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	<title>Tara ERRAUGHT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Tara ERRAUGHT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il Viaggio a Reims &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-viaggio-a-reims-salzbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée au printemps dernier dans le cadre du Festival de Pentecôte dont Cecilia Bartoli est la directrice artistique depuis 2012, cette production revient pour le festival d’été, auquel elle apporte une note de fraîcheur et de divertissement bienvenue, au sein d’une programmation fort sérieuse. Confiée au facétieux Barrie Kosky, la comédie de Rossini, qui repose &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée au printemps dernier dans le cadre du Festival de Pentecôte dont Cecilia Bartoli est la directrice artistique depuis 2012, cette production revient pour le festival d’été, auquel elle apporte une note de fraîcheur et de divertissement bienvenue, au sein d’une programmation fort sérieuse.</p>
<p>Confiée au facétieux <strong>Barrie</strong> <strong>Kosky</strong>, la comédie de Rossini, qui repose sur un livret particulièrement ténu et dont toute trame dramatique est absente, relève du divertissement pur, de la farce, traitée dans un mode burlesque assumé, ce qui fait toute la réussite du spectacle.</p>
<p>Pour une raison qu’on s’explique mal, si ce n’est de mettre à l’honneur (ou de flatter l’égo ?) d’une cantatrice qui n’en n’a pas besoin, le metteur en scène prend quelque liberté avec le livret, et transforme le but de ce voyage raté, à l’origine le couronnement du roi Charles X, en un concert de la célèbre cantatrice La Ceci (suivez mon regard…). Bartoli, en effet, est au cœur du spectacle, entourée de ses partenaires favoris, les Musiciens du Prince-Monaco, de leur chef Capuano qui est son complice privilégié depuis des années, et de quelques autres des chanteurs qui l’accompagnent dans ses différents projets.</p>
<p>Comme il s’en explique dans le programme, Barrie Kosky s’est inspiré de l’univers d’Offenbach, de celui de Feydeau ou de Groucho Marx pour trouver le ton qu’il cherchait, celui d’une comédie déjantée entièrement tournée vers le divertissement mais réglée au cordeau, faisant correspondre à la virtuosité de la partition une précision scénique tout aussi virtuose : chaque geste est produit en rythme, les portes claquent dans le tempo de l’orchestre et une fébrile agitation permanente de tous les protagonistes répond au déluge de notes de la musique de Rossini. Sur ce plan, le spectacle est particulièrement bien réglé, scéniquement très réussi pour la plus grande joie des festivaliers.</p>
<p>Les différents ressorts habituels du comique sont convoqués tour à tour, comique de situation, la scène des coups de pistolets tirés dans tous les sens (comme dans un <em>saloon</em> de western) mais qui n’atteignent personne, comique de répétition (une harpe traverse la scène aux moments les plus incongrus), coups de théâtre inattendus (l’apparition de la Ceci à la toute fin du spectacle), etc..</p>
<p>Les décors (tout en noir et blanc inspirés de gravures anciennes) et surtout les costumes (Victoria Behr) particulièrement riches et colorés – sauf pour le personnel de l’hôtel assimilé au décor – contribuent grandement à la beauté visuelle des tableaux proposés-là. On retiendra le somptueux buffet du banquet final, véritablement spectaculaire, le tableau le plus réussi de la soirée, même si la scène tire en longueur. Jusqu’aux coiffures, plus excentriques les unes que les autres, les maquillages, les accessoires, tous les éléments du spectacles ont été convoqués dans un seul but : épater la galerie avec une débauche de moyens et faire rire. Mesuré à l’aune de ce but unique, louable mais finalement modeste, la réussite est totale.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/il_viaggio_a_reims_2026-c-sf-monika-rittershaus-045b-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-218998"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p>Musicalement, la satisfaction est sans doute un peu moindre ; pris par le maelstrom général et l’agitation incessante qui anime la scène, les chanteurs, parmi lesquels de très grandes pointures, peinent à trouver un climat favorable à l’épanouissement du beau chant. Rares sont ceux qui livrent ici le meilleur d’eux-mêmes.</p>
<p>Ce meilleur vocal, <strong>Cecilia Bartoli</strong> doit sans doute aller le chercher dans le passé. La voix n’a plus tout à fait l’homogénéité ni la souplesse légendaires qui ont fait sa gloire. Elle garde bien entendu de grandes qualité, un très visible plaisir d’être en scène avec tout son monde autour d’elle, un engagement scénique de tous les instants. Mais cette gloire passée justifie-t-elle qu’on modifie le livret pour lui trouver un second rôle (muet, celui de la Ceci dont on vient écouter le concert). Elle campe en Corinna une chanteuse d’opéra un peu sur le retour ; si c’est volontaire, cette sorte d’autodérision assumée est certainement une preuve d’intelligence.</p>
<p>D’autres tirent subtilement leur épingle du jeu : <strong>Marina Viotti</strong> en comtesse polonaise se montre très solide et parvient sans peine à surmonter l’orchestre, <strong>Mélissa Petit</strong> est souveraine dans le rôle de la Comtesse de Folleville avec des aigus perlés du meilleur effet et son jeu de scène un peu outré mais tellement drôle. Le baryton georgien <strong>Misha Kiria</strong> en impose dans le rôle du Baron Trombonok, de même que le ténor <strong>Dmitry Korchak</strong> aux aigus saisissants dans celui du comte Liebenskof, tous les deux parfaitement distribués, ainsi d’ailleurs que <strong>Ildebrando D’Arcangelo</strong>, qui prête sa voix et son talent au rôle de Lord Sydney. Pour les autres, la performance scénique l’emporte sur la performance vocale : l’outrance, la caricature voulue par la mise en scène dans la définition de chaque personnage masque les individualités vocales. C’est le cas pour <strong>Tera Erraught</strong> dans le rôle de Madame Cortese, de <strong>Peter Kellner</strong> en Don Alvaro, ou de <strong>Florian Sempey</strong> dans le rôle de Don Pofondo, le collectionneur d’antiques. Il faut dire aussi que les rôles sont tellement nombreux que les interventions solistes de chacun sont limitées. Le médecin Don Prudenzio est interprété par <strong>Gianni Romeo</strong>, lui aussi submergé par la caricature de son personnage. Aucun ne démérite vraiment, ils remplissent efficacement leur rôle, mais ils sont comme noyés dans la masse d’une performance de troupe. Parmi les plus petits rôles, signalons la basse polonaise <strong>Rafal Pawnuk</strong>, remarquable de présence et de justesse dans le rôle d’Antonio.</p>
<p>Dans la fosse,<strong> Gianluca Capuano</strong> se bat avec une partition plus fournie et techniquement plus difficile qu’il n’y paraît. Le résultat sonore, trop sonore par rapport aux voix, manque de subtilité et de légèreté, en particulier dans les redoutables vocalises où les chanteurs cherchent à alléger le plus possible l’émission au profit d’une plus grande précision et d’une plus grande souplesse, mais se heurtent à un substrat orchestral qui les couvre.</p>
