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	<title>Anton RUBINSTEIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Anton RUBINSTEIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>RUBINSTEIN, Le Démon — Bordeaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 22:36:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le voici donc ce Démon dont un air popularisé par Dmitri Hvorostovsky entretient aujourd’hui la mémoire, seul rescapé parmi la vingtaine d’opéras composés par Anton Rubinstein, peu représenté en France – sa dernière apparition remonte à 2003 au Châtelet. Le livret s’inspire d’un poème de Lermontov sur un thème cher à la mythologie chrétienne : &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le voici donc ce <i>Démon</i> dont un air popularisé par Dmitri Hvorostovsky entretient aujourd’hui la mémoire, seul rescapé parmi la vingtaine d’opéras composés par Anton Rubinstein, peu représenté en France – sa dernière apparition remonte à 2003 au Châtelet. Le livret s’inspire d’un poème de Lermontov sur un thème cher à la mythologie chrétienne : le diable et ses diableries. En Géorgie au XVIe siècle, un démon en quête de rédemption tente de séduire la princesse Tamara réfugiée dans un couvent après l’assassinat par les Tartares de son fiancé, le Prince Sinodal (crime auquel les forces du mal ne sont pas étrangères). Echec au tentateur ! Un ange annonce que la jeune fille est sauvée et condamne dans le même temps le démon à la solitude éternelle. Toute ressemblance avec Faust et le Hollandais wagnérien serait purement fortuite. Dans le programme, Piotr Kaminski souligne aussi la parenté de ce démon avec « l’homme inutile » qui hante la littérature russe du XIXe siècle.</p>
<p>Pianiste virtuose, considéré en son temps comme l’égal de Liszt, fondateur du conservateur de Saint-Pétersbourg, compositeur prolifique et touche-à-tout, Anton Rubinstein (1829-1894) fut un des musiciens les plus fameux de son temps. La postérité, encouragée par le jugement sévère de certains de ses contemporains, dont son propre élève Piotr Ilitch Tchaïkovski, s’est montrée moins clémente. « <i>Ce qui me frappe surtout dans la musique de Rubinstein, c’est sa modération</i> », écrivait Reynaldo Hahn dans <i>Le Figaro</i>, au sortir d’une représentation du <i>Démon</i> en 1911 à Paris, à l’occasion de la Saison russe, « <i>Cet homme au regard d’Ugolin, à la crinière hérissée, ce virtuose volcanique et sublime dont les mains étaient pleines de tonnerre et de cataclysmes, écrivait une musique sage, simplette, toujours correcte, parfois expressive, souvent banale, jamais désagréable, une musique enfin “de tout repos” </i>». Et le compositeur français de conclure : « <i>je pense que dans le poème de Lermontov dont fut tiré le livret et qui passe pour un chef d’œuvre, la psychologie satanique est moins simpliste que dans la traduction musicale de Rubinstein, où l’amour du Démon pour la jeune et pure mortelle est exprimée en mélodies aimables, courantes et paisiblement accompagnée de batteries régulières</i> ». Verdict sans appel auquel on est en droit de ne pas souscrire. S’il faut formuler un grief à l’encontre du <i>Démon</i>, c’est d’abord l’absence d’une dramaturgie suffisante pour soutenir le récit. L’œuvre s’apparente à une succession de tableaux prétextes à scènes de genre dans les deux premiers actes et duo d’amour dans le dernier.</p>
<p>À Bordeaux, <b>Dmitry Bertman </b>tente d’unifier la narration au moyen d’un décor unique en forme d’œil – cylindre de bois avec en guise d&rsquo;iris une sphère utilisée comme écran de projection. Le dispositif, contraignant dès qu’il s’agit aux choristes d’entrer ou de sortir, a le bon goût de ne pas altérer la lisibilité de l’intrigue, si mince soit-elle. Le travail sur les lumières et l’usage, intelligent car parcimonieux, de la vidéo sont garants d’une contemporanéité de bon goût. La considérer de « <i>tout repos</i> », à l’exemple de Reynaldo Hahn, sous prétexte qu’elle ne franchit jamais une ligne d’inconfort, serait ne pas tenir compte de son originalité. D’ailleurs, la mise en scène d’opéra doit-elle forcément bousculer ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="/sites/default/files/styles/large/public/ld3.jpg?itok=wER9x9BG" title="© Eric Bouloumié " /><br />
