombre de populations en ces temps tourmentés. L’attention, toujours sollicitée par de multiples sources, peine à choisir et laisse un sentiment de frustration de n’avoir pas pu tout assimiler. Ce sera là la seule réserve. Les décors, les costumes, les éclairages, tout participe à ces tableaux animés qui nous émeuvent, nous angoissent, nous étreignent. La direction d’acteur est superlative et vaut pour tous : traitement de chaque soliste comme des masses chorales. Les gros plans offerts par la vidéo, jusqu’aux visages torturés, grimaçants, nous parlent</p>
<p>Au cœur de l’entreprise, <strong>Roberto Rizzi-Brignoli</strong>, familier de l’ouvrage (il l&rsquo;a donné en septembre et le reprendra dans un mois au Deutsche Oper de Berlin, avec Anna Pirozzi et Georges Petean), familier de Dijon, où il avait magistralement dirigé un mémorable Boccanegra. Il insuffle une formidable énergie à l’Orchestre Dijon Bourgogne, aux chœurs, comme à chacun des solistes dont il accompagne le chant. La distribution paraît idéale, avec de très grandes voix, sans la moindre faiblesse. Quatre chanteurs de la création lilloise poursuivent l’aventure (Nabucco, Abigaïlle, Fenena et le Grand prêtre), pour notre plus grand bonheur. <strong>Nikoloz Lagvilava</strong> est Nabucco, despote féroce, qui se fait dieu avant de sombrer dans la folie et de se muer en un père devenu victime. Le grand baryton verdien a l’insolence du rôle et traduit à merveille l’évolution du personnage. La voix est splendide, sonore, rayonnante, au timbre mat, avec des aigus clairs. Le finale du premier acte nous vaut un « Tremin gl’insani » impérieux, ses angoisses « Son pur queste mie membra » lorsqu’il va se découvrir prisonnier nous émeuvent. Mais au « Dio du Giuda », où le violoncelle solo dialogue avec les flûtes, son humanité devient bouleversante.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/nabucco_1_jpeg.jpg?itok=DtYkEXEK" title="Mary Elizabeth Williams et Nikoloz Lagvilava (Nabucco) © Gilles Abbeg - Opéra de dIjon" width="468" /><br />
	Mary Elizabeth Williams et Nikoloz Lagvilava (Nabucco) © Gilles Abbeg &#8211; Opéra de Dijon</p>
<p>Abigaïlle est le personnage le plus riche, humainement comme vocalement, le rôle le plus exigeant, périlleux. <strong>Mary Elizabeth Williams</strong>, est une très grande Abigaïlle, d’une aisance insolente, aux moyens fascinants : la voix est large, profonde, agile qui lui permet les nuances les plus ténues après des explosions dans les registres extrêmes. Les graves sont sombres à souhait, avec un medium solide et des aigus somptueux. Le saut de deux octaves de son récitatif dramatique est impressionnant. Chacune de sse interventions mériterait d’être citée, mais c’est encore son long duo avec Nabucco, au deuxième acte, qui impressionne le plus, par l’extrême variété de son jeu. Zaccaria est incarné par <strong>Sergey Artamonov</strong>, qui remplace Simon Lim initialement prévu. On se souvient du Vieux de <em>Gli Zingari</em>  – Radio France-Montpellier en juillet 2014. Cette grande voix ne se départira de l’autorité prophétique qu’au dernier acte, lorsqu’il accompagnera Fenena au martyre. La voix est large, bien timbrée, noble.  Sa prière du II, la prophétie du III sont de grands moments. A la Fenena de <strong>Victoria Yarovaya</strong>, voix  tendre, passionnée, aux aigus veloutés et aux graves solides, ne manque que cette dimension tragique, tendue. Cette héroïne passionnée, violente, incandescente paraît un peu trop sage par rapport à son père et à Abigaille. La douceur de la cavatine et la prière sont des réussites.</p>
<p>Aucun des autres solistes ne déçoit : Isamele, l’amant, peu caractérisé par Verdi, chanté par <strong>Valentyn Dytiuk</strong> nous offre de belles couleurs. Il en va de même d’Abdallo, <strong>Florian Cafiero</strong>. D’Anna, <strong>Anne-Cécile Laurent</strong>, on retiendra la voix claire et pure, dans « Immense Jehova ».  Enfin, le Grand-prêtre d’<strong>Alessandro Guerzoni</strong> nous réserve des graves profonds assortis de l’autorité attendue. La splendeur orchestrale et chorale est magnifiée par l’ODB comme par les chœurs des opéras de Dijon et de Lille. Plus souvent sollicités qu’aucun des solistes, protagonistes essentiels, ils se voient confier la plus large gamme expressive. Leur chant, intense, puissant ou plaintif, comme leur jeu dramatique forcent l’admiration. Chaque intervention est remarquable, le chœur des Lévites fait forte impression, mais chacun attend le chœur des esclaves hébreux, le « Va pensiero ». C’est une authentique plainte, tendue, longue de voix et la progression en est superbe. La part du public qui ne connaissait que cette page, comme les familiers de Verdi, sont sortis éblouis, fascinés par cette réalisation hors du commun.</p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>GLUCK, Alceste — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alceste-lyon-esprits-en-ebullition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2017 10:23:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour l’ouverture d’Alceste, dans cette nouvelle production de l’Opéra de Lyon, Alex Ollé (du collectif catalan La Fura dels Baus) a eu l’idée de projeter un film muet dans lequel les chanteurs qui incarnent ensuite Admète et Alceste partent en voiture – la musique commence lorsqu’un doigt presse en gros plan la touche de l’autoradio. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour l’ouverture d’<em>Alceste</em>, dans cette nouvelle production de l’Opéra de Lyon, <strong>Alex Ollé</strong> (du collectif catalan <strong>La Fura dels Baus</strong>) a eu l’idée de projeter un film muet dans lequel les chanteurs qui incarnent ensuite Admète et Alceste partent en voiture – la musique commence lorsqu’un doigt presse en gros plan la touche de l’autoradio. Il installe ainsi l’œuvre de Gluck dans notre modernité, mais il en déplace aussi les enjeux : tandis que le paysage défile, un échange agité tourne à la querelle entre époux. Après avoir perdu le contrôle de son véhicule qui effectue quelques tonneaux, Admète est dans le coma, et Alceste se sent coupable. Rien de tout cela dans le livret, mais il s’agit, nous dit le metteur en scène dans des propos cités dans la notice de salle, de «<em> rendre crédibles [les] mécanismes psychologiques</em> » des personnages. La force de l’image animée nous entraîne, émouvante dans son association avec la musique, redoublant le dynamisme de la partition par la mobilité des formes et des figures.</p>
