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	<title>Sol GABETTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sol GABETTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Concert de Paris &#8211; 14 juillet 2020 — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-paris-14-juillet-2020-paris-fluctuat-nec-mergitur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2020 12:35:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La crise du Coronavirus aura fait sombrer d’innombrables rendez-vous culturels mais ne sera pas venue à bout du Concert de Paris &#8211; pas tout à fait, au moins. La huitième édition de cette soirée exceptionnelle et désormais incontournable, donnée sous la Tour Eiffel et retransmise en direct sur France 2 avant le traditionnel feu d’artifice &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:14.4pt;0cm;text-align:justify;background:white">La crise du Coronavirus aura fait sombrer d’innombrables rendez-vous culturels mais ne sera pas venue à bout du Concert de Paris &#8211; pas tout à fait, au moins. La huitième édition de cette soirée exceptionnelle et désormais incontournable, donnée sous la Tour Eiffel et retransmise en direct sur France 2 avant le traditionnel feu d’artifice du 14 Juillet, a bien pu se tenir, au prix d’un sacrifice : celui du public, <a href="https://www.francebleu.fr/infos/societe/feu-d-artifice-du-14-juillet-a-paris-foule-interdite-et-concert-a-huis-clos-1594226668">la Mairie de Paris et la Préfecture de Police ayant considéré que l’accueil d’une foule sur le Champ-de-Mars ne pouvait être compatible avec les règles de distanciation sociale.</a> C’est forcément dommage d’ôter à l’événement sa dimension populaire, et sans doute un peu triste de jouer devant un terrain nu, comme le confieront plusieurs artistes à leur sortie de scène. Devant la scène, une marée de projecteurs et de caméras a pris place sur la pelouse jaunie, ainsi qu’une petite estrade d’où Stéphane Bern assure le lancement des différences séquences. Autour du plateau et derrière les solistes, les techniciens, les musiciens et les quelques invités autorisés font la claque pour pallier l’absence d’applaudissements ; voir toutes les équipes embarquées dans la réalisation de la soirée se serrer ainsi les coudes fait chaud au cœur mais, comme dit le poète, une Marseillaise sans voix par milliers, c’est comme une faisselle sans gelée de cassis : ça manque un peu de saveur… </p>
<p style="margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:14.4pt;0cm;text-align:justify;background:white">Et cependant d’immenses efforts ont été faits pour conserver autant que possible les bonnes habitudes des années précédentes : la Marche Hongroise extraite de <i>La Damnation de Faust </i>de Berlioz ouvre toujours le bal, et la fiévreuse orchestration de la <i>Marseille </i>due au même compositeur vient clore la fête comme il se doit. Entre les deux, quelques grands tubes (extraits de <i>La Traviata, </i>de <i>La Wally </i>et de <i>Nabucco, </i>pages bizarrement assemblées du Premier Concerto pour piano de Tchaïkovski) sont les points de repère d’un programme qui, fête nationale oblige, fait honneur au répertoire français : un superbe « Au fond du temple sain » permet de mesurer la complicité artistique qui unit les tempéraments et les timbres de <b>Ludovic Tézier</b> et <b>Benjamin Bernheim</b>, ce dernier revient charmer les pierres pour un très tendre « Ah lève-toi soleil ! », et <b>Fatma Saïd </b>évite les excès de cabotinage dans « Des filles de Cadix » de très bonne tenue. Un soupçon de cross-over, également, reste de mise : <a href="https://www.forumopera.com/concert-de-paris-14-juillet-2019-paris-concert-de-paris-le-jour-de-gloire-est-arrive">après la « Mamma » revue par Roberto Alagna l’année dernière</a>, c’est cette fois à Ludovic Tézier de rendre hommage à Aznavour, avec une « Bohème » à la nostalgie jamais larmoyante, la béninoise <strong>Angélique Kidjo </strong>se joint à la troupe pour « la Marseillaise »<strong> </strong>et <b>Sonya Yoncheva </b>marche tout à la fois dans les pas de Piaf et de Callas, faisant siens les couplets de « L’Hymne à l’amour » avant d’offrir les diaprures de son timbre à « Ebben ? Ne andro lontana ». </p>
