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	<title>Nathalie STUTZMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 07 Mar 2026 07:31:04 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Nathalie STUTZMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Opéra de Munich : la succession est déjà ouverte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/opera-de-munich-la-succession-est-deja-ouverte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 07:31:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>2029 c’est demain à Munich. Le bayerische Staatsoper se met déjà en quête d’un successeur à Vladimir Jurowski, dont il est apparu clairement ces derniers mois que son contrat n’irait pas au-delà de la date fixée contractuellement. Et, c’est bien normal, les spéculations quant à sa succession vont bon train. Plusieurs noms ressortent, d’après le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>2029 c’est demain à Munich. Le bayerische Staatsoper se met déjà en quête d’un successeur à <strong>Vladimir Jurowski</strong>, dont il est apparu clairement ces derniers mois que son contrat n’irait pas au-delà de la date fixée contractuellement.<br />
Et, c’est bien normal, les spéculations quant à sa succession vont bon train. Plusieurs noms ressortent, d’après le toujours bien informé <a href="https://www.merkur.de/kultur/vladimir-jurowski-nachfolge-bayerische-staatsoper-joana-mallwitz-nathalie-stutzmann-thomas-guggeis-zr-94193846.html"><em>Merkur.de</em></a>.<br />
Le premier nom est celui de <strong>Joana Mallwitz</strong> qui a déjà dirigé plusieurs fois à l&rsquo;Opéra national de Bavière. L’ancienne directrice du Théâtre national de Nuremberg, née en 1986, vient en fait de l&rsquo;opéra, même si elle est depuis 2023 cheffe d&rsquo;orchestre principale du Berliner Konzerthausorchester (son contrat court jusqu’en 2029).<br />
L’autre nom qui circule est celui de <strong>Nathalie Stutzmann</strong>. Elle vient de faire ses débuts à l&rsquo;Opéra national de Bavière dans un <em>Faust</em> que <a href="https://www.forumopera.com/?s=faust+munich">Jean Michel Pennetier a qualifié de mémorable</a>. De plus il est fort probable qu&rsquo;elle dirige la nouvelle production de <em>Werther</em> lors de la saison à venir. La carrière de l&rsquo;ancienne contralto a pris un essor considérable ces dernières années et cet été, elle se verra confier la direction d&rsquo;orchestre de <em>Rienzi</em>, l&rsquo;opéra de Wagner qui n&rsquo;a encore jamais été joué au Festspielhaus de Bayreuth.<br />
Cela dit, depuis 2022, Nathalie Stutzmann est à la tête de l&rsquo;Orchestre symphonique d&rsquo;Atlanta et, à partir de cet automne, elle prendra également la direction de l&rsquo;Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. Trop de postes pour une éventuelle directrice musicale générale de l&rsquo;Opéra national de Bavière ?<br />
Enfin l’autre prétendant est <strong>Thomas Guggeis</strong> qui vient de diriger son premier opéra à l&rsquo;Opéra national de Bavière : <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/">la <em>Salomé</em>  incarnée par Asmik Grigorian</a>. Guggeis, né en 1993, est directeur musical général de l&rsquo;Opéra de Francfort depuis l&rsquo;automne 2023. Son contrat actuel est d&rsquo;une durée de cinq ans et expire donc en 2028.<br />
Il est clair que le directeur général <strong>Serge Dorny</strong> aura son mot à dire. Son contrat court jusqu&rsquo;en 2031 à moins qu’il rejoigne prématurément le Festival de Salzbourg, <strong>Markus Hinterhäuser</strong> n’y étant plus en odeur de sainteté.<br />
Affaire à suivre.</p>
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		<title>GOUNOD, Faust – Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-faust-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:07:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand a-t-on assisté pour la dernière fois à une standing ovation pour un chef à la fin d&#8217;un Faust ? Malgré quelques décennies de fréquentation des salles et une bonne quarantaine de représentations de l&#8217;ouvrage, nous n&#8217;en avions pas le souvenir jusqu&#8217;à cette représentation mémorable. L&#8217;hommage est mérité : avec Nathalie Stutzmann, nous redécouvrions la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand a-t-on assisté pour la dernière fois à une standing ovation pour un chef à la fin d&rsquo;un <em>Faust</em> ? Malgré quelques décennies de fréquentation des salles et une bonne quarantaine de représentations de l&rsquo;ouvrage, nous n&rsquo;en avions pas le souvenir jusqu&rsquo;à cette représentation mémorable. L&rsquo;hommage est mérité : avec <strong>Nathalie Stutzmann</strong>, nous redécouvrions la partition du chef d&rsquo;œuvre de Gounod, dans une relecture polymorphe. Les tempos d&rsquo;abord : alors que l&rsquo;usage actuel est davantage un respect strict des indications de la partition, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">la chef</a> française choisit une approche plus libre, imposant des fluctuations expressives (des <em>agogies</em>, si on veut faire le savant) qui viennent bouleverser la linéarité du discours musical. Pour ne donner qu&rsquo;un exemple, « Il était un roi de Thulé » commence avec un tempo un peu vif : Marguerite, lavandière, passe le linge sur une planche à laver, tout en chantonnant pour se distraire durant cette tache peu gratifiante. Le chant est un brin mécanique. Elle se redresse, songeuse, « Il avait bonne grâce, à ce qu&rsquo;il m&rsquo;a semblé » : le tempo s&rsquo;étire subtilement, accompagnant sa réflexion, et ainsi de suite. Stutzmann cisèle également l&rsquo;équilibre orchestral, mettant en avant tel instrument, faisant émerger une ligne plutôt qu&rsquo;une autre, dans un raffinement incroyable et faisant ressortir des sonorités que nous n&rsquo;avions jamais entendues. De même, lorsqu&rsquo;un thème est repris, le rendu orchestral est généralement différent la seconde fois. La chef joue aussi sur la variation des dynamiques. Elle réussit même à nous surprendre avec une page aussi rebattue que « Gloire immortelle de nos aïeux ». Enfin, de par son expérience de chanteuse lyrique, Stutzmann fait respirer l&rsquo;orchestre avec les chanteurs. Non seulement elle ne les met pas en difficulté mais, à l&rsquo;inverse, elle en tire le meilleur. Au final, on reste médusé par la qualité d&rsquo;un tel travail, et on se dit qu&rsquo;il doit malheureusement perdre énormément dans le cadre d&rsquo;une retransmission basique (1). Considérant que Stuzmann excelle dans un répertoire particulièrement large, puisqu&rsquo;elle vient du baroque et qu&rsquo;elle dirige à Bayreuth, on ne peut s&#8217;empêcher de se faire la réflexion suivante : si un opéra cherche un directeur musical, il n&rsquo;y a pas loin à chercher.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/93-Faust_2026_J.Tetelman_K.Ketelsen_c_G.Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209097"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Avec <strong>Jonathan</strong> <strong>Tetelman</strong>, on tranche aussi par rapport aux interprétations récentes du rôle-titre. Loin des jeunes gens rêveurs, son Faust est d&rsquo;une virilité décomplexée telle qu&rsquo;on n&rsquo;en avait pas entendu depuis Franco Corelli ou Richard Leech : comme le Baron de Gondremark dans <em>La vie parisienne</em>, ce Faust veut clairement « s’en fourrer jusque là » ! Théâtralement, ce personnage de séducteur ombrageux lui convient à merveille, et il sait parfaitement faire ressentir l’impatience exaspérée de l’homme qui veut saisir cette opportunité de laisser libre cours à ses pulsions. Le ténor sait également dissocier les caractères des deux Faust en modifiant légèrement son émission au premier acte. Il y donne quelques accentuations inédites, comme un dernier « Rien ! » quasi éructé, qui exprime parfaitement la déréliction de Faust et sa colère sourde face à ce qu’il considère comme une vie ratée. Tout cela est bien entendu très éloigné du style historiquement français (Vezzani, Vanzo, Gedda, Kraus, Alagna&#8230;), mais très efficace dans le cadre d’une représentation. Vocalement, la projection nous a paru plus homogène que précédemment, avec un léger vibrato toutefois, un peu serré. Les aigus sont toujours puissants, mais maitrisés : il n’est pas courant d’entendre une voix qui se consacre principalement au répertoire de ténor <em>spinto</em> lancer aussi crânement le si naturel sur « Ô belle enfant, je t&rsquo;aime » (lors de la fête du deuxième acte) et le contre-ut de « Salut demeure chaste et pur » en les terminant tous deux avec un parfait <em>diminuendo</em>. Il sera intéressant de voir si ce Faust atypique constitue une parenthèse dans les emplois habituels du chanteur chilo-américain, ou s’il constitue une évolution plus durable vers un répertoire moins lourd. <strong>Kyle Ketelsen</strong> est un Méphistophélès faussement diablotin : moqueur, virevoltant, mais surtout manipulateur, sinistre et sans pitié. La basse américaine ne sacrifie toutefois jamais l’expressivité à la qualité du chant. Musique et jeu théâtral sont