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	<title>Marylin HORNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Marylin HORNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>10 musiques printanières pour fêter le retour du beau temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 05:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quels que soient les caprices de la météo et les oscillations du baromètre, c&#8217;est officiel : le printemps est là ! Si souvent sensibles à cet allongement des heures et ces variations de lumières qui ne sont que les preuves de l&#8217;empire de la nature, les plus grands compositeurs ont laissé le printemps leur inspirer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px;"><strong>Quels que soient les caprices de la météo et les oscillations du baromètre, c&rsquo;est officiel : le printemps est là ! Si souvent sensibles à cet allongement des heures et ces variations de lumières qui ne sont que les preuves de l&#8217;empire de la nature, les plus grands compositeurs ont laissé le printemps leur inspirer des oeuvres allant de la simple joie devant le retour des beaux jours jusqu&rsquo;à la nostalgie face au temps qui passe. Florilège &#8211; garanti sans Vivaldi !    </strong></p>
<hr style="font-size: 14px;" />
<p style="font-size: 14px;"><strong>1. Reynaldo Hahn, <em>Le printemps</em></strong></p>
<p style="font-size: 14px;">Si les saisons étaient capables d’expression humaine, alors le rire appartiendrait au printemps. Tel est l’avis en vers de Théodore de Banville dans un poème mis en musique par Reynaldo Hahn où s’esclaffe dans un flot torrentueux des notes celui que les Indiens fêtent sous le nom d’Holi, témoignage voluptueux de cette « peinture sentimentale » qu’affectionnait un compositeur souvent considéré – à tort – comme un « petit maître » pour avoir refusé de sacrifier à une certaine avant-garde. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/fJA5NC87RW0" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p style="font-size: 14px;"><strong>2. Robert Schumann, <em>Dichterliebe, </em>« Im wunderschönen Monat Mai »</strong></p>
<p style="font-size: 14px;">On se doute bien qu&rsquo;avec Robert Schumann, le printemps se tiendra aussi loin que possible des insouciantes après-midi au soleil, des soirées barbecue et des verres de rosé pamplemousse. Ainsi, le narrateur des <em>Dichterliebe </em>nous dit, dans « Im wunderschönen Monat Mai », combien le riant mois de mai lui rend, par contraste, plus cruels encore les tourments qui agitent son coeur blessé, et plus poignante sa solitude. Car s&rsquo;il est le temps de l&rsquo;amour, le temps des copains et de l&rsquo;aventure, le printemps est aussi la saison des passions éteintes avant d&rsquo;avoir même commencé. [Clément Taillia]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/cGO6wyHFClo" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p style="font-size: 14px;"><strong>3. Jules Massenet, <em>Werther, </em></strong><strong style="font-size: 14px;">« Pourquoi me réveiller »</strong></p>
<p style="font-size: 14px;">Des dix numéros de notre sélection, l’air de <i style="color: rgb(32, 31, 30); font-family: &quot;Segoe UI&quot;, &quot;Segoe UI Web (West European)&quot;, &quot;Segoe UI&quot;, -apple-system, BlinkMacSystemFont, Roboto, &quot;Helvetica Neue&quot;, sans-serif; font-size: 15px;">Werther </i>est sans doute le plus connu et le moins printanier. Ce ne sont pas renaissance et jeunesse mais deuil et tristesse qui guident le héros dans son délire suicidaire où le chant s’exalte sur un saut de sixte jusqu’au <i style="color: rgb(32, 31, 30); font-family: &quot;Segoe UI&quot;, &quot;Segoe UI Web (West European)&quot;, &quot;Segoe UI&quot;, -apple-system, BlinkMacSystemFont, Roboto, &quot;Helvetica Neue&quot;, sans-serif; font-size: 15px;">la</i> dièse, au mépris de toute prosodie (pourquoi me réveiller-er) et retombe découragé, telle une de ces feuilles mortes qu’on ramasse à la pelle, non au printemps mais à l’automne. Cherchez l’erreur. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Uw8bhAnNObo" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p style="font-size: 14px;"><strong>4. Camille Saint-Saëns, <em>Samson et Dalila, </em></strong><strong>« Printemps qui commence »</strong></p>
<p style="font-size: 14px;">« Mon coeur s&rsquo;ouvre à ta voix » est sans doute l&rsquo;air le plus connu de ceux composés par Camille Saint-Saëns. « Printemps qui commence » ne lui cède pourtant en rien en termes de sensualité, surtout lorsqu&rsquo;il est interprété par une belcantiste accomplie comme Marilyn Horne ici drapée dans une sorte de carré Hermès à rendre fou un caméléon. [Jean Michel Pennetier]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/yOYwYJWy6M0" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p style="font-size: 14px;"><strong style="font-size: 14px;">5. Giacomo Puccini, <em>Suor Angelica</em></strong></p>
<p style="font-size: 14px;">Le printemps revient à plusieurs reprises sous la plume, ou plutôt la dictée musicale, de Giacomo Puccini. Si l&rsquo;on se représente plutôt Mimi refroidie, c&rsquo;est un peu vite oublier qu&rsquo;elle chante le premier soleil qu&rsquo;elle se réserve pour elle seule (« mi chiamano Mimi »). De manière plus touchante encore, les sœurs de la communauté d&rsquo;Angelica attendent chaque année le retour du printemps pour ce qu&rsquo;il place les rayons de l&rsquo;astre pile dans le bon angle et à la bonne heure, celle de la sortie de la prière, pour transformer les eaux de leur fontaine en gouttes d’or. Cette année-là, les sœurs décident d&rsquo;aller arroser la tombe d&rsquo;une des leurs de ces eaux dorées et bénies dans un joyeux ensemble qui permet de respirer avant qu&rsquo;Angelica n&rsquo;affronte ses démons et la révélation tragique qui la poussera vers le suicide <em>(à partir de 1 heure 11 sur la vidéo)</em>.  [Yannick Boussaert]</p>
<p style="font-size: 14px;">
<iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Yyxhr1gF8Jg" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>6. Karol Szymanowski<em>, Slopiewnie, </em>« Słowisień »</strong></p>
<p style="font-size: 14px;">C’est avec ce petit cycle de rien du tout que Karol Szymanowski entame sa révolution de velours, celle qui l’amènera à redécouvrir ses terres ancestrales polonaises. Publiées juste après son opéra <i style="color: rgb(32, 31, 30); font-family: &quot;Segoe UI&quot;, &quot;Segoe UI Web (West European)&quot;, &quot;Segoe UI&quot;, -apple-system, BlinkMacSystemFont, Roboto, &quot;Helvetica Neue&quot;, sans-serif; font-size: 15px;">Le Roi Roger</i>, ces <i style="color: rgb(32, 31, 30); font-family: &quot;Segoe UI&quot;, &quot;Segoe UI Web (West European)&quot;, &quot;Segoe UI&quot;, -apple-system, BlinkMacSystemFont, Roboto, &quot;Helvetica Neue&quot;, sans-serif; font-size: 15px;">Słopiewnie</i> sont les premières mélodies d’un style résolument national, abandonnant pour de bon les charmes orientalisants de la deuxième façon du compositeur. Les vers de Julian Tuwim chantent une nature étrange et symbolique, à mi-chemin entre imagier populaire et exaltation religieuse. Le « Słowisień » introductif dépeint ainsi le blanc des cerisiers au son d’une mazurka rêveuse, surplombée d’une ligne vocale ouvragée, comme seul Szymanowski en a le secret. [Alexandre Jamar]</p>
<p style="font-size: 14px;"> </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/s2t8M2Q2f_A" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>7. Claude Le Jeune<em>, </em></strong><strong>« Revecy venir du Printans »</strong></p>
<p style="font-size: 14px;">Claude Le Jeune, né vers 1525 à Valenciennes (alors aux Pays-Bas) et mort à Paris en 1600, composa de nombreux airs, motets, psaumes ou messes, dans un genre musical novateur pour l&rsquo;époque, celui de la « musique mesurée ». Son « Revecy venir du Printans » a été publié par sa soeur, trois ans après sa mort. La pièce semble plus populaire à l&rsquo;étranger qu&rsquo;en France (il en existe des versions nord-américaines pour fanfares que vous vous épargnerons). [Jean Michel Pennetier]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/_S3q6qdWnes" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p style="font-size: 14px;"><strong>8. Richard Strauss<em>, Vier letzte Lieder, </em></strong><strong>« Frühling »</strong></p>
<p style="font-size: 14px;">Premier lied des fameux quatre derniers de Richard Strauss, Frühling (le Printemps) ouvre le cycle sur une envolée depuis les graves où la nature dort vers les cimes où elle va tendre avec la chaleur et la lumière revenues. Le reste du cycle suivra les méandres de la vie humaine et retombera jusqu&rsquo;au dernier lied, « Im Abendrot » (au couchant) où la nuit et la mort viennent conclure. Si le procédé stylique est aussi simple qu&rsquo;évident il permet à Strauss de déployer des trésors pour orchestre et voix de soprane. [Yannick Boussaert]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/iVWrjDEVrHo" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p style="font-size: 14px;"><strong>9. Richard Wagner<em>, Die Walküre, </em></strong><strong>« Winterstürme&#8230; du bist der Lenz»</strong></p>
<p style="font-size: 14px;">Ah, Wagner ! Les eaux froides qui bordent les côtes de Cornouailles, les brumes du Brabant, la barbe givrée du Hollandais volant, les armures rouillées d&rsquo;humidité des chevaliers du Graal&#8230; les frimas de l&rsquo;hiver passeraient presque pour une exacte transposition météorogique de la rudesse ascétique qui caractérise ses longs opéras. Et pourtant, des monologues de Hans Sachs dans <em>Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg </em>aux sons de la forêt dans <em>Siegfried</em>, le printemps est sans aucun doute la saison la plus citée dans ses oeuvres. <em>La Walkyrie </em>l&rsquo;illustre parfaitement, où la naissance de l&rsquo;amour entre Siegmund et Sieglinde se double d&rsquo;un passage très suggestif de l&rsquo;hiver glacé aux poussées de sève printanières&#8230; [Clément Taillia]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/NB5e62wSjEQ" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>10. Johann Strauss fils,<em> Frühlingsstimmenwalzer</em></strong></p>
<p style="font-size: 14px;">Si le printemps est une éclosion, la promesse de jours radieux et de moments glorieux, quelle plus belle allégorie musicale en montrer que ces images de la jeune Natalie Dessay atteignant, avec une facilité foudroyante, le contre-sol des <em>Frühlingsstimmen </em>de Johann Strauss fils ? Créée en mars 1883, à l&rsquo;occasion d&rsquo;un concert donné en l&rsquo;honneur de l&rsquo;Empereur François-Joseph d&rsquo;Autriche et de son épouse Sissi, cette valse pour soprano et orchestre parle d&rsquo;alouette, de rosée du matin, de soleil et de rossignol. Un moment de pure insouciance, dans cette Vienne fin-de-siècle qui s&rsquo;apprêtait à affronter les bouleversements les plus ravageurs : le printemps, au fond, ce n&rsquo;est peut-être que cela. [Clément Taillia]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/CZWLPPO0KL4" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
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		<title>Fous d&#8217;opéra : La Dame aux autographes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 May 2021 06:29:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>  Ⓒ Julie Glassberg / The New York Times   Décédée le 27 mars 2021, Lois Kirschenbaum était certainement l&#8217;une des figures les plus familières du Metropolitan Opera, avec l&#8217;incontournable Helen Quinn ordonnatrice des files d&#8217;attente des places debout. Plus discrète que cette dernière, Lois Kirschenbaum était en revanche bien mieux connue des artistes qu&#8217;elle visitait en coulisse &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           <br />
<img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="430" src="/sites/default/files/00kirschenbaum-facebookjumbo-750x430.jpg" width="750" /><br />
Ⓒ Julie Glassberg / The New York Times<br />
 </p>
<p class="legende" dir="ltr">Décédée le 27 mars 2021, Lois Kirschenbaum était certainement l&rsquo;une des figures les plus familières du Metropolitan Opera, avec l&rsquo;incontournable <a href="/actu/les-fous-dopera-pavane-pour-un-fan-defunt">Helen Quinn</a> ordonnatrice des files d&rsquo;attente des places debout. Plus discrète que cette dernière, Lois Kirschenbaum était en revanche bien mieux connue des artistes qu&rsquo;elle visitait en coulisse chaque soir, obsédée par une quête inépuisable de dédicaces de ses chanteurs et danseurs préférés.</p>
<p>Passionnée au-delà du raisonnable, Lois ne manquait quasiment jamais une soirée d&rsquo;opéra ou de ballet au Met, ce qui ne l&#8217;empêchait d&rsquo;ailleurs pas de fréquenter également le NYCO voisin (elle y vit tous les rôles de Beverly Sills, sauf un, à son grand regret). Ses moyens financiers étaient toutefois très limités pour ce rythme de 300 représentations annuelles. Elle achetait généralement une place sans visibilité, par exemple dans les loges du dernier balcon, où l&rsquo;on peut amener une partition pour suivre la musique mais d&rsquo;où on ne voit pratiquement rien, ce qui ne la gênait pas tant que ça car elle était quasiment aveugle. A l&rsquo;entracte, Lois tentait parfois de se replacer au Family Circle. De temps à autre, un ouvreur la laissait entrer discrètement dans le théâtre, quand elle n&rsquo;avait pas réussi à trouver une place dans son budget. Parfois, la chance s&rsquo;en mêlait : en 1980, elle gagne dans une tombola une entrée pour le gala d&rsquo;adieux de Beverly Sills. A la fin du spectacle le soprano américain l&rsquo;étreint en lui lançant : «  C&rsquo;était écrit ! ». </p>
