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	<title>Patrick DAVIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Patrick DAVIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Lettres de ses amis à Patrick Davin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2020 04:09:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La disparition de Patrick Davin en Belgique a été vécue comme un cataclysme. L&#8217;homme était jeune – 58 ans – , en pleine forme, il s&#8217;apprêtait à diriger une création mondiale à La Monnaie et allait prendre les rênes du domaine musical du Conservatoire Royal de Liège. Il était, par ailleurs, le trait d&#8217;union entre les anciens &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La disparition de Patrick Davin en Belgique a été vécue comme un cataclysme. L&rsquo;homme était jeune – 58 ans – , en pleine forme, il s&rsquo;apprêtait à diriger une création mondiale à La Monnaie et allait prendre les rênes du domaine musical du Conservatoire Royal de Liège.</p>
<p>Il était, par ailleurs, le trait d&rsquo;union entre les anciens qui avaient contribué à son éclosion, ses contemporains dont il avait créé les œuvres et la jeune génération, dont il avait guidé les premiers pas sur scène. José van Dam, Sophie Karthäuser, Jodie Devos ou Anne-Catherine Gillet l&rsquo;ont sans cesse cotoyé pendant leur carrière. Il a dirigé les opéras de Philippe Boesmans, de Kris Defoort, de Benoît Mernier et de Pierre Bartholomée, les compositeurs les plus importants du Royaume.</p>
<p>Surtout, il s&rsquo;était fait une place pérenne dans des institutions qui, habituellement, ne s&rsquo;échangent pas leurs attaquants de pointe : l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie, La Monnaie ou l&rsquo;Orchestre Philharmonique Royal de Liège. Aujourd&rsquo;hui, à l&rsquo;invitation de Forumopera.com, quatre de ses amis, quatre de ses collègues, lui adressent une lettre. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/philippe-boesmans-l-homme-qui-fait-scintiller-l-orchestre-ok-jflpm467366.jpg?itok=0YgxbCei" title="Philippe Boesmans © DR" width="468" /></p>
<p><strong>Philippe Boesmans, compositeur</strong></p>
<p>Cher Patrick,<br />
	Quand on perd un ami, une personne précieuse il est dit d’habitude dans les discours : « tu es toujours parmi nous » et plus souvent encore quand il s’agît d’un compositeur ou d’un chef d’orchestre.<br />
	Mais Patrick, même avec tous les souvenirs que tu nous as laissés (interviews, enregistrements,…) tu n’es plus parmi nous.<br />
	On n&rsquo;entendra plus ton humour … On ne profitera plus de ton énergie flegmatique qui rassurait tout le monde …<br />
	On ne sera plus jamais réconforté par tes encouragements aux compositeurs ou aux interprètes angoissés …<br />
	Notre peine est immense et malheureusement tu nous manqueras jusqu’à la fin de nos vies.<br />
	Philippe</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="246" src="/sites/default/files/styles/large/public/sylvain-cambreling.jpg?itok=zr5RcQ6L" title="Sylvain Cambreling © DR" width="468" /></p>
<p><strong>Sylvain Cambreling, chef d&rsquo;orchestre, ancien directeur musical de La Monnaie</strong></p>
<p>Mon cher Patrick,<br />
	Quelle blague nous as-tu fait, encore ?<br />
	Que peuvent bien vouloir dire ces phrases désabusées, sur ce ton distant, dans cet accent particulier qui te caractérise ; quelles sont ces phrases que tu nous aurais dites ? « Je m&rsquo;absente un moment ; vous vous débrouillerez très bien sans moi ».<br />
	Ais-je bien entendu ? Nous nous débrouillerons, certes, mais pas sans toi ! Nous entendrons encore longtemps tes conseils amusants, amusés – musés je ne sais où – qui nous parviendront en un lointain écho.<br />
	Quel qu&rsquo;en soit le but, je te souhaite un bon voyage.<br />
	Sylvain</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/benoit_mernier-c-isabelle_franc3a7aix.jpg?itok=PfLdmMo5" title="Benoît Mernier © Isabelle Françaix" width="468" /></p>
<p><strong>Benoît Mernier, compositeur et organiste</strong></p>
<p>Cher Patrick,<br />
	Nos routes se sont croisées pour la première fois à Liège, au Conservatoire en 1983 ou 1984. Tu étais un peu plus âgé que moi. Tu faisais partie des « grands frères » : ceux que l’on admire mais sans jamais sentir dans ces échanges le poids du savoir ou de l’expérience des maîtres qui peut parfois intimider.<br />
	Le vivier que constituait le Conservatoire de Liège à cette époque et que, par ta nomination récente au poste de directeur du département musique, tu promettais de raviver à ta manière, était le lieu de rencontres humaines et artistiques extrêmement fécondes.<br />
	Les portes étaient grande ouvertes. Il y avait des appels d’air venant de partout et énormément d’enthousiasme ; aussi des utopies marquées toujours par l’espoir. Tu t’es nourri de cela et tu as développé cet esprit dans tout ce que tu as entrepris par la suite mais aussi avec une conscience vive des choses, comme par exemple le danger du « provincialisme » dont tu m’avais un jour parlé. (Cela tu l’avais appris de Célestin Deliège m’avais-tu dit). Le provincialisme c’était en fait pour toi, je pense, l’idée confortable de se satisfaire de ce que l’on connaît. Dans les échanges que nous avons eus depuis cette époque, tu me surprenais toujours car tu avais toujours un regard d’avance sur les choses. Ton œil, tes oreilles, ton goût et ta curiosité insatiable portaient ce regard toujours au-delà. Et pourtant tu avais un sens très pragmatique : comment gérer une répétition, son timing, son énergie. J’ai beaucoup appris de toi à cet égard. Tu avais dirigé ma première pièce instrumentale avec tes amis de l’ensemble Synonyme, tous étudiants encore au Conservatoire de Liège, puis plus tard ma toute première pièce symphonique avec l’Orchestre de la Monnaie. Je me souviens, comment tu m’avais rassuré au sortir de la première répétition avec un généreux : « t’tracasse, ça va aller » agrémenté par ton accent et ton humour décalé qui n’appartenaient qu’à toi. Aussi parce que tu savais « où » et « comment aller » avec ce « bon sens musical » que je comprenais comme « l’évidence ». Cela était ta marque de fabrique si utile et nécessaire pour faire de l’opéra. Tu m’as beaucoup appris aussi lors de l’aventure de mon opéra <em>La dispute</em>. Ton regard qui portait loin, visait en fait le résultat final à obtenir au-delà des écueils inévitables. Cet objectif, cette cible que tu avais toujours en vue, tu faisais en sorte que les moyens pour y arriver contournent les difficultés. Car oui, l’opéra est une aventure difficile mais tu l’abordais avec légèreté et confiance.<br />