<p style="margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:14.4pt;0cm;text-align:justify;background:white">Du côté des instrumentistes, <b>Khatia Buniatishvili </b>retrouve, comme l’année dernière, le mouvement lent du 23<sup>e</sup> Concerto de Mozart, cette fois pour accompagner la fameuse chorégraphie d’Angelin Preljocaj… dont il est nous est affirmé qu’elle respecte, jusque dans le langoureux baiser qui en constitue l’acmé, les règles de sécurité relatives à la prévention du Coronavirus ! A côté de la violoniste <b>Lisa Batiashvili </b>et de la jeune trompettiste <b>Lucienne Renaudin Vary</b>, c’est <b>Sol Gabetta </b>dont la fougue et la justesse dans les extraits du 2<sup>ème</sup> Concerto pour violoncelle de Lalo, retiennent toute l’attention. Surtout, nous restons admiratifs devant la qualité des interventions du Chœur et de la Maîtrise de Radio France, et l’engagement de l’Orchestre National de France, sous la baguette précise mais parfois un peu sage de la jeune sud-coréenne <b>Eun Sun Kim</b> : si <a href="https://www.forumopera.com/concert-opera-de-paris-paris-solidaires-mais-pas-solitaires">notre collègue Jean Michel Pennetier notait il y a quelques jours qu’à l’occasion de leurs retrouvailles, les forces de l’Opéra de Paris accusaient quelques faiblesses</a>, aucune défaillance n’est ici à déplorer. Mieux, une page aussi rebattue que « Va pensiero » trouve ce soir, au milieu de toutes les difficultés qui frappent les artistes de plein fouet, une force qui met les larmes aux yeux. La série « Le temps retrouvé », qui a permis, depuis le mois de juin, aux musiciens de Radio-France de redonner des concerts, sans public d’abord, devant des audiences réduites ensuite, a tenu ses promesses : garder intacte la qualité des phalanges pour laisser le dernier mot à la musique. Près de trois millions de téléspectateurs ont pu en profiter ; dans la période actuelle, c’est plus qu’une bonne nouvelle – un rayon d’espoir !</p>
<p style="margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:14.4pt;0cm;text-align:justify;background:white">
<p style="margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:14.4pt;0cm;text-align:justify;background:white">Le concert peut être revu à cette adresse : <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/opera/concert-de-paris-du-14-juillet-sans-public-un-beau-programme-a-suivre-sur-france-2-france-inter-et-culturebox_4043525.html">https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/opera/concert-de-paris-du-14-juillet-sans-public-un-beau-programme-a-suivre-sur-france-2-france-inter-et-culturebox_4043525.html</a></p>
<p style="margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:14.4pt;0cm;text-align:justify;background:white"> </p>
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		<title>Dolce duello — Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dolce-duello-bruxelles-bozar-cinquante-nuances-de-miel-et-un-zeste-de-citron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2017 00:44:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La découverte de ce Dolce duello rose bonbon nous avait laissé sur notre faim. D’abord parce que trop dolce et pas assez duello, avec une prédilection pour les pastels délicats au détriment des vraies joutes comme de la diversité des climats. Ensuite, trois inédits seulement et parmi eux rien d’exceptionnel, de mémorable. Enfin, un minutage &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La découverte de ce <a href="https://www.forumopera.com/cd/cecilia-sol-dolce-duello-nous-laurait-on-changee"><em>Dolce duello </em></a>rose bonbon nous avait laissé sur notre faim. D’abord parce que trop <em>dolce </em>et pas assez <em>duello</em>, avec une prédilection pour les pastels