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	<title>Yuri KISSIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Yuri KISSIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, La traviata &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La production de cette Traviata dans la mise en scène de Silvia Paoli poursuit sa tournée française et n’en finit pas de convaincre par la justesse de son propos. Déjà donnée à Angers, Rennes et Tours, cette proposition a le mérite d’une lecture partisane sans être iconoclaste, et intelligente sans être démonstrative. De fait, les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La production de cette <em>Traviata</em> dans la mise en scène de <strong>Silvia Paoli</strong> poursuit sa tournée française et n’en finit pas de convaincre par la justesse de son propos. Déjà donnée à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-angers/">Angers</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-rennes/">Rennes</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-tours/">Tours</a>, cette proposition a le mérite d’une lecture partisane sans être iconoclaste, et intelligente sans être démonstrative. De fait, les moyens de la production sont modestes mais efficaces et sur la scène aux dimensions réduites de l’Opéra-Comédie, chaque détail a son importance, chaque élément de décor, chaque déplacement.<br />
Nous ne reprendrons pas par le menu la description de cette mise en scène, indiquée dans les compte-rendu précédents, mais certains aspects méritent d’être mis en avant.<br />
Le théâtre (en fond de scène) dans le théâtre est omniprésent. Lorsque l’action commence, Violetta, actrice, est sur scène ; elle en sort pour célébrer avec ses amis la fin de son spectacle (<em>Brindisi</em>). On la retrouve en scène au début du long monologue en fin du I (« E strano »), mais elle en descend significativement dans la deuxième partie (« Forse lui ») et jusqu’à la fin de l’acte ; l’actrice devient l’amoureuse et ne remontera pas sur les planches. Symboliquement aussi, Annina, au début du IV, tirera tous les rideaux dans la chambre de Violetta et particulièrement celui de la scène de théâtre. Le dernier acte est particulièrement réussi dans son dépouillement qui tranche magistralement avec la foison de détails dans les décors et le tourbillon des déplacements (ceux des domestiques dans le II sont absolument désopilants) des trois premiers actes : il n’y a de fait plus aucun élément de décor dans cette scène finale. Pas même de lit : un plancher vide, juste un oreiller. Et Annina. Ni Alfredo, ni Germont père ne réapparaitront. Ils ne sont plus présents (ils chantent en coulisse) que dans l’esprit désormais égaré de Violetta.<br />
A ce moment-là, le contraste avec les fastes du début est saillant ; Violetta n’est plus recouverte que d’une chemise de nuit blanche, telle un linceul christique, dont elle s’était revêtue à la fin du III, dans une scène aux effets saisissants. Pendant le chœur conclusif et sous le seul éclairage d’un spot aveuglant, les participants à la soirée chez Flora avaient dépouillé Violetta de ses vêtements, tout en essayant de la toucher comme on s’approcherait d’une relique sainte, laissant donc apparaître cette chemise immaculée, qui nous renvoie à l’image de la danseuse aux pas fragiles qui, pendant le prélude, avait anticipé cette fin tragique.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MG2_3535_redimensionner-1294x600.jpg" />© OONM</pre>
<p>En ce soir de première, l’annonce est faite que pour le rôle d’Alfredo, Omer Kobiljak, qui avait été un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-zurich/">ténor italien</a> convaincant en 2025 à Zürich est annoncé souffrant, et qu’il a dû être remplacé au pied levé par <strong>Andrew Owens</strong>, arrivé de Zürich la veille seulement. Le ténor américain, membre depuis 2021 de l’Opernhaus Zürich, et que <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-zurich/">Charles Sigel avait apprécié en Alfred</a> (de <em>Fledermaus</em>) en décembre dernier, a eu quelques heures seulement pour s’approprier les éléments majeurs de la mise en scène le concernant. Il est de ce point de vue irréprochable et son aisance sur scène est notable. Timbre agréable mais une projection et un souffle limités, sa cabalette au II le voyant même en difficulté. Tout comme dans ce deuxième acte avons-nous craint le pire pour la voix de <strong>Gëzim Myshketa</strong> dont l’aria « Pura siccome un angelo » pose Giorgio en père tout à la fois autoritaire et … lubrique, grâce à une belle basse bien chantante, mais une voix qui a bien failli sombrer dans la cabalette qui conclut « Di Provenza… » suite, on peut l’imaginer, à une indisposition de la voix qui s’avèrera heureusement passagère. <strong>Yuri Kissin</strong> est un Douphol détestable à souhait, <strong>Aurore Ugolin</strong> (Flora) et <strong>Séraphine Cotrez</strong> (Annina) sont les parfaits seconds rôles féminins.<br />
Concernant la prestation de <strong>Ruzan Mantashyan</strong> pour le rôle-titre, il faudra à l’évidence distinguer le premier des trois autres actes. On a souvent et à juste titre disserté sur l’évolution dans la nature, la substance de la voix de l’héroïne de <em>La traviata</em> au fil des actes. Clairement Ruzan Mantashyan, par ailleurs actrice hors-pair, possède le soprano dramatique qui nous emporte dans la scène finale. Les couleurs de la voix sont multiples, les nuances bien présentes et la force dramatique incontestable. Le lyrisme dans le duo avec Alfredo au II fait mouche également. Reste un premier acte d’un soir de première, avec cette scène conclusive redoutable. Nous ont manqué ce soir (l’absence de contre-mi bémol est anecdotique), l’aisance dans les coloratures, la maîtrise de la puissance et la richesse dans la nuance du discours.<br />
Déception par ailleurs dans la fosse. De là où nous étions placé (premier balcon), l’équilibre de l’orchestre apparaît fortement entaché par l’omniprésence des cuivres qui, lorsqu’ils ont à intervenir, couvrent entièrement les cordes, créant alors une atmosphère très étrange même si la vision de <strong>Roderick Cox</strong> est irréprochable et sa direction toujours précise et attentive.</p>
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		<title>CILEA, Adriana Lecouvreur &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cilea-adriana-lecouvreur-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Faut-il réhabiliter Francesco Cilea ? Ou bien considérer que même Adrienne Lecouvreur, sa seule œuvre véritablement passée à la postérité, ne vaut guère plus que les larmes tirées aux âmes sensibles à grand renfort de cordes tendues à pleurer, d’effets de manche visibles comme le nez au milieu de la figure, ou de longues minutes d’une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Faut-il réhabiliter Francesco Cilea ? Ou bien considérer que même <em>Adrienne Lecouvreur</em>, sa seule œuvre véritablement passée à la postérité, ne vaut guère plus que les larmes tirées aux âmes sensibles à grand renfort de cordes tendues à pleurer, d’effets de manche visibles comme le nez au milieu de la figure, ou de longues minutes d’une mort qui n’en finit pas d’arriver ?<br />
La première de la série des cinq représentations toulousaines d’<em>Adrienne</em> <em>Lecouvreur</em> données à Toulouse nous invite à répondre par l’affirmative à la première question posée. Oui, il faut rendre justice à Cilea, oui cela vaut la peine de remonter <em>Adrienne</em>, même avec une mise en scène qui a roulé sa bosse un peu partout. Oui cela vaut la peine malgré quatre actes très inégaux, malgré une histoire dont on défie le novice d’en comprendre le détail et enfin malgré des protagonistes qui tournent sans cesse autour de leurs propres mélodies (mais quelles mélodies !). Oui cela vaut la peine, quand on a dépouillé la partition de tout ce que l’on adore détester dans la musique vériste, celle qui dégouline de partout. Alors commençons par-là et disons-le : il est très fort <strong>Giampaolo Bisanti</strong>, à la tête ce soir de l’orchestre national du Capitole. Il est très fort parce qu’il a épuré la partition, il l’a comme assainie, il l’a même ennoblie ; elle se retrouve sous sa baguette comme expurgée de tout sentimentalisme larmoyant. Il nous renvoie alors vers le plus beau vérisme, celui de <em>La Bohème</em> dans le prélude du IV. Mieux que cela, dans la scène finale, le sommet musical et dramatique de la pièce, on surprend le chef à aller chercher dans ses cordes, à extirper littéralement et de ses propres mains les accents les plus touchants, ceux qui nous transportent. Il va les chercher un par un et à cet instant, nul excès dans le drame, mais au contraire une mort sublimée par une parure musicale finalement simple et délicate. Ce sont les cordes bien sûr qui tiennent le premier rôle ; un quatuor de pupitres très homogène, sans oublier une harpe fort sollicitée et qui conclut de belle manière le finale <em>piano</em> du dernier acte. C’est ce soir-là encore une prestation de grande qualité de la part de l’orchestre du Capitole qui clôture ainsi une saison sans faute, où il aura excellé dans tous les genres abordés.<br />