<p>Il n’empêche, ne boudons pas notre plaisir : ce Voyage à Reims nous aura bien fait rire, on sort l’œil ébloui et l’âme ravie, réconcilié avec la vie.</p>
<p style="margin: 0cm; font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"> </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-viaggio-a-reims-salzbourg/">ROSSINI, Il Viaggio a Reims &#8211; Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>GLUCK, Iphigénie en Tauride – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gluck-iphigenie-en-tauride-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle édition de son festival d’automne, «&#160;La Grande Gare&#160;», le Festspielhaus de Baden-Baden nous propose une série d’œuvres tirées du patrimoine européen, comme le veut la tradition de cette jeune manifestation. Parmi la sélection se distinguent deux opéras de Gluck, qui succèdent aux spectaculaires Cavalleria rusticana de 2022 en version de concert, puis &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle édition de son festival d’automne, «&nbsp;La Grande Gare&nbsp;», le Festspielhaus de Baden-Baden nous propose une série d’œuvres tirées du patrimoine européen, comme le veut la tradition de cette jeune manifestation. Parmi la sélection se distinguent deux opéras de Gluck, qui succèdent aux spectaculaires <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-baden-baden-a-toutes-vapeurs/"><em>Cavalleria rusticana</em></a> de 2022 en version de concert, puis <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-baden-baden/">Werther</a></em> l’an passé, mis en scène par Robert Carsen, tous deux sous la direction de <strong>Thomas</strong> <strong>Hengelbrock</strong>, étroitement lié à la programmation du festival.</p>
<p>C’est donc sous l’égide du chef d’orchestre allemand dont on connaît le sérieux du travail de recherche et la subtilité de son approche que se place cette version scénique d’<em>Iphigénie en Tauride</em>. L’œuvre est dirigée avec rigueur, justesse et précision par un Thomas Hengelbrock qui réussit à faire s’équilibrer un orchestre laissant la part belle aux voix. Les différents pupitres sont ainsi au service de la ligne dramatique pure et l’on se délecte de la délicatesse et de la beauté que nous offrent le <strong>Balthasar-Neumann-Orchester</strong>. Cela dit, le résultat paraît au final bien lisse&nbsp;; la tempête, par exemple, n’impressionne guère et le tout manque curieusement de souffle épique. Le <strong>Balthasar-Neumann-Chor</strong> fait, quant à lui, grande impression et les seconds rôles qui en sont issus se montrent impeccables.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20241122_Iphigenie_FSH_c-Andrea-Kremper-1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-177506"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub><sup>© Andrea Kremper</sup></sub></figcaption></figure>


<p>Du côté des solistes, <strong>Tara Erraught</strong> incarne une Iphigénie tout en intériorité, altière et noble. La mezzo irlandaise témoigne d’une grande endurance, puissante dans les graves, vibrante dans les aigus, autoritaire dans les médiums. La prononciation du français gagnerait cependant à être plus précise. On regrette de ne pas avoir eu une mise en scène qui aurait de fait poussé l’interprète à une plus grande expressivité. Si l’on ne trouve pas grand-chose à redire à la chanteuse qui est tout à fait à sa place, on l’aurait voulu davantage tragédienne. <strong>Armando Noguera</strong> incarne un Thoas puissant et fragile à la fois. Le baryton argentin dégage une aura puissante et menaçante tout à fait bienvenue. Les deux soldats grecs Pylade et Oreste rivalisent de qualités qu’ils combinent harmonieusement, en particulier dans leur duo de l’acte III. Le ténor palermitain <strong>Paolo Fanale</strong> déploie une chatoyante palette d’émotions qui vont de la tendresse à la révolte, de l’esprit de sacrifice à celui de sauveur tout en force avec brio. À ses côtés, <strong>Domen Križaj</strong> incarne un Oreste tout en puissance et autorité, mais dont les intonations se font l’écho des sentiments des autres protagonistes en un subtil nuancier qui cimente l’harmonie ressentie à l’audition des différentes voix. Le baryton magnifie une distribution très homogène, bien qu’un peu trop sage à notre goût.</p>
<p>Deux jours plus tard, c’est à un <em>Orfeo</em> en italien cette fois, avec la Bartoli, qu’on a rendez-vous. Gageons que la belle diva romaine approchera l’univers de Gluck avec davantage de feu et de passion apparente.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gluck-iphigenie-en-tauride-baden-baden/">GLUCK, Iphigénie en Tauride – Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>MOZART, La clemenza di Tito &#8211; Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-clemenza-di-tito-hambourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Beaucoup de belles choses dans cette nouvelle production de La clémence de Titus présente à Hambourg depuis avril dernier. Beaucoup de partis pris aussi dans la vision de la metteuse en scène néerlandaise Jetske Mijnssen, pour un résultat qui pourrait bien ne pas contenter les puristes, mais qui offre une relecture dynamisante de l’ultime chef-d’œuvre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Beaucoup de belles choses dans cette nouvelle production de <em>La clémence de Titus</em> présente à Hambourg depuis avril dernier. Beaucoup de partis pris aussi dans la vision de la metteuse en scène néerlandaise <strong>Jetske Mijnssen</strong>, pour un résultat qui pourrait bien ne pas contenter les puristes, mais qui offre une relecture dynamisante de l’ultime chef-d’œuvre mozartien.<br />
Mijnssen prend un évident plaisir à montrer et démonter les rouages, les arcanes, les coulisses du pouvoir. Titus ici, costume trois pièces-cravate, est l’évident avatar de l’homme de pouvoir et au pouvoir. Empereur, roi, président, ministre, dirigeant ? Qu’importe, c’est la situation et l’exercice du pouvoir qui sont scrutés ici, sous beaucoup, si ce n’est sous toutes ses formes. « Toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant existé… », cela est laissé à l’appréciation du spectateur qui pourrait bien avoir sa petite idée.<br />
Le mécanisme de l’exercice du pouvoir est décortiqué selon quatre paradigmes affichés comme au fronton des lieux où tout se décide.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/01_La-clemenza-di-Tito_c_Hans-Joerg-Michel-1294x600.jpg" alt="" width="703" height="326" />
© Hans Jörg Michel</pre>
<p>« Delizia » tout d’abord, la joie, la fête, les relations qui se nouent dans l’urgence, dans la danse, l’alcool et ses excès. C’est ce que montre la scène initiale qui se joue pendant l’ouverture. Titus et Bénénice forment un couple heureux, mais l’annonce par Publius (qui n’est autre ici que le garde du corps) que Titus devient empereur change tout. Titus renonce alors à Bérénice, la renvoie sans autre forme de procès et paie ainsi un premier prix fort à son accession au pouvoir.<br />