délicats au détriment des vraies joutes comme de la diversité des climats. Ensuite, trois inédits seulement et parmi eux rien d’exceptionnel, de mémorable. Enfin, un minutage un peu chiche pour les admirateurs de la cantatrice qui se seraient volontiers passés du dixième concerto pour violoncelle de Boccherini. Un opus mineur dans la discographie de <strong>Cecilia Bartoli </strong>? Après <a href="https://www.forumopera.com/cd/non-ce-nest-pas-un-sacrifice"><em>Sacrificium</em>,</a> il lui était impossible de renchérir dans la virtuosité, terrain où, néanmoins, à défaut de pouvoir encore nous surprendre, elle devait se montrer à la hauteur de ses précédents exploits pour ne pas décevoir les amateurs de sensations fortes. Alors que <a href="https://www.forumopera.com/cd/doctor-bartoli-mister-steffani"><em>Mission </em></a>essayait, dans la lignée de l’album Vivaldi, de rendre justice à une figure relativement négligée (Steffani), l’air <em>obbligato </em>des XVIIe et XVIIIe siècles constituait, <em>a priori</em>, une idée fertile pour renouveler l’exercice du récital tant les possibilités sont nombreuses comme l’a montré, par exemple, le florilège glané par Valer Sabadus chez <a href="https://www.forumopera.com/cd/arie-concertate-quelques-minutes-de-finesse-dans-un-monde-de-brutes">Caldara</a>. Or, en privilégiant un seul instrument, aussi rayonnante soit sa partenaire, Cecilia Bartoli bute sur les limites qui lui sont inhérentes. « <em>Cherche-t-on à faire chanter le violoncelle</em>, écrivait le compositeur et violoniste Pierre Baillot (cité par DECCA dans le livret), <em>c’est une voix touchante et majestueuse, non de celles qui peignent les passions et les allument, mais de celles qui les modèrent en élevant l’âme à une région supérieure.</em> »</p>
<p>Au disque, la modération devenait, paradoxalement, un excès que les artistes ne peuvent se permettre en concert et de glisser quelques vivifiants traits de citron dans leur nuancier melliflue. Une ouverture de Hasse (<em style="line-height: 1.5">Il Ciro riconosciuto</em>), solidement architecturée et aux accents passionnés, révèle d’entrée de jeu l’opulence sonore, les qualités d’articulation de la <strong style="line-height: 1.5">Cappella Gabetta</strong> ainsi que le tempérament de son chef, le violoniste <strong style="line-height: 1.5">Andrés Gabetta</strong>, qui fera aussi merveille dans <em style="line-height: 1.5">La Danse des furies </em>d’<em style="line-height: 1.5">Orfeo ed Euridice</em> – irruption furtive et isolée du théâtre dans une soirée où, souvent sur le ton intime de la conversation, la demi-teinte domine. Les rares démonstrations d’agilité se démarquent d’autant plus et un tonnerre d’applaudissements salue la voltige, pourtant très conventionnelle, de Raupach, pâle héros de <em style="line-height: 1.5">S<a href="https://www.forumopera.com/recital-de-cecilia-bartoli-bruxelles-bozar-bons-baisers-de-russie-un-bartoli-anecdotique">t Petersburg</a> </em>dont nous retrouvons sans plaisir « O placido il mare » (<em style="line-height: 1.5">Siroe</em>, <em style="line-height: 1.5">re di Persia</em>). Boccherini sollicite également la flexibilité, intacte, de Bartoli (« Se d’un amor tiranno ») mais l’ambitus démentiel et les acrobaties du violoncelle nous impressionnent davantage, Andrés et Sol esquissant un duel sous le regard amusé du mezzo.</p>
<p>Si elle semble mise en scène, à grands renforts de regards complices et de sourires appuyés, la connivence des solistes nourrit surtout le dialogue musical où la finesse des inflexions, à laquelle nous sommes habitué chez Bartoli, ne laisse pas de fasciner sous l’archet de Sol Gabetta. Même les tousseux impénitents, hélas bien présents ce soir, retiennent leur souffle quand débute, <em style="line-height: 1.5">a cappella </em>et sur un aigu céleste<em style="line-height: 1.5">, </em>la reprise d’« Aure voi de’ miei sospiri » (<em style="line-height: 1.5">San Sigismondo</em> de Gabrielli), qui se révèlera un miracle