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	<title>Jérôme DUCROS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 15 Jul 2025 09:39:51 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Jérôme DUCROS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Concert du 14 juillet &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-du-14-juillet-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Derrière le Concert de Paris, il pourrait y avoir un grand projet politique, celui d’un spectacle de musique classique fédérateur, festif et accessible à des dizaines de milliers de spectateurs peu familiers du répertoire. Il faudrait alors une ambition, et surtout une réflexion sur comment construire un spectacle adapté, comment réinventer les codes très engoncés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Derrière le Concert de Paris, il pourrait y avoir un grand projet politique, celui d’un spectacle de musique classique fédérateur, festif et accessible à des dizaines de milliers de spectateurs peu familiers du répertoire. Il faudrait alors une ambition, et surtout une réflexion sur comment construire un spectacle adapté, comment réinventer les codes très engoncés du concert symphonique. Ce pourrait alors être une réussite de politique culturelle, et l’occasion de rappeler l’importance que peut revêtir l’audiovisuel public pour la démocratisation de l’art. Dommage que ce ne soit qu’un rêve. De nombreux spectateurs ont probablement été profondément émus, surpris ou réjouis à cette occasion, devant un répertoire qu’ils pensaient loin d’eux. D’autres plus habitués des concerts ont pu se réjouir de voir un niveau musical d’excellence à une heure de grande écoute sur une chaîne publique. Ils ont entièrement raison, et il est important que de tels programmes existent. Ce n’est pas pour autant qu’il faut applaudir par principe, car sa rareté ne fait que souligner la médiocrité habituelle de la télévision en matière de programmes culturels. Il ne faut pas en faire une norme.</p>
<p>En l’état, le Concert de Paris est un condensé des pires clichés de la musique classique : une vision bling-bling du récital, luxueuse et plate, dans un premier degré absolu, avec une absence totale de communication avec le public. Quand on voit les dernières règles vestimentaires imposées à la Scala (qui, à titre personnel, nous exaspèrent), on voit bien que ce n’est pas une esthétique entièrement disparue. Elle n’en parait pas moins totalement déplacée dans un contexte qui, rappelons-le, devrait être celui d’une fête collective. Le message politique envoyé est clair : le classique, c’est un monde des hautes sphères, qu’on fait l’honneur de rendre gratuit une fois par an. Ce n’est probablement pas volontaire, mais simplement dû à une authentique fainéantise. Le choix d’un présentateur aussi obséquieux et guindé que <strong>Stéphane Bern</strong> ne fait qu’abonder en ce sens, en multipliant au long de la soirée les hyperboles (et les approximations). Lorsqu’on a besoin de rappeler toutes les deux minutes à quel point une fête nous plaît, c’est qu’on ne s’y amuse pas tant que ça. Soyons clair, il ne s’agit pas d’en finir avec l’excellence, mais d’en finir avec l’idée d’un mouvement descendant de la culture vers le peuple.</p>
<p>Ne faisons pas porter le chapeau aux artistes invités. La plupart sont très sincères dans leur démarche d’ouverture et de partage, que certains adressent d’ailleurs même en dehors des scènes (<strong>Julie Fuchs</strong>). Le niveau musical est globalement celui qu’on attend d’un événement de cette ampleur, bien que compliqué par la disposition de la scène et le vent. On a ainsi tout du long l’impression que l’écoute est compliquée sur scène, d’où une certaine prudence dans les premiers passages. Le programme a le mérite d’être bien rythmé, malgré de trop nombreux moments obligés. Quitte à célébrer la musique française, on aurait pu lui rendre meilleur hommage en évitant le sempiternel <em>Rondo capriccioso</em> de Saint-Saëns, et on aurait surtout pu proposer la version française originale du <em>Boléro</em> des Vêpres Siciliennes, au lieu de l’italienne. Surtout, on regrette une volonté manifeste de lisser tout ce qui sort du moule classique, avec des arrangements parfois très regrettables. Retenons tout de même quelques jolis moments, pas forcément les plus