« Potenza » ensuite, le pouvoir lui-même, les ors du palais, l’exercice au quotidien. Les conseillers qui s’agglutinent autour de Titus, le pressent de signer, de décider, de trancher, ce cabinet qui le rend fou, qui devient son cauchemar, qui l’isole entièrement. L’image d’un Titus désespéré, assis seul sur une chaise en position fœtale, est une belle allégorie de la déflagration que représentent les responsabilités insurmontables qui s’abattent sur lui. Mais la « potenza » ce sont aussi les relations hommes-femmes et les dérives qui se jouent à l’intérieur même des lieux de pouvoir, les entreprises de séduction, les trahisons. « Tradimento » justement : au second acte, la trahison est mise en scène, et comment ! Le Capitole qui brûle (vraiment), les petitesses et les petits arrangements, les ordres et les contre-ordres, tout cela ressemble à une – plutôt bonne – série Netflix et ses multiples rebondissements. Et puis enfin la « clemenza », cette improbable indulgence de l’homme de pouvoir trahi mais qui passe l’éponge. Ou plutôt qui renonce à l’obstacle, qui renonce à comprendre les rouages du mécanisme qui a conduit à ce que l’un de ses plus proches le trahisse. En effet, non seulement Titus renonce à exécuter Sextus, qu’il menace jusqu’au dernier moment d’un pistolet, mais, dans une ultime hallucination, retourne l’arme contre lui quand retentit le dernier accord ; Titus a démontré qu’il n’était pas l’homme de la situation de pouvoir, que la barre était en quelque sorte trop haute et que l’ambition du pouvoir ne crée pas forcément les capacités à l’exercer.<br />
On pourra reprocher à cette proposition décidément captivante d’avoir voulu être parfois trop démonstrative. Faire creuser à Sextus sa propre tombe dans le Capitole en ruine fait sourire plus qu’autre chose, et voir Titus planter l’arbre de la réconciliation avant de se tirer une balle dans la tête fait de lui un personnage falot, plus que naïf, qui dessert plutôt la démonstration.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/10_La-clemenza-di-Tito_c_Hans-Joerg-Michel-1294x600.jpg" alt="" width="699" height="324" />
© Hans Jörg Michel</pre>
<p>En revanche, le parti pris de supprimer les trois quarts des récitatifs secs, s’il peut fortement irriter sur le papier, se révèle au final convaincant. Ne sont conservés que les dialogues indispensables à la compréhension de l’intrigue (tous les récitatifs accompagnés sont bien sûr maintenus) et l’action se retrouve resserrée.<br />
Dans une salle du Staatsoper Hamburg où bien des rangs sont inexplicablement clairsemés, la proposition musicale est de bonne tenue. <strong>Ben Glassberg</strong> à la tête du Philharmonisches Staatsorchester Hamburg et des chœurs prend beaucoup de soin à rendre lisible la partition et faire en sorte que chaque partie soit bien mise en avant. Les tempi sont appropriés ; le « Parto, parto » est pris très lentement et ponctué de silences bienvenus. On aurait aimé, pour cette aria ô combien attendue, que la clarinette donne l’intégralité de sa partie – aussi  redoutable fût-elle.<br />
<strong>William Guanbo Su</strong> est parfait en Publio garde du corps. Sa stature aussi imposante que sa voix de basse sonnante fait que le personnage est parfaitement crédible. Il aurait fallu plus de nuances dans le chant de la Servilia d’<strong>Olivia</strong> <strong>Boen</strong>, très à l&rsquo;aise dans son jeu, mais où la ligne de chant reste cantonnée dans le mezzo forte et où la justesse est parfois prise en défaut. <strong>Kady Evanyshyn</strong> rend bien les tourments qui ne cessent de harceler l’esprit d’Annio. La Vitellia de <strong>Tara Erraught</strong> est à la hauteur de l’enjeu. Ses deux grandes arias rendent la complexité du personnage avec une autorité de bon aloi. Les graves sont bien posés, la tessiture respectée et elle reçoit de justes ovations à l’issue d’un « Non più di fiori » émouvant. Magnifique Sesto porté par <strong>Angela Brower</strong> dont le « Parto, parto » est tout empreint des nuances attendues. Enfin le Tito d’<strong>Oleksiy Palchykov </strong>est à la fois l’ambitieux conquérant et le potentat défait, incapable de se sortir seul des difficultés où il est intriqué. Le premier acte est moins réussi que le second, faute à une voix manquant singulièrement de souplesse (quasiment sans vibrato dans les aigus <em>forte</em>). La seconde partie est très réussie à l’image d’un « Se all’impero, amici miei » de toute beauté.</p>
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		<title>MASSENET, Cendrillon — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/paris-bastille-la-machine-feerique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ilyesse Hamra]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Apr 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré son succès et le nombre important de nouvelles productions ces cinquante dernières années, l’Opéra national de Paris affiche Cendrillon pour la première fois de son histoire dans une saison lyrique. Au contraire du dessin animé de Walt Disney que nous avons tous en mémoire, l&#8217;opéra de Massenet évite tout sentimentalisme pour s&#8217;ancrer dans son époque.  Mariame Clément &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré son succès et le nombre important de nouvelles productions ces cinquante dernières années, l’Opéra national de Paris affiche <em>Cendrillon</em> pour la première fois de son histoire dans une saison lyrique. Au contraire du dessin animé de Walt Disney que nous avons tous en mémoire, l&rsquo;opéra de Massenet évite tout sentimentalisme pour s&rsquo;ancrer dans son époque. </p>
<p><strong>Mariame Clément</strong> qui signe sa deuxième collaboration avec l’Opéra de Paris, après <em>Hänsel und Gretel</em> d’Humperdinck, entreprend de faire redécouvrir ce joyau méconnu. Sa mise en scène s’attache tout au long de la représentation à rester solidement enracinée dans l’esprit de la Belle Epoque, soucieux du progrès et confiant en un futur idéalisé avant le traumatisme des guerres mondiales. Chaque acte est précédé d’une vidéo en noir et blanc qui narre le tableau à venir, dans un style qui essaye de rendre hommage au cinéma de George Méliès. Sur les quatre actes de l’opéra, trois se déroulent dans une immense manufacture où trône en majesté une imposante machine aux rouages aussi complexes que multiples. La bête métallique est constituée de plusieurs turbines, de cylindres, d&rsquo;engrenages, des tableaux de bords démultipliés, de capsules futuristes et autres joyeuses machineries. La scène est littéralement écrasée par cette immense machine qui remplace la demeure bourgeoise suggérée par le livret.</p>