	J’ai eu la chance aussi de prendre ta succession comme professeur d’analyse à Liège et là aussi, j’ai beaucoup appris de toi. Ton amour de la musique que tu abordais, cet enthousiasme passionné face aux œuvres dont tu parlais et que tu dirigeais étaient sans doute la plus belle des leçons. Et là aussi, ton pragmatisme exprimé souvent par des aphorismes de ton cru faisait toujours mouche parce qu’il dévoilait la clarté et l’éloquence au-delà de la complexité.<br />
	Merci cher Patrick pour tout cela !<br />
	Tu vas nous manquer beaucoup, mais tu vas rester présent dans le cœur et l’esprit de tous les gens qui ont eu la chance de te côtoyer et de travailler avec toi.<br />
	Merci cher Patrick !<br />
	Benoît</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/bb3e6be3266694cb7ff71e28a35b0069.jpg?itok=Ru-U9uK7" title="Bernard Foccroulle © DR" width="468" /></p>
<p><strong>Bernard Foccroulle, compositeur et ancien directeur général de La Monnaie</strong></p>
<p>Cher Patrick,<br />
	Je suis toujours sous le choc. Le choc de ce départ si brutal, si inattendu, si difficile à accepter&#8230;<br />
	Les souvenirs se bousculent, des plus anciens – notre complicité autour de l’analyse musicale, de Célestin Deliège et de la musique contemporaine au Conservatoire de Liège, dans les années 1980 – aux plus récents : tu t’interrogeais encore il y a quelques mois sur l’opportunité de présenter ta candidature à la direction de ce même conservatoire.<br />
	Tu m’as toujours donné l’image d’un surdoué, au violon, devant un ensemble de chambre ou un orchestre symphonique. Ou devant une partition particulièrement compliquée dont tu perçais les difficultés sans effort apparent.<br />
	Il y a eu cet enchaînement de productions d’opéra : la complicité lors du <em>Couronnement de Poppée</em> (Monteverdi-Boesmans-Bondy) où, avec Benoît Mernier et toi,  nous nous retrouvions dans la fosse de la Monnaie et à Nanterre, au clavecin, à l’harmonium et au synthétiseur. Il y a eu<em> Reigen</em> de Philippe Boesmans, dont tu as dirigé la reprise après avoir assisté Sylvain Cambreling sur la création. Et puis toutes ces créations où tu as tant donné de toi-même, aux compositeurs, aux chanteurs, aux musiciens : les opéras de Philippe Boesmans dont tu étais si proche, de <em>Wintermärchen</em> à <em>Pinocchio</em> en passant par la création mondiale de <em>Au Monde</em>, mais aussi <em>La Dispute</em> de Benoît Mernier,<em> Sleeping Beauties</em> de Kris Defoort, <em>Nous sommes éternels</em> de Pierre Bartholomée, et j’en passe. Je me souviens également à la Monnaie de <em>Il Trionfo dell’Onore</em> de Scarlatti, <em>Orphée aux enfers</em> d’Offenbach, <em>The Turn of the Screw</em> de Britten&#8230;<br />
	Tu étais chez toi dans tous les répertoires, dans toutes les situations, et dans toutes les maisons qui t’accueillaient et te réinvitaient.<br />
	J’avais un plaisir toujours renouvelé à te retrouver souriant, gourmand, maniant l’humour pour dire les choses importantes et profondes, avec humanité.<br />
	En ce début septembre, tu venais de prendre tes fonctions au Conservatoire de Liège, tu portais un projet qui devait rassembler et relancer la dynamique de cette maison où nous avions connu de si beaux moments, tu y étais attendu comme un sauveur&#8230; Quelle tristesse !<br />
	Et pourtant, la tristesse n’est pas de mise, car tu étais plein de joie et d’énergie positive : essayons donc d’être fidèles à ta mémoire, en harmonie avec ta belle énergie.<br />
	J’ai une pensée particulière pour Marie-Paule, Azalaïs et Margaux. Je pense aussi à toutes celles et ceux qui ont croisé ta route, bénéficié de ta chaleur humaine, de ton talent, de ta bienveillance.<br />
	Notre chemin ne sera pas tout à fait le même sans ta présence, cher Patrick ; mais ton souvenir ne cessera de nous accompagner.<br />
	Merci pour tout !<br />
	Bernard</p>
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		<title>Le legs lyrique de Patrick Davin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2020 12:31:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Passé le choc de sa brutale disparition, on redécouvre les multiples aspects de la carrière » – mot qu&#8217;il détestait ! – de Patrick Davin, et la richesse du répertoire qu&#8217;il a embrassé notamment dans le domaine lyrique. Patrick Davin n&#8217;a jamais craint de faire le grand écart entre Offenbach et Boesmans, Mozart et Massenet. On veut espérer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Passé le choc de sa brutale disparition, on redécouvre les multiples aspects de la carrière » – mot qu&rsquo;il détestait ! – de Patrick Davin, et la richesse du répertoire qu&rsquo;il a embrassé notamment dans le domaine lyrique. Patrick Davin n&rsquo;a jamais craint de faire le grand écart entre Offenbach et Boesmans, Mozart et Massenet. On veut espérer que les productions qu&rsquo;il a dirigées à Bruxelles, Liège, Genève, Marseille ou Mulhouse – pour ne citer que les maisons dont il était l&rsquo;invité régulier – seront mises à la disposition du public quand elles n&rsquo;ont pas déjà été éditées.<br />
 <br />
Revue d&rsquo;une discographie d&rsquo;opéra qui fait honneur au chef belge trop tôt disparu :<br />
	 <br />
CD<br />
<strong>Philippe Boesmans : <em>Au Monde</em></strong><br />
Cyprès (2015)<br />
Orchestre symphonique de La Monnaie<br />
Patricia Petibon, Stéphane Degout, Charlotte Hellekant, Yann Beuron<br />
 <br />
<strong>Philippe Boesmans : <em>Pinocchio</em></strong><br />
Cyprès (2018)<br />
Orchestre symphonique de La Monnaie<br />
Chloé Briot, Stéphane Degout, Vincent Le Texier, Yann Beuron<br />
 <br />
<strong>Edouard Lalo / Arthur Coquard : <em>La Jacquerie</em></strong><br />
Palazzetto Bru Zane/ Festival Radio France Occitanie Montpellier (2016)<br />
Orchestre Philharmonique de Radio France<br />
Véronique Gens, Jean-Sébastien Bou, Boris Pinkasovitch, Charles Castronovo, Nora Gubisch<br />
 <br />
<strong>Jules Massenet : <em>Manon</em></strong><br />
Dynamic (2016)<br />
Orchestre de l&rsquo;Opéra royal de Wallonie<br />
Annick Massis, Alessandro Liberatore, Pierre Doyen, Roger Joakim<br />
 <br />
<strong>Kris Defoort : <em>House of the Sleeping beauties</em></strong><br />
	Fuga Libera (2009)<br />
	Orchestre Symphonique de La Monnaie<br />
Barbara Hannigan, Omar Ebrahim<br />
 <br />
<strong>Benoît Mernier : <em>An die Nacht</em> (cycle)</strong><br />
Cypres (2006)<br />
Orchestre Philharmonique Royal de Liège<br />
Laure Delcampe<br />
 <br />
CD et DVD<br />
	 <br />
<strong>Edouard Lalo : <em>Le Roi d&rsquo;Ys</em></strong><br />
Dynamic (2012)<br />
Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie<br />
Giuseppina Piunti, Guylaine Girard, Sébastien Guèze, Werner van Mechelen, Eric Martin-Bonnet<br />
 <br />
DVD<br />
 <br />
<strong>Jacques Offenbach : <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann</em></strong><br />
Grand Théâtre de Genève (2009) / BelAir<br />