attendus. Ainsi, <strong>Dom La Nena</strong>, avec l’excellente <strong>Maîtrise de Radio France</strong>, amène un peu de naturel au milieu de cet océan de glamour, lors d’un très joli <em>Saudade fez um samba</em>. <strong>Florian Sempey</strong> et <strong>Bruno de Sá</strong> semblent prendre un plaisir très communicatif à leurs interventions des <em>Carmina Burana</em>, tandis que <strong>Rihab Chaieb</strong> est une révélation très intéressante en Dalila, investie et émouvante. Plus attendus mais pas moins pertinents, <strong>Julie Fuchs</strong> avec Satie et <strong>Benjamin Bernheim</strong> en Werther sont toujours à la juste place stylistiquement.<br />
La partie instrumentale soliste est desservie par un mauvais programme, même si l’on sait gré à la violoniste <strong>Bomsori</strong> de jouer le jeu du grand spectacle.</p>
<p>Il faut saluer les musiciens de l’<strong>Orchestre National de France</strong> pour garder leur cohésion et leur précision dans des conditions que l’on devine difficiles, d’autant plus que ces productions bénéficient rarement d’un temps de répétition suffisant. La soirée va en s’améliorant pour eux, ainsi que pour <strong>Cristian Macelaru</strong>, qui donne l’impression de gagner en lâcher-prise au fur et à mesure. Plusieurs pupitres se distinguent au cours de la soirée, dont les percussions dans l’extrait des <em>Indes galantes</em>, qui apportent un relief et un rebond rythmique bienvenus. Il faut aussi mentionner les solistes du <em>Boléro</em>, dans un arrangement (plutôt astucieux) de <strong>Didier Benetti</strong> qui rajoute une complexité en divisant la phrase entre plusieurs instruments, demandant ainsi des transitions très fluides. Reste l’impression d’une direction peut-être moins à l’aise avec le lyrique, tant la plupart des airs souffrent d’un problème de communication avec les solistes. Le <strong>Chœur</strong>, et encore plus la <strong>Maîtrise de Radio-France</strong>, sont parfaitement préparés par <strong>Lionel Sow</strong> et <strong>Sofi Jeannin</strong>, avec une homogénéité et un engagement notables.</p>
<p>Un nouveau Concert de Paris est fini, et avec lui la même interrogation que les années précédentes : une fois passé le feu d’artifice, qu’en reste-t-il ? Quelques jolis moments, certes, mais surtout le souvenir flou d’un spectacle sans audace ni relief. Le public et les artistes méritent mieux que ça.</p>
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		<title>Fin d’année intense pour Philippe Jaroussky</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/fin-dannee-intense-pour-philippe-jaroussky/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 05:53:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Philippe Jaroussky termine l&#8217;année 2024 sous le feu des projecteurs. La sortie de son album Lieder, en hommage à Schubert est annoncée le 1er novembre. Le contre-ténor est accompagné au piano par Jérôme Ducros pour la 3e fois au disque. Le duo enchaînera avec une série de récitals en France et à l&#8217;étranger, dont le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Philippe Jaroussky</strong> termine l&rsquo;année 2024 sous le feu des projecteurs. La sortie de son album <em>Lieder</em>, en hommage à Schubert est annoncée le 1er novembre. Le contre-ténor est accompagné au piano par <strong>Jérôme Ducros </strong>pour la 3e fois au disque<strong>.</strong> Le duo enchaînera avec une série de récitals en France et à l&rsquo;étranger, dont le Théâtre des Champs-Élysées le 9 novembre.</p>
<p>Le 22 novembre, Philippe Jaroussky sera de nouveau au cœur de l&rsquo;actualité discographique avec <em>Serpentes Ignei in Deserto</em>, un oratorio de Johann Adolf Hasse où, dirigé par <strong>Thibault Noally</strong> à la tête de son ensemble Les Accents, il interprète Moïse aux côtés de <strong>Julia Lezhneva</strong> et <strong>Jakub Józef Orlińsk</strong>i.</p>
<p>Enfin, du 16 au 19 décembre, le contre-ténor partagera son expertise avec les jeunes talents de son Académie lors de masterclasses à la Seine Musicale, suivies le 20 décembre dans la même salle, d&rsquo;un concert dédié aux compositrices, en partenariat avec l’Association « Elles Women Composers ».</p>