La mise en scène d’<strong>Ivan</strong> <strong>Stefanutti</strong> et surtout ses décors qui ne font pas dans la finesse date et frise quelque peu la caricature. Le jeu est permanent entre le blanc et le noir (aucun costume n’est en couleur), ce qui ne permet guère de distinguer les ambiances entre les loges de la Comédie Française au I, le pavillon fatidique au II, le palais de la Princesse de Bouillon et enfin au IV le boudoir d’Adrienne. Quelques belles trouvailles toutefois comme ce jeu d’échec mis en évidence dans le pavillon, où le jeu aux pièces blanches et noires représente le terrain de lutte entre Maurizio et la Princesse qui se jaugent l’un l’autre ou encore la bataille des reines (Adrienne et la Princesse) à la fin du II. Autre bel effet ; dans le boudoir où se meurt Adrienne, le tableau qui la représente en tragédienne se colorise au moment où elle succombe – l’actrice aura survécu à la femme amoureuse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_3768-Migliorato-NR.jpg?&amp;cacheBreak=1750484487019" alt="" width="647" height="364" />
© Mirco Magliocca</pre>
<p>La soirée est sauvée par l’arrivée in extremis du ténor <strong>Vincenzo Costanzo</strong> qui remplace au pied levé José Cura, souffrant mais qui devrait assurer les représentations suivantes. A peine quelques heures de répétitions et voilà le jeune ténor italien (34 ans) qui se fond comme par miracle dans la mise en scène. Nous retiendrons de lui un quatrième acte premium qui nous fera oublier nos frayeurs du I. Les aigus alors étaient forcés, on sentait Costanzo au bord de la rupture, mais l’aisance et la sérénité sont revenus au fil des actes et le <em>finale</em> nous aura permis d’apprécier une voix au timbre attachant, à la belle luminosité et aux mediums bien projetés. Permettons-nous de lui conseiller de ne pas abuser d’un instrument solide, mais qui devra aussi être ménagé. Il remporte, très ému, la palme aux applaudissements, le public lui étant à juste titre reconnaissant de son engagement de dernier moment.<br />
Le rôle d’Adrienne va comme un gant à <strong>Lianna Haroutounian</strong> – rôle qu’elle porte en tragédienne depuis plusieurs années et dont elle connaît tous les pièges et tous les artifices. La voix est solidement posée, la projection est sûre sans être toujours entièrement maîtrisée (des <em>fortissimi</em> un peu lourds) ; elle livre une composition magistrale, particulièrement dans le IV, décidément l’acte le plus réussi, où son agonie qui n’en finit pas nous plonge dans les plus profondes délices !<br />
L’autre rôle féminin majeur est celui de la Princesse de Bouillon. <strong>Judit Kutasi</strong> a le mezzo sombre et charpenté qui sied parfaitement à celle qui fera tomber sa rivale par le poison. <strong>Nicola Alaimo</strong> est un Michonnet  transi d’amour pour Adrienne. Son allure bonhomme va à merveille avec le personnage. On reconnait entre tous des graves riches de tant d’harmoniques somptueuses, même si ce soir certains aigus étaient un peu serrés. <strong>Roberto Scandiuzzi</strong>, Oroveso en avril dernier à Toulouse est un parfait prince de Bouillon ; toujours cette chaleur dans les graves et ce cantabile à souhait. Mention spéciale à l’Abbé de <strong>Pierre Derhet</strong>, qui campe crânement et avec une belle voix assurée un curé qui semble plutôt porté vers les richesses d’ici-bas. Sans oublier les deux demoiselles Juvenot et Dangeville (<strong>Cristina Gianelli </strong>et <strong>Marie-Ange Todorovitch</strong>), qui ont apporté un peu de fraicheur et de lumière dans un drame finalement très sombre.</p>
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		<item>
		<title>MASSENET, Werther &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Mar 2025 11:17:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022 à Bordeaux, Benjamin Bernheim hissait son premier Werther à des hauteurs vertigineuses. Trois ans plus tard, sur la scène du Théâtre des Champs Elysées, le ténor pousse l’interprétation un cran au-dessus, au point d’amener à se poser la question : peut-on faire mieux ? On sait combien l’opéra français convient à cette voix qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/werther-bordeaux-il-est-ne-le-divin-werther/">En 2022 à Bordeaux</a>, <strong>Benjamin Bernheim</strong> hissait son premier Werther à des hauteurs vertigineuses. Trois ans plus tard, sur la scène du Théâtre des Champs Elysées, le ténor pousse l’interprétation un cran au-dessus, au point d’amener à se poser la question : peut-on faire mieux ? On sait combien l’opéra français convient à cette voix qui a fait de la prononciation de notre langue son paradigme. Mais donner à comprendre les mots ne suffit pas ; Benjamin Bernheim les illustre. L’éblouissement de « soleil », l’éclat de « lumière », la pâleur de « mort » : chaque parole est imagée, chaque phrase est pensée dans son essence sémantique sans que ce surcroît d’intentions ne touche au maniérisme. Avoir étrenné la mise en scène de <strong>Christof Loy</strong> la saison dernière à la Scala aide le chanteur à incarner un Werther torturé, moins romantique et rêveur qu’inquiétant, toxique, voire sadique par la manière dont il use du sentiment amoureux pour torturer Charlotte. Le chant outrepasse le parti-pris scénique pour se poser en référence par sa palette de couleurs, son usage des nuances, son art de la demi-teinte, toutes qualités utilisées à des fins expressives. « Pourquoi me réveiller » suscite dans une salle sinon silencieuse une légitime ovation. Passée l’invocation à la nature, encore contrainte au regard de ce qui suivra, il faudrait citer chaque air, chaque intervention pour donner une idée de ce qui finalement tient de la syzygie lyrique : l’alignement stellaire d’une voix de ténor à son point d’acmé artistique, d’une interprétation accomplie et d’un des rôles les plus emblématique du répertoire français.</p>
<p>Il faut plus de temps à <strong>Marina Viotti</strong> pour décorseter sa première Charlotte, sauf à supposer que la réserve dont fait d’abord preuve la mezzo-soprano soit un parti pris. L’épouse d’Albert claquemurée dans son devoir se dépare après l’entracte de ses principes pour laisser parler ses sentiments et, libérée de toute entrave, brûle du feu théâtral que nous appelions de nos vœux depuis le lever de rideau. L’Air des lettres, mieux dessiné, amorce une transformation que l’Air des larmes concrétise, la voix comme débarrassée de son empois, le son toujours rond et lustré, l’émission toujours égale avec des graves nourris, des aigus fulgurants sans que le passage d’un extrême à l’autre ne paraisse artificiel, mais l’ampleur du geste vocal, sa puissance et son intensité tragique retrouvées.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Werther4-1-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>Exception faite de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, Albert idiomatique et stylé, dépassant les convenances du mari jaloux pour proposer un personnage complexe et humain jusque dans son inhumanité finale, les seconds rôles n’atteignent pas cette hauteur de vue interprétative. <strong>Sandra Hamaoui</strong> pose Sophie en rivale de Charlotte d’un soprano sans façon, moins léger que d’habitude aux dépens de la pureté et du charme perlé qui caractérisent la jeune fille. <strong>Marc Scoffoni</strong> est un Bailli articulé mais d’une clarté peu paternelle, et le comique de <strong>Yuri Kissin</strong> (Johann) et <strong>Rodolphe Briand</strong> (Schmidt ) s’avère trop appuyé pour alester les propos des deux boit-sans-soif – à leur décharge, Massenet n’a pas eu l’humour léger.</p>