Orchestre de la Suisse romande<br />
Marc Laho, Stella Doufexis, Nicolas Cavalier, Eric Huchet, Patricia Petibon, Rachel Harnisch<br />
 <br />
<strong>Jacques Offenbach : <em>Orphée aux Enfers</em></strong><br />
La Monnaie (1997) / Arthaus<br />
Orchestre Symphonique de La Monnaie<br />
Alexandru Badea, Elisabeth Vidal, Dale Duesing, Renaldo Macias<br />
 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Is this the end? aura bien lieu, malgré la disparition de Patrick Davin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/is-this-the-end-aura-bien-lieu-malgre-la-disparition-de-patrick-davin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2020 17:52:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lancé il y a quelques semaines dans l&#8217;immense maelström de la programmation COVID-friendly, Is this the end ? premier volet d&#8217;une trilogie de la vie du compositeur Jean-Luc Fafchamps a failli connaître une fin brutale quand, hier, peu avant une répétition à La Monnaie, son créateur le chef Patrick Davin a été terrassé par une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lancé il y a quelques semaines dans l&rsquo;immense maelström de la programmation COVID-friendly, <em>Is this the end ?</em> premier volet d&rsquo;une trilogie de la vie du compositeur Jean-Luc Fafchamps a failli connaître une fin brutale quand, hier, peu avant une répétition à La Monnaie, son créateur le chef Patrick Davin a été terrassé par une crise cardiaque dans sa loge. Hier après-midi, dans une réunion de crise, les artistes avaient plaidé pour que la création de samedi puisse avoir lieu, en hommage au chef d&rsquo;orchestre disparu. Cela ne pouvait se faire sans l&rsquo;assentiment et le soutien de sa famille, Patrick Davin laissant derrière lui une épouse et deux filles. On apprend aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;œuvre sera bien maintenue. Voici le communiqué de La Monnaie :</p>
<p>« La disparition tragique et inattendue du chef d’orchestre Patrick Davin a profondément marqué notre maison d’opéra ainsi que l’ensemble de la scène musicale internationale. Nos pensées vont d’abord à sa famille et à ses proches, mais aussi aux artistes et aux membres du personnel de la Monnaie impliqués dans le spectacle <em>Is this the end?</em>.<br />
	Au cours des dernières heures, de longues discussions ont eu lieu entre la direction et l’équipe de la production. Dans le respect de la volonté de la famille et en accord avec toutes les personnes directement concernées, il a été unanimement décidé de maintenir la création mondiale de cet opéra filmé et diffusé en direct sur notre site Internet auquel Patrick Davin a consacré tant d’amour et d’énergie. Une telle tragédie ne manquera sans doute pas d’affecter l’expérience des artistes et du public. Ces représentations seront dédiées à la mémoire du chef d’orchestre. Elles auront lieu ces samedi 12 et dimanche 13 septembre à 20h00 et 15h00 respectivement. Ouri Bronchti, qui assistait de Patrick Davin sur cette production, se chargera de la direction musicale. » </p>
<p><em>Patrick Davin était un chef d’orchestre très apprécié à la Monnaie, non seulement pour son talent musical, mais aussi pour le charme de sa personnalité. Chez nous, il a dirigé de nombreuses créations mondiales, projets au cours desquels il était souvent impliqué dès la genèse. Il était au pupitre pour la majorité des opéras du compositeur belge Philippe Boesmans que nous avons accueillis sur notre scène : d’</em>Au monde<em> à </em>Pinocchio<em>, en passant par </em>Yvonne, Princesse de Bourgogne<em>, </em>Reigen<em> et </em>Wintermärchen<em>. Il a également assuré les créations mondiales de </em>The Woman Who Walked into Doors<em> et </em>House of the Sleeping Beauties<em> de Kris Defoort, de </em>L’Uomo dal fiore in bocca<em> de Luc Brewaeys et </em>La Dispute<em> de Benoît Mernier. </em></p>
<p><em>Patrick Davin a été chef attitré de l’ensemble L’Itinéraire (Paris), premier chef invité de l’Opéra de Marseille et professeur de direction d’orchestre au Conservatoire de Bruxelles (section néerlandophone). Il fut également premier chef invité de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège et directeur musical de l’Orchestre symphonique de Mulhouse et, cette année, il avait été nommé directeur du Conservatoire royal de Liège.</em></p>
<p><em>Invité partout en Europe pour de nombreux concerts et performances, il a travaillé en Allemagne (Ensemble Modern de Francfort, Deutsche Kammerphilharmonie de Brême, Radio-Sinfonieorchester de Stuttgart et de Munich), en France (Ensemble Intercontemporain, Orchestre national de Lyon, Orchestre national d’Île-de- France, Orchestre de Radio France, Orchestre du Capitole de Toulouse), en Suisse (Winterthur et Orchestre de la Suisse Romande), aux Pays- Bas (Het Orkest van het Oosten, Gelders Orkest), en Espagne (Teatro Real), en Autriche (Klangforum Wien), en Belgique (Orchestre Philharmonique de Liège, Belgian National Orchestra, Brussels Philharmonic) et au Luxembourg (Orchestre philharmonique).</em> </p>
<p><strong>Peter de Caluwe, Jean-Louis Grinda, Bernard Foccroulle, Stefano Mazzonis et Daniel Weissmann rendent hommage à Patrick Davin</strong></p>
<p><iframe allow="encrypted-media" allowfullscreen="true" frameborder="0" height="360" scrolling="no" src="https://www.rtbf.be/embed/m?id=2678671&amp;autoplay=0" width="640"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mort à 58 ans du chef Patrick Davin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/mort-a-58-ans-du-chef-patrick-davin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2020 15:59:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un communiqué glaçant de La Monnaie, tombé à 17h46, qui nous apprend la terrible nouvelle : Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer que le chef d’orchestre Patrick Davin est décédé cette après-midi, juste avant d’entamer une répétition de l’opéra Is this the end ? Les musiciens, les chanteurs et les collaborateurs de la Monnaie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est un communiqué glaçant de La Monnaie, tombé à 17h46, qui nous apprend la terrible nouvelle :</p>
<p><em>Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer que le chef d’orchestre Patrick Davin est décédé cette après-midi, juste avant d’entamer une répétition de l’opéra </em>Is this the end ?<em> Les musiciens, les chanteurs et les collaborateurs de la Monnaie en sont profondément affligés. Les répétitions qui étaient prévues ont été immédiatement annulées. Les membres du comité de direction et le personnel de la Monnaie adressent leurs sincères condoléances et leur profond soutien à la famille de Patrick Davin ainsi qu’à ses proches.</em></p>