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		<title>Concert de Paris — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-paris-paris-le-concert-de-paris-une-recette-toujours-gagnante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jul 2022 23:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La dixième édition du Concert de Paris organisé chaque année par Radio-France et France Télévisions sur le Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel dont partent les feux d’artifice du 14 Juillet, n’était pas qu’un anniversaire ; c’était une renaissance, après deux années marquées par la pandémie, avec un public, soit absent (en 2020), soit restreint &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La dixième édition du Concert de Paris organisé chaque année par Radio-France et France Télévisions sur le Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel dont partent les feux d’artifice du 14 Juillet, n’était pas qu’un anniversaire ; c’était une renaissance, après deux années marquées par la pandémie, avec un public, soit absent (en 2020), soit restreint (en 2021). Le retour à des conditions d’accueil normales était visiblement attendu : environ 100 000 personnes se sont massées sur le Champ-de-Mars, quand la retransmission en direct sur France 2 atteignait 20% de part d’audience.  </p>
<p>Dans un événement si populaire, grande est la tentation d’aligner les tubes, et on comprend que les organisateurs y cèdent partiellement : la traditionnelle Marche hongroise de la <em>Damnation de Faust </em>de Berlioz ouvre, comme d’habitude, les festivités, sous la baguette souple de<strong> Cristian Macelaru</strong>. Un soupçon de cross-over vient disperser les craintes que la programmation apparût trop sérieuse. Des standards signés Verdi, Mozart, Offenbach ou Bernstein figurent en bonne place. Ils sont, du reste, souvent fort bien interprétés : <strong>Erwin Schrott</strong> prête son magnétisme hors norme à un cruel Leporello et un onctueux Don Giovanni. <strong>Lea Desandre</strong> lui réplique en parfaite Zerlina, avant de rappeler à tout le monde qu’elle est, en Cherubino, une silhouette totalement idéale.<strong> Nadine Sierra</strong> apporte sa virtuosité et l’opulence de son timbre au « Sempre libera » de <em>La Traviata </em>(qui inaugure, bizarrement, un programme censé être consacré à « l’égalité »), et à des extraits de <em>West Side Story </em>et des <em>Indes Galantes </em>où <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> lui apporte une réplique parfaite. Ce dernier, qui nous confiait, en coulisses, être « heureux d’interpréter de la musique française à l’occasion de ce concert unique », revient seul pour du Lehar, mais en français : « Je t’ai donné mon cœur » le montre à l’aise dans le lyrisme exacerbé des « Tauberlieder », sans que la foule et la sonorisation le conduisent à en sacrifier l’intimité et la douceur. <strong>Alice Sara Ott</strong> semble s’amuser comme une folle dans le final du Concerto pour piano de Grieg tandis que l’<strong>Orchestre National de France</strong> et le <strong>Chœur de Radio France</strong>, qui n’ont eu que quelques jours de répétitions, sont impeccables dans la fougue du final de <em>Daphnis &amp; Chloé</em> comme dans la solennité de l’incontournable « Va pensiero ».</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="329" src="/sites/default/files/styles/large/public/concert_de_paris.jpg?itok=BTdeDwKb" title="© DR" width="468" /><br />
	© DR</p>
<p>Mais il faut aussi saluer qu’un coup de projecteur soit porté sur des pièces moins connues, ou moins immédiatement accessibles. Du coté des instrumentistes, on se réjouit ainsi d’entendre l’immense <strong>Leonidas Kavakos</strong> dans le final du Concerto pour violon de Korgnold, ou d’applaudir <strong>Gauthier Capuçon </strong>dans une mélodie de Miroslav Skoryk, en hommage à l’Ukraine. Le « Quadrille » des <em>Mariés de la Tour Eiffel </em>permet de rendre hommage à Germaine Tailleferre, seule membre féminin du Groupe des Six, quand <em>Les feux de la Saint-Jean</em>, dans une orchestration d’Anne Dudley, sont l’occasion d’apprécier tout à la fois l’écriture de Cécile Chaminade, où l’on retrouve des échos de Bizet et de Saint-Saëns, et la qualité de la Maîtrise de Radio France.</p>
<p>La soirée passe en une seconde, les stars, au bord de la scène, font des selfies avec la Tour Eiffel, juste avant que celle-ci s’embrase, sans attendre les fin de <em>La Marseillaise </em>– voilà qui constituait la seule entorse à l’adage voulant que, le 14 Juillet comme les autres jours, on ne change pas une recette gagnante !</p>