parfaitement intégrés, au service d’une compréhension fine du texte. Toutes les notes sont parfaitement en place (en particulier la descente chromatique sur des rires sarcastiques qui conclue sa sérénade « Vous qui faites l’endormie »). Sans être d’une puissance exceptionnelle, sa voix remplit suffisamment la salle et reste parfaitement compréhensible grâce à une diction impeccable alliée à une compréhension fine du texte. <strong>Olga</strong> <strong>Kulchynska</strong> campe une Marguerite d&rsquo;une grande finesse, capable de varier l&rsquo;émission ou la couleur de la voix en fonction des situations dramatiques, et toujours à bon escient. Son jeu scénique est fin. Le timbre est légèrement corsé, l&rsquo;aigu franc et la vocalisation impeccable. L&rsquo;articulation reste encore à perfectionner (le soprano ukrainien n&rsquo;a que 35 ans) afin de rendre son français totalement compréhensible, d&rsquo;autant que l&rsquo;accent est tout à fait correct. Interprète régulier de Valentin et seul chanteur français de la distribution, <strong>Florian Sempey</strong> est ce soir en grande forme, avec un chant soigné moins extraverti qu&rsquo;en d&rsquo;autres occasions, en accord d&rsquo;ailleurs avec la noirceur de la production. Au physique, le Siebel d&rsquo;<strong>Emily Sierra</strong> n&rsquo;est pas vraiment androgyne, mais le chant du mezzo cubain est superbe, avec une belle voix bien projetée, au timbre corsée, et qui tranche avec celle de bien bon nombre d&rsquo;interprètes un peu anémiques. On l&rsquo;imaginerait volontiers en Adalgise par exemple. La Dame Marthe de <strong>Dshamilja Kaiser</strong> n&rsquo;est pas la matrone que l&rsquo;on entend souvent. Le mezzo allemand chante très bien et arrive même à nous émouvoir dans ce court rôle dont elle rend bien le caractère pitoyable plutôt que ridicule. <strong>Thomas Mole </strong>sait attirer l&rsquo;attention malgré la brièveté du rôle de Wagner (signalons au passage que ce jeune baryton britannique a été choisi pour être Billy Budd cet été à Glyndebourne).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/203-Faust_J.Tetelman_O.Kulchynska_c_G.Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209099"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">La version donnée restitue un certain nombre de passages souvent coupés au théâtre : la scène de Marguerite au début de l’acte IV, l’air de Siebel qui la suit, la Nuit de Walpurgis, sans ballet mais avec les rares couplets bachiques du ténor, « Doux nectar ». D’une manière générale, on appréciera aussi, jusque dans les plus petits rôles (mais moins pour le chœur), un travail sur le français assez remarquable, tendant à le rendre quasi idiomatique (par exemple, quand Wagner dit « Une seule suffit, pourvu qu’elle soit bonne », Thomas Mole le fait avec une légère gouaille moqueuse de titi parisien).</p>
<p>La production de <strong>Lotte de Beer</strong> et <strong>Florian Hurler</strong> est particulièrement foisonnante, et bien trop riche pour qu’on puisse ici la détailler dans son intégralité. De même que la direction musicale fait qu’on ne sait plus où donner de l’oreille, le travail théâtral fait qu’on ne sait plus où regarder non plus. Le traitement des chœurs en particulier est particulièrement réussi, chaque artiste ayant sa partie à jouer. On notera avec amusement que les paroles « Déposons les armes » du célébrissime <em>Chœur des soldats</em> sont ici prises au pied de la lettre : Valentin et ses amis sont en effet vaincus et ont hissé le drapeau blanc ! Des enfants vêtus d’uniformes trop grands pour eux semblent hélas déjà prêts à les remplacer. L’esthétique allie des costumes évoquant un Moyen-Âge crasseux et un décor stylisé (une tournette et deux pans de murs en « V » qui délimitent trois espaces différents suivant les accessoires ajoutés). Le mouvement de la tournette permet aux interprètes de marcher sur la scène en faisant du surplace, ce qui donne une dynamique certaine, et les déplacements sont parfaitement exécutés. Les décors sont dans une relative pénombre, seuls les solistes étant vivement éclairés (il n’est pas certain que ces clair-obscur passent à la télédiffusion). La mise en scène accentue la noirceur du livret en gommant les intermèdes plus légers (rappelons que la présence de scènes plus légères au sein d’un ouvrage dramatique est courante dans l’opéra français et contribue à l’équilibre du spectacle). Si l’essentiel des didascalies sont respectées, quelques scènes sont travaillées différemment. Pour ne détailler qu’un exemple, la scène de la chambre à l’acte III est un peu chamboulée, en ce sens que le « qui est avec qui et à quel moment » n’est pas nécessairement respectée (ce qui vaut d’ailleurs une adaptation des surtitres). Dame Marthe est présente pendant l’air de Marguerite. C’est elle qui, intriguée par son attitude, la surprend dans ses rêveries et lui fait reprendre son travail de lavandière (avec les changements de tempos que nous avons évoqué plus haut). Lors du duo entre Faust et Marguerite, les aigus de la jeune fille coïncident avec le moment où le jeune homme lui frôle la poitrine. Marguerite donne une potion à Marthe pour l’endormir (fiole obligeamment fournie par Méphisto bien sûr), ce qui conduit à la mort de celle-ci vers la fin du duo d’amour (cette mort n’est pas dans le livret de Barbier et Carré mais figure dans l’œuvre de Goethe, et Berlioz y fait allusion dans sa <em>Damnation</em>) : l’aigu final de Marguerite exprime ici la découverte de ce trépas, et Faust profite de son émotion pour l’enlever. Globalement, la scène est ainsi plus fluide, au lieu d’être une succession de tableaux convenus. La production opte pour un final ambigu (on sait que, dans l’œuvre de Goethe, Faust n’est pas damné) : Méphisto disparait, vaincu ; Marguerite est accueillie par une cohorte de trépassés ; Faust, témoin de sa rédemption et de son pardon, semble terrassé par le remord (plus que par la peur de l’Enfer) mais ne peut les rejoindre : il s’effondre loin d’elle, dans une sorte de purgatoire, perdant sa jeunesse. Le public, assez silencieux tout au long de la soirée, fera une longue ovations aux artistes.</p>
<ol>
<li>
<pre>Il nous revient en mémoire une <em>Dinorah</em> en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dinorah-berlin-meyerbeer-a-berlin-saison-1/">concert</a> qui avait perdu ses effets de spatialisation avec son passage au <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dinorah-la-version-quon-attendait/">disque</a> par la faute des ingénieurs du son.</pre>
</li>
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			</item>
		<item>
		<title>BIZET, Carmen &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que reste-t-il de Carmen si on oublie l’Espagne, les frous-frous et les taureaux ? Une partition puissante. Un propos sur l’amour et la violence. Le portrait d’un homme incapable de se contenir et celui d’une femme sacrifiée à la bêtise et à l’irrationalité. Ces questions peuvent être traitées de deux manières dans une mise en scène : &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Que reste-t-il de <em>Carmen</em> si on oublie l’Espagne, les frous-frous et les taureaux ? Une partition puissante. Un propos sur l’amour et la violence. Le portrait d’un homme incapable de se contenir et celui d’une femme sacrifiée à la bêtise et à l’irrationalité. Ces questions peuvent être traitées de deux manières dans une mise en scène : une approche esthétisante, c’est-à-dire une mise en scène au premier degré qui, en réalité, ne traite rien du tout – ce que reste une mise en scène qui prétendrait s’approprier l’œuvre en la transposant ailleurs ou aujourd’hui – et une approche confrontante – c’est-à-dire l’appropriation du livret pour le mettre à l’épreuve des réels enjeux qu’il porte. Manière de tester la pertinence de l’opéra le plus joué du répertoire. Rien que ça.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Dmitri Tcherniakov</strong> est bien sûr intellectuellement trop ambitieux pour se contenter d’une simple esthétisation de l’intrigue : Don José a tué Carmen et il faut  comprendre pourquoi. Ou tenter, du moins. Et pour comprendre  et expliquer un objet, il faut s’en détacher et le regarder de l’extérieur ; il ne faut pas mettre en scène Carmen, mais proposer une mise en scène <em>sur </em>Carmen.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans un vaste hall art déco, un couple d’apparence bourgeoise, sans doute la petite cinquantaine, consulte. Monsieur n’a plus de désir, madame s’ennuie. Il faut réactiver tout cela (le parallèle avec la proposition du metteur en scène dans son <em>Così fan tutte</em> frappe évidemment) et c’est un jeu qui sauvera la mise : monsieur va jouer à Don José et tous joueront à <em>Carmen</em>. D’emblée la proposition est radicale : la survie du couple bourgeois hétérosexuel suppose de réactiver la part de violence – ce que d’aucuns appellent <em>passion</em> – de monsieur, quitte à mettre à mort madame (la fin de l’histoire qu’ils proposent de jouer est en effet déjà connue). Quand le jeu s’arrête et que le thérapeute constate « un net progrès », c’est toujours à la suite d’un excès de violence de Don José. Comme si celui-ci réintégrait peu-à-peu une norme – ce qui est attendu de lui –, norme qui passe par l’affirmation d’une puissance virile et nocive et qui, cette fois-ci mais cette fois-ci seulement, causera sa perte car le jeu tourne mal.</p>