<p>Lois Kirschenbaum est née le 21 novembre 1932 à New York, fille unique d&rsquo;Abraham et Gertrude Kirschenbaum (le père est opticien, ce qui ne manque pas de sel). Elle passe son enfance à Brooklyn, dans le quartier de Flatbush et y fait ses études, jusqu&rsquo;au lycée. Au début des années 50, ses parents déménagent à Manhattan, dans l&rsquo;appartement à loyer modéré qu&rsquo;elle occupera jusqu&rsquo;à sa mort. Jusqu&rsquo;à sa retraite en 2004, elle travaillera pour l&rsquo;organisation humanitaire <em>International Rescue Committee</em> (fondée en 1933 par Albert Einstein) où elle sera une modeste standardiste. Lois voit son premier opéra, <em style="font-size: 14.000000953674316px;">Pagliacci</em>, au début des années 50, <a href="/actu/fous-dopera-les-fous-chantants-premiere-partie">au petit Amato Opera</a>. Sa folie nait un peu plus tard. A l&rsquo;époque, Lois est une grande fan des Brooklyn Dodgers. Mais, en 1958, l&rsquo;équipe locale de baseball part pour Los Angeles pour ne plus revenir. La passion de  Lois se rabat alors sur l&rsquo;opéra, après avoir entendu par hasard un enregistrement de Renata Tebaldi chez un disquaire (pour les jeunes générations : cherchez le mot dans un vieux dictionnaire). Comme la quasi totalité du public, elle est d&rsquo;abord une grande fan du soprano, qui règne quasiment sans partage sur l&rsquo;institution, pour le répertoire italien du moins. C&rsquo;était une époque où l&rsquo;on ne se creusait pas la tête en se demandant comment rendre l&rsquo;opéra populaire.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" height="524" src="/sites/default/files/8734514.jpg" width="661" /><br />
Renata Tebaldi suivie par Lois Kirschenbaum </p>
<p> </p>
<p>Mais la folie particulière de Lois n&rsquo;était pas cette fréquentation effrénée du Metropolitan Opera. Sa grande affaire, c&rsquo;est quand le rideau tombait et qu&rsquo;elle se précipitait vers les loges. On disait qu&rsquo;elle entendait les artistes dans la salle, mais qu&rsquo;elle ne les voyait pour de bon que dans les coulisses. Les spectateurs qui venaient saluer un chanteur ou solliciter une dédicace après le spectacle, ne pouvaient manquer de remarquer ce personnage aux lunettes aux verres épais, parlant haut avec une emphase toute brooklynoise, et qui attendait comme eux devant la sortie des artistes, souvent vétue d&rsquo;un imper gris. Quand la porte s&rsquo;ouvrait, Lois, toute fine qu&rsquo;elle fut, bousculait tout le monde sur son passage, aidée de son large cabas, pour être la première à féliciter ses chanteurs préférés (quasiment tous). Elle sortait de son sac des dizaines de photos, des programmes (voire des supports plus fantaisistes) qu&rsquo;elle leur faisait signer. Je l&rsquo;ai ainsi vue faire dédicacer par Samuel Ramey (qu&rsquo;elle adorait et qui le lui rendait bien) une publicité pour les chaussures Mephisto. Lois était un peu rude avec les autres membres du public, très tranchée dans ses avis. Mais elle était tout miel avec les artistes, détaillant leur performance du jour et la comparant avec celles d&rsquo;autres soirées. Ses jugements étaient précis et écoutés (quoique pour le ballet, j&rsquo;ai des doutes) : pour un jeune artiste qui faisait ses débuts, être félicité par Lois était de bon augure (elle fut l&rsquo;une des toutes premières admiratrices de Samuel Ramey, dès son premier Don Basilio au NYCO en 1973 : la basse américaine s&rsquo;en est toujours souvenu). Régine Crespin l&rsquo;avait qualifiée de « Sweetest Girl in New York ». De fait, elle était généralement très bien accueillie par les artistes, en particulier par Plácido Domingo, découvert lui aussi au NYCO. Certains plaisantaient en disant qu&rsquo;ils ne chantaient à New York que pour le plaisir de discuter avec elle après le spectacle. Elle fut donc grandement meurtrie d&rsquo;être bannie un certain temps des coulisses, sans qu&rsquo;aucune raison précise n&rsquo;ait été avancée par la direction du Met (peut-être que certains chanteurs n&rsquo;avaient pas apprécié sa sincérité). Il faut dire aussi que, pendant des années et bien mieux qu&rsquo;Internet, elle compilait les informations recueillies de la bouche même des interprètes et reconstituait les saisons à venir, qu&rsquo;elle distribuait ensuite autour d&rsquo;elle à l&rsquo;entracte tout en mangeant ses propres sandwiches (il y a deux choses que les théâtres détestent : qu&rsquo;on amène sa collation plutôt que de consommer au bar, et qu&rsquo;on annonce à l&rsquo;avance des spectacles gardés jalousement secrets). Si on ne l&rsquo;apercevait pas devant le théâtre, on pouvait parier qu&rsquo;elle avait été mise au courant d&rsquo;un remplacement de dernière minute par son contact le plus sûr dans les murs : la standardiste du Met ! Il arrivait aussi parfois à Lois d&rsquo;oublier ses programmes à l&rsquo;intérieur du théâtre, et de s&rsquo;en apercevoir une fois dehors (elle fit des pieds et des mains un soir pour récupérer des trésors signés par Joan Sutherland qu&rsquo;elle avait laissés dans la loge de celle-ci).</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" height="371" src="/sites/default/files/lk_1.jpg" title="Avec le réalisateur Kiearn Walsh ©  Kieran Walsh" width="661" /><br />
Avec le réalisateur Kieran Walsh Ⓒ Kieran Walsh</p>
<p> </p>
<p>Au fil des années, Lois accumule une collection considérable de signatures : alors qu&rsquo;on lui posait la question devant moi, elle en avait avoué plus de 100.000 (je ne me souviens plus de la date mais nous étions encore au XX<sup>e</sup> siècle). Pour ahurissant qu&rsquo;il soit, le chiffre est tout à fait crédible  : 10 signatures par spectacles pendant 50 ans, et pour 200 spectacles par an : c&rsquo;est même un minimum (d&rsquo;ailleurs on parle plutôt aujourd&rsquo;hui de 200.000 programmes ou photos). Vu le peu de soin avec lequel elle sortait et rangeait ses photos dans son cabas, dont elle avait toujours un peu de mal à trouver l&rsquo;ouverture, on peut se faire du souci sur l&rsquo;état de cette collection, probablement entassée dans son modeste appartement de l&rsquo;East Village. Quant à vouloir l&rsquo;exposer, n&rsquo;y songeons même pas : à raison de 9 photos par m<sup>2</sup> sur une hauteur de 2,20 m, il faudrait y consacrer une surface d&rsquo;accrochage de plus de 10 km de long&#8230; Une bonne blague aurait été d&rsquo;avoir désigné le Met comme légataire universel, mais il semblerait que la collection ait été léguée à la New York Public Library for the Performing Arts (il n&rsquo;est pas sûr que celle-ci accepte cet encombrant héritage). Quant à les mettre en vente sur eBay, même par paquets de 100 chaque semaine, cela prendrait près de 40 ans : encore faudrait-il trouver assez d&rsquo;acheteurs (et n&rsquo;imaginons même pas l&rsquo;effondrement des cours des autographes induit par une telle manne).  </p>
<p>En 1969, <em>Opera News</em> lui consacre un article. En 1975, son personnage apparait dans le roman <em>Mawrdew Czgowchwz</em> de James McCourt. On peut la voir <a href="https://youtu.be/tqU5p9G7Wgk?t=459">dans ce document sur Luciano Pavarotti, en 1976</a> ou <a href="https://nyti.ms/2vH28H0">ici, à 79 ans</a>. Sa figure est évoquée par <a href="/actu/nous-sommes-tous-folles-vous-savez">Wayne Koestenbaum</a>. En 2007, une soirée est organisée à l&rsquo;occasion de son 75<sup>e</sup> anniversaire, à laquelle participent Marilyn Horne, Renée Fleming et James Levine qui lui remettent une bague et une partition dédicacée de <em>La Bohème</em>. Le réalisateur <a href="https://vimeo.com/73350501">Kieran Walsh lui consacre un documentaire</a>, <em>Quiet Diva</em>, projeté en 2013 mais introuvable depuis. On peut y trouver notamment les témoignages de Mignon Dunn, Shirley Verrett (pour qui le réalisateur fit le déplacement jusqu&rsquo;au Michigan où elle résidait),  Deborah Voigt, Frank Lopardo, Frederica von Stade, et bien sûr, Samuel Ramey.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="970" src="/sites/default/files/lois-kirchenbaum.jpg" width="1000" /><br />
Avec le soprano Jane Marsch en 2015 Ⓒ Metropolitan Opera Guild</p>
<p>Sur la fin de ses jours, Lois Kirschenbaum ne pouvait plus se déplacer qu&rsquo;en chaise roulante et avait petit à petit renoncé à fréquenter le Met, tout en continuant à suivre ses retransmissions radio hebdomadaires et les exploits des <em>Yankees</em>, successeurs des <em>Dodgers</em>. Elle décède le 27 mars 2021 des suites d&rsquo;une pneumonie et d&rsquo;une défaillance rénale. Elle avait 88 ans. On ne lui connaissait aucune autre famille que celle des artistes qu&rsquo;elle aimait plus que tout au monde.</p>
<p> </p>
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		<title>150 nuances de Rossini</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 10:27:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop souvent réduit à son Barbier de Séville, certes génial, mais impuissant à traduire toutes les facettes d’un génie multiple, Gioachino Rossini est disparu il y aura 150 ans tout rond le 13 novembre. Il faudrait un ouvrage de plusieurs centaines de pages (qui en français reste à écrire) pour raconter celui que l’on appelle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Trop souvent réduit à son <em>Barbier de Séville</em>, certes génial, mais impuissant à traduire toutes les facettes d’un génie multiple, Gioachino Rossini est disparu il y aura 150 ans tout rond le 13 novembre. Il faudrait un ouvrage de plusieurs centaines de pages (qui en français reste à écrire) pour raconter celui que l’on appelle le Cygne de Pesaro contre son gré (le « Cynge » corrigeait-il) : sa vie, son œuvre, ses interprètes – obligatoirement formés à l’exercice si spécifique de son chant –, son esprit… A défaut, pour que le compte soit bon, voici 150 (15 fois 10) points qui veulent aider à mieux connaître un compositeur injustement minimisé aujourd’hui, en France particulièrement. Une précision avant de passer à table – métaphore imposée par la gourmandise légendaire de Rossini –, cette liste ne saurait (et ne pourrait) être exhaustive. Il y a inévitablement des trous dans le gruyère, certains involontaires, d’autres non. Bon appétit !</strong></p>
<hr />
<p>Rossini en&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini1.jpg?itok=EDAq07gt" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>I &#8211; …10 dates</strong></p>
<p> 1. <strong>1792</strong> : naissance à Pesaro un 29 février – ça ne s’invente pas –  de Gioachino Antonio Rossini, fils d’Anna Guidarini, elle-même fille d’un boulanger, et de Giuseppe Rossini, inspecteur de boucherie, trompette de la ville (<em>tubatore</em>) et fervent partisan de la Révolution française.</p>
<p> 2. <strong>1804</strong> : installation à Boulogne et poursuite de la formation musicale de Gioachino au Liceo musicale. On le surnomme <em>Il Tedeschino</em> (« Le petit Allemand ») en raison de son goût pour une orchestration foisonnante.</p>
<p> 3. <strong>1810</strong> : création avec succès à Venise de <em>La Cambiale di Matrimonio</em>, première d’une série de farces comiques appelées à développer la notoriété de Rossini.</p>
<p> 4. <strong>1813</strong> : création de <em>Tancredi</em>, considéré comme son premier <em>opera seria</em>, suivi quelques mois plus tard de <em>L’italiana in Algeri</em>. Rossini devient le compositeur le plus en vue de l’Italie.</p>
<p> 5. <strong>1815</strong> : l’impresario <a href="https://www.forumopera.com/actu/domenico-barbaja-le-garcon-de-cafe-devenu-le-napoleon-des-impresarios"><u>Dominico Barbaja</u></a> invite Rossini à Naples. Là il rencontre celle qui deviendra sa muse puis son épouse, Isabella Colbran. S’ensuit une période d’une fécondité exceptionnelle dominée par la composition des neuf opéras dits napolitains : <em>Elisabetta Regina d’Inghilterra </em>(1815), <em>Otello </em>(1816), <em>Armida</em> (1817) <em>Ricciardo e Zoraide</em> (1818), <em>Mosè in Egitto</em> (1818), <em>Ermione</em> (1819), <em>La Donna del lago </em>(1819), <em>Maometto II</em> (1820), <em>Zelmira</em> (1822)</p>
<p> 6. <strong>1816 </strong>: création du <em>Barbiere di Siviglia</em> à Rome. Après une première houleuse, l’œuvre connaît un succès triomphal qui ne s’est jamais démenti depuis, au point de faire de l’ombre à ses autres opéras. </p>
<p> 7. <strong>1824</strong> : départ à Paris. Rossini devient directeur de la musique et de la scène du Théâtre-Italien. Une forme de consécration internationale dans une ville alors considérée comme le phare du monde lyrique. </p>
<p> 8. <strong>1829</strong> : création de <em>Guillaume Tell</em>, dernier opéra composé par Rossini. On s’interroge encore sur les raisons de ce retrait de la scène alors que le compositeur était au sommet de sa gloire et qu’il lui restait près de 40 ans à vivre.</p>
<p> 9. <strong>1868</strong> : mort à Passy et inhumation au Père-Lachaise. Sa dépouille sera transférée à Florence à Santa Croce (le Panthéon italien) en 1887.</p>
<p>10. <strong>1980</strong> : création du Rossini Opera Festival (ROF), fer de lance de la « Rossini renaissance » amorcée peu d’années auparavant alors que la musique du compositeur italien n’était pratiquement plus jouée faute d’interprètes capables d’en maîtriser les difficultés et les subtilités </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini2.jpg?itok=EDZscE9i" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>II &#8211; …10 villes</strong></p>