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		<item>
		<title>Un Liederabend avec Philippe Jaroussky, c&#8217;est possible !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-liederabend-avec-philippe-jaroussky-cest-possible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jan 2020 08:55:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un répertoire encore assez inhabituel chez les contre-ténors que le Lied, même si les choses sont peut-être en train de changer. C&#8217;est pourtant un récital consacré à Schubert que donnera Philippe Jaroussky le 24 janvier prochain au Théâtre des Champs-Elysées, en compagnie du pianiste Jérôme Ducros. En attendant ce concert et notre compte-rendu, en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est un répertoire encore assez inhabituel chez les contre-ténors que le Lied, même si les choses sont <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/xavier-sabata-le-voyage-dhiver-dun-contre-tenor">peut-être en train de changer</a>. C&rsquo;est pourtant un récital consacré à Schubert que donnera <strong>Philippe Jaroussky</strong> le 24 janvier prochain au Théâtre des Champs-Elysées, en compagnie du pianiste <strong>Jérôme Ducros</strong><em>.</em></p>
<p>En attendant ce concert et notre compte-rendu, en voici un petit aperçu :</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/u6ATehWt92E" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Passion Jaroussky</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/passion-jaroussky-voix-de-lumiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2019 16:06:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le plus célèbre des contre-ténors entrait l’année dernière au Petit Larousse illustré, sa statue vient d’être inaugurée au Musée Grévin et un livre d’entretiens avec Vincent Agrech paraîtra en décembre : Warner se devait de marquer le coup pour les vingt ans de carrière de Philippe Jaroussky. Cela pourrait sembler un détail, mais il participe également de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">Le plus célèbre des contre-ténors entrait l’année dernière au <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/philippe-jaroussky-dans-le-larousse"><em>Petit Larousse illustré</em>,</a> sa statue vient d’être inaugurée au Musée Grévin et un livre d’entretiens avec Vincent Agrech paraîtra en décembre : Warner se devait de marquer le coup pour les vingt ans de carrière de <strong style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">Philippe Jaroussky</strong>. Cela pourrait sembler un détail, mais il participe également de la consécration de l’artiste, le public de la Scala a pu, dès le mois d&rsquo;octobre, s’offrir avant tout le monde <em style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">Passion Jaroussky, </em>parce que la star y faisait ses débuts dans le rôle de<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/giulio-cesare-milan-cesar-sempare-de-milan"> Sesto</a>. </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">Présenté comme une suite de l’anthologie parue en 2006 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/inventaire-avant-mise-au-vert" style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;"><em>La voix des rêves</em></a>), ce triple album explore l’abondant catalogue Virgin/Erato, récitals comme intégrales lyriques, en limitant toutefois les doublons, non pas à deux airs, comme annoncé dans le livret, mais bien à quatre solos et deux duos – encore que le terme « doublon » ne soit pas tout à fait approprié puisqu’aux images filmées en concert succèdent aujourd’hui divers témoignages exclusivement sonores. Cette volonté d’éviter les redites explique certainement l’absence de Caldara, de Johann Christian Bach (<em style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">La dolce fiamma</em>) comme du moindre extrait du fort bel hommage à Carestini. Intitulé <em style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">Philippe &amp; Friends</em>, le troisième disque réunit plusieurs duos et illustre la collaboration avec des instrumentistes comme le <strong style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">Quatuor Ebène</strong>, <strong style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">Gauthier </strong>et<strong style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;"> Renaud Capuçon</strong> ou <strong style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">Emmanuel Pahud</strong>. « <em style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">L’amitié en musique est pour moi une dimension très importante </em>» explique Philippe Jaroussky et les inédits qu’il a retenus sont souvent d’ailleurs le « <em style="font-family: &quot;open sans&quot;, verdana, arial, sans-serif;">fruit de nouvelles rencontres </em>». </p>