d’intériorité. En revanche, l’interprétation de « Lascia la spina », pièce rajoutée et qui semble être devenue pour la star une <em style="line-height: 1.5">aria di baule</em>, déroute par son minimalisme trop uniment serein. Autre choix déroutant : Cecilia Bartoli renonce au sublime pathétisme du « Son qual stanco pellegrino » de Haendel (<em style="line-height: 1.5">Arianna in Creta</em>), peut-être la page la plus poignante de tout le projet. La seconde partie ne comporte qu’un seul air (contre six pour la première), Sol Gabetta s’illustrant dans le dixième concerto de Boccherini  et offrant d’ailleurs un superbe développement poétique à l’<em style="line-height: 1.5">Andante lentarello</em>, nous espérions donc retrouver la plainte d’Alceste dans les <em style="line-height: 1.5">bis</em>, en vain. Hormis le splendide « Sovvente il sole » de Vivaldi révélé en son temps par Max Emanuel Cencic (<em style="line-height: 1.5">Andromeda Liberata</em>), mais réduit à sa section A, les rappels opèrent un virage à 180 degrés, comme il y a quelques jours à <a href="https://www.forumopera.com/cecilia-bartoli-et-sol-gabetta-dolce-duello-baden-baden-o-temps-suspends-le-vent">Baden-Baden</a> : tarentelle (Rossini), séguedille (Nebra), déhanchements et tambourin, etc., comme si Cecilia avait des fourmis dans les jambes après tant de&#8230; modération. Triomphe assuré.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Cecilia Bartoli et Sol Gabetta, Dolce Duello — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cecilia-bartoli-et-sol-gabetta-dolce-duello-baden-baden-o-temps-suspends-le-vent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Nov 2017 22:20:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la sortie de son disque annuel chroniqué ici même par Laurent Bury, c’est avec beaucoup de curiosité que l’on assiste de visu au « dolce duello » de Cecilia Bartoli avec Sol Gabetta, deux artistes qu’on n’aurait jamais imaginé se produire ensemble, et qui plus est à égalité. Le Festspielhaus de Baden-Baden, encore sous le coup &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la sortie de son disque annuel <a href="/cd/cecilia-sol-dolce-duello-nous-laurait-on-changee">chroniqué ici même par Laurent Bury</a>, c’est avec beaucoup de curiosité que l’on assiste de visu au « <em>dolce duello</em> » de <strong>Cecilia Bartoli</strong> avec <strong>Sol Gabetta</strong>, deux artistes qu’on n’aurait jamais imaginé se produire ensemble, et qui plus est à égalité. Le Festspielhaus de Baden-Baden, encore sous le coup de l’extraordinaire émotion du <a href="/philippe-jaroussky-haendel-baden-baden-entretien-avec-un-ange">récital de Philippe Jaroussky</a> quelques jours plus tôt, se demande si la magie peut se renouveler. Première constatation : l’ensemble mené par le violoniste <strong>Andrés Gabetta</strong>, frère de Sol, est tout aussi vif, amène et plein d’énergie. Autre point commun, les musiciens de la Cappella Gabetta sont presque tous debout et littéralement transportés par la fougue de leur chef, vibrionnant tel un moderne Paganini. L’excellence de la formation met encore davantage en valeur la personnalité de Sol Gabetta, merveilleuse violoncelliste dont on comprend tout à fait, en la voyant jouer, ce qui a pu pousser la mezzo romaine à la choisir comme partenaire pour un programme complet. La jeune franco-argentine possède un toucher à la fois très – apparemment – naturel et époustouflant de virtuosité. Les couleurs de son instrument évoquent les voix les plus flexibles et affirmées. Une belle découverte et une grande artiste à suivre.</p>