<p> 1. <strong>Pesaro</strong> : l’alpha et l’oméga des villes rossiniennes. C’est là que tout commence en 1792 avec la naissance du petit Gioachino Antonio ; c’est là que l’aventure se poursuit aujourd’hui avec chaque été depuis 1980 une académie de chant et un festival entièrement consacrés à la musique de celui que l’on surnomme de fait « Le Cygne de Pesaro »</p>
<p> 2. <strong>Bologne</strong> : la rouge, la grasse comme aiment à la qualifier les italiens. Rossini usa ses fonds de culotte sur les bancs de son liceo musicale avant d’y retourner vivre 26 Strada Maggiore dans un palais dont il aurait dessiné les plans et sur lequel il fit inscrire « <em>Ce n’est pas la maison qui fait le maître mais le maître qui fait la maison</em> ».</p>
<p> 3. <strong>Venise</strong> : la ville des premiers succès de Rossini. Le San Moise offre un format idéal et populaire aux farces en un acte dans lesquels le compositeur excelle. La mèche allumée au début des années 1810, se transforme en bouquet final en 1823 avec la création à La Fenice de <em>Semiramide</em>, crépuscule flamboyant de l’opéra <em>seria</em>.</p>
<p> 4. <strong>Milan</strong> : Etape lyrique déjà incontournable, Rossini s’y taille une large tranche de succès dès 1812 avec <em>La pietra del paragone</em>. Il y retournera à plusieurs reprises sans forcément renouveler l’exploit, exception faite de <em>La gazza ladra</em> en 1817.</p>
<p> 5. <strong>Naples</strong> : au début du 19e siècle, lieu de rencontre des meilleurs musiciens de la péninsule. Rossini y trouve toutes les conditions artistiques requises pour donner libre cours à son exceptionnelle créativité.</p>
<p> 6. <strong>Rome</strong> : Autre haut lieu de création rossinienne dont <em>Il Barbiere di Siviglia </em>en 1816 et, plus intéressants selon nous, ces autres chefs d’œuvres que sont <em>La Cenerentola</em> (1817) et <em>Matilde di Shabran</em> (1821).</p>
<p> 7. <strong>Vienne</strong> : capitale de l’Empire d’Autriche dont Rossini dans sa conquête de l’Europe musicale s’empare en un seul festival organisé par son imprésario napolitain Dominico Barbaja au Kärntnertortheater en 1822, non sans susciter certaines jalousies.</p>
<p> 8. <strong>Londres</strong> : Lieu de villégiature de Rossini en 1824. Le compositeur dirige au King’s Theater pour la dernière fois Isabella Colbran dans <em>Zelmira</em>, donne des leçons de piano et, fêté de tous, chante en duo avec le roi Georges IV.</p>
<p> 9. <strong>Paris</strong> : Dernière citadelle sur le chemin de la gloire, conquise en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Après avoir composé un ouvrage pour célébrer le sacre de Charles X – <em>Il viaggio à Reims</em> – et adapté en français plusieurs de ses œuvres italiennes, Rossini ajoute à son catalogue un ultime opéra en 1829 – <em>Guillaume Tell</em> – et décide de prendre à 37 ans une retraite restée énigmatique. Il meurt dans sa villa de Passy, située à l’emplacement aujourd’hui du 2 avenue Ingres près du jardin du Ranelagh.</p>
<p>10. <strong>Bad Wildbad</strong> : station thermale allemande devenu en 1989 festival rossinien au motif que Rossini y séjourna en 1856 et que ce séjour le stimula suffisamment pour qu’il se remette à composer, notamment son dernier chef d’œuvre la <em>Petite messe solennelle</em>. Bonne alternative au ROF. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini3.jpg?itok=ROeIRcZf" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>III &#8211; …10 femmes et hommes célèbres </strong></p>
<p> 1.<strong> Shakespeare</strong> (1564-1616) : un des plus grands poètes, dramaturges et écrivains anglais. Rossini mit en musique une adaptation de son <em>Otello</em> après avoir envisagé un instant <em>Hamlet</em>.  </p>
<p> 2.<strong> Charles X</strong> (1757-1836) : dernier roi de France dont le couronnement à Reims en 1825 servit de prétexte au dernier opéra <em>buffa</em> en italien de Rossini, <em>Il viaggio a Reims</em>, partition perdue puis reconstituée et triomphalement recréée en 1984 à Pesaro</p>
<p> 3. <strong><a href="https://www.forumopera.com/actu/domenico-barbaja-le-garcon-de-cafe-devenu-le-napoleon-des-impresarios"><u>Domenico Barbaja</u></a></strong> (1777-1841) : impresario italien doué d’un flair de limier et d’un sens affûté des affaires. Rossini lui doit son engagement napolitain, une partie de sa fortune et sa rencontre avec Isabella Colbran, qui quitta Barbaja dont elle était la maîtresse pour l’épouser. </p>
<p> 4.<strong> Stendhal</strong> (1783-1842) : le fan le plus célèbre de Rossini, au point d’écrire une biographie du compositeur de son vivant – <em>Vie de Rossini</em> – considérée comme un de ses meilleurs livres.</p>
<p> 5.<strong> Castil-Blaze</strong> (1784-1857) : musicographe, critique musical, compositeur et éditeur, ami et admirateur de Rossini dont il adapta <em>Il barbiere di Siviglia</em> en français et en l’honneur duquel il organisa en 1823 une soirée à Paris restée dans les annales. </p>
<p> 6.<strong> Olympe Pélissier</strong> (1799-1878) : modèle du peintre Horace Vernet et maîtresse d’Honoré de Balzac avant de devenir en 1846 la seconde femme de Gioachino Rossini et l’usufruitière de son héritage légué à la commune de Pesaro.</p>
<p> 7.<strong> Tullio Serafin</strong> (1878-1968) : chef d’orchestre italien et un des pionniers de la « Rossini renaissance ». Découvreur de grands chanteurs, dont Maria Callas pour laquelle il monte une Armida désormais légendaire au Mai Musical florentin, le dernier opéra qu’il dirige à Rome en 1962 est <em>Otello </em>– de Rossini bien sûr. .</p>
<p> 8.<strong> Vittorio Gui</strong> (1885-1975) : autre chef d’orchestre italien et autre pionnier de la « Rossini Renaissance ». Il a légué une telle quantité de documents à la fondation Rossini de Pesaro qu’un fonds porte son nom.</p>
<p> 9.<strong> Alberto Zedda</strong> (1928-2017) : chef d’orchestre italien. Fondateur en 1980 puis directeur du Rossini Opera Festival. On lui doit en collaboration avec Philip Gossett la révision et l’édition critique complète des opéras de Rossini. Ses enregistrements se posent aussi souvent en référence.</p>
<p>10.<strong> Philip Gosset</strong> (1941-2017) : musicologue et historien américain dont l&rsquo;essentiel de la carrière a été consacré aux recherches destinées à la préparation de l&rsquo;édition critique intégrale des opéras de Rossini – et de Verdi, ce qui a suscité de la part du <em>Newsday</em> ce commentaire : « <em>certains panégyristes prétendent que la soprano Maria Callas a fait autant pour l&rsquo;opéra italien qu&rsquo;Arturo Toscanini ou Verdi. Le musicologue Philip Gossett a sans doute fait autant pour l&rsquo;opéra italien que n&rsquo;importe lequel de ces génies</em> »</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini4.jpg?itok=D3gMcGKK" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>IV &#8211; …10 ténors</strong></p>
<p> 1.<strong> Manuel Garcia</strong> (Espagne, 1775-1832) : baryton et ténor, chanteur et compositeur, créateur du rôle d’Almaviva dans <em>Il barbiere di Siviglia</em> et cause involontaire de la chute de l’opéra le soir de la première, père de Maria Malibran et de Pauline Viardot, professeur et auteur via son fils d’une méthode de chant appelée à faire référence</p>
<p> 2.<strong> Andrea Nozzari </strong>(Italie, 1776-1832) : <em>bariténore</em>, créateur d’Otello, Rodrigo dans <em>La donna del lago</em> et de quelques autres, élève de Giacomo David à Bergame avant de devenir vingt ans après à Naples le partenaire attitré de son fils Giovanni. Capable du cantabile le plus suave comme du canto <em>fiorito di forza</em> le plus héroïque, Nozzari dotait chacun de ses rôles d’une complexité psychologique, appréciable compte tenu de la simplicité de certains livrets.</p>
<p> 3.<strong> Giovanni David</strong> (Italie, 1790-1864) : <em>contraltino</em>, créateur de Rodrigo dans Otello, Uberto dans <em>La donna del lago</em> et de quelques autres. Adepte du chant fleuri et à cet effet, doué d’une étendue et d’une souplesse hors du commun, mais cependant expressid, David fonctionnait généralement en binôme avec Nozzari dans les opéras napolitains de Rossini.</p>
<p> 4.<strong> Adolphe Nourrit </strong>(France, 1802-1839) : un des plus grands ténors de l’Opéra  de Paris, créateur du Comte Ory et d’Arnold dans <em>Guillaume Tell</em>. Technique solide, musicalité naturelle et acteur né : toutes les fées s’étaient penchées sur son berceau de chanteur ce qui ne l’empêcha pas de se défenestrer pour une question de contre-ut.</p>
<p> 5.<strong> Ernesto Palacio</strong> (Pérou, 1946) : un des pionniers de la « Rossini renaissance » dont la voix légère et souple a su s’adapter bon an mal an aux contraintes du chant rossinien. Il fut dans une 2<sup>e</sup> partie de carrière professeur de chant et imprésario, notamment de Daniela Barcellona et Juan Diego Flórez, avant de devenir surintendant du ROF en 2017.</p>
<p> 6.<strong> Rockwell Blake</strong> (USA, 1951) : pas le plus beau timbre du monde mais une technique inégalée doublée d’un ambitus vertigineux et d’une réserve de souffle à décorner des bœufs. Incontournable dans les rôles de <em>contraltino</em> écrits à l’intention de Giovanni David, ses dernières apparitions scéniques remontent à 2005.</p>
<p> 7.<strong> Chris Merritt</strong> (USA, 1952) : l’équivalent de Rockwell Blake dans le registre de <em>baritenore</em>. Là encore, une étendue phénoménale, une agilité à toute épreuve, au détriment parfois de la justesse, et une émission féroce, bienvenues pour s’approprier l’ensemble des rôles conçus initialement à la mesure gigantesque d’Andrea Nozzari.</p>
<p> 8. <strong>Gregory Kunde</strong> (USA, 1954) : ténor pluriel et, en ce qui concerne le chant rossinien, <em>contraltino</em> dans un premier temps – émission haute, suraigu imparable, facilité à ornementer –, reconverti avec la même pertinence en <em>baritenore</em> dans le courant des années 2000. Désormais, aux portes de la légende, ne serait-ce que par sa pluralité, sa présence scénique, son intelligence belcantiste et son extraordinaire longévité.</p>
<p> 9.<strong> Juan-Diego Flórez</strong> (Pérou, 1973) : un des fleurons du chant rossinien, <em>contraltino</em> type dont la renommée, établie sur la combinaison idéale d’un timbre suave, d’une musicalité rare et d’aigus percutants, va au-delà des frontières belcantistes. Malgré des incursions – plus ou moins concluantes – dans d’autres répertoires, sa fidélité au ROF depuis plus de 20 ans mérite une place d’honneur dans notre sélection.</p>
<p>10.<strong> Michael Spyres</strong> (USA, 1979) : phénomène vocal comme il n’en existe qu’un par siècle. Réincarnation du <em>baritenore</em> et dans un autre genre du ténor romantique, la combinaison idéale de Nozzari et Nourrit en quelque sorte.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini5.jpg?itok=Q0EyNgmJ" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>V &#8211; …10 sopranos</strong></p>
<p> 1.<strong> Isabella Colbran </strong>(Espagne, 1785-1845) : l’égérie, la muse, la maîtresse, l’épouse, la soprano à la tessiture énigmatique pour laquelle Rossini composa un grand nombre de rôles dont Semiramide – son chant du cygne. A la fin de sa vie, alors qu’ils étaient officiellement séparés depuis 1837, le compositeur, à qui l’on demandait quelle avait été selon lui la plus grande cantatrice, répondait sans l’ombre d’une hésitation : « Isabella Colbran ».</p>
<p> 2. <strong>Giuditta Pasta</strong> (Italie, 1797-1865) : la première diva romantique dont la voix ambiguë se prêtait idéalement aux rôles écrits pour Isabella Colbran. Tout en inspirant Donizetti (Anna Bolena) et Bellini (Beatrice di Tenda, Amina dans <em>La Sonnambula</em>, Norma, ), elle continua de porter haut le flambeau de l’opéra rossinien.</p>
<p> 3<strong> Maria Callas</strong> (USA, 1923-1977) : Rosina (<em>Il barbiere di Siviglia</em>), Fiorilla (<em>Il turco in italia</em>) et surtout Armida en 1952 à Florence : En trois rôles, Maria Callas montrait qu’elle avait tout compris alors même que le chant rossinien était un langage disparu depuis plusieurs décennies. Réincarnation de Giuditta Pasta ? Génie, tout simplement.</p>
<p> 4.<strong> Anita Cerquetti</strong> (Italie, 1931-2014) : encore une météorite à une époque où il était trop tôt pour parler de « Rossini renaissance ». Mathilde dans <em>Guillaume Tell </em>et surtout Anaide en 1956 à Rome dans <em>Mosé</em>, transfuge apocryphe de <em>Moise et Pharaon</em>, furent hissées à des sommets inégalés par cette voix altière de grand soprano dont la grandeur dramatique n’excluait pas l’agilité.</p>
<p> 5.<strong> Montserrat Caballe</strong> (Espagne, 1933-2018) : sacrée reine du bel canto d’un coup d’un seul après avoir remplacé avec succès en 1965 à New York Marylin Horne dans <em>Lucrezia Borgia</em>, Montserrat Caballe eut à cœur de prêter sa voix d’or et ses légendaires pianissimi aux héroïnes rossiniennes, parmi lesquelles en premier lieu Ermione à Pesaro et Semiramide à Aix-en-Provence.</p>
<p> 6.<strong> Mariella Devia</strong> (Italie 1948) : dernière des belcantistes, si l’on en croit la <em>vox populi</em>, la voix de Mariella Devia, d’essence légère, la prédisposait moins à Rossini qu’à Donizetti et Bellini. Elle n’en reste pas moins une Adélaide di Borgogna, une Fiorilla du <em>Turco in italia</em>, une Adèle du <em>Comte Ory</em> de référence ou, dans un répertoire moins couru – celui des cantates profanes –, une exceptionnelle Didone.</p>