<p style="font-weight: 400;">La proposition est stimulante, originale et jamais pathétique (on y décèle même une part d’humour). La modification des textes parlés fonctionne et, alors qu’on aurait pu craindre un essoufflement du rythme dû aux changements de situation (dans le jeu ou hors du jeu), l’aller-retour entre fiction et réalité confère une vraie unité dramatique à une œuvre qui, parfois, paraît ne plus être qu’une succession de tubes.</p>
<p style="font-weight: 400;">À la tête de l’orchestre symphonique et des chœurs de la Monnaie, <strong>Nathalie Stutzmann</strong> adopte une lecture dramatique de la partition et pose des choix que l’on n’avait encore jamais entendus : dans l’ouverture, tous les timbres sont mis sur le même plan d’intensité sonore, ce qui apporte une tension extrême – à l’instar du propos sur scène. Dans la suite, l’approche restera toujours tendue sans toutefois sacrifier le mouvement propre à la partition. Malgré quelques décalages qui doivent encore être réglés (première oblige), les chœurs offrent un son uniforme et une belle dynamique dont les ressorts manquent toutefois de subtilité (l’accentuation des consonnes apporte un réel rythme mais frôle la caricature, tandis que certains crescendos donnent un relief appréciable mais semblent franchement exagérés).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen-A_007_BerndUhlig-1294x600.jpeg" alt="" />© Bernd Uhlig</pre>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Eve-Maud Hubeaux </strong>parvient à concilier les antagonismes que la mise en scène exige : elle est davantage une actrice jouant <em>Carmen </em>que, réellement, Carmen. Ce décalage dramaturgique ne sacrifie jamais la musicalité qui s’exprime notamment par un sens du phrasé et un <em>rubato</em> affirmé mais toujours maîtrisé dans la habanera, par exemple. Le timbre est rond et la voix puissante, ce qui passe par un placement de la voix très (et peut-être, d’ailleurs, trop) nasal. Malgré des changements de registre (poitrine, masque, tête) perceptibles, l’ensemble est cohérent et – c’est le principal – percutant.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le Don José de <strong>Michael Fabiano </strong>n’est pas loin de l’idéal. Le son est ample, les (rares) aigus de la partition contenus mais soignés. On est loin, et c’est heureux, du personnage passablement primaire et trop sûr de lui que l’on sert trop souvent. Ici, l’interprétation est ancrée dans la fragilité du personnage, ce qui n’empêche ni le plaisir vocal, ni la fougue – bien au contraire.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Anne-Catherine Gillet</strong> connaît le personnage de Micaëla par cœur et, pourtant, parvient à le réinventer. La « fausse » Micaëla est la « vraie » épouse, celle qui a poussé son mari à participer au jeu-thérapie. Le placement de la voix très en avant, couplé à une clarté naturelle du timbre, résulte en une grande pureté vocale – même si on a déjà entendu plus d’éclats dans ses aigus.</p>
<p style="font-weight: 400;">Escamillo est davantage un vieux beau qu’un fringuant toréador. Le timbre dense et très sombre – à certains égards même, guttural – d’<strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> convient parfaitement à ce parti pris. L’air du toréador n’a pas l’éclat qu’une mise en scène ordinaire réclamerait. Il sonne ici comme un avertissement déjà funeste – n’est-ce, au fond, pas la meilleure lecture de cet air : « prend garde, un œil noir te regarde » ? D’une manière générale, les choix de mise en scène transparaissent d’ailleurs toujours dans l’interprétation musicale, ce qui en dit énormément sur le travail et l’intelligence de chacun dans cette production.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Christian Helmer</strong>, <strong>Pierre Doyen</strong>, <strong>Louise Foor</strong>, <strong>Claire Péron</strong>, <strong>Guillaume Andrieux</strong> et <strong>Enguerrand de Hys </strong>complètent une distribution musicalement et dramatiquement particulièrement intéressante, tandis que Pierre Gramont, en administrateur de la « clinique », assume un rôle clé dans la cohérence de l’intrigue.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bayreuth 2026 : rien ne va plus</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2026-rien-ne-va-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Dec 2024 10:28:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le mauvais vent n’en finit pas de souffler sur la Colline verte. Alors que Katharina Wagner annonçait l’année dernière un programme exceptionnel à l’occasion du jubilé 2026 (les 150 ans du festival de Bayreuth), les choses évoluent aujourd’hui défavorablement. Dans son édition en date du 5 décembre 2024, le journal bavarois Münchner Merkur annonce des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le mauvais vent n’en finit pas de souffler sur la Colline verte. Alors que <a href="https://www.forumopera.com/breve/2026-un-nouveau-ring-pour-les-150-ans-du-festival/">Katharina Wagner annonçait</a> l’année dernière un programme exceptionnel à l’occasion du jubilé 2026 (les 150 ans du festival de Bayreuth), les choses évoluent aujourd’hui défavorablement.<br />
Dans son édition en date du 5 décembre 2024, le journal bavarois <a href="https://www.merkur.de/kultur/richard-wagner-festspiele-verwaltungsrat-begruendet-sparkurs-zr-93453933.html"><em>Münchner</em> <em>Merkur</em> annonce des restrictions budgétaires</a> drastiques qui vont se répercuter sur une programmation qui s’annonçait unique.<br />
Rappelons qu’à l’origine la directrice du Festival avait vu les choses en grand ; l’édition 2026 devait proposer pour la première fois 11 productions : les 10 « classiques » (<em>Holländer</em> ; <em>Lohengrin</em>, <em>Tannhäuser</em>, <em>Tristan</em>, <em>Ring</em>, <em>Meistersinger</em> et <em>Parsifal</em>) auxquelles il fallait ajouter la première représentation de <em>Rienzi</em>.<br />
« L’évolution actuelle des coûts pose de gros défis au Festival », indique dans un communiqué la direction. « Au vu de cette évolution, il semble raisonnable d’adapter la programmation originellement prévue, afin d’assurer la pérennité des programmations des années à venir ». On ne peut être plus clair.<br />
Malgré un auto-financement de 55%, le Festival doit faire face à des coûts de personnel trop importants. La situation économique de l’Etat allemand, de la Bavière, de la ville de Bayreuth et même du mécénat, notamment de la société des amis de Bayreuth (Förderverein der Freunde von Bayreuth), ne permet plus de tabler sur les subventions initialement prévues.<br />
Aussi, au lieu des onze opéras prévus, sept seulement seront présentés en 2026. Les artistes concernés par les annulations semblent n’avoir été prévenus que par la presse, notamment <strong>Nathalie</strong> <strong>Stutzmann</strong> qui devait diriger <em>Tannhäuser</em>. La nouvelle production de <em>Rienzi</em> (avec possiblement <strong>Andreas Schager</strong> dans le rôle-titre) est maintenue, ainsi que les reprises de <em>Fliegender</em> <em>Holländer</em>, <em>Parsifal</em> (avec les lunettes de réalité augmentée), et un <em>Ring</em> « particulier », sans donner plus de détail. Markus Thiel, responsable de la rubrique culture au <em>Münchner</em> <em>Merkur</em>, <a href="https://markusthiel.info/2024/12/05/bayreuther-festspiele-geburtstag-ohne-party/">indique dans son blog</a> que ce <em>Ring</em> « particulier » pourrait être une version « halbszenisch », ce que nous appelons mise en espace. Une chose est certaine, c’en est fini de la production décriée de <strong>Valentin Schwarz</strong>. La prochaine nouvelle production de l’<em>Anneau</em> <em>des Nibelungen</em> est prévue pour 2028. La reprise de <em>Tannhäuser</em> est reportée à 2027.<br />
On savait que le <a href="https://www.forumopera.com/breve/demission-et-remplacement-du-chef-des-choeurs-de-bayreuth/">chœur avait été drastiquement réduit</a> cette année, en passant de 134 à 80 choristes. On parle maintenant d’une « restructuration » de l’orchestre du Festival et de la possibilité de faire appel à des musiciens de l’orchestre symphonique de Bamberg, ville située à 70 km de Bayreuth.<br />
L’ouverture du festival par <strong>Christian Thielemann</strong> dirigeant la 9<sup>e</sup> symphonie de Beethoven (comme Richard Wagner en 1876) est quant à elle maintenue.<br />
Rappelons que Forumopéra sera présent sur l’ensemble des productions du Festival 2025.</p>