<p>Ancien premier chef invité de l&rsquo;Opéra de Marseille et de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie, il avait été nommé à partir de la saison 2013/2014 directeur musical de l&rsquo;Orchestre Symphonique de Mulhouse. Il venait d&rsquo;être nommé directeur du département musical du Conservatoire Royal de Liège. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>La pandémie inspire la Monnaie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-pandemie-inspire-la-monnaie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2020 13:14:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre Royal de la Monnaie, toujours très attaché à inscrire son action culturelle au cœur de l’actualité et à soutenir les artistes belges, présentera dès cet automne une création entièrement neuve, sous la forme d’un oratorio inspiré des thèmes que la crise sanitaire propose à la réflexion de chacun d’entre nous : la solitude, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Théâtre Royal de la Monnaie, toujours très attaché à inscrire son action culturelle au cœur de l’actualité et à soutenir les artistes belges, présentera dès cet automne une création entièrement neuve, sous la forme d’un oratorio inspiré des thèmes que la crise sanitaire propose à la réflexion de chacun d’entre nous : la solitude, la mort, le deuil. La commande vient d’en être faite au compositeur belge <strong>Jean-Luc Fafchamps</strong>, sur un livret d’<strong>Eric Burcher</strong>. Elle sera mise en scène par<strong> Ingrid von Wantoch Rekowski</strong>, et confiée à la direction musicale de <strong>Patrick Davin</strong>. La distribution réunira la soprano <strong>Sarah Defrise</strong> et la mezzo soprano <strong>Albane Carrère</strong>, ainsi que 18 choristes et 16 musiciens d’orchestre. Intitulée <em>Is this the end ?</em> l’œuvre, encore en chantier, devra faire partie d’une trilogie présentée sur plusieurs saisons.</p>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lenlevement-au-serail-monte-carlo-ceux-qui-saiment-prendront-le-train/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2019 16:09:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Monte Carlo cette semaine, Mozart embarque à bord d’un Orient Express des années vingt. Cette transposition, acrobatique au premier abord, fonctionne plutôt bien : le train, comme le sérail est un lieu clôt, d’où il est difficile de s’échapper. Les oukazes de Blondchen – anglaise et donc suffragette – sont aisément transposables après le premier conflit mondial, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A Monte Carlo cette semaine, Mozart embarque à bord d’un Orient Express des années vingt. Cette transposition, acrobatique au premier abord, fonctionne plutôt bien : le train, comme le sérail est un lieu clôt, d’où il est difficile de s’échapper. Les oukazes de Blondchen – anglaise et donc suffragette – sont aisément transposables après le premier conflit mondial, alors que les femmes répugnent à reprendre la place qui leur était assignée avant-guerre.</p>
<p>L’époque choisie permet à<strong> Francis O’Connor</strong> une débauche de costumes absolument somptueux où étoffes, formes et couleurs réjouissent merveilleusement l’oeil. L’harmonie parfaite de son travail, comme l’élégance des lumières de <strong>Roberto Venturi </strong>nuisent malheureusement aux vidéos de <strong>Gabriel Grinda</strong> qui donnent joliment l’illusion d’un paysage qui défile mais manquent parfois de subtilité : lorsqu’au second acte, la jalousie vient ternir la belle entente des deux couples d’amoureux, le paysage se hérisse de montagnes, métaphore de ce nouvel obstacle à surmonter, pourquoi pas. En revanche, l’harmonie retrouvée est soulignée par un envol de montgolfières d’un goût franchement discutable.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="/sites/default/files/styles/large/public/125-lenlevement_au_serail_c2019_-_alain_hanel_-_omc_22.jpg?itok=nrfBqnwF" title="©Alain Hanel" /><br />
	©Alain Hanel</p>
<p>La scénographie propose des solutions aussi brillantes qu’efficaces pour nous éviter de voyager dans un unique wagon : des effets de cubes emboitées, nous permettent de déambuler du quai de gare, au couloir, à la cuisine, au restaurant, au bar, dans l’intimité d’un compartiment de première classe et même sur le toit. Ainsi les surprises se succèdent et le spectateur a la délicieuse sensation de pénétrer chaque fois plus avant dans l’intimité des personnages.</p>
<p>Le choix des espaces est d’autant plus intéressant qu’il n’est pas qu’esthétique et sert le livret. Dans la cuisine, tout en épluchant les patates, Blondchen donne la recette qui met les hommes au pas tandis qu’un tango – danse égalitaire si il en est – enflamme les soubrettes qui l’entourent. <strong>Jodie Devos</strong> prête son formidable abattage à la sémillante anglaise. Voix ductile, aigus superbes, registres joliment unifiés, coloratures affolantes, elle orne et tourbillonne à étourdir. Le rôle lui sied comme un gant, tout comme la casserole qu’elle renverse sur la tête d’un Sélim, dompté. Pour l’entendre tout à loisir, procurez-vous son dernier <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/offenbach-colorature-jardin-des-delices">cd</a>.</p>
<p><strong>Dieter Kaegi</strong> a choisit de centrer sa dramaturgie autour des atermoiements d’une Konstanze qui résiste bien difficilement aux atouts du Pacha. Ce dernier n’a de turc que le nom, il est interprété avec un charme tout germanique par l’excellent comédien <strong>Bernhard Bettermann</strong>. Konstanze, donc, tergiverse plus volontiers du côté de Feydeau ou Labiche que de celui de Mozart. Il n’est pas question ici de s’en offusquer, les mises en scènes contemporaines nous emportent parfois dans des délires autrement stratosphériques, mais l’on peut tout de même déplorer que ce parti-pris n’affadisse le propos au lieu de l’élever.</p>
<p>La mise en scène assume parfois ses choix avec brio : au moment où la constance risque de fléchir, c’est toute la salle qui change de perspective avec ce wagon qui bascule, se détachant du reste du train. Il n’est plus parallèle mais perpendiculaire à la salle ! Konstance tente alors, en vain, de s’évader par la plate-forme arrière du train. Ce <em>Marten aller Arten</em> est justement le moment où <strong>Rebecca Nelsen</strong> trouve enfin ses marques après des débuts fragiles où sa voix semblait contrainte, les mediums ternis, les graves appelant plus de corps, la justesse même posant question. Il arrive également que les choix scéniques la desserve notablement : lorsqu’elle hésite entre six beaux mâles en frac, son dilemme est souligné à traits inutilement épais.</p>