<p>Passée cette projection initiale, la scène accueille des décors néo-baroques dus à <strong>Alfons Flores</strong> : à côté du salon et de la grande table de banquet, seule la salle vitrée d’une unité de soins intensifs (où se trouveront successivement Admète, puis Alceste) rappelle la dimension contemporaine du drame qui s’est noué. Des projections vidéo de <strong>Franc Aleu</strong> font varier les perspectives et les couleurs, créent de spectaculaires effets de fresques et de trompe-l’œil, donnant notamment aux scènes du troisième acte un aspect fantastique dans lequel évoluent, composant le chœur des dieux infernaux, des malades en chemise d’hôpital.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/alcesteg-rjeanlouisfernandez096.jpg?itok=5ItdURa4" title="Gluck, Alceste - Opéra National de Lyon, 2017 © Jean-Louis Fernandez" /><br />
	Opéra National de Lyon, 2017 © Jean-Louis Fernandez</p>
<p>Grâce à l’orchestre baroque I Bollenti Spiriti <em>(Les esprits en ébullition)</em>, nouvelle formation composée de musiciens de l’Orchestre de Lyon sous la direction de <strong>Stefano Montanari</strong>, la musique, voulue par Gluck au service du texte, atteint parfaitement le but que lui assignait le librettiste Calzabigi dans l’épître dédicatoire figurant au début du texte imprimé de la version italienne en 1769 : « <em>fortifier la poésie par une expression nouvelle </em>». À la qualité de l’exécution musicale dans sa recherche du son et du phrasé baroques s’allie celle des Chœurs de l’Opéra de Lyon, dont l’expressivité ponctue l’œuvre de manière efficace et émouvante.</p>
<p>Toutes les conditions paraissent réunies pour un spectacle d’exception, et pourtant la représentation est inégale. Indépendamment du statisme de la mise en scène et d’une direction d’acteurs minimaliste, <strong>Karine Deshayes</strong> ne semble pas parfaitement à son aise dans le rôle d’Alceste : la diction et la projection sont de bonne tenue, le chant est certes beau, mais souvent appliqué et reste la plupart du temps assez froid, peu flatteur dans les aigus, peinant à émouvoir. <strong>Julien Behr</strong> confine les beautés de son timbre dans un volume insuffisant pour le personnage d’Admète, tenu ici à distance de toute possibilité d’empathie. Hercule sans prestance mais associé de manière presque caricaturale à une figure christique, <strong>Thibaut de Damas</strong> pourrait améliorer sa diction afin de rendre son texte plus intelligible.</p>
<p>Le contraste est grand avec l’engagement fervent d’<strong>Alexandre Duhamel</strong> en Grand-Prêtre sonore et fascinant, dans une scène de spiritisme étonnante qui nous transporte pendant un moment, au cours des échanges étourdissants de cette voix puissante avec le Chœur, à un autre niveau d’émotion – sans doute la scène la plus saisissante de la soirée. <strong>Florian Cafiero</strong> et <strong>Maki Nakanishi</strong> tirent leur épingle du jeu avec un Évandre solide et un Coryphée gracieux, au chant soigné, de même que <strong>Tomislav Lavoie</strong>, Héraut et Apollon, renouvelant avec bonheur sa prestation saluée <a href="http://www.forumopera.com/alceste-paris-garnier-du-manifeste-au-palimpseste">en 2015</a> au Palais Garnier.</p>
<p>Ainsi sauvée en partie par l’orchestre, les chœurs et une partie des personnages secondaires, cette représentation d’<em>Alceste</em> se termine de manière énigmatique, suscitant de nouvelles interrogations, à défaut d’avoir pu communiquer une émotion continue et durable : au cours de la projection vidéo d’un film de la famille réunie dans le bonheur autour d’Admète et d’Alceste, les images se dissolvent et s’estompent, laissant place au deuil. Sur la scène, Admète, en contradiction avec le <em>lieto fine</em> du livret, adresse un dernier adieu au corps d’Alceste dans son cercueil posé sur un catafalque recouvert d’un drap noir.</p>
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		<title>CHAILLOU, Little Nemo — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/little-nemo-nantes-sans-effets-speciaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Jan 2017 13:50:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Contemporain de Bécassine, Little Nemo in Slumberland est un peu à la bande dessinée ce que la Recherche du temps perdu est à la littérature : une exploration des plis et replis de l’inconscient menée avec une virtuosité stupéfiante. Les planches publiées par Winsor McCay dans la décennie qui précéda la Première Guerre mondiale ne cessent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Contemporain de <em>Bécassine</em>, <em>Little Nemo in Slumberland</em> est un peu à la bande dessinée ce que la <em>Recherche du temps perdu</em> est à la littérature : une exploration des plis et replis de l’inconscient menée avec une virtuosité stupéfiante. Les planches publiées par Winsor McCay dans la décennie qui précéda la Première Guerre mondiale ne cessent d’éblouir par l’inventivité de leur graphisme et l’audace onirique de leur scénario. Adapté en comédie musicale dès 1908, <em>Little Nemo</em> est également devenu un dessin animé en 1989. Il restait à en faire un opéra, excellente idée qu’ont eu le compositeur David Chaillou et ses librettistes, Olivier Balazuc et Arnaud Delalande. Excellente mais redoutable, car comment offrir un équivalent scénique de cet univers où tout est possible, et où peuvent se produire les métamorphoses les plus surprenantes, jusque dans le style même du dessin ? Le défi était de taille. Par son sujet (les rêves d’un petit garçon), <em>Little Nemo</em> semblait destiné aux chères têtes blondes, mais l’équipe a décidé, en accord avec Angers Nantes Opéra et l&rsquo;Opéra de Dijon, coproducteurs de l’opération, de s’adresser à tous « à partir de 7 ans ». Malgré tout, le projet n’a pas été monté avec un faste hollywoodien : treize artistes sur scène, dix musiciens en fosse, c’est à la fois très peu pour un opéra et beaucoup pour un spectacle Jeune Public.</p>
<p>Sur le plan visuel, <em>Little Nemo</em> est une réussite, avant tout grâce au décor ingénieux et aux costumes extravagants de <strong>Bruno de Lavenère</strong>, qui a su s’inspirer de Winsor McCay sans renoncer à d’autres clins d’œil, comme celui qui consiste à faire de Flip un double du Joker de Batman. Grâce à lui, même sans effets spéciaux hollywoodiens, un grand escalier peut se changer en montgolfière, la scène peut soudain grouiller d’hommes-champignons ou de femmes-papillons, et l’on passe sans difficulté du monde de la lune au royaume du sommeil. Dommage quand même que l’on n’ait pas tenté d’habiller les machinistes comme la population de Slumberland, cela aurait contribué à la magie du spectacle.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/nemo5_0.jpg?itok=c4aI_nQ3" title="© Jeff Rabillon" width="468" /><br />