<p>A la tête de son <strong>Collegium 1704</strong>, <strong>Václav Luks </strong>le dirige ainsi dans « Mentre dormi » tirée de <em>L’Olimpiade </em>de Josef Mysliveček, dont les paroles convoquent évidemment le souvenir vivace d’une autre délicieuse <em>aria </em>de Vivaldi sur laquelle le chanteur avait déjà jeté son dévolu. C’est l’enregistrement le plus récent de cette compilation, réalisé le 30 avril pour la bande originale d’<em>Il Boemo</em>, un <em>biopic </em>que Petr Václav consacre au « Divin Tchèque » et qui devrait sortir au printemps 2020. Le jeune guitariste <strong>Thibaut Garcia </strong>accompagne avec un égal bonheur Philippe Jaroussky pour son premier Dowland – un « Flow my tears » dont il exalte l’amertume – mais également dans une interprétation tout en sobriété des « Feuilles mortes » de Kosma, un titre qu’il avait déjà chanté pour le 14 juillet au pied de la Tour Eiffel. Ceux qui l’ont entendu il y a trois ans dans un arrangement d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/philippe-jaroussky-beau-oui-comme-bowie">« Always Crashing in the Same Car »</a> de David Bowie seront probablement moins surpris que les baroqueux de le découvrir dans un duo <em>live </em>de Radio France avec <strong>Matthieu Chedid </strong>sur « Cet air » où M semble se dédoubler, comme si Jaroussky donnait corps aux fantaisies nées de son imagination. Par contre, livrée en épilogue, sa reprise de « Oh My Love » de John Lennon avec <strong>Rosemary Standley </strong>pourrait bien les dérouter mais ravira ses admirateurs qu’il quitte à pas de loup, en musant. Même si, au disque du moins, les contre-ténors se font encore plus rares dans la mélodie française que dans le <em>lied </em>– <em>Les Nuits d’été </em>gravées par David Daniels constituent l’exception qui confirme la règle, le Français ne les ayant, pour sa part, données qu’en concert – l’album Schubert du falsettiste ne fera probablement pas davantage l’unanimité que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/stupefiants"><em>Opium </em></a>ou <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/green-melodies-francaises-sur-des-poemes-de-verlaine-heureuses-retrouvailles"><em>Green</em></a>. En attendant sa sortie programmée en janvier, nous retrouvons l’interprète avec, au piano, son complice de prédilection <strong>Jérôme Ducros </strong>dans un « Du bist die Ruh » melliflu et une lecture très investie, mais tendue également de « Ständchen ».  </p>
<p>S’il se referme donc sur une incursion inattendue chez John Lennon, le florilège s’ouvre avec Vivaldi, non pas avec un de ces airs d’opéra que Philippe Jaroussky a illuminés sous la direction de <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong>, mais avec « Sileant Zephyri », second mouvement d’un motet que beaucoup ont découvert avec Gérard Lesne à la fin des années 80 et que le public a en quelque sorte plébiscité <em>« avec ses plus de sept millions de vue sur YouTube en seulement deux ans » </em>commente le soliste. En vérité, cette plage cristallise tout ce qui fait Jaroussky, à commencer par le son : « <em>Le chant s’élève et vous tendez l’oreille, ébloui, incrédule, confondu par tant de lumière, de naturel et de grâce </em>» écrivions-nous en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/actu/jaroussky.htm">2002</a>, trois ans après ses débuts à Royaumont sous l’égide, justement, de Gérard Lesne. Tout est lumière : l’interprétation autant que la voix, chez celui qui se définit d’abord comme un musicien. Ecoutez-le relancer le discours et orner ce « Sileant Zephyri », mais aussi, par exemple, « Placidetti zeffiretti » (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/le-charme-discret-de-porpora">Porpora</a>), en parfaite intelligence avec <strong>Cecilia Bartoli </strong>dans un des moments suspendus et captivants qui jalonnent une trajectoire vertigineuse. </p>