<p> 7.<strong> June Anderson</strong> (USA, 1952) : Paris se souvient de son interprétation d’Isabelle dans <em>Robert le Diable</em> sur la scène du Palais Garnier en 1985 mais June Anderson fut aussi le porte-drapeau rossinien de sa génération. La noblesse de la ligne, la souplesse de la vocalise et l’aisance dans le suraigu ont immortalisé ses interprétations de Semiramide, d’Elena (La donna del lago) ou encore d’Armida.</p>
<p> 8.<strong> Annick Massis</strong> (France, 1958) : <em>la Francesa</em> de la sélection et, de par sa nationalité, son agilité et sa science du chant, une Folleville du <em>Viaggio a Reims</em> et une Adèle du Comte Ory inévitables, entre autres grands rôles rossiniens parmi lesquels on compte aussi Mathilde de <em>Guillaume Tell</em>, Rosina du <em>Barbier de Séville</em> dans sa version colorature et Amenaide dans <em>Tancredi</em>. On lui doit aussi d’avoir été la première à remettre la rare Matilde di Shabran sur le podium, à Pesaro puis au disque.</p>
<p> 9.<strong> Cecilia Gasdia</strong> (Italie, 1960) : rossinienne au disque d’abord où, en l’absence de compétition, il lui revint de résoudre tant bien que mal l’énigme Colbran – une des pierres d’achoppement du chant rossinien. Elle dirige à présent les Arènes de Vérone.</p>
<p>10.<strong> Olga Peretyatko</strong> (Russie, 1980) : remarquée par Alberto Zedda lors de son passage à l’Accademia Rossiniana en 2006, elle est invitée dès l’année suivante à chanter Desdemona dans <em>Otello</em>, un rôle « Colbran » étranger à sa vocalité naturelle mais défendu avec tant de fraîcheur qu’elle finit par avoir son rond de serviette à Pesaro. Depuis les soubresauts de la vie l’ont conduit sur d’autres chemins mais Rossini reste sa clef de voute.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini6.jpg?itok=LsHLJyey" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>VI &#8211; …10 mezzo-sopranos et contraltos</strong></p>
<p> 1.<strong> Maria Marcolini </strong>(Italie, 1780-1855) : première muse de Rossini et première Italienne à Alger mais aussi créatrice d’Ernestina dans <em>L’Equivoquo stravagante</em> et de Ciro dans <em>Ciro in Babilonia</em>, des rôles dont la virtuosité en dit long sur les capacités de cette authentique voix de contralto, réputée aussi pour ses talents de comédienne.</p>
<p> 2.<strong> Rosmunda Pisaroni </strong>(Italie, 1793-1872) : élève de célèbres castrats dont elle perpétua le style, Rossini, qui lui avait conseillé d’abandonner la tessiture de soprano pour celle de contralto, ne lui confia dans un premier temps que des rôles secondaires (Zomira dans <em>Ricciardo e Zoraide</em>, Andromaca dans <em>Ermione</em>) avant de concevoir à son intention Malcom dans <em>La donna del lago</em>. L’ampleur et la puissance exceptionnelle de son registre grave lui valurent un succès retentissant en Arsace dans <em>Semiramide</em> à Paris, en dépit d’un visage défiguré par la petite vérole.</p>
<p> 3. <strong>Maria Malibran</strong> (France, 1808-1836) : l’archétype de la diva, fille et élève de Manuel Garcia qui lui transmit une technique imparable, dotée d’une voix de mezzo d’une étendue prodigieuse, du sol grave au contre-mi, elle fut une interprète acclamée de Desdemona mais aussi d’Otello, entre autres opéras de Rossini qui pourtant lui préférait sa sœur cadette, Pauline Viardot.</p>
<p> 4. <strong>Giulietta Simionato</strong> (Italie, 1910-2010) : une des plus grandes cantatrices italiennes après-guerre, internationalement renommée dans les rôles de mezzo verdiens. Elle participa aux balbutiements de la « Rossini Renaissance » en chantant Isabella de <em>L&rsquo;italiana in Algeri</em>, Rosina dans <em>Il barbiere di Siviglia</em> et Cenerentola.</p>
<p> 5.<strong> Marylin Horne</strong> (USA, 1934) : figure de proue de la « Rossini Renaissance », sa rencontre avec Joan Sutherland lui ouvre les portes du répertoire rossinien dans lequel elle s’ébat avec une virtuosité confondante. Si son interprétation d’Arsace dans <em>Semiramide</em>, de Malcom dans <em>La donna del lago</em> ou d’Isabella dans <em>L’italiana in Algeri</em> font référence, Tancredi demeure son rôle fétiche. </p>
<p> 6.<strong> Lucia Valentini Terrani</strong> (Italie, 1946-1998) : après avoir triomphé au Concours International des voix Rossiniennes organisé par la RAI en 1972, Lucia Valentini Terrani ajoute un par un à son répertoire tous les grands rôles de mezzo-soprano des opéras de Rossini. En 1982, elle fait ses débuts à Pesaro avec <em>Tancrède</em>, participe en 1984 à la re-création mondiale d’<em>Il viaggio a Reims </em>et l’année suivant à celle de <em>Maometto II</em>.</p>
<p> 7.<strong> Ewa Podles </strong>(Pologne, 1952) : contralto revendiqué avec, de son propre aveu, un registre grave de poitrine qui sonne comme celui d’un baryton alors que le registre aigu, en voix de tête, est celui d’un soprano. Le pouvoir expressif de sa voix, sa capacité à ornementer et un ambitus de trois octaves caractérisent cette force de la nature rossinienne applaudie avec fureur en Ciro à Pesaro en 2012 et en 2015. </p>
<p>8.<strong> Cecilia Bartoli</strong> (Italie, 1966) : s’il n’est pas certain que la voix de Cecilia Bartoli soit d’abord rossinienne, son goût de l’ornementation et sa technique lui ont autorisé de fréquentes incursions dans les opéras de Rossini, y compris dans le répertoire « Colbran » – Desdemona (<em>Otello</em>). L’intégrale de ses enregistrements rossiniens, réuni en un coffret à l’occasion du 150<sup>e</sup> anniversaire de la mort du compositeur, rassemble tout de même 15 CD et 6 DVD .</p>
<p> 9.<strong> Daniela Barcellona</strong> (Italie, 1969) : c’est après avoir interprété le rôle-titre de Tancredi à Pesaro en 1999 que la carrière de Daniela Barcellona prend une envergure internationale. Elle est aujourd’hui invité sur toutes les scènes internationales dès qu’il s’agit de chanter un des grands travestis de Rossini.</p>
<p>10.<strong> Karine Deshayes</strong> (France, 1972) : née pour chanter Rossini dès sa victoire au concours Voix nouvelles en 2002 qu’elle conquiert haut la main avec le rondo de <em>La Cenerentola</em>, Karine Deshayes a depuis usé d’une tessiture ambiguë entre mezzo-soprano et soprano pour se frotter aux impossibles rôles « Colbran » – Armida, Semiramide – dont elle est aujourd’hui une des interprètes les plus plausibles.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini7.jpg?itok=n7TypFHW" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>VII &#8211; …10 barytons et basses</strong></p>
<p> 1. <strong>Filippo Galli </strong>(Italie, 1783-1853) : ténor de second plan avant de se reconvertir en basse et de rencontrer en 1812 Rossini qui écrit à son intention pratiquement tous ses grands rôles de basse à commencer par Mustafa dans <em>L’Italiana in Algeri</em> et Assur dans Semiramide.</p>
<p> 2.<strong> Nicola Rossi-Lemeni</strong> (Italie, 1920-1991) : un des principaux chanteurs italiens de l’après-guerre, que le mariage avec la fille de Tullio Serafin installe en basse rossinienne par défaut : Mustafa dans <em>L&rsquo;italiana in Algeri</em>, Selim dans <em>Il turco in Italia</em> et également Mosé aux côtés d’Anita Cerquetti à Rome en 1956.</p>
<p> 3.<strong> Enzo Dara</strong> (Italie, 1938-2017) : celui qui sut redonner aux rôles de basse bouffe leurs lettres de noblesse, par une <em>vis comica</em> doublée d’une maîtrise absolue du <em>canto sillabato</em>, cette manière vertigineuse de débiter les notes à la vitesse d’une mitraillette sans reprendre son souffle.</p>
<p> 4.<strong> Samuel Ramey</strong> (USA, 1942) : la quadrature du cercle résolue : beauté du timbre, puissance, ambitus et agilité. Avec Samuel Ramey, la « Rossini renaissance » redécouvrait la voix de basse. Il a été depuis imité, jamais égalé.</p>
<p> 5.<strong> Alessandro Corbelli</strong> (Italie, 1952) : Après avoir papillonné autour du grand répertoire pour baryton, Alessandro Corbelli a fait des rôles bouffes rossiniens sa spécialité. Son goût pour la comédie doublé d’une excellente technique vocale l’a propulsé sur le devant de la scène dans les années 1980. En Bartolo dans <em>Il barbiere di Siviglia</em> comme en Magnifico dans <em>La Cenerentola</em> à l’Opéra de Paris à la fin du mois, il ne l’a depuis jamais quitté.</p>
<p> 6. <strong>Michele Pertusi</strong> (Italie, 1965) : Lauréat du concours voix verdienne, sa facilité dans les coloratures le pousse à étendre son répertoire aux opéras rossiniens jusqu’à faire partie des coutumiers de Pesaro. Selim, Alidoro, Mustafa, Assur, le duc Ordow, Maometto II : il a chanté tous les rôles de Filippo Galli ou presque.</p>
<p> 7.<strong> Lorenzo Regazzo</strong> (Italie, 1969) : De l’opéra bouffe au début de sa carrière – <em>L&rsquo;inganno felice</em> à Pesaro en 2014 – aux grands rôles sérieux, Lorenzo Regazzo a exploré toutes les contrées rossiniennes réservées à la voix de basse avant d’ajouter à son arc la corde de metteur en scène, d’opéras de Rossini tant qu’à faire.</p>
<p> 8. <strong>Paolo Bordogna</strong> (Italie, 1972) : Sur les conseils d’Ernesto Palacio, Paolo Bordogna renonce à devenir baryton brillant pour se spécialiser dans les rôles comiques. Sa technique et ses dons de comédien le rendent rapidement incontournable dans ce répertoire au point que Decca qui lui offre en 2015 un récital discographique sur mesure, le premier pour baryton-bouffe sous ce label depuis cinquante ans.</p>
<p> 9.<strong> Mirco Palazzi</strong> (Italie, 1978) : Comment échapper à Rossini quand on a étudié au conservatoire de Pesaro et que l’on a pour modèle Samuel Ramey ? Avec le sérieux qui le caractérise, Mirco Palazzi s’emploie à marcher sur les traces de son aîné. Depuis 2015, Assur dans <em>Semiramide</em> fait partie de son répertoire. On attend la suite avec impatience.</p>
<p>10.<strong> Florian Sempey</strong> (France, 1988) : Figaro et Dandini de sa génération, coqueluche de Pesaro en 2014, Florian Sempey nage dans Rossini comme un poisson dans l’eau avec pour seule limite à ses ambitions rossiniennes le peu de rôles dévolu dans ce répertoire à une authentique voix de baryton. Guillaume Tell, un jour peut-être…</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini8.jpg?itok=NPPaiTtD" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>VIII &#8211; …10 compositeurs</strong></p>
<p> 1.<strong> W.A Mozart</strong> (1756-1791) : le maître, dont le jeune Rossini copiera des pages et des pages dans la bibliothèque du Palazzo Malerbi à Bologne, avant de prendre pour modèles son traitement de l’orchestre et son approche affranchie de l’opéra.</p>
<p> 2.<strong> L. van Beethoven</strong> (1770-1827) : en 1822, d’après la légende, Rossini rencontre à Vienne Beethoven qui lui aurait glissé : « <em>Surtout, mon cher, faites beaucoup de </em>Barbier ». Une manière pour le compositeur allemand de faire comprendre, l’air de rien, à son confrère italien qu’il restait un amuseur envers et contre son immense succès. <em>Ah, perfido !</em></p>
<p> 3.<strong> G. Meyerbeer</strong> (1791-1864) : imitateur du style de Rossini avant d’en détourner les codes vocaux au profit du Grand Opéra français, genre avec lequel il connaîtra un succès retentissant.</p>
<p> 4.<strong> G. Donizetti</strong> (1797-1848) : élève comme Rossini du père Mattei Bologne, il serait resté dans l’ombre si le succès d’<em>Anna Bolena </em>en 1830 n’était venu l’aider à se poser en successeur de son illustre aîné, notamment dans le genre <em>buffa</em>.</p>
<p> 5.<strong> V. Bellini</strong> (1801-1835) : protégé par Rossini lors de son arrivée à Paris, il réussit sur les fondations posées par ce dernier à ériger une œuvre originale, hélas abrégeé par une disparition prématurée.</p>
<p> 6.<strong> H. Berlioz</strong> (1803-1899) : auteur de <em>Mémoires </em>fameuses dans lesquelles il pourfend Rossini avec tant d’ardeur que sa vindicte en devient suspecte. Il faut dire, pour sa défense, que la Rossinimania en Europe et plus encore à Paris avait alors de quoi agacer celui qui ramait pour imposer sa musique.</p>
<p> 7.<strong> R. Schumann</strong> (1810-1856) : le succès exceptionnel de Rossini lui valut de nombreuses jalousies, comme souvent mauvaises conseillères. Ainsi Robert Schuman s’amusait à commenter la visite du compositeur italien à Beethoven en 1822 d’une phrase voulue spirituelle dont nul ne sort grandi, son auteur moins que les autres : « <em>Le papillon vola sur le chemin de l’aigle, mais celui-ci se rangea, pour ne pas l’écraser d’un battement d’aile</em> »</p>
<p> 8.<strong> R. Wagner</strong> (1813-1883) : un jour, alors que Rossini au piano ne parvenait à tirer que des sons cacophoniques d’une page de Wagner; un de ses élèves s&rsquo;approcha et lui dit : « <em>Maestro, vous tenez la partition à l&rsquo;envers !</em> », ce à quoi Rossini répondit : « <em>J&rsquo;ai essayé en la mettant dans l&rsquo;autre sens : c&rsquo;était pire !</em> »</p>
<p> 9.<strong> G. Verdi</strong> (1813-1901) : la plus œdipienne des filiations de l’histoire de la musique dans le sens où il fallut à Verdi tuer le père pour régner en maître absolu sur l’opéra italien. D’innombrables coups de poignards lacérèrent l’héritage jusqu’à l’émergence d’une nouvelle forme de théâtre lyrique, moins abstraite. En supplantant celui de Rossini, <em>Otello</em> porta l’estocade.</p>
<p>10.<strong> J. Offenbach</strong> (1819-1881) : premier héritier de Rossini par la verve rythmique et le sens du rire en musique. Il pastichera le trio de <em>Guillaume Tell</em> dans sa <em>Belle Hélène</em>. Plutôt que le petit Mozart, c’est le petit Rossini des Champs-Elysées qu’il aurait fallu le surnommer.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini9.jpg?itok=DdcRsx1k" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>IX &#8211; …10 livres</strong></p>
