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	<title>Maria Grazia SCHIAVO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 20 Nov 2025 22:34:22 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Maria Grazia SCHIAVO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROTA, Il cappello di paglia di Firenze – Liège</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connait Nino Rota pour ses nombreuses musiques de film (environ 150) mais il fut aussi un prolifique compositeur symphonique, chambriste, de ballet, ou encore de musique vocale ou lyrique. Sur ces douze opéras, seul Il cappello di paglia di Firenze est donné avec une certaine régularité (par exemple à Toulouse il y a un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connait Nino Rota pour ses nombreuses musiques de film (environ 150) mais il fut aussi un prolifique compositeur symphonique, chambriste, de ballet, ou encore de musique vocale ou lyrique. Sur ces douze opéras, seul <em>Il cappello di paglia di Firenze</em> est donné avec une certaine régularité (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rota-il-capello-di-paglia-di-firenze-bordeaux-auditorium/">par exemple à Toulouse il y a un un an)</a>. Le livret, écrit par le compositeur et sa mère, Ernesta Rota Rinaldi, est basé sur la célèbre pièce d&rsquo;Eugène Labiche and Marc-Michel, <em>Un chapeau de paille d&rsquo;Italie</em>, elle-même originellement mêlée de couplets. Si l&rsquo;opéra est d&rsquo;une longueur à peu près équivalente à celle de la pièce, c&rsquo;est toutefois au prix d&rsquo;une modification fondamentale de la structure : pour faire place à des airs, duos ou ensembles, le ménage est fait dans les dialogues originaux aux répliques souvent pleines d&rsquo;esprit, voire hilarantes ou absurdes (1). Le point commun reste l&rsquo;intrigue et le rythme endiablé qu&rsquo;elle impose. Le cheval de Fadinard a avalé le chapeau de paille d&rsquo;une jeune femme. Celle-ci l&rsquo;avait accroché à un arbre alors qu&rsquo;elle était en galante compagnie dans les bois avec son amant. Le couple vient faire une scène chez Fadinard : ils exigent qu&rsquo;il trouve un chapeau identique afin de ne pas éveiller les soupçons du mari au retour de son épouse. Fadinard part à la recherche dudit chapeau, poursuivi tout au long de ses pérégrinations par son beau-père, son épouse, un oncle sourd et toute la noce, aucun ne comprenant quoi que ce soit à son comportement. Fadinard trouve le temps de se marier entre temps et tout finira bien pour tout le monde, mari jaloux excepté. La musique de Nino Rota rend bien la folie de cette course continue. Les mélodies sont charmantes, légères et gaies, sans toutefois marquer immédiatement la mémoire, comme le thème du <em>Parrain</em> ou sa musique de cirque des <em>Histoires</em> <em>extraordinaires</em>. À part quelques dissonances ponctuelles (notamment dans les ensembles et plutôt en seconde partie), la partition reste d&rsquo;un grand classicisme, cherchant à conquérir le cœur du public plutôt que l&rsquo;intellect des musicologues.</p>
<p>Le rythme de l&rsquo;ouvrage repose essentiellement sur les épaules de l&rsquo;interprète de Fadinard à qui revient la charge d&rsquo;imprimer la dynamique de cette course éperdue. <strong>Ruzil Gatin</strong> est ici absolument parfait, débordant d&rsquo;énergie. Sa tache est d&rsquo;autant moins aisée que le rôle réclame d&rsquo;alterner des moments de statisme (ses nombreux airs) et d&rsquo;autres qui font avancer l&rsquo;action (dialogues, ensembles). Le chanteur est à l&rsquo;aise avec la tessiture, offrant une voix bien projetée et une richesse de timbre qu&rsquo;on ne trouve pas souvent chez la plupart des ténorinos. <strong>Pietro</strong> <strong>Spagnoli</strong> incarne Nonancourt, le beau-père de Fadinard. Le chant est digne mais la projection un peu limitée. Sa voix ne tonne pas suffisamment quand il clame offusqué que « Tout est rompu ! » (un<em> running gag</em> de l&rsquo;ouvrage). Le baryton italien manque de la rondeur attendue : on entend ici un Figaro (avec quelques moments de tendresse) quand on attendrait un Bartolo dépourvu de malice. Dans le court rôle de Maupertuis, le mari jaloux, <strong>Marcello</strong> <strong>Rosiello</strong> offre une voix puissante et une composition idéale, à la fois drôle et un brin inquiétante. <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> est une Elena pleine de charme, très à l&rsquo;aise dans un chant piano empreint d&rsquo;une douce poésie. La voix d&rsquo;<strong>Elena Galitskaya</strong> (Anaide, l&rsquo;épouse infidèle) nous a semblé un peu étriquée, avec un grave faible et un médium manquant de largeur, mais on appréciera son aisance scénique. Le rôle de la modiste est court mais <strong>Elisa Verzier</strong> y faire preuve d&rsquo;une belle autorité et d&rsquo;une belle qualité de timbre. Le rôle de la Baronessa di Champigny est plus développé : la jeune femme est censée posséder un chapeau identique. Elle confond Fadinard avec le célèbre violoniste virtuose qu&rsquo;elle a invité pour un concert privé auquel la noce participera en toute inconscience. Dans ce rôle d&rsquo;élégante charmeuse, <strong>Josy</strong> <strong>Santos</strong> déploie un beau timbre de mezzo, charnu, avec une bonne projection et un bel abattage scénique. <strong>Rodion Pogossov</strong> (l&rsquo;amant d&rsquo;Anaide) offre une voix de baryton chaude et sonore. <strong>Lorenzo Martelli</strong> est un Felice (le domestique de Fadinard) au timbre percutant. <strong>Blagoj Nacoski</strong> incarne avec humour et une grande aisance scénique le double rôle du noceur Achille et d&rsquo;un garde enrhumé. Encore moins développés, les rôles du Zio Vézinet (<strong>Didier</strong> <strong>Pieri</strong>) et du caporal des gardes (<strong>Marc Tissons</strong>) sont ici bien campés, ainsi que les chœurs dont les différents artistes sont bien caractérisés.</p>
<p>La production de <strong>Damiano Michieletto</strong> s&rsquo;articule autour d&rsquo;un plateau tournant qui permet des changements de décors rapides. Le metteur en scène italien surajoute de nombreux effets mais ce surplus d&rsquo;idées nuit à la simplicité et à l&rsquo;immédiateté de l&rsquo;ouvrage. Le rythme reste insuffisant, avec un jeu d&rsquo;acteur qui pourrait être nettement plus fouillé, plus endiablé, plus original. Les éclairages, blanc bloc opératoire ou vert salade, manquent de chaleur. La transposition (a priori dans les années 50) n&rsquo;apporte pas d&rsquo;éclairage particulier mais permet une belle variété de costumes. On passe à côté de la <em>farce</em> <em>musicale</em>. Ce soir, le rythme est imprimé dans la fosse. À la tête d&rsquo;un orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège en pleine forme, <strong>Leonardo Sini</strong> sait faire ressortir la (gentille) folie de cette musique, soulignant certains détails d&rsquo;une partition plus complexe qu&rsquo;on ne le sent au premier abord, tout en réglant parfaitement le plateau vocal. En dépit d&rsquo;une orchestration qui met en avant les instruments à vent (!), le chef sait équilibrer les différents pupitres. Au final, le plaisir du public est évident, faisant un triomphe cette ouvrage sympathique et revigorant qui a  l&rsquo;immense avantage de nous mettre de bonne humeur.</p>
<p>(1) Un exemple de dialogue de la pièce originale :<br />