<p>Les solistes et le chœur d’enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine chantent Noël avec une fraîcheur et une justesse réjouissantes pour les oreilles. S’il donne à entendre comme rarement la mélancolie du saxophone alto, jusqu’alors peu utilisé à l&rsquo;opéra, le choix d’instruments anciens, avec des cuivres tonitruants et des cordes chétives, ternit la partition en même temps qu’il porte préjudice à la direction de <strong>Marc Leroy-Calatayud</strong>, vivante, contrastée et attentive aux chanteurs.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Werther3-1-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p><strong>Christof Loy</strong> séquestre le drame devant un mur tapissé d’un papier peint rayé, comme les barreaux d’une prison, unique décor que l’on espère en vain se voir lever pour dévoiler le jardin d’hiver derrière la porte – cette véranda dissimulée étant le symbole d’un monde auquel Werther, comme le spectateur, ne peut accéder. Cette approche carcérale, en restreignant l’espace scénique favorise la précision du geste. Les costumes transposent l’action dans des années 50 glamoureuses, avec au premier acte une référence au complet bleu et jaune imaginé par Goethe pour son héros. La lettre du livret n’est trahie qu’au dernier tableau. L’interlude symphonique entre le troisième du quatrième acte, joué normalement rideau fermé, montre Charlotte luttant avec Albert pour retrouver Werther. Deux coups de pistolet – supprimés à l’origine par Massenet – déchirent la musique. Werther meurt dans les bras de Charlotte sous le regard accablé et accablant d’Albert et de Sophie. Bien qu’innocente si on la compare à bon nombre de mises en scène aujourd’hui, ou justement parce que jugée trop sage, cette lecture du chef d’œuvre de Massenet a été conspuée par une partie de la salle au tomber de rideau, tandis qu’à l’inverse tous les artistes ont reçu leur juste part d’acclamations.</p>
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		<title>CASTIL-BLAZE, Les Folies amoureuses &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/castil-blaze-les-folies-amoureuses-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a un peu oublié Jean-François Regnard, et c’est bien dommage. « Le meilleur poète comique après Molière » écrivait à son sujet Voltaire. A partir du canevas bien connu de la folle supposée, il écrit en 1700 ses « Folies amoureuses », en 3 actes et en vers, créées en février 1701. Plus d’un siècle après, Castil-Blaze s’en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On a un peu oublié Jean-François Regnard, et c’est bien dommage. « Le meilleur poète comique après Molière » écrivait à son sujet Voltaire. A partir du canevas bien connu de la folle supposée, il écrit en 1700 ses « Folies amoureuses », en 3 actes et en vers, créées en février 1701. Plus d’un siècle après, Castil-Blaze s’en empare, réécrit l’ouvrage, en trois actes, réduits à deux en 1866 (1). Sans doute a-t-il lu Sade (<em>Aline et Valcour</em>), puisqu’il rebaptise le couple central : Agathe devient Léonore, et Eraste, Valcour. Ce sera une sorte d’ultime écho au théâtre de la Foire, au vaudeville, avant que naisse l’opérette. On ne compte plus les ouvrages dramatiques et lyriques fondés sur le canevas du tuteur jaloux voulant épouser sa pupille, qui se fait berner par le soupirant et son valet, aidés par la servante du barbon. Ni ceux où la simulation de la folie participe à la résolution heureuse de l’union des amants.</p>
<p>Deux ans après avoir été créé à Lyon, notre « opéra-bouffon » fut donné en Avignon pour l’ouverture de son Théâtre, en 1825. Aussi Frédéric Roels a-t-il choisi l’ouvrage, dont l’auteur est resté attaché à ses racines du Comtat Venaissin, pour marquer le deux-centième anniversaire de l’institution qu’il dirige. Notre siècle n’apprécie guère le pastiche (pasticcio) qu’à travers le monde baroque. L’assemblage de musiques empruntées à diverses œuvres pour illustrer une action dramatique est un exercice difficile, qui nécessite une intrigue et un texte de qualité, et rares sont maintenant ceux qui s’y aventurent avec succès. Tel n’était pas le cas sous la Restauration, où le Théâtre Italien n’avait pas cessé d’en donner. Le très sérieux <em>Journal des Débats</em> écrivait ainsi : « Si l’on excepte les opéras de Mozart, les plus belles partitions dramatiques sont toutes des pastiches. » (2). Dans le droit fil de cette tradition, donc de la Foire, Castil-Blaze détourne les airs qu’il retient, avec une intention humoristique, car la plupart étaient connus de son public d’alors. Ce soir, rien de tel (3).</p>
<p>Pour avoir choisi de découvrir <em>Les Folies amoureuses</em>, sa source, son livret et sa partition avant d’assister au spectacle, comment taire notre déconvenue ? Comment sortir heureux, le cœur léger d’un opéra-bouffe dénaturé en un manifeste féministe, dont la fin, désabusée, avec mise en abîme, nous présente l’amant dans la loge de sa partenaire, exerçant froidement une autorité qui vous glace ? Est-ce là le moyen de réhabiliter un ouvrage propre à conquérir tous les publics, par son esprit, qu’il s’agisse du texte, savoureux, ou des musiques ? Le choix et l’assemblage des récitatifs, airs et ensembles, atteste l’immense culture musicale de Castil-Blaze, dont la prosodie est rarement prise en défaut. Mais surtout leur adéquation à l’action est irréprochable. Notre auteur trouve même le moyen d’insérer un fragment du concerto alors le plus connu (« L’orage » de Steibelt). Comme indiqué plus haut, le public de la Restauration connaissait les airs dans leur version originale, et était en mesure d’en apprécier leur détournement délibéré. Ce soir, rien de tel, un patchwork, où la gravité du sujet plaqué par la mise en scène – les violences faites aux femmes – annihile toute légèreté. La comédie perd son âme, reléguée à l’état de prétexte. Le sourire et le rire sont le plus souvent estompés, voire gommés. La conviction fait défaut, le jeu des acteurs paraît figé, partagés qu’ils sont entre le comique de l’original et la lecture distanciée qu’impose le <em>work in progress</em>&#8230; Les chanteurs répètent, souvent partition en main, et la direction d’acteur se réduit à trois fois rien, alors que la comédie appelle des effets, un jeu et des intonations spécifiques. Où sont passées la gaieté, la verve, l’ironie ? C’est à la musique, seule, que l’on doit les moments d’émotion, et fort heureusement nous n’en avons pas été privés, malgré le contexte.</p>
<p>Vous l’aurez compris, on ne partage pas l’a priori – constant, comme sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-limoges-violetta-nest-pas-nee-femme/"><em>Traviata </em></a>limougeaude l’atteste &#8211; de <strong>Chloé Lechat</strong> considérant qu’une œuvre semblable ne peut plus être jouée au premier degré, sa lecture devant « réapprivoiser les partitions du passé et se projeter dans une société plus féministe, consciente des évolutions sociales menées et encore et toujours à mener ». Pour ce faire, elle retranchera du texte plusieurs passages, dont celui où Léonore détaille son délire (« à 27 ans, j’avais 14 enfants&#8230; »). L’ajout de deux chansons contemporaines, évidemment sur le sort fait aux femmes, sera l’occasion pour le chœur de faire montre de sa riche palette expressive. Mais ces insertions, stylistiquement, jurent avec les musiques originales et en rompent le charme. Certaines scènes, tel éclairage, la robe cinabre de Léonore ne manquent pas de séduction, mais on se raccroche à ces instants comme à des bouées de sauvetage. Aucun décor, cinq pupitres et autant de chaises, une table, un fauteuil, des projections sur le fond de scène de vidéos live, le piano sur l’avant-scène, côté jardin, ce sera tout, et ç’aurait pu suffire, à la faveur d’éclairages pertinents. Tout semblait réuni pour une réussite : des solistes de grande valeur, un pianiste d’exception, véritable chef, un chœur investi et efficace, mais ça ne fonctionne pas.</p>