<p>Cette plongée au cœur de l’industrialisation n’est en aucun cas dans le geste dramaturgique de Mariame Clément une occasion de dévoiler le caractère sombre, inégalitaire et mortifère de l’accroissement de l’industrialisation. Les références aux progrès techniques ne sont jamais négatives, la machine n’exerce pas une prédation diabolique, mais au contraire tente de nous fasciner par son gigantisme et son attrait magique. L’accoutrement des servantes et même de Lucette, censé être un haillon défraichi, laisse place à des habits campagnards qui respirent l’opulence et la gaité. Madame de la Haltière est grimée en contremaitre tyrannique d&rsquo;une chaine industrielle qui fabrique des femmes aseptisées en robe de fleur rose, dans le pur cliché de la poupée Barbie, capables de trouver un mari pour assurer leur survie sociale. La bonne fée électricité quant à elle irradie de luminosité, le corps et la tête parsemés d’ampoules d’une blancheur aveuglante.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/monika_rittershaus_opera_national_de_paris-cendrillon-21-22-monika-rittershaus-onp-42-.jpg?itok=Htf9zJTt" title="Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	© Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris</p>
<p>La distribution se hisserait au diapason de la mise en scène si une diction aventureuse du français ne nuisait pas à l&rsquo;impression générale. Conséquence certainement inexorable de chanteurs à majorité non francophones. La direction de <strong>Carlo Rizzi</strong> est soucieuse de faire ressortir les voix. L’orchestre est soyeux, notamment les cordes et les cuivres qui délivrent un legato subtil et enchanté tout au long de la soirée. Dommage que la théâtralité des scènes comiques ne soit pas assez soulignée.</p>
<p><strong>Tara Erraught</strong> joue et chante une Lucette fragile, sans cesse en désarroi. Cette faiblesse assumée n’empêche pas de puissants graves. Les aigus, bien que tendus, apparaissent cristallins, dans les monologues où la féerie laisse place au tragique. Le duo qu’elle forme avec <strong>Anna Stéphany </strong>est tout à fait remarquable par la complémentarité de leurs voix, toujours exemplaire. La mezzo-soprano anglaise campe un prince charmant rebelle et affirmé dont la fraicheur du timbre frais émeut. Ensorcelant, le duo à la fin de l’acte III évoque les effluves lyriques de <em>Tristan</em>. <strong>Daniela Barcellona</strong> domine le plateau par son incarnation burlesque de Madame de la Haltière et cependant tout en nuances. Elle sait se faire dominatrice avec son époux peureux, d’une cruelle bienveillance avec ses filles Noémie et Dorothée, d’une dédaigneuse condescendance face à l’invisible Lucette tandis qu’elle devient balourde et disgracieuse à la cour du roi. <strong>Kathleen Kim </strong>qui fait ses débuts à l’Opéra national de Paris enchante par sa voix mélodieuse et des suraigus totalement maitrisés. <strong>Lionel Lhote</strong>, seul protagoniste masculin déçoit par son manque de puissance, malgré un texte prononcé avec soin. Les graves sont étouffés et dans le médium le chant confine à la déclamation. Cette faiblesse vocale renforce le trait de personnalité lâche et fuyant de Pandolfe dont l&rsquo;autorité ne s&rsquo;exerce réellement que lors de la scène de la répudiation de sa femme et ses belles filles. Ces dernières interprétées par <strong>Charlotte Bonnet</strong> et <strong>Marion Lebègue</strong> n’ont que très peu d’occasion de se distinguer, souvent anéanties par la présence excessive de leur mère.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="318" src="/sites/default/files/styles/large/public/monika_rittershaus_opera_national_de_paris-cendrillon-21-22-monika-rittershaus-onp-22-.jpg?itok=YC0tcxJn" title="© Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	© Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris</p>
<p>L’accueil du public fut enthousiaste malgré un bon nombre de places vides. Espérons que ce taux de remplissage insuffisant ne découragera pas l&rsquo;Opéra de Paris de programmer des opéras peu souvent joués. Malheureusement la nouvelle saison récemment dévoilée, avec bien peu de surprises et de nouveautés, laisse planer un grand doute sur le renouvellement de ce type de projet musical et scènique. </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>GLUCK, Iphigénie en Tauride — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/iphigenie-en-tauride-paris-garnier-le-calme-apres-la-tempete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Sep 2021 13:34:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà entrée dans les mœurs lors de la précédente reprise parisienne, la proposition iconoclaste en son temps de Krzysztof Warlikowski ferait aujourd’hui presque figure de pilier du répertoire au Palais Garnier. Si l’on nous rapporte que le trublion franco-polonais a reçu une bordée de huées à l’issue de la première du 14 septembre, on serait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà entrée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/iphigenie-en-tauride-paris-garnier-deja-classique">dans les mœurs lors de la précédente reprise parisienne</a>, la proposition iconoclaste en son temps de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> ferait aujourd’hui presque figure de pilier du répertoire au Palais Garnier. Si l’on nous rapporte que le trublion franco-polonais a reçu une bordée de huées à l’issue de la première du 14 septembre, on serait plus enclin à la mettre sur le compte du folklore local à l’Opéra de Paris qui veut qu’une première, à quelque chapelle qu’elle puisse répondre, recevra sa rançon de lazzis. Rien de tel lors de cette deuxième représentation où figurants comme chanteurs sont applaudis avec chaleur, et où chacun semble suivre sans mal ce récit du souvenir, cette mise en scène par Iphigénie même d’un destin qu’elle s’imagine volontairement implacable. Surtout, et alors qu’on peut comparer les productions scéniques du metteur en scène à ce péché originel parisien (c’étaient ses débuts sous Gérard Mortier), on y retrouve, avec toutes leurs vigueurs, les qualités de l’on apprécie chez lui : direction d’acteur à la précision minutieuse, audaces et provocations qui toujours vont dans le sens profond du texte et de la musique, sens esthétique enfin puisque c’est tout Garnier et son public que l’on met sur la scène, témoins de cette tragédie de la mémoire.  </p>
<p>Cette reprise, qui lance la saison lyrique de l’Opéra de Paris séduit surtout par les forces musicales qu’elle réunit. S’il faut encore quelques scènes à<strong> Thomas Hengelbrock</strong> pour obtenir la cohésion et les effets qu’il souhaite de l’orchestre, sa lecture s’avère irréprochable : vive, mais prenant le temps de la poésie et de la scansion du drame, attentive aux solistes qu’ils aient des cordes vocales, un bec ou un archet. Les chœurs suivent la même trajectoire : cueillis à froid, il faudra attendre la deuxième partie pour les entendre en parfaite cohésion.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/sebastien_mathe_opera_national_de_paris-iphigenie-en-tauride-21-22-sebastien-mathe-onp-17-.jpg?itok=8Vd-j-Zc" title="© Sébastien Mathé / Opéra National de Paris" width="468" /><br />
	© Sébastien Mathé / Opéra National de Paris</p>
