Première édition du Concours International de Chant de Marseille

Par Maurice Salles | lun 12 Juin 2017 | Imprimer

Le jury* de la première édition du Concours International de Chant de Marseille a finalement retenu dix-neuf candidats sur les deux-cent-douze inscrits. Si aucun ne lui a semblé mériter le Grand Prix, toutes les autres récompenses ont été décernées. En catégorie Opéra le premier prix couronne le ténor polonais Maciej Kwasnikowski, dont la voix bien posée, la souplesse, la longueur, la tenue, la fermeté et l’intensité ont impressionné dans l’air de Don Ottavio « Il mio tesoro » et dans un extrait de Dobrynya Nikitich, opéra créé en 1903 au Bolchoï. La soprano française Cécile Achille reçoit le deuxième prix, après l’air de Leïla « Comme autrefois », d’une prenante musicalité, et un « No word from Tom » auquel ses ressources vocales donnent une résonance qui subjugue. Dans la catégorie Opérette le baryton canadien Geoffroy Salvas est l’élu logique du premier prix, pour un « Adieu je pars » tiré de Véronique et un piquant « Par Dieu ! C’est une aimable charge » dû à Offenbach dans La jolie parfumeuse, tandis que le deuxième prix échoit à la mezzo-soprano Claire Peron, excellente diseuse qui distille savamment « l’air de Diane » des Aventures du Roi Pausole d’Honegger et les couplets de « l’Aveu » de La Périchole. Claudia Sasso, soprano italienne, reçoit le prix du public, toujours sensible aux pyrotechnies de l’air des clochettes et probablement ému par un « No word from Tom » en phase avec la douceur d’Ann Trulove. Le jury a-t-il à discuter du prix décerné par le Centre Français de promotion Lyrique ? Le président de cette association remettra le prix à Charlotte Bonnet, soprano française, pour « Regnava nel silenzio » et l’air du poison de Romeo et Juliette. Pourquoi pas ? Nous aurions aussi bien récompensé le ténor François Pardailhe, dont la romance de Mylio et le « Frisch zum Kampfe » de L’Enlèvement au sérail portaient une jolie lumière. Enfin le prix de la « Meilleure interprétation française » échoit à Cecilia Arbel… éliminée en demi-finale mais dont la Manon avait su conquérir Renée Auphan, chargée par un mécène de choisir la destinataire. On regrette l’absence de la soprano Julie Goussot, dont la musicalité concentrée, dans « Embroidery aria » tiré de Peter Grimes et « Il est bon, il est doux » de Massenet nous avait profondément séduit. L’accompagnement était excellemment assuré par les pianistes Marion Liotard et Caroline Oliveiros. Pour l’édition 2018, dont la finale est fixée au 9 juin, l’orchestre de l’Opéra sera dans la fosse.

*Membres du jury
Directeur général de l'Opéra de Marseille et du Théâtre de l'Odéon Maurice XIBERRAS - Présidente du jury Renée AUPHAN - Président du CFPL et conseiller artistique de l'Opéra Grand Avignon Raymond DUFFAUT - Journaliste Roselyne BACHELOT 
Artiste lyrique Béatrice URIA-MONZON - Agent artistique Dominique RIBER - Directeur général de l'Opéra de Rouen Frédéric ROELS -Directeur d'Opera Magazine Richard MARTET - Directeur général du Deutsche Oper de Berlin Christoph SEUFERLE 
Directeur général du Capitole de Toulouse Jean-Jacques GROLEAU

 

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