<p>La tendresse de Belmonte se trouve pareillement caricaturée lorsqu’elle s’expose aux triviales rencontres nocturnes qu’il fait dans le couloir : triolisme, orgies hétéro et homosexuelles déploient pour lui un large champ des possibles auquel il préfère immanquablement la Constance. Une nouvelle fois, il n’y a pas là de quoi s’offenser, mais l’oeuvre s’en trouve tristement amoindrie, réduite à sa portion congrue, celle d’un vaudeville sans grande profondeur.</p>
<p><strong>Cyrille Dubois</strong> campe néanmoins un Belmonte de belle tenue avec cette élégance de l’émission, cette délicatesse du legato dont ne se départi jamais ce spécialiste du Lied et de la mélodie. Heureusement, qui plus est, le vibrato un peu rapide de son premier air cède rapidement la place à l’émotion la plus délicate.</p>
<p>Aux deux amoureux de Konstanze répondent ceux de Blondchen. Le Pedrillo de <strong>Brenton Ryan</strong> est épatant d&rsquo;espièglerie, de charme, le timbre est franc, la voix facile, rien à y redire. <strong>Albert Pesendorfer</strong>, en revanche, convainc plus par sa prestation scénique que vocale. Osmin a parfois le souffle court et manque singulièrement de graves au point qu’ils passent difficilement l’orchestre.</p>
<p>Dans la fosse, certains tempi – notamment l’ouverture – interrogent par leur lenteur ; la justesse des cordes pourrait être améliorée mais sous la baguette de <strong>Patrick Davin</strong>, l’<strong>Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo</strong> tout comme le <strong>choeur</strong>, proposent un travail propre et sérieux.</p>
<p>Sans nous laisser à quai, cet <em>Enlèvement</em>, trop tiré vers le vaudeville, laisse un goût d’inachevé.</p>
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		<title>GOUNOD, Faust — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/faust-liege-apres-tout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Feb 2019 05:12:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand le public hue, il est souvent facile de deviner pourquoi. Mais quand il est ravi, il y a parfois lieu de s’interroger sur les raisons de cette satisfaction. En effet, pour le critique qui a déjà été exposé à plusieurs reprises aux spectacles de Stefano Poda, un sentiment de lassitude est peut-être inévitable devant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand le public hue, il est souvent facile de deviner pourquoi. Mais quand il est ravi, il y a parfois lieu de s’interroger sur les raisons de cette satisfaction. En effet, pour le critique qui a déjà été exposé à plusieurs reprises aux spectacles de <strong>Stefano Poda</strong>, un sentiment de lassitude est peut-être inévitable devant le <em>Faust</em> liégeois : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/turandot-poda-le-neo-pizzi">comme on a eu l’occasion de le dire</a>, tous les spectacles signés par cet homme de théâtre italien ont tendance à se ressembler, dès lors que le sujet en est sérieux : murs blancs, rituel hiératique, figurants nus à un moment ou à un autre (on exceptera toutefois son traitement des comédies, comme <em>L’Elisir d’amore</em> proposé à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/lelisir-damore-strasbourg-mangez-des-pommes">Strasbourg en 2016</a>, ou le <em>Falstaff</em> monté à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/kaleidoscope">Liège en 2009</a>). En contrepartie, on reconnaîtra la réelle élégance de ces productions, où la palette de couleurs est aussi réduite que frappante : noir, blanc et rouge pour ce <em>Faust</em> coproduit <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-lausanne-cherche-figurants-en-string">par Lausanne</a>, Turin – le fief de Poda – et Tel Aviv. L’élément spectaculaire est un gigantesque anneau (de trois tonnes, nous dit-on) qui tourne et pivote, dominant parfois toute la hauteur du plateau et offrant des espaces de jeu variés : cet objet symbolise à peu près tout, à en croire le metteur en scène, ou du moins tellement de choses qu’il ne signifie plus rien, et ses déplacements sont entièrement gratuits car dénués de sens dramaturgique. Malgré tout, l’effet décoratif est indéniable. Les costumes, eux aussi signés Poda, sont modernes et respectent la morphologie des interprètes, même si on peut se demander pourquoi Méphisto change de tenue à chaque scène. Le passage d’un acte à l’autre est d’autant plus fluide que les différents lieux de l’action sont évoqués par le minimum de détails (une croix lumineuse pour l’église, un tronc d’arbre noueux pour le jardin de Marguerite). Même la chorégraphie est assez imaginative, avec la trentaine de danseurs et de figurants recrutés pour l’occasion. Alors bien sûr, on pourrait imaginer un spectacle à peu près identique pour n’importe quel autre opéra du répertoire, mais après tout, chaque mise en scène a-t-elle l’obligation d’apporter quelque chose de neuf à notre connaissance d’une œuvre ? Selon la réponse que l’on fait à cette question, on jugera de diverses manières ce <em>Faust</em> qui a déjà le grand mérite d’échapper au ridicule, ce qui n’a pas toujours été le cas lors de représentations parisiennes récentes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/faust4.jpg?itok=UrQeGpxy" title=" © Opéra Royal de Wallonie-Liège" width="468" /><br />
	Anne-Catherine Gillet © Opéra Royal de Wallonie-Liège</p>
<p>Après tout, cette production n’empêche personne d’apprécier la musique, ce qui est aussi une vertu. La version de la partition retenue à Liège est bien sûr celle de 1869, avec le ballet (mais réduit de moitié). La scène de la chambre se limite à l’air « Il ne revient pas », et la scène de l’église est renvoyée après la mort de Valentin, d’où une étrange coupe qui relie directement l’entrée des soldats à « Gloire immortelle de nos aïeux », peut-être pour éviter de faire dire à Siébel « Elle est à l’église, je crois ». La lecture de <strong>Patrick Davin</strong> est particulièrement modérée, voire franchement lente dès que les chœurs interviennent : est-ce un choix esthétique ou une nécessité ? Au premier acte, les deux interventions en coulisses ne sonnent guère comme des appels à la vie. Plus loin, la kermesse, avec sa superposition de phrases différentes, y gagne évidemment en clarté, d’autant qu’on apprécie la netteté de diction des artistes du chœur, mais la valse y perd toute folie.</p>