<p>Sur le plateau, les lauriers se partagent de manière à peu près égale. <strong>Marianne Croux</strong> (Diane et première prêtresse),<strong> Jeanne Ireland</strong> (deuxième prêtresse et femme grecque) et <strong>Christophe Gay</strong> (Ministre et Scythe) remplissent leurs rôles avec brio. Ainsi l’intervention de Diane, <em>deus ex machina</em> depuis le paradis, de l’Opéra saisit la salle et le plateau. <strong>Jean-François Lapointe</strong> campe un Thoas tout en muscle et en éructation. Certes le portrait est efficace mais on est en droit d’aimer des fusains plus affutés et subtils.<strong> Julien Behr</strong> propose un Pylade de prime abord effacé, la faute à une projection moindre que ses comparses. Pourtant, style, déclamation et nuances dans les reprises font de ses airs des petites pépites de beauté musicale et d’intelligence dramatique alors même que le rôle semble le pousser dans ses retranchements. Pour ses débuts à l’Opéra de Paris,<strong> Jarrett Ott</strong>, américain en troupe à Stuttgart, déjà repéré dans<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/edward-ii-berlin-deutsche-oper-homosexualite-feconde"> <em>Edward II</em> à Berlin</a> sans parler de Santa Fe où il aura croisé le directeur artistique Alexander Neef, peut se targuer d’avoir fréquenté le rôle. Et pour cause ! Stuttgart est coproducteur de ce monument warlikowskien. Rien à redire de cet Oreste aussi révolté que désespéré dès ses premières scènes et qui scande son premier air avec une aisance confondante. La prononciation est idéale, le portrait complet. <strong>Tara Erraught</strong> enfin n’a nullement a rougir devant ses illustres devancières à Garnier : la voix est ample et charnue, les aigus dardés ce qu’il faut pour épouser le rythme et les accents de Gluck. Son Iphigénie, humaine et fragile malgré l’ampleur de ses moyens vocaux, émeut à chaque instant.</p>
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		<title>The Trials of Tenduci – A Castrato in Ireland</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-trials-of-tenduci-a-castrato-in-ireland-eire-dopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 04:41:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la longue liste des grands castrats qui, de Siface à Vellutti, ont fait le voyage vers Londres, Tenducci occupe une place de choix. Arrivé à la fin des années 1750, il s&#8217;y impose comme une figure majeure pendant une bonne trentaine d’années émaillées de tribulations qui inspirent le titre de ce disque. Créateur de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la longue liste des grands castrats qui, de Siface à Vellutti, ont fait le voyage vers Londres, Tenducci occupe une place de choix. Arrivé à la fin des années 1750, il s&rsquo;y impose comme une figure majeure pendant une bonne trentaine d’années émaillées de tribulations qui inspirent le titre de ce disque. Créateur de multiples œuvres dont un pilier du répertoire britannique, l’<em>Artaxerxes</em> de Thomas Arne (1762), le castrat est au fil des ans acclamé au théâtre, emprisonné pour dettes et brièvement fugitif, secrètement marié avec une jeune Irlandaise, modèle pour Gainsborough, concertiste réputé, auteur de musique…</p>
<p>Pourtant le castrat n’est qu’un prétexte, et c’est avant tout un échantillon de la vie musicale entre Londres et Dublin (voire Édimbourg) que proposent <strong>Peter Whelan</strong> et l’Irish Baroque Orchestra. Les échanges artistiques entre les deux villes étaient fructueux et on se rappellera notamment que c’est à Dublin que Haendel fit créer son <em>Messie</em>. Les troupes italiennes venues du continent poussaient parfois jusqu’en Irlande, où chantèrent des stars en devenir comme Anna De Amicis ou le castrat Guadagni.<br />
	Les succès londoniens étaient aussi applaudis à Dublin, comme les airs de concert de Johann Christian Bach ou Tommaso Giordani, dont le célèbre « Caro mio ben » fit aussi le succès du soprano Pacchierotti avant d’être ânonné par des générations de vedettes comme de débutant·es – on se réjouit de l’entendre ici avec orchestre. Comme à son habitude, J.C. Bach fait habilement dialoguer instruments solistes et voix dans la scène dramatique « Ebben si vada… Io ti lascio » (notablement gravée par Jaroussky) et l’arrangement d’une ballade écossaise, <em>The Braes of Ballenden</em>. De fait, l’attrait du disque est dans le dialogue entre le folklore des îles Britanniques et la musique classique de la seconde moitié du XVIIIe siècle : l’ouverture et le medley irlandais de <em>The Island of Saints </em>(1785) de Giordani a bien du charme, tout comme sa lamentation de Marie Stuart, ainsi que l’extrait d’un concerto pour hautbois de Fischer sur la mélodie de <em>Gramachree Molly</em>. Hybridation appréciée du public d’alors si l’on en croit l’engouement pour les <em>ballad operas</em>, en particulier l’indémodable <em>Beggar’s Opera</em>.<br />
	 <br />
	Impeccable, l’<strong>Irish Baroque Orchestra </strong>trouve de belles couleurs boisées et réserve une part flatteuse au hautbois (Andreas Helm et Ana Inès Feola). Son unité de ton permet de passer sans heurt d’un genre à l’autre, dans une atmosphère qui est plutôt celle du concert – on aura entendu plus intensément théâtral chez Arne et Mozart. L’approche convient parfaitement au délicieux programme sélectionné, même si l’on n’est guère convaincu de l’intérêt de Pierre van Maldere, dont une symphonie anecdotique ouvre le disque.</p>
<p>Longtemps membre du studio puis de la troupe du Staatsoper de Munich et lauréate du concours Operalia, <strong>Tara Erraught</strong> chante Mozart, Rossini, Oktavian ou Nicklausse sur les plus grandes scènes. Forcément idiomatique, cette native de Dublin offre un mezzo-soprano au médium plaisant, parfois contraint dans les notes les plus graves mais l’aigu conquérant : elle jouait les Colbran dans le récent <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/amici-e-rivali-jurez-de-rester-amis"><em>Amici e Rivali</em></a>. « Amid a thousand racking woes » est sans doute le plus souverain techniquement de la discographie, une maîtrise de la vocalisation que confirme le motet de Mozart, écrit non pas pour Tenducci mais pour Rauzzini, lui aussi longuement implanté à Londres. Même si l’on souhaiterait parfois une personnalité plus affirmée, l’Irlandaise a suffisamment de sensibilité et de finesse pour toucher dans les pièces de Giordani ou la ballade arrangée par Bach. Avec son programme original et cette interprétation idoine, ce petit album a décidément bien du charme.</p>
<p> </p>
