Depuis plus d’un siècle, Médée n’a cessé d’être réécrite, traduite et remodelée — au point de devenir un mythe autant qu’un contresens. Entre récitatifs ajoutés, versions italiennes et lectures scéniques souvent brutales, l’opéra de Luigi Cherubini s’est éloigné de son projet initial : une tragédie lyrique française, héritière de Gluck et pensée pour la grande scène parisienne.
En restituant récitatifs chantés (composés par Alain Curtis), ballet et orchestration élargie, le Palazzetto Bru Zane propose moins une nouvelle version qu’un retour à la source. Sous la direction de Julien Chauvin, avec Marina Rebeka dans le rôle-titre, cette Médée recomposée sera donnée en concert au Théâtre des Champs-Élysées le 11 février 2026 (plus d’informations).
Faut-il y voir l’esquisse d’une vérité retrouvée — ou simplement une strate de plus dans l’histoire mouvante d’une œuvre qui n’a jamais cessé de se dérober. En raison de la monstruosité de son sujet ?