— Vous me dites : « Attends-moi, je vais chercher un parapluie. » J’attends, et vous revenez au bout de six mois&#8230; sans parapluie !<br />
— Tu exagères ! d’abord il n’y a que cinq mois et demi&#8230; quant au parapluie, c’est un oubli&#8230; je vais le chercher&#8230;</p>
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		<title>SCARLATTI, Il Vespro di Santa Cecilia &#8211; Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/scarlatti-alessandro-il-vespro-di-santa-cecilia-messa-di-santa-cecilia-te-deum-ambronay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le concert inaugural du Festival d’Ambronay, Giulio Prandi revient à l’Abbatiale, dont il est familier, avec son ensemble, son chœur, et une brochette de valeureux solistes. N’était la découverte d’un Te Deum, dont c’était la résurrection, première mondiale, (1) sur lequel il s’achevait, il était placé sous le patronage de Sainte-Cécile. En effet les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le concert inaugural du Festival d’Ambronay, <strong>Giulio Prandi</strong> revient à l’Abbatiale, dont il est familier, avec son ensemble, son chœur, et une brochette de valeureux solistes. N’était la découverte d’un <em>Te Deum</em>, dont c’était la résurrection, première mondiale, (1) sur lequel il s’achevait, il était placé sous le patronage de Sainte-Cécile. En effet les deux premières œuvres – des extraits de Vêpres et une messe &#8211; étaient dédiés à la patronne des musiciens. C’est, du reste, à la Basilica Santa Cecilia in Trastevere de Rome qu’elles furent créées, en 1720 et 1721.</p>
<p>Scarlatti privilégie l&rsquo;écriture à cinq parties, que ce soit au chœur ou qu’elles soient confiées aux solistes. A quatre chanteurs par voix, le premier trouve une plénitude, une rondeur puissante et articulée qui force l’admiration. Dans les nuances les plus ténues (les sopranes I et II, angéliques) comme dans les interjections véhémentes, la cohésion, l’équilibre, la souplesse sont au rendez-vous. Quant aux solistes, tous remarquables, dont la connivence est patente, ils se signalent par une égale virtuosité et il faudrait citer chacune et chacun : la vocalité est au cœur de la création de Scarlatti. L’orchestre, historiquement informé, réactif, ductile, toujours à l’écoute de l’autre, s’accorde idéalement à ses partenaires. A signaler, le concertino, conduit par le violon de Marco Bianchi, le violoncelle de Jorge Alberto Guerrero, l’orgue de Maria Cecilia Farina et le théorbe (Giulio Falzone). Le chœur adopte le même principe de division (<em>coro favorito</em> / <em>ripieno</em>), permettant de jouer sur les nuances, et de renforcer l’effet dramatique. Avec le <strong>Coro e Orchestra Ghislieri</strong>, Giulio Prandi a forgé un ensemble d’exception. Sa direction, toujours animée, précise et souple, sculpte les phrasés et unit les interprètes dans une même ferveur.</p>
<p>Antérieur d’une dizaine d’années à celui de Bach, qui relève d’une autre esthétique, le <em>Magnificat</em> initial est introduit par la schola gregoriana, exemplaire (2), et le chœur homophone qui succède prend tout son relief, dans une plénitude constante, en dialogue avec les solistes. La variété du traitement de chaque verset, le renouvellement permanent du matériau sonore, comme des tempi, de la dynamique et des phrasés confère une vie singulière à l’œuvre, qui mérite d’être davantage connue. L’écriture en est remarquable, où toutes les ressources vocales et instrumentales sont mises à profit. Pas de grandes arias (ni de da capo !), mais des interventions appropriées au texte. Ainsi regrette-t-on presque que le <em>Quia fecit mihi magna</em>, confié à la belle basse sonore et ronde d&rsquo;<strong>Alessandro Ravasio</strong> soit si bref et partagé avec les autres interprètes. La strette du bref <em>Amen</em> final nous laisse sans voix, tant la force dramatique de l’ouvrage est grande.</p>
<p>Deuxième extrait des Vêpres, l’antienne, avec hautbois, solo sinon concertant, <em>Cantatibus organi</em>, confiée à <strong>Margherita Maria Sala</strong>, impressionne tout particulièrement. Véritable morceau de bravoure, propre à valoriser l’extraordinaire virtuosité du chant, il exige une longueur de voix exceptionnelle, une agilité des vocalises, une ductilité où se confirment les rares qualités de la soliste. L’émission, colorée, égale, ravit par l’aisance de ses aigus comme par l’assurance du medium et des graves, ces derniers peu sollicités. Un grand moment d’émotion que cette page. Le psaume 147, <em>Lauda Jerusalem</em>, est écrit pour le chœur avec les cordes, et l’orgue l’introduit. Nouvelle occasion de mettre en valeur un chœur souple, où chaque voix anime sa partie avec bonheur. La métrique changeante, la vocalité constante, la trame polyphonique et les mélismes occultent quelque peu le long texte, malgré l’articulation de chacun. A notre différence, les auditeurs du temps récitaient ce psaume familier. Le bonheur n’en est pas amoindri.</p>
<p>La messe de Sainte-Cécile atteint des proportions monumentales, notamment un des plus amples <em>Gloria</em> que l’on connaisse. Le <em>Kyrie</em> surprend par sa vigueur et son animation, où soli et chœurs s’opposent et se combinent. Le <em>Christe</em> confié aux deux sopranes et au ténor, accompagnés par la seule basse continue, contraste par sa retenue. Chaque section mériterait un commentaire. On retiendra la belle intervention de Maria Grazia Schiavo, au riche medium, pour sa ligne splendide, son soutien et ses couleurs comme ses subtiles nuances. L’orchestre, frémissant ou impérieux, participe à la valorisation du chant, au travers d’une écriture renouvelée, qui allie tradition polyphonique (3) et novation. Mentionnons l’<em>Et resurrexit</em>, homophone, puissant, la grande tendresse du <em>Sanctus</em>, et de ses harmonies : la beauté et l’émotion sont toujours là.</p>
<p>Le <em>Te Deum</em> est jubilatoire et les voix y sont magnifiées, les combinaisons vocales renouvelées, particulièrement celles des voix féminines, solistes et chœur (la plus belle des volières), aux complexes entrelacs des lignes. Festive, jamais martiale, l&rsquo;hymne captive notre attention en permanence. La métrique ternaire du <em>Pleni sunt</em>, le retour au binaire du choeur (<em>Tu Rex gloriae)</em>, avant que Margherita Maria Sala entonne le verset suivant, avec les deux hautbois, quelque peu cachés derrière les violons, il faudrait des pages pour décrire l’émotion esthétique et sensible qui nous submerge. Le chef sculpte le son avec un art consommé, impulse une dynamique constante, fait respirer chacun, anime chanteurs et instrumentistes du regard et du geste efficace. Le bonheur.</p>
<p>Le public ne s’y trompe pas qui réserve les plus chaleureuses et longues acclamations aux artistes. Il seront récompensés par la reprise du début du Gloria.</p>
<ul>
<li>
<pre>1. Découverte récente du musicologue, spécialiste d’Alessandro Scarlatti, Luca Della Libera, qui situe sa composition vers 1720, se fondant sur le filigrane du manuscrit et les éléments stylistiques. Dans son ouvrage de janvier 2024, <em>The Roman Sacred Music of Alessandro Scarlatti</em>, il consacre son dernier chapitre à la musique de la Basilique Sainte-Cécile.
2. Pourquoi n’avoir fait précéder que le seul <em>Credo</em> de la messe de son intonation grégorienne, propre à valoriser les riches polyphonies ?