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		<title>Amici e rivali</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/amici-e-rivali-jurez-de-rester-amis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Nov 2020 05:22:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au fond du temple saint rossinien, parée de fleurs et d’or, la voix de ténor. Andrea Nozzari (1775-1832) et Giovanni David (1790-1864) en ont dicté la grammaire. Au premier, baritenore, la couleur sombre et l’héroïsme tandis que le second, contraltino, s’épanouissait au sommet de la portée en un feu d’artifice de vocalises. Une même tessiture, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au fond du temple saint rossinien, parée de fleurs et d’or, la voix de ténor. Andrea Nozzari (1775-1832) et Giovanni David (1790-1864) en ont dicté la grammaire. Au premier, <em>baritenore</em>, la couleur sombre et l’héroïsme tandis que le second, <em>contraltino</em>, s’épanouissait au sommet de la portée en un feu d’artifice de vocalises. Une même tessiture, deux vocalités d’une exigence inouïe. Tels sont les ingrédients masculins avec lesquels Gioachino Rossini dès son arrivée à Naples en 1815 concocte certains de ses meilleurs opéras avant de partir à la conquête du monde.</p>
<p>Cette syntaxe, longtemps oubliée et ressuscitée dans les années 1970 par ce qu’on a appelé la <em>Rossini Renaissance</em> puis par le Festival de Pesaro à partir de 1980, nous est à présent familière. <strong>Lawrence Brownlee</strong> et <strong>Michael Spyres</strong>, réunis dans cet album que l’on suppose consécutif au concert triomphal d’Amsterdam en 2018, nous en rappellent les règles. Mais évaluer leur entreprise sur ce seul critère historique serait en réduire l’intérêt, d’autant que l’approche peut être sujette à caution. Si la filiation entre Spyres et Nozzari est incontestable – il suffit de se remémorer l‘hommage rendu par le cadet à son aîné lors d’un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/michael-spyres-hommage-a-andrea-nozzari-florence-il-est-libre-mike">éphémère festival de belcanto à Florence en 2016</a> –, l’analogie entre Brownlee et David semble plus discutable, non pour des questions d’agilité mais de brillant et de légèreté. Foin de philologie ! Plus qu’un exposé théorique, c’est à une sensationnelle démonstration de chant que les deux ténors nous convient, doublée d’une formidable rencontre artistique.</p>
<p>En douterait-on que le programme se chargerait de nous détromper dès le premier numéro, le duo du <em>Barbier de Séville</em> qui, pour le coup, ne fut écrit ni pour Andrea Nozzari, ni pour Giovanni David mais pour Luigi Zamboni, un véritable baryton, et Manuel Garcia, le père de la Malibran, dont Javier Camarena en 2018 ravivait la mémoire à travers <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/contrabandista-biodisc-indispensable">l’excellent <em>Contrabandista</em></a>. Nos deux compères offrent de ce duo une version apocryphe, de celles que l’on ose comme une plaisanterie en bis dans un récital. Malicieux, le clin d’œil est d’autant plus amusant qu’exception faite de deux timbres insuffisamment différenciés, il est exécuté selon les codes d’un art déjà jubilatoire.</p>
<p>Le ton est donné ; la curiosité est piquée ; l’intérêt ne faiblira pas. Au contraire, il ira <em>crescendo</em> – c’est bien le moins s’agissant de Rossini –, sans cesse attisé par des choix qui semblent vouloir bousculer l’auditeur : Brownlee en Néoclès dans <em>Le Siège de Corinthe</em>, quand le jeune officier grec était interprété par Spyres à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lorenzo-regazzo-vainqueur-genereux">Bad Wildbad en 2010</a> (un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/michael-spyres-sur-les-traces-dadolphe-nourrit">enregistrement live</a> en témoigne chez Naxos). Spyres au lieu de Brownlee dans les griffes d’<em>Armida</em> alors que ce dernier était Rinaldo <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/un-coup-pour-rien-1">en 2010 sur la scène du Met</a> lors de la création <em>in loco</em> de l’opéra. La confusion des rôles, non dépourvue de risques, est surmontée tant l’approche des deux ténors diffèrent.</p>
<p>Alors, amis ou rivaux ? Amis dans la connaissance de ce répertoire et dans la maîtrise des effets avec la même volonté d’oser, de proposer des variations inattendues, de repousser les limites de la portée, vers le haut, vers le bas, dans tous les sens, en une saine émulation, forts d’une énergie intarissable qui circule d’un numéro à l’autre tout au long de l’enregistrement et culmine dans un trio d’<em>Armida</em> orgiaque. Rivaux ? Non mais dissemblables et à ce titre complémentaires. La discipline technique de Brownlee, sa rigueur musicale, offre un cadre à la témérité de Spyres, à son goût du risque incontrôlable et parfois incontrôlé – auquel on doit cependant cette poussée d’adrénaline qui est au lyricomane ce que le shoot est au toxicomane. A l’inverse, ce tempérament fougueux stimule le chant de Brownlee qui, sans renoncer au tracé scrupuleux de la ligne, n’a jamais paru aussi libéré – en témoigne le grand air de Néoclès « Grand Dieu, faut-il qu’un peuple… ».</p>
<p>Bref, amateurs de sensation extrêmes ne pas s’abstenir, d’autant que <strong>Corrado Rovaris</strong> maintient l’orchestre à son point d’ébullition et que les deux ténors sont épaulés par deux jeunes lauréats d’Operalia, <strong>Tara Erraught</strong> et <strong>Xabier Anduaga</strong>, dont le rôle ne se limite pas à donner la réplique. La mezzo-soprano irlandaise est l’indispensable contrepoint aux trios du <em>Siège de Corinthe</em>, d’<em>Otello</em> et <em>La donna del lago</em> – ce dernier à écouter ceinture de sécurité attachée tant les contre-ut estomaquent. Outre le 3<sup>e</sup> larron dans <em>Armida</em>, le ténor basque est un Ernesto bienveillant dans <em>Ricciardo e Zoraide</em> – rôle qu’il interprétait <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/ricciardo-e-zoraide-pesaro-il-nous-faut-de-lamour">en 2018 à Pesaro</a> –, et plus encore un Iago percutant face à l’Otello sauvage de Spyres dans le duo « non m’inganno al mio rivale » – qui aurait inspiré à Verdi le « Si vendetta » de <em>Rigoletto</em>.</p>
<p>Un mot encore pour mentionner « Deh! Scusa i trasporti », le duo entre Norfolk et Leiceister dans <em>Elisabetta, regina d’Inghilterra</em>, le premier des neuf opéras seria napolitain de Rossini. Dialogue à couteaux tirés, apartés décalés puis superposés où le fourbe – la voix la plus aigüe – n’est pas celui qu’on croit, fioritures débitées à la mitraillette : les deux ténors se renvoient la balle en une compétition de chant orné sans vainqueur, ni vaincu, impossibles à départager, contraignant l’auditeur, promu arbitre, au seul verdict acceptable : que rien ne les sépare ! (non rien !).</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/8jBJqgz96z8" width="560"></iframe></p>