<p> 1.<strong> Stendhal, <em>Vie de Rossini</em>,</strong> 1824 : au-delà des nombreuses anecdotes, quelques considérations essentielles notamment sur la révolution opérée par Rossini dans le chant</p>
<p> 2. <strong>Damien Colas, <em>Rossini, l’opéra de lumière</em></strong>, Gallimard, 1992 : plaisant à feuilleter car illustré mais succinct</p>
<p> 3. <strong>Thierry Beauvert et Peter Knaup, Rossini : <em>Les Péchés de gourmandise</em></strong>, Plume, 1997 : la recette du Tournedos Rossini et autres plaisirs de la table</p>
<p> 4. <strong>Patrick Barbier, </strong><em><strong>A l’opéra au temps de Rossini et de Balza</strong>c</em>, Hachette 2003 :  la comédie humaine en pratique dans un de ses lieux de prédilection</p>
<p> 5. <strong><a href="https://www.forumopera.com/livre/callas-ou-les-mysteres-de-naples"><u>Paul-André Demierre, <em>Les opéras napolitains de Rossini</em></u></a></strong>, Editions Papillon, 2010 : recyclage de textes à vocation universitaire, pour les aspects musicaux et vocaux des œuvres étudiées.</p>
<p> 6. <strong><a href="https://www.forumopera.com/livre/une-diva-au-temps-de-rossini"><u>François Bronner, <em>La Schiassetti</em></u></a></strong>, éditions Hermann, 2011 : deux années du séjour parisien d’une cantatrice aujourd’hui oubliée comme prétexte pour côtoyer Rossini.</p>
<p>7. <strong><a href="https://www.forumopera.com/livre/rencontre-au-sommet"><u>Edmond Michotte, <em>La visite de Wagner à Rossini</em></u></a></strong>, Actes Sud, 2011 : le récit savoureux de la visite que Wagner fit à Rossini en mars 1860 consigné mot par mot ou fabulé ?</p>
<p> 8. <strong><a href="https://www.forumopera.com/liste-cd-dvd-livres/support/livre-31/compositeur/rossini-gioachino-25"><u>Jean et Jean-Philippe Thiellay, <em>Rossini</em></u></a></strong>, Actes Sud, 2012 : l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur Rossini et les clés pour mieux comprendre son art. La référence en français, s’il en faut une.</p>
<p> 9. <strong>Jean Tulard, <em>Rossini sous Napoléon</em></strong>, Editions SPM 2016 : une autre interprétation du silence qui suivit le triomphe de <em>Guillaume Tell</em>.</p>
<p>10. <strong><em>L’Avant-Scène Opéra</em></strong> à travers une petite douzaine de numéros consacrés aux opéras de Rossini est comme toujours une mine inépuisable d’informations.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini10.jpg?itok=0vVAASWF" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>X &#8211; …10 récitals</strong></p>
<p> 1. <strong>Rockwell Blake, <em>Rossini for tenor</em></strong> (John McCarthy, Maximiano Valdes, Renata Records, 1988 et 1989) : les plus grands airs pour <em>contraltino </em>rossinien sans aucune erreur de syntaxe, ni omission d’un seule note.</p>
<p> 2. <strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/franco-fagioli-rossini-a-pesaro-presto"><u>Franco Fagioli, <em>Rossini</em></u></a> </strong>(George Petrou, Deutsche Grammophon, 2016) : apocryphe, insensé (Rossini n’a jamais écrit pour contre-ténor et très peu pour castrat) mais assumé, abouti et finalement attachant.</p>
<p> 3. <strong><a href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/florez-rossini.htm"><u>Juan Diego Flórez, <em>Rossini arias</em></u></a></strong> (Riccardo Chailly, Decca, 2002) : toute la séduction du timbre du jeune Flórez dans le répertoire le mieux adapté à sa vocalité.</p>
<p> 4. <strong>Marylin Horne, <em>Rossini Arie alternative e Giovanna d’Arco</em></strong> (Alberto Zedda, RCA, 1983) : le contralto rossinien casqué et panaché à l’assaut d’airs rarement enregistrés avec en prime <em>la cantate Giovanna d’Arco </em></p>
<p> 5. <strong>Vesselina Kasarova, <em>Rossini arias and duet</em> </strong>(Arthur Fagen, RCA, 1999) : avec le concours de Juan Diego Florez, une proposition de réponse à l’énigme « Colbran ».</p>
<p> 6. <strong>Jennifer Larmore, <em>Amore per Rossini</em></strong> (Giuliano Carella, Teldec, 1998) : une voix chaude et flexible au service d’un melting-pot d’airs pour contralto ou mezzo-soprano colorature  </p>
<p> 7. <strong>Nelly Miricioiu, <em>Rossini Gala</em></strong> (David Parry, Opera Rara, 2000) : la diva du label Opera Rara entourée de nombreux partenaires insuffle à quelques grandes scènes rossiniennes la flamme indispensable à ce répertoire.</p>
<p> 8. <strong><a href="https://www.forumopera.com/rossini-le-pere-la-fille-et-le-saint-esprit"><u>Olga Peretyatko, <em>Rossini!</em></u></a></strong> (Alberto Zedda, Sony, 2015) : Zedda, Peretyatko, Rossini : Le père, la fille et le Saint-Esprit ensemble réunis dans la joie de chanter .</p>
<p> 9. <strong><a href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/podles-rossini.htm"><u>Ewa Podleś, <em>Rossini Gala</em></u></a></strong> (Wojciech Michniewski, Dux, 2001) : un des rares récitals de cette « force de la nature » rossinienne, honteusement négligée par le disque.</p>
<p> 9. <strong>Samuel Ramey, <em>Alle Voci della gloria</em></strong> (Gabriele Ferro, 1991, Teldec) : à notre connaissance, la seule anthologie d’airs pour basse rossinienne, malheureusement introuvable aujourd’hui.</p>
<p>10. <strong>Marine Rebeka, <em>Amor Fatale</em></strong> (BR Klassik, 2017) : une sélection de scènes originales interprétées avec ce feu glacé propre à cette soprano lettone souvent comparée à June Anderson.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini11.jpg?itok=tnGt4gfs" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XI &#8211; …10 intégrales</strong></p>
<p>  1.<strong><em> Ermione</em></strong> (C. Gasdia, C. Merritt, E. Palacio – C. Scimone – Erato, 1986) : un des neuf opéras napolitains – le plus audacieux peut-être – dans la meilleure des versions au catalogue.</p>
<p> 2. <strong><em>La Cenerentola</em></strong> (C. Bartoli, W. Matteuzzi, E. Dara – R. Chailly – Decca, 1993) : un enregistrement en état de grâce pour tout un tas de raisons dont la première est l’adéquation équilibrée de la distribution.</p>
<p> 3. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/cd/guillaume-tell-en-version-originale"><u>Guillaume Tell (</u></a></em></strong>M. Spyres, J. Howarth, A. Foster-Williams – A. Fogliani, Naxos 2015) : en direct de Bad Wildbad, une interprétation méritante dont le premier des mérites est de proposer en français la version intégrale d’une partition monumentale.</p>
<p> 4.<em> <strong>La donna del lago</strong></em> (R. Blake, C. Merritt, J. Anderson, M. Dupuy – R. Muti, 2002) : le fleuron de la légende rossinienne dans l’opéra le plus romantique de Rossini.</p>
<p> 5. <strong><em>Le Comte Ory</em></strong> (J.D. Flórez, S. Bonfadelli, M.A. Todorovich – J. López-Cobos, 2004) : Un concentré de bonne humeur dans un français plus qu’acceptable.</p>
<p> 6. <strong><em>Matilde di Shabran</em></strong> (A. Massis, J.D. Florez – R. Frizza – Decca, 2006) : Découverte miraculeuse d’un ouvrage qui, comme tous les opéras rossiniens, exige des interprètes au-dessus de la mêlée. Ils sont ici réunis.</p>
<p> 7. <strong><em>Semiramide</em> </strong>(I. Tamar, G. Kunde, M. Pertusi – A. Zedda – Fonit Cetra 2005) : Aucun des meilleurs solistes possibles dans cet opéra crépusculaire – Gregory Kunde excepté – mais une fois encore le tout est plus que la somme des parties.</p>
<p>.8. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/cd/stabat-mater-rossini-alberto-zedda-inutiles-regrets"><u>Stabat Mater</u></a></em></strong> (A. Bonitatibus, A. Esposito – A. Zedda, Dynamic, 2017) : un opéra en habits sacerdotaux, si complexe qu’il n’existe pas d’interprétation de référence. Seul Alberto Zedda parvient à obtenir cet impossible compromis entre or et encens avec une lecture culminant dans une double fugue finale apocalyptique où passe le souffle de Dieu.</p>
<p> 9. <strong><em>Tancredi </em></strong>(E. Podles, S. Jo, P. Spagnoli – A. Zedda – Naxos, 1995) : Un des rares témoignages studio de l’art de la Podles dans un de ses rôles fétiches.</p>
<p>10. <strong><em>Il viaggio a Reims</em></strong> (K. Ricciarelli, L. Valentini Terrani, L. Cuberli – C. Abbado – Deutsche Grammophon, 1984) : la version historique de l’exhumation en 1984 d’un ouvrage que l’on n’avait plus joué depuis 1825 !</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini12.jpg?itok=8VJABiiB" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XII &#8211; …10 DVD</strong></p>
<p>  1.<em> <strong><a href="https://www.forumopera.com/dvd/good-morning-purple-rose"><u>Ciro in Babilonia</u></a></strong></em> (E. Podles, M. Spyres, J. Pratt &#8211; D. Livermore, W. Crutchfield – Pesaro, 2012 – Opus Arte) : pour les débuts scéniques d’Ewa Podles et de Michael Spyres à Pesaro, bingo ! La représentation à la manière du cinéma muet des années 20 d’un des premiers opéra seria de Rossini, Intelligente, esthétique, ajoutée à une interprétation musicale de haute volée rend ce DVD indispensable.</p>
<p> 2. <strong><em>Il Signor Bruschino</em></strong> (A. Corbelli, A. Felle, A. Rinaldi &#8211; Schwetzingen, &#8211; M. Hampe, G. Gelmetti &#8211; 1989 – EuroArts) : la dernière des farces composées par le jeune Rossini représentée dans le cadre rococo de Schwetzingen et stimulée par l’irrésistible entrain d’Alessandro Corbelli.</p>
<p>3.<strong> <em><a href="https://www.forumopera.com/dvd/le-comte-est-bon"><u>Le Comte Ory</u></a></em></strong> (J.D. Florez, D. Damrau, J. DiDonato &#8211; B. Sher, M. Benini -New York, 2011 – Virgin) : un plateau de stars dans une mise en scène d’une lisibilité immédiate pour le plus fripon des opéras de Rossini.</p>
<p> 4. <strong><em>Il barbiere di Siviglia</em> </strong>(J. DiDonato, J.D. Florez, P. Spagnoli &#8211; P. Caurier et M. Leiser, A. Pappano- Londres, 2009 – Virgin) : le fameux <em>Barbier </em>que Joyce DiDonato, après une chute malencontreuse, dût chanter en chaise roulante sans que ce handicap n’entame en rien la bonne humeur de la représentation. Au contraire</p>
<p> 5. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/italiana_ponnelle_levine.html"><u>L’Italiana in Algeri</u></a></em></strong> (M. Horne, P. Montarsolo, D. Ahlsted &#8211; J.P. Ponnelle, J. Levine &#8211; New York, 1993 – Deutsche Grammophon) : une des dernières Isabella de Marylin Horne. Inévitablement historique.</p>
<p> 6. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/dvd/chateau-de-la-subversion"><u>Matilde di Shabran</u></a></em></strong> (O. Peretyatko, J.D. Florez – M. Martone, M. Mariotti -Pesaro, 2012 – Decca) : l’opéra le plus wagnérien de Rossini – par sa longueur – porte chance à Pesaro autant qu’à Juan Diego Florez, inégalé dans le rôle où il fut découvert, en 1996, dans la ville de Rossini déjà.</p>
<p> 7. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/dvd/faute-de-mieux"><u>Mosè in Egitto</u></a></em></strong> (R. Zanellato, S. Ganassi, D. Korchak &#8211; G. Vick, R. Abbado &#8211; Pesaro, 2011 – Opus Arte) : l’inutile actualisation israélo-palestinienne dans une captation vidéo faiblarde ne saurait masquer les atouts de cette version d’un opéra rarement représenté de Rossini, à commencer par l’engagement jusqu’au-boutiste de Sonia Ganassi.</p>
<p> 8. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/dvd/otello-rossini-hisse-a-la-hauteur-de-verdi"><u>Otello</u></a></em></strong> (C. Bartoli, J. Osborn, J. Camarena &#8211; P. Caurier et M. Leiser, M. Tang &#8211; Zurich, 2012 – Decca) : ni la plus séduisante des Desdemone -mais peut-être la plus émouvante -, ni le plus grand des Otello mais une version recommandable par l’équilibre des parties prenantes.</p>
<p> 9. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/semiramide_dvd.htm"><u>Semiramide</u></a></em> </strong>(J. Anderson, M. Horne, S. Ramey &#8211; J. Copley, J. Conlon – New York, 1990 – Arthaus) : la dernière page de l’opéra seria fantasmée par Rossini tutoie les cimes dans cette interprétation dominée par quelques-uns des plus grands noms du chant rossinien.</p>
<p>10. <strong><em><a href="https://www.forumopera.com/dvd/enfin-michieletto-vint"><u>Sigismondo</u></a></em> </strong>(O. Peretyatko, D. Barcellona, &#8211; D. Michieletto, M. Mariotti &#8211; Pesaro, 2010 – Arthaus) : En transposant cet opéra méconnu dans les limbes psychiatriques d’une Pologne Mitteleuropa, Damiano Michieletto fait mouche. Daniela Barcellona en épigone de Louis II rongé par ses démons et Olga Peretyatko en clone de Sissi, dirigée amoureusement par son futur(ex)mari, offrent un aperçu des innombrables ressources de l’opéra rossinien lorsqu’il est justement interprété.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini13.jpg?itok=GR9c6vk1" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XIII &#8211; …10 extraits You Tube</strong></p>
<p>1. <strong>June Anderson, 1988 : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=u2tQw8a3qpM"><u>« D’amore dolce impero »</u></a></strong>,<em> Armida</em> (Armida) : Si des huées sont audibles au début de cet extrait proposé dans des conditions visuelles impossibles (sans doute filmé sur l’écran de TV), elles ne sont pas destinées au ornementations délirantes de June Anderson mais à la mise en scène de Jean-Claude Fall (dont heureusement on ne voit pas grand-chose)</p>
<p> 2. <strong>Cecilia Bartoli, 1995, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=o6hKiM1zT2Y"><u>Nacqui all’affano… </u></a></strong>», <em>La Cenerentola </em>(Angelina) : Tchetchilia avant qu’elle ne devienne la Bartoli, d’une fraîcheur et d’une exactitude redoutable dans ce rondo qu’elle agrémente de multiples effets, le trille n’étant pas le moindre.</p>