<p>Cecilia Bartoli, quant à elle, semble tout d’abord bien en retrait, assagie et mesurée. On admire les vocalises réussies et curieusement lentes, comme étouffées, qui laissent cependant perplexes tant les notes meurent vite. Sans doute notre diva est-elle en petite forme, se dit-on, ou alors elle évolue dans des sentiers de traverse auxquels il faudra s’habituer. Mais au fur et à mesure que les airs s’enchaînent, alternant les lamentations et les airs de fureur ou d’expressivité virtuose, on la retrouve, tant notre diva s’affirme dans tout ce qui la caractérise. On la reconnaît notamment, au sommet de son art, dans un ineffable « Lascia la spina cogli la rosa », que le public écoute en retenant son souffle quand celui de l’interprète se fait brise délicate et lumineuse poésie. Bien sage dans sa petite robe noire et tout en retenue, elle n’en est pas moins capable de vocalises ébouriffantes dignes de ses grands jours, notamment dans « O placido il mare » où, totalement débridée, tout est « colpa del vento », effet bourrasques venteuses garanti. C’est à la fougue d’une Scarlett O’Hara qu’elle fait penser quand elle revient en deuxième partie dans une nouvelle robe superbe qui semble coupée dans de somptueux rideaux. D’amples fleurs contribuent à faire prendre tournure à cette généreuse tenue que portent élégamment les deux jeunes femmes, à l’identique. Et qu’à cela ne tienne qu’elles n’aient pas le même gabarit ; elles sont idéalement (et également) belles et épanouies.</p>
<p>La douce tornade se prolonge avec de nombreux rappels et le récital s’achève quarante minutes après l’heure prévue sans qu’on ait vu le temps passer. La <em>Tarentelle</em> sied comme un gant à la belle romaine et il faut la voir s’accompagner elle-même du tambourin dans la séguedille de Nebra… Sol Gabetta, pour sa part, tire de son violoncelle des sonorités plus qu’inattendues et emballe définitivement son public. Tout le monde fond pour un « Non ti scordar di me » en duo d’anthologie. Comment pourrait-on d’ailleurs jamais oublier ? </p>
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		<title>Cecilia &#038; Sol, Dolce Duello</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cecilia-sol-dolce-duello-nous-laurait-on-changee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Nov 2017 07:36:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En apparence, tout est normal. Le nouveau disque de Cecilia Bartoli arrive revêtu d’un emballage on ne peut plus kitchouille, façon photomaton entre filles. Ni chauve, ni tsarine, Cecilia n’en rivalise pas moins de sourire extra-bright avec une demoiselle qui semble capable de jouer du violoncelle tout en roulant à bicyclette. Qui est-elle ? Sol Gabetta, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cecilia-sol-dolce-duello-nous-laurait-on-changee/"> <span class="screen-reader-text">Cecilia &#38; Sol, Dolce Duello</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En apparence, tout est normal. Le nouveau disque de <strong>Cecilia Bartoli</strong> arrive revêtu d’un emballage on ne peut plus kitchouille, façon photomaton entre filles. Ni chauve, ni tsarine, Cecilia n’en rivalise pas moins de sourire extra-bright avec une demoiselle qui semble capable de jouer du violoncelle tout en roulant à bicyclette. Qui est-elle ? <strong>Sol Gabetta</strong>, instrumentiste franco-argentine très réputée dans le monde germanique (elle s’est établie en Suisse, comme la Bartoli). Mariage commercial digne de l’union médiatique de David Copperfield avec Claudia Schiffer ? En partie, peut-être, chacune des deux dames drainant son public de fans. Un doux duel, nous annonce le titre du disque : j’embrasse mon rival, mais ce n’est pas pour l’étouffer. Cette fois, Cecilia a décidé d’être une bonne copine, pas question d’écraser sa partenaire.</p>
<p>Et c’est là qu’intervient la grande surprise. Cet album se révèle d’une sérénité rare, comme si la Bartoli avait enfin trouvé l’apaisement. Sa virtuosité, toujours présente, n’a décidément plus rien du numéro de cirque. Rien d’appuyé, rien de démonstratif, loin du déchaînement histrionique qui a pu inspirer de savoureuses parodies. La <em>gravitas</em> du violoncelle aurait-elle déteint sur elle ? Par rapport aux excès auxquels elle nous a habitués, il y aurait là presque une austérité luthérienne, ou janséniste, qui n’a rien de déplaisant et qui laisse entendre la musique sans le filtre parfois encombrant de la bartolerie galopante.</p>