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		<title>Michael Spyres et Lawrence Brownlee, amis et rivaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/michael-spyres-et-lawrence-brownlee-amis-et-rivaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2020 02:58:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2018, Michael Spyres et Lawrence Brownlee – Larry pour les intimes – croisent pour la première fois la voix, comme les escrimeurs le fer, sur la scène du Concertgebow. Michael Spyres raconte : « Larry et moi nous connaissons depuis plus d&#8217;une décennie, mais nous n&#8217;avions jamais eu la chance de chanter ensemble jusqu&#8217;à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2018, <strong>Michael Spyres</strong> et <strong>Lawrence Brownlee</strong> – Larry pour les intimes – croisent pour la première fois la voix, comme les escrimeurs le fer, sur la scène du Concertgebow. Michael Spyres raconte : « <i>Larry et moi nous connaissons depuis plus d&rsquo;une décennie, mais nous n&rsquo;avions jamais eu la chance de chanter ensemble jusqu&rsquo;à ce concert à Amsterdam. A la suite de son immense succès, nous avons réalisé que beaucoup ignorent cette période spéciale de l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra où deux chanteurs se battaient en duel pour le cœur des amateurs de musique.</i> […] <i>Les duos que Rossini a écrits pour des ténors très différents mettent précisément en évidence nos atouts vocaux. La voix de Larry est une voix de ténor naturelle et la clarté, la beauté et la virtuosité de son chant transparaissent abondamment dans ce répertoire. Inversément, j&rsquo;ai commencé comme baryton et ma voix naturelle est beaucoup plus basse – beaucoup me demandent si je suis baryton quand ils entendent ma voix parlée ! Les partitions pour Nozzari donnent l&rsquo;impression d&rsquo;avoir été composées à mon intention. Je n&rsquo;ai jamais trouvé une écriture aussi proche de ma couleur et de ma technique naturelle</i> ».</p>
<p>Il aurait été dommage de ne pas transformer l’essai. Dirigés par <strong>Corrado Rovaris </strong>à la tête de<strong> I Virtuosi Italiani</strong>, Michael Spyres et Lawrence Brownlee viennent d&rsquo;enregistrer pour Erato des airs, des duos et, avec la participation de <strong>Tara Erraught</strong> et de <strong>Xabier Anduaga</strong>, de trios extraits de sept opéras de Rossini composés entre 1815 et 1826*. Ne pas se laisser abuser par le titre de l’album, <i>Amici e Rivali</i> (amis et rivaux). <i>« Nous sommes amis</i> » clament d’une seule voix les deux ténors même si Spyres avoue ne jamais avoir été confronté, en chantant Otello, à un ennemi aussi redoutable : « <i>Bien que Larry et moi soyons de nature joviale, une petite rivalité est nécessaire pour faire monter la pression. C’est pourquoi nous formons une combinaison gagnante ». </i>Seul hic : pour assister à ce bras de fer rossinien, il faudra attendre le 27 novembre 2020, date annoncée de la sortie de l’album. Les deux ténors s’affronteront également sur la scène du Théâtres des Champs-Elysées à Paris le 21 janvier 2021.</p>
<p><em>* Il barbiere di Siviglia, Riccardo e Zoraide, La donna del lago, Elisabetta Regina d’Inghilterra, Otello, Le Siege de Corinthe, Armida</em></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="418" src="/sites/default/files/styles/large/public/brownleespyres.jpg?itok=tzCWD-5L" width="418" /></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Michael Spyres : Rossini, ce n’est pas fini !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/michael-spyres-rossini-ce-nest-pas-fini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Aug 2019 09:05:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’annonce d’un prochain Tristan dans l’agenda de Michael Spyres avait inquiété les amateurs purs et durs de belcanto romantique. Le ténor américain tirerait-il un trait définitif sur un répertoire où il est aujourd’hui sans égal ? Une vidéo sur Instagram, postée dernièrement par le président de Warner Classics, Alain Lanceron, intervient à propos pour apaiser les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/michael-spyres-apres-fervaal-tristan">L’annonce d’un prochain Tristan</a> dans l’agenda de <b>Michael Spyres</b> avait inquiété les amateurs purs et durs de belcanto romantique. Le ténor américain tirerait-il un trait définitif sur un répertoire où il est aujourd’hui sans égal ? Une vidéo sur Instagram, postée dernièrement par le président de Warner Classics, Alain Lanceron, intervient à propos pour apaiser les inquiétudes. Dans la continuité de leur concert au Concertgebow d’Amsterdam en octobre dernier, Michael Spyres et <b>Lawrence Bronwlee</b> se sont retrouvés début août à Vérone pour enregistrer un album entièrement consacré à Rossini. La direction musicale en a été confiée à <b>Corrado Rovaris</b>, à la tête des Virtuosi Italiani. La mezzo-soprano <b>Tara Erraught</b> et le ténor espagnol, <b>Xabier Anduaga</b>, découvert à Pesaro – la Mecque rossinienne – et récemment primé au concours Operalia, sont également associés au projet. Date de sortie probable : novembre 2020. Deux autres enregistrements dans les tuyaux de Warner devraient rappeler auparavant quel berliozien émérite est également Michael Spyres : <i><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-damnation-de-faust-strasbourg-damour-lardente-larme">La Damnation de Faust</a></i> et la <i><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/requiem-de-berlioz-londres-hommage-respectueux">Grande Messe des morts</a></i> dirigés l’un et l’autre par John Nelson.</p>
<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/B1RMh1ZHakn/" data-instgrm-version="12" style="background:#FFF;border:0;border-radius:3px;margin: 1px;max-width:540px;min-width:326px;padding:0;width:99.375%;width:-webkit-calc(100% - 2px);width:calc(100% - 2px)">
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<a href="https://www.instagram.com/p/B1RMh1ZHakn/" style="background:#FFFFFF;line-height:0;padding:0 0;text-align:center;text-decoration:none;width:100%" target="_blank" rel="noopener"><br /></a></p>
<p><a href="https://www.instagram.com/p/B1RMh1ZHakn/" style="background:#FFFFFF;line-height:0;padding:0 0;text-align:center;text-decoration:none;width:100%" target="_blank" rel="noopener">Voir cette publication sur Instagram</a></p>
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<p style="margin:8px 0 0 0;padding:0 4px"><a href="https://www.instagram.com/p/B1RMh1ZHakn/" style="color:#000;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;font-style:normal;font-weight:normal;line-height:17px;text-decoration:none" target="_blank" rel="noopener">Retour sur l’enregistrement Lawrence Brownlee /Michael Spyres à Vérone: un album tout Rossini avec les Virtuosi Italiani sous la direction de Corrado Rovaris. Avec la participation de Tara Erraught (ici dans le trio de la Donna del Lago) et de Xabier Anduaga, grand vainqueur du concours Operalia le mois dernier, que l’on retrouvera dans quelques semaines dans le Barbier de Séville en ouverture de la saison de l’Opéra de Rouen.</a></p>
<p style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;line-height:17px;margin-bottom:0;margin-top:8px;overflow:hidden;padding:8px 0 7px;text-align:center">Une publication partagée par <a href="https://www.instagram.com/alainlanceron/" style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;font-style:normal;font-weight:normal;line-height:17px" target="_blank" rel="noopener"> Alain Lanceron</a> (@alainlanceron) le 17 Août 2019 à 7 :59 PDT</p>