	© Jeff Rabillon</p>
<p>Sur le plan musical, le résultat n’est peut-être pas à la hauteur des attentes. On voudrait une partition qui suscite l’émerveillement, qui étonne, qui vous mette la tête à l’envers. D’un autre côté, le genre « opéra pour enfants » a aussi ses exigences, notamment en termes d’accessibilité. Hélas, la musique de David Chaillou n’est ni vraiment mémorable, ni très mémorisable, et ne produit sur l’auditeur aucun effet spécial. Elle s’efface un peu trop souvent devant la parole, même si le rôle parlé de Bonbon (excellent <strong>Cyril Rabbath</strong>) inclut paradoxalement un peu de chanté. Dans la fosse, où <strong>Philippe Nahon</strong> dirige son ensemble <strong>Ars Nova</strong> avec son habituel dévouement envers les œuvres contemporaines, c’est le piano et les percussions qui dominent, au point de faire presque disparaître le quatuor à cordes. Quant à la sonorisation, elle instaure un déséquilibre entre l’orchestre et les voix, en particulier celles des six choristes qui peinent à se faire entendre.</p>
<p>Parmi les solistes, <strong>Chloé Briot</strong> est évidemment le pilier de toute l’entreprise. Habituée aux rôles d’enfants (Yniold, Oberto…), la mezzo trouve ici un personnage plus développé qu’à l’ordinaire, et dans lequel elle est une fois de plus totalement crédible. On regrette seulement que la partition lui impose parfois de chanter son texte à une vitesse telle qu’il cesse d’être intelligible. Autre protagoniste essentiel, <strong>Richard Rittelmann </strong>est un Flip déchaîné et inquiétant, mais qui a lui aussi autant, sinon plus, à parler qu’à chanter ; cela dit, la partition semble à de nombreux moments bien trop grave pour lui, ce à quoi il aurait dû être possible de remédier en cours de répétitions. <strong>Hadhoum Tunc</strong> a la grâce de la Princesse qu’idolâtre Nemo, et l’on aurait voulu que le personnage inspire au compositeur une musique plus virtuose. Méforme passagère ou trop parfaite incarnation de Morphée, <strong>Bertrand Bontoux</strong> campe un roi lymphatique et souvent à peine audible. <strong>Florian Cafiero</strong>, lui, virevolte dans les trois rôles qui lui sont confiés, trop courts pour mettre en valeur son timbre de ténor.</p>
<p>Prochaines représentations : 18 et 21 janvier à Nantes, puis les 2, 3 et 4 février à Dijon, les 21 et 23 mars à Angers</p>
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		<title>WAGNER, Lohengrin — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lohengrin-montpellier-la-voix-de-lohengrin-mais-les-yeux-delsa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Oct 2016 21:53:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Donné en forme de concert comme à Nantes, ce Lohengrin semble promis à rester un temps fort de la nouvelle saison à Montpellier. Aucune « lecture » scénique intempestive ne venant détourner l’œuvre, le public a pu savourer sans réserve l’exécution remarquable qui lui était proposée, peut-être d’autant plus intense que le premier concert avait été annulé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Donné en forme de concert <a href="/lohengrin-nantes-la-brabanconne-accablee">comme à Nantes,</a> ce <em>Lohengrin </em>semble promis à rester un temps fort de la nouvelle saison à Montpellier. Aucune « lecture » scénique intempestive ne venant détourner l’œuvre, le public a pu savourer sans réserve l’exécution remarquable qui lui était proposée, peut-être d’autant plus intense que le premier concert avait été annulé en raison de l’alerte rouge liée aux intempéries.</p>
<p>Si l’Elsa de Nantes avait quelque peu déçu Laurent Bury, peut-être celle de Montpellier l’aurait-elle convaincu ? Pour notre part nous avons été fasciné par la mobilité du visage et l’expressivité du regard de <strong>Katherine Broderick</strong>, où l’on voit se succéder les moindres nuances des sentiments que les mots contiennent sans que jamais l’on ne sente un rien de trop. Comme la chanteuse se confond avec l’actrice on est simultanément ravi par cette voix homogène et souple, moelleuse et soyeuse, qui sait murmurer comme s’élancer et briller dans les ensembles. Fragile, pudique et vibrant, le personnage est sous nos yeux, jusque dans sa stupeur, sa contrition et sa douleur finales, couronnant une interprétation admirable.</p>
<p>Par bonheur, le titulaire du rôle-titre a lui aussi la voix du rôle, et on oublie bien vite qu’il n’a pas la prestance traditionnelle de l’envoyé du Graal. <strong>Norbert Ernst</strong> est le pendant masculin de sa partenaire sur le plan de l’interprétation. Noble et réservé, viril et tendre, son Lohengrin lumineux ne donne à aucun moment l’impression de chanter en force et malgré un bref accident la gestion et le parcours vocal sont exemplaires. Le volume n’est pas très grand et dans les ensembles la voix n’est pas saillante, mais la projection, la tenue du souffle et le recours fugitif au falsetto participent d’une musicalité qui comble.</p>
<p>A leurs côtés, l’Ortrud de <strong>Katrin Kapplusch </strong>et le Telramund de <strong>Gerd Grochowski</strong> sont assez investis dans leurs personnages pour s’émanciper de la partition sur le pupitre et par moments les jouer de tout leur corps. L’une comme l’autre sont experts à contrôler leur émission et leur engagement pour être à leur maximum vocal dans leurs grandes scènes. Tour à tour méfiante, altière, plaintive, insinuante, brutale, Katrin Kapplusch ne néglige aucune des facettes de l’intrigante dévote des dieux anciens, qu’elle invoque de toute son âme et de toute l’étendue de sa voix sans faiblesse. Si en la voyant on peut penser à Waltraud Meier, son Telramund évoque physiquement Jérémy Irons et si cela peut troubler cette élégance ne l’empêche pas de trouver les accents de l’insulte et de la menace lorsqu’il affronte Lohengrin. Auprès d’eux, un roi dont on pense d’abord qu’il manque un peu d’étoffe dans le grave pour avoir le poids requis face à ceux de Telramund. Mais une fois chaude la voix de <strong>Levente Pall </strong>se révèle aussi assurée et étendue que nécessaire, sans laisser percevoir de gêne ou d’effort, pour incarner un souverain pénétré de son rôle. Son porte-parole est luxueusement dévolu à <strong>Alexandre Duhamel</strong>, sonore sans outrance et digne comme il convient.</p>