<p> 3. <strong>Rockwell Blake, 1996, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=9oPxUrJ9w3M"><u>D&rsquo;ogni più sacro impegno</u></a> »</strong>, <em>L’occasione fa il ladro</em> (Alberto) : la plus sensationnelles des <em>messe di voce</em>, à la fin de l’air sur le mot « liberta » ou comment mettre la virtuosité belcantiste au service du drame (en l’occurrence de la comédie).</p>
<p> 4. <strong>Mariella Devia, 1992 : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=p3ZAuFMXFaQ"><u>Giusto Dio che umile adoro </u></a>»</strong>, <em>Tancredi</em> (Amenaide) : l’art de Mariella Devia ne semble pas connaître de limite dans cet air qui comme souvent chez Rossini exige autant de sentiment que de virtuosité.</p>
<p> 5. <strong>Juan Diego Florez, 2005 : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5Ynl4Yg4fXw"><u>« Cessa di piu resistere »</u></a></strong>, <em>Il barbiere di Siviglia </em>(Almaviva) : la voix claironnante de celui qui, par son succès, a contribué à mieux faire connaître la musique de Rossini, et puis le rose lui va si bien.</p>
<p> 6. <strong>Marylin Horne, 1986 : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vADKc0zLxek"><u>« Non Temer D&rsquo;un Basso Affetto »</u></a></strong>, <em>Maometto II</em> (Calbo) : Le <em>canto di sbalzo</em> dans tous ses états.</p>
<p> 7. <strong>Chris Merritt, 1989 : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=plqG6GyidVM"><u>Che vidi amici </u></a>»</strong>, <em>Zelmira</em> (Antenore) : Des ténèbres floutés d’une captation approximative, émerge sur le fil du rasoir la voix de Chris Merrit. Qui osera lui reprocher de nous donner le frisson ?  </p>
<p> 8. <strong>Ewa Podlès, 1994 : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=A8063Gr7gPE"><u>« Ah! quel giorno ognor rammento »</u></a></strong>, <em>Semiramide </em>(Arsace) : bien malin qui reconnaîtra Ewa Podles sous sa moustache et son plumet tant la qualité de l’image est déplorable, la voix en revanche est reconnaissable entre toutes, entre baryton et soprano, longue, agile, volcanique, électrisante.</p>
<p> 9. <strong>Samuel Ramey, 1984 : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5-6M0CV37UM"><u>Invan strappar dal core </u></a>»</strong>, <em>Il viaggio a Reims</em> (Lord Sydney) : la basse colorature en action dans un de ces airs qui exigent tout – timbre, puissance souplesse, expression – et plus encore.</p>
<p>10. <strong>Michael Spyres,2016 :  <a href="https://www.youtube.com/watch?v=8Kt3LU4vrxg"><u>« Balena il man del figlio »</u></a></strong>, <em>Ermione</em>, 1819 (Oreste) : tous les effets belcantistes convoqués (et surmontés) pour camper un Pirro terrible et terriblement impressionnant</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini14.jpg?itok=j6ICLTdn" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XIV &#8211; …10 termes techniques</strong></p>
<p> 1. <strong>Bel canto</strong> : école de chant liée à l’opéra <em>seria</em> et à une technique basée sur la virtuosité, la liberté de l’ornementation, la nuance et la beauté du son. Partant de cette définition, <em>Semiramide</em> serait le dernier ouvrage belcantiste.</p>
<p> 2. <strong>Cadence</strong> : passage virtuose vers la fin d’une aria indiqué généralement par un point d’orgue.</p>
<p> 3. <strong>Colorature</strong> : ornement d’une grande virtuosité et, par extension, voix capable d’exécuter ces ornements (soprano colorature)</p>
<p> 4. <strong>Concertato</strong> : numéro d’ensemble où interviennent souvent graduellement solistes et chœur</p>
<p> 5. <strong>Crescendo</strong> : procédé musical, dont Rossini usa à l’excès, constituant à augmenter progressivement le son.</p>
<p> 6. <strong>Messa di voce</strong> : son filé ; commencé<em> piano</em>, enflé puis éventuellement diminué jusqu’au <em>piano </em>initial</p>
<p> 7. <strong>Pertichini (aria con)</strong> : air avec courtes interventions d’autres solistes (exemple : « Ah ! si, per voi già sento », l’air d’entrée d’Otello)</p>
<p> 8. <strong>Sorbetto (aria di)</strong> : air destiné à un personnage secondaire, souvent écrit par un assistant du compositeur, qui laissait au public le loisir de s’absenter quelques instants pour déguster un sorbet ou autres gourmandises glacées (exemple : l’air de Berta dans <em>Il barbiere di Siviglia</em>)</p>
<p> 9. <strong>Sbalzo (canto di)</strong> : chant avec fréquents sauts de registre (exemple : « Non temer d&rsquo; un basso affetto », l’air de Calbo dans Maometto II)</p>
<p>10. <strong>Trille</strong> : ornement consistant en un battement plus ou moins rapide de la note principale avec la note supérieure</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini15.jpg?itok=sjum44bW" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XV &#8211; …10 citations</strong></p>
<p> 1.<strong> H. de Balzac</strong> à propos de Rossini : « <em>sa musique donne de l&rsquo;espérance aux cœurs les plus endormis</em> »</p>
<p> 2. <strong>H. Berlioz</strong> (dans ses <em>Mémoires</em>) : «  <em>Ne concevant rien de plus magnifiquement beau et vrai que les œuvres de ces grands maîtres (ndlr : Gluck et Spontini), le cynisme mélodique, le mépris de l’expression et des convenances dramatiques, la reproduction continuelle d’une formule de cadence, l’éternel et puéril crescendo, et la brutale grosse caisse de Rossini, m’exaspéraient au point de m’empêcher de reconnaître jusque dans son chef-d’œuvre </em>(le Barbier),<em> si finement instrumenté d’ailleurs, les étincelantes qualités de son génie.</em> »</p>
<p> 3. <strong>P. Chasles</strong>, à propos du roman de Balzac, <em>La peau de Chagrin</em> : « <em>Si la société telle qu’elle est vous ennuie tant soit peu, et qu’il vous agrée de la voir pincée, fouettée, marquée en grande pompe, sur un bel échafaud, au milieu de tout le fracas d’un orchestre rossinien, d’un tintamarre et d’un charivari incroyable, et la décoration la plus assourdissante, lisez </em>La Peau de chagrin<em>&#8230;</em> »</p>
<p> 4. <strong>G. Hegel</strong> en 1824 dans une lettre à son épouse : « <em>La musique de Rossini ne fait sens que si elle est chantée</em> »</p>
<p> 5.<strong> G. Rossini</strong> : « <em>Comme l&rsquo;opéra serait merveilleux s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas les chanteurs !</em> »</p>
<p> 6. <strong>G. Rossini </strong>en 1825 au restaurant La Maison Dorée (citation apocryphe, <em>se non è vero, è ben trovato</em>). : « — <em>Garçon, préparez-moi un médaillon de bœuf, surmonté d&rsquo;une escalope de foie gras poêlé le tout sur une tranche de pain, et préparez-le devant moi, que je vous observe.<br />
	— Mais Monsieur Rossini… c&rsquo;est impensable…<br />
	— Alors tournez-moi le dos !</em> »</p>
<p> 7. <strong>Stendhal</strong>, à propos de <em>Tancredi</em>, le premier opéra <em>seria</em> de Rossini : « <em>Avant Rossini, il y avait bien souvent de la langueur et de la lenteur dans les opere </em>serie<em> ; les morceaux admirables étaient clairsemés, souvent ils se trouvaient séparés par quinze ou vingt minutes de récitatif et d’ennui ; Rossini venait de porter dans ce genre de composition le feu, la vivacité, la perfection de l’opéra </em>buffa »</p>
<p> 8. <strong>Stendhal</strong> : « <em>Le premier caractère de la musique de Rossini est une rapidité qui éloigne de l’âme toutes les émotions sombres si puissamment évoquées des profondeurs de notre âme par les notes lentes de Mozart. J’y vois ensuite une fraîcheur qui, à chaque mesure, fait sourire de plaisir. Aussi toutes les partitions semblent-elles lourdes et ennuyeuses auprès de celles de Rossini</em> »</p>
<p> 9. <strong>R. Wagner</strong>, d’après Edmond Michotte dans <em>La Visite de Wagner à Rossini</em> : « <em>Comme Mozart, il (ndlr : Rossini) possédait au plus haut degré le don de l’invention mélodique. Il était en outre merveilleusement secondé par son instinct de la scène et de l’expression dramatique. Que n’eut-il pas produit s’il avait reçu une éducation musicale forte et complète ? Surtout si, moins Italien et moins sceptique, il avait senti en lui la religion de son art ?</em> »</p>
<p>10. <strong>A Zedda</strong>, interviewé en juin 1988 dans le magazine <em>Opéra International</em> « <em>on peut entendre la mort de Mimi passivement (ndlr :  dans La Bohème de Puccini). Tandis que si l’on reste à la superficie de Rossini, il n’apporte rien. Il demande un public intelligent, moins attaché à la logique et plus accessible au fantastique </em>»</p>
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		<title>Il Barbiere di Siviglia</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/il-barbiere-di-siviglia-cherchez-lintrus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Aug 2018 05:17:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A sa sortie en 1982, ce présent enregistrement fit figure d&#8217;événement : il s&#8217;agissait d&#8217;un des tous premiers CD (édité à l&#8217;époque par CBS) et le premier du Barbiere dans ce format,  de surcroît basé sur l&#8217;édition critique de la Fondazione Rossini di Pesaro. La réalisation n&#8217;est pas tout à fait à la hauteur des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A sa sortie en 1982, ce présent enregistrement fit figure d&rsquo;événement : il s&rsquo;agissait d&rsquo;un des tous premiers CD (édité à l&rsquo;époque par CBS) et le premier du <em>Barbiere</em> dans ce format,  de surcroît basé sur l&rsquo;édition critique de la Fondazione Rossini di Pesaro. La réalisation n&rsquo;est pas tout à fait à la hauteur des ambitions. <strong>Leo Nucci</strong> est un Figaro de facture classique, bien vocalisant mais la voix manque un peu d&rsquo;ampleur, ce qui rend son chant par moment un peu agressif. Avec le baryton italien, plein d&rsquo;abattage, on est davantage au théâtre que dans une démonstration de belcanto. Nucci n&rsquo;offre par ailleurs pas le si naturel de son air, à l&rsquo;identique de ce qui se pratique courramment. <strong>Marilyn Horne</strong> en revanche est une Rosina qui concilie à merveille les deux exigences du rôle. Sur le plan vocal, le mezzo américain est tout à fait exceptionnel, possédant à merveille toute la grammaire belcantiste : vocalises, trilles, variations dans les reprises. C&rsquo;est un vrai festival. La chanteuse sait surtout colorer à merveille (si on ne sait pas de quoi il s&rsquo;agit, voici une bonne occasion de le découvrir), allégeant ou assombrissant son timbre, accentuant intelligemment chaque mot. Théâtralement, Horne sait rendre compte de toutes les émotions du personnage. Bref : cette Rosina est tout bonnement une des meilleures de tous les temps.  On en dira autant du Bartolo d&rsquo;<strong>Enzo Dara</strong>, qui reste à mourir de rire même sans les grimaces qu&rsquo;il se permettait à la scène. L&rsquo;aigu est un peu court, mais la déclamation est un régal et la science du <em>canto sillabico</em> quasi unique (quand le chanteur doit chanter un maximum de mots en un minimum de temps pour produire un effet comique). <strong>Samuel Ramey </strong>n&rsquo;est ici inférieur qu&rsquo;à lui même : le timbre est somptueux, l&rsquo;aigu éclatant mais la basse américaine manque de la <em>vis comica</em> dont elle faisait preuve à la scène. Autre déception, le chanteur n&rsquo;a pas été autorisé à exécuter des variations dans son air : une décision étrange dans le contexte de cet enregistrement. Il en va de même pour <strong>Raquel</strong> <strong>Pierotti</strong>, privée d&rsquo;ornements dans la reprise de l&rsquo;air de Berta qui, du coup, se révèle sans grand intérêt. Le Conte Almaviva de <strong>Paolo Barbacini</strong> est l&rsquo;un des plus douloureux de la discographie, petite voix nasale, peinant dans le haut médium, esquivant quelques suraigus, et vocalisant avec difficulté. Le « Cessa di più resistere <em>»</em>, souvent coupé à l&rsquo;époque, est une double épreuve : pour le ténor, mais surtout pour l&rsquo;auditeur. Inutile de préciser que les responsables de l&rsquo;édition critique durent s&rsquo;arracher les cheveux de la tête ! Un choix artistique incompréhensible. Parmi les petits rôles, on notera le Fiorello de <strong>Simone Alaimo </strong>(oncle de Nicola Alaimo), promis à une brillante carrière, mais ici plutôt méconnaissable (à sa décharge, on a l&rsquo;impression que certains chanteurs sont captés par les micros comme s&rsquo;ils étaient placés derrière les rôles principaux). A la tête des choeurs et de l&rsquo;orchestre de la Scala, un brin négligents, <strong>Riccardo Chailly </strong>(que nous avons la faiblesse de trouver bien surfait dans ce répertoire) remue la baguette sans vision particulière de l&rsquo;oeuvre. En témoigne une <em>temporale</em> symphonique totalement indigente. Fort heureusement, le rythme est heureusement soutenu par des interprètes survoltés.</p>
<p> </p>