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		<title>La Clemenza di Tito</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-clemenza-di-tito-rendons-a-mozart-ce-que-lon-doit-a-mozart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jul 2018 08:31:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est toujours avec impatience que l’on apprend la publication par Deutsche Grammophon d’un nouvel enregistrement dans l’intégrale des opéras de Mozart amorcée en 2011. Le label parvient en effet à réunir les plus grands noms de l’art lyrique autour de Yannick Nézet-Séguin et Rolando Villazón, laissant espérer, chaque fois, une version idéale. Pour ce cinquième &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est toujours avec impatience que l’on apprend la publication par Deutsche Grammophon d’un nouvel enregistrement dans l’intégrale des opéras de Mozart amorcée en 2011. Le label parvient en effet à réunir les plus grands noms de l’art lyrique autour de <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong> et <strong>Rolando Villazón</strong>, laissant espérer, chaque fois, une version idéale.</p>
<p>Pour ce cinquième enregistrement, le chef canadien aborde <em>La Clémence de Titus</em>, dernier opéra de Mozart. Mais un plateau vocal alléchant est loin d’être suffisant pour rendre justice à une œuvre aussi complexe&nbsp;: comment rendre audible, sans le secours de la mise en scène, le long cheminement émotionnel vécu par les personnages&nbsp;? Comment raconter l’apprentissage du pouvoir par Titus tout en évitant de lasser par de longs récitatifs&nbsp;?</p>
<p>On attend de Yannick Nézet-Séguin un sens aigu de la dramaturgie et une action qui ne s’appesantisse jamais. Malheureusement le chef et le Chamber Orchestra of Europe livrent une performance en demi-teinte. On est surpris d’emblée par l’ouverture&nbsp;: le son brillant, vif et grandiose des premières mesures laisse brusquement place à une couleur chambriste, gaie et légère, incompatible avec la dignité de l’opéra <em>seria</em>. On entend dans cette ouverture à la fois la noblesse et la désinvolture, <em>La Flûte enchantée </em>et <em>Les Noces de Figaro</em> ; c’est certes contrasté, mais surtout décousu.</p>
<p>De même, si les musiciens se révèlent des partenaires privilégiés pour les chanteurs dans les récitatifs accompagnés, donnant un vrai relief au texte et aux affects, le <em>continuo</em> reste très en retrait dans les récitatifs <em>secco</em>, pris à un tempo rapide et sans grande souplesse. Le chef semble laisser aux solistes la lourde tâche de porter l’œuvre, sans réellement s’imposer. L’orchestre apparaît ainsi inégalement investi dans les airs et ensembles, malgré des qualités musicales indéniables. On le voudrait toujours affirmé et moteur du drame.</p>
<p>Yannick Nézet-Séguin réunit heureusement autour de lui six voix splendides. Elles ne sont certes pas toutes irréprochables techniquement, mais le mélomane ne peut que se réjouir d’entendre tant de beaux timbres sur un même album. Il suffit d’écouter le finale pour s’en convaincre&nbsp;: chaque interprète possède une couleur et un son particuliers et envoûtants, du premier au plus petit rôle.</p>
<p>Cette <em>Clémence</em> est sans aucun doute menée par la Vitellia de <strong>Marina Rebeka</strong>. Sa voix riche et profonde contient toute la sensualité et l’autorité du personnage, incarnant avec finesse ses contradictions. La ligne est d’une homogénéité parfaite (son «&nbsp;Non più di fiori&nbsp;» est exemplaire en ce sens, tout comme le magnifique trio «&nbsp;Vengo, aspettate&nbsp;»&nbsp;!) et les graves, qu’on peut trouver durs, n’en sont pas moins d’une grande puissance expressive.</p>
<p>Le Sesto de <strong>Joyce DiDonato</strong> n’est pas en reste et on ose le qualifier d’idéal, ne voyant rien, si exigeant soit-on, à lui reprocher. La voix est pleine, jamais affaiblie (quels <em>piano</em> dans le haut medium&nbsp;!) et se plie à toutes les vocalises dans le «&nbsp;Parto, parto&nbsp;» au tempo pourtant rapide. Les trilles sont percutants, les aigus souples, et le legato infini&nbsp;: voilà l’interprète mozartienne par excellence. Tout l’orchestre semble suspendu à sa voix dans un «&nbsp;Deh, per questo istante solo&nbsp;» aux nuances innombrables et qui font de la mezzo-soprano une musicienne hors pair. Mais Joyce DiDonato est aussi une tragédienne rare&nbsp;: son récitatif accompagné à la fin du premier acte («&nbsp;O dei, che smania è questa&nbsp;») constitue le premier vrai moment dramatique de l’enregistrement. L’orchestre se révèle soudain plus investi que jamais et on bascule enfin dans le théâtre.</p>
<p>D’excellents Vitellia et Sesto ont besoin d’un Titus remarquable&nbsp;; plus encore&nbsp;: impérial. Cette lourde tâche incombe à Rolando Villazón, qui laisse comme souvent perplexe. Le personnage bénéficie ici d’un timbre sombre assez rare, qui lui donne une autorité et un caractère intéressants. Le ténor parvient également à rendre audible l’évolution de l’empereur qui, trahi par son meilleur ami, choisit malgré tout la clémence. Mais cet investissement dramatique n’empêche pas – hélas&nbsp;! – des imperfections musicales&nbsp;; des notes qui sortent de la ligne, une tendance au <em>glissando</em> mal venue chez Mozart, une diction peu intelligible ne sont pas sauvées par quelques beaux aigus. Rolando Villazón nous offre malgré tout une scène d’anthologie avec Joyce DiDonato au deuxième acte («&nbsp;E pur mi fa pietà&nbsp;») dans un récitatif d’une intensité inégalée,&nbsp;où il donne à son personnage une tournure tragique des plus convaincantes. Mais on regrette la pureté et la flexibilité du chant d’un Michael Spyres ou d’un Juan Diego Florez. C’est sans doute être exigeant&nbsp;; mais c’est qu’avec Titus, comme l’écrivait Racine, «&nbsp;il ne s’agit plus de vivre, il faut régner&nbsp;».</p>
<p>La Servilia de <strong>Regula Mühlemann</strong> et l’Annio de <strong>Tara Erraught</strong> se révèlent convaincants et complémentaires&nbsp;: on trouve chez la première une jeunesse et une légèreté qui répondent bien à la chaleur du timbre de l’autre, et les deux interprètes passent avec aisance les difficultés de l’écriture mozartienne.</p>
<p><strong>Adam Plachetka</strong> incarne un Publio de premier ordre&nbsp;: voix brillante et vibrante, expressivité dans les récitatifs et présence assumée dans les ensembles lui confèrent une place de choix en dépit d’un rôle court.</p>
<p>Le Rias Kammerchor est quant à lui toujours en retrait&nbsp;; il semble que Yannick Nézet-Séguin ait voulu lui donner une dimension quasi religieuse, qui n’est pas inopportune dans cet ouvrage. Le chef clôt l’opéra sur un finale épuré, presque immatériel et qui tend vers la spiritualité plus que vers la leçon politique.</p>
<p>Cet enregistrement bénéficie donc d’une distribution vocale de premier plan. Malgré les réserves concernant Rolando Villazón, nous avons des voix mozartiennes à leur meilleur qui nous offrent des moments musicaux et dramatiques de choix. Il ne nous manque qu’un orchestre et un chef plus présents&nbsp;: mais ce manque d’investissement ne pardonne pas chez Mozart.</p>
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