3. La grande fugue de la fin du <em>Credo</em> n’a ainsi rien à envier aux plus belles du Cantor de Leipzig.</pre>
</li>
</ul>
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		<title>MOZART, Idomeneo &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-idomeneo-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Sep 2023 21:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour l&#8217;ouverture de sa saison, L&#8217;Opéra Royal de Wallonie-Liège propose un bain de couleurs mozartiennes sous le signe de la fatalité avec une version d&#8217;Idoménée mise en scène par Jean-Louis Grinda qui joue ici à domicile, puisqu&#8217;il a dirigé la Maison pendant près de dix ans. L&#8217;omniprésence des Dieux et leur dévoilement progressif aux humains &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour l&rsquo;ouverture de sa saison, <strong>L&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège</strong> propose un bain de couleurs mozartiennes sous le signe de la fatalité avec une version d&rsquo;Idoménée mise en scène par<strong> Jean-Louis Grinda</strong> qui joue ici à domicile, puisqu&rsquo;il a dirigé la Maison pendant près de dix ans.</p>
<p>L&rsquo;omniprésence des Dieux et leur dévoilement progressif aux humains est travaillé avec précision par le biais d&rsquo;abord de leurs sbires dans une fantaisie toute baroque&nbsp;: deux figurants grimés en hippocampes bleus armés de tridents&nbsp;; des créatures à tête d&rsquo;animaux, une main de pierre géante d&rsquo;abord tournée vers le ciel puis qui désigne les protagonistes d&rsquo;un doigt accusateur, les enjoignant silencieusement d’obtempérer à ses décrets. Enfin, un kaléidoscope de papiers, nuage occultant le ciel, s&rsquo;évanouit pour révéler un masque divin dont l’œil implacable impose de porter le sacrifice d&rsquo;Idamante à son terme.</p>
<p>Au sol, <strong>Laurent Castaingt</strong> a conçu un labyrinthe circulaire qui concrétise les déchirements des personnages que des éléments hauts, amovibles, dévoilent ou isolent habilement selon les besoins de la narration. L&rsquo;effet est particulièrement efficace pour le dernier air d&rsquo;Elettra qui, plongée un instant auparavant au milieu de la Cour, se retrouve soudain seule sur le plateau, nous précipitant brutalement dans son intériorité dévastée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/A.-STROPPA-c-J-Berger-ORW-Liege-1024x681.jpg" alt="© J Berger-ORW-Liège " class="wp-image-141991" width="910" height="605"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger-ORW-Liège</sup></figcaption></figure>


<p>Les vidéos d&rsquo;<strong>Arnaud Pottier</strong>, projection d&rsquo;yeux ou de la mer, tour à tour étale ou tempétueuse, complètent cette omniprésence du transcendant qui ne saurait échapper au spectateur tout en en nuançant l&rsquo;interprétation : n&rsquo;est ce pas l&rsquo;humain qui le convoque avant tout ?</p>
<p>Ce bel écrin est complété par les lumières superbes de Laurent Castaingt et des costumes hauts en couleurs dus à<strong> Jorge Jara</strong> alternant les tableaux pastels, très vifs, dans un syncrétisme historique qui laisse un peu perplexe sans être choquant pour autant.</p>
<p>Les lacunes dans la direction d&rsquo;acteur sont plus dommageables, malheureusement. Car cette riche scénographie s&rsquo;avère sous employée, les chanteurs errant de manière récurrente à l&rsquo;avant-scène entre cour et jardin, se tordant les mains pour évoquer leur désarroi, ce qui dilue notoirement l&rsquo;impact émotionnel de leur chant. Illia est tout particulièrement victime du phénomène. <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> lui prête pourtant la grâce éminemment mozartienne de son soprano lumineux dans un splendide « Si il Padre perdei » diapré, tout en legato ou encore un bouleversant « Zeffiretti lusinghieri », sans afféterie inutile sur le tapis sensuel proposé par l&rsquo;orchestre.<br />Jean-Claude Grinda n&rsquo;entend pas pour autant affadir cette silhouette dans la posture d&rsquo;une jeune première pure et innocente. Après s&rsquo;être peu intéressé à ses affres dans le premier acte, il lui demande d&rsquo;aller vérifier avec satisfaction que sa rivale n&rsquo;est plus avant de basculer Idoménée, mort, hors du trône pour couronner elle-même son futur époux&#8230; Il y a là un indéniable – et assez inutile – « forçage » du livret et des intentions du compositeur.</p>
<p>Vocalement, le contraste entre les deux protagonistes féminines, Illia et la magnifique Elettra de <a href="https://www.forumopera.com/nino-machaidze-jaime-passionnement-ce-metier-et-je-mefforce-de-ne-jamais-laisser-place-a-la-monotonie/"><strong>Nino Machaidze</strong></a>, s&rsquo;avère idéal. Présence puissante, volcanique, celle qui n&rsquo;aime pas la monotonie sort avec les honneurs des chausse-trappes d&rsquo;« Idol mio, se ritroso » qui met en valeur l&rsquo;or sombre de son timbre corsé et son art des couleurs tout comme dans « Tutte nel cor vi sento » et surtout « D’Oreste, d’Aiace » à la sauvagerie savamment dosée.<br />Elle ose l&rsquo;expressivité de la douleur à la révolte jusqu&rsquo;à la laideur, tout comme <strong>Ian Koziara</strong> dont l&rsquo;Idoménée profite de cette belle voix plutôt claire, aussi équilibrée que solidement plantée. « Fuor del mar » est l&rsquo;occasion de vocalises ébouriffantes et l&rsquo;émotion bien présente avec « Torna la pace al core » .<br />Les dilemmes qui agitent le père sont également ceux du fils. <strong>Annalisa Stroppa</strong> campe un Idamante brillant et projeté sur l&rsquo;ensemble de la tessiture même si sa justesse interpelle parfois.« Il padre adorato »  est particulièrement touchant, il est le seul artiste dont tous les airs sont applaudis par le public.</p>
<p>Cette distribution de choix brille dans les ensembles où les timbres s&rsquo;harmonisent avec art tant en duo – « S’io non moro a questi accenti » (les amoureux), « Padre, mio caro padre » (père et fils) – qu&rsquo;en terzetto « Pria di partir, oh Dio » ou quatuor « Andrò ramingo e solo ».<br />L&rsquo;Abrace de <strong>Riccardo Della Sciucca</strong> à la belle présence posée complète avantageusement la distribution avec très beaux aigus et une excellente diction tandis qu&rsquo;à l&rsquo;autre bout de l&rsquo;ambitus <strong>Inho Jeong</strong> prête à la Voix dans « Ha vinto Amore » l&rsquo;autorité sereine de ses graves larges au souffle long.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Fabio Biondi</strong>, pour sa première intervention à la tête de l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège</strong> tient parfaitement ses troupes, offrant à l&rsquo;oreille une pâte sonore puissante, dense, moelleuse, à la rythmique précise, enlevée dont le souffle traverse toute l’œuvre avec une belle créativité dans les récitatifs accompagnés, si importants ici. Le continuo mérite lui aussi des éloges tout comme l&rsquo;excellent <strong>chœur de l&rsquo;Opéra</strong> merveilleusement coloré dans la paix de « Placido è il mar » comme dans la tourmente d&rsquo; « Oh voto tremendo ! ».