	© Eric Bouloumié<font size="3"> </font></p>
<p>On sait que <i>Le Démon</i> doit à son rôle-titre d’avoir triomphé des ans. Chaliapine notamment en était friand. Souffrant, Nicolas Cavallier doit céder sa place à <b>Aleksei Isaev</b>, familier de la partition pour l’avoir chantée en alternance avec Dmitri Hvorostovsky à l’Helikon Opéra de Moscou en 2016. A l’écoute de cette voix large, puissante, robuste, à laquelle aucune note ne semble résister, et dont le relief épouse naturellement les inflexions du texte, on mesure l’avantage de chanter dans sa langue naturelle, ce qu’une de nos amies résumait par cet aphorisme : « <i>rien de tel que les Russes dans le russe</i> ». Affirmation confirmée par les deux autres protagonistes, l’un et l’autre évoluant avec une évidence innée dans cet univers musical : <b>Alexey Dolgov</b> (Sinodal), ténor à l’ardeur slave avec ce que cela signifie de chaleur et de rugosité ; <b>Eugenia Murareva</b> (Tamara) dont le soprano surmonte les coloratures des deux premiers actes puis s’épanouit dans le lyrisme intense du duo final. Idem pour le mezzo-soprano capiteux de <b>Svetlana Lifar</b>, prédestiné au rôle d’une Nourrice un rien dominatrice.</p>
<p>Pas de conclusion hâtive cependant : les seconds rôles français – <b>Paul Gaugler</b> (le Messager), <b>Luc Bertin-Hugault</b> (le Serviteur) – ou grec – <b>Alexandros Stavrakakis</b> (Goudal) – ne déparent pas l’ensemble. Ce dernier tire profit d’une partition plus saillante pour exposer une voix de basse encore jeune mais déjà prometteuse par la solidité de l’assise. Seule interrogation, qui ne remet pas en cause la valeur de l’interprète : pourquoi avoir confié à un contre-ténor – <b>Ray Chenez</b> – le rôle de l’Ange ? Sans préjuger du sexe des créatures célestes, le volume de la voix ne saurait rivaliser avec celui d’une mezzo-soprano dès qu’il s’agit de dominer la masse orchestrale et chorale.</p>
<p>Des chœurs, il est souvent question, comme souvent dans les opéras russes. Pour l’occasion, Limoges a été appelé en renfort portant le nombre de choristes à plus de soixante. La fusion entre les deux ensembles s’est opérée sans qu’il soit possible d’en deviner le raccord. Pupitres réunis ou divisés, la variété des couleurs est admirable et l’homogénéité du son préservée. A la tête de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, le doigt sur la couture du pantalon, la direction endiablée de <b>Paul Daniel</b> s’emploie à contredire Reynaldo Hahn. De tout repos, la battue rapide (trop même à notre goût), la précision irréprochable malgré les risques de décalage induits par la présence fréquente des chœurs en coulisse ? De tout repos, le magma orchestral derrière lequel on distingue souvent l’ombre envahissante de Wagner, plus d’ailleurs que les silhouettes de Liszt et Schumann, souvent cités à propos de Rubinstein ? De tout repos, <i>Le Démon </i>? A en juger l’enthousiasme de la salle au tomber de rideau, non, vraiment pas.</p>
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		<title>Nicolas Cavallier renonce aux deux premières du Démon à Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/nicolas-cavallier-renonce-aux-deux-premieres-du-demon-a-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jan 2020 13:45:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est l&#8217;événement de la saison bordelaise : le rarissime (en France) Démon d&#8217;Anton Rubinstein est à l&#8217;affiche pour cinq représentations. Hélas, on apprend que le titulaire du rôle-titre, le baryton-basse français Nicolas Cavallier, est contraint de renoncer aux deux premières, les 29 et 31 janvier, pour cause de maladie. Il sera remplacé par le Russe Alexei &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est l&rsquo;événement de la saison bordelaise : le rarissime (en France) <i>Démon</i> d&rsquo;Anton Rubinstein est à l&rsquo;affiche pour cinq représentations. Hélas, on apprend que le titulaire du rôle-titre, le baryton-basse français <strong>Nicolas Cavallier</strong>, est contraint de renoncer aux deux premières, les 29 et 31 janvier, pour cause de maladie. Il sera remplacé par le Russe <strong>Alexei Isaev</strong>. Membre de la troupe du Helikon-Opera, celui-ci y a chanté <em>Le Démon</em> en 2016, en alternance avec le regretté Dmitri Hvorostovsky.</p>
