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	<title>Samuel BARBER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Samuel BARBER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Knoxville : Summer of 1915 — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/angel-blue-philadelphia-orchestra-yannick-nezet-seguin-paris-philharmonie-angel-blue-en-majeste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La pandémie de Covid a longtemps privé les salles européennes des tournées de grands orchestres américains. Aux premiers jours de sa nouvelle saison, la Philharmonie de Paris accueillait celui de Philadelphie, l’un des plus anciens et des plus prestigieux. Un événement en soi, qui ne suffit pas, cependant, à remplir complètement la salle. Ce « Phillysound », &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La pandémie de Covid a longtemps privé les salles européennes des tournées de grands orchestres américains. Aux premiers jours de sa nouvelle saison, la Philharmonie de Paris accueillait celui de Philadelphie, l’un des plus anciens et des plus prestigieux. Un événement en soi, qui ne suffit pas, cependant, à remplir complètement la salle. Ce « Phillysound », pourtant, mérite d’être entendu : plus aérées, moins directement extraverties que celles de ses homologues de Chicago ou de New-York, les textures du Philadelphia Orchestra projettent une lumière blanche sur chaque détail des partitions.</p>
<p>Cette clarté convient idéalement aux œuvres <em>made in USA </em>programmées en première partie. <em>Knoxville : Summer of 1915 </em>de Samuel Barber, sorte de « Soprano-Rhapsodie » convoquant dans la tendresse et la nostalgie des souvenirs d’enfance au cœur du Tennessee, élève la flûte et le hautbois en personnages à part entière ; la direction attentive de <strong>Yannick Nézet-Séguin </strong>les met idéalement en valeur, tout autant qu’elle soutient, sans jamais l’écraser, la voix puissante d’<strong>Angel Blue</strong>. Placée derrière les cordes, attentive à ne pas tourner le dos systématiquement aux spectateurs placés à l’arrière-scène ou sur les balcons latéraux, la soprano américaine dompte sans difficulté une acoustique que l’on sait compliquée pour les chanteurs. La largeur de l’instrument, son homogénéité dans les registres, le bronze du timbre, servent une interprétation particulièrement engagée, où la naïveté sait éviter le simplisme. <em>This is not a small voice</em> de Valerie Coleman, qui connaît ce soir sa création française, après sa première mondiale assurée à Philadelphie par les mêmes interprètes, se situe dans des registres voisins. Exaltation de la pureté et de l’énergie de l’enfance, éloge de l’amour parental, hymne au « Génie noir » : la compositrice tire du poème éponyme de Sonia Sanchez une partition volubile, qui ne craint ni l’ivresse de puissants <em>tutti </em>ni les suspensions de passages <em>a cappella</em>. Angel Blue est chez elle dans cette écriture qui met en valeur l’ampleur de son ambitus et l’étendue de ses capacités expressives ; après sa superbe Marguerite à l’Opéra Bastille en fin de saison, et <a href="https://www.forumopera.com/actu/angel-blue-lopera-sadresse-a-lensemble-de-lhumanite-independamment-des-questions-de-couleur-de">loin des polémiques de cet été sur le </a><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/angel-blue-lopera-sadresse-a-lensemble-de-lhumanite-independamment-des-questions-de-couleur-de">blackface</a>, </em>elle démontre sa place parmi les sopranos les plus passionnantes et les plus polyvalentes de notre époque.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/philadephia_blue_1.jpg?itok=Pk8TMv5U" title="© Todd Rosenberg" width="468" /><br />
	© Todd Rosenberg</p>
<p>Après l’entracte, la Troisième symphonie de Beethoven pouvait passer pour un retour assez conventionnel au grand répertoire. Mais l’Orchestre de Philadelphie, qui compta parmi ses directeurs musicaux Sawallisch ou Muti, est l’un des mieux placés pour éviter toute routine, même dans les œuvres les plus courues. Et Yannick Nézet-Seguin s’empare avec vigueur d’une partition dont il souligne à chaque instant la puissance crue, ivre, presque avide. Les quelques moments de respiration du premier mouvement cèdent rapidement face aux coups de boutoir d’accords martelés avec une netteté impitoyable. La Marche funèbre aura, ailleurs, été entendue plus solennelle ou recueillie, mais jamais plus rageuse. Enchaînés dans un même souffle, le Scherzo et les variations du Final ne laissent s’installer aucun temps mort, bâtissant méthodiquement et frénétiquement un tourbillon sonore dont on sort grisé. En bis, retour en Amérique avec <em>Adoration </em>de Florence Price, compositrice afro-américaine dont Nézet-Seguin et le Philadelphia Orchestra ont enregistré récemment les première et troisième symphonies, avant un programme symphonique le lendemain autour de Szymanowski, Chausson et Dvořák (prélude à une remise des Arts et Lettres à Nézet-Seguin) : le « Phillysound » peut décidément tout jouer !</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>BARBER, Vanessa — Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vanessa-streaming-glyndebourne-le-miroir-sargenta-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de Vanessa (visible du 14  au 21 juin 2020), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 05 août 2018. En présentant Vanessa pour fêter le soixantième anniversaire de sa création mondiale, le festival de Glyndebourne offre à Samuel Barber le plus beau &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em>Vanessa </em>(<a href="https://www.glyndebourne.com/events/vanessa/">visible du 14  au 21 juin 2020</a>), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 05 août 2018</strong><strong>. </strong></p>
<hr />
<p>En présentant <em>Vanessa</em> pour fêter le soixantième anniversaire de sa création mondiale, le festival de Glyndebourne offre à Samuel Barber le plus beau cadeau qui soit. Cet adoubement posthume accordé par une institution de réputation internationale est d’autant plus important que le spectacle proposé est une parfaite réussite. Ainsi porté à bout de bras, après son passage <a href="https://www.forumopera.com/vanessa-wexford-un-opera-americain-sous-un-ciel-irlandais">à Wexford l’an dernier</a>, le premier des opéras de Barber restera-t-il encore longtemps ignoré des villes qui n’ont toujours pas jugé bon de le programmer ? Au nom de quel snobisme ? A l’heure où les opéras de Bernard Herrmann sont mis à l’affiche (<em>Wuthering Heights </em>à Nancy en mai 2019), plus n’est besoin d’un alibi pour jouer des œuvres qui représentent l’art lyrique du XXe siècle aussi dignement qu’un Britten ou un Henze. Contrairement à celle de son compagnon et librettiste Menotti, la musique écrite par Barber pour <em>Vanessa</em>, bien que nullement avant-gardiste, ne succombe jamais aux sirènes passéistes : on n’entend pas ici du sous-Puccini, mais une partition personnelle, portée à la fois par un solide souffle mélodique et par une certaine audace qui ne craint pas la dissonance « raisonnable » quand la situation le justifie. Faut-il mettre au crédit du seul <strong>Jakub </strong><strong>Hrůša</strong> l’efficacité de cet opéra riche en superbes intermèdes orchestraux ? Certes le London Philharmonic Orchestra semble au mieux de sa forme, mais le mérite doit bien en revenir aussi au compositeur…</p>
<p>Autre responsable du succès de ce spectacle, <strong>Keith Warner</strong>, dont le travail à l’Opéra du Rhin <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/loeil-etait-dans-les-cintres-et-regardait-heinrich">sur <em>Tannhäuser</em></a> ou <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-etait-grand-temps"><em>Le Roi Arthus</em></a> avait laissé un souvenir plus que mitigé. Pour sa première production à Glyndebourne, le metteur en scène britannique réussit un petit miracle d’intelligence et de goût. De goût, parce qu’avec la complicité de son équipe artistique, il situe l’action dans un monde de sophistication et d’élégance qui rappellent le <em>silver screen</em>, le cinéma de l’âge d’or hollywoodien, en transposant l’intrigue dans les années 1950 sublimées par Douglas Sirk. D’intelligence, parce qu’il parvient, sans jamais trahir l’œuvre, à dépasser le mélo concocté par Menotti pour suggérer des prolongements inattendus : jouant à fond la carte de la rivalité/ressemblance des deux femmes qui se disputent le bel Anatol, Keith Warner opte pour un décor constitué d’immenses miroirs sans tain à cadre argenté, où une action imaginée ou remémorée se superpose à l’action vécue sur le devant de la scène. Parmi les non-dits ici plus ou moins explicités, l’ombre de l’inceste passe même, quand une scène d’accouchement pendant l’ouverture laisse penser que Vanessa a elle-même eu un enfant d’Anatol père, comme Erika en aura un d’Anatol fils. Les souvenirs du vieux docteur favorisent un feuilletage temporel, entre les années 1910 (jeunesse du docteur), 1930 (jeunesse de Vanessa) et 1950 (temps supposé de l’action). Et le pays « nordique » voulu par le livret prend un petit air d’Etats-Unis d’Amérique, à travers quelques allusions au racisme ordinaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="385" src="/sites/default/files/styles/large/public/van6.jpeg?itok=P70-vdzx" title="V. Verrez © Tristram Kenton" width="468" /><br />