</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-idomeneo-liege/">MOZART, Idomeneo &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DONIZETTI, L&#8217;Élixir d&#8217;amour – Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lelixir-damour-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jun 2023 06:03:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir fait ses classes à l’Opéra de Rennes puis au Grand Théâtre d’Angers, cette production de l’Élixir d’amour déferle au Théâtre Graslin de Nantes pour ses ultimes représentations, dont la toute dernière à suivre gratuitement sur grands écrans dans toute la Bretagne ainsi que sur les chaînes de télévision régionales en simultané, ce jeudi &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lelixir-damour-nantes/"> <span class="screen-reader-text">DONIZETTI, L&#8217;Élixir d&#8217;amour – Nantes</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir fait ses classes à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lelisir-damore-rennes/">l’Opéra de Rennes</a> puis au Grand Théâtre d’Angers, cette production de l’<em>Élixir d’amour</em> déferle au Théâtre Graslin de Nantes pour ses ultimes représentations, dont la toute dernière à suivre gratuitement sur grands écrans dans toute la Bretagne ainsi que sur les chaînes de télévision régionales en simultané, ce jeudi 15 juin. En attendant ce finale en forme de feu d’artifice, la pénultième représentation s’est donnée ce dimanche dans une sorte de fébrilité annonçant un débridement à venir, comme pour une répétition générale du moment où les visages seront fixés en gros plan et le moindre mouvement immortalisé par les caméras. Pas moins de 23 communes de la région sont concernées par cette diffusion, à commencer par la place Graslin, juste devant le théâtre, ce qui permettra à un très large public (quelque chose comme 7 millions de personnes visées) de découvrir et sans aucun doute aimer l’opéra. Cette ambition de populariser l’art lyrique est l’une des grandes affaires d’<strong>Alain Surrans</strong>, le directeur d’Angers Nantes Opéra ; l’année passée, à la même époque, le théâtre présentait sa production des<em> Sauvages</em>, une création mondiale qui impliquait des jeunes des quartiers de Nantes dont on racontait l’histoire et dont l’énergie juvénile et l’émotion qui en émanait <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-sauvages-contes-du-quartier-nantes-les-enfants-et-les-guillaume-en-scene/">nous avait enthousiasmée</a>.</p>
<p>Notre <em>Élixir d’amour </em>bénéficie d’une double distribution pour le couple principal. La version proposée avec ténor et soprano français avait été <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lelisir-damore-rennes/">chroniquée par Christophe Rizoud</a> à Rennes. C’est à un casting majoritairement italien que nous avons droit aujourd’hui dans la mise en scène de <strong>David Lescot</strong>. Ce dernier a décidé de situer l’intrigue dans la cour d’une exploitation agricole de maïs au milieu d’une communauté gitane, où l’on est prompt à sortir les couteaux à crans d’arrêt, dans un univers où tout le monde est au courant de tout. Si ce parti pris peut surprendre au premier abord, le résultat est bien vite mieux que convaincant. Le choix de mise en scène permet de mettre en valeur le livret et de lui donner la consistance requise. Les qualités théâtrales de David Lescot et son art de la direction d’acteurs font le reste : chaque choriste devient ainsi un comédien à part entière. Cela bouge beaucoup sur scène et l’on rit souvent. Les éclairages de <strong>Paul Beaureilles</strong> viennent heureusement magnifier le décor plutôt réussi d’<strong>Alwyne de Dardel</strong> et sauvent les costumes de <strong>Mariane Delayre</strong>, dont la vulgarité assumée se transcende dans la robe de mariée d’Adina, où l’on ne lésine ni sur le métrage, ni sur les froufrous, ce qui rend la descente des escaliers de la ferme-usine très drôle. On pense au <em>Temps des gitans </em>ou au <em>Chat noir, chat blanc </em>de Kusturica, tout en ayant des réminiscences des mariages du film de Robert Altman ou de la célèbre séquence du <em>Voyage au bout de l’enfer</em>, notamment pour les robes roses des dames d’honneur. Entre Europe de l’Est et Hollywood (on mange du popcorn pendant la cérémonie nuptiale, ce qui est bien normal, après tout, dans cette usine de maïs…), on assiste à une sorte de western pop, fantaisiste et spaghetti. Il se dégage par ailleurs constamment de cette production la sensation de plusieurs niveaux de lecture avec une multitude de références où chacun peut trouver de quoi se repaître, ou plutôt d’étancher sa soif, puisque l’on boit abondamment ; n’oublions pas que l’élixir est avant tout un bordeaux qui fait rapidement son petit effet… La légèreté est teintée de noirceur, l’artifice se frotte au réel sans cesse et l’amateur de bel canto est aux anges devant tant de respect pour la forme même de cet art musical, trop souvent déconsidéré. Le résultat est joyeux et drôle sans jamais tomber dans le ridicule.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LElixir_damour_5_Rennes_2023©Laurent_Guizard-1024x679.jpg" alt="" class="wp-image-133796" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Laurent Guizard</sup></figcaption></figure>


<p>Les oreilles sont elles aussi à la fête. Dans la fosse, <strong>Chloé Dufresne</strong>, qui confesse avoir beaucoup écouté et chanté le bel canto (elle a fait partie d’un chœur d’enfants et a fait ses classes en direction d’orchestre à l’École normale de musique de Paris puis à la <em>Sibelius Academy </em>en Finlande), est tout à fait à son affaire. L’orchestre s’entrelace à merveille avec les voix, toujours au service de la mélodie et du chant, avec une mention toute spéciale pour les cuivres. Les choristes, dont on a déjà souligné les qualités d’acteurs, sont vocalement impeccables. <strong>Marie-Bénédicte Souquet</strong> est une Gianetta pétillante qui ne s’en laisse pas conter, mais ne cherche pas à rivaliser avec la vedette de cette aventure. En bellâtre raide et autocentré, <strong>Marc Scoffoni</strong> excelle en caractérisation bouffonne et presque étranglée, en autoparodie permanente. <strong>Giorgio Caoduro</strong> est un bonimenteur-né dont le timbre séducteur et le débit idéalement véloce font merveille, notamment dans la confrontation vocale avec le Nemorino complètement paf de <strong>Giulio Pelligra</strong>, qui passe de la griserie hébétée au désespoir le plus touchant avant de prendre de l’assurance en frimeur poseur puis en amoureux triomphateur, au comble de l’ivresse. L’intelligence du jeu le dispute à la justesse d’expression avec un apogée d’émotion débordante dans « Una furtiva lagrima ». Quant à <strong>Maria Grazia Schiavo</strong>, elle incarne une Adina au caractère bien trempé, totalement déchaînée au fur et à mesure de la progression de vocalises débridées toute en projection insolente. Elle finit pour ainsi dire en roue libre, faisant chavirer tout l’auditoire qui lui fait un triomphe au terme de de ses variations ébouriffées. Voilà qui est bien prometteur pour la fameuse soirée « Opéra sur écrans » à venir, avec la même distribution. Après le <em>Vaisseau fantôme </em>en 2019, la <em>Chauve-Souris</em> en 2021 et <em>Madame Butterfly</em> en 2022, les deux maisons Angers Nantes Opéra et Opéra de Rennes, par l’intermédiaire de leur directeurs respectifs, Alain Surrans et Matthieu Rietzler, tous comme l’ensemble de leurs équipes, peuvent être contents du travail accompli et confiants dans le choix de leur programmation : cet <em>Élixir d’amour </em>festif et jouissif a tout pour plaire.</p>
