L’occasion était historique : c’était la première visite d’État d’un président italien en Principauté. La veille, à la Salle Garnier, la diva avait offert au président un concert mêlant Haendel, Rossini, Bizet et Verdi, avec les Musiciens du Prince et le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo, sous la direction de Gianluca Capuano, son complice attitré.
Au premier rang, le prince Albert II, la princesse Charlène et Caroline de Monaco entouraient l’invité de marque, venu avec sa fille Laura. Pareil parterre ne se voit pas tous les soirs.
Qu’on nous pardonne ces airs de chronique mondaine : la mezzo-soprano, que notre rédacteur savourait récemment encore dans Il viaggio a Reims à Salzbourg, n’a pas volé cet hommage. Directrice de l’Opéra de Monte-Carlo depuis janvier 2023, première femme à ce poste, elle n’a jamais rompu avec son pays natal. Son rire, ses mains qui parlent autant que sa voix et son goût pour la buona cucina la trahissent d’emblée. Plus sérieusement, ses redécouvertes, de Salieri à Steffani, ont rendu à l’Italie des pans entiers de son patrimoine lyrique.
« Être ainsi honorée par mon pays, auquel je suis si attachée, a pour moi une signification toute particulière », a-t-elle déclaré.
Romaine de naissance, salzbourgeoise de cœur, monégasque de fonction, italienne en tout : Cecilia.