<p>Du coup, nos oreilles sont libres d’apprécier à sa juste valeur un programme construit sur la présence du violoncelle obligé dans des airs empruntés à des œuvres lyriques composées au cours d’un demi-siècle à cheval sur les XVIIe et XVIIIe, de 1687 pour le <em>San Sigismondo</em> de Domenico Gabrielli à 1739 pour l’<em>Ode for St. Cecilia’s Day</em>, plus une incursions dans les années 1760 pour le concerto de Boccherini qui conclut le programme, et où madame Gabetta n’a pas à partager la vedette avec madame Bartoli. Parcours qui nous promène aussi dans l’espace, de Bologne pour le Gabrielli à Mantoue pour <em>Tito Manlio</em> et Naples pour <em>Gli orti esperidi</em>, à Barcelone pour <em>Il nascimento dell’Aurora</em>, à Vienne pour <em>Nitocri</em> et <em>Gianguir</em>, et bien sûr à Londres pour les Haendel. Promenade parmi les grands librettistes, Métastase bien sûr, pour le Porpora, mais aussi Apostolo Zeno, pour les Caldara, ou Pietro Pariati pour Albinoni ou comme source pour <em>Arianna in Creta</em>. Et commeil se doit, quelques « premiers enregistrements mondiaux » : les deux Caldara et le Porpora. </p>
<p>Bien sûr, la virtuosité joue son rôle dans ces airs, quand la voix dialogue avec l’instrument soliste, mais jamais Cecilia Bartoli ne tire la couverture à elle. Les vocalises sont exécutées avec une vraie délicatesse, sans jamais forcer, et l’on a moins le sentiment de cette alternance systématique entre airs furieux et airs calmes. Le Caldara initial, d’une durée de dix minutes, se termine sur le fil de la voix. Même sérénité dans l’Albinoni, pourtant plus guilleret que la plainte de la reine d’Egypte Nitocris. Plus loin, on remarque les effets d’écho du Gabrielli. Pour le Vivaldi, on pourra jouer à comparer l’interprétation bartolienne à ce que font Philippe Jaroussky ou mesdames Galou et Mihalovic de ce même « Di verde ulivo » ; rien de râpeux dans le violoncelle de Sol Gabetta, au contraire, mais une douceur qui n’exclut nullement l’expressivité. Quand à la Cappella Gabetta, ensemble fondé en 2011 et dirigé par <strong>Andrés Gabetta</strong>, frère de Sol, elle s’inscrit dans la même optique de sobriété, sans surenchère interprétative, comme le confirme l’exécution du concerto de Boccherini, animée comme il convient, mais pleine de mesure.</p>
<p>Un programme que l&rsquo;on pourra s&rsquo;amuser à comparer avec celui de la tournée de concerts qui a démarré le 31 août, et dont l&rsquo;escale française est prévue le 4 décembre à la Philharmonie de Paris.</p>
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		<title>Dolce duello : concert Cecilia Bartoli &#8211; Sol Gabetta — Gstaad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dolce-duello-concert-cecilia-bartoli-sol-gabetta-gstaad-lancement-reussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Aug 2017 04:39:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des lustres maintenant le lancement d’un nouvel album de Cecilia Bartoli est organisé avec une professionnalité hors pair. C’est encore le cas pour ce dernier enregistrement, intitulé Dolce duello, ou elle partage la vedette avec la violoncelliste Sol Gabetta. En prélude à la sortie du disque, en septembre, et à la tournée européenne qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis des lustres maintenant le lancement d’un nouvel album de<strong> Cecilia Bartoli</strong> est organisé avec une professionnalité hors pair. C’est encore le cas pour ce dernier enregistrement, intitulé <em>Dolce duello</em>, ou elle partage la vedette avec la violoncelliste <strong>Sol Gabetta</strong>. En prélude à la sortie du disque, en septembre, et à la tournée européenne qui devrait suivre, un concert est donné en première mondiale dans l’église de Saanen où naquit le festival de Gstaad grâce à Yehudi Menuhin. Le choix du lieu participe-t-il de la stratégie ? Outre sa charge référentielle, il ne peut accueillir qu’un nombre restreint d’auditeurs et a peut-être suscité le désir d’être des privilégiés car le concert affiche complet depuis des mois. Enfin l’image des deux artistes, probablement inspirée par celle de Brigitte Bardot et Jeanne Moreau dans le film <em>Viva Maria</em>, a l’aspect léché des photographies retouchées. A quoi s’attendre ?</p>