<p>Si les nobles du Brabant sont sans reproche – <strong>Jean-Vincent Blot, Florent Cafiero, Paul Gaugler et Julien Véronèse – </strong>le chœur des solistes d’Opéra Junior nous a semblé plutôt acide. En revanche leurs aînés, ceux de Montpellier et ceux d’Angers-Nantes, ont ravi par l’homogénéité, la fermeté ou la douceur qu’ils ont su mettre dans leurs interventions, et la réussite maîtrisée des ensembles complexes. Cette fusion réussie entre les deux phalanges, déjà notée par notre confrère à Nantes, séduit largement le public, qui les ovationne. Il englobe dans ses acclamations, outre les solistes précités, les musiciens qui s’efforcent peut-être, sous la conduite de leur chef principal, de faire oublier en se dépassant les observations récemment publiées dans le dernier rapport de la Cour des Comptes régionale. Si le Prélude ne semble pas vraiment naître de nulle part et si par suite l’envoûtement n’est pas immédiat, un décalage presque imperceptible dans les trompettes sera la seule imperfection d’une exécution bien digne d’un Opéra National. <strong>Michael Schonwandt</strong>, qui a tenu tous les fils, modelé, contrôlé, fait sonner, apaisé, ouvre les mains et reçoit l’hommage d’un public enthousiaste. Il avait dit être prêt à partir si les effectifs de l’orchestre diminuaient. Apparemment il a changé d’avis. On ne s’en plaindra pas.</p>
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		<title>THOMAS, Hamlet — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-marseille-la-fosse-ou-le-plateau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2016 05:33:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un opéra, le chargé de la programmation, s’il est soucieux de la pérennité de l’institution pour laquelle il travaille, doit adapter ses visées artistiques aux contingences matérielles, techniques et financières. D’où, probablement, le choix de reprendre des productions bien accueillies en leur temps. Six ans après sa création, revoici donc à Marseille ce Hamlet &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un opéra, le chargé de la programmation, s’il est soucieux de la pérennité de l’institution pour laquelle il travaille, doit adapter ses visées artistiques aux contingences matérielles, techniques et financières. D’où, probablement, le choix de reprendre des productions bien accueillies en leur temps. Six ans après sa création, revoici donc à Marseille ce <em>Hamlet </em>de Ambroise Thomas. C’est l’occasion de vérifier comment le spectacle évolue, d’y confronter nos souvenirs et d’apprécier une distribution presque entièrement nouvelle.  </p>
<p>Le décor unique – jusqu’à l’acte V où il s’élève partiellement dans les cintres pour dégager l’espace scénique dont les profondeurs demeurent dans l’obscurité – de <strong>Vincent Lemaire</strong> représente toujours les hauts murs intérieurs de la forteresse royale, espace vide à l’exception de quelques accessoires signifiants, comme le portrait décroché du feu roi, ou fonctionnels, comme le miroir où Claudius pourra se voir en assassin désigné par Hamlet, ou la baignoire substitut de la rivière où Ophélie trouvera la mort. N’aurait-il pas été possible de faire, d’un acte à l’autre, croître la lèpre qui ronge le bas des murs, signe visible de la pourriture en action dans le royaume ? Et ce flot de feuilles mortes couleur argent qui viendront recouvrir le cercueil, n’est-il pas too much, quand le chœur chante : « elle est morte sous la brise du printemps » ? Les costumes de Katia Duflot étaient-ils les mêmes ? Les épaulettes du roi ont disparu, et ceux des femmes semblent pour certains inspirés par le modern style quand le metteur en scène évoque une transposition à l’époque de la création. Certes, à revoir le spectacle, l’œil se fait plus critique. Pourtant les lumières de Guido Levi nous semblent avoir gagné en subtilité, en particulier dans la scène de l’apparition. Quant à la mise en scène de <strong>Vincent Boussard</strong>, globalement efficace, elle est reprise par <strong>Natasha Ursuliak</strong> sans aucun changement notable, pour autant que notre mémoire soit fidèle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_0657_photo_christian_dresse_2016.jpg?itok=wbtbccqe" title="Christophe Gay (Horatio) Jean-François Lapointe (Hamlet) et Samy Camps (Marcellus) © Christian Dresse" width="468" /><br />
	Christophe Gay (Horatio) Jean-François Lapointe (Hamlet) et Samy Camps (Marcellus) © Christian Dresse</p>
<p>Pourquoi, alors, la mayonnaise prend-elle moins bien ? Sûrement pas à cause des chœurs, dont la qualité continue, sous la direction vigilante <strong>d’Emmanuel Trenque</strong>, de s’élever. Si l’on peut hasarder une hypothèse, la direction d’acteurs de l’assistante de Vincent Boussard nous a semblé parfois déficiente, peut-être à cause de la personnalité des interprètes. Ce problème ne se pose, en fait, que pour les premiers rôles. Les autres sont globalement irréprochables, des deux fossoyeurs philosophes campés par <strong>Antoine Garcin et Florian Cafiero </strong>au Polonius de <strong>Jean-Marie Delpas, </strong>et aux remarquables Marcellus de <strong>Samy Camps </strong>et Horatio de <strong>Christophe Gay</strong>. C’est avec soulagement qu’au dernier acte on entend la voix profonde de <strong>Patrick Bolleire</strong> sans l’amplification qui l’enlaidissait dans les apparitions précédentes du spectre. <strong>Rémy Mathieu </strong>déconcerte : l’entrée de son Laërte séduit par sa couleur et sa projection, et puis un enrouement prive la voix de son emprise initiale. Dans le rôle de Claudius, <strong>Marc Barrard</strong> n’a ni la prestance physique ni le mordant vocal idoines pour incarner l’ambitieux qui a osé devenir criminel pour accéder au trône. Néanmoins son expérience et sa sensibilité lui permettent de pallier au moins en partie ces lacunes et au final sa composition est d’un bon niveau. Sa complice dans le crime, la reine à la sensualité éperdue, est cette fois <strong>Sylvie Brunet-Grupposo</strong>. L’opulence bien connue de la voix trouve ici matière à se déployer sur toute son étendue, et c’est le plus souvent une pure jouissance auditive que de se soumettre à ce flot sonore qui n’est pas sans rappeler Rita Gorr ou Berthe Monmart. Malheureusement le jeu dramatique aussi semble se rattacher à des modèles aujourd’hui surannés, et ainsi le mélange audiovisuel donne parfois l’impression vertigineuse d’avoir remonté le Temps. Rescapée, si l’on peut dire, de 2010, <strong>Patrizia Ciofi</strong> retrouve Ophélie, un personnage déjà condamné à son entrée en scène, marginalisé par une tenue impropre au lieu et à sa position. Elle sait toujours en exprimer toute la fragilité, aidée par un physique à l’aspect juvénile, et maîtresse d’une technique propre aux pianissimi et aux sons filés. Mais la voix, qui n’a jamais été grande, semble encore