	© Tristram Kenton</p>
<p>Quant à la distribution vocale, elle réserve quelques surprises qui vont peut-être, elles aussi, dans le sens d’une plus grande adhésion à l’œuvre. En confiant le rôle-titre à <strong>Emma Bell</strong>, le festival de Glyndebourne a choisi une voix sombre, à l’aigu sans grande séduction, mais ce qui pourrait ailleurs passer pour des défauts contribue ici à rendre Vanessa moins superficielle, plus humaine, plus proche de sa nièce tant dans les couleurs vocales que dans l’expression de la douleur. Scéniquement, transfigurée par sa perruque blonde et ses robes d’une élégance très <em>fifties</em>, la soprano britannique est digne de <em>Lana Turner</em> dans <em>Mirage de la vie. </em>La mezzo française <strong>Virginie Verrez </strong>est non seulement capable d’énoncer avec une diction parfaite les noms de plats dans la toute première scène (« Potage crème aux perles », « Ecrevisses à la bordelaise », etc.), mais elle sait aussi conférer toute sa force à un personnage dont on prétend qu’il poussa Maria Callas à renoncer à celui de Vanessa : Erika prenait trop de place dans l’œuvre, selon la Divine. Remplaçant Doris Soffel initialement annoncée, <strong>Rosalind Plowright</strong> a fort peu à chanter mais parvient à faire accepter sa métamorphose en mezzo. De retour après son Belmonte et son Alfredo, <strong>Edgaras Montvidas</strong> trouve en Anatol un personnage qui lui va comme un gant, et les rares moments où le ténor force un peu la voix, retombant dans un travers qu’on a déjà pu lui reprocher, servent finalement bien cet anti-héros hésitant entre la tante et la nièce. <strong>Donnie Ray Albert</strong> est un très savoureux docteur, et même le tout jeune <strong>William Thomas</strong> réussit à caractériser le Majordome durant la très courte scène où il se révèle fétichiste des fourrures. On espère vivement qu’un DVD viendra immortaliser ce magnifique spectacle et combler une lacune de la vidéographie.</p>
<p>En présentant <em>Vanessa</em> pour fêter le soixantième anniversaire de sa création mondiale, le festival de Glyndebourne offre à Samuel Barber le plus beau cadeau qui soit. Cet adoubement posthume accordé par une institution de réputation internationale est d’autant plus important que le spectacle proposé est une parfaite réussite. Ainsi porté à bout de bras, après son passage <a href="https://www.forumopera.com/vanessa-wexford-un-opera-americain-sous-un-ciel-irlandais">à Wexford l’an dernier</a>, le premier des opéras de Barber restera-t-il encore longtemps ignoré des villes qui n’ont toujours pas jugé bon de le programmer ? Au nom de quel snobisme ? A l’heure où les opéras de Bernard Herrmann sont mis à l’affiche (<em>Wuthering Heights </em>à Nancy en mai 2019), plus n’est besoin d’un alibi pour jouer des œuvres qui représentent l’art lyrique du XXe siècle aussi dignement qu’un Britten ou un Henze. Contrairement à celle de son compagnon et librettiste Menotti, la musique écrite par Barber pour <em>Vanessa</em>, bien que nullement avant-gardiste, ne succombe jamais aux sirènes passéistes : on n’entend pas ici du sous-Puccini, mais une partition personnelle, portée à la fois par un solide souffle mélodique et par une certaine audace qui ne craint pas la dissonance « raisonnable » quand la situation le justifie. Faut-il mettre au crédit du seul <strong>Jakub </strong><strong>Hrůša</strong> l’efficacité de cet opéra riche en superbes intermèdes orchestraux ? Certes le London Philharmonic Orchestra semble au mieux de sa forme, mais le mérite doit bien en revenir aussi au compositeur…</p>
<p>Autre responsable du succès de ce spectacle, <strong>Keith Warner</strong>, dont le travail à l’Opéra du Rhin <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/loeil-etait-dans-les-cintres-et-regardait-heinrich">sur <em>Tannhäuser</em></a> ou <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-etait-grand-temps"><em>Le Roi Arthus</em></a> avait laissé un souvenir plus que mitigé. Pour sa première production à Glyndebourne, le metteur en scène britannique réussit un petit miracle d’intelligence et de goût. De goût, parce qu’avec la complicité de son équipe artistique, il situe l’action dans un monde de sophistication et d’élégance qui rappellent le <em>silver screen</em>, le cinéma de l’âge d’or hollywoodien, en transposant l’intrigue dans les années 1950 sublimées par Douglas Sirk. D’intelligence, parce qu’il parvient, sans jamais trahir l’œuvre, à dépasser le mélo concocté par Menotti pour suggérer des prolongements inattendus : jouant à fond la carte de la rivalité/ressemblance des deux femmes qui se disputent le bel Anatol, Keith Warner opte pour un décor constitué d’immenses miroirs sans tain à cadre argenté, où une action imaginée ou remémorée se superpose à l’action vécue sur le devant de la scène. Parmi les non-dits ici plus ou moins explicités, l’ombre de l’inceste passe même, quand une scène d’accouchement pendant l’ouverture laisse penser que Vanessa a elle-même eu un enfant d’Anatol père, comme Erika en aura un d’Anatol fils. Les souvenirs du vieux docteur favorisent un feuilletage temporel, entre les années 1910 (jeunesse du docteur), 1930 (jeunesse de Vanessa) et 1950 (temps supposé de l’action). Et le pays « nordique » voulu par le livret prend un petit air d’Etats-Unis d’Amérique, à travers quelques allusions au racisme ordinaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="385" src="/sites/default/files/styles/large/public/van6.jpeg?itok=P70-vdzx" title="V. Verrez © Tristram Kenton" width="468" /><br />
	© Tristram Kenton</p>
<p>Quant à la distribution vocale, elle réserve quelques surprises qui vont peut-être, elles aussi, dans le sens d’une plus grande adhésion à l’œuvre. En confiant le rôle-titre à <strong>Emma Bell</strong>, le festival de Glyndebourne a choisi une voix sombre, à l’aigu sans grande séduction, mais ce qui pourrait ailleurs passer pour des défauts contribue ici à rendre Vanessa moins superficielle, plus humaine, plus proche de sa nièce tant dans les couleurs vocales que dans l’expression de la douleur. Scéniquement, transfigurée par sa perruque blonde et ses robes d’une élégance très <em>fifties</em>, la soprano britannique est digne de <em>Lana Turner</em> dans <em>Mirage de la vie. </em>La mezzo française <strong>Virginie Verrez </strong>est non seulement capable d’énoncer avec une diction parfaite les noms de plats dans la toute première scène (« Potage crème aux perles », « Ecrevisses à la bordelaise », etc.), mais elle sait aussi conférer toute sa force à un personnage dont on prétend qu’il poussa Maria Callas à renoncer à celui de Vanessa : Erika prenait trop de place dans l’œuvre, selon la Divine. Remplaçant Doris Soffel initialement annoncée, <strong>Rosalind Plowright</strong> a fort peu à chanter mais parvient à faire accepter sa métamorphose en mezzo. De retour après son Belmonte et son Alfredo, <strong>Edgaras Montvidas</strong> trouve en Anatol un personnage qui lui va comme un gant, et les rares moments où le ténor force un peu la voix, retombant dans un travers qu’on a déjà pu lui reprocher, servent finalement bien cet anti-héros hésitant entre la tante et la nièce. <strong>Donnie Ray Albert</strong> est un très savoureux docteur, et même le tout jeune <strong>William Thomas</strong> réussit à caractériser le Majordome durant la très courte scène où il se révèle fétichiste des fourrures. On espère vivement qu’un DVD viendra immortaliser ce magnifique spectacle et combler une lacune de la vidéographie.</p>
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		<item>
		<title>Vanessa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vanessa-trois-femmes-blessees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2019 07:09:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un monde idéal, il y a certains opéras que l’on verrait un peu moins, car on les donne aujourd’hui un peu trop, et d’autres que l’on verrait bien plus souvent, parce qu’ils sont actuellement l’objet d’un mépris scandaleux. Vanessa de Barber est de ces chefs-d’œuvre que l’on ne programme pas. C’est d’autant plus curieux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un monde idéal, il y a certains opéras que l’on verrait un peu moins, car on les donne aujourd’hui un peu trop, et d’autres que l’on verrait bien plus souvent, parce qu’ils sont actuellement l’objet d’un mépris scandaleux. <em>Vanessa</em> de Barber est de ces chefs-d’œuvre que l’on ne programme pas. C’est d’autant plus curieux que, depuis quelques décennies, le fameux <em>Adagio pour cordes</em> s’est imposé comme un tube planétaire, dans toutes les versions possibles. Snobisme, peut-être ? On donne pourtant encore les opéras de Menotti, à l’intérêt bien plus discutable. Jamais sans doute ce même Menotti n’a été aussi bon librettiste que pour son compagnon Samuel Barber. L’intrigue de <em>Vanessa</em>, inventée pour l’occasion, est dense, menée à un rythme soutenu, riche en moments de crise et propice à ces ingrédients de l’opéra « traditionnel » que sont les ensembles et autres scènes de bal. Barber a réussi à écrire une musique qui, sans adhérer à une certaine modernité européenne, réussit à ne sembler jamais passéiste. On se situe ici dans une tradition qui découle en droite ligne de Tchaïkovski et de Puccini, mais là où Menotti se contentait d’imiter assez servilement, Barber parvient à trouver une voix personnelle. Sa partition a quelque chose d’un peu hollywoodien, parfois ? Si cela signifie qu’elle rappelle Korngold, où serait le mal ? Et si on la compare à ce que faisaient les compositeurs de musique de film lorsqu’ils s’aventuraient dans le genre lyrique, la différence éclate aussitôt : là où <em>Vanessa</em> possède un impact immédiat grâce à sa concision même (à peine deux heures), <em>Wuthering Heights</em> de Bernard Herrmann, exact contemporain de Barber, semble bien dilué.</p>