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		<title>Ray Chenez dans Le Démon : jusqu&#8217;où iront les contre-ténors ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ray-chenez-dans-le-demon-jusquou-iront-les-contre-tenors/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jan 2020 06:07:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En examinant la distribution du Démon d&#8217;Anton Rubinstein, œuvre trop rare en Occident et que l&#8217;on n&#8217;a guère entendue en France qu&#8217;en 1911 pour sa création parisienne puis lors des représentations données au Châtelet en 2003, on se réjouit de voir le rôle-titre confié à la basse française Nicolas Cavallier, entouré de russophones dans les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En examinant la distribution du <em>Démon</em> d&rsquo;Anton Rubinstein, œuvre trop rare en Occident et que l&rsquo;on n&rsquo;a guère entendue en France qu&rsquo;en 1911 pour sa création parisienne puis lors des représentations données au Châtelet en 2003, on se réjouit de voir le rôle-titre confié à la basse française <strong>Nicolas Cavallier</strong>, entouré de russophones dans les rôles principaux. Et puis on tombe tout à coup sur une surprise. Dans le rôle de l&rsquo;Ange est affiché <strong>Ray Chenez</strong>, contre-ténor, qu&rsquo;on a pu applaudir notamment dans <a href="https://www.forumopera.com/orfeo-nancy-les-gens-heureux-nont-pas-dhistoire">l&rsquo;<em>Orfeo </em>de Rossi</a> en Cupidon et en Nourrice. Mais dans un opéra russe écrit en 1871, créé à Saint-Pétersbourg en 1875 et à Moscou en 1879, un contre-ténor, vous êtes sûr ? Evidemment, Rubinstein n&rsquo;avait pas prévu cela, et le rôle est écrit pour contralto. Et si l&rsquo;on comprend que les travestis d&rsquo;opéras russes comme <em><a href="https://www.forumopera.com/dvd/ruslan-and-lyudmila-quand-jetais-petit-je-netais-pas-grand">Rousslan et Ludmilla</a> </em>ou <em><a href="https://www.forumopera.com/la-fille-de-neige-paris-bastille-monsieur-tcherniakov-pourquoi-transposer">Snégourotchka</a> </em>puissent être confiés à un Yuri Mynenko pour des raisons de vraisemblance dramatique, fallait-il ici changer le sexe des anges ?</p>
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		<item>
		<title>10 spectacles incontournables de la saison 2019-2020</title>
		<link>https://www.forumopera.com/10-spectacles-incontournables-de-la-saison-2019-2020/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/10-spectacles-incontournables-de-la-saison-2019-2020/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Sep 2019 04:00:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après consultation de la 24e édition du guide Musique &#38; Opera, voici par ordre chronologique dix spectacles (et même onze) qu&#8217;il serait dommage de manquer en 2019-20 Philip Glass, Einstein on the Beach, Grand Théâtre de Genève, du 11 au 18 septembre 2019 (plus d&#8217;informations) L’un des événements de la saison lyrique 2014 avait été &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après consultation de la 24e édition du <a href="https://www.forumopera.com/breve/musique-opera-2019-20-baedeker-et-akoun-en-un-seul-guide">guide Musique &amp; Opera</a>, voici par ordre chronologique dix spectacles (et même onze) qu&rsquo;il serait dommage de manquer en 2019-20</strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/einstein.png?itok=3rqwakBg" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>Philip Glass, <em>Einstein on the Beach</em>, Grand Théâtre de Genève, du 11 au 18 septembre 2019 </strong>(<a href="https://www.gtg.ch/einstein-on-the-beach/">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>L’un