<p>Pour connaître les lieux de projection gratuite de l’opéra jeudi 15 juin à 20h, se connecter sur la page dédiée du site <a href="https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/toute-lactu-de-ma-region/les-actualites/opera-lelixir-damour-le-meilleur-du-belcanto-dans-21-communes-de-pays-de-la-loire">Paysdelaloire</a>. L’opéra sera également diffusé en direct, notamment sur les sites internet de France 3 Pays de la Loire et France 3 Bretagne puis en replay sur France.tv.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Opéra &quot;L’Élixir d’amour&quot; : le meilleur du belcanto dans 23 communes des Pays de la Loire" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/7BZlv5BB_oo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>ROSSINI, La gazzetta — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-gazzetta-pesaro-ca-se-passe-comme-ca-a-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2022 09:09:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un chanteur furieusement ovationné avant même la fin de son air – « Quando la fama altera » – pourtant loin de figurer dans la liste des tubes que l’on guette le poil en éveil, prêt à s’hérisser dès que la température musicale dépasse les moyennes coutumières. La scène se passe lors d’une représentation de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un chanteur furieusement ovationné avant même la fin de son air – « Quando la fama altera » – pourtant loin de figurer dans la liste des tubes que l’on guette le poil en éveil, prêt à s’hérisser dès que la température musicale dépasse les moyennes coutumières. La scène se passe lors d’une représentation de <em>La gazetta</em> à Pesaro, Mecque du chant rossinien où des milliers de fidèles communient chaque année avec une ferveur renouvelée dans le même amour de l’art vocal porté à son incandescence. <strong>Giorgio Caoduro</strong>, l’auteur de ce triomphe, écume les planches depuis le début des années 2000. Mozart – un peu –, Donizetti – beaucoup –, Rossini – passionnément, voire à la folie lorsqu’il s’agit de multiplier les roulades à une vitesse vertigineuse sans jamais s’écarter de la note et de la ligne. Lucky Luke dans sa catégorie, le baryton vocalise plus vite que son ombre. Cette agilité à laquelle sa tessiture nous a peu habitués – et dont témoigne un album chez Glossa – s’accompagne d’une largeur confortable et, contrairement au <a href="https://www.forumopera.com/il-signor-bruschino-pesaro-deux-barbons-sont-dans-un-bateau"><em>Signor Bruschino</em></a> l’an passé, de la liberté expressive nécessaire pour transcender l’exploit technique. Filippo, aubergiste amoureux dans un opéra jugé secondaire – non sans raisons –, s’extirpe de la convention pour rejoindre la digne lignée des valets de cœur rossiniens, à quelques doubles croches de Figaro (<em>Le barbier de Séville</em>) et Dandini (<em>La Cenerentola</em>).</p>
<p>Ce succès n’éclipse en rien l’autre triomphateur de la soirée. <strong>Carlo Lepore</strong> trouve en Don Pomponio un de ces rôles de basse bouffe dans lesquels il excelle depuis une vingtaine d’année – débuts à Pesaro en 1996 puis dès 2000 un échantillon représentatif à une fréquence régulière des barbons du répertoire. Les fils d’argent aux tempes de la voix sont l’apanage reconnu d’une maturité épanouie. Ses cartes maîtresses ? La puissance, mieux la présence ; la vélocité qu’exige l’implacable débit syllabique, calqué sur la rapidité d’élocution de la langue italienne (en l&rsquo;occurence du dialecte napolitain) ; la dose d’autodérision nécessaire pour que le rire s’exerce au dépens du personnage et, au-delà, le travail sur le mot, l’art de la parole chantée dont l’excellence arrache au public une bordée d’applaudissements en cours de récitatif.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="332" src="/sites/default/files/styles/large/public/gaz3.jpg?itok=y0UQLDeI" title="© ROF / Amati Bacciardi" width="468" /><br />
	© ROF / Amati Bacciardi</p>
<p>Autour de ces deux piliers vocaux s’éploie la toile comique de l’œuvre avec sa flopée de personnages secondaires, plus ou moins utiles à l’intrigue mais prétextes à imbroglio et situations cocasses, de l’intrigant Monsù Traversen et du noble Anselmo, confiés aux voix prometteuses de <strong>Pablo Gálvez</strong> et <strong>d’Alejandro Baliñas</strong>, à Tommasino, le valet agaçant de Pomponio joué par <strong>Ernesto Lama</strong>, dont on ne dira rien puisque le rôle est muet. Comme <strong>Martiniana Antonie</strong> dans le rôle de Doralice, <strong>Andrea Niño</strong> en Madama la Rose a suffisamment de style et d’esprit pour tirer de son mezzo-soprano court et fruité les ficelles emberlificotées de l’histoire. En mal d’imagination, le soprano acidulé de <strong>Maria Grazia Schiava</strong> – capricieuse Lisetta – et le ténor enraidi de <strong>Pietro Adaíni</strong> – tendre Alberto – trouvent dans les nombreux ensembles plus que dans leurs airs l’occasion de se mettre en valeur.</p>
<p>D’une baguette assagie par sa longue expérience du buffo rossinien, de 1994 – <em>L’inganno felice</em> – à 2019 – <a href="https://www.forumopera.com/lequivoco-stravagante-pesaro-quand-le-rof-remplit-sa-mission"><em>L’equivoco stravagante</em></a> –, Carlo Rizzi règle avec une précision horlogère un mécanisme musical dont l’engrenage faible serait le coro del Teatro della fortuna si le nombre d’intervention chorale ne se comptait sur le doigt d’une main.</p>
<p>Datée de 2015, la mise en scène inoffensive de <strong>Marco Carniti</strong> a pour premier atout le choix d’une transposition élégante dans les années 1950, et pour second avantage l’économie d’effets dont l’abus s’avère trop souvent préjudiciable au comique rossinien (<em>Le Comte Ory</em> le lendemain en apportera une nouvelle preuve). Avec son décor unique suggéré par un jeu judicieux de toiles et de lumières, <em>La gazetta</em> ainsi représentée parvient à faire oublier une composition mineure qui puise sans vergogne dans bon nombre d’opéras antérieurs, le fameux quintette du premier acte, longtemps perdu puis retrouvé en 2011, n’étant pas le moindre des numéros empruntés à d’autres partitions. </p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-liege-un-trop-gros-morceau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Repris d’une mise en scène montée en novembre 2016, ce Don Giovanni liégeois (dont rendait compte à l’époque notre confrère Christophe Rizoud) montre toutes les limites de la transposition des livrets dans le monde contemporain, cette scie des mises en scènes d’opéra des 20 dernières années. Il y a six ans, le monde de la finance, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Repris d’une mise en scène montée en novembre 2016, ce <em>Don Giovanni</em> liégeois (dont rendait compte à <a href="https://www.forumopera.com/don-giovanni-liege-encore-cote-en-bourse">l’époque notre confrère Christophe Rizoud</a>) montre toutes les limites de la transposition des livrets dans le monde contemporain, cette scie des mises en scènes d’opéra des 20 dernières années. Il y a six ans, le monde de la finance, la crise des sub-primes pouvaient aisément figurer – sans grande crainte de la caricature et moyennant un peu d’imagination tout de même – la quintessence de la dépravation propre à engendrer les excès de Don Giovanni. Reprise aujourd’hui, après la vague <em>#me too</em> et alors que l’actualité est occupée à des choses bien plus graves, ce spectacle où alternent une salle de trading dans une grande banque américaine et une piscine où trempent quelques nymphettes agréablement dénudées manque singulièrement de signifiant et sombre assez rapidement dans le ridicule.</p>
<p>Ce qui fait le plus défaut ici, c’est la dramaturgie. On s’interroge sans cesse sur la construction des personnages, sur les rapports qui devraient s&rsquo;établir entre eux et qu’on ne voit pas venir, sur la progression dramatique que suggère la musique mais que la mise en scène ignore, et sur la transposition de tout cela dans l’univers décalé qu’a choisi le téméraire concepteur de ce spectacle. De nombreuses scènes semblent n’avoir fait l’objet d’aucune vision, comme si le décor se suffisait, de sorte que les chanteurs, bien souvent laissés à eux mêmes, se retrouvent à déclamer leurs airs droits comme des i à l’avant scène. Et ce n’est certes pas que le moyens ont été trop chichement comptés : le dispositif scénique gigantesque et fort beau (<strong>Vincent Lemaire</strong>), la piscine très subtilement réalisée avec des projections vidéo dans un miroir placé à 45 degrés (mais dont tous les protagonistes ressortent parfaitement secs…), les éclairages forts réussis également, tout cela a du coûter bien cher pour susciter aussi peu d’émotion. L’idée de remplacer les feux de l’enfer par l’eau d’une piscine ou Don Giovanni finit noyé n’est guère convaincante. Bien sur, quelques détails font sourire comme l’apparition à l’écran du décompte des conquêtes de Don Giovanni dans l’air du catalogue ou l’utilisation d’un vaporisateur en guise de pistolet, mais beaucoup d’autres agacent parce qu’ils ont été déjà vus et revus ailleurs, qu’ils ne sont pas nécessaires, ou simplement hors sujet ; l’anecdote souvent détourne de l’essentiel.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/d._luciano_c_j_berger_orw-liege.jpg?itok=m0FfUyGS" title="Davide Luciano (Don Giovanni)© J.Berger" width="468" /><br />