<p>Jusqu’ici, aucune production de <em>Vanessa</em> n’avait été commercialisée ; YouTube offre bien une captation du spectacle donné à Monte-Carlo en 2001, avec Kiri Te Kanawa dans le rôle-titre, mais la qualité de l’image en est assez pitoyable, et l’œuvre est réduite à 1h30 de musique. Et voici, ô miracle, que l’œuvre fait son entrée sur le marché dans une version somptueuse, filmée au festival de <a href="https://www.forumopera.com/vanessa-glyndebourne-le-miroir-sargenta">Glyndebourne l’été dernier</a>. Spectacle esthétiquement superbe – un camaïeu de gris d’un goût exquis – où, sans faire les pieds au mur, <strong>Keith Warner </strong>arrive à conférer une épaisseur supplémentaire au livret en exploitant les non-dits et les sous-entendus glissés ici et là, et en jouant sur trois époques, entre les années 1910 et les années 1950. Est-ce un hasard si c’est un extrait d’<em>Œdipe roi</em> qu’on lit à l’héroïne dans la première scène ? Le héros incestueux par excellence a sûrement une raison d’être mentionné. Chacune des trois femmes sur lesquelles repose l’intrigue acquiert ainsi un passé, une dimension plus humaine : le silence de la vieille baronne devient plus compréhensible, Vanessa cesse d’être une exaspérante couguar, et Erika même y gagne en complexité.</p>
<p>A la tête du London PHilharmonic Orchestra, <strong>Jakub Hrůša </strong>exacerbe le drame et souligne la violence du propos, sans rien occulter des dissonances de la scène du bal où différentes musiques se superposent. Il faudrait être sourd pour nier la valeur de cette partition, et l’on peine à comprendre pourquoi la France tarde encore à accorder à cet opéra la place qu’il mérite.</p>
<p>Comme toujours à Glyndebourne, la distribution est soignée, le vivier que constitue la troupe de Young Artists permettant de confier les plus petits rôles à de belles voix. C’est notamment le cas de <strong>William Thomas</strong> dans le rôle du majordome. Pour le reste, les cinq personnages principaux sont presque d’égale importance, réunis dans le magnifique quintette final. En médecin, <strong>Donnie Ray Albert</strong> se montre aussi habile à susciter le rire lorsqu’il est ivre que l’émotion dans ses instants de nostalgie, explicités par la mise en scène. <strong>Rosalind Plowright</strong> rend ici tout à fait acceptable sa métamorphose en mezzo, et prête à la baronne la distinction qui lui sied, non sans révéler les failles de cette femme murée dans son mutisme. Avec le suprêmement antipathique Anatol – là aussi, Keith Warner parvient à aiguiser le trait en partant d’une simple réplique –, <strong>Edgaras Montvidas</strong> trouve un rôle où il n’a jamais à forcer ses moyens et où il peut se montrer en tous points convaincant. Révélation en la personne de notre compatriote <strong>Virginie Verrez</strong>, vue en Flora dans diverses reprises de <em>Traviata</em> à Bastille, prochainement Carmen au Welsh National Opera ou Prince Charmant de <em>Cendrillon</em> à Klagenfurt : cette jeune mezzo possède un timbre chaud, l’actrice est touchante et l’on guettera avec intérêt la suite de sa carrière. <strong>Emma Bell</strong>, enfin, donne à l’héroïne des couleurs sombres qui la rendent moins déplaisante, et qui font mieux accepter l’aveuglement de Vanessa. Captés par les micros le 14 août, ses aigus passent beaucoup mieux qu’en salle quelques jours auparavant.</p>
<p>La barre est donc placée très haut, mais on espère que cela ne découragera personne de tenter de faire au moins aussi bien.</p>
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		<title>BARBER, Vanessa — Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vanessa-glyndebourne-le-miroir-sargenta/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Aug 2018 10:45:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En présentant Vanessa pour fêter le soixantième anniversaire de sa création mondiale, le festival de Glyndebourne offre à Samuel Barber le plus beau cadeau qui soit. Cet adoubement posthume accordé par une institution de réputation internationale est d’autant plus important que le spectacle proposé est une parfaite réussite. Ainsi porté à bout de bras, après &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/vanessa-glyndebourne-le-miroir-sargenta/"> <span class="screen-reader-text">BARBER, Vanessa — Glyndebourne</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En présentant <em>Vanessa</em> pour fêter le soixantième anniversaire de sa création mondiale, le festival de Glyndebourne offre à Samuel Barber le plus beau cadeau qui soit. Cet adoubement posthume accordé par une institution de réputation internationale est d’autant plus important que le spectacle proposé est une parfaite réussite. Ainsi porté à bout de bras, après son passage <a href="https://www.forumopera.com/vanessa-wexford-un-opera-americain-sous-un-ciel-irlandais">à Wexford l’an dernier</a>, le premier des opéras de Barber restera-t-il encore longtemps ignoré des villes qui n’ont toujours pas jugé bon de le programmer ? Au nom de quel snobisme ? A l’heure où les opéras de Bernard Herrmann sont mis à l’affiche (<em>Wuthering Heights </em>à Nancy en mai 2019), plus n’est besoin d’un alibi pour jouer des œuvres qui représentent l’art lyrique du XXe siècle aussi dignement qu’un Britten ou un Henze. Contrairement à celle de son compagnon et librettiste Menotti, la musique écrite par Barber pour <em>Vanessa</em>, bien que nullement avant-gardiste, ne succombe jamais aux sirènes passéistes : on n’entend pas ici du sous-Puccini, mais une partition personnelle, portée à la fois par un solide souffle mélodique et par une certaine audace qui ne craint pas la dissonance « raisonnable » quand la situation le justifie. Faut-il mettre au crédit du seul <strong>Jakub </strong><strong>Hrůša</strong> l’efficacité de cet opéra riche en superbes intermèdes orchestraux ? Certes le London Philharmonic Orchestra semble au mieux de sa forme, mais le mérite doit bien en revenir aussi au compositeur…</p>
<p>Autre responsable du succès de ce spectacle, <strong>Keith Warner</strong>, dont le travail à l’Opéra du Rhin <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/loeil-etait-dans-les-cintres-et-regardait-heinrich">sur <em>Tannhäuser</em></a> ou <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-etait-grand-temps"><em>Le Roi Arthus</em></a> avait laissé un souvenir plus que mitigé. Pour sa première production à Glyndebourne, le metteur en scène britannique réussit un petit miracle d’intelligence et de goût. De goût, parce qu’avec la complicité de son équipe artistique, il situe l’action dans un monde de sophistication et d’élégance qui rappellent le <em>silver screen</em>, le cinéma de l’âge d’or hollywoodien, en transposant l’intrigue dans les années 1950 sublimées par Douglas Sirk. D’intelligence, parce qu’il parvient, sans jamais trahir l’œuvre, à dépasser le mélo concocté par Menotti pour suggérer des prolongements inattendus : jouant à fond la carte de la rivalité/ressemblance des deux femmes qui se disputent le bel Anatol, Keith Warner opte pour un décor constitué d’immenses miroirs sans tain à cadre argenté, où une action imaginée ou remémorée se superpose à l’action vécue sur le devant de la scène. Parmi les non-dits ici plus ou moins explicités, l’ombre de l’inceste passe même, quand une scène d’accouchement pendant l’ouverture laisse penser que Vanessa a elle-même eu un enfant d’Anatol père, comme Erika en aura un d’Anatol fils. Les souvenirs du vieux docteur favorisent un feuilletage temporel, entre les années 1910 (jeunesse du docteur), 1930 (jeunesse de Vanessa) et 1950 (temps supposé de l’action). Et le pays « nordique » voulu par le livret prend un petit air d’Etats-Unis d’Amérique, à travers quelques allusions au racisme ordinaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="385" src="/sites/default/files/styles/large/public/van6.jpeg?itok=P70-vdzx" title="V. Verrez © Tristram Kenton" width="468" /><br />
	© Tristram Kenton</p>