des événements de la saison lyrique 2014 avait été la tournée internationale d’<em>Einstein on the Beach</em>, production reconstituant fidèlement le spectacle originel créé à Avignon en 1976 par Bob Wilson. Mais quelle meilleure preuve de la validité d’une œuvre que l’apparition de nouvelles mises en scène ? Pour inaugurer son mandat genevois, Aviel Cahn relève le défi et offre au tout premier opéra de Philip Glass l’honneur d’une nouvelle production dirigée par <strong>Titus Engel</strong>, grand défenseur des partitions de notre temps. Les chanteurs et l’orchestre seront des étudiants de la Haute école de musique de Genève, et le spectacle sera réglé par l’homme de théâtre suisse <strong>Daniele Finzi Pasca</strong>. [Laurent Bury]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/gaspare-spontini-678x381-600x337.jpg?itok=up-5bEZl" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Gaspare Spontini, <em>Fernand Cortez</em>, Teatro del Maggio Musicale, Florence, du 12 au 23 octobre 2019 </strong>(<a href="https://www.maggiofiorentino.com/events/fernand-cortez/">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>De Spontini, on a pu voir <em>La Vestale </em>au Théâtre des Champs-Elysées <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/au-coin-du-feu">en 2013</a> et à Bruxelles <a href="https://www.forumopera.com/la-vestale-bruxelles-la-monnaie-sans-feu-sans-foi">en 2015</a>, en attendant une nouvelle poduction au Theater an der Wien <a href="https://www.forumopera.com/breve/vestale-de-feu-au-theater-an-der-wien">cette saison</a>, et <em>Olympie</em> a récemment connu les honneurs d’une <a href="https://www.forumopera.com/cd/olimpie-passons-aux-choses-serieuses">intégrale au disque</a>. Voici enfin venu le temps de redécouvrir son <em>Fernand Cortez </em>(1809). Sur un sujet qui aurait été suggéré par Napoléon en personne, le compositeur produisit une œuvre à grand spectacle, ancêtre du grand opéra à la française, très appréciée par Berlioz. Pour les représentations florentines, un chef français – <strong>Jean-Luc Tingaud</strong> – dirigera une distribution internationale entraînée par le ténor belcantiste <strong>Dario Schmunck</strong> dans le rôle-titre et la très puccinienne <strong>Alexia Voulgaridou</strong> en Amazily. [Laurent Bury]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/spot1_1.jpg?itok=cr7otqXp" style="width: 100px; height: 100px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Francesco CAVALLI, <em>Ercole Amante</em> – Paris, Opéra Comique, du 4 au 12 Novembre 2019</strong> (<a href="https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2019/ercole-amante">plus d’informations</a>)</p>
<p>Non, cet <em>Ercole Amante</em> de Francesco Cavalli n’est pas à usage exclusif des amateurs de musique baroque. La distribution s’annonce royale – quoi de plus naturel pour un opéra en hommage à Louis XIV (Hercule, c’est lui !) : Raphaël Pichon, Nahuel di Pierro, Anna Bonitatibus, Dominique Visse… A la mise en scène, Valérie Lesort et Christian Hecq, le duo gagnant du <em><a href="https://www.forumopera.com/le-domino-noir-paris-favart-o-ma-belle-inconnue">Domino noir en 2018</a></em>, tenteront d’agiter le même hochet de fantaisie sur une partition dont Lully s’inspira pour poser les fondements de la tragédie lyrique. [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/les-fantomes-de-versailles-c2-a9-thomas-garnier-1-event_item-1.jpg?itok=lCoiY0KM" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>John Corigliano, <em>Ghosts of Versailles</em>, Opéra royal de Versailles, du 4 au 8 décembre 2019 </strong>(<a href="https://www.chateauversailles-spectacles.fr/programmation/corigliano-les-fantomes-de-versailles_e2145">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Le château de Versailles hanté par les spectres de Louis XVI, Marie-Antoinette et Beaumarchais, rejoints par les personnages inventés par le dramaturge, Figaro, Suzanne, le comte et la comtesse Almaviva… Non, ce n’est pas le pitch d’une nouvelle série télévisée, mais bien un avant-goût de l’intrigue