<p>Le passé de Cecilia Bartoli témoigne assez en sa faveur pour éloigner toute appréhension. La qualité musicale qu’elle recherche obstinément, aucune campagne publicitaire ne l’a jamais compromise. Ce concert en sera une nouvelle démonstration. Quand elle fait son entrée, avec Sol Gabetta, par la travée centrale de la nef et que les applaudissements crépitent, on ne voit pas l’image glamour dans sa pose figée mais deux femmes séduisantes dont l’exceptionnel talent artistique n’est plus à découvrir, ce qui rend d’autant plus périlleuse chaque étape nouvelle. Lorsqu’elles saluent, main dans la main, on ne voit plus les actrices de Louis Malle, mais les deux sœurs de Mozart, Fiordiligi et Dorabella, et le « cinéma » laisse toute la place à la musique.</p>
<p>A première vue, le concert fait la part belle à la voix, le violoncelle n’étant soliste qu’en deuxième partie. Pourtant – et l’on aimerait savoir comment ce résultat a été atteint, si l’écriture de l’accompagnement des airs a été aménagée pour en faire un partenaire très présent de la voix – il participe à presque tous les airs chantés par Cecilia Bartoli. Cela amène à se dire que le titre <em>Dolce duello</em> est plus suggestif que véridique, parce que l’instrument n’est pas en conflit avec la voix mais lui est complémentaire. En revanche, lorsque la voix est en face-à-face avec le hautbois ou le violon qui l’imitent, la doublent ou la piègent, on assiste bien à des duels, qu’elle ne remporte pas quand <strong>Andrès Gabetta</strong> la sème d’une accélération foudroyante sur son Guarnerius de 1727.</p>
<p>Frère de la violoncelliste, il dirige un ensemble de dix-huit musiciens sur instruments anciens qui porte son nom, la <strong>Cappella Gabetta</strong>. Sa précision rythmique semble infaillible et il obtient une exécution quasiment irréprochable, n’était la brève bavure d’un cor. La cohésion, la finesse, la transparence, les contrastes, l’énergie, rien ne manque au bonheur de l’auditoire, qui peut apprécier l’orchestre de façon « indépendante » d’abord dans l’ouverture du <em>Ciro riconosciuto </em>de Hasse qui met en valeur les cordes, ensuite dans l’ouverture de l’ <em>Ariodante</em> de Carlo Francesco Pollarolo, étonnante pièce au climat dramatique, avec une marche par les cordes, des scansions des cuivres, un accelerando crescendo saisissant, un orage mourant et surtout des couleurs quasiment wébériennes en 1718 ! Superbe encore l’exécution des « Danses des Furies » tirées de l’<em>Orfeo ed Euridice </em>de Gluck (1762), et évidemment l’écrin offert à <strong>Sol Gabetta</strong> pour le célèbre concerto n°10 pour violoncelle de Boccherini où la virtuose fait chanter son Guadagnini comme un soliste au sein d’un chœur, en communion organique avec les voix multiples. Son toucher et ses attaques ne cèdent jamais à la tentation de l’effet et conservent, sans méconnaître la « follia » sous-jacente, une élégance pleine et entière.</p>
<p>Ce n’est pas l’élégance que vise <strong>Cecilia Bartoli</strong>, mais l’expressivité du chant au travers de la maîtrise de la rhétorique belcantiste. On n’entreprendra pas de détailler par le menu comment, d’un air à l’autre, elle déploie pour un auditoire qui en oublie de tousser les procédés qui ont assis sa réputation de virtuose. Si dans l’air d’entrée, tiré de <em>Il nascimento dell’aurora, </em>de Tommaso Albinoni, (1721) la voix ne semble pas totalement à son aise, les agilités un rien ralenties dans un air au climat agité, elle retrouve les prestiges familiers dans l’air d’Emirena de l’opéra Nitocri (1722) où le violoncelle répond en écho à la réflexion plaintive. La même séduction s’exerce