<p>Vertigineuse et fascinante au prisme de ce florilège, qui reflète les contradictions, les revirements du chanteur, une détermination farouche également (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/actu/jaroussky.htm">son principal trait de caractère</a>) qui le pousse à élargir le répertoire des contre-ténors ou à se dépasser pour tenter de combler le fossé qui sépare quelquefois ses moyens de ses ambitions, singulièrement dans la bravoure – on peut lui préférer la robustesse d’un David Daniels dans les déferlements virtuoses de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/vivaldi_daniels.htm"><em>Longe, mala, umbrae, terrores</em></a>, mais son aplomb et son jusqu’au-boutisme forcent l’admiration. Après avoir renoncé à Giulio Cesare, puis à Tolomeo que lui offrait pourtant Cecilia Bartoli parce qu’il était trop conscient de ne pas posséder l’alto requis pour ces rôles (il proposera et obtiendra Sesto), il abordera le <em>Stabat Mater </em>de Vivaldi, qu’il avait d’abord laissé à Marie-Nicole Lemieux pour se réserver la partie d&rsquo;alto aigüe du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/double-eloquence"><em>Nisi Dominus</em>.</a> De la transposition pour alto grave de <em>Ich habe genug </em>à la version napolitaine pour soprano de l<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/orfeo-ed-euridice-la-faute-aux-edulcorants">’<em>Orfeo </em>de Gluck</a>, ces grands écarts traduisent l&rsquo;ambiguïté d&rsquo;un instrument qui échappe aux catégories. Tout n’est pas d’un intérêt égal au fil des 53 plages, du reste parfois arrachées brutalement à leur contexte, et parce que nous aimons passionnément l’artiste, mais non à la folie, nous ne pouvons adhérer à tous ses choix, qu’il s’agisse de répertoire ou d’approche interprétative. Philippe Jaroussky assume les projets menés avec des personnalités controversées et plutôt que de nous braquer, en particulier, sur des Purcell qui nous hérissent, butinons ailleurs, car les occasions de nous réjouir ne manquent pas : que l&rsquo;artiste brille seul, dans le couru (« Vedrò con mio diletto », qu&rsquo;il a dépoussiéré) ou le moins couru (l’hypnotique « Sfere amiche » de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/niobe-regina-di-tebe-fifi-et-karina-sur-leur-ile">Steffani</a>), ou qu&rsquo;il dialogue (« Caro/cara, tu m’accendi » de Haendel avec <strong>Sophie Karthäuser </strong>; «<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/un-peu-beaucoup-passionnement"> Pur ti mirò, pur ti godo »</a> avec <strong>Núria Rial; </strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/amicalement-votre">« Veggio Fille » de Marcello </a>où son organe aérien contraste voluptueusement avec l’alto ambré de M<strong>ax Emanuel Cenčić </strong>;<strong> </strong>« Rêvons, c’est l’heure » avec <strong>Nathalie Stutzmann</strong> <strong>– </strong> si la Cornelia courte de timbre et de souffle d’Anne Sofie von Otter ne vous convainc pas, retrouvez  <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/heroes-from-the-shadows-ogresse-et-funambule">« Son nata a lagrimar »</a> sur le récital <em>Heroes from the shadows </em>du contralto). Gérard Lesne, David Daniels, Philippe Jaroussky : Warner peut s&rsquo;enorgueillir d&rsquo;avoir signé trois contre-ténors parmi les plus emblématiques de leur génération et d&rsquo;avoir écrit en leur compagnie plusieurs chapitres majeurs de l&rsquo;histoire du disque. </p>
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		<title>Philippe Jaroussky &#8211; « Verlaine » — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/philippe-jaroussky-verlaine-paris-tce-deux-heures-presque-exquises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Apr 2015 13:58:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vivaldi et Debussy, même constat : qu’il s’agisse de musique baroque ou non, il y a dans le timbre de Philippe Jaroussky une magie qui opère, une couleur irréelle qui entoure tout ce qu’il chante d’une aura céleste, si incongru que puisse parfois paraître dans certains répertoires l’usage du fausset. Au Théâtre des Champs-Elysées samedi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vivaldi et Debussy, même constat : qu’il s’agisse de musique baroque ou non, il y a dans le timbre de <strong>Philippe Jaroussky</strong> une magie qui opère, une couleur irréelle qui entoure tout ce qu’il chante d’une aura céleste, si incongru que puisse parfois paraître dans certains répertoires l’usage du fausset.</p>