avoir réduit sa projection, et les suraigus sont moins faciles et de tenue limitée. Peut-être la chanteuse s’économise-t-elle pour avoir les moyens de venir à bout de la longue scène du IV ? Elle y réussit, sans toutefois nous donner l’illusion grisante de virtuosité que ce morceau de bravoure peut susciter. Hamlet enfin est échu à <strong>Jean-François Lapointe</strong>, baryton canadien qui incarne ici pour la cinquième fois le prince danois. Le rôle ne lui pose pas de difficulté particulière, et comme il le maîtrise manifestement bien nous devrions être au diapason d’une salle conquise. Nous l’aurions été si les deux premiers actes avaient été aussi sensibles et musicaux que les trois suivants. Souci de netteté de la diction, désir d’affirmer le personnage, ou tension d’un trac éventuel, l’interprétation nous semble d’abord pesante sur le plan vocal, avec des accentuations sur certaines consonnes qui alourdissent et emphatisent inutilement, et suggèrent des références devenues archaïques. Mais la finesse avec laquelle le délicat monologue du troisième acte est rendu, si elle n’efface pas les réticences précédentes, nous révèle une subtilité qui dès lors éclairera toutes ses interventions.</p>
<p>Pourtant, plus que ces interprètes et leurs mérites, c’est ce qui vient de la fosse qui nous a comblé. A la tête des musiciens leur directeur musical, <strong>Lawrence Foster</strong>. Fatigué, il avait dû renoncer à diriger la générale, laissant la baguette à son assistant, le jeune Victorien Vanoosten dont les Massenet donnés l’an dernier avaient permis d’apprécier la valeur éclatante. En ce soir de première, Lawrence Foster ne donne nul signe de défaillance : il indique inlassablement les innombrables nuances d’une partition dont sa lecture, aussi minutieuse qu’un travail d’orfèvre, met en lumière l’efficacité dramatique et l’originalité. Grâce à cette patiente ciselure il révèle les trouvailles du compositeur, dans sa recherche sur les timbres et l’harmonie, et tire l’œuvre de la seconde zone où elle est rangée d’ordinaire. Cela commence avec le prélude, qui semble naître du néant, cela se renouvellera avec l’entracte qui précède l’acte II, à un degré moindre avec celui du début de l’acte IV, c’est à une véritable redécouverte qu’il nous est donné d’assister.  Il n’est pourtant pas si éloigné, le temps où l’on pouvait brocarder l’orchestre de l’opéra de Marseille. Mais entre renouvellement des pupitres et arrivée d’un nouveau directeur musical, voilà un ensemble invité à l’étranger, réinvité où il est passé et appelé à l’avenir dans des lieux prestigieux comme le Concertgebouw d’Amsterdam ou en tournée aux Etats-Unis. Il n’y a pas de hasard : il faut du talent et du travail. A Marseille, on l’a compris, comme en témoigne le soin apporté aux effets sonores – pour exemple les deux harpes situées dans les loges d’avant-scène et déplacées en coulisse quand nécessaire pour regagner leur position initiale – et la virtuosité de certains pupitres, aux cuivres un trombone et un cor à faire des jaloux&#8230;On venait à Marseille d’abord pour le plateau. A ce train, y viendra-t-on bientôt pour la fosse ?   </p>
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		<title>Royal Palace&#124;Il tabarro — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/royal-palace-il-tabarro-montpellier-une-inventivite-mal-employee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jun 2016 04:54:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé en 1927 au Staatsoper de Berlin, Royal Palace ne fut pas un triomphe, en dépit des affirmations de son librettiste, le poète Ivan Goll. Opéra expérimental, selon l’heureuse formule de Pascal Huynh, l’œuvre venait trop tôt ou trop tard. Trop tôt pour les tenants d’une tradition musicale qu’elle semblait bafouer, trop tard pour les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé en 1927 au Staatsoper de Berlin, <em>Royal Palace </em>ne fut pas un triomphe, en dépit des affirmations de son librettiste, le poète Ivan Goll. Opéra expérimental, selon l’heureuse formule de Pascal Huynh, l’œuvre venait trop tôt ou trop tard. Trop tôt pour les tenants d’une tradition musicale qu’elle semblait bafouer, trop tard pour les partisans d’une refondation sociale du genre déjà passés à une autre esthétique. La disparition au cours de la guerre du matériel d’orchestre l’aurait vouée à l’oubli si un descendant d’exilés allemands aux Etats-Unis n’avait en 1971 reconstitué l’orchestration à partir d’une partition chant-piano. On a depuis accès à une œuvre complexe, dans son ambition totalisante, puisqu’elle mêle musique, chant et danse à la projection d’un film évoquant un voyage circumpolaire en avion, associant ainsi deux symboles de la modernité triomphante à celle des rythmes et des timbres de jazz. Encore à la recherche de lui-même, Kurt Weill a été sensible au charme du texte d‘Ivan Goll, riche des associations d’images privilégiées par les surréalistes et peut-être nourri de réminiscences des<em> Psaumes</em> de la tradition hébraïque qu’ils connaissaient tous deux. Pourtant c’est peut-être ce texte qui est la source de l’insuccès : il ne s’y passe rien. Sur la terrasse d’un palace italien dont le nom révèle le luxe et peut-être son obsolescence, trois hommes courtisent une femme appelée Déjanire, comme l’involontaire femme fatale de la mythologie. Le premier désire la posséder charnellement, le deuxième l’a eue et la croit sienne au nom du souvenir, le troisième la voit comme sa propriété puisqu’il est son mari. Mais ni leurs assiduités ni leurs cadeaux ne la flattent ni ne la séduisent : l’homme, quel qu’il soit, ne comprend pas la nature des femmes. Elle met un terme à cette joute stérile en libérant sa chevelure avant de s’enfoncer dans le lac. Son mari s’écrie alors : « Quelqu’un s’est noyé ! ».</p>