<p>Quant à la distribution vocale, elle réserve quelques surprises qui vont peut-être, elles aussi, dans le sens d’une plus grande adhésion à l’œuvre. En confiant le rôle-titre à <strong>Emma Bell</strong>, le festival de Glyndebourne a choisi une voix sombre, à l’aigu sans grande séduction, mais ce qui pourrait ailleurs passer pour des défauts contribue ici à rendre Vanessa moins superficielle, plus humaine, plus proche de sa nièce tant dans les couleurs vocales que dans l’expression de la douleur. Scéniquement, transfigurée par sa perruque blonde et ses robes d’une élégance très <em>fifties</em>, la soprano britannique est digne de <em>Lana Turner</em> dans <em>Mirage de la vie. </em>La mezzo française <strong>Virginie Verrez </strong>est non seulement capable d’énoncer avec une diction parfaite les noms de plats dans la toute première scène (« Potage crème aux perles », « Ecrevisses à la bordelaise », etc.), mais elle sait aussi conférer toute sa force à un personnage dont on prétend qu’il poussa Maria Callas à renoncer à celui de Vanessa : Erika prenait trop de place dans l’œuvre, selon la Divine. Remplaçant Doris Soffel initialement annoncée, <strong>Rosalind Plowright</strong> a fort peu à chanter mais parvient à faire accepter sa métamorphose en mezzo. De retour après son Belmonte et son Alfredo, <strong>Edgaras Montvidas</strong> trouve en Anatol un personnage qui lui va comme un gant, et les rares moments où le ténor force un peu la voix, retombant dans un travers qu’on a déjà pu lui reprocher, servent finalement bien cet anti-héros hésitant entre la tante et la nièce. <strong>Donnie Ray Albert</strong> est un très savoureux docteur, et même le tout jeune <strong>William Thomas</strong> réussit à caractériser le Majordome durant la très courte scène où il se révèle fétichiste des fourrures. On espère vivement qu’un DVD viendra immortaliser ce magnifique spectacle et combler une lacune de la vidéographie.</p>
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		<title>« The Opera House », le documentaire</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/the-opera-house-le-documentaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Dec 2017 06:21:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le film L’Opéra, sorti en salles en avril dernier, était un hymne à la gloire de l’Opéra national de Paris, c’est sous le titre tout aussi original de The Opera House que le public américain pourra voir à partir de janvier 2018 un documentaire consacré à l’histoire du Metropolitan Opera de New York, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le film <em>L’Opéra</em>, sorti en salles <a href="https://www.forumopera.com/autre-publication/lopera-grand-corps-bien-portant">en avril dernier</a>, était un hymne à la gloire de l’Opéra national de Paris, c’est sous le titre tout aussi original de <em>The Opera House</em> que le public américain pourra voir à partir de janvier 2018 un documentaire consacré à l’histoire du Metropolitan Opera de New York, et notamment à la construction et à l’inauguration du nouveau Met. Dans ce long métrage réalisé par Susan Froemke et produit par Peter Gelb, présenté en avant-première le 1<sup>er</sup> octobre dernier lors d’une soirée de gala au Met, on voit bien sûr beaucoup d’images d’archives, mais aussi et peut-être surtout de larges extraits d’une interview accordée par Leontyne Price peu avant ses 90 ans. Rappelons que c’est avec la soprano originaire du Mississippi que le Lincoln Center avait ouvert ses portes le 16 septembre 1966, dans <em>Antony and Cleopatra</em>, opéra commandé à Samuel Barber, dans une mise en scène éléphantesque signé Franco Zeffirelli. Ladite Leontyne Price nous promet d’ailleurs que l’édifice, cinquantenaire depuis un peu plus d’un an, a encore un demi-siècle devant lui.</p>
<p><iframe allow="encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" gesture="media" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/FGgzqqAR5Wc" width="560"></iframe></p>
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		<title>The inaugural season &#8211; Extraordinary MET performances from 1966-1967</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-inaugural-season-extraordinary-met-performances-from-1966-1967-pluie-detoiles-pour-linauguration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2017 06:29:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;était il y a 50 ans, le 16 septembre 1966 très exactement: la troupe du Metropolitan Opera de New York quittait ses vénérables locaux de Broadway, qui l&#8217;abritaient depuis 1883, pour gagner la salle flambant neuve construite au Lincoln Center. C&#8217;en était donc fini du old MET, et de son parfum de légende: Enrico Caruso, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;était il y a 50 ans, le 16 septembre 1966 très exactement: la troupe du Metropolitan Opera de New York quittait ses vénérables locaux de Broadway, qui l&rsquo;abritaient depuis 1883, pour gagner la salle flambant neuve construite au Lincoln Center. C&rsquo;en était donc fini du <em>old MET</em>, et de son parfum de légende: Enrico Caruso, Nellie Melba, Geraldine Farrar, Rosa Ponselle, les frères de Reszké, Lawrence Tibbett, Giovanni Martinelli, Lauritz Melchior et tant d&rsquo;autres y avaient connu leurs plus grands triomphes, sous les directions de Gustav Mahler, Arturo Toscanini, Bruno Walter, George Szell, Bruno Walter&#8230; On quittait donc Broadway avec ce qu&rsquo;il faut de nostalgie, mais aussi cette dilection très américaine pour les nouveaux départs. Il faut dire qu&rsquo;on gagnait au change: aux locaux vieillots du <em>old MET </em>succédaient des installations scéniques dernier cri, dans un écrin gigantesque (3975 places!). On se reportera, pour plus de précisions, à l&rsquo;<a href="http://www.forumopera.com/actu/metropolitan-opera-new-york">article thématique consacré à la salle dans ces colonnes</a>.</p>
<p>Pour fêter dignement cet anniversaire, le MET publie très opportunément un coffret retraçant, à travers dix représentations, cette saison inaugurale du MET au Lincoln center. La retransmission radiophonique des représentations étant – pour le plus grand bonheur des discophiles – une spécialité ancienne du MET (la première retransmission intégrale date de 1931, c&rsquo;était une représentation <em>Hänsel et Gretel</em>), l&rsquo;exercice était donc aisé pour la maison d&rsquo;opéra, à qui il a suffi d&rsquo;aller piocher dans ses riches archives.</p>
<p>Avant de procéder à l&rsquo;examen du contenu de ce coffret, il faut saluer avec enthousiasme l&rsquo;exercice consistant, pour une maison d&rsquo;opéra, à rendre compte de la réalité de sa production à l&rsquo;échelle d&rsquo;une saison entière. Peuvent ainsi apparaître, dans leur cohérence, les choix artistiques, les forces mais aussi les faiblesses d&rsquo;une institution, bien plus qu&rsquo;à travers la reproduction d&rsquo;une soirée isolée.</p>
<p>Pour constituer ce coffret reflet d&rsquo;une saison à bien des égards exceptionnelle, le MET avait donc l&#8217;embarras du choix. Evoquons donc cette matière première si généreuse: la saison 1966/1967 a vu à l&rsquo;affiche 283 représentations de 25 titres différents. A deux exceptions près (<em>Tristan </em>et <em>Ballo</em>), toutes les oeuvres jouées ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;une radiodiffusion. Le choix devait donc s&rsquo;opérer entre 23 titres*. Seuls dix ont eu les honneurs du coffret, où ils apparaissent sous la forme de coffrets cartonnés séparés: <em>Antoine et Cléopâtre</em>, de Samuel Barber (retenu pour l&rsquo;ouverture de la saison, et l&rsquo;inauguration du nouveau MET), <em>Turandot</em>, <em>Aida</em>, <em>Otello</em>, <em>Peter Grimes</em>, <em>Lucia di Lamermoor</em>, <em>Madame Butterfly</em>, <em>La Femme sans ombre</em>, <em>Rigoletto</em>, <em>La Flûte enchantée</em>.  Parce que choisir c&rsquo;est renoncer, il faut inévitablement interroger le choix des dix heureux élus, d&rsquo;autant que le livret qui accompagne le coffret est muet sur ce point. S&rsquo;agissant du choix des répertoires représentés, le coffret accentue le déséquilibre de la saison: l&rsquo;opéra italien se taille encore plus la part du lion, avec 6 opéras sur 10 dans le coffret (13 sur 25 pour l&rsquo;ensemble de la saison), au détriment du répertoire allemand, présent avec 2 titres (7 pour la saison). On aurait ainsi volontiers troqué la <em>Madame Butterfly </em>du 18 mars 1967 contre le <em>Lohengrin </em>du 21 janvier de la même année, qui alignait une distribution flatteuse (Sándor Kónya, Ingrid Bjoner, Christa Ludwig, Walter Berry&#8230;) sous la baguette experte de Karl Böhm&#8230; De même, à une <em>Flûte enchantée</em> assez moyenne, faute d&rsquo;une distribution adéquate, on aurait volontiers substitué le <em>Don Giovanni </em>alignant Cesare Siepi, Pilar Lorengar, Joan Sutherland, Nicolai Gedda et Ezzio Flagello, toujours sous la baguette de Karl Böhm. Cela renvoie à une autre observation, qui va au delà du contenu du présent coffret: le choix des dates retenues pour les radiodiffusions laisse parfois perplexe. Si l&rsquo;on en reste à la <em>Flûte enchantée</em>, pourquoi avoir ainsi choisi la quatrième représentation, en date du 4 mars, à la distibution plus que moyenne, et non la première, datée du 19 février, qui proposait un casting autrement plus prometteur (Pilar Lorengar en Pamina, Nicolai Gedda en Tamino, Lucia Popp en Reine de la nuit, Hermann Prey en Papageno&#8230;) ? On se perd en conjectures.</p>