<p>Autre motif de contentement pour le public liégeois – on aimerait pouvoir en dire autant quand <em>Faust</em> est donné en France – trois des quatre rôles principaux sont tenus par des solistes belges ! Ses admirateurs qui guettaient avec intérêt la prise de rôle d’<strong>Anne-Catherine Gillet </strong>n’auront pas été déçus, car ils auront retrouvé, malgré une toute récente trachéïte, les qualités de phrasé et de sincérité qui font tout le prix de ses incarnations d’héroïnes d’opéra et d’opéra-comique français. Bien sûr, on a connu des Marguerite à la voix plus ample, au timbre plus capiteux, mais celle-ci est bien demoiselle, pas matrone, et les aigus ne lui posent aucun problème. Doublure initialement prévue pour Brian Hymel dans <em>Les Huguenots</em>, <strong>Marc Laho</strong> possède lui aussi une admirable diction mais à ce stade de sa carrière, il ne peut plus aborder l’aigu qu’en force, sauf à passer en voix de tête comme il s’autorise à le faire pour émettre le contre-ut de sa cavatine. De Méphistophélès, <strong>Ildebrando d’Arcangelo</strong> possède toutes les notes, mais aucunement l’esprit : aucune ironie, aucune distance, et le personnage reste sérieux jusqu’au bout. Dommage qu’il n’essaye pas non plus de soigner davantage son articulation du français. <strong>Lionel Lhote</strong>, lui, est un Valentin modèle, même s’il est scéniquement assez immobile. La voix de <strong>Na’ama Goldman</strong> est ravissante dans le grave et le medium, moins dans l’aigu, et l’on se rappelle alors que Siébel n’a pas toujours été l’apanage des mezzos. <strong>Angélique Noldus</strong> est une somptueuse Dame Marthe, et c’est uniquement à la mise en scène qu’on reprochera de nous la montrer trop jeune et élégante pour le rôle.</p>
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		<title>BARTHOLOMÉE, Nous sommes éternels — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nous-sommes-eternels-metz-le-bal-des-fantomes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Nov 2018 07:49:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sort de cet ouvrage pantelant, qui vous tient en haleine comme un roman policier, tant les moments de quiétude, de bonheur, de lumière sont exceptionnels. Une atmosphère confinée – avec une sorte de huis clos où chacun détient sa part de secret – concourt à la tension, à laquelle prend toute sa part une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On sort de cet ouvrage pantelant, qui vous tient en haleine comme un roman policier, tant les moments de quiétude, de bonheur, de lumière sont exceptionnels. Une atmosphère confinée – avec une sorte de huis clos où chacun détient sa part de secret – concourt à la tension, à laquelle prend toute sa part une musique de qualité rare. Le roman, comme le livret, donc l’opéra, relèvent de l’exploit : ce dernier est une sorte de long monologue de plus de deux heures qui nous captive et nous émeut. Le récit d’un amour interdit, depuis la prime enfance. L’histoire ne se raconte pas tant elle est complexe, c’est une sorte de puzzle dont l’auditeur assemble les pièces. Il a fallu 800 pages pour que <strong>Pierrette Fleutiaux</strong> captive le lecteur et  soit récompensée du prix Femina 1990. Aidée de <strong>Jérôme Fronty</strong>, elle en a tiré le livret sur lequel se fonde l’opéra.  Estelle, le personnage central, de retour à la maison qui fut celle de son enfance, y retrouve les souvenirs de sa famille et ses proches. Tout au long de l’histoire, son destin, tragique, s’éclaire de ses composantes, de ses acteurs, avec une richesse et une complexité psychologique surprenantes, fascinantes. L’inavouable, le non-dit, s’éclairent progressivement et les cicatrices  s’ouvrent, plaies béantes. Malgré la complexité des liens qui unissent les personnages, sans avoir lu le roman original, la compréhension se construit au fil des scènes. « Il faut dire la vérité aux enfants, le mensonge crée le chaos » chante au début Dr Minor. La vérité, que nous découvrons avec Estelle, est d’une force peu commune. Le basculement régulier entre le réel, le temps présent, et le passé, revécu, ou évoqué, est servi par les lumières de <strong>Philippe Catalano</strong>, une vidéo ponctuelle et subtile, et surtout par la musique très personnelle de <strong>Pierre Bartholomée</strong>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/metz181114n575.jpg?itok=71m5Ehoz" title="Nous sommes éternels © Luc Berteau - Opéra Théâtre de Metz Métropole" width="468" /><br />
	Nous sommes éternels © Luc Berteau &#8211; Opéra Théâtre de Metz Métropole</p>
<p>Signé <strong>Anne Guilleray</strong>, un décor unique, une façade de maison bourgeoise, provinciale, avec son perron, va se prêter à de multiples évocations, puisque celle-ci peut disparaître ou révéler, au travers d’un voile, l’intérieur et les personnages qui le hantent. L’ouvrage, largement onirique, développe fréquemment une dimension fantastique : la maison est peuplée de figures fantomatiques, celles de la mémoire. Comme l’action se déroule aussi  à New York, à la faveur d’éclairages réussis, l’étage sera le studio de danse, comme le club de rencontres. Durant une scène, la vue traversante s’ouvre sur des tertres plantés de croix, car la mort rôde, en arrière-plan. Visuellement, c’est déjà une réussite peu commune. Entre les registres réaliste et mémoriel, comme entre les scènes, qui ne s’organisent pas chronologiquement, le glissement est servi avec virtuosité par la mise en scène de <strong>Vincent Goethals</strong>. La conjugaison des décors, des costumes, des éclairages et de la vidéo est efficace. Musicalement, la partition témoigne de l’expérience de la scène comme du métier du compositeur liégeois : l’écriture, renouvelée, se charge de tout ce que le langage ne suffit pas à exprimer. Les textures, l’instrumentation, forcent l’admiration. De la voix parlée au lyrisme, tout y est toujours intelligible, clair, avec la plus riche palette de couleurs appropriées. Malgré le caractère apparemment banal de l’histoire, où chacun reconnaîtra ici ou là sa propre expérience, la tragédie grecque habite l’ouvrage. Familière à Pierre Bartholomée (Œdipe, Antigone hantent ses deux premiers opéras) ses ressorts comme la dimension tragique en ont la force dramatique. L&rsquo;alerte et infatigable octogénaire, qui n’aborda le théâtre lyrique qu’après plus de quarante ans consacrés à l’écriture, à la transmission, à la direction d’orchestre, y condense toute sa puissance créatrice. L’orchestre, totalement investi, magnifiquement dirigé par <strong>Patrick Davin</strong>, va traduire le mystère qui imprègne nombre de scènes, mais aussi la fraîcheur de l’enfance, la sensualité, les passions extrêmes, le désespoir. Le langage, évidemment contemporain, est propre à réjouir tous les auditeurs, même dépourvus de références (il y a des citations, discrètes). L’introduction du piano, souvent associé aux percussions, de l’accordéon pour ses couleurs singulières, enrichissent une orchestration exemplaire. Les interludes, jamais bavards, permettent des respirations habitées en prolongeant ou annonçant telle ou telle scène.</p>