	Davide Luciano (Don Giovanni) © J.Berger</p>
<p>Quel est le rôle des trois femmes qui gravitent autour du héros et que nous disent-elles qui nous touche ? Où est le mythe universel qui a traversé les siècles et pourquoi ? Comment justifier l’incursion du surnaturel dans le monde aseptisé de la finance ? Où sont les dimensions subversives, fascinantes et métaphysiques du personnage de Don Juan et comment progresse-t-il inexorablement du désir vers la mort ? Certes, on nous montre de bien belles images, mais toutes ces questions restent sans réponse et en suscitent une autre : <strong>Jaco van Dormael</strong>, une des figures de proue du cinéma belge dès les années 90 et qui n’en est pas à sa première incursion dans le monde de l’opéra, se serait-il attaqué ici à un trop gros morceau ?</p>
<p>Au plan musical, la satisfaction n’est pas non plus complète. Sous la baguette très dynamique de <strong>Christophe Rousset</strong>, l’orchestre montre bien peu de couleurs, quasi pas de transparence et semble engagé dans une sorte de surenchère sonore avec le plateau. La lisibilité de la partition en pâtit, en particulier dans les ensembles vocaux qui connaissent de nombreux petits décalages et où tout le travail d’étagement des voix reste à faire. </p>
<p>La distribution vocale, sans être de premier plan, offre cependant le mérite d’une belle homogénéité. C’est sans doute <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> (Donna Anna) qui présente le travail le plus abouti, suivie de près par <strong>Davide Luciano</strong> en Don Giovanni. Mais avec ses airs de mafioso, dans le couple qu’il forme avec Leporello (le très distingué et dynamique <strong>Laurent Kubla, </strong>seul rescapé de la distribution de 2016), c’est plutôt lui qui a l’air d’être le valet de l’autre… Nous n’avons pas été entièrement séduit par la voix de <strong>Josè Maria Lo Monaco</strong> (Donna Elvira) qui présente cependant toutes les qualités techniques nécessaires. Excellente prestation en revanche de la part de <strong>Maxim Mironov</strong> en Don Ottavio, plus viril, plus séduisant qu’à l’accoutumée, et qui suscite une belle émotion tant dans son <em>Della sua pace</em> que dans <em>Il mio tesoro intanto </em>parfaitement dominés<em>.</em></p>
<p>Le Masetto de <strong>Pierre Doyen</strong> est excellent également alors que <strong>Sarah Defrise</strong> (Zerline), sans doute pas au mieux de sa forme est un peu en retrait. La brève intervention de <strong>Shadi Torbey</strong> en commandeur donne toute satisfaction.</p>
<p>Grande surprise, le spectacle s’achève sur la mort du héros. On omet donc le très beau chœur final, celui qui dicte la morale de l’histoire, suivant en cela une tradition assez courante au XIXè siècle et même encore dans les premières années du XXè et visant à une conclusion plus abrupte du drame, et partant, plus impressionnante pour le spectateur. Mozart lui même n’avait-il pas supprimé ce chœur dans les représentations à Vienne en 1788 ?<br />
	 </p>
<p><sup><em>Article modifié à 09:20 le 16.05.22 : correction erreur sur le continuo</em></sup></p>
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		<title>HAENDEL, Tamerlano — Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tamerlano-milan-domingo-de-nouveau-tenor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Sep 2017 05:39:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Scala était l’une des dernières grandes institutions lyriques à ne pas avoir ouvert sa programmation à l’opéra baroque. C’est seulement l’année passée que le théâtre milanais a proposé une version scénique de l’oratorio de Haendel Il trionfo del Tempo e del Disinganno, avec une nouvelle formation orchestrale sur instruments anciens, dont la direction a &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Scala était l’une des dernières grandes institutions lyriques à ne pas avoir ouvert sa programmation à l’opéra baroque. C’est seulement l’année passée que le théâtre milanais a proposé une version scénique de l’oratorio de Haendel <em>Il trionfo del Tempo e del Disinganno</em>, avec une nouvelle formation orchestrale sur instruments anciens, dont la direction a été confiée à Diego Fasolis. Nous retrouvons cette même équipe pour un premier « vrai » opéra, le <em>Tamerlano</em> de Haendel dont il s&rsquo;agit de la création in loco.</p>
<p>Cet ouvrage marque aussi les débuts à Milan de<strong> Davide Livermore</strong>, l’un des metteurs en scène italiens les plus en vue (et souvent controversé), actuel intendant et directeur artistique du Palau de les Arts de Valence. <a href="/spectacle/les-oreilles-a-la-fete">Pas de scandale cette fois-ci</a>, mais une production spectaculaire et intelligente, plutôt amusante, dans une esthétique à la Sergueï Eisenstein. Livermoore choisit en effet de transposer l’action sous la Révolution d’Octobre : Tamerlano devient Staline, Andronico est Trotski et Bajazet, Nicolas II. Ces dames font plutôt penser à des starlettes du muet. Au premier acte, un train parcourt la steppe russe enneigée, s’arrêtant de temps à autre pour l’entrée en scène d’un nouveau personnage. Le mouvement est assuré par un fond vidéo déroulant les paysages. Des figurants miment l’éloignement du train dans lequel ils tentent de monter en marche, ou les trépidations du wagon par de légers sautillements. Au deuxième acte, nous sommes dans un palais abandonné (tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur) et au dernier, on ne sait trop où, mais il y a un bel escalier ! Sans doute soucieux de combler constamment l’attention du spectateur milanais, peu habitué à ces opéras très statiques, Livermore meuble visuellement « l’inaction » : affrontements sanglants pendant l’ouverture, tentative d’évasion de Nicolas II, exécutions, beuveries … et les désormais classiques scènes de viol et d’attouchements d’amazones lesbiennes. Transposition intellectuellement anodine, qui n’apporte aucun éclairage sur le conflit mongolo-ottoman de 1402, ni sur la Grande-Bretagne du début du XVIIIe siècle, et encore moins sur les relations légèrement tendues entre Staline et Trotski. Il s’agit juste d’en mettre plein les yeux et de divertir le public. Et le contrat est plus que largement rempli ! Quelques touches d’humour viennent apporter des respirations dans une œuvre assez uniformément sombre, peut-être même l’une des plus noires de Haendel : il faudra attendre <em>Turandot</em> pour revoir un happy-end aussi cynique, le suicide de Liú succédant à celui de Bajazet.</p>
<p>Sur le papier, la Scala a réuni une distribution brillante, mais la représentation nous laisse circonspect. <strong>Bejun Mehta</strong> a pour lui une grande intelligence dramatique, au service d’une interprétation où les divers sentiments du personnage sont parfaitement exprimés par les inflexions de la voix. Le timbre est toujours aussi jeune et l’on a du mal à imaginer que ce chanteur a déjà 49 ans. Techniquement, nous restons plusieurs fois sur notre faim (les trilles sont à peine esquissés). Malheureusement, dans l’immense Scala, il faut prêter l’oreille, aller « chercher le son » sur la scène, alors qu’on y a l’habitude d’être enrobé par la musique. On fera la même constatation pour l’Andronico de<strong> Franco Fagioli</strong> dont le timbre, habituellement si caractéristique, se perd dans l’immensité. Virtuose réputé, le contre-ténor n’a pas souvent l’occasion de briller (à l’exception d’un air) : peu de variations spectaculaires, de suraigus, des trilles négligés. En revanche, la sensibilité de l’artiste rehausse à merveille un personnage un peu falot grâce à une parfaite musicalité.</p>