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		<title>Tancredi</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/tancredi-marilyn-horne-insurpassee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Nov 2017 06:29:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Le nom de Marilyn Horne restera indissolublement lié à la renaissance du Rossini seria, répertoire qu&#8217;elle contribua à faire revivre et où elle posa quelques références absolues. Tancredi est, sans nul doute, son rôle le plus emblématique. Encore aujourd&#8217;hui, elle y demeure insurpassée. En témoigne cet enregistrement capté à l&#8217;occasion des représentations données à la Fenice &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Le nom de <strong>Marilyn Horne </strong>restera indissolublement lié à la renaissance du Rossini <em>seria</em>, répertoire qu&rsquo;elle contribua à faire revivre et où elle posa quelques références absolues. Tancredi est, sans nul doute, son rôle le plus emblématique. Encore aujourd&rsquo;hui, elle y demeure insurpassée. En témoigne cet enregistrement capté à l&rsquo;occasion des représentations données à la Fenice de Venise en 1983 où la chanteuse américaine est alors dans la plénitude de ses moyens. Le timbre est riche et somptueux, tout en rondeur, les couleurs varient pour évoquer la joie ou le désespoir, la voix s&rsquo;allège soudain dans une déclaration d&rsquo;amour ou s&rsquo;assombrit dans la colère… On a rarement entendu vocalises aussi précises et rapides, trilles et sons filés, variations formidables, toute une grammaire belcantiste exécutée à la perfection et toujours au service du drame. Mais la mezzo-soprano sait aussi se dépouiller de tout artifice avec une mort d&rsquo;une superbe simplicité (<a href="https://www.forumopera.com/v1/dossiers/tancredi-sommaire.htm">il s&rsquo;agit du finale dit « de Ferrare »</a>). Nous touchons là au sublime.</p>
<p>Sa partenaire d&rsquo;alors était à l&rsquo;époque quasi inconnue (et aujourd&rsquo;hui sans doute un peu oubliée) : la jeune <strong>Lella Cuberli </strong>ne lui cède en rien dans la performance technique belcantiste. Son timbre un peu voilé, avec ce que les italiens appellent le <em>sfumato</em> et dont Patrizia Ciofi est un exemple actuel, se marie parfaitement à la voix mordante de sa consoeur et leurs duos sont des sommets.</p>
<p>Au début des années 80, rares étaient les ténors capable de rendre justice à ce répertoire. La voix d&rsquo;<strong>Ernesto Palacio</strong> évoque celle de Juan Diego Flórez, péruvien comme lui, dont il deviendra professeur et agent. Le timbre manque un peu de corps, mais sa prestation est tout à fait excitante, avec des vocalises plutôt correctes, un beau registre aigu et une égalité de projection qui lui permet d&rsquo;aligner les contre-ré bémol sans faire ressentir d&rsquo;efforts.</p>
<p>Passons rapidement sur <strong>Nicola Zaccaria</strong>, très proche à l&rsquo;époque de Marilyn Horne, dont la voix est un peu usée mais qui garde un bel aplomb dans un rôle de toute façon dépourvu d&rsquo;aria. La jeune <strong>Bernadette Manca di Nissa</strong> campe une belle Isaura et tire le maximum d&rsquo;un air pour lequel Rossini n&rsquo;a pas été très inspiré.</p>
<p>Plus mozartien que rossinien, <strong>Ralf Weikert</strong> offre une direction un peu plate, manquant de mordant, sans toutefois être rédhibitoire. Il y manque ce grain de folie associé à Rossini mais le finale tragique est bien rendu. L&rsquo;enregistrement est d&rsquo;une excellente qualité sonore, la prise de son donnant du corps à un orchestre et à un choeur un peu anémiques en salle. Le volume peut parfois varier en fonction de l&rsquo;éloignement des protagonistes, on entend quelques bruits de scène, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;un détail, tant la présence du public contribue à galvaniser les interprètes de cette soirée historique.</p>
<p>______</p>
<p><strong>&gt; Commander le CD <a href="https://www.amazon.fr/gp/product/B075G8C8XL/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B075G8C8XL&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21&amp;linkId=8bab57737db383007f4d7f0f3bfff54c" target="_blank" rel="noopener">Rossini: Tancredi</a><img loading="lazy" decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="//ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=am2&amp;o=8&amp;a=B075G8C8XL" style="border: none !important;margin: 0px !important" width="1" /></strong></p>
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		<title>Un musée pour Marilyn Horne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-musee-pour-marilyn-horne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Oct 2017 16:12:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rare exemple d’institution consacrée à un artiste de son vivant, le Marilyn Horne Museum a ouvert ses portes cet été à Bradford, en Pennsylvanie, ville où l’illustre mezzo a vu le jour en 1934 (mais qu’elle a quittée pour la Californie dès l’âge de 11 ans). L’édifice, situé dans la Marilyn Horne Way, est un &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rare exemple d’institution consacrée à un artiste de son vivant, le Marilyn Horne Museum a ouvert ses portes cet été à Bradford, en Pennsylvanie, ville où l’illustre mezzo a vu le jour en 1934 (mais qu’elle a quittée pour la Californie dès l’âge de 11 ans). L’édifice, situé dans la Marilyn Horne Way, est un bâtiment Art Déco construit en 1931 comme salle de réunion de la société amicale des Odd Fellows, et inclut donc une salle de spectacle pouvant accueillir trente personnes, le tout ayant bénéficié d’une rénovation intégrale. Le musée présente des répliques de costumes, des enregistrements audio et vidéo – avec notamment un jukebox géant permettant d’écouter des chansons populaires interprétées par la Horne –, des extraits d’interview et des informations sur le monde de l’opéra de manière plus générale. Le Marilyn Horne Museum and Exhibit Center est ouvert tous les jours de 9h à 17h (de 11h à 16h le dimanche). Plus d&rsquo;informations sur le <a href="http://www.upb.pitt.edu/MarilynHorne/">site du musée</a>.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/gaF7kT5Moc0" width="560"></iframe></p>
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		<title>Meyerbeer &#8211; Le Prophète</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/meyerbeer-le-prophete-en-attendant-mieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Oct 2016 05:25:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>16 avril 1849 : un vote important est prévu à l’Assemblée nationale. Face à des tribunes désespérément vides, le président doit se résigner et ajourner la séance. C’est que tous les députés sont… à l’opéra, pour la première du Prophète de Meyerbeer. Après avoir conquis Paris en 1831 avec son Robert le Diable, être devenu le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">16 avril 1849 : un vote important est prévu à l’Assemblée nationale. Face à des tribunes désespérément vides, le président doit se résigner et ajourner la séance. C’est que tous les députés sont… à l’opéra, pour la première du <em>Prophète</em> de Meyerbeer. Après avoir conquis Paris en 1831 avec son <em>Robert le Diable</em>, être devenu le Roi de la capitale grâce à ses <em>Huguenots</em> de 1836, Meyerbeer sera sacré empereur via ce nouvel opéra qui connaîtra un triomphe sans précédent, dont la presse de l’époque rend compte avec un enthousiasme qui frise l’hystérie. Un succès qui se prolongera jusqu’aux premières années du XX<sup>e</sup> siècle, avant que la statue du compositeur franco-allemand ne vacille sous les coups de l’antisémitisme et du wagnérisme. Aujourd’hui, le nom de Meyerbeer est oublié de la plupart des lyricophiles, et bien rares sont ceux qui connaissent ses œuvres autrement que par ouï-dire. Il marque pourtant un jalon essentiel dans l’histoire du genre. Ignorer ses opéras, c’est se condamner à ne pas comprendre où Verdi, Gounod, Glinka ou même… Wagner ont puisé leur inspiration à de nombreuses reprises.</p>
<p class="rtejustify">Pour redonner vie à ces monuments de l’art lyriques, ces vastes « palais musicaux » pour reprendre les mots d’un historien, il faut se redonner les moyens fastueux que Meyerbeer passait énormément de temps à rassembler de son vivant. On ne compte plus les reports de création qu’il imposait parce que le chanteur qu’il voulait pour tel rôle n’était pas disponible, on a oublié le soin maniaque qu’il mettait à suivre toutes les répétitions, les réécritures qu’il opérait jusqu’à la veille de la création, les multiples remarques qu’il adressait au chef et aux instrumentistes. Conçues comme des « œuvres d’art totales », ces grandes machines ne supportent pas la moindre médiocrité.</p>
<p class="rtejustify">Cette version, captée en 1976 et rééditée pour la quatrième fois, est l’unique enregistrement commercial de l’œuvre. Les interprètes ont la lourde tâche de succéder à Pauline Viardot et Nicolas Prosper-Levasseur, ainsi qu’au chef Narcisse Girard, que Meyerbeer couvre de louanges dans sa correspondance. Autant le dire tout de suite, le compte n’y est pas, et le coffret ne donne qu’une très vague idée des splendeurs du <em>Prophète.</em></p>
<p class="rtejustify">Il y a tout d’abord le problème d’une prise de son ratée, qui ne laisse percevoir que les graves et l’extrême aigu, tout le reste disparaissant dans une espèce de trou d’air. Pour un compositeur qui avait développé l’art des alliages instrumentaux à un niveau qui faisait l’admiration inconditionnelle de Berlioz, c’est péché mortel : toutes les finesses, décrites par le grand Hector dans son article du Journal des débats, passent à la trappe. C’est d’autant plus dommage que <strong>Henry Lewis</strong>, s’il n’est ni Karajan ni Solti, a bien pénétré l’esprit de la partition, s’y ébat familièrement et s’applique à tirer le meilleur d’un <strong>Royal Philharmonic Orchestra</strong> qui délivre par moments de bien belles couleurs. Mais ces éclairs ne brillent que de trop brefs instants, avant de disparaître dans la grisaille créée par des ingénieurs soit pressés soit incompétents.</p>
<p class="rtejustify">Parmi les chanteurs, le bilan est tout aussi mitigé. Seule <strong>Marylin Horne</strong> est à la hauteur de l’enjeu. Avec son timbre pulpeux, sa diction précise, son art consommé de la vocalise, elle ressuscite le souvenir des grandes contraltos du passé, et sa Fidès restera probablement comme le plus grand rôle de sa carrière : elle en traduit toute la tendresse maternelle, comme la dignité outragée. Son fils, Jean, doit se contenter d’une pointure plus modeste. Si <strong>James McCracken</strong> a de beaux moments, un timbre qui se grave immédiatement dans la mémoire, un métal héroïque qui sied à ce rôle pré-wagnérien, sa prononciation française est approximative, et sa technique de chant est peu orthodoxe,  ce qui l’oblige à contourner certaines difficultés, comme dans son hymne triomphal du III. Tout est en outre trop nasal, comme bloqué dans le masque. Le reste de la distribution va du passable au catastrophique : à ce stade de sa carrière, <strong>Renata Scotto</strong> n’a plus à offrir que de la stridence, et elle chante en espéranto. D’Oberthal, <strong>Jules Bastin</strong> manque complètement le côté autoritaire et dur, se contenant d’exposer une belle voix ronde et généreuse, transformant le seigneur cruel en avatar tardif de Sarastro, un contresens total. <strong>Jerome Hines</strong> est un Zacharie calamiteux, avec une voix instable, charbonneuse et mal maîtrisée. Les preneurs de son semblent l’avoir pris en grippe, et le reléguer encore plus loin que ses collègues : son air « Aussi nombreux que les étoiles » ressemble au démarrage d’une vieille chaudière. Seuls les chœurs, investis et homogènes, sont à la hauteur des pages majeures que leur destine Meyerbeer.</p>
<p class="rtejustify">Le bilan est donc pauvre, mais il faudra se contenter de ce que l’on a. La triste réalité ne nous empêchera pas de fantasmer sur la distribution idéale d’un <em>Prophète</em> aujourd’hui. Pour Jean de Leyde, Jonas Kaufmann serait à son affaire, avec sa vaillance et son excellente maîtrise du français. En Fidès, on imagine sans peine une Joyce di Donato ou une Sophie Koch. Berthe serait confiée à Diana Damrau, Ludovic Tézier rendrait à Oberthal son caractère affirmé, pendant que Laurent Naouri camperait un Zacharie enivré de fanatisme. A l’orchestre, Simon Rattle et le Berliner Philharmoniker rendraient justice à l’écriture orchestrale si fouillée du maître. On exagère ? On en demande trop ? Meyerbeer le vaut bien. Apprenant sa mort, Berlioz écrit :<em> « Une intelligence pareille ne disparaît pas du monde sans que les survivants remarquent l’obscurcissement qui se fait. »</em></p>