<p>Elément essentiel de la narration, la danse, est présente ou en filigrane, à travers les personnages dont c’est la vocation (Nicole, Alwyn, Dan). Trois scènes retiennent l’attention : La danse des enfants, à l’occasion de la visite des voisins, page dont les échos de valse nostalgique s’accordent idéalement au climat de l’épisode, évidemment le studio new-yorkais d’Alwyn, et enfin le chœur des danseurs, où la langue des signes, synchronisée, a quelque chose de magique. Tout au long de l’ouvrage, la direction d’acteur relève d’une sorte de chorégraphie limpide, où l’on devine l’art sous le naturel du geste ou de l’attitude.</p>
<p>On ne saurait apprécier la voix avec les critères traditionnels : toutes les  émissions,  toutes les tessitures, toutes les couleurs sont sollicitées, mais on n’est plus chez Strauss ou Berg. La voix, le chant,  la  prosodie semblent naturels, et nous touchent d’autant. Tout l’ouvrage repose sur les épaules d’Estelle. Au terme de l’opéra, nul doute que chacun se sente proche, voire familier de cette jeune femme, dont on a partagé les épreuves. Le jeu comme la voix de <strong>Karen Vourc’h</strong> nous bouleversent. Dans tous les registres, du cri au chuchotement, elle trouve les couleurs, les intonations les plus justes. On connaissait ses goûts éclectiques. Toute l’histoire du chant, les techniques contemporaines lui permettent de construire la vocalité d’Estelle avec un naturel confondant. Dan, le frère cadet, dévoré par la passion de la danse, est <strong>Sébastien Guèze</strong>. Ses aigus étranglés, sa projection constante traduisent certainement son caractère tourmenté dès l’adolescence, mais laissent mal à l’aise. Il faut saluer la performance chorégraphique du ténor. Lui aussi victime, Helleur, le père, avocat, aimant les siens plus que tout, est le baryton <strong>Mathieu Gardon</strong>. Il campe avec justesse ce personnage attachant, essentiel, le plus proche d&rsquo;Estelle. La voix est sonore, projetée, mais altérée par les changements de registres, auxquels on s’habitue. Nicole, mère immature, fragile, fantasque, et on comprendra pourquoi, est <strong>Aline Metzinger</strong>, dont le soprano est clair. Les phrases énigmatiques de Tiresia (« Lait noir de l’aube, nous le buvons le soir »), vont bien à<strong> Joëlle Charlier</strong>, remarquable et secrète, dont le piano est le confident. Le timbre est chaud, la voix ronde ne fait qu’un avec ce personnage douloureux. Chaque intervention est un moment fort. Beau baryton, voix solide, <strong>Benjamin Mayenobe</strong> trouve les accents les plus justes pour donner vie à Adrien, épris d’Estelle depuis l’enfance, jaloux, violent sinon violeur. Autre baryton, Alwyn, le danseur new yorkais, <strong>Mikhael  Piccone</strong>, a évidemment le physique de l’emploi, mais aussi la voix du maître exigeant, orgueilleux, manipulateur. Enfin, <strong>Samy Camps</strong>, excellent ténor, est le mari, dit Poison Ivy, abandonné, trahi par Estelle. Il prend part aux déchirements et causera d’autres drames. La voix est exactement celle qui convient. C’est aussi le cas de la basse <strong>Thomas Roediger</strong>, le clairvoyant et sentencieux Docteur  Minor. Une distribution appropriée pour un ouvrage abouti, dense et fort, dont on ne sort pas indemne, et auquel on souhaite un bel avenir.</p>
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		<item>
		<title>AUBER, Le Domino noir — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-domino-noir-paris-opera-comique-o-ma-belle-inconnue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Mar 2018 05:34:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un mois après sa création sur la scène de l’Opéra de Liège, la nouvelle co-production du Domino noir signée Valérie Lesort et Christian Hecq arrive chez elle à l’Opéra Comique, où l’œuvre a été créée en 1837. Et le fait que l’on partage l’enthousiasme de Christophe Rizoud sur ce spectacle ne constitue pas vraiment une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un mois après sa création sur la scène de l’Opéra de Liège, la nouvelle co-production du <em>Domino noir</em> signée <strong>Valérie Lesort </strong>et <strong>Christian Hecq </strong>arrive chez elle à l’Opéra Comique, où l’œuvre a été créée en 1837. Et le fait que l’on partage <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/le-domino-noir-liege-0-de-matiere-grasse-100-de-plaisir"><u>l’enthousiasme de Christophe Rizoud</u></a> sur ce spectacle ne constitue pas vraiment une surprise, dans la mesure où tous les ingrédients de la réussite de Liège sont repris ce soir, avec pour seule différence l’Orchestre Philharmonique de Radio France et le chœur Accentus en lieu et place de l’Orchestre et des Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège.</p>
<p>La vivacité de la direction notée à Liège ne souffre pas de ce changement et l’on sent chez les musiciens du Philharmonique un plaisir communicatif à jouer cette musique « légère ». <strong>Patrick Davin</strong> parvient même, avec finesse, à donner vie à l’ouverture qui sonne souvent lourde et martiale. La partition, admirée par Berlioz, sait varier les atmosphères et charme par son caractère dansant : la musique pétille, de boléro en chanson aragonaise, au service du livret de Scribe, efficace et resserré.</p>
<p>La production de Valérie Lesort et Christian Hecq participe à l’impression d’effervescence, dans des décors imposants de <strong>Laurent Peduzzi</strong>, une horloge géante (copie de celle d’Orsay) qui laisse voir en transparence la salle de bal au premier acte ou un couvent blanc dont les sculptures s’animent tout à tour. <strong>Vanessa Sannino</strong> s’en est, elle, visiblement donné à cœur joie avec des costumes de bal masqué, inspirés d’animaux plus loufoques les uns que les autres. La mise en scène elle-même ne manque pas d’idées et n’hésite pas à parfois s&rsquo;approprier l’œuvre pour mieux la servir, telle cette musique electro introduite en lieu et place de l’orchestre de scène au bal masqué. C’est vivant, efficace et parfois même franchement hilarant : on retient en particulier le cochon animé du banquet chez Juliano (les marionnettes sont l’œuvre de Valérie Lesort et de Carole Allemand) au second acte, particulièrement cocasse. Il viendra d’ailleurs, comme de juste, saluer au rideau.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/4_le_domino_noir_dr_vincent_pontet.jpg?itok=5bJ0gagU" title="Brigitte de San Lucar (Antoinette Dennefeld), Comte Juliano (François Rougier) © Vincent Pontet" width="468" /><br />
	Brigitte de San Lucar (Antoinette Dennefeld), Comte Juliano (François Rougier) © Vincent Pontet</p>
<p>Les interprètes se plient avec talent et enthousiasme à l’exercice du théâtre parlé (très présent notamment au premier acte) qui alterne (comme le veut le genre de l’opéra comique) avec le chant. La diction des protagonistes est un régal de naturel et d’intelligibilité, y compris le chœur <strong>Accentus</strong> d’une grande précision en plus d’une belle musicalité.</p>