<p>Ces remarques préalables étant faites, considérons, sans faire la fine bouche, ce qui est et non ce qui aurait pu être. Et prenons-le pour ce que c&rsquo;est : d&rsquo;abord un reflet de la capacité inégalée du MET à aligner des castings imbattables. Quel festival ! Procédons à la revue de détail.</p>
<p>Ainsi, la représentation de <em>Turandot</em>, captée le 3 décembre 1966, offre grâce à <strong>Birgit Nilsson </strong>et <strong>Franco Corelli</strong> l&rsquo;une des joutes vocales les plus insensées que l&rsquo;on ait jamais entendue dans cette oeuvre. Lui, surtout, semble délivré de son trac légendaire et émaille la soirée d&rsquo;aigus radieux. On sera plus nuancé sur la prestation de <strong>Mirella Freni </strong>en Liù.</p>
<p>La représentation d&rsquo;<em>Aïda</em>, déjà commentée <a href="http://www.forumopera.com/cd/verdi-toutes-voiles-dehors">dans le cadre du coffret <em>Verdi at the MET</em> publié par Sony Classical à l&rsquo;automne 2013</a>. C&rsquo;est vraiment, comme nous l&rsquo;écrivions à l&rsquo;époque, du chant « toutes voiles dehors ». <strong>Leontyne Price </strong>est, en Aïda, à son absolu sommet, insolente de beauté vocale pure, surclassée néanmoins (c&rsquo;est possible !) par l&rsquo;Amnéris renversante et juvénile de <strong>Grace Bumbry</strong>. Quant à <strong>Carlo Bergonzi</strong>, il administre comme à son habitude une leçon de chant verdien. <strong>Robert Merrill </strong>fait preuve de solidité et livre un acte du Nil très réussi.</p>
<p>On retrouve Leontyne Price pour la soirée d&rsquo;ouverture de cette nouvelle saison, le 16 septembre 1966. Il fallait évidemment une création pour un tel événement: commande fut donc passée au compositeur Samuel Barber, qui composa pour l&rsquo;occasion son opéra <em>Antoine et Cléopatre</em>. La partition devait notamment permettre de valoriser le satin vocal de <strong>Leontyne Price</strong>, pour qui elle fut écrite. A cet égard, la mission est accomplie, et la chanteuse fait merveille dans ces pages spécialement composées à son attention. Son entrée tout comme son air final (« Give me my robe ») sont de grands moments de glamour vocal. Le reste de la distribution ne dépareille pas, avec une mention particulière pour le César d&rsquo;airain de <strong>Jess Thomas</strong>.</p>
<p>On retrouve Verdi avec le <em>Rigoletto</em>, capté le 8 avril 1967. Dans le rôle-titre, <strong>Cornell McNeill </strong>est solide. En Gilda, <strong>Roberta Peters </strong>minaude hélas plus que de raison. On retiendra surtout le Duc vif-argent de <strong>Nicolai Gedda </strong>(malheureusement privé de cabalette au III !), digne des meilleurs, et on oubliera aussi vite la direction lymphatique de <strong>Lamberto Gardelli</strong>, qui frôle le naufrage à plusieurs reprises, tout comme le Sparafucile fâché avec la justesse de <strong>Bonaldo Giaiotti</strong>.</p>
<p>Pour en finir avec Verdi, le Maure est mieux servi que le bouffon. La représentation d&rsquo;<em>Otello </em>(le 11 avril 1967) permet en effet d&rsquo;apprécier dans de bonnes conditions l&rsquo;incarnation de <strong>James McCracken</strong>, par ailleurs si sujet à controverses. L&rsquo;engagement frappe, d&#8217;emblée : un fauve est sur scène, cela se perçoit immédiatement, presque physiquement. Les moyens sont loin d&rsquo;être minces, et on comprend, à l&rsquo;écoute, la fascination qui a pu se dégager de cette incarnation. Pour autant, il est difficile de passer sous silence un relâchement stylistique quasi généralisé, dont le « Dio mi potevi » offre un redoutable condensé : difficile de faire plus caricatural. La Desdemone de <strong>Montserrat Caballé </strong>charme, mais on en attendait plus. Quant à <strong>Tito Gobbi</strong>, il parvient, non sans talent, à masquer par ses dons de comédien l&rsquo;usure impitoyable de sa voix.  Le trait est souvent grossi, mais le génie est là.</p>
<p>La <em>Lucia di Lamermoor </em>donnée le soir de la Saint-Sylvestre 1966 permettait au public new-yorkais d&rsquo;apprécier une des principales attractions de la nouvelle saison : <strong>Joan Sutherland</strong>, qui faisait ses débuts <em>in loco</em>. Ce soir-là, la Stupenda méritait indéniablement son surnom, en se livrant à une démonstration impressionnante de virtuosité belcantiste. C&rsquo;est, d&rsquo;un point de vue strictement vocal, absolument irrésistible. Pour le théâtre, en revanche, on repassera&#8230; Autour d&rsquo;elle, on joue les utilités. La plus-value de cette soirée par rapport aux enregistrements studio qui voient la même Sutherland mieux entourée, apparaît en définitive bien mince.  </p>
<p>On en arrive à la même conclusion avec la <em>Madame Butterfly </em>captée le 18 mars 1967. Son intérêt principal, à l&rsquo;évidence, réside dans la Cio-Cio-San de <strong>Renata Scotto</strong>. Jeune, vocalement radieuse (quoi qu&rsquo;encore un peu acidulée&#8230;), elle séduit par son incarnation troublante et tout en subtilité. Mais la scène n&rsquo;apporte rien, la direction indiffère, et le Pinkerton du ténor <strong>George Shirley </strong>ne se situe pas au même niveau, c&rsquo;est un euphémisme&#8230; Là encore, le studio (Barbirolli, chez EMI, enregistré l&rsquo;année précédente) est nettement préférable. </p>
<p>Pour ce qui est du répertoire allemand, on avouera une réelle frustration à l&rsquo;écoute de <em>La Flûte Enchantée </em>(matinée du 4 mars 1967). A l&rsquo;évidence, le chef est à sa place, et sa direction témoigne d&rsquo;une réelle intimité avec l&rsquo;oeuvre. Mais la scène n&rsquo;égale pas la fosse, loin s&rsquo;en faut, et cette <em>Flûte</em> pêche par une distribution trop inégale. Seule la Reine de la nuit de <strong>Roberta Peters </strong>et le Sarastro de <strong>John Macurdy </strong>tirent leur épingle du jeu. Le Tamino de <strong>George Shirley </strong>est bien lourd et la Pamina de <strong>Judith Raskin </strong>terne et superficielle. Quant au Papageno de <strong>Theodor Uppmann</strong>, s&rsquo;il parvient manifestement à faire rire le public, il peine, réduit à ses seules qualités musicales, à emporter l&rsquo;adhésion de l&rsquo;auditeur aveugle&#8230; On regrettera, une nouvelle fois, que la distribution de la première, autrement plus allèchante, n&rsquo;ait pas été préférée.</p>
<p>On retrouve en revanche avec un bonheur non dissimulé <em>La Femme sans ombre </em>dirigée par <strong>Karl Böhm</strong>, bien connue des discophiles. Certes, la partition est coupée, pour être plus accessible à un public considéré – à tort ou à raison – comme peu réceptif aux élucubrations métaphysiques de Strauss et Hofmannsthal. Mais la direction de Karl Böhm rend justive comme bien peu à cette partition si complexe. Et la distribution est imbattable: le couple impérial formé par <strong>Leonie Rysanek </strong>et <strong>James King </strong>n&rsquo;appelle que des louanges (si l&rsquo;on veut bien attendre que Rysanek se soit chauffée la voix : son entrée est en effet&#8230; déroutante). En miroir, Barak et sa femme, campés par <strong>Walter Berry </strong>et <strong>Christa Ludwig</strong>, vocalement somptueux, forment un couple bouleversants d&rsquo;humanité. Une très grande soirée straussienne, à l&rsquo;égal des témoignages dirigés par Herbert von Karajan à Vienne en 1964, ou par le même Karl Böhm à Salzbourg dans les années 70.</p>
<p>On reste sur des hauteurs peu communes avec le <em>Peter Grimes </em>dirigé le 11 février 1967 par <strong>Colin Davis</strong>. C&rsquo;est l&rsquo;affinité évidente du chef avec l&rsquo;oeuvre qui frappe d&rsquo;abord, et sa capacité à en restituer les climats si prenants. Il est difficile, par ailleurs, de rester insensible à l&rsquo;incarnation du rôle-titre par <strong>Jon Vickers</strong>, assurément une des plus abouties, tous répertoires confondus, de la seconde moitié du vingtième siècle. Voilà un portrait déchirant, servi par des moyens vocaux inentamés : une leçon, qui n&rsquo;en finit pas de hanter. Le reste de la distribution se montre à la hauteur, ce qui n&rsquo;est pas peu dire.</p>
<p>Si l&rsquo;on ajoute au dix intégrales le disque bonus, composé d&rsquo;extraits d&rsquo;autres représentations (<em>Don Giovanni</em>, <em>Lohengrin </em>ou <em>Elektra </em>attisent bien des regrets&#8230;), ce coffret retraçant la saison inaugurale du MET dans ses nouveaux locaux cumule, en définitive, les pépites musicales. On remarquera qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;abord et avant tout de pépites vocales, conformément à une tradition non démentie dans cette maison. Des directions d&rsquo;orchestre de qualité sont bien présentes (Böhm, Mehta, Krips&#8230;) mais on a presque envie d&rsquo;écrire « par accident ». Si on en avait le loisir, on arriverait sans doute à la même conclusion s&rsquo;agissant des mises en scène. C&rsquo;est bien la voix qui est d&rsquo;abord mise à l&rsquo;honneur au MET, le reste (direction, mise en scène) n&rsquo;ayant pour finalité que de lui fournir le cadre le plus propice. De ce primat de la voix, ce coffret offre donc un reflet fidèle. Dès lors, on comprendra que le tout vaut bien mieux que la somme des parties : prises isolément, les versions des 10 oeuvres présentes ici sont toutes confrontées à des prestations plus convaincantes ailleurs dans la discographie. Mais peu importe en définitive : l&rsquo;objet de ce coffret n&rsquo;est pas de proposer dix versions de référence, mais bien d&rsquo;offrir un reflet fidèle de l&rsquo;activité du MET au sommet de sa gloire. C&rsquo;est, à cet égard, une réussite indéniable.</p>