<p>Le début, laborieux, voire pénible, nous montre l’amorce d’une répétition, avec des artistes confraternels mais quelque peu indifférents, aux dialogues dépourvus d’intérêt sinon de nous plonger dans le quotidien de la vie des interprètes. Les personnages en sont quelconques, un Albert jeune et encore séduisant, Lisette et Léonore ne sont manifestement plus les adolescentes que prétend défendre la traduction moderne. Du reste Lisette n’est plus une adolescente dans la pièce ni dans l’opéra-bouffon. L’usage immodéré qui en a été fait depuis bien des années altère l’efficacité des vidéos live projetées en fond de scène. Oublions.</p>
<p>Le spectateur est partagé entre son attention au chant, heureusement inaltérable, et la curiosité suivie d’agacement que lui impose cette lecture scénique. L’ouverture de <em>Tancrède</em> (reprise ici par Castil-Blaze, elle avait déjà été empruntée par Rossini à <em>La pietra del paragone</em>), que l’on découvre au piano, suffit à nous mettre en appétit : spirituelle, vive, contrastée, avec son crescendo, du vrai Rossini (4). <strong>Benjamin Laurent</strong>, auquel quelques dialogues seront confiés, conduira l’ouvrage de son clavier avec une maestria confondante et une attention permanente au chant, un chef lyrique confirmé. Léonore, au cœur de l’ouvrage, est confiée à <strong>Eduarda Melo</strong>. La voix est superbe, dense, agile, et sait se faire délicate, émue ou autoritaire. Les aigus, comme les traits, sont un bonheur et son aisance dans ce répertoire si exigeant est constante. La diction est exemplaire. Une vraie rossinienne, comme on les aime.  Lisette (<strong>Fiona McGown</strong>) est privée de son air d’entrée (tiré de <em>Cosi fan tutte</em>, dont elle avait chanté Dorabella à Dijon). Son duo impertinent avec Albert est délicieux. Peut-être aurait-elle davantage gagné à jouer les soubrettes, mais c’est là la responsabilité de la direction d’acteur. Berthe (<strong>Laura Darmon Podevin</strong>) si elle n’intervient que ponctuellement, ne détonne pas. Les hommes ne sont pas en reste. Le Valcour du ténor <strong>Fabien Hyon</strong> est solide, mais la sympathie qui va au personnage, somme toute conventionnel, disparaît avec l’image détestable que le dénouement ajouté lui impose. On en retiendra son duo avec Crispin, emprunté lui aussi à <em>Tancrède</em>. Le valet de comédie, qui a plus d’un tour dans son sac, est le baryton <strong>Aimery Lefèvre</strong>. Son ample air de présentation, pris à Cimarosa (<em>La trame deluse</em>) est remarquable. Quant à Albert (<strong>Yuri Kissin</strong>), son duo avec Lisette, puis celui avec Léonore sont musicalement réjouissants. La clarté de son élocution comme de son chant n’appellent que des éloges. Sans doute involontaire, sa pointe d’accent italien participe à la bouffonnerie. L’unique réserve, valable à des degrés divers pour tous les autres chanteurs, tient au jeu, qui semble avoir oublié celui de la franche comédie. Le quintette (de Cimarosa, <em>I</em> <em>nemici generosi</em>) est une belle découverte, comparable en qualité aux plus beaux ensembles qu’écrivit Mozart. Son interprétation est un des sommets de l’ouvrage, sinon le sommet : les voix s’accordent à merveille, les équilibres, la vie interne nous font encore regretter le parti pris de la mise en scène, qui nous prive de cette jovialité franche, où chacun se déboutonne. On ne peut tout citer&#8230; Mais il faut signaler le chœur, préparé par <strong>Alan Woodbridge</strong>. On l’avait entendu avant le lever de rideau, où en solidarité avec les collègues toulonnais licenciés, il avait chanté, non sans émotion, le <em>Va pensiero</em> de<em> Nabucco</em>.  Dans la version originale, il n’intervient que dans la grande scène centrale (celle qui cite Steibelt, inséré dans Rossini). Ce soir, deux harmonisations de chansons engagées, sont ajoutées, où le chœur compose un beau tableau autour de Léonore. C’est musicalement remarquable, même si le décalage avec les œuvres retenues par Castil-Blaze est flagrant.</p>
<p>Que retenir de cette soirée ? Les chanteurs comme le pianiste-chef étaient bons, voire excellents, mais la réhabilitation a échoué, car la plaidoirie était inappropriée. Il faut aller en appel, avec un(e) avocat(e) qui n’ait d’autre objet que la défense de son client. La cause en vaut la peine : il faut faire partager le bonheur, la bonne humeur de cette pochade, débarrassée de sa gangue, avec ses couleurs d’origine.</p>
<pre>(1) En 1891, Emile Pessard reprendra le sujet (sur un livret d’André Leneka et Emmanuel Matrat) pour en écrire la totalité de la musique, éditée par Choudens. 
(2) L’auteur, anonyme, y développe son argumentaire en citant <em>Les folies amoureuses</em> : « Léonore rit, en se servant des accents que Rossini prête au désespoir de Ninetta [<em>La Gazza ladra</em>] et Crispin demande l’élixir du charlatan du même ton que Fernando, quand il se plaint de la cruauté de ses juges ». Il en va de même de l’air de Lisette, en complet décalage par rapport au <em>Maometto II</em> : Albert n’est qu’un satrape d’opérette... 
(3) L’air de Despina de <em>Cosi fan tutte</em>, sur lequel s’ouvraient <em>les Folies amoureuses</em>, n’a pas été retenu. Quant aux autres, ne sont plus connus du public rossinien que quelques-uns d’entre eux. La <em>Séguidille </em>(sic) anonyme, de Léonore est, elle aussi, passée à la trappe. 
(4) La moitié des pièces sont empruntées à Rossini, et les autres, tout aussi intéressantes, sont de belles découvertes (Paer, Cimarosa, Pavesi, Generali, bien que tombées quelque peu dans l’oubli, écrites remarquablement pour la scène).</pre>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’Eugène Onéguine revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’<em>Eugène Onéguine</em> revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour être repris presque du début, la langue étant un obstacle d’évidence. Et c’est finalement au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles que le baryton lyonnais a inauguré <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-laurent-pelly-bruxelles-la-monnaie-une-frustration-qui-comble/">le rôle-titre en janvier 2023</a>. A Toulouse en revanche, il le chante  pour la première fois  sur le sol français.<br />
On revient de loin aussi parce que la direction du Théâtre du Capitole a dû <a href="https://www.forumopera.com/breve/toulouse-gabor-kali-remplace-par-patrick-lange-pour-eugene-oneguine/">faire appel in extremis</a>, pour être précis après la pré-générale, à un nouveau chef d’orchestre. <strong>Patrick Lange</strong> a donc eu quelques jours seulement pour arriver d’Allemagne, faire connaissance avec les musiciens (il se produisait pour la première fois à Toulouse) et partager sa vision du chef-d’œuvre de Tchaïkovski. Et très honnêtement on reste, au soir de la première, confondu par la qualité du résultat, obtenu en si peu de temps. L’orchestre brille de mille feux, le mystère et l’ambiguïté des personnages sont rendus dès le prélude du premier acte, les altos et violoncelles résonnent de leurs plus chaudes cordes graves, les liaisons flûte, hautbois, cor et basson, un peu tendues dans l’exposition de la scène de la lettre, gagnent en fluidité dès la reprise de l’air. Bravo maestro.<br />
Intéressante mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong>, soutenue par des décors (<strong>Romain Fabre</strong>) et des costumes (<strong>Jean-Daniel Vuillermoz</strong>) au diapason. L’idée est celle d’une scène sur deux niveaux. En bas, les intérieurs (la maison cossue de la famille Larine, plus tard celle du Prince Grémine) et en haut les extérieurs (souvent les jardins des Larine). Ce double niveau permet de fluidifier, au I, les entrées et sorties des personnages, de rendre plus lisibles leurs multiples apartés. Elle permet aussi de commenter en quelque sorte l’action se déroulant plus bas ; ainsi, lorsque Lenski tombe sous la balle d’Eugène, Tatiana, dans la forêt à l’étage supérieure s’écroule en même temps que lui. Elle marque ainsi que la mort de Lenski est aussi la fin de son amour avec Eugène. Autre belle idée de mise en scène : la réapparition fantomatique, au III, et pendant l’air de Grémine («L&rsquo;amour est de tout âge »), soit durant la réception qu’il donne, de personnages qui renvoient Tatiana à ses heureuses années de jeunesse : sa mère, sa gouvernante Filipievna, sa sœur Olga et feu son fiancé Lenski défilent devant elle, sans oublier l’impayable Triquet. En quelques instants donc, Tatiana, qui avait refoulé son passé en se jetant dans les bras de Grémine, se retrouve confrontée, en voyant réapparaitre Onéguine, aux fantômes de sa jeunesse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR7001-Migliorato-NR.jpg" alt="" width="661" height="441" />