<p><strong>Anne-Catherine Gillet</strong> s’octroie la part du lion dans la partition, dans le rôle omniprésent d’Angèle, taillé par Auber aux côtes de Mademoiselle Cinti-Damoreau (créatrice entre autres de la Comtesse Adèle dans <em>Le Comte Ory</em>). Quel abattage scénique, quel charme ! On la sent jubiler à contrefaire son apparence et sa voix (notamment en abbesse chenue) pour dérouter le pauvre Horace. Un charme dont la fraicheur du timbre, intacte, conjuguée à des aigus épanouis et à une agilité sans faille ne sont certes pas étrangers. Son Horace, lunaire et désemparé, a les attraits de <strong>Cyrille Dubois</strong>, ténor léger, qui enchante tant par son élégance que par son émission haute et délicate.</p>
<p>Les autres chanteurs ont moins de matière à se mettre sous la dent. <strong>Antoinette Dennenfeld</strong> (Brigitte, compagne et confidente d’Angèle) n’en brille pas moins dans les ensembles du premier acte et dans son air au dernier acte, grâce à son mezzo chaleureux et sonore. <strong>Marie Lenormand</strong> fait, elle, par sa gouaille, son beurre de la servante Jacinthe (et son air « S’il est sur terre un emploi ») tout comme son amoureux, Gil Perez, dont <strong>Laurent Kubla</strong>, chante avec gourmandise son « Deo gratia » juste imbibé comme il faut. Le ténor bien projeté de <strong>François Rougier</strong> (Juliano) ressort bien dans les ensembles du deuxième acte. Quant aux comédiens <strong>Sylvia Bergé </strong>(Sœur Ursule qui n’est pas sans faire penser à une certaine Cruella d’Enfer) et <strong>Laurent Montel </strong>(Lord Elfort à l’accent british bien exagéré), ils ne se laissent pas faire et n’hésitent pas eux-aussi à pousser la note.</p>
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		<title>Philippe Boesmans / Pinocchio</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/philippe-boesmans-pinocchio-la-cruaute-et-la-grace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Mar 2018 06:03:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici enfin l’enregistrement de la dernière œuvre lyrique de Philippe Boesmans, quelques mois après la création aixoise, les reprises à Bruxelles, Dijon. L’œuvre est indéniablement originale, marquant un tournant dans sa production. Après une collaboration assidue avec Luc Bondy, auquel on devait les quatre précédents ouvrages, vint Au monde, première collaboration avec Joël Pommerat, qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici enfin l’enregistrement de la dernière œuvre lyrique de Philippe Boesmans, quelques mois après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/pinocchio-aix-en-provence-ce-qui-sappelle-avoir-du-nez">la création aixoise</a>, les reprises à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/pinocchio-bruxelles-la-monnaie-mise-en-scene-sans-couleur-partition-sans-lyrisme">Bruxelles</a>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/pinocchio-dijon-pas-tres-gai-nest-ce-pas">Dijon</a>. L’œuvre est indéniablement originale, marquant un tournant dans sa production. Après une collaboration assidue avec Luc Bondy, auquel on devait les quatre précédents ouvrages, vint <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/amer-kaleidoscope-miroir-de-notre-epoque">Au monde</a>,</em> première collaboration avec <strong>Joël Pommerat</strong>, qui lui offre maintenant <em>Pinocchio</em>, livret et  mise en scène.</p>
<p>Découvrir une œuvre lors de sa création, et en rendre compte immédiatement, est un exercice exigeant et périlleux. L’écoute de l’enregistrement, qui peut être reprise, interrompue à loisir, privée de sa dimension visuelle, est toute autre. Elle a pour corollaire la possibilité d’approfondir, de compléter, de nuancer voire de corriger une impression sur le vif. D’autant qu’elle s’accompagne ici d’un riche DVD, à découvrir de toute urgence, qui explicite la formation de la riche personnalité de Philippe Boesmans et son travail créateur à travers de nombreux et pertinents témoignages.</p>
<p>Le compositeur belge a assimilé toutes les musiques, se les est appropriées et les restitue en y imprimant sa marque. On va ainsi du baroque à l’Orient, en passant par Debussy, Stravinsky, le cabaret et  nos contemporains. Mais que l’auditeur ne s’y trompe pas : c’est toujours du Boesmans qu’il écoute, et cette musique colle toujours intimement à la situation dramatique comme à chacun des personnages. Conçu comme un spectacle itinérant, avec un nombre restreint d’acteurs, ceux-ci, à l’exception du pantin et de la fée, multiplient les rôles. Homme-clé, <strong>Stéphane Degout</strong> est tour à tour le directeur de troupe, sorte de présentateur-narrateur, un escroc et un meurtrier. L’emploi est d’autant plus éprouvant que les passages de la voix parlée à la voix chantée sont nombreux. C’est un bonheur renouvelé que chacune de ses interventions : la voix est sonore, colorée, d’une diction exemplaire. L’aisance avec laquelle notre Monsieur Loyal change de rôle est confondante. C’est également le cas de <strong>Vincent Le Texier</strong>, chaleureux père de l’ingrat pantin, qui incarne avec autant de justesse un meurtrier et le maître d’école. <strong>Yann Beuron</strong> chante les méchants, encore que la générosité du directeur de cabaret nous rappelle combien le compositeur aime ses personnages, si noirs puissent-ils être. La distribution féminine est également remarquable : l’impertinente <strong>Chloé Briot</strong> a la gouaille qui sied, <strong>Marie-Eve Munger</strong> est une fée magistrale, qui nous renvoie à l’opéra « traditionnel » avec sa virtuosité de colorature qui monte avec aisance au contre-mi bémol. Quant à <strong>Julie Boulianne</strong>, au mezzo coloré, elle use de toute sa palette expressive pour nous offrir une chanteuse de cabaret, puis un mauvais élève dont l’influence sur Pinocchio aura de fâcheuses conséquences. <strong>Patrick Davin</strong>, fidèle au compositeur qu’il connaît depuis longtemps, nous dit éprouver un bonheur physique à diriger son œuvre, tant son écriture est soignée. La petite formation (22 musiciens, dont trois en scène) sonne remarquablement, chaque instrument pouvant être soliste, dans une atmosphère qui tient à la fois de la musique de chambre, du cabaret et de la musique de film. La direction, lyrique et efficace, excelle à recréer les ambiances changeantes de chacune des scènes enchaînées.</p>
<p>L’enregistrement est accompagné d’un riche livret, bien documenté, qui reproduit naturellement le texte dramatique de Joël Pommerat. Pour autant il ne saurait remplacer l’incontournable DVD où les regards croisés des proches du compositeur, ses confidences aussi, constituent la meilleure introduction à l’écoute.</p>
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