<p><sub>*<em>Antoine et Cléopatre</em>, <em>La Gioconda</em>, <em>La Traviata</em>, <em>Turandot</em>, <em>La Femme sans ombre</em>, <em>Rigoletto</em>, <em>Don Giovanni</em>, <em>Faust</em>, <em>Elektra</em>, <em>Aïda</em>, <em>Tristan et Isolde</em>, <em>Tosca</em>, <em>Lohengrin</em>, <em>Lucia di Lamermoor</em>, <em>Les Maîtres chanteurs de Nurenberg, La Chauve-souris</em>, <em>La Bohème</em>, <em>Peter Grimes</em>, <em>Le Trouvère</em>, <em>La Dame de Pique</em>, <em>La Flûte enchantée</em>, <em>Otello</em>, <em>Madame Butterfly</em>, <em>Mourning becomes Electra</em>, <em>Un Bal masqué</em>. </sub></p>
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		<title>Dix opéras américains pour une investiture réussie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-operas-americains-pour-une-investiture-reussie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jan 2017 06:42:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au lieu de ramer pour trouver quelques vedettes de la chanson prêtes à donner de la voix pour sa cérémonie d’investiture, le vendredi 20 janvier, Donald Trump aurait pu proposer une représentation d’opéra : sans renoncer à la préférence nationale, le  nouveau président des Etats-Unis y aurait trouvé une belle occasion de rassurer l’opinion de ses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au lieu de ramer pour trouver quelques vedettes de la chanson prêtes à donner de la voix pour sa cérémonie d’investiture, le vendredi 20 janvier, Donald Trump aurait pu proposer une représentation d’opéra : sans renoncer à la préférence nationale, le  nouveau président des Etats-Unis y aurait trouvé une belle occasion de rassurer l’opinion de ses concitoyens et du monde entier. La preuve en dix exemples.</strong></p>
<hr />
<p><strong>1. Scott Joplin, <em>Treemonisha </em>(1913)</strong></p>
<p>Par un étonnant hasard, alors que l’Amérique dit adieu à son premier président non-blanc, le plus ancien opéra venu des Etats-Unis qui soit encore représenté de nos jours est l’œuvre d’un compositeur africain-américain. En y insérant des rythmes de ragtime, <em>Treemonisha</em> célébrait les noces réussies du genre lyrique occidental avec la musique du Nouveau Continent.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QwZ0pBT0W5Q" width="560"></iframe></p>
<p><strong>2. Virgil Thomson, <em>Four Saints in Three Acts</em> (1934)</strong></p>
<p>Monter un opéra composé sur le livret résolument avant-gardiste d’une auteur lesbienne et collectionneuse des peintres les plus audacieux de son temps, voilà qui montrerait à ses adversaires que Donald Trump a l’esprit plus ouvert qu’on le dit. Et s’il prend goût à <em>Four Saints in Three Acts</em>, il pourra ensuite passer à <em>The Mother of Us All</em> (1947), deuxième fruit de la collaboration entre Virgil Thomson et Gertrude Stein.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/YrneAej8rh4" width="560"></iframe></p>
<p><strong>3. George Gershwin, <em>Porgy and Bess</em> (1935)</strong></p>
<p><em>Porgy and Bess</em> n’est pas seulement un opéra dont la quasi-totalité des personnages sont noirs, c’est aussi celui dont le protagoniste central fait partie de ce qu’on appelle aujourd’hui les PMR. Malgré sa « mobilité réduite », Porgy est bien le héros de l’histoire. Voilà qui enverrait un signal positif, de la part de celui qu’on a accusé de moquerie envers un journaliste handicapé et qui promettait de restreindre l’accès aux soins de santé.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/apiq3VN2Ra8" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Carlisle Floyd, <em>Susannah</em> (1955)</strong></p>
<p>Donald Trump a nommé ministre de l’éducation un créationniste, opposé à la théorie darwinienne de l’évolution ? Qu’à cela ne tienne : dénonciation acerbe du maccarthysme et deuxième opéra américain le plus représenté après <em>Porgy and Bess</em>, <em>Susannah </em> de Carlisle Floyd montrerait que le nouveau président est résolument hostile à l’obscurantisme.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Q-FPJ4IECd8" width="560"></iframe></p>
<p><strong>5. Leonard Bernstein, <em>Candide</em> (1956)</strong></p>
<p>Durant sa campagne, le candidat républicain a annoncé son intention de déporter plusieurs millions d&rsquo;immigrants illégaux. Il est temps d&rsquo;appeler à la rescousse Leonard Bernstein et son <em>Candide</em>, composé en pleine guerre froide comme occasion idéale de pourfendre l’intolérance politique et religieuse de bon nombre de ses compatriotes. L&rsquo;air de la Vieille constitue notamment un croustillant éloge de l&rsquo;assimilation des réfugiés.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/vFi-neN5H_0" width="560"></iframe></p>
<p><strong>6. Samuel Barber, <em>Antony and Cleopatra</em> (1966)</strong></p>
<p>Tandis que Poutine et Bachar el-Assad filent le parfait amour, Donald Trump s’apprêterait-il à remporter en Syrie une nouvelle bataille d’Actium ? <em>Antony and Cleopatra</em>, œuvre pharaonique commandée à Samuel Barber pour l’inauguration du nouveau Metropolitan Opera construit au Lincoln Center, offrirait peut-être une autre vision des problèmes politiques du Proche-Orient.</p>
<p class="rtecenter">
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<p class="rtejustify"><strong>7. Philip Glass, <em>Einstein on the Beach</em> (1976)</strong></p>
<p>La victoire inattendue de Donald Trump a provoqué comme une onde de choc dans le milieu scientifique et universitaire américain, que ses déclarations sur le financement de la recherche ont de quoi inquiéter. <em>Einstein on the Beach</em>, dont les liens avec la théorie de la relativité restent ténus, permettrait peut-être de noyer le poisson.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/slZt_8MmoeI" width="560"></iframe></p>
<p class="rtejustify"><strong>8. John Adams, <em>Nixon in China </em>(1987)</strong></p>
<p>Le nouveau president des Etats-Unis semble sur le point d’appliquer envers la Chine une politique radicalement opposée à celle de ses prédécesseurs, qui rappellera étrangement la guerre froide. Trump pourrait avantageusement s’inspirer de l’attitude de son prédécesseur Nixon, qui contribua au contraire à renouer les liaisons diplomatiques, comme le rappelait le premier opéra de John Adams.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/0mtMI_huRtY" width="560"></iframe></p>
<p class="rtejustify"><strong>9. Andre Previn, <em>A Streetcar Named Desire</em> (1998)</strong></p>
<p>Dans l’opéra tiré de la pièce de Tennessee Williams <em>Un Tramway nommé désir</em>, Blanche Dubois veut fuir la réalité et réclame de la magie : il va en falloir beaucoup au nouveau président, en plus du tour de passe-passe grâce auquel il a été élu, pour réenchanter une Amérique qui ne se fait plus guère d’illusions.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/byF3FKUryns" width="560"></iframe></p>
<p class="rtejustify"><strong>10. Charles Wuorinen, <em>Brokeback Mountain</em> (2014)</strong></p>
<p>Malgré des efforts tardifs pour se présenter comme un candidat « LGBT-friendly » (pour un Républicain, en tout cas), l’élection de Donald Trump sème la panique dans toute la communauté homosexuelle des Etats-Unis, qui redoute de perdre tous les acquis des dernières décennies. <em>Brokeback Mountain</em> aurait prouvé que ces craintes étaient infondées.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/T9pb3RP12YE" width="560"></iframe></p>
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		<title>BARBER, Vanessa — Wexford</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vanessa-wexford-un-opera-americain-sous-un-ciel-irlandais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Oct 2016 22:59:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Enfin un grand opéra américain ! » s’exclama le chef d’orchestre Dmitri Mitropoulos après avoir dirigé en 1958 les premières représentations de Vanessa à New York. Et la critique de lui emboiter le pas et de couvrir d’éloges ce premier opéra de Samuel Barber, composé sur un livret de son compagnon Gian Carlo Menotti, d’après notamment &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Enfin un grand opéra américain !</em> » s’exclama le chef d’orchestre Dmitri Mitropoulos après avoir dirigé en 1958 les premières représentations de <em>Vanessa</em> à New York. Et la critique de lui emboiter le pas et de couvrir d’éloges ce premier opéra de Samuel Barber, composé sur un livret de son compagnon Gian Carlo Menotti, d’après notamment <em>Seven Gothic Tales</em> de Karen Blixen. Certains, abusés peut-être par le quintette final qui n’est pas sans rappeler le trio de <em>Der Rosenkavalier</em>, décrétèrent qu’il s’agissait du plus grand opéra depuis les chefs-d’œuvre de Richard Strauss. La reprise au Festival de Salzbourg suivie de l’attribution, la même année, du prestigieux prix Pulitzer en consacra le triomphe.</p>