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		<title>Concert Nathalie Stutzmann &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-nathalie-stutzmann-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jul 2024 07:41:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la troisième saison consécutive, le Festival de Bayreuth offrait un concert gratuit en plein air dans les jardins du Festspielhaus. Confié à la baguette de Nathalie Stutzmann, le programme nous convie à suivre les voyages de Richard Wagner et les compositions associées, qu&#8217;il s&#8217;agisse des siennes ou de celles d&#8217;autres compositeurs. Quatre chanteurs se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la troisième saison consécutive, le Festival de Bayreuth offrait un concert gratuit en plein air dans les jardins du Festspielhaus. Confié à la baguette de<strong> Nathalie Stutzmann,</strong> le programme nous convie à suivre les voyages de Richard Wagner et les compositions associées, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des siennes ou de celles d&rsquo;autres compositeurs. Quatre chanteurs se partagent le programme vocal : <strong>Catherine Foster</strong>, qui sera Brünnhilde cette saison, le ténor<strong> Tilmann Unger</strong> (qui assure les doublures de sa tessiture), le baryton <strong>Michael Kupfer-Radecky</strong> (Gunther dans le <em>Götterdämmerung</em>) et le baryton <strong>Birger Radde</strong> (Melot dans la nouvelle production de <em>Tristan und Isolde</em>).</p>
<p>Le concert est très correctement sonorisé et l&rsquo;espace public divisé en deux zones : une première, réduite, devant la scène (qui dispose d&rsquo;un écran), délimitée par une rangée d&rsquo;arbres ; une seconde, derrière cette rangée d&rsquo;arbres, plus étendue, d&rsquo;où l&rsquo;on ne peut suivre le concert que sur un autre écran. Toutes les générations sont représentées, ce qui atteste du succès populaire de l&rsquo;opération. Malheureusement, certains spectateurs ne sont pas foncièrement disciplinés (ce qui peut énerver l&rsquo;habitué des concerts) : ils se lèvent à tout moment, tiennent de longues conversation à voix haute au téléphone, parfois en mettant le haut-parleur parce que la musique les empêche d&rsquo;avoir une conversation tranquille. Des retardataires errent avec leur chaise au milieu de spectateurs installés avec leur pique-nique depuis deux heures&#8230; C&rsquo;est la loi de ce genre d&rsquo;événement. Sinon, la majorité des spectateurs est attentive et fait un excellent accueil aux artistes : Bizet, Boieldieu et Lloyd Webber triomphent de Wagner à l&rsquo;applaudimètre ! Cerise sur le gâteau, il fait beau et le sol est sec. La captation vidéo est d&rsquo;excellente qualité, alternant des plans de la chef, des chanteurs, des instrumentistes, et un drone filme le tout, donnant l&rsquo;image impressionnante d&rsquo;un long ruban étalé sur tout un côté de la «Colline sacrée » : quel dommage que tout ce travail ne soit pas disponible en retransmission ou en streaming.</p>
<p>La soirée débute par le célébrissime prélude de la <em>Suite pour violoncelle n°1</em> de Jean-Sébastien Bach (excellent soliste non crédité), ce dernier compositeur étant mort à Leipzig, ville où est né Richard Wagner (c&rsquo;est un peu tiré par les cheveux). L&rsquo;orchestre offre ensuite l&rsquo;<em>Ouverture pour Faust </em>en ré mineur, rare œuvre de jeunesse de Richard Wagner, composée entre 1839 et 1840, c&rsquo;est-à-dire quand il avait moins de 30 ans. Catherine Foster s&rsquo;essaie au «&nbsp; Dich, teure Halle » de <em>Tannhaüser</em>, mais la chanteuse est prise un peu à froid et son vibrato n&rsquo;est pas très régulier. Nathalie Stuzmann offre ensuite une interprétation absolument passionnée de l&rsquo;ouverture de <em>Rienzi</em>, un ouvrage qui devrait faire ses débuts au Festspielhaus en 2026 à l&rsquo;occasion du 150e anniversaire du festival. Rappelons en effet que Richard Wagner avait jugé ses trois premiers opéras (<em>Das Liebesverbot</em>, <em>Die Feen</em> et <em>Rienzi</em>) indignes du festival : néanmoins, pour le bicentenaire du compositeur, en 2013, les trois ouvrages y furent donnés (<em>Die Feen</em> en version concertante seulement), mais à l&rsquo;Oberfrankenhalle (qui accueille habituellement l&rsquo;équipe de basket locale) et avec les forces de l&rsquo;Opéra de Leipzig. Catherine Foster et Michael Kupfer-Radecky chantent ensuite le duo du <em>Fliegende Holländer</em>, « Wie aus der Ferne ». La voix du baryton est superbe (avec toutes les réserves que l&rsquo;on peut faire en raison de la sonorisation : nous n&rsquo;y reviendront pas) et laisse présager d&rsquo;un Gunther bien corsé. En revanche, Senta n&rsquo;est pas Brünnhilde, et Catherine Foster n&rsquo;en a pas vraiment la souplesse ni l&rsquo;aigu. Entendre l&rsquo;orchestre du Festspielhaus, à Bayreuth, jouer les ouvertures de <em>La Dame blanche</em> (un ouvrage que Wagner appréciait toutefois vivement) et de <em>Carmen</em> (que Nietzsche présentait comme un antidote aux langueurs wagnériennes) a un côté savoureux et quelque peu surréaliste : il ne manque plus que <em>La Muette de Portici</em> d&rsquo;Auber. Sous la baguette vivace de Stutzmann, la formation y est absolument impeccable, démontrant une légèreté, une &nbsp;souplesse et une vivacité qui ne sont pas souvent sollicitées dans son répertoire habituel. Birger Radde offre entre ces deux pages un « Ya vas lyublyu » de <em>La Dame de Pique&nbsp;</em>d&rsquo;une suprême élégance. Tilmann Unger chante ensuite un extrait du&nbsp;<em>Phantom of the Opera,</em> « The Music of the Night ». Le choix peut paraître étrange, mais il s&rsquo;agit ici de rendre hommage à Stephen Gould, <a href="https://www.forumopera.com/breve/mort-de-stephen-gould-1962-2023/">mort l&rsquo;année dernière</a>, qui commença sa carrière dans la comédie musicale avant de s&rsquo;orienter vers les rôles wagnériens, devenant l&rsquo;un des meilleurs <em>Heldentenors</em> bayeureuthiens de sa génération. La musique est accompagnées d&rsquo;émouvantes photos du ténor, depuis sa plus tendre enfance jusqu&rsquo;à ses dernières années. C&rsquo;est à ce type d&rsquo;hommages qu&rsquo;on reconnait les grandes maisons. Le scherzo de la Symphonie n°7 d&rsquo;Anton Bruckner offre une montée en tension impressionnante, nouveau témoignage de la versatilité de Stutzmann. Tilmann Unger et Birger Radde sont ensuite plus enthousiasmants dans leur duo de &nbsp;<em>Don Carlo,</em> « Dio, che nell’alma ». Catherine Foster retrouve la plénitude de ses moyens avec le <em>Liebestod</em> de <em>Tristan und Isolde</em> qui lui sied parfaitement. Franz Liszt, le beau-père de Richard Wagner et père de Cosima, a droit à une belle exécution du rare <em>Von der Wiege bis zum Grabe</em> (<i>Du berceau à la tombe) </i>page assez sombre avant que Tilmann Unger et Michael Kupfer-Radecky n&rsquo;offrent un « Blühenden Lebens labendes Blut » impressionnant. Enfin, la soirée se termine avec le prélude de <em>Parsifal</em> : là encore, on sent que Stutzmann aura des choses à nous dire dans cet ouvrage et la chef impressionne par la diversité des répertoires qu&rsquo;elle défend avec talent (il parait que l&rsquo;Opéra de Paris cherche un directeur musical).</p>
<p>La soirée de plus de deux heures est animée par Axel Brüggemann. Très à l&rsquo;aise avec le public, Brüggemann descend parmi les spectateurs s&rsquo;offrant, de ci de là, une bouchée ou une gorgée auprès des pique-niqueurs. Il expliquera les relations entre les pages choisies et le thème du voyage, les liens n&rsquo;étant pas toujours évidents. Il interviewera également les artistes, ce qui permettra à Nathalie Stutzmann d&rsquo;expliquer avec humour qu&rsquo;elle venait à Bayreuth pour tenter d&rsquo;effacer la honte du traitement subi par Wagner à Paris en 1861 à l&rsquo;occasion de la création locale de son <em>Tannhaüser</em>. Il comptera également quelques anecdotes, rappelant par exemple les souvenirs de Tchaikovski qui assista au premier festival en 1876 : « La petite ville n&rsquo;est pas capable de nourrir ses visiteurs. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai appris, dès les premiers jours de mon séjour le sens des mots <em>lutte pour sa survie</em>. On ne peut trouver un petit bout de pain ou une bière qu&rsquo;avec d&rsquo;immenses difficultés, au prix d&rsquo;une lutte terrible, d&rsquo;un rusé stratagème ou grâce à une patience de fer. Pendant toute la durée du festival, la nourriture constitue le principal centre d&rsquo;intérêt du public, l&rsquo;aspect artistique passant au second plan. Côtelettes, pommes de terre rôties, omelettes&#8230; sont des sujets de conversations plus vifs que ceux concernant la musique de Wagner ». Si la quantité est aujourd&rsquo;hui heureusement au rendez-vous, la qualité gastronomique n&rsquo;a pas beaucoup évolué depuis cette époque, et force est de constater que la saucisse reste le plat incontournable des entractes.</p>
<p>Le programme est redonné le 30 juillet.</p>