© Mirco Magliocca</pre>
<p><strong>Stéphane Degout</strong> illumine le rôle d’Eugène Onéguine de son insolente présence. Même silencieux, il impose son personnage par une sourde gravité et un jeu millimétré. Le timbre est chaud, presque trop ardent pour incarner la duplicité du personnage. On admirera la maîtrise des moyens vocaux et la capacité à les distiller avec une parfaite économie. Il restera bien le héros que l’on adore détester. Degout triomphe au baisser de rideau, tout comme <strong>Valentina Fedeneva</strong> (Tatiana), qui le devance même presque à l’applaudimètre. Succès mérité certes par la beauté de l’incarnation et la majesté du personnage. Majesté qui rime parfois avec distance, pour ne pas dire froideur et un engagement un peu en retrait ; tout cela correspond certes parfaitement à la dernière scène, où Tatiana se refuse à Onéguine, mais moins aux scènes du I, où elle déclare sa flamme. La voix porte, mais quelques raideurs apparaissent aussi et il nous manque la complexité du personnage, certaines nuances, qui doivent transparaître dans le chant.<br />
<strong>Eva Zaïcik</strong> est une Olga entièrement convaincante dans la voix et le jeu. La voix gravit les degrés vers le haut ou les descend vers le bas avec la même aisance. Aisance dans la diction également, ce qui n’est pas un mince compliment. <strong>Bror Magnus Tødenes</strong> est un Lenski irréprochable de sincérité et de vérité. Son ténor est franc et vigoureux. <strong>Juliette Mars</strong> campe avec Madame Larina une femme de caractère certes, mais qui n’a rien d’une babouchka ; nous sommes dans la bourgeoisie russe, cultivée, lettrée et éduquée. <strong>Sophie Pondjiclis</strong> (la gouvernante), un peu fébrile lors du quatuor inaugural au I, prend rapidement de l’assurance.  <strong>Carl Gharazossian</strong> est un Triquet absolument délicieux et <strong>Andreas Bauer Kanabas</strong> en Grémine, patriarche vibrant, mérite son franc succès grâce à son air du III où il fait montre d’une vigueur enviable.<br />
Ainsi s’achève à Toulouse une saison lyrique 2023-24 en tout point exemplaire, qui a eu peu ou pas d’égal en régions cette année. Une programmation variée et exigeante, des castings de premier choix avec force nouvelles productions. Une année référence donc qui en appelle d’autres. C’est tout le mal qu’on peut souhaiter au Capitole.</p>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée à Toulouse, la production d’Olivier Py arrive au Théâtre des Champs-Elysées, et malgré la défection de Mathias Goerne, offre plus de plaisir musical que scénique. Le prolifique metteur en scène semble plus attaché à souligner l&#8217;actualité de cette histoire qu&#8217;à diriger un drame shakespearien dont il ne compense malheureusement que peu les maladresses d’écriture, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée à Toulouse, la production d’<strong>Olivier Py</strong> arrive au Théâtre des Champs-Elysées, et malgré la défection de Mathias Goerne, offre plus de plaisir musical que scénique. Le prolifique metteur en scène semble plus attaché à souligner l&rsquo;actualité de cette histoire qu&rsquo;à diriger un drame shakespearien dont il ne compense malheureusement que peu les maladresses d’écriture, voire rend difficilement lisible des scènes pourtant évidentes : le statisme du chœur et la pauvre direction des figurants (on croirait presque que les militaires répriment une émeute) lors du prologue rendent incompréhensible la manipulation du peuple ou ses chamailleries tragi-comiques. Sans parler de cette ballerine qui danse face à un soldat ivre pendant la scène du couronnement. L&rsquo;effort pédagogique est donc lourdement appuyé : l’action est transposée au XXe siècle, un immense Z occupe le mur de scène du prologue, la façade du palais est celle de la Douma à Moscou et se retourne pour laisser voir des façades d’immeubles éventrées (sans doute une évocation des bombardements en Ukraine) lors du tableau de la taverne, et les nombreuses autres allusions (déjà <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/">détaillées par notre confrère</a>) semblaient ne pas suffire : Boris lance son monologue devant une toile peinte sur laquelle Poutine fait face à Staline, et Fiodor joue à faire virevolter une mappemonde gonflable (la « carte de Russie ») comme Charlie Chaplin singeant Hitler. Quelques réussites plus fines tout de même : l’apparition de l’innocent dès le lever de rideau qui singe le tsar (il réapparaitra travesti, pied de nez à la masculinité toxique des autocrates russes) ; le rideau de scène, toile de fonds de la folie de Boris peuplée de troncs d’arbres formant une sombre forêt infinie, laquelle finira par s’enflammer pour voir Boris s’effondrer, accompagné seulement de son fils qui s’enfuit, tandis que Grigori s’empare du bonnet de Monomaque, le viseur du pistolet de Chouïski pointé sur lui. Mieux vaut tout de même avoir révisé son histoire russe pour comprendre. Belles réussites également de <strong>Bertrand Killy</strong> dont les lumières stroboscopiques permettent de belles apparitions du fantôme de Dimitri (dont la minuscule tombe hante l’avant-scène) ou jouent avec le cadre de scène pour amplifier l’espace scénique. On retrouve en outre des éléments habituels de la poétique scénique de Py (les hautes façades dorées à alcôve, les néons qui clignotent, la prostituée au mascara dégoulinant, les hommes torse nu…), sans distiller d’autres parfums que celui du déjà-vu.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Boris-Godounov_MIR8837-©-Mirco-Magliocca-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-157215"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>Musicalement, le compte y est davantage, mais quitte à jouer la version de 1869, plus théâtrale et sèche, on aurait aimé plus de relief, de drame et de rugosité. <strong>Andris Poga</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre National de France</strong> soigne la beauté du son et se montre attentif à ne pas saturer l’espace sonore, ce qui est très appréciable pour le très bon <strong>Chœur de l’Opéra National du Capitole</strong> qui peut impressionner sans hurler malgré leur effectif réduit. Hélas, les différentes populations sont insuffisamment caractérisées et le chef ne réussit pas à rendre sensible la tension angoissante, la course à l’abime, l’effroi qui habite ce drame. Un peu comme si la sérénité lénifiante de Pimène était à la baguette. Parmi les seconds rôles, nous n’avons pas apprécié l’émission un peu trop relâchée de l’Innocent de <strong>Kristofer Lundin</strong>, trouvé un peu maigre le Varlaam de <strong>Yuri Kissin</strong>, et reconnaissons avoir peu de souvenir de Missaïl, Mitioukha et de la nourrice. Louons cependant la présence dévastatrice du Nikititch de <strong>Sulkhan Jaiani</strong>, et la belle contenance de l’Andreï de <strong>Mikhail Timoshenko</strong>. <strong>Airam Hernandez</strong> et <strong>Sarah Laulan</strong> sont prometteurs, mais sans acte polonais pour le premier, ni chanson du canard pour la seconde, difficile de transformer l’essai. La très intense Xenia de <strong>Lila Dufy</strong> et le Fiodor plein de vie de <strong>Victoire Bunel</strong> réussissent néanmoins à briller malgré la brièveté de leur intervention. <strong>Roberto Sciandiuzzi</strong> est un Pimène décevant, qui offre certes ses longues années de carrière au service de la vieillesse du personnage, mais n’arrive jamais à en faire le prophète implacable et menaçant qui précipitera la chute du tsar. <strong>Marius Brenciu</strong> campe un Chouïski éclatant, un peu trop sans doute, difficile d’entendre de l’arrogante fourberie ici. Franc succès pour finir que le magnifique Boris d’<strong>Alexander Roslavets</strong> qui hésite constamment entre la puissance et la fragilité, sait effrayer autant qu’émouvoir sans jamais sombrer dans la caricature.