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		<title>Frederica von Stade, The complete Columbia recital Albums</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/frederica-von-stade-the-complete-columbia-recital-albums-notre-amie-flicka/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 May 2016 07:14:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année, sans qu’aucun anniversaire spécifique ne soit invoqué (Frederica von Stade est née en 1945, donc l’initiative arrive un peu en retard pour fêter un chiffre rond), Sony a décidé de réunir dans un coffret tous les disques enregistrés pour Columbia, entre 1974 et 1999, soit un quart de siècle de récitals. Comme c’en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année, sans qu’aucun anniversaire spécifique ne soit invoqué (<strong>Frederica von Stade</strong> est née en 1945, donc l’initiative arrive un peu en retard pour fêter un chiffre rond), Sony a décidé de réunir dans un coffret tous les disques enregistrés pour Columbia, entre 1974 et 1999, soit un quart de siècle de récitals. Comme c’en est désormais la mode, les disques sont reproposés avec une reproduction de leurs pochettes d’origine, délicieusement surannées, reflétant des esthétiques diverses mais inévitablement marquées par les goûts capillaire, vestimentaire et photographique des <em>seventies</em>, <em>eighties</em> et <em>nineties</em> du siècle dernier. Le programme d’origine est également respecté, d’où des galettes au minutage qui pourra sembler étonnamment court : une quarantaine de minutes pour tout ce qui fut conçu pour le 33-tours (les onze premiers disques), mais entre soixante et quatre-vingt minutes pour les sept derniers. Bien sûr, ce legs discographique avait déjà été en grande partie reporté en CD : en 2012, notamment, le label Newton Classics y avait pioché, reproposant dans son intégralité le tout premier album, d’airs et duos avec la soprano Judith Blegen (1975), les disques <em>Song Recital</em> (1979), <em>Italian Opera Arias </em>(1979) et <em>Mahler</em> (1980), soit les volumes 1, 3, 4 et 5 du présent coffret. On renverra donc à <a href="http://www.forumopera.com/cd/letat-de-grace">ce qu’en disait alors Christophe Rizoud</a>. On passera assez vite aussi sur les volumes 16 et 17, disques de « Highlights », réunissant des extraits d’intégrales bien connues des amateurs d’opéra : l’air de Frédéric dans <em>Mignon </em>(1977), <em>Hänsel et Gretel</em> avec Ileana Cotrubas (1978), le <em>Retour d’Ulysse </em>de Raymond Leppard, aux choix de tessiture et aux sonorités orchestrales désormais difficilement acceptables (1979), une <em>Cendrillon </em>de Massenet hélas gâchée par le choix indéfendable d’un ténor pour le prince, et de larges extraits du <em>Chérubin</em> du même compositeur (1991), dernière intégrale où « Flicka » brillait de tous ses feux. On glissera aussi sur le CD de 1991, <em>Another Side of Frederica von Stade</em>, qui relève quasiment de l’<em>easy listening</em>, chansons de variété guimauve dues à Jeremy Lubbock ou arrangées par lui (Richard Rodgers passe par la même moulinette). Beaucoup plus intéressant, malgré son côté fourre-tout, le dernier disque, <em>Collaborations</em>, qui permet d’entendre la mezzo dans le registre humoristique, puis avec <strong>Marilyn Horne</strong> dans quatre duos de Mendelssohn, ou dans tout le final du <em>Chevalier à la rose</em> avec <strong>Renée Fleming </strong>et<strong> Kathleen Battle</strong>, dirigé par <strong>Claudio Abbado</strong> à la Philharmonie de Berlin le 31 décembre 1992.</p>
<p>En 1973, l’un des atouts que Rolf Liebermann avait dans ses manches arrivait tout droit des Etats-Unis. Sans Strehler, <em>Les Noces de Figaro</em> qui inaugurèrent son règne ne seraient sans doute pas devenues le spectacle historique que l’Opéra de Paris n’hésitait pas à reconstituer en 2012 encore. Au milieu de la distribution, on découvrait une toute jeune mezzo américaine, le plus émouvant Chérubin qui soit : Frederica von Stade, qui venait d’interpréter ce même rôle au Met en février 1972. Le personnage allait lui permettre de faire ses débuts à Glyndebourne et à Salzbourg, et elle devait l’enregistrer à plusieurs reprises, avec Karajan et Solti. Le premier air de Chérubin figure dans le tout premier des dix-huit disques, et c’est bien la seule plage consacrée à Mozart dans tout ce coffret. Ce que reflètent bien les récitals reproduits, en revanche, c’est la place du répertoire français dans le cœur de Frederica Von Stade : elle fut à Paris une inoubliable Mélisande en 1977, une bien belle Iphise de <em>Dardanus </em>en 1979. Le CD2, enregistré en 1976, est intégralement composé d’airs d’opéra français, le CD14 réunit des airs d’Offenbach (1994), et la mélodie est défendue dans plusieurs autres : Ravel dans le CD6 (1979-80), Berlioz dans le CD9 (1983), Canteloube dans le CD8 (1982) et le CD10 (1985), Poulenc-Satie-Debussy, etc. dans le CD13 (1993). Lesté par les semelles de plomb qu’avait chaussées <strong>John Pritchard</strong>, <em>French Opera Arias</em> pâtit hélas d’une direction redoutablement dépourvue de vie et d’esprit. <strong>Antonio de Almeida</strong>, étiqueté spécialiste de la musique française, n’était pas non plus le plus palpitant des chefs : c’est lui qui dirige les Canteloube et, sans grande fantaisie, l’Offenbach (et son <em>Mignon </em>avec Marilyn Horne est assez soporifique aussi, dans son genre). Cette lourdeur orchestrale n’empêche évidemment pas de savourer les qualités d’interprète de la mezzo américaine ou les couleurs moirées de son timbre, mais on songe inévitablement à ce qu’elle aurait pu donner si elle avait été soutenue par un complice plus dynamique pour l’opéra-comique ou l’opérette. Chez Canteloube, les saveurs automnales du timbre de Frederica von Stade confèrent une séduction immédiate à l’intégralité des pièces des cinq volumes des <em>Chants d’Auvergne</em> (présentées dans le désordre, mais tout y est), le disque de 1985 présentant en outre l’intérêt de leur adjoindre le <em>Triptyque</em> du même compositeur, sur un texte en français. On peut alors songer à une autre star internationale qui enregistra deux disques Canteloube exactement à la même époque, mais contrairement à Kiri Te Kanawa, le chant beaucoup moins affecté de von Stade ne prête à cette musique aucune sophistication déplacée et ne donne pas l’impression d’être Marie-Antoinette jouant à la bergère.</p>
<p>Au piano, <strong>Martin Katz</strong> fut à partir de 1977 le fidèle accompagnateur de Frederica Von Stade. Cette collaboration est ici reflétée par un concert d’avril 1981, qui mêle airs italiens et mélodies françaises (CD7), et surtout par <em>Voyage à Paris</em>, enregistré en 1993 (CD13). Dans l’idéal, c’est vingt ans auparavant qu’il aurait fallu réaliser ce dernier disque, non pour des raisons vocales, mais linguistiques, car du temps où elle était Mélisande pour Karajan, von Stade avait un français quasi impeccable, en tout cas plus naturel qu’à l’époque où sa carrière internationale passait désormais beaucoup moins souvent par Paris. Dans un genre comme la mélodie, la perfection de la diction passe avant la musicalité, l’humour, la tendresse ou toutes les autres qualités de l’interprète. La prononciation des R, par exemple, oscille entre un grasseyement occasionnel, consonne roulée et articulation un peu molle, à l’anglaise, mais l’on pourra trouver là un certain charme exotique à la Maggie Teyte. En revanche, dans « Daphénéo », prononcer « un [h]oisetier » revient à supprimer tout le jeu de mot sur « un oisetier/un noisetier ». Quelques voyelles dénaturées gâchent aussi un peu le plaisir de l’auditeur francophone, malgré la joie d&rsquo;entendre cette rareté, le cycle de Honegger intitulé <em>Petit Cours de morale</em>. A l&rsquo;orchestre, c&rsquo;est avec <strong>Seiji Ozawa</strong> que Frederica von Stade eut le privilège de collaborer pour ses disques Ravel et Berlioz.</p>
<p>En bonne artiste américaine, Frederica von Stade a eu à cœur d’interpréter les œuvres de ses compatriotes, vivants ou défunts. On l’entend ainsi chanter du Copland, du Virgil Thomson (CD 7), du Barber, du Bernstein, mais aussi des mélodies de Jake Heggie, qui aurait voulu qu’elle tienne le rôle principal dans son opéra <em>Dead Man Walking </em>(CD 18), ou les belles <em>Elegies</em> de Richard Danielpour, où sa voix se mêle à celle de <strong>Thomas Hampson</strong> (CD 15).</p>
<p>Paradoxalement, le plus long des CD de ce coffret, avec 76 minutes, est aussi l’un des plus dispensables : <em>A Carnegie Hall Christmas Concert</em>, disque de Noël typique même s’il possède la vie supplémentaire du direct, et si les ex-fans de <strong>Kathleen Battle</strong> auront la joie d’y entendre leur diva préférée interpréter, outre <em>Joy to the World </em>de Haendel et l’Alleluïa de l’<em>Exsultate, jubilate</em>, divers cantiques réunis en 1991 pour célébrer, avec le soutien de <strong>Wynton Marsalis</strong> et près de trois semaines d’avance – le concert date d’un 8 décembre –, la naissance du Divin Enfant.</p>
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		<title>L&#039;Italiana in Algeri</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/quand-horne-et-abbado-faisaient-la-paire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 15:09:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Une minute dix secondes. C’est la durée des applaudissements qui saluent l’aria di sortita d’Isabella dans cette représentation de L’Italiana in Algeri captée un soir de mai 1975 à La Scala. Une minute dix secondes : le chiffre n’est pas si éloquent mais quand on entend au disque l’enthousiasme des clameurs, il impressionne. Il faut &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Une minute dix secondes. C’est la durée des applaudissements qui saluent l’<em>aria di sortita</em> d’Isabella dans cette représentation de <em>L’Italiana in Algeri</em> captée un soir de mai 1975 à La Scala. Une minute dix secondes : le chiffre n’est pas si éloquent mais quand on entend au disque l’enthousiasme des clameurs, il impressionne. Il faut dire que dans cette fameuse cavatine (« Cruda sorte ! ») suivie comme la convention l’exigeait d’une cabalette ébouriffante (« Già so per pratica »), <strong>Marylin Horne</strong> est irrésistible. Et l’impression se confirme au fil de la soirée. Prise sur le vif, la mezzo-soprano américaine parait encore plus incontestable qu’elle ne le sera cinq ans après en studio avec Claudio Scimone. Le matériau vocal est identique, la technique reste irréprochable mais la scène décuple l’énergie de cette Isabella boulimique. Evidemment, l’approche demeure roturière ; on connaît l’abattage et les nasalités posées comme des coudes sur une table qui donnent à ce chant une gouaille, acceptable cependant dans le contexte d’un <em>opera buffa</em> qui ne veut rien que divertir. Cette Italienne n’a pas grandi dans un <em>palazzo</em> à Venise ou Rome mais dans les faubourgs de Naples où le matin, à la criée, elle a développé son formidable instrument.</p>
<p>			Il parait que <strong>Claudio Abbado</strong> n’aimait pas sa façon tubée de vocaliser. Pourtant à entendre l’une chanter, l’autre diriger, on ne perçoit ni tension, ni divergence. Ces deux là font la paire et il va sans dire que l’autre intérêt de ce coffret réside en une direction d’orchestre idéale, égale en dynamique et en subtilité à ce que le chef italien offrait en 1987 aux micros de DG (Agnès Baltsa chantait Isabella et Ruggero Raimondi Mustafà).</p>
<p>			 </p>
<p>			Malheureusement comme souvent en ces années de « pré-renaissance rossinienne », c’est du côté des interprètes masculins que la distribution traîne la patte. <strong>Enzo Dara</strong> est l’exception qui s’emploie à confirmer la règle. Tout en jouant les dindons de la farce, son Taddeo est enfin autre chose qu’un simple crétin. Si à l’intelligence de la composition, on ajoute une voix dans l’épanouissement de la maturité (le baryton avait alors 37 ans), on comprend combien le résultat est réjouissant.</p>
<p>
			De <strong>Luigi Alva</strong>, <em>tenorino</em> propulsé à l’époque dans ce répertoire faute de mieux, on retrouve les qualités – un timbre phonogénique, une certaine souplesse – et les défauts – un manque d’ampleur, un aigu pincé et surtout une inadéquation stylistique au chant rossinien. Le ténor est ici un comparse.</p>
<p>			On pourrait aussi se montrer sévère avec le Mustafà de <strong>Paolo Montarsolo</strong>. Ses premiers mots, les majestueux « Delle donne l’arroganza », nous ramènent en des temps moroses où Samuel Ramey n’avait pas encore réinventé la manière pour une basse de chanter Rossini. Cela s’arrange par la suite car Montarsolo ne manque ni d’humour, ni de panache. Et la bonne humeur aidant, ce Mustafà en deçà ne discrédite finalement pas une <em>Italiana</em> qui apparaît comme une des plus vivantes de la discographie.</p>
<p>			 </p>
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		<title>Cave Canem #23</title>
		<link>https://www.forumopera.com/podcast/cave-canem-23/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Oct 2011 15:31:05 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/podcast/cave-canem-23/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Cave Canem # 23 « Cave canem » est une mosaïque retrouvée dans les tréfonds de Pompéi, invitant le visiteur à se méfier des crocs acérés du chien de la maison. Ainsi, Forum Opéra veut-il mettre ses auditeurs en garde contre les morsures intempestives de ses critiques, qui se penchent, chaque mois, sur le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           <br />
			Cave Canem # 23<br />
			« Cave canem » est une mosaïque retrouvée dans les tréfonds de Pompéi, invitant le visiteur à se méfier des crocs acérés du chien de la maison. Ainsi, Forum Opéra veut-il mettre ses auditeurs en garde contre les morsures intempestives de ses critiques, qui se penchent, chaque mois, sur le sort de trois nouveautés discographiques et d’un enregistrement de référence. Ceci dit, si les molosses ont parfois la dent dure, rappelons que le chien est aussi le meilleur ami de l’homme.</p>
<p>			Sommaire<br />
			« Classic recital » par Marilyn Horne chez Decca<br />
			« Der Fliegende Holländer » par Marek Janowski chez Pentatone<br />
			« Slavic opera arias » par Piotr Beczala chez Orfeo<br />
			« La bellezza del canto » par Olga Peretyatko chez Sony</p>
<p>			Chronique<br />
			Hommage à Salvatore Licitra<br />
			Chronique de gauche de Jean-Philippe Thiellay</p>
<p>			Présentation : Camille De Rijck<br />
			Avec : Piotr Kamiński (Diapason), Jean-Philippe Thiellay (Forumopera.com) et Laurence Dale.<br />
			Enregistré le 06/09/2011 aux Studios Qobuz (Paris) par Francis Malek</p>
<p><a href="mailto:helene.mante@forumopera.com">ECRIVEZ-NOUS</a>, vos réactions seront lues à l&rsquo;antenne.</p>
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			<br />
			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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