de <em>Ghosts of Versailles</em>, commande du Met où cet opéra fut créé en 1991, avec une distribution qui donne le tournis (Renée Fleming, Teresa Stratas, Marilyn Horne…). Près de trente ans après, pour la création française de l’œuvre, le cast est un peu moins renversant sur le papier, mais l’adéquation entre le lieu et l’œuvre, ainsi que la qualité de la musique de John Corigliano, devraient suffire à faire tomber… non, tourner les têtes. [Laurent Bury]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/spot2_1.jpg?itok=xHE4gBR_" style="width: 100px; height: 100px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Anton RUBINSTEIN, <em>Le Démon</em> – Opéra national de Bordeaux, du 29 janvier au 9 février 2020</strong> (<a href="https://www.opera-bordeaux.com/opera-le-demon-15451">plus d’informations</a>)</p>
<p>Ouvrage aussi rare à l’ouest de l’Europe qu’il est populaire en Russie, <em>Le Démon</em> d’Anton Rubinstein plante pour la première fois de son histoire ses crocs en Aquitaine. Pour cette création bordelaise, Marc Minkowski et ses équipes ont mis les petits plats dans les grands : distribution internationale, dont – cocorico ! – Nicolas Cavallier dans le rôle-titre ; faste scénique et musical avec le renfort du chœur de l’Opéra de Limoges, nécessaire pour rendre justice à l’ampleur chorale de la partition. [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/1920-opera-der-schmied-von-gent-eddie-wrey-trunk-archive-franz-schreker-fb-og.jpg?itok=qZQg5yft" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Franz Schreker, <em>Der Schmied von Gent</em>, Opera Ballet Vlaanderen, du 2 au 11 février à Anvers et du 21 février au 1<sup>er</sup> mars 2020 à Gand </strong>(<a href="https://operaballet.be/en/programme/2019-2020/der-schmied-von-gent">plus d&rsquo;informations</a>)<strong> ; <em>Irrelohe</em>, Opéra de Lyon,  du 14 au 28 mars 2020 </strong>(<a href="https://www.opera-lyon.com/fr/20192020/opera/irrelohe">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Après l’avoir longtemps ignoré, la France s’ouvre enfin à Schreker : après <em>Der Ferne Klang</em> à Strasbourg en 2012, l’Opéra de Lyon, qui avait programmé <em>Die Gezeichneten </em>en 2015, remet ça avec le bien plus rare <em>Irrelohe</em>, à nouveau dans une mise en scène de <strong>David Bösch</strong>, l’orchestre étant dirigé par <strong>Bernhard Kontarsky</strong>. A l’Opéra des Flandres, l’opéra allemand du premier XXe siècle avait déjà connu été mis à l’honneur, avec <em>Le Roi Candaule</em> de Zemlinsky ou <em>Le Miracle d’Héliane</em> de Korngold : cette fois, <em>Le Forgeron de Gand</em>, sombre histoire fantastique dont le héros a signé un pacte faustien avec un diable nommé Astarte, sera donné à Anvers mais surtout, bien sûr, à Gand. [Laurent Bury]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/spot3.jpg?itok=GjHIM1Fd" style="width: 100px; height: 100px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Kurt WEILL, <em>Street Scene</em> – Opéra Monte-Carlo, du 21 au 25 février 2020 </strong>(<a href="http://www.opera.mc/fr/2019-2020/street-scene-140">plus d’informations</a>)</p>
<p>Méconnu en Europe, <em>Street Scene</em> n’a pourtant rien à envier à Puccini et Donizetti dont Weill parodie le style le temps d’un désopilant <em>Ice Cream Sextet</em>. Il aura fallu attendre mars 2010 pour que cette tentative d’« A<em>merican Opera » </em>soit enfin représentée en France, à Toulon, plus de soixante ans après sa création (1947 à New York). Après le « <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/un-regrettable-malentendu">regrettable malentendu » du Châtelet en 2013</a>, cette partition trop rare devait retrouver son esprit original, sans amplification, dans le cadre intimiste de la Salle Garnier. [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/spot5.jpg?itok=Uc1MTKOV" style="width: 100px; height: 100px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Giacomo PUCCINI, <em>Turandot</em> – Genova, Teatro Carlo Felice, du 2 au 10 mai 2020</strong> (<a href="https://www.carlofelicegenova.it/2019/07/08/turandot-dal