<p>Ces débuts prometteurs ne furent hélas pas suivis d’effet. L’ouvrage suscita peu d’intérêt de ce côté de l’Atlantique. Il n’a à ce jour, par exemple, jamais été représenté à Paris intra muros (la création française date seulement de 2000 à Metz). Trop américain pour le goût européen ? Peut-être et inversement trop marqué d’influences européennes pour s’inscrire durablement au répertoire américain – à rebours de l’enthousiasme initial. La révision de la partition en 1964, lors d’une reprise new-yorkaise, ne parvint pas à raviver l&rsquo;intérêt. La disparition des décors originaux dans l’incendie des entrepôts du Met sonna l’hallali. Il fallut attendre plus de trente ans pour que <em>Vanessa</em> revienne à l’affiche.</p>
<p>Etrange ? Pas tant que ça. Avec son tissu de références littéraires et musicales, la première incursion de Samuel Barber dans le genre lyrique peut dérouter un public en quête d’émotions immédiates. Outre Karen Blixen, les commentateurs citent aussi Tolstoï (auquel le personnage d’Anatol aurait emprunté son prénom), Tchekhov (pour les nombreuses analogies avec<em> La Cerisaie</em>) et Ibsen (pour les thèmes brassés par le livret). Et comment ne pas penser à Blanche Dubois en découvrant au début de l’opéra Vanessa sclérosée dans son souvenir amoureux. Samuel Barber n’avait-il pas d’ailleurs envisagé de mettre en musique <em>Un tramway nommé désir</em> ? Sur le plan musical, si l’on excepte les citations explicites d’autres opéras – le plus évident étant <em>Boris Godounov</em> –, la partition appartient au mouvement néo-romantique, ce qui ne signifie pas qu’elle soit forcément facile d’accès. Harmonies et rythmes savants compliquent l’appréhension d’une œuvre dont la relative impopularité tient finalement à sa complexité. Trop de science (à ne pas confondre avec le « trop de notes » asséné à Mozart). L&rsquo;art lyrique, s&rsquo;il veut toucher le plus grand nombre, doit-il être cérébral ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/vanessa6.jpg?itok=IDZDNe1v" title="© Clive Barda/ArenaPAL" width="468" /><br />
	© Clive Barda/ArenaPAL</p>
<p>Rien de provocant dans cette question très pragmatique. Au contraire, tout opéra trouve naturellement sa place et son public dès que l&rsquo;on s&rsquo;attache à respecter les intentions de ses auteurs. Telle est la conclusion à laquelle on aboutit après le triomphe réservé à cette nouvelle production proposée par le Wexford Festival Opera : une approche scénique élégante signée <strong>Rodula Gaitanou</strong> plus ou moins détachée des didascalies mais respectueuse de l&rsquo;intrigue – et toujours lisible –, fluide dans son mouvement et fidèle à l&rsquo;esprit raffiné de l&rsquo;œuvre jusque dans l&rsquo;usage d&rsquo;un décor et de costumes ancrés dans l&rsquo;époque de la création ; une lecture orchestrale implacable – <strong>Timothy Myers</strong> – que l&rsquo;on a trouvé trop abrupte, sans doute parce que nos goûts nous portent vers un lyrisme plus assumé, voire sentimental ; des chanteurs enfin qui se confondent avec leur personnage au point de rendre difficile d’imaginer <em>Vanessa</em> interprétée par d’autres.</p>
<p>Tous, en effet, tant physiquement que vocalement, correspondent à l&rsquo;image que l&rsquo;on peut se faire à priori de leur rôle. Comment ne pas valider le choix de<strong> Claire Rutter</strong> en Vanessa, silhouette alourdie par l’âge, voix meurtrie par la maturité, médium éteint mais aigu ardent avec, inattendues dans ce répertoire, des <em>messe di voce</em> étonnantes. Comment ne pas succomber au mezzo-soprano de <strong>Carolyn Sproule</strong>, d&rsquo;une égalité, d&rsquo;une fraîcheur et d&rsquo;une plastique idéalement adaptées au rôle d&rsquo;Erika ? Comment ne pas accepter un Anatol – <strong>Michael Brandenburg</strong> –, dont on comprend le charme néfaste tout en devinant, sous le métal clinquant d’une voix centrale, sa véritable personnalité : frivole, opportuniste et lâche ? Comment enfin ne pas adhérer à une galerie de seconds rôles sans lesquels les premiers n&rsquo;auraient pas le même relief : <strong>Pietro Di Bianco</strong> en majordome d&rsquo;une jeunesse peut-être trop distinguée mais saillante ; <strong>James Westman</strong> tout simplement parfait en médecin de famille, bonhomme et gaillard ; <strong>Rosalind Plowright</strong>, baronne filiforme d&rsquo;un chic absolu, dont le rôle le plus souvent muet n&rsquo;obère en rien la présence, évidente, soprano puis mezzo-soprano désormais admise dans cette caste de chanteuse auxquelles il suffit d&rsquo;apparaître pour capter l’attention, une de celles dont on glisse le nom au détour d’une conversation, suscitant autant d&rsquo;envie que de jalousie par cette simple confidence « <em>je l&rsquo;ai vue</em> », diva hier – par la seule force d&rsquo;une Leonora discographique alors contestée aux côtés de Placido Domingo sous la direction de Carlo Maria Giulini – et à présent divine.</p>
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		<title>Dix extraits d&#8217;opéra pour se rafraîchir</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-extraits-dopera-pour-se-rafraichir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Aug 2016 05:35:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bienvenue en ce début du mois d&#8217;août où les températures ont tendance à grimper, voici une sélection d&#8217;extraits d&#8217;opéras dont la fraîcheur musicale suggérée saura attiédir la chaleur environnante. 1. Henry Purcell, King Arthur, « What power art thou » Depuis que le chanteur allemand Klaus Nomi en a fait un tube new wave sous le titre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bienvenue en ce début du mois d&rsquo;août où les températures ont tendance à grimper, voici une sélection d&rsquo;extraits d&rsquo;opéras dont la fraîcheur musicale suggérée saura attiédir la chaleur environnante. </strong></p>
<hr />
<p><strong>1. Henry Purcell, <em>King Arthur</em>, « What power art thou »</strong></p>
<p>Depuis que le chanteur allemand Klaus Nomi en a fait un tube new wave sous le titre de « Cold Song » (l’air du froid), « What power art thou », extrait de <em>King Arthur</em>, est connu de tous, sans que l’on sache forcément qu’il s’agit d’une partition originellement destinée à une basse et non à un contre-ténor. Reste qu’avec ses accords grelottants, cette scène fameuse – inspirée vraisemblablement du chœur des trembleurs au 4<sup>e</sup> acte d’<em>Isis </em>de Lully – saura ramener à des températures convenables un thermomètre trop élevé, tel un glaçon dans un verre d’eau chaude. [Christophe Rizoud]  </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/dhCTRjOmD1A" width="560"></iframe></p>
<p><strong>2. Antonio Vivaldi, <em>Tieteberga</em>, « Sento in seno »</strong></p>
<p>Sur une tendre mélodie, de subtils pizzicati confiés à toutes les cordes – à l’exception de deux violons et d’un <em>violone</em> – suggèrent admirablement les pleurs simulés de Lotario prétendant avoir été trahi par Tieteberga afin de pouvoir la répudier. Quelle qu&rsquo;en soit la sincérité, cette pluie de larmes fait l’effet d’une douche tiède, tellement bienfaisante que Vivaldi n’hésitera pas à reprendre l’air, écrit à l’origine pour le castrat Francesco Natali, dans au moins deux de ses ouvrages ultérieurs : <em>Armida al campo d&rsquo;Egitto</em> en 1718 et <em>Giustino </em>en 1724. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/4U2IY-Tj49s" width="420"></iframe></p>
<p><strong>3. Jean-Philippe Rameau, <em>Platée</em>,</strong> <strong>« Quittez, nymphes, quittez vos demeures profondes »</strong></p>
<p>Il pleut, il mouille, c&rsquo;est la fête à la grenouille. Ce n&rsquo;est pas la très batracienne nymphe Platée qui démentira cette adage, elle qui, lorsqu&rsquo;elle se sent d&rsquo;humeur particulièrement folâtre, appelle de ses vœux une pluie diluvienne pour arroser ses états. En l&rsquo;occurrence, se croyant aimée de Jupiter, elle imagine que les larmes de Junon viendront « inonder ces climats ». Lui succèdent le choeur « Epais nuages, tombez sur nous », puis l&rsquo;air où Clarine, suivante de Platée, invite le soleil à déguerpir au plus vite. Après ça, si vous n&rsquo;êtes pas rafraîchi, c&rsquo;est que vous y mettez de la mauvaise volonté. [Laurent Bury]</p>
<p><strong></strong></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/YproZ3B3K1Q?list=PLA2C9C67A57667BAB" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Wolfgang Amadeus Mozart, <em>Così fan tutte</em>, « Soave sia il vento »</strong></p>
<p>S’il ne fallait donner qu’un seul exemple du génie de Mozart, peut-être choisirions-nous « Soave sia il vento », trio extrait de <em>Cosi fan tutte</em> qui, sur un tapis orchestral soyeux, exhale une brise bienvenue par temps de canicule, un zéphyr délicat et apaisant telles les pales d’un ventilateur brassant un air brûlant, celui du jeu de l’amour et du hasard, léger, malicieux, fripon mais non exempt de déconvenue et d’amertume. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/dheEvaO1z8s" width="420"></iframe></p>
<p><strong>5. Carl Maria von Weber, <em>Oberon</em>, « Ocean, thou mighty monster »</strong></p>