<p>Au Théâtre des Champs-Elysées samedi soir, le contre-ténor réitérait sur scène l’hommage à Paul Verlaine rendu sur disque – <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/green-melodies-francaises-sur-des-poemes-de-verlaine-heureuses-retrouvailles"><em>Green</em></a> – en début d’année. A programme exceptionnel – des mélodies de tous horizons sur des textes de Verlaine –, format exceptionnel. Deux fois quarante-cinq minutes sans entrées et sorties applaudies entre les numéros, sans saluts répétés, sans aucune de ces coquetteries qui encombrent les récitals, mais l’enchainement quasi continu des titres dans un silence que la fin de l’hiver et de ses miasmes rend religieux.</p>
<p>Comme pour <em>Green</em>, l&rsquo;ordre des pages choisies et l&rsquo;accompagnement musical sont suffisamment variés pour que la lassitude ne se fasse pas sentir. Quelques pièces instrumentales ménagent au chanteur une nécessaire respiration. Au piano, <strong>Jérôme Ducros</strong> est aussi un poète – un <em>Clair de lune</em> frissonnant le rappelle à ceux qui hypnotisés par la voix de Philippe Jaroussky oublieraient de prêter attention au pianiste. Comme pour <em>Green</em>, les sonorités du Quatuor Ebène ont des teintes qui, par leurs reflets mordorés, évoquent l’ambre. Comme pour<em> Green</em> – et plus largement, comme pour tout ce qu’il interprète – la musicalité de Philippe Jaroussky n’est jamais prise en défaut et le respect – l’amour ? – qu’il porte à ces partitions de qualité et d’atmosphère inégales, entier. Les libertés qu’il s’autorise sont rares : vocaliser le thème de « Ecoutez la chanson bien douce » de Léo Ferré ; tenir la note jusqu’au vertige dans « Chanson d’automne » de Charles Trenet… Comme pour <em>Green</em>, la pureté inaltérée de la voix charme, voire envoûte lorsqu’elle se pose, délicate, sur une musique qui ne l’est pas moins : Hahn, Fauré, Bordes, à chacun ses préférences…</p>
<p>Mais, les bras collés au corps, les pieds rivés dans le sol, le contre-ténor ne se départ jamais de son attitude d’enfant sage récitant sa récitation. La taille de la salle n’autorise pas plus de complicité. C’est un des inconvénients de l’exercice. Ces mélodies, de salon plus que de théâtre, voudraient davantage d’intimité. Leur suc – vénéneux ou délicieux, c’est selon – se dissipe dans un espace trop vaste.</p>
<p>Autre inconvénient, à la différence de <em>Green</em> cette fois, la diction manque souvent de clarté. Du premier balcon, les mots ne sont pas toujours compréhensibles et, sauf à connaître ses poésies de Verlaine sur le bout des doigts, le son l’emporte trop souvent sur le sens.</p>
<p>Plusieurs fois rappelés par un public enthousiaste, les musiciens ajoutent trois bis à un programme déjà conséquent : un extrait de <em>Fisch-Ton-Khan</em>, opérette d’Emmanuel Chabrier dont Verlaine écrivit le livret, « L’heure exquise » mise en musique par Reynaldo Hahn et « Colombine », façon Georges Brassens, dont les « pam pam pam » insouciants referment la soirée sur une note peu saturnienne.</p></p>
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		<title>Green, mélodies françaises sur des poèmes de Verlaine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/green-melodies-francaises-sur-des-poemes-de-verlaine-heureuses-retrouvailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2015 07:03:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Six ans après Opium, son album consacré à la mélodie française, Philippe Jaroussky récidive : « j&#8217;ai décidé de construire un second opus plus ambitieux autour de la poésie de Paul Verlaine, le poète français le plus mis en musique ». Voici donc Fauré, Debussy, Hahn mais aussi des compositeurs presque contemporains – Varèse, Honegger &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Six ans après <em>Opium</em>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/stupefiants">son album consacré à la mélodie française</a>, <strong>Philippe Jaroussky </strong>récidive : <em>« j&rsquo;ai décidé de construire un second opus plus ambitieux autour de la poésie de Paul Verlaine, le poète français le plus mis en musique »</em>. Voici donc Fauré, Debussy, Hahn mais aussi des compositeurs presque contemporains – Varèse, Honegger –, moins connus – Poldowski de son vrai nom Régine Wieniawski (1879-1932), Charles Bordes (1863-1909), Josef Szulc (1875-1956)&#8230; – et des chanteurs dits « à texte » – Léo Ferré, Charles Trenet, Georges Brassens –, tous séduits par une poésie leur offrant <em>« la même liberté, la même variété, la même subtilité rythmique qu&rsquo;en leur musique »</em>,<em> </em>dixit René Chalupt.</p>
