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6 septembre 1686 : une dernière partie de chasse pour Lully

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6 septembre 2026

À la Cour de Louis XIV, il peut arriver que qui va à la chasse perde sa place, bien sûr. Mais en cette fin d’été 1686, on devrait plutôt dire que qui va à la chasse prend place.

C’est en effet pour accueillir le Grand Dauphin de France, Louis, lors d’une partie de chasse, que son cousin Louis-Joseph de Bourbon, duc de Vendôme et le frère de ce dernier, Philippe de Vendôme, Grand Prieur de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, commandent à Lully une oeuvre légère, en tout cas plus légère que son récent Armide, donné sans grand succès au début de l’année, justement devant le Grand Dauphin.

Le Grand Dauphin en 1688, par Rigaud

Le duc de Vendôme choisit donc lui-même le thème et le librettiste, Philippe Quinault, malade, n’étant pas disponible. Le thème est tiré des Métamorphoses d’Ovide, inépuisable source, et le librettiste désigné est Jean-Galbert de Campistron, toulousain de bonne famille mais que le père avait chassé pour avoir tenté d’enlever une jeune femme. C’est le grand Racine lui-même qui souffle l’idée au duc, qui prendra bientôt Campistron à son service.

Jean-Galbert de Campistron

Le sujet est tiré du Livre XIII des Métamorphoses et donc l’histoire d’Acis et Galatée. On pourrait d’ailleurs dire qu’il s’agit de l’histoire d’Acis, de Galatée et de Polyphème, tant ce dernier est important pour l’intrigue et pour l’assaisonnement musical si l’on peut dire, le compositeur le traitant comme le géant impulsif et grotesque qu’il est, dans un des rares grands rôles de basse dans l’opéra de l’époque.

Lully compose une partition en un prologue et trois actes, conclus par une grande passacaille. Le prologue, comme c’est l’usage dans les tragédies en musique, sert avant tout à saluer et rendre hommage à l’illustre visiteur et au roi.

Frontispice du livret original

L’oeuvre, baptisée Pastorale héroïque, est créée chez le duc de Vendôme, dans la Galerie de Diane du superbe château d’Anet, dans le cadre d’une grande fête aux illuminations impressionnantes, au terme d’une grande chasse au loup. Acis et Galatée remporte un vif succès, qui efface quelque peu la déception d’Armide pour Lully. Elle ne tarde d’ailleurs pas à faire le tour des grandes cours européennes, où elle sera représentée pendant une bonne partie du siècle suivant. Mais Lully n’en profitera guère : il meurt quelques mois plus tard après s’être blessé au pied avec son grand bâton de direction lors d’une répétition du Te Deum donné en célébration de la guérison du roi. Mais c’est là une autre histoire…

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