<p>Confiée à <strong>Marie-Eve</strong> <strong>Signeyrole</strong>, la mise en scène ne perd pas son temps à illustrer ce livret d’origine. Comme elle avait revu et corrigé les options de Tchaïkovski pour <em>Eugène Onéguine,</em> elle modifie <em>Royal Palace</em>. C’est dans le vrombissement de ses moteurs que l’on voit un avion décoller pour un vol transatlantique puis s’abîmer dans l’océan après de longues minutes. Alors le rideau se lève et la musique commence, on découvre sur le plateau une carcasse déglinguée où gisent morts et survivants et baignant dans l’eau. Dans ce décor signé <strong>Fabien Teigné</strong>, comme les vidéos projetées, où éléments épars de la cabine voisinent avec éléments du fuselage balancés par les vagues visibles derrière eux, on ne peut qu’admirer la maîtrise avec laquelle la mise en scène dispose les personnages et règle leurs déplacements. Ce talent justifie-t-il un rapport aux créateurs si désinvolte ? La personnalité, cela peut s’exprimer aussi dans le respect du cahier des « charges » défini par les auteurs. C’est même le plus sûr moyen de ne pas être taxé de prétention. L’option retenue entraîne évidemment que le ballet prévu pour le personnel de l’hôtel, qui participait au caractère polyvalent de l’œuvre, devenue momentanément revue de music-hall, est ici confié à un seul danseur supposé être un steward rescapé, tandis que la voix du lac, mystérieuse présence invisible à l’origine, s’incarne dans une hôtesse qui répète son message entre deux étreintes, saphiques ou non. Les résurgences médiévales des personnages du jeune et du vieux pêcheur, qui relient Déjanire aux légendes de cette époque et enrichissent encore le substrat des références, sont ici comme noyées. On espérait découvrir l’œuvre d’Ivan Goll et de Kurt Weill, on subit l’adaptation de Marie-Eve Signeyrole.</p>
<p>La fête continue avec <em>Il tabarro.</em> Dans le décor géométrique d’un entrepôt frigorifique l’œil est cueilli au premier plan à cour par un thon, poisson endémique, c’est bien connu, des eaux de la Seine, accroché au bout d’une chaîne qui pend des cintres. Une femme portant la robe rouge de Dejanira – costumes de <strong>Yashi</strong> &#8211; vient en bord de scène où un homme la rejoint, l’étreint et l’étrangle. La musique commence. Evidemment pas la moindre trace du panorama parisien, qui joue pourtant un rôle important puisqu’il précise un des motifs de l’éloignement de Giorgetta quand elle exhale sa nostalgie de la vie de son quartier. Pour le musicien originaire de Toscane, où les quartiers urbains durent depuis des siècles, cette nostalgie de l’enracinement était fondamentale. L’annihiler est méconnaître un aspect important du drame qui se joue entre le marinier et sa femme. La péniche ? Absente, hormis une carène qui semble peu réaliste. Bref, chercher les traces de la réalité évoquée est peine perdue. Même la chiffonnière ne l’est pas : avec son sac à main on dirait une petite bourgeoise quand on attend la Folle de Chaillot. En revanche, on a deux maris, parce que mettre sur scène son double aidera le spectateur à comprendre plus facilement que cet homme vit un déchirement. Et même l’enfant mort apparaît de temps en temps. Que dire de plus ? Des vidéos projetées montrent les images mentales, les tourments intérieurs, les souvenirs des jours heureux. L’accent est mis sur la revendication de l’ouvrier qui dénonce son statut, mais ce n’est pas d’être exploité que Luigi mourra. Et au dénouement ce n’est pas lui qui a le couteau mais Michele, qui étrangle son rival et le pend au croc à poissons. Comme chez les Sopranos !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/mg1_3798_royal_6.jpg?itok=sDpFP-qg" title="Khatouna Gadelia, Till Fechner, Kelebogile Besong et Karhaber Shivadze (assis), Ilya Silchukov, Paul Schweinester et Florent Cafiero, debout © Marc Ginot" width="468" /><br />
	Khatouna Gadelia, Till Fechner, Kelebogile Besong et Karhaber Shivadze (assis), Ilya Silchukov, Paul Schweinester et Florent Cafiero, debout © Marc Ginot</p>
<p>Par bonheur la musique et le chant échappent aux manipulations. Qui aurait écouté l’enregistrement de 2004 de <em>Royal Palace </em>par l’orchestre de la BBC pourrait trouver que la variété et le raffinement des nuances qu’on y entend manquent quelque peu à cette exécution en salle. Mais il faut comparer ce qui est comparable : dans un studio d’enregistrement les micros placés au bon endroit permettent de capter des subtilités d’écriture qui se perdent ici dans la masse. D’autant qu’en ce qui concerne l’Opéra-Comédie, la sécheresse du son engendrée par les travaux de 2012 est désormais un facteur qui pénalise le rendu. <strong>Rani Calderon </strong>mène à bien la délicate entreprise avec l’habileté qu’on lui connaît et l’adhésion manifeste des musiciens confère à l’exécution une tenue très appréciable. Bonne prestation aussi du chœur invisible, même si le crescendo initial pourrait être encore meilleur et donner davantage l’impression qu’il naît du néant. Petit regret à propos des chanteurs hommes, mais exprimé avec toute la prudence nécessaire quand on compare l’incomparable, nous n’avons pas entendu ces accents qui parfois donnent au disque le sentiment que Weill s’est directement inspiré des chantres d’une synagogue – son père était l’un d’eux. Cela contribue pourtant à enrichir l’impression de melting-pot musical que donne cette composition ambitieuse où des cordes « classiques » se mêlent à des percussions sur des rythmes de ragtime ou de tango. A cela près les solistes méritent tous des éloges. <strong>Till Fechner </strong>communique quelque chose de l’aspect prophétique du vieux pêcheur tandis que <strong>Paul Schweinester</strong> a l’innocence du jeune homme qui bénéficie, dans la catastrophe, d’un effet d’aubaine. <strong>Kamalia Kader </strong>n’a pas exactement l’allure de la Frugola mais elle en exprime toute l’inquiétude discrète quant à la réalisation de ses modestes aspirations. Comme eux, <strong>Rudy Park</strong> n’interprète qu’un rôle dans ce diptyque, celui de Luigi dans <em>Il tabarro</em>. Sa voix retentissante avait empli sans effort le Corum en janvier dernier ; à l’Opéra-comédie, elle a la puissance de la tempête et donne aux quelques phrases où Luigi exprime son amertume de travailleur contraint à la docilité une brutalité revendicatrice. Néanmoins cette puissance ne va pas sans nuances, dans le dialogue amoureux, et son triomphe n’est pas qu’une prime aux décibels.</p>