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Nov 2023 06:40:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à une vaste leçon d’histoire que nous convie Olivier Py dans la nouvelle production de Boris Godounov, présentée au Théâtre National du Capitole de Toulouse. Leçon spectaculaire, brillante à certains moments, « pédagogique » souvent mais parfois jusqu’à l’excès et avec, au final, un sentiment qu’à tant vouloir montrer et démontrer, c’est un peu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à une vaste leçon d’histoire que nous convie <strong>Olivier Py</strong> dans la nouvelle production de <em>Boris Godounov</em>, présentée au Théâtre National du Capitole de Toulouse. Leçon spectaculaire, brillante à certains moments, « pédagogique » souvent mais parfois jusqu’à l’excès et avec, au final, un sentiment qu’à tant vouloir montrer et démontrer, c’est un peu de poésie que l’on perd, une part de ce mystère russe que Py connaît pourtant parfaitement, et dont il maîtrise les tenants et les aboutissants. Ce sentiment de poésie, de tourment, de tragédie, d’angoisse, celui qui nous assaille jusqu’au plus profond de nous-mêmes, ne le ressentons-nous pas <em>in extremis</em> seulement, dans cette scène conclusive, mémorable entre toutes et qui se joue devant le rideau baissé. Boris va expirer, il est seul, seul malgré ses visions, seul malgré le fantôme de Dimitri (le tsarévitch présent du début à la fin comme pour le narguer une ultime fois), seul malgré son fils qu’il étreint sans le voir.  Cette épure nous rend enfin le tsar tel qu’il est : un homme assailli par ses visions, prisonnier de son histoire et qui trouve dans la folie puis la mort la seule issue possible à son drame ; les flammes de l’enfer vers lesquelles il se précipite n’apportent rien à la démonstration.</p>
<p>La version choisie est celle de 1869, l’original donc. Sept tableaux présentant sans interruption une action resserrée, souvent elliptique et qui fait la part plus que belle aux chœurs, donc au peuple de Russie (« C’est le peuple que je veux peindre. Quand je dors, je le vois devant moi, quand je mange, je pense à lui […], il ne cesse de m’apparaître encore et toujours », écrit Moussorgski à Répine en 1875), mais qui laisse la portion congrue aux rôles féminins (d’où l’ajout de l’acte polonais quelques années plus tard, pour, entre autre, insérer le magnifique rôle de Maryna). Le metteur en scène choisit de dresser le portrait de la Russie de toujours, celle qui, quel que soit son statut politique (Russie, Union soviétique) met en œuvre les mêmes forces destructrices, la même violence. Nous assistons donc au cours de cette magnifique leçon d’histoire à la traversée des siècles, depuis le couronnement de Boris jusqu’à la période contemporaine avec l’invasion de l’Ukraine et les drapeaux russes et polonais (et pourquoi donc ?) omniprésents : dès le premier tableau un immense Z apparaît en fond de scène, et au cinquième tableau, le dialogue entre Boris et Chouïski se joue au Kremlin dans la salle où Poutine reçut Macron autour de cette immense table de marbre blanc ! Les allusions à la dictature stalinienne sont également légion. Au troisième tableau ; lorsque Pimène retrace à grands traits l’histoire de la Russie, Grigori revêt les habits des grands dictateurs du pays, comme pour illustrer la continuité dans la violence subie par le peuple. Très belle scène aussi dans le cinquième tableau où Fiodor jouant, non pas avec une carte de la Russie, mais un ballon géant représentant notre planète, dit à son père : « Regarde la carte de Russie » !</p>
<pre>             <img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR9530-1294x600.jpg" alt="" width="688" height="319" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© Mirco Magliocca</pre>
<p>La production d’Olivier Py est saluée chaleureusement par le public (comme quoi il n’est pas toujours hué, <a href="https://www.forumopera.com/olivier-py-il-ny-a-pas-de-il-faut-en-art/">quoi qu’il en dise</a> !), sensible à coup sûr à la magnifique traduction scénique réalisée et ô combien réussie par <strong>Pierre-André Weitz</strong> : une série de décors tournant rapidement sur eux-mêmes et nous faisant voyager dans le temps et des espaces aussi différents qu’une cathédrale, une auberge aux allures de bordel ou encore une salle d’étude dans un couvent. Le tout superbement éclairé par <strong>Bertrand Killy</strong>.</p>
<p>Pour ce qui est de la production musicale, il faut saluer l&rsquo;excellente capacité de l’ensemble à « sonner russe ». Ce compliment vaut d’abord pour l’orchestre du Capitole dirigé par <strong>Andris Poga</strong>. Le jeune chef letton a su insuffler toutes les nuances dans les couleurs de l’orchestre voulu par Moussorgski ; de ce point de vue, le dépaysement est parfait. De même qu’est remarquable le travail effectué par <strong>Gabriel Bourgoin</strong> à la tête des chœurs et de la maîtrise de l’opéra national. Nous l’avons dit le chœur c’est le peuple russe, il est au cœur de l’ouvrage et, pour ce soir de première, la copie rendue est impressionnante : puissance, articulation, soin dans les variations dynamiques.</p>
<p>Plateau vocal de grande tenue : commençons par Boris ; c’était ce soir-là la prise de rôle d’<strong>Alexander</strong> <strong>Roslavets</strong> (qui remplaçait Matthias Goerne, initialement programmé) : clarté de timbre, projection suffisante et surtout incarnation du rôle, notamment dans la scène finale, nous l’avons dit. Autre performance, celle du Pimène de <strong>Roberto Scandiuzzi</strong> à la diction admirable. Il possède une basse chaleureuse mais qui sait être aussi cassante. <strong>Marius Brenciu</strong> est un Chouiski parfaitement retors ; <strong>Airam Hernandez</strong> est un Grigori fantasmatique ; <strong>Sulkhan Jalani</strong> un Nikititch effrayant au possible et <strong>Mikhaïl Timoshenko</strong> (Andrei) nous fait apprécier la clarté et la beauté de son timbre. Notable enfin l&rsquo;Innocent de <strong>Kristofer Lundin</strong> , sorte de fou du roi, omniprésent dès le lever de rideau. Chez les femmes, pas de rôle vraiment marquant, c’est un peu le travers de cette version de <em>Boris</em>.  <strong>Victoire Bunel</strong> est un Fiodor gracile et au final charmant. <strong>Svetlana Lifar</strong> (en nourrice) et <strong>Sarah Laulan</strong> (l’aubergiste) nous ont semblé plus convaincantes que <strong>Lila Dufy</strong> en Xenia.</p>
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		<title>MASSENET, Werther — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/werther-bordeaux-il-est-ne-le-divin-werther/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Feb 2022 05:02:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Werther, opéra de ténor (au même titre qu’Otello ou Andrea Chénier) : Benjamin Bernheim à Bordeaux le rappelle, si tant est qu’on l’ait oublié. « Pourquoi me réveiller », le fameux air du 3e acte, au disque, en concert, contenait déjà la promesse d’une prise de rôle attendue comme le Messie. Le Lied d’Ossian demeure &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Werther</em>, opéra de ténor (au même titre qu’<em>Otello</em> ou <em>Andrea Chénier</em>) : <strong>Benjamin Bernheim</strong> à Bordeaux le rappelle, si tant est qu’on l’ait oublié. « Pourquoi me réveiller », le fameux air du 3e acte, au disque, en concert, contenait déjà la promesse d’une prise de rôle attendue comme le Messie. Le Lied d’Ossian demeure cependant la partie émergée d’une partition dont un seul numéro, fût-il le plus célèbre, ne saurait résumer l’ensemble des qualités exigées. La diction, la demi-teinte, la quinte aiguë rayonnante, le tracé souple de la ligne, les nuances, du murmure à l’éclat… Évidemment. Benjamin Bernheim, à ce stade de son parcours artistique, en détient les secrets, mieux que quiconque aujourd’hui. C’est déjà beaucoup, mais Werther veut davantage. Ce surcroit d’intentions requis par le rôle pour exister dans sa complexité vocale et psychologique, le ténor franco-suisse le puise au plus profond d’une interprétation qui, passée une Invocation à la nature où la voix semble s’enivrer de ses propres sonorités, touche à l’incarnation. La musique de Massenet n’est jamais aussi convaincante que lorsqu’elle épouse au plus près l’inflexion de la parole. L’art de Benjamin Bernheim – ce qui rend son Werther déjà incontournable – réside en cette maitrise du discours musical, lorsque texte et chant fusionnent pour atteindre une juste vérité.</p>