dans l’extrait de <em>San Sigismondo, re di Borgogna </em>(1687) où l’attaque à découvert et les variations en écho avec le violoncelle sont suivies d’une série de demi-teintes avec des ports de voix et des notes tenues propres à impressionner. Si cette pièce était surtout dans le medium, la suivante, un air <em>d’Adelaide</em> de Porpora (1723) sollicite la voix dans toute son étendue, la musique mimant le texte qui décrit une chute d’eau dans sa course du haut jusqu’au bas, prétexte à des graves profonds sans céder à la tentation de les exagérer. C’est un festival de sauts, de vocalises, d’escalades, de sons tremblés, qui va culminer dans le duel avec le violon lors de la reprise et déclenchera un tonnerre d’acclamations. Retour au calme avec « What passion cannot Music raise and quell » tiré de l’<em>Ode à Sainte Cécile pour sa fête</em>, empreint de la ferveur confiante d’une interprète concernée. Un « must » de son répertoire, « Lascia la spina cogli la rosa » déclenche à nouveau l’enthousiasme, et on admire une interprétation sur laquelle le temps n’a pas de prise. On admire d’autant plus un extrait du <em>Teseo </em>de Händel (1713) où la voix rivalise d’agilité avec le hautbois, un de ces airs à effets de miroir et d’échos où le chant semble s’affranchir des limites physiologiques et où reste la griserie d’un son flottant qui ravit.</p>
<p>Après l’entracte, l’air d’Alceste dans <em>Arianna in Creta </em>(1734) « Son quel stanco pellegrino » se partage entre dolorisme et confiance retrouvée, avant le nouveau feu d’artifice vocal provenant du <em>Siroe, re di Persia</em> (1760) de Hermann Raupach – qu’elle avait tiré de l’oubli avec son disque sur l’opéra russe au XVIIIe siècle – où l’instabilité marine devient l’image de la vie de Laodice, qui déchaîne les ovations.</p>
<p>Après le concerto de Boccherini, le retour conjoint des deux artistes aux saluts de fin de concert multipliera les rappels, et deux bis seront accordés gracieusement : « Sovvente il sole » de Vivaldi et une « Danza » endiablée où la voix et l’instrument s’épaulent une dernière fois dans une explosion de vitalité qui soulève l’auditoire, au sens littéral ! Que conclure, sinon : lancement réussi ?</p>
<p>                                                                                                    </p>
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		<title>Le Bartoli nouveau se fera en duo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-bartoli-nouveau-se-fera-en-duo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Aug 2017 05:29:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel sera le thème du prochain album de Cécilia Bartoli ? Après l&#8217;exhumation de compositeurs oubliés – Vivaldi, Gluck, Steffani&#8230; –, après l&#8217;évocation de voix à jamais perdues – les castrats, Malibran&#8230; – la mezzo-soprano italienne semble faire une halte dans sa fringale de découvertes pour s&#8217;apparier avec la violoncelliste Sol Gabetta. Au programme, une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel sera le thème du prochain album de Cécilia Bartoli ? Après l&rsquo;exhumation de compositeurs oubliés – Vivaldi, Gluck, Steffani&#8230; –, après l&rsquo;évocation de voix à jamais perdues – les castrats, Malibran&#8230; – la mezzo-soprano italienne semble faire une halte dans sa fringale de découvertes pour s&rsquo;apparier avec la violoncelliste Sol Gabetta. Au programme, une série d&rsquo;airs et de duos éblouissants (sic) composés par les grands maîtres du répertoire baroque – Haendel, Albinoni&#8230; Vous avez dit commercial ? Ce serait mal connaître Cécilia Bartoli dont l&rsquo;exigence artistique demeure toujours la préoccupation première. D&rsquo;ailleurs, ce nouvel album devrait aussi comporter des enregistrements inédits. Sortie annoncée cet  automne en même temps qu&rsquo;une tournée dont le feu vert sera donné au Festival de Gstaad le 31 août prochain.</p>
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