<p>Dans le double rôle de la Voix du lac, pour soprano solo, et d’une amoureuse dans <em>Il tabarro</em> <strong>Khatouna Gadelia </strong>séduit par la fraîcheur de son timbre, inaltéré depuis le récent <em>Enfant et les Sortilèges</em> in loco. Tour à tour ploutocrate frustré et prolétaire résigné la basse <strong>Karhaber Shavidze</strong> impressionne surtout dans le premier rôle, mais il est juste de dire que celui de Talpa est plutôt effacé. Plus chanceux est le ténor <strong>Florian Cafiero, </strong>tour à tour voix lumineuse de l’amant de demain, voix contrainte d’un Tanca accro à l’alcool, voix légère du vendeur de chansonnettes. Unité de ton pour <strong>Ilya Silchukov</strong> qui campe d’abord l’amant d’hier, l’homme qui croit que ses souvenirs engagent sa partenaire, et Michele, le mari qui a perdu sa femme et qui croit la reconquérir en évoquant leur bonheur passé, avec une intensité convaincante. A Dejanira et Giorgetta, les deux héroïnes, la soprano <strong>Kelebogile Besong</strong> offre sa voix pleine et longue, d’une remarquable homogénéité, nourrie d’une expressivité à la fois juste et mesurée, exempte d’aucun effet vériste, même si sa Déjanire sait exhaler avec véhémence l’insatisfaction qui la conduira à préférer la mort. Elle aussi remporte un bruyant succès. Rani Calderon<strong> </strong>a surtout, nous a-t-il semblé, marqué les accents et les climats plus que la souplesse puccinienne. Mais comme on le sait, quand un spectacle perturbe la réception auditive est altérée.  L’accueil aux saluts a été chaleureux, y compris pour l’équipe de la mise en scène. On aimerait savoir, puisque Marie-Eve Signeyrole affirme que c’est important pour elle, combien de spectateurs ont compris que « <em>Royal Palace </em>est une sorte de cauchemar, de vision de Michele, le mari trompé de <em>Il tabarro »</em>. Sans nul doute elle a de l’inventivité à revendre. On se prend à rêver qu’elle la mette au service des œuvres !</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-montpellier-addiction-a-lopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2016 07:24:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de la création de cette production de Turandot à Nancy en 2013, Brigitte Cormier avait dit très précisément les qualités du spectacle dont Yannis Kokkos avait assuré mise en scène, décors et costumes. En le reprenant à Montpellier, Valérie Chevalier joue la sécurité. Comment pourrait-il en être autrement alors que la crise morale et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la création de cette production de <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/de-verone-a-nancy"><em>Turandot</em> à Nancy en 2013</a>, Brigitte Cormier avait dit très précisément les qualités du spectacle dont Yannis Kokkos avait assuré mise en scène, décors et costumes. En le reprenant à Montpellier, Valérie Chevalier joue la sécurité. Comment pourrait-il en être autrement alors que la crise morale et financière de l’entité Opéra-Orchestre n’est toujours pas résolue ? Une chose est sûre, le public a répondu en masse et semble ravi de retrouver la salle Berlioz du Corum, indiscutablement plus confortable que celle de l’Opéra-Comédie, pour assister à « un vrai opéra ». A en juger par les conversations saisies à l’entracte, la conception de <strong>Yannis Kokkos</strong> séduit autant par ses qualités plastiques que par sa fidélité au livret. Couleurs signifiantes des costumes des dignitaires, noir dominant pour une histoire sombre où la mort est omniprésente, noir de la nuit, noir des cauchemars, éléments d’architecture ou végétaux stylisés, le souci du détail suggestif est constant. Si le détail des didascalies n’est pas toujours suivi à la lettre, la trame et les relations entre les personnages sont celles voulues par les auteurs, sans que rien ne vienne nuire à la lisibilité, hormis peut-être les personnages pour nous superfétatoires qui sont comme les ombres des trois ministres. Mais cette licence rappelle peut-être que la représentation ne prétend pas au réalisme ethnologique parce que l’œuvre n’y prétend pas. Cette humilité n’empêche pas Yannis Kokkos, s’il le juge utile pour un effet visuel et dramatique, d’introduire des accessoires comme l’escalier subrepticement venu de jardin pour servir de piédestal à Calaf lors de l’apparition de Turandot. Il sait aussi, par exemple avec la cérémonie des pipes d’opium qu’il insère dans le colloque des trois ministres au début de l’acte II, enrichir magistralement une situation sans en modifier le climat, et en l’occurrence en l’exaltant, car la mollesse induite par les inhalations semble émaner directement de la musique.</p>
<p>Le chef principal de l’orchestre, <strong>Michael Schonwandt</strong>, fait de cette scène une splendeur sonore, en obtenant des instrumentistes un kaléidoscope animé comme la conversation où les individualités différentes vont provisoirement s’unifier – effet de la drogue ou de la nostalgie – en un abandon sinueux et miroitant. Mais dès les premières mesures de l’œuvre on a senti la main d’un maître, dans la netteté rythmique et dans le soin qu’il apporte à canaliser l’énergie sonore. Evidemment les cuivres ont tout l’éclat nécessaire, les percussions donnent le frisson, ponctuations bouleversantes ou présences d’autant plus obsédantes qu’elles sont soigneusement contrôlées, les dissonances caressent à rebrousse-poil, les couleurs exotiques sont bien celles qui étonnent ou ravissent. Pourtant, est-ce d’avoir écouté auparavant des versions enregistrées en studio, il est çà et là des subtilités qu’on espère entendre et qu’on n’entend pas. Les prises de son ont-elles faussé notre écoute ? On espère seulement que cette impression d’un raffinement perfectible n’est pas le résultat de l’absence d’un chef permanent.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/mga_2393_turandot_4.jpg?itok=LaNIs5Xz" title="De dos Rudy Park (Calaf) en blanc Eric Huchet (Altoum) © Marc Ginot" width="468" /><br />
	De dos Rudy Park (Calaf) en blanc Eric Huchet (Altoum) © Marc Ginot</p>
<p>Un autre atout du spectacle réside dans la qualité de sa distribution. Les masses chorales, composées du chœur local, renforcé du chœur de l’Opéra National de Lorraine et du chœur d’enfants d’Opéra Junior, ont assez d’ampleur pour répondre aux besoins de la partition, même si quelques éléments supplémentaires auraient probablement donné au son l’énergie du nombre et escamoté l’impression d’effort. La voix de <strong>Florian Cafiero</strong> en mandarin<strong> </strong>est bien timbrée mais en fond de scène sa projection semble limitée, impression qui disparaît lorsqu’il rappelle la loi sur le plateau. <strong>Eric Huchet </strong>est un Altoum cacochyme et vacillant sans tomber dans la caricature et conserve au personnage dignité et humanité. Impeccables les trois ministres, du Ping de <strong>Changhan Lim</strong> au Pong d’<strong>Avi Klemberg </strong>en passant par le Pang de <strong>Loïc Félix</strong>, aussi bien vocalement que scéniquement, où leur désinvolture approche, lorsqu’elle se fait brouillonne, une drôlerie que le contexte rend sinistre. <strong>Gianluca Buratto</strong> impressionne en Timur par une pâte vocale dense et sonore ; les revers de la fortune n’ont pas privé le personnage de la voix d’airain qui était celle d’un chef. Son esclave dévouée est incarnée par <strong>Mariangela Sicilia</strong>, qui lui prête sa grâce physique et sa fraîcheur vocale. Manifestement maîtresse de sa technique qui lui permet de beaux piani, elle réussit par son chant