<p>Un opéra cependant ne peut reposer sur un seul interprète. <em>Werther</em>, pas plus qu’un autre. Michèle Losier, si valeureuse soit-elle en Charlotte, ne dispose pas du même relief, ni de la même palette de couleurs et d’expression que son partenaire ; <strong>Lionel Lhote</strong> atteint comme son rival une forme de perfection en termes de présence, d’élégance et de prononciation mais le rôle d’Albert reste secondaire ; et <strong>Florie Valiquette</strong> n’a pas encore l’expérience nécessaire pour que Sophie éclaire de notes cristallines (que l’on voudrait davantage tenues) les gouffres sombres de cette course au suicide.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Romain Gilbert </strong>fait pourtant de la jeune fille l’instrument du drame. C’est outrepasser Goethe autant que le livret mais puisqu’il faut renouveler le propos… (A vrai dire, le faut-il vraiment ?) Dans le même ordre d’idée, on avoue s’interroger sur la nécessité des deux enfants supposés représenter Charlotte et Werther, dont la présence encombre le plateau sans apporter un quelconque éclairage à l’intrigue. Des raisons économiques ont dû motiver la suppression des rôles de Bruhlmann et Kathchen, quitte à ce que l’allusion ironique à Klopstock paraisse incompréhensible. Privée de cintres ainsi que d’espaces arrière et latéraux, la scène de l’Auditorium ne facilite pas les changements de décor. Le charge émotionnelle du prélude du 4e acte en fait les frais, malgré l’ajout du coup de pistolet que Massenet après réflexion avait supprimé. Un système de tournette sur lequel a été installée une copie du chalet d’Heidi favorise l’alternance des tableaux. Les costumes de <strong>Mathieu Crescence</strong> prennent les tableaux de Caspar Friedrich pour référence. L’appréciation esthétique de l’ensemble est laissé au goût de chacun.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/werther2_0.jpg?itok=rvYWi64u" title="© Eric Bouloumie" width="468" /><br />
	© Eric Bouloumie</p>
<p>Prive de choeur, ce qui est n’est pas la moindre de ses originalités, <em>Werthe</em>r dispose de scènes de genre supposées offrir un joyeux contraste à une histoire jugée à l’époque trop triste pour être représentée Salle Favart. Là n’est pas ce que Massenet a écrit de plus inspiré. <strong>Francois-Nicolas Geslot</strong> et <strong>Yuri Kissin</strong> butent sur les louanges avinées à Bacchus, comme souvent. <strong>Marc Scoffoni</strong> use d’une prononciation impeccable pour imposer son Bailli. Les enfants de la Maîtrise JAVA s’ébattent sans accrocs autour de joyeux « Noël, Noël, Noël ».</p>
<p>La direction de <strong>Pierre Dumoussaud</strong>, elle, ne s’embarrasse pas de préoccupations étrangères à la tragédie amoureuse. Rarement la partition n’aura paru aussi wagnérienne, quand bien même la filiation avec Wagner ne serait pas si évidente (le voyage de Massenet à Bayreuth en 1886 serait postérieur à sa composition). Dès le prélude secoué de coups de timbales dont la violence peut être due à l’acoustique de l’Auditorium, le ton est donné, implacable, au détriment de la progression dramatique et de cette transparence que l’on dit propre à la musique française. Mais transporté par ce lyrisme éperdu, l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine s’épanche en un flot chromatique incoercible qui rend le drame bouleversant et toute réserves superflues. Après le Werther de Benjamin Berheim, c’est cette lecture passionnée que l’on veut garder en mémoire.</p>
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		<title>SAINT-SAENS, Samson et Dalila — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/saint-saens-samson-et-dalila-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jun 2018 07:33:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encore tout auréolé du succès de sa prise de rôle au Staatsoper de Vienne en avril dernier, Roberto Alagna vient proposer son Samson sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées entouré d&#8217;une distribution superlative constituée d&#8217;interprètes francophones pour la plupart, dont la diction globalement&#160; exemplaire n’est pas la seule qualité. Au premier acte les interventions &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Encore tout auréolé du succès de <a href="/breve/roberto-alagna-dans-le-role-de-sa-vie">sa prise de rôle au Staatsoper de Vienne en avril dernier</a>, <strong>Roberto Alagna</strong> vient proposer son Samson sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées entouré d&rsquo;une distribution superlative constituée d&rsquo;interprètes francophones pour la plupart, dont la diction globalement&nbsp; exemplaire n’est pas la seule qualité. Au premier acte les interventions de <strong>Loïc Félix</strong>, <strong>Jérémy Duffau</strong> et <strong>Yuri Kissin</strong> en Philistins n’appellent que des éloges, notamment celles de Duffau dont le timbre sonore capte l’attention. <strong>Renaud Delaigue</strong> campe un vieillard hébreu au registre grave impressionnant et au legato impeccable tandis qu’<strong>Alexander Tsymbaliuk </strong>constitue un luxe en Abimélech par l’insolence de ses moyens et la qualité de son interprétation. Son personnage menaçant en impose d’emblée face à Samson.</p>
<p><strong>Laurent Naouri</strong> est un Grand Prêtre autoritaire au chant racé. La partition ne semble lui poser aucun problème jusque dans les petites ornementations qui parsèment son duo avec Dalila au deuxième acte.</p>
<p>On savait, depuis<a href="https://www.forumopera.com/cd/consecration"> son album intitulé «&nbsp;Ne me refuse pas&nbsp;»</a> consacré à l’opéra français que le rôle de Dalila convenait à la voix de <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>. Les représentations qu’elle en a données à Montréal en 2015 l’ont montré ; le concert de ce soir le confirme de façon éclatante. Très élégante dans une robe jaune pâle assortie d’un châle en mousseline, la contralto québécoise propose une Dalila à la séduction vocale immédiate dans une incarnation sobre et convaincante. Le timbre est clair ce qui n’empêche pas la cantatrice d’exhiber un registre grave sonore et jamais appuyé. Afin de mettre en valeur la duplicité de son personnage, elle n’hésite pas à durcir son registre aigu pour mieux évoquer sa colère et sa soif de vengeance au cours de son duo avec le Grand Prêtre au début du deuxième acte avant de déployer des trésors de sensualité face à Samson dans l’air «&nbsp;Mon cœur s’ouvre à ta voix&nbsp;» qu’elle orne de délicates nuances.</p>
<p>Pour <strong>Roberto Alagna</strong>, Samson est-il le rôle de sa vie comme le laissaient supposer les <a href="https://www.forumopera.com/breve/roberto-alagna-dans-le-role-de-sa-vie">critiques</a> qui ont salué sa prestation à Vienne en avril dernier&nbsp;? L’ovation triomphale qui l’a accueilli à la fin du concert semble l’attester. Tant de rôles pourtant ont marqué la carrière du chanteur. Disons que Samson intervient au bon moment. Le ténor y déploie un medium solide et parfaitement projeté, aux couleurs délicatement ambrées, couronné par un registre aigu insolent de facilité. Son personnage tiraillé entre sa foi et sa fidélité envers son Dieu d’une part et l’irrésistible attraction qu’exerce sur lui Dalila, est un héros tour à tour robuste et fragile. Son entrée au premier acte «&nbsp;Arrêtez, ô mes frères&nbsp;» chantée à pleine voix avec une détermination inébranlable contraste avec l’air de la meule au début du trois, chargé de tristesse et d’émotion, où le ténor s’autorise quelques nuances bienvenues. Au deuxième acte, c’est avec subtilité qu’il cède par petites étapes au caprice de Dalila.</p>
<p>Saluons également la superbe prestation des chœurs qui caractérisent de façon différenciée les hébreux et les Philistins comme en atteste en particulier tout le début du troisième acte. &nbsp;</p>