<p><em>« Le choix était immense »</em>,<em> </em>poursuit Philippe Jaroussky, <em>« j&rsquo;ai voulu me concentrer principalement sur les vers les plus connus, en offrant plusieurs versions musicales d&rsquo;un même poème »</em> : « Green » qui donne son nom à l&rsquo;album et dont pas moins de trois versions figurent au programme, « Mandoline », « La lune blanche », « Clair de lune », « Colombine », etc. Quarante-trois titres forment un parcours mélodique fantasque dont la diversité de ton n&rsquo;est pas seulement le fait du nombre important de compositeurs convoqués (21 au total). Pour conjurer tout risque de monotonie, Philippe Jaroussky a voulu egalement varier l&rsquo;accompagnement musical. La palette ambrée du <strong>quatuor Ébène </strong>dont le contre-ténor avoue admirer «<em> l&rsquo;originalité, la rigueur de l&rsquo;approche musicale et l&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit </em>» alterne avec les sonorités, tour à tour mates et brillantes, du piano de <strong>Jérôme Ducros</strong>, déjà partenaire d&rsquo;<em>Opium</em>, qui a signé ici plusieurs arrangements, proposant notamment une version inédite des <em>Fêtes galantes 1</em> de Debussy. <strong>Nathalie Stutzmann</strong> s&rsquo;invite le temps d&rsquo;un « Rêvons, c&rsquo;est l&rsquo;heure » d&rsquo;une sensualité moite. La fantaisie de <em>Fish Ton Kan</em>, opérette de Chabrier à laquelle Verlaine collabora, veut conjurer le désespoir livide des « sanglots longs » mis en musique par Reynaldo Hahn. Mais la chanson n&rsquo;est pas que d&rsquo;automne, elle est bonne lorsque Fauré, nostalgique, décrit « l&rsquo;heure exquise », douce d&rsquo;une douceur inquiète pour Chausson, ou des rues lorsque le piano, chez Léo Ferré, imite l&rsquo;orgue de barbarie. Ainsi va l&rsquo;humeur de ce récital, cyclothymique, tantôt mélancolique, tantôt amère, tantôt joyeuse et même décalée, ne serait-ce que pour rappeler l&rsquo;autodérision dont Philippe Jaroussky, loin de l&rsquo;apparat baroque, sait faire usage (« Colombine » façon Georges Brassens avec ses « pam pam » acidulés).</p>
<p><em>Opium </em>n&rsquo;avait pas fait l&rsquo;unanimité. <em>Green</em> ne le fera pas davantage. La voix de contre-ténor, déjà sujette à discussion, divisera une nouvelle fois, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle s&rsquo;aventure ici en des contrées où elle ne fut jamais invitée. Pourtant, que de musique, que d&rsquo;intelligence dans ces pages effeuillées d&rsquo;une voix étrange et dont l&rsquo;étrangeté participe au trouble qu&rsquo;elles suscitent. Inaltérée, la pureté du timbre demeure envoûtante. Son ambiguïté est décadence, au sens le plus précieux du terme, sans qu&rsquo;aucune affectation ne vienne en pervertir la sincérité. Au contraire, si paradoxal que cela puisse paraître, le naturel prédomine : naturel de la diction dans sa volonté de rendre compréhensible chaque phonème et, au delà de la compréhension, donner à percevoir la signification de chaque mot ; naturel de l&rsquo;interprétation qui, à l&rsquo;instar de Brassens et Ferré, essaye de débarrasser ces vers de leur empois poétique, de les rendre les plus proches possible du langage parlé ; naturel faisant la plupart de ces mélodies, non pas pièces de salon souffreteuses, mais chansons que l&rsquo;on se surprend à fredonner comme un air à la mode. <em>« J&rsquo;aime la poésie de Verlaine, son univers fait de langueur et de mélancolie, de légèreté et d&rsquo;humour aussi. Je m&rsquo;y retrouve »</em>, confiait Philippe Jaroussky au <em>Figaro</em>. Nous sommes heureux de l&rsquo;y retrouver. </p>
<p> </p>
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<p> </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QYvBCHTW8wg?rel=0" width="560"></iframe></p>
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