<p><strong>Maria Grazia Schiavo</strong> a pour elle un beau tempérament dramatique, un timbre cristallin mais manquant d’épaisseur, des aigus un peu acides (mais au moins a-t-elle le mérite de les rajouter, ce qui surprend un peu d&rsquo;ailleurs). Les vocalises sont impeccables, mais les trilles là encore souvent mal exécutés. La projection est un peu faible. Même remarque pour le chant de <strong>Marianne Crebassa</strong> : les aigus et les graves passent la rampe, mais le bas medium est confidentiel. Là encore, faute de volume, on a du mal à apprécier son timbre très personnel. Pour preuve, il nous est arrivé d’être gêné par le bruit du projecteur vidéo lors des longs récitatifs entre ces quatre protagonistes. Le Leone un peu fatigué de <strong>Christian Senn</strong> manque de mordant et le timbre n&rsquo;est pas très flatteur.</p>
<p><strong>Placido Domingo</strong> n’a pas de problème pour se faire entendre, malgré une projection diminuée par rapport à ses grandes années. Retrouvant là un rôle de ténor, il étonne par la clarté de son haut médium et de son aigu, mais les passages graves le mettent en difficulté (en particulier dans son deuxième air qui le voit à court de souffle). Si la vocalisation restait acceptable <a href="/dvd/domingo-fait-sa-tete-de-turc">à l’époque de sa prise de rôle</a>, elle est bien ardue aujourd’hui. C’est finalement dans la scène de suicide avec la mort de Bajazet que nous retrouvons la grandeur de ce chanteur : un moment qui a lui seul justifie cette représentation.</p>
<p>On connait l’incroyable diversité des formations baroques, aux sonorités si diverses. Celle de la Scala nous a paru un peu fade : un beau tapis de son, mais guère de vivacité.  On n’a pas retrouvé non plus l’énergie et l’élan si caractéristiques de l’excellent <strong>Diego Fasolis.</strong> Tout est est en place, parfaitement musical, mais il manque une urgence qui aurait soutenu une représentation de plus de quatre heures et demie.</p>
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		<title>Sofia Coppola à l&#8217;opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/sofia-coppola-a-lopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2016 10:06:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;heure où Cannes grouille de starlettes et de cinéastes débutants ou confirmés, Sofia Coppola a mieux à faire en Italie, puisque vient de commencer la série de représentations de La Traviata qu&#8217;elle met en scène à l&#8217;Opéra de Rome. Apparemment, l&#8217;idée de demander à la réalisatrice américaine de se lancer dans une production lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;heure où Cannes grouille de starlettes et de cinéastes débutants ou confirmés, <strong>Sofia Coppola</strong> a mieux à faire en Italie, puisque vient de commencer la série de représentations de <em>La Traviata</em> qu&rsquo;elle met en scène à l&rsquo;Opéra de Rome. Apparemment, l&rsquo;idée de demander à la réalisatrice américaine de se lancer dans une production lyrique a germé dans le cerveau du couturier Valentino, qui s&rsquo;est chargé des costumes. Hélas, il semble que le résultat ne soit pas à la hauteur des espérances, avec une accumulation de clichés et une étonnante absence de direction d&rsquo;acteurs que la presse dénonce. Par ailleurs, l&rsquo;Opéra de Rome n&rsquo;a pas fait appel à des stars internationales pour sa distribution, comptant sans doute sur le prestige de Sofia Coppola pour faire venir ceux que n&rsquo;auraient pas suffi à attirer les noms de <strong>Francesca Dotto</strong> en Violetta et <strong>Antonio Poli</strong> en Alfredo (le cast B propose quand même <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> et <strong>Arturo Chacón-Cruz</strong>). A défaut de succès critique, la recette semble avoir fonctionné, puisque les recettes de billetterie s&rsquo;avèrent exceptionnelles et que les quinze représentations prévues affichent complet. Et côté <em>people</em>, ce n&rsquo;est pas mal non plus, puisque mesdames Kim Kardashian, Monica Bellucci et Keira Knightley, entre autres, avaient fait le déplacement pour la première, dimanche dernier : on se serait cru à Cannes.</p>
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		<title>Artaserse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/artaserse-jonas-gregory-et-franco-fagioli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2016 06:42:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jonas Kaufmann chante le Faust de Berlioz et celui de Gounod. Gregory Kunde chante l’Otello de Rossini et celui de Verdi. Eh bien, Franco Fagioli, lui, chante l’Arbace de Vinci et celui de Hasse. Et s’il le souhaite, il a encore du pain sur la planche, car des Artaserse, il en existe environ quatre-vingts, semble-t-il. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jonas Kaufmann chante le Faust de Berlioz et celui de Gounod. Gregory Kunde chante l’Otello de Rossini et celui de Verdi. Eh bien, Franco Fagioli, lui, chante l’Arbace de Vinci et celui de Hasse. Et s’il le souhaite, il a encore du pain sur la planche, car des <em>Artaserse</em>, il en existe environ quatre-vingts, semble-t-il. Le livret dans lequel Métastase mettait Babylone à la sauce opera seria fut en son temps un tel succès que les compositeurs se bousculèrent tout au long du siècle pour le mettre en musique. Pourtant, avant même la résurrection scénique de la version Leonardo Vinci <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/one-god-one-fagioli">à Nancy en novembre 2012</a>, le festival de Martina Franca s’était chargé de celle de l’œuvre « concurrente » de Hasse, en confiant au même interprète le rôle d’Arbace, créé à Venise par Farinelli (à Rome, c’est Carestini qui avait créé l’Arbace de Vinci). Pourtant, on serait tenté de dire la présence du contre-ténor italo-argentin est à peu près le seul point commun entre les deux spectacles.</p>
<p>Si à Nancy, Silviu Purčarete proposait un show abracabrantesque, mêlant les coulisses à la scène, jouant sans cesse sur la théâtralité de déguisements hallucinants, <strong>Gabriele Lavia</strong> règle pour le festival de Valle d’Istria un spectacle des plus sages, un peu comme du Pierluigi Pizzi en moins raffiné. Décor sobre, dont la monumentalité néo-classique est tempérée par la chaleur du bois brut. Elégants costumes militaires fin XIX<sup>e</sup>-début XX<sup>e</sup> pour les messieurs, tous identiquement bottés et vêtus d’un uniformes noirs à parements rouges, seuls le nombre de médailles les distinguant ; silhouette empire pour les robes des dames, elles aussi transformées en jumelles. Bref, rien qui aide à caractériser les personnages ou à les distinguer les uns des autres. Quant au jeu, il se borne à une série d’allées et venues, et aux poses les plus convenues, exprimant l’affliction, le désarroi ou le mépris. Rien qui puisse offusquer l’œil, mais rien qui risque d’enflammer l’imagination. Par chance, la captation alterne constamment plans larges et plans rapprochés, et multiplie les angles de prise de vue, pour lutter contre l’ennui que pourrait susciter l’aspect purement visuel du spectacle.</p>