<p>L’air le plus connu d’<em>Oberon </em>de Weber, pour ne pas dire le seul qui ait vraiment survécu, est celui où la princesse Rezia décrit l’effet vivifiant du terrible océan déchaîné. C’est bien simple, on se croirait sur la plage, à se prendre en plein visage les embruns porté par les aquilons furieux, l’écume, la houle, les brisants… Pourtant, attention, car ça ne dure pas longtemps : la tempête s’apaise, mais on a quand même été bien rafraîchi. Le navire espéré apparaît, et c&rsquo;est autour de Rezia de se lâcher toutes voiles dehors. [Laurent Bury]</p>
<p><strong></strong></p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/8ERAydgZjTg" width="420"></iframe></p>
<p><strong>6. Richard Wagner, <em>Das Rheingold, </em>Prelude and Rhinemaidens</strong></p>
<p>En quête de fraicheur, sur un Mi bémol immobile, hypnotique et abondamment commenté, immergeons-nous longuement dans les eaux froides du Rhin et batifolons avec ses trois filles dont le chant liquide repose sur une langue imaginée par Wagner que Marcel Beaufils présentait comme « <em>la plus violente matière d’allitérations qu’ait jamais tiré de son fonds l’onomatopée allemande</em> ». [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/xSbDhdAg4aE" width="420"></iframe></p>
<p><strong>7. Arrigo Boito, <em>Mefistofele</em>, « L&rsquo;altra notte »</strong></p>
<p>Tandis que Faust est destiné à brûler dans les flammes de l’Enfer, Marguerite se morfond sur la paille humide d’un cachot avant sa rédemption. « Le vent est froid, la prison est sombre » : en voilà une au moins qui ne souffre pas de la canicule. Quant à ce « fond de la mer » où elle a jeté son enfant, on entend bien qu’il ne doit pas y faire trop chaud non plus… [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/foxxxkGDiO8" width="420"></iframe></p>
<p><strong>8. Nikolaï Rimski-Korsakov, <em>Snegourotchka</em>, « Aller au bois cueillir les baies »</strong></p>
<p>Fille du Bonhomme Hiver et de la Fée Printemps, Snegourotchka est littéralement une enfant de neige, mais l’opéra de Rimski-Korsakov qui porte son nom est sous-titré « conte de printemps », saison pendant laquelle, bizarrement, la jeune fille se languit alors que les demoiselles humaines, au contraire, sont pleines d’ardeur. Et c’est bien là le problème : au dernier acte, et aux premiers rayons du soleil, Snegourotchka fond. Littéralement. Mais avant d’en arriver là, elle a le temps de chanter les joies de températures plus fraîches, comme la cueillette des baies hivernales qu’on pratique entre amies… [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/y4WHXkqcuh8" width="420"></iframe></p>
<p><strong>9. Kurt Weill, <em>Street Scene</em>, Ice Cream sextet</strong></p>
<p>Dans <em>Street Scene</em> de Kurt Weill, on trouve au premier acte un sextuor où Mr Fiorentino, l’Italien de service, régale de glace ses colocataires accablés de chaleur. Outre le jeu de mots un peu facile entre « ice cream » et « I scream » (« glace » et « je crie ») et le clin d’œil appuyé à Donizetti, on appréciera l’entrain gourmand – et rafraîchissant – d’une musique qui mériterait d’être connue – et jouée – davantage (véritable patchwork stylistique, l’opéra est un des plus accomplis de son auteur). [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Bh8sYgzNFWE" width="420"></iframe></p>
<p><strong>10. Samuel Barber, <em>Vanessa</em>, « Must the winter come so soon? »</strong></p>
<p>A force de vous plaindre de la chaleur, vous verrez que l’été finira par se terminer, et vous vous plaindrez que l’hiver arrive trop tôt, comme la jeune Erika dans <em>Vanessa</em> de Samuel Barber. Un hiver digne de Walt Disney, avec cerf affamé et chouette gelée, dans cette forêt où l’on ne voit pas passer les jours car la lumière ne semble jamais y entrer. On se croirait au royaume d&rsquo;Allemonde, avec ses endroits où l&rsquo;on ne voit jamais le soleil. Brrrr… [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Qa4N9Xe_Nx0" width="560"></iframe></p>
<p> </p>
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		<title>oeuvres chorales</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/avant-vanessa-apres-antony/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Dec 2012 16:31:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Evidemment, il y a au cœur de ce disque le fameux Adagio pour cordes, dans sa version pour chœur a cappella : sans cet Agnus Dei, il manquerait le principal titre de gloire de Samuel Barber, ou du moins ce qui lui vaut d’être passé à la postérité. Ce morceau lancinant, qui dure à peine &#8230;</p>
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<tbody>
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<p>Evidemment, il y a au cœur de ce disque le fameux <em>Adagio pour cordes</em>, dans sa version pour chœur a cappella : sans cet <em>Agnus Dei</em>, il manquerait le principal titre de gloire de Samuel Barber, ou du moins ce qui lui vaut d’être passé à la postérité. Ce morceau lancinant, qui dure à peine dix minutes, est à Barber ce que le <em>Boléro </em>est à Ravel, à la différence près que Barber est infiniment moins connu que Ravel, surtout de ce côté-ci de l’Atlantique. La preuve : qui a déjà entendu interpréter en France « Sure on this shining night » ? Cette mélodie, écrite en 1938, fut pourtant l’un des premiers très grands succès publics de Barber : vers la fin des années 1970, quand le compositeur s’installa à New York, il voulut obtenir un numéro de téléphone sans attendre le délai de rigueur, il appela le service des attributions, et l’employée accéda à sa requête à la condition « qu’il lui prouve son identité en fredonnant les premières mesures de Sure on This Shining Night » (voir le livre de <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3414&amp;cntnt01returnid=67">Pierre Brévignon</a>). La mélodie inspirée par un poème de James Agee (qui allait ensuite inspirer à Barber un de ses chefs-d’œuvre, <em>Knoxville, Summer of 1915</em>) fut composée en 1938 pour voix soliste et piano, et arrangée pour chœur et piano trente ans après. C’est d’ailleurs l’intérêt de ce disque que de rapprocher des œuvres des deux extrémités de la carrière de Barber, composées jusqu’en 1940 ou à partir 1965, soit bien avant le premier grand succès lyrique de Barber, <em>Vanessa </em>(1958) et après l’échec cuisant de son deuxième opéra, <em>Antony and Cleopatra</em> (1966). Comme passerelle surplombant ce quart-de-siècle, on trouve justement ces deux adaptations tardives d’œuvres de jeunesse que sont l’<em>Agnus Dei</em> et « Sure on This Shining Night ».</p>
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				De la première période datent les pièces que Barber fit interpréter au Madrigal Chorus, dont le Curtis Institute de Philadelphie lui avait confié la création et à la direction en 1939. Au répertoire issu de la Renaissance européenne, le jeune Samuel ajouta en effet ses propres œuvres, comme les deux poèmes de 1935, son opus 8, non sans composer pour ce chœur, par exemple la mélodie « engagée », accompagnée de timbales, qu’est <em>A Stopwatch and an ordnance map</em>, sur un poème évoquant la guerre d’Espagne que lui avait offert Stephen Spender, rencontré à Londres. C’est aussi le Madrigal Chorus qui assura la création du magnifique triptyque intitulé <em>Reincarnations</em>. De la dernière période créatrice de Barber datent le <em>Choral de Pâques</em> sur lequel se conclut le disque, mais aussi les <em>Deux Chœurs</em> Opus 42, et surtout <em>The Lovers</em>, dernière grande œuvre vocale du compositeur, sur des poèmes de Pablo Neruda, dédiée par Barber à son amant et assistant Valentin Herranz. Pour cette magnifique cantate d’un peu plus d’une demi-heure, comme pour le nettement moins mémorable <em>Choral</em>, une transcription pour petit ensemble orchestral a été commandée à Robert Kyr. Au lieu d’une formation de 80 musiciens, quinze instrumentistes suffisent ici, et l’on partage volontiers l’opinion de l’arrangeur pour qui cet effectif plus léger s’accorde mieux au caractère intime des textes.</p>
<p>				Conduit de main de maître par <strong>Craig Hella Johnson</strong>, le chœur <strong>Company of Voices</strong>, qui fait partie de l’ensemble Conspirare, réunit trente-six excellents chanteurs, comme on peut s’en rendre compte dans les passages les plus tendus, où les sopranos conservent douceur et pureté. C’est de leurs rangs que sont issus les quelques voix solistes que l’on entend aussi sur ce disque, ce qui n’est pas forcément une excellente idée en ce qui concerne <em>The Lovers</em>. <strong>David Farwig</strong> a certes une jolie voix, mais un peu plus de présence dans le grave ne serait pas malvenue, et même si les exigences vocales ne sont pas les mêmes face à un ensemble chambriste et non plus face à un grand orchestre, il faudrait surtout un interprète plus engagé, un baryton plus mordant, qui puisse faire passer toute la densité érotique des trois textes qui sont confiés à lui seul. Malgré tout, cet enregistrement devrait donner des idées aux chefs de chœur à la recherche de pièces modernes (ou du moins récentes) rarement données.</p>
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