et son jeu à trouver le délicat équilibre entre pudeur, sincérité et pathétique. Cette émotion, si elle existe chez Calaf, on n’en perçoit pas si clairement les nuances : <strong>Rudy Park </strong>est un colosse qui, de son propre aveu, aime « bombarder » mais il assure que le chef lui a fait comprendre qu’il devait chanter le rôle écrit par Puccini. Peut-être avons-nous, comme souvent, entendu un compromis ? Quoi qu’il en soit, et en dépit d’un jeu scénique qui ne nous a pas toujours convaincu, comment résister à cette énergie torrentielle et à ces aigus claironnés ? Le public n’y songe pas, qui l’accueille aux saluts avec des rugissements de plaisir. Il était déjà Calaf à Nancy, et <strong>Katrin Kapplusch </strong>était déjà sa Turandot. Est-ce pour cela que, d’abord princesse au maintien altier, elle exprime le moment venu si clairement et si justement, tout en restant très sobre dans ses attitudes ou ses mouvements, le désarroi de la femme dont la vie est en train de s’écrouler ? L’ampleur vocale est à la hauteur de la tâche, l’homogénéité est entière et si au troisième acte par moments la marée de l’orchestre recouvre la chanteuse les pics des aigus émergent et bravent l’érosion. Pour elle aussi c’est une houle d’approbations, et pour le chef, et pour le metteur en scène, et cela se prolonge tant qu’on se demande s’il n’y a pas dans ces démonstrations bruyantes, au-delà de l’expression d’une gratitude méritée, le défoulement d’un public longtemps frustré. On le sait bien ici : l’addiction à l’opéra, ça existe !</p>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-geneve-tirez-sur-le-pianiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Oct 2015 04:46:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi prendre, dès qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;Offenbach, des libertés que l&#8217;on ne s&#8217;autoriserait pas avec d&#8217;autres compositeurs ? Sur papier comme sur scène, La belle Hélène proposée par le Grand Théâtre de Genève ne manque pas d&#8217;atouts, à commencer par la présence de Véronique Gens. A l&#8217;épreuve de l&#8217;opéra-bouffe, cette tragédienne hors pair s&#8217;avère une excellente &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi prendre, dès qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;Offenbach, des libertés que l&rsquo;on ne s&rsquo;autoriserait pas avec d&rsquo;autres compositeurs ? Sur papier comme sur scène, <em>La belle Hélène</em> proposée par le Grand Théâtre de Genève ne manque pas d&rsquo;atouts, à commencer par la présence de<strong> Véronique Gens</strong>. A l&rsquo;épreuve de l&rsquo;opéra-bouffe, cette tragédienne hors pair s&rsquo;avère une excellente comédienne. Sa reine de Sparte, façon grande Duduche distinguée, pas si éloignée dans l&rsquo;allure de ce qu&rsquo;en faisait Felicity Lott à Paris, tient scéniquement la route. Ce n&rsquo;est pas si évident s&rsquo;agissant d&rsquo;un personnage auquel on demande d&rsquo;être ridicule et sublime à la fois, Elle chante aussi rudement bien, d&rsquo;une belle voix de falcon qui épouse sans un pli un rôle destiné à l&rsquo;origine au mezzo-soprano d&rsquo;Hortense Schneider. Aucune note artificielle, aucun écart ou effet malvenus, le texte coule avec une élégance naturelle et une intelligence du mot qui fait la fille de Léda, sœur drolatique d&rsquo;Alceste applaudie à <a href="http://www.forumopera.com/alceste-paris-garnier-du-manifeste-au-palimpseste">Garnier en juin dernier</a>.</p>
<p>Un même souci de la prosodie caractérise ses partenaires, à commencer par <strong>Florian Cafiero</strong>, jeune chanteur distingué par l&rsquo;ADAMI en 2012, obligé de contraindre son émission naturellement lyrique à l&rsquo;écriture haute et véloce de Pâris. Il s&rsquo;en sort plutôt bien, sans abuser d&rsquo;un registre de tête qu&rsquo;il ne maîtrise pas tout à fait, mais avec une connaissance suffisante de ses limites pour négocier les notes les plus exposées. Son prince berger a pour lui la jeunesse, la couleur mâle du timbre, le soin de la ligne et une certaine aisance scénique. C&rsquo;est déjà beaucoup. Travestie en Conchita Wurst, <strong>Maria Fiselier</strong> joue sans vulgarité de l&rsquo;ambiguïté d&rsquo;Oreste. Après un « roi barbu » qui avance à reculons, <strong>Marc Barrard</strong> réussit à replacer son Agamemnon façon ZZ Top au premier plan. <strong>Raul Giménez</strong>, avec son accent espagnol et une projection sidérante, campe un Menélas bananier comme on n&rsquo;en avait jamais entendu, habitué que nous sommes dans ce rôle de cocu magnifique à des ténors au bout du rouleau. Et quelle présence ! Moins chanteur que les autres – il se présente comme « comédien lyrique à tessiture variable » –, <strong>Patrick Rocca</strong> a suffisamment de musicalité pour que le trio patriotique demeure équilibré et que la scène du jeu de l&rsquo;oie – partiellement rétablie – ne semble pas incongrue. Le chœur et les autres seconds rôles, dont l’Ajax Ier survitaminé de <strong>Fabrice Farina</strong>, remplissent leur office avec le même à-propos.</p>
<p><strong>Robert Sandoz </strong>a choisi de transposer l&rsquo;action dans des docks. Le décor n&rsquo;est pas d&rsquo;un esthétisme parnassien mais les containers sont habilement utilisés pour varier les tableaux, le tout avec une fluidité réjouissante, sans taper en dessous de la ceinture, sans abus de gags, ni clins d&rsquo;œil trop appuyés à l&rsquo;actualité. La crise grecque est évoquée mais subtilement.</p>
<p>Bref, tout irait pour le mieux dans le meilleur des opéras si l&rsquo;on n&rsquo;avait eu l&rsquo;idée de demander à <strong>Gérard Daguerre</strong>, pianiste de formation, d&rsquo;arranger une partition dont la structure, par ailleurs, est à peu près respectée : scène du jeu de l&rsquo;oie donc, couplets de Pâris avant le duo du rêve, mais curieusement suppression du chœur des rois au deuxième acte et du chœur bachique au début du troisième. Il en résulte l&rsquo;omniprésence d&rsquo;un piano préjudiciable à la couleur orchestrale et à l&rsquo;esprit même de l&rsquo;œuvre secouée sporadiquement de rythmes jazzy et latins inopportuns. Appelé à la rescousse, <strong>Alan Woodbridge </strong>essaie non sans quelques décalages de limiter les dégâts. Si les ouvrages d&rsquo;Offenbach dirigés par Marc Minkowski furent en leur temps des succès et se posent aujourd&rsquo;hui en référence, c&rsquo;est qu&rsquo;ils restaient fidèles à la partition. Pourquoi, mesdames et messieurs les directeurs de maisons d&rsquo;opéra, ne pas suivre cet exemple ?</p></p>
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