<p><strong>[AJOUT]</strong> Le 30 Juillet, Catherine Foster ayant renoncé à sa participation au concert, elle a été remplacée par Christina Nilsson pour Elisabeth de <em>Tannhaüser</em> et pour le reste par Brit-Tone Müllertz (actuellement Orlinde dans <em>Die</em> <em>Walküre</em>). Christina Nilsson est annoncée en Eva des Meistersinger la saison prochaine.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser – Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2024 05:37:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de Tobias Kratzer aura laissé des impressions très contrastées à l&#8217;équipe de Forumopera.com : nous étions sceptiques en 2019, Charles Siegel l&#8217;avait trouvée captivante en 2022 et Roselyne Bachelot l&#8217;avait beaucoup appréciée en 2023 ! Pour l&#8217;essentiel, cette nouvelle édition ne change pas fondamentalement notre opinion : le spectacle est drôle et brillant, mais plus &#8230;</p>
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<p>Créée en 2019, la production de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Tobias Kratzer</strong><span class="apple-converted-space"> </span>aura laissé des impressions très contrastées à l&rsquo;équipe de Forumopera.com : <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-bayreuth-la-colline-accouche-dune-souris/">nous étions sceptiques en 2019</a>,<span class="apple-converted-space"> </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth-wagner-circus-ou-la-societe-du-spectacle/">Charles Siegel</a><span class="apple-converted-space"> </span>l&rsquo;avait trouvée captivante en 2022 et<span class="apple-converted-space"> </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth/">Roselyne Bachelot</a> l&rsquo;avait beaucoup appréciée en 2023 ! Pour l&rsquo;essentiel, cette nouvelle édition ne change pas fondamentalement notre opinion : le spectacle est drôle et brillant, mais plus potache que subversif. Il ne scandalise personne : c&rsquo;est au contraire l&rsquo;une des productions les mieux accueillies du festival. Passé l&rsquo;agacement de la première (nous préférons les<span class="apple-converted-space"> </span><em>Tannhaüser</em><span class="apple-converted-space"> </span>tragiques, que voulez-vous&#8230;), on apprécie une direction d&rsquo;acteurs au cordeau, une prouesse technique dans l&rsquo;entremêlement des vidéos et de la scène, ainsi que la finesse et l&rsquo;à-propos de la plupart des gags. Certains ont d&rsquo;ailleurs disparu : en 2019, l&rsquo;un des acolytes de Venus, le Gateau Chocolat (sans accent circonflexe), s&rsquo;arrêtait un brin libidineux devant de portrait de Christian Thielemann, son collègue, Oskar, lui, demeurait saisi devant celui de James Levine&#8230; Plus rien de tout ça dans cette dernière édition, un peu plus sage. Autre modification importante dans la vidéo qui accompagne l&rsquo;ouverture : à l&rsquo;arrière de la camionnette Citroën qui emmène nos rebelles, Oskar se serre un schnaps et lève son verre pour porter un toast. La caméra se tourne et montre alors le portait fleuri de Stephen Gould, créateur du rôle-titre de la production, <a href="https://www.forumopera.com/breve/mort-de-stephen-gould-1962-2023/">disparu prématurément le 20 septembre 2023</a> : difficile de ne pas avoir le cœur serré d&rsquo;émotion devant cet hommage d&rsquo;une belle simplicité à l&rsquo;un des plus grands interprètes du rôle, pilier de l&rsquo;institution. Au premier entracte, Oskar et le Gateau Chocolat proposent un long numéro au bord de l&rsquo;étang qui est en bas du parc du Festspielhaus : Oskar pagayant et jouant du tambour, courageusement embarqué sur un bateau gonflable, le Gateau Chocolat interprétant quelques tubes d&rsquo;une belle voix de basse. Entre autres : « I am what I am », extrait de la comédie musicale<span class="apple-converted-space"><i> </i></span><em>La Cage aux</em><span class="apple-converted-space"> </span><em>folles (</em><span class="apple-converted-space">morceau </span>ultérieurement popularisée par Gloria Gaynor), « If you wannabe my lover » des Spices Girls, et  même l&rsquo;air d&rsquo;entrée d&rsquo;Elisabeth dans<span class="apple-converted-space"> </span><em>Tannhaüser</em>, « Dich, teure Halle » !  Venus vient également se joindre à la troupe pour chanter « Sing dein Lied » de Nana Mouskouri (<a href="https://m.youtube.com/watch?v=fO3AJ38EpFU">« Finis ta chanson sans moi » dans sa version française</a>). Tout ceci devant un public majoritairement en habit de soirée et sirotant sa coupe de<span class="apple-converted-space"> </span><em>Sekt</em>.</p>
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<p><strong>Klaus Florian Vogt</strong><span class="apple-converted-space"> chante Tannhaüser depuis quelques années (prise de rôle en 2017 à Munich dans la production de Romeo Castellucci sous la baguette de Kirill Petrenko et aux côtés d&rsquo;Anja Harteros). Le ténor allemand</span> l&rsquo;avait notamment interprété dans cette production la saison dernière (et la veille à Munich : ces gens sont surhumains). Nous avouons que nous étions sceptiques quant à l&rsquo;adéquation de ce chanteur réputé pour sa voix angélique, presque blanche, surtout succédant à Stephen Gould et à une pléthore de <em>Heldentenors</em> du même métal. Pour donner sa chance à cette proposition originale, il faut d&rsquo;abord accepter d&rsquo;oublier toute référence à la tradition des grandes voix du passé. Nous avons l&rsquo;habitude des gros durs, libidineux au premier acte, repentis par la suite : un Tannhaüser encore presque adolescent, partagé d&rsquo;une part entre les plaisirs d&rsquo;une jeunesse débridée, une classique révolte contre la société, et d&rsquo;autre part la tentation de s&rsquo;assagir, le besoin de trouver des repères, de s&rsquo;identifier à des valeurs, c&rsquo;est après tout une situation banale de la jeunesse moderne. À 54 ans, le ténor allemand n&rsquo;a certes plus le physique d&rsquo;un adolescent, mais la voix reste d&rsquo;une étonnante fraîcheur et la projection a peu à envier aux grosses pointures du festival. On retrouve également, surtout en première partie, le défaut de soutien habituel chez ce chanteur, qui induit un phrasé haché, dépourvu de legato. Le défaut est moins rédhibitoire à l&rsquo;acte II qui lui impose un maximum d&rsquo;engagement dramatique face à la masse des divers protagonistes qui s&rsquo;opposent à lui, et disparait quasiment au dernier acte dont il offre une interprétation sincère et bouleversante, non pas hallucinée comme celle de Stephen Gould, mais désespérée, celle d&rsquo;un être dépassé par les événements (là encore, on pourrait faire le parallèle avec le suicide chez les adolescents). Elle aussi présente à Munich la veille (!),<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Elisabeth Teige</strong><span class="apple-converted-space"> </span>est une Elisabeth d&rsquo;une grande intensité qui sait utiliser son vibrato rapide à des fins dramatiques (ce qui n&rsquo;était pas le cas de sa devancière dans la production, Lise Davidsen, nettement plus fade). La voix est de bonne taille, plutôt lyrique, le timbre est intéressant, la présence lumineuse. Ses talents d&rsquo;actrice sont indéniables dans cette méta mise en scène :  au deuxième acte par exemple, nous assistons à une représentation (perturbée) de l&rsquo;opéra et l&rsquo;interprète doit être à la fois l&rsquo;oie blanche traditionnellement attendue et la cantatrice excédée par le désordre du spectacle.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Irene Roberts</strong><span class="apple-converted-space"> </span>campe une Venus saisissante d&rsquo;aisance scénique et vocale. On retrouvera cette même énergie pour le mini show au bord du lac. La voix est bien projetée, le timbre agréable et chaud, celui d&rsquo;un vrai mezzo. Quelle évolution depuis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-huguenots-berlin-deutsche-oper-pari-gagne-pour-florez/">son espiègle Urbain des<span class="apple-converted-space"> </span><em>Huguenots</em></a><span class="apple-converted-space"> </span>d&rsquo;il y a quelques années, tout aussi détonnant ! Encore une artiste à suivre.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Günther Groissböck</strong><span class="apple-converted-space"> </span>est un Hermann de luxe. Des chanteurs de la Warburg on retiendra en particulier le lumineux ténor<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Siyabonga Maqungo</strong><span class="apple-converted-space"> </span>(en Walther von der Vogelweide) dont on suivra la carrière avec intérêt. <strong>Markus Eiche</strong> est en revanche un Wolfram un peu terne, propret, bien chantant mais trop appliqué. Côté chœurs, on appréciera la vigueur des artistes masculins mais les sopranos ont un peu de mal à toutes atteindre le si naturel de l&rsquo;acte II.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Nathalie Stutzmann</strong><span class="apple-converted-space"> </span>offre une interprétation vibrante et passionnée, d&rsquo;un romantisme assumé. Dès le début, elle trouve des couleurs et des effets dramatiques inédits, tels ces violons presque acides, comme pris de folie, dont les aigus viennent submerger le reste de l&rsquo;harmonie au plus fort de l&rsquo;hystérie de l&rsquo;ouverture. Forte de son expérience de chanteuse lyrique, elle sait ainsi faire chanter son orchestre comme un authentique acteur du drame, et en parfaite adéquation avec le plateau. On a hâte de la réentendre, en particulier dans de nouvelles œuvres lyriques.</p>
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		<title>Jaho, Stutzmann, Spyres, Dubois&#8230; : le palmarès des OPER! AWARDS 2024</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jaho-stutzmann-spyres-dubois-le-palmares-des-oper-awards-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 07:22:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les lauréats des OPER ! AWARDS 2024 ont été annoncés hier, lundi 29 janvier 2024, lors d’une cérémonie organisée à Amsterdam Parmi les lauréats des principales catégories figurent la soprano albanaise Ermonela Jaho (meilleure interprète féminine), le ténor américain Michael Spyres (meilleur interprète masculin), la chef d&#8217;orchestre française Nathalie Stutzmann (meilleur chef d&#8217;orchestre) et l’album &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les lauréats des OPER ! AWARDS 2024 ont été annoncés hier, lundi 29 janvier 2024, lors d’une cérémonie organisée à Amsterdam Parmi les lauréats des principales catégories figurent la soprano albanaise <strong>Ermonela Jaho</strong> (meilleure interprète féminine), le ténor américain <strong>Michael Spyres</strong> (meilleur interprète masculin), la chef d&rsquo;orchestre française <strong>Nathalie Stutzmann</strong> (meilleur chef d&rsquo;orchestre) et <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/so-romantique-cyrille-dubois/">l’album <em>So Romantique !</em></a> de <strong>Cyrille Dubois </strong>(meilleur album). <strong>Waltraud Meier</strong> a reçu un prix honorifique pour l&rsquo;ensemble de la carrière (voir palmarès complet ci-dessous) et le prix Golden Rasperry épingle la programmation timide de certaines maisons d&rsquo;opéra.</p>
<p>Les OPER ! AWARDS récompensent chaque année les meilleurs artistes et institutions de la scène lyrique internationale. Les lauréats de vingt catégories sont sélectionnés par un jury de journalistes musicaux. La cérémonie de remise des prix avait lieu pour la première fois hors d’Allemagne.</p>
<p>BEST OPERA COMPANY: Dutch National Opera<br />BEST FEMALE SINGER: Ermonela Jaho<br />BEST MALE SINGER: Michael Spyres<br />BEST CONDUCTOR: Nathalie Stutzmann<br />BEST DIRECTOR: Lydia Steier<br />BEST ORCHESTRA: Orchestra del Teatro alla Scala di Milano<br />BEST CHOIR: The Monteverdi Choir<br />BEST WORLD PREMIERE: <i>Lili Elbe</i>, Konzert und Theater St. Gallen<br />BEST PRODUCTION: <i>The Greek Passion</i>, Salzburg Festival<br />BEST STAGE DESIGNER: Paul Zoller<br />BEST COSTUME DESIGNER: Klaus Bruns<br />BEST SOLO ALBUM: Cyrille Dubois – <i>So Romantique!</i><br />BEST OPERA RECORDING: <i>La princesse de Trébizonde</i> (Opera Rara)<br />BEST NEWCOMER: Huw Montague Rendall<br />BEST REDISCOVERY: <i>Ivan IV.</i>, Staatstheater Meiningen<br />BEST FUTURE PROJECT: Green Opera, La Monnaie / De Munt Brussels<br />BEST FESTIVAL: Bayreuth Baroque<br />HONORARY LIFETIME ACHIEVEMENT: Waltraud Meier<br />BEST BENEFACTOR: Foundation of the Royal Opera of Versailles<br />GOLDEN RASPBERRY FOR THE BIGGEST NUISANCE: Programmatic timidity of some opera houses</p>
<p> </p>
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		<title>Bayreuth 2024 : Simone Young première femme à diriger le Ring</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2024-simone-young-premiere-femme-a-diriger-le-ring/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jan 2024 16:37:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur son site officiel, le Festival de Bayreuth fait part d’un changement de cast hautement symbolique pour l’édition 2024. En effet, on apprend que Simone Young sera la première femme à diriger une Tétralogie sur la Colline verte&#160;; ce changement intervient alors que Philippe Jordan, initialement prévu, déclare forfait «&#160;à son grand regret&#160;». On n’a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sur son site officiel, le Festival de Bayreuth fait part d’un changement de cast <a href="https://www.bayreuther-festspiele.de/festspiele/news/2024/16244/">hautement symbolique</a> pour l’édition 2024. En effet, on apprend que <strong>Simone Young</strong> sera la première femme à diriger une Tétralogie sur la Colline verte&nbsp;; ce changement intervient alors que <strong>Philippe Jordan</strong>, initialement prévu, déclare forfait «&nbsp;à son grand regret&nbsp;». On n’a guère plus d’explications si ce n’est que «&nbsp;d’autres engagements rendent malheureusement impossible&nbsp;» sa présence à Bayreuth. On a tout de même hâte de savoir quels sont ces engagements&nbsp;! A l’heure où nous rédigeons ces lignes, Bayreuth figure toujours sur l’agenda du chef suisse, selon le site <a href="https://www.operabase.com/artists/philippe-jordan-14146/fr">Operabase</a>. De même que Jordan est toujours attendu en mars à Berlin, pour la reprise au Staastoper du Ring de Tcherniakov.<br />
Simone Young fera ainsi ses débuts à Bayreuth et, pour cette édition 2024, ce sera la première fois que les cheffes d’orchestre seront plus nombreuses que les chefs. On retrouvera en effet, outre Simone Young, <strong>Oksana Lyniv</strong> et <strong>Nathalie Stutzmann</strong>. Chez les hommes <strong>Semyon Bychkov</strong> et <strong>Pablo</strong> <strong>Heras-Casado</strong> seront au pupitre.</p>
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		<title>Dix propositions pour remplacer Dudamel à l&#8217;Opéra de Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-propositions-pour-remplacer-dudamel-a-lopera-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Aug 2023 07:32:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plusieurs facteurs explicatifs émergent çà et là. Les « raisons personnelles » et familiales invoquées par le chef ne semblent guère convaincre. En revanche, les lourdeurs administratives de la Grande Boutique pourraient eu avoir raison de la patience d’un chef habitué aux maisons américaines. Ainsi, des tournées prévues (Etats-Unis, Angleterre…) n’ont pu être honorées faute &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs facteurs explicatifs émergent çà et là. Les « raisons personnelles » et familiales invoquées par le chef ne semblent guère convaincre. En revanche, les lourdeurs administratives de la Grande Boutique pourraient eu avoir raison de la patience d’un chef habitué aux maisons américaines. Ainsi, des tournées prévues (Etats-Unis, Angleterre…) n’ont pu être honorées faute d’accords sociaux pour les encadrer. Frustrant. On sait en outre que le chef vénézuélien est engagé ailleurs : il est le directeur musical de l’orchestre de Los Angeles (c’est loin) et de l’orchestre Simon Bolivar. En 2026, il prendra les rênes du New York Philharmonic (c’est loin aussi). En outre sa famille est basée à Madrid. Résultat : les apparitions programmées du chef étaient finalement peu fréquentes. Son engagement à s’investir dans des programmes d’éducation musicale en France ajoutait probablement au stress de cette ubiquité. Sans doute y a-t-il quelque sagesse personnelle dans cette décision, mais on est en droit de la regretter pour l’Opéra et ses équipes. Après le départ surprise d’Aurélie Dupont, Alexander Neef avait su avec patience et résolution trouver un remarquable directeur de la danse pour la remplacer. Gageons qu’il saura mettre ces vertus au service de la quête du successeur de Gustavo Dudamel. Forumopera propose dix scénarios de remplacement.</p>
<p><strong>Alain Altinoglu<br />
</strong>Avec un parcours aussi irréfutable côté opéra (il est le Directeur musical de La Monnaie de Bruxelles depuis 2016 et il vient d&rsquo;être prolongé jusqu&rsquo;en 2031) qu&rsquo;en symphonique (actuel Directeur musical du HR-Sinfonieorchester de Francfort), Alain Altinoglu vient en outre de boucler avec brio son premier Festival international de Colmar&#8230; Habitué des plus grandes scènes lyriques mondiales (Vienne, le Met, Aix, Munich, Bayreuth, etc.), ce prodige de la baguette n&rsquo;a qu&rsquo;un seul défaut : son agenda est déjà bien rempli ! (JJG)<img decoding="async" class="size-medium wp-image-106090 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Altinoglu1-1-300x238.jpg" alt="" width="300" height="238" /><strong><br />
</strong></p>
<p><strong>Herbert Blomstedt</strong><br />
De l’expérience, enfin de l’expérience ! Voilà ce que les chasseurs de tête mandatés par l’Opéra de Paris ont noté et stabiloté sur leurs petits calepins à l’effigie de <em>Lloyd, Lloyd, Lloyd and Associates</em>, la première agence de consulting lyrique de Californie (elle fait partie des célèbres <em>Big Four</em>, à côté de <em>Williams &amp; Williams</em>, de <em>Prize Waterfront Cougar</em> et de <em>Heart &amp; Young</em>). Pour en finir avec l’indécision des jeunes chefs qui, sitôt engagés quelque part, s’inquiètent déjà de leur prochaine chaire, ce qu’Alexandre Neef souhaite, c’est un peu de sagesse. En ce sens, Herbert Blomstedt (96 ans), doyen des chefs d’orchestre de premier rang, semble tout désigné. Son premier poste de directeur musical remonte à 1954, même s’il est nécessaire de souligner que son expérience opératique reste à démontrer. (CDR)<img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-78066 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/blomstedt110310_0-300x169.jpg" alt="© DR" width="300" height="169" /></p>
<p><strong>Maxime Pascal</strong><br />
Ce qui frappe le plus lorsque l’on voit Maxime Pascal diriger un opéra du cycle<em> Licht, Die sieben Tage der Woche </em>(1) de Karheinz Stockhausen, c’est l’intense concentration des membres de son orchestre et leur intense jubilation à la fin de la représentation. Or, le vrai talent d’un directeur musical ne réside pas tant dans ses seules qualités artistiques et musicales, mais dans ses facultés d’entraînement et de motivation, sa capacité à donner du sens. Bref, même si le mot peut blesser certaines oreilles, un bon directeur musical est d’abord un manager de qualité. Trop jeune ? James Levine avait 32 ans quand il fut nommé à la tête du Metropolitan Orchestra et il en fit un des meilleurs orchestres d’opéra du monde. Trop concentré sur la musique de son époque ? C’était le cas d’Arturo Toscanini qui dirigea les créations mondiales ou locales d’œuvres de Richard Strauss, Puccini, Debussy, Leoncavallo et bien d’autres, tout en ressuscitant triomphalement Don Pasquale à la Scala, un ouvrage à l’époque totalement déconsidéré. Attendu au tournant par une formation exigeante, et qui l’est même doublement pour un chef français ?</p>
<p><figure id="attachment_139695" aria-describedby="caption-attachment-139695" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-139695" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0414-300x201.webp" alt="Maxime Pascal, Le Balcon" width="300" height="201" /><figcaption id="caption-attachment-139695" class="wp-caption-text">Maxime Pascal  Le Balcon</figcaption></figure></p>
<p>Maxime Pascal a déjà dirigé avec succès l’orchestre de l’ONP. Un défaut ? Certes, ce n’est pas une femme, mais, pour reprendre la conclusion de<em> Certains l’aiment chaud</em> : « Personne n’est parfait ! ». (JMP)</p>
<pre>(1) Il y a 7 opéras dans le cycle mais on n’est pas non plus obligé d’y passer la semaine.</pre>
<p><strong>Raphaël Pichon</strong><br />
Et si le futur directeur musical de l’Opéra national de Paris était un baroqueux ? On connaît de longue date les relations houleuses entre les musiciens de l’orchestre et les chefs invités venus de la musique ancienne. On se souvient par exemple du départ précipité d’Emmanuelle Haïm, suite à une mésentente insolvable lors des répétitions d’<em>Idomeneo</em> en 2010. Il n’empêche : la venue de Raphaël Pichon permettrait une rupture franche, en insufflant un vent de jeunesse dans l’institution, et en renouvelant les pratiques orchestrales. Ce serait également un choix commercial astucieux : les productions baroques cartonnent chaque saison, il n’y a qu’à voir la récente série d’<em>Ariodante</em> à guichets fermés. D’ailleurs, d’autres institutions commencent à miser sur le jeune chef français (38 ans). Raphaël Pichon dirige cet été rien que moins que la nouvelle production mozartienne de l’édition 2023 du Festival de Salzbourg, à la tête du prestigieux Wiener Philharmoniker dans <em>les Noces de Figaro</em>, pour huit représentations. Un signe ? (YJ)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-96762 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/rpichon_by_manuel_braun-240x300.jpg" alt="Raphaël Pichon © Manuel Braun" width="240" height="300" /></p>
<p><strong>Speranza Scappucci</strong><br />
Speranza Scappucci est l&rsquo;une des cheffes lyriques actuelles les plus intéressantes et les plus douées, dont le nom, sans esbroufe ni grands renforts de marketing, s&rsquo;affiche dans de très nombreuses maisons d&rsquo;opéra à travers le monde, en Europe comme en Amérique du Nord. Elle ne dirige pourtant que depuis une dizaine d&rsquo;années après s&rsquo;être longtemps consacrée au travail de répétitrice notamment aux côtés de Riccardo Muti à Salzbourg mais aussi au Met, à Glyndebourne ou à Chicago. Elle est l&rsquo;une des premières femmes à avoir dirigé l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Vienne et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à elle qu&rsquo;on fait appel peu après pour remplacer Semyon Bychkov pour le très select Wiener Opernball, 5 ans à peine après ses débuts sur un podium. Directrice musicale de l&rsquo;Opéra royal de Wallonie pendant plusieurs années, elle vient d&rsquo;être nommée cheffe principale invitée de Covent Garden et a fait ses débuts presque simultanément dans la fosse du Metropolitan Opera et de la Scala de Milan, première italienne à y diriger sous les vivats du public. Ses débuts à l&rsquo;Opéra National de Paris dans une reprise des <em>Capuleti e i Montecchi</em> de Bellini lui ont valu un vif succès, de même qu&rsquo;un récital mémorable avec Marina Rebeka et Karine Deshayes dont elle s&rsquo;est montrée une accompagnatrice très attentive, mais durant lequel sa direction précise et animée a été particulièrement remarquée. C&rsquo;est une authentique cheffe lyrique qui ne dédaigne pas diriger des concerts symphoniques mais qui devrait sans doute élargir son répertoire aujourd&rsquo;hui très cantonné à l&rsquo;opéra italien, bien qu&rsquo;elle fasse quelques incursions dans les œuvres françaises (Poulenc par exemple). Sa longue expérience de répétitrice et de connaisseuse intime du travail de préparation des orchestres de fosse, puis de directrice musicale d&rsquo;une maison importante, en feraient une candidate très sérieuse pour Paris, loin du star-system clinquant qui ne dure qu&rsquo;un temps. (CM)</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-67247 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sscapucci-300x188.jpg" alt="Speranza Scappucci © DR" width="300" height="188" /></p>
<p><strong>Markus Stenz</strong><br />
Si l&rsquo;on pense, avec Albert Einstein, que la folie consiste à faire toujours la même chose en espérant obtenir à chaque fois un résultat différent, la sagesse devrait peut-être inciter les autorités compétentes à chercher pour l&rsquo;Opéra de Paris un nouveau directeur musical bien distinct du précédent, si l&rsquo;objectif est qu&rsquo;il soit fidèle au poste, pleinement impliqué, prêt à s&rsquo;engager dans la durée.<br />
Alors interrogeons-nous : à qui donc pourrait bien ressembler un anti Gustavo Dudamel ? Pour imparfaite que soit la science du portrait-robot, le résultat semble sans appel : on tombe sur Markus Stenz. Le premier est une star courtisée par les orchestres les plus glamours de la planète, le second préfère la collaboration à long terme avec une même phalange ; le répertoire de l&rsquo;un se concentre surtout sur la musique symphonique, celui de l&rsquo;autre, après onze ans à la tête du Gurzenich de Cologne, n&rsquo;ignore rien de l&rsquo;art lyrique, jusqu&rsquo;à ses recoins les plus exigeants où se cachent Hans Werner Henze et Kurt Weill. Seul point commun que partagent Stenz avec Dudamel, mais qui ne devrait inquiéter personne : le très sérieux Kapellmeister a déjà dompté les impétueux musiciens de l&rsquo;Opéra, qu&rsquo;il a dirigés l&rsquo;année dernière avec un grand succès dans la <em>Fin de partie</em> de Kurtag : un titre anti-évocateur des relations que pourrait bientôt avoir l&rsquo;anti-Dudamel avec la grande boutique ? (CT)</p>
<p><figure id="attachment_139699" aria-describedby="caption-attachment-139699" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-139699" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0415-300x200.jpeg" alt="Markus Stenz" width="300" height="200" /><figcaption id="caption-attachment-139699" class="wp-caption-text">Markus Stenz</figcaption></figure></p>
<p><strong>Nathalie Stutzmann</strong><br />
Musicienne jusqu’au bout de la baguette ; enfant de la balle ; autrefois bassoniste ; contralto ; aujourd’hui cheffe saluée régulièrement par la critique depuis <i>Tannhaüser</i> à Monte-Carlo en 2017 ; invitée à diriger les plus grandes phalanges internationales dans tous les répertoires et dans certaines de nos maisons d’opéra les plus fameuses – New York en ce moment, Bayreuth cet été – ; femme (ce qui fut longtemps un handicap avant de devenir un atout au sein d’une profession en quête de mixité) et dans son genre, la deuxième à avoir pris la direction d’un grand orchestre américain (le Symphonique d’Atlanta) ; française et donc avertie des particularités culturelles du pays aux 1600 fromages et aux 8 organisations syndicales ; et enfin, pour pimenter une candidature sinon trop évidente, précédée du buzz suscité il y a peu par des propos maladroits sur l’ennui supposé des instrumentistes en fosse. Qui dit mieux pour prendre en main les rênes musicaux de « la grande boutique » ? (CR)</p>
<pre><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-124322 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/stutzmann_c_brice_toul_2-3-300x113.jpg" alt="" width="300" height="113" /></pre>
<p><strong>Lydia Tár</strong><br />
Lydia Tár est avant tout une cheffe symphonique, on le sait. La qualité exceptionnelle de sa récente intégrale des symphonies de Mahler avec le Berliner a suffisamment été commentée, probablement au détriment de ses incursions fort intéressantes à l’opéra. Citons par exemple <i>Céphale et Procris</i> de Grétry à l’Opéra royal de Marche-en-Famenne, une intégrale des cantates de Luigi Rossi avec l’ensemble I Masochisti ou encore l’exploration fascinante des œuvres vocales de René Leibowitz, avec la complicité de son mentor Marin Alsop. Son engagement auprès de la jeune génération notamment au travers du programme Accordion ne laissera certainement pas les hauts décisionnaires français insensibles. D’aucuns l’accusent de comportements abusifs et déplacés auprès de jeunes cheffes ; nous n’y voyons que les calomnies d’âmes jalouses, qui se contentent d’écorner un talent à défaut de savoir l’égaler. (AJ)</p>
<p><figure id="attachment_139700" aria-describedby="caption-attachment-139700" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-139700" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0416-300x169.webp" alt="Lydia Tar" width="300" height="169" /><figcaption id="caption-attachment-139700" class="wp-caption-text">Lydia Tar</figcaption></figure></p>
<p><strong>Tom, Le Chat</strong><br />
C’est de notoriété publique : Alexander Neef est fou de colère que Dudamel ait, en définitive, préféré Los Angeles à Paris. C’est sur les ruines fumantes de cette faute de goût que le directeur de l’Opéra de Paris entend appliquer la loi du Talion : œil pour œil, Californien pour Californien. Dans cette logique (que nous n’envisageons qu’avec tristesse car la vengeance est toujours mauvaise conseillère), le candidat offrant le plus de certitudes (notoriété, probité morale, originaire de Los Angeles) semble être le personnage de Tom le Chat, réputé pour ses <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VXkWyiTipfQ">qualités de grand virtuose du piano</a>, pour son opiniâtreté, pour sa morgue. Il apparaît comme le candidat le plus probable, d’autant que – extravagance d’artiste – son cachet ne serait que de cent boîtes de ragougnasse par mois et d’une palette de cartons de lait pasteurisé. (CDR)</p>
<p><figure id="attachment_139702" aria-describedby="caption-attachment-139702" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-139702" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0417-300x169.jpeg" alt="Tom le Chat" width="300" height="169" /><figcaption id="caption-attachment-139702" class="wp-caption-text">Tom le Chat</figcaption></figure></p>
<p><strong>Simone Young</strong><br />
Sa carrière n’est peut-être pas de tout premier plan en France, mais la cheffe australienne jouit d’une solide notoriété dans le milieu lyrique germanophone. Longtemps directrice musicale de l’Opéra de Hambourg, sa connaissance du répertoire lyrique n’est plus à prouver. De plus, son intérêt pour un certain XXe siècle (Strauss, Britten, etc) semble aller de pair avec les affinités de la direction de la Grande Boutique. Son succès auprès de l’orchestre et du public lors de la <i>Salome</i> très remarquée de la saison précédente la place en tout cas parmi les candidates sérieuses à la succession de Dudamel. (AJ)</p>
<p><figure id="attachment_139703" aria-describedby="caption-attachment-139703" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-139703" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0418-300x170.jpeg" alt="Simone Young" width="300" height="170" /><figcaption id="caption-attachment-139703" class="wp-caption-text">Simone Young</figcaption></figure></p>
<p><em>Avertissement : il est important de ne pas prendre cet article entièrement au premier degré.</em></p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roselyne Bachelot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jul 2023 08:31:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les aléas de l’existence vous imposent des cures de désintoxication souvent bienvenues. Quelques péripéties (!) m’avaient privée de Colline sacrée pendant trois ans et c’est le cœur battant que je retrouvais le Festspielhaus de Bayreuth là où je l’avais laissé en 2019 avec le Tannhäuser mis en scène par Tobias Kratzer. A se demander si &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les aléas de l’existence vous imposent des cures de désintoxication souvent bienvenues. Quelques péripéties (!) m’avaient privée de Colline sacrée pendant trois ans et c’est le cœur battant que je retrouvais le Festspielhaus de Bayreuth là où je l’avais laissé en 2019 avec le <em>Tannhäuser</em> mis en scène par Tobias Kratzer. A se demander si la magie du lieu avait pu, sinon effacer, à tout le moins mettre entre parenthèses la crise pandémique et son cortège macabre de morts, de souffrances, de frustrations et d’angoisses… Et c’est précisément le contraire qui survient. Jean-Michel Pennetier, le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-bayreuth-la-colline-accouche-dune-souris/">25 juillet 2019</a> posait à juste titre la question : « <em>le spectacle se bonifiera- t-il au  cours du temps du temps ? </em> Se bonifier, il n’en avait nul besoin et son propos entre guignolade anarchique et désespoir existentiel a plutôt bien vieilli et prend une résonance tragique face aux questions sociales qui traversent notre époque, donnant ainsi tout son sens au travail de Kratzer. Les spectateurs quelque peu vermoulus -je me mets dans le lot- du mythique festival, peu adeptes au départ du Regietheater sont maintenant drogués à la transgression. Ils et elles ont donc remisé les huées qui avaient agrémenté la création, et d’ailleurs Bayreuth ne serait plus Bayreuth sans ce parcours de rédemption qui veut que les adorateurs de Wagner mettent parfois plusieurs années à comprendre le propos du réalisateur avant d’en faire une référence insurpassable.  Et surtout la force de la modernité de Kratzer est qu’elle ne rend pas incompréhensible et même antagoniste le déroulé dramatique voulu par l’auteur comme nous l’avons vu avec le <em>Don Giovanni</em> ou le <em>Cosi fan tutte</em> de Tcherniakov à Aix en Provence.</p>
<p>Si la première femme cheffe d’orchestre à officier dans la fosse légendaire fut l’ukrainienne Oksana Lyniv le 25 juillet 2021 lors de la première soirée de la nouvelle production de <em>Der Fliegende Holländer, </em>ce choix était aussi un acte politique fort quelques mois avant l’invasion russe en Ukraine, au moment précis qu’avait choisi Vladimir Poutine pour publier son fameux essai sur l’unité historique des russes et des ukrainiens, essai qui laissait clairement présager le pire. Aucune arrière-pensée en l’occurrence pour <strong>Nathalie Stutzmann</strong>. La française a dirigé avec une modestie rare, sans aucune boursouflure d’ego alors que la mégalomanie frappe tant de  maestros dès qu’ils mettent le pied et la baguette dans la fosse. Quand ce n’est pas la mégalo qui sévit, c’est parfois l’atonie comme on l’avait constaté avec Guergiev. Rien de tout cela, Stutzmann se déploie dans un respect absolu de l’œuvre et sécurise avec précision les chanteurs. Elle a reçu un accueil triomphal qui s’est transformé en une longue et bruyante ovation.</p>
<p>Nous avions quitté la distribution éblouissante de 2019 avec le trio infernal Stephen Gould-Lise Davidsen-Elena Zhidkova qui nous avait laissés dans l’admiration superlative. Distribution rebattue avec <strong>Klaus Florian Vogt</strong>&#8211; <strong>Elisabeth Teige</strong>&#8211; <strong>Ekaterina Gubanova</strong>. Ces derniers temps des éxégètes avaient émis des doutes sur la capacité de Klaus Florian Vogt à assumer le rôle de Tannhäuser tant sa texture vocale semble mieux convenir à ceux de Lohengrin et de Stolzing. Certes, Stephen Gould demeure la référence insurpassable tant par la qualité de jeu que par la vaillance et la qualité musicale mais Vogt a su mettre des éraflures et des assombrissements dans son émission qui le rendent profondément bouleversant et son interprétation au troisième acte du voyage à Rome est proprement déchirante. Pour finasser, on reprochera à la norvégienne Elisabeth Teige un vibrato particulièrement sensible dans le fameux air d’entrée d’Elisabeth à l’acte II mais on pouvait d’ailleurs faire la même observation à Davidsen. Quant à Ekaterina Gubanova, elle s’empare du personnage de Venus avec une gouaille irrésistible dans le « jeu sans balle » voulu par Kratzer lors du Tournoi des chanteurs sans que cela n’altère sa puissance d’emission dans le reste, le but de l’affaire étant quand même de chanter ! Les chanteurs de la Warburg sont à la hauteur avec quelques bémols.  <strong>Markus Eiche</strong> nous offre un Wolframm qui n’a pas progressé en quatre ans et la Romance à l’étoile est toujours aussi terne. <strong>Gunther Groissböck</strong> est un Hermann impérial et <strong>Siyabonga Maqungo</strong> une révélation en Walther von der Vogelweide.</p>
<p>A part cela, il parait que l’opéra est un mort qui marche, que le festival de Bayreuth est condamné, que les Karten se ramassent à la pelle… En tous cas, à l’heure du spectacle d’ouverture du Festival, les robes longues étaient toujours aussi improbables, les smokings toujours aussi vintage et le Festspielhaus toujours aussi bondé. Bref, le monde d’hier a encore quelques belles semaines devant lui…</p>
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