<p>Autre différence majeure par rapport à l’<em>Artaserse</em> de Vinci : à Venise en 1730, les femmes étaient admises sur les scènes lyriques, et la production de Martina Franca inclut donc plusieurs chanteuses. Les deux héroïnes, respectivement amante et sœur d’Arbace, n’ont donc pas lieu d’être interprétées par des contre-ténors travestis : à la Cuzzoni en Mandane et à Maria Maddalena Pieri en Semira succèdent ainsi <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> et <strong>Rosa Bove</strong>. La première est bien connue grâce à ses nombreuses participations à divers spectacles « baroqueux », mais on est heureux de l’entendre ici sans l’acidité qui caractérisait ses aigus encore peu de temps auparavant. Belle découverte avec la mezzo, au timbre prenant et à l’interprétation pleine de vie dramatique. Si travesti il y avait à Martina Franca, c’était dans le sens inverse, puisque le rôle d’Artabano, conçu à l’origine pour  le castrat Nicolino, est confié à <strong>Sonia Prina</strong>, qui ne s’épanouit jamais autant que dans ces rôles de salaud (meurtrier de Xerxès, Artaban tente d’attribuer son crime au fils du roi, qu’il tue également, avant d’envoyer à la mort son propre fils Arbace, accusé du régicide). La carapace se fissure néanmoins à la fin du deuxième acte, et la mezzo hérite d’un de ces airs de désolation que Farinelli chantait au roi d’Espagne pour bercer sa mélancolie, « Pallido il sole »). Autre air souvent interprété pour Philippe V, « Per questo dolce amplesso » est peut-être le sommet de la partition de Hasse, auquel <strong>Franco Fagioli</strong> rend justice, en montrant qu’il n’est pas qu’une machine à vocalises ; et même quand les airs sollicitent avant tout sa virtuosité, on sait que le contre-ténor est capable de les investir d’une émotion largement portée par son timbre vibrant. L’autre contre-ténor de la distribution, <strong>Antonio Giovannini</strong>, a la voix souple et claire, sans doute moins caractérisée, mais on n’en demande pas tant au personnage secondaire de Megabise. Le rôle-titre, enfin, ayant été écrit pour le ténor Filippo Giorgi, <strong>Anicio Zorzi Giustiniani</strong> montre combien il a su progresser en quelques années, pour devenir un mozartien respectable et, plus récemment, un haendélien apprécié (Oronte <a href="http://www.forumopera.com/alcina-versailles-des-sanglots-longs">à Versailles</a> et <a href="http://www.forumopera.com/alcina-geneve-tirez-lui-la-queue-il-pondra-des-oeufs">à Genève</a> en février).</p>
<p>Différence finale : le très pompeusement nommé <strong>Orchestra Internazionale d’Italia</strong> ne peut pas tout à fait déployer les mêmes charmes instrumentaux que le Concerto Köln, mais <strong>Corrado Rovaris</strong>, dont on a notamment pu apprécier le travail sur Pergolèse à Jesi, en tire le maximum tout en assurant la partie de clavecin.</p>
<p>______</p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B01AU02AW0/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B01AU02AW0&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21" rel="nofollow"><strong>Commander ce DVD</strong> &#8211; Johann Adolf Hasse : Artaserse &#8211; Festival della Valle d&rsquo;Itria, 2012</a><img loading="lazy" decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=B01AU02AW0" style="border:none !important; margin:0px !important;" width="1" /></p>
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		<title>SCARLATTI, Erminia, Tancredi, Polidorio e Pastore — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/erminia-tancredi-polidorio-e-pastore-alessandro-scarlatti-montpellier-festival-une-redecouverte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2015 06:29:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des soixante-cinq opéras attribués sans conteste à Alessandro Scarlatti, une demi-douzaine seulement ont été enregistrés. Si son abondante œuvre religieuse est fréquemment illustrée, l’œuvre lyrique ne l’est guère que par ces rares intégrales et par de grands airs propres à mettre en valeur tel ou telle soliste. Aussi, la création française, en version de concert, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Des soixante-cinq opéras attribués sans conteste à Alessandro Scarlatti, une demi-douzaine seulement ont été enregistrés. Si son abondante œuvre religieuse est fréquemment illustrée, l’œuvre lyrique ne l’est guère que par ces rares intégrales et par de grands airs propres à mettre en valeur tel ou telle soliste. Aussi, la création française, en version de concert, d’<em>Erminia, Tancredi, Polidoro e Pastore</em>, ne peut laisser indifférent. C’est une <em>serenata</em>, genre dérivé directement de l’opéra, illustré avec un soin au moins égal, écrite – comme il se doit – pour un mariage princier en 1723. Seule la musique de la première partie nous est parvenue, et l’action s’arrêtera ce soir sur le récitatif et l’air pathétique d’Erminia. Le sujet est bien connu, tiré du chant VI de l’incontournable <em>Gerusalemme  liberata</em> du Tasse, souvent illustré par les musiciens : Erminia a trahi son peuple pour l&rsquo;amour de Tancrède (qui aime Clorinde). Un berger, ému par sa détresse l&rsquo;a recueillie. Polidoro, à la recherche de Clorinde, est frappé par la beauté de la toute nouvelle bergère. Il avoue à Tancrède ce nouvel amour. Jaloux, croyant que la bergère est Clorinde, Tancrède part à sa recherche. Erminia chante enfin ses doutes, sa peur et les tourments de l’amour. Clorinde jouera&#8230; à l&rsquo;Arlésienne. Des quatre acteurs, Erminia, seul personnage féminin (qui fut chanté par Farinelli), occupe une place centrale (6 récitatifs, un duo et trois airs). Les autres chanteurs se contenteront de deux airs chacun.</p>
<p>Le langage musical, l&rsquo;orchestration aussi, permettent de mesurer l&rsquo;évolution accomplie en une génération,  de Cavalli à Alessandro Scarlatti. L&rsquo;ouverture se codifie (à l&rsquo;italienne), les airs s&rsquo;étoffent, les récitatifs accompagnés prennent une densité nouvelle : on devine déjà Mozart à l&rsquo;horizon de la perspective.</p>
<p>Concerto de’ Cavalieri fait partie des formations baroques d’excellence. <strong>Marcello Di Lisa</strong> et ses musiciens, complices de longue date, servent cette musique avec un réel engagement, pour notre plus grand bonheur. La distribution paraît idéale. <strong>Maria Grazia Schiavo</strong>, soprano, est Erminia. On se souvenait de ses héroïnes de Donizetti et de Mozart, et nous revient en mémoire qu’elle a chanté merveilleusement Vivaldi. Son aisance, son timbre lumineux, son articulation virtuose, stylistiquement irréprochable (les traits, les ornements) lui valent les acclamations d’un public conquis. Si son premier air « Al dolce nome » est le plus novateur de la serenata, le récitatif « Qui dove al germogliar » et l’air final « Torbido, irato e nero », contrastés à souhait, nous emportent. Pastore est campé par <strong style="line-height: 1.5">Christian Senn</strong>, beau baryton-basse,  « Quando irato il toro mugge », avec le traverso, énergique, sonore, a la force expressive qu’appelle le sujet. Polidorio est chanté par le ténor <strong>Magnus Staveland</strong>. La partie sollicite peu la tessiture élevée et le soliste y déploie de belles couleurs. L’émission est claire, très articulée et nous réserve de beaux moments. D’expression très différente, chacun de ses airs est convaincant. Tancredi, <strong>Filippo Mineccia</strong>, est un contre-ténor puissant et agile, au timbre séduisant, dont l’égalité de registre est remarquable. Son <em>aria di paragon</em>e  «Come suol, veloce e ardito corre il cervo<em> </em>», avec les hautbois, d’une belle ligne de chant, ornée à souhait, est d’une force expressive singulière.</p>
<p>Un jalon important, d&rsquo;une grande beauté, de l&rsquo;art baroque napolitain, illustré simultanément par une riche exposition temporaire au Musée Fabre (<em>L&rsquo;âge de l&rsquo;or de la peinture à Naples</em>), jusqu&rsquo;au 11  octobre. A quand un enregistrement ?</p>
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