<p><strong>Mikhail Tatarnikov</strong> que l’on a entendu la saison passée diriger <a href="https://www.forumopera.com/la-fille-de-neige-paris-bastille-monsieur-tcherniakov-pourquoi-transposer"><em>La Fille de neige</em> à l’Opéra Bastille</a> aborde le premier acte avec des tempi retenus, presqu’en sourdine, conférant au chœur d’entrée une solennité qui tire l’ouvrage vers l’oratorio puis sa battue va crescendo jusqu’au tutti retentissant qui conclut le deuxième acte. Tout au long de l’ouvrage le chef russe se plait à mettre en valeur d’infinis détails, la bacchanale du trois, tout en contrastes échappe à la vulgarité dont on l’accuse parfois. Attentif aux chanteurs, le chef prend soin de ne jamais les couvrir. &nbsp;</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-monte-carlo-charme-et-elegance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jan 2018 02:26:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de son dernier récital parisien, Juan Diego Flórez avait fait goûter au public deux airs des Contes d&#8217;Hoffmann qui donnaient envie d&#8217;en entendre davantage. Pour cette prise de rôle, le ténor péruvien offre un chant racé et stylé, d&#8217;une superbe musicalité, avec un phrasé admirable, témoignage de l&#8217;école belcantiste. L&#8217;aigu est toujours aussi lumineux, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion de <a href="/recital-juan-diego-florez-paris-tce-la-maturite-triomphante">son dernier récital parisien</a>, <strong>Juan Diego Flórez</strong> avait fait goûter au public deux airs des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em> qui donnaient envie d&rsquo;en entendre davantage. Pour cette prise de rôle, le ténor péruvien offre un chant racé et stylé, d&rsquo;une superbe musicalité, avec un phrasé admirable, témoignage de l&rsquo;école belcantiste. L&rsquo;aigu est toujours aussi lumineux, avec un superbe contre-ut à la fin de l&rsquo;air de Kleinzach (ceci dit, autrefois, Alfredo Kraus en rajoutait encore plus). Malgré la petite taille de la salle, le medium reste toutefois en deçà de ce qu&rsquo;on est en droit d’attendre d&rsquo;un rôle qui demande aussi une bonne assise de voix dans la partie centrale. Dans les ensembles, Flórez peine ainsi quelque peu à se faire entendre. On a parfois reproché au chanteur une attitude légèrement compassée sur scène. Rien de cela en Hoffmann : la caractérisation reste très aristocratique (on est à mille lieues du poète tourmenté de Neil Shicoff), mais le jeu des différents actes est bien varié et le personnage – plutôt un jeune homme trop vif – est crédible. Après tout, la Muse ne l&rsquo;a pas encore convaincu de se consacrer à son art. Ajoutons enfin que le français est quasi parfait. </p>
<p><strong>Olga Peretyatko</strong> peine à convaincre dans ces quatre rôles. En Olympia, la voix manque de folie, les variations sont limitées, le trille trop ample, et le suraigu fragile (contre-ré dans l&rsquo;air de la poupée, dans sa tonalité basse, et pour Antonia). Dans cette mise en scène, Hoffmann ne voit qu&rsquo;une poupée lorsqu&rsquo;il ne chausse pas les lunettes magiques dans la première partie de l&rsquo;air. Par conséquent, la soprano chante d&rsquo;abord comme une poupée (de manière insuffisamment mécanique malheureusement), puis comme une personne humaine (avec du <em>legato</em>, donc sans les contre-notes aiguës piquées habituelles), ce qui accentue la frustration. Antonia est interprétée avec musicalité, mais sans émotion. La voix manque de largeur et on a l&rsquo;impression d&rsquo;entendre la Susanna des <em>Nozze di Figaro</em> égarée dans l&rsquo;opéra français. La Giulietta, pourtant plus grave, est en revanche très convaincante, la voix s&rsquo;épanouissant parfaitement. Encore une fois, le français est quasiment toujours compréhensible.</p>
<p><strong>Nicolas Courjal</strong> s&rsquo;inscrit dans la lignée des basses françaises aux timbres clairs, tels Pol Plançon ou Marcel Journet, avec un grave bien sombre. La prononciation est idéale. La basse française sait varier son couleurs et puissance d&rsquo;émission avec intelligence, mais semble parfois détimbrer dans l&rsquo;aigu. L&rsquo;air de Dapertutto est chanté en ré et non en mi, sans aigu final. Choix personnel ou de mise en scène, ses diables nous ont semblés trop narquois et aucunement inquiétants, tirant l&rsquo;ouvrage vers l&rsquo;opérette. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/108-les_contes_dhoffmann_-_selection_plans_larges_-_generales_-_c2018_-_alain_hanel_-_omc_21.jpg?itok=IeP5b0uJ" title="© Alain Hanel" width="468" /><br />
	© Alain Hanel</p>
<p>Le Nicklausse de <strong>Sophie Marilley</strong>, dont le rôle est réduit à deux airs, est bien peu audible (et davantage dans l&rsquo;aigu que dans le grave, et pas seulement dans le suraigu, avec un si naturel impeccable dans l&rsquo;air de la Muse au Prologue). L&rsquo;artiste est en revanche très crédible scéniquement. La voix de <strong>Paata Burchuladze</strong> est désormais bien abimée, rocailleuse dans le grave.  <strong>Rodolphe Briand</strong> est excellent dans les quatre valets, comique sans excès, inquiétant dans l&rsquo;acte de Venise. En Schlemil, <strong>Yuri</strong> <strong>Kissin</strong> est souvent faché avec la justesse. En revanche, le Spalanzani de <strong>Reinaldo Macias</strong> est impeccable et le Luther d&rsquo;<strong>Antoine Garcin</strong> bien campé. En Mère d&rsquo;Antonia, <strong>Christine Solhosse</strong> offre une belle voix au timbre chaud.</p>
<p>La direction de <strong>Jacques Lacombe</strong> laisse perplexe. Il y a parfois de belles choses dans la fosse, techniquement, avec des contre-points originaux qui viennent étonner l’oreille, mais beaucoup de passages sont pris trop vite ou trop lentement. Globalement, la partition ne vit pas. Certains points de passages obligés tombent à plat  (on est à des années-lumière du menuet tel que le faisait danser Georges Prêtre). Au global, l&rsquo;ensemble manque de tension dramatique. On fera la même remarque à propos de la mise en scène de <strong>Jean-Louis Grinda</strong> : il y a plein d&rsquo;idées, pas toutes bonnes du reste, mais qui ne forment pas un tout. Ainsi, les étudiants assistent aux trois actes, comme au spectacle, les interprètes principaux s&rsquo;adressant parfois à eux (effet de distanciation qui détruit l&rsquo;émotion). Autre exemple, Nicklausse semble presque le complice des Diables (c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs lui qui tue Schlemil) comme s&rsquo;il cherchait à donner de la matière à l&rsquo;oeuvre Hoffmann (mais les paroles contredisent cette approche).  La mère d&rsquo;Antonia sort de sa tombe et s&rsquo;adresse à Antonia : les choix traditionnels (voix off, portrait qui s&rsquo;anime&#8230;) nous semblent plus pertinents pour générer de l&rsquo;émotion. Les décors sont extrêment sobres, à l&rsquo;inverse des costumes, spectaculaires et variés et la direction d&rsquo;acteur est impeccable.</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/v1/opera-n18/hoffmann.htm">En raison des déboires de la partition originale</a>, nous disposons aujourd’hui de plusieurs versions plus ou moins potentiellement conformes au projet d’Offenbach. Pour cette représentation, nous entendrons l’air de Nicklause « Voyez-la sous son éventail », tiré de la version Oeser, air dont on sait pertinemment qu’il n’a jamais été écrit pour l&rsquo;ouvrage, à la place de « Une poupée aux yeux d&rsquo;émail » (présent dans la version Choudens, remplacé par Oeser, rétabli par Kaye !) . Nous avons également droit au superbe septuor (composé par Gunsbourg pour Monte-Carlo, en 1904) et intégré aux versions Choudens ultérieures. Il en est de même du célébrissime « Scintille diamant », adapté du <em>Voyage dans la lune </em>d&rsquo;Offenbach (Berlin, 1905), pour remplacer « Tourne, tourne miroir » de la version originale. Les récitatifs sont de Guiraud, composés pour la création en remplacement des dialogues parlés. Le trio «  J&rsquo;ai des yeux », de la version Oeser est rétabli en remplacement de l&rsquo;air apocryphe de la version Choudens (qui utilisait la musique de « Tourne, tourne miroir ») . D’autres pages empruntent à Oeser, Kaye ou Keck, avec le rétablissement de l’apothéose à l’Epilogue. A la fin du Prologue, nous n’entendons plus les chœurs chanter « Écoutons ! il est doux de boire ». Le menuet qui s’intercale avec l’acte I disparait. De même que la musique entre les actes II et III, l&rsquo;air de Giulietta « Vénus dit à Fortune », etc. Nicklausse est privé de « Vois sous l&rsquo;archet frémissant ». Difficile de comprendre la logique de ce mécano, dont le résultat n&rsquo;est pas particulièrement supérieur ou cohérent par rapport à aucune des versions officielles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-monte-carlo-charme-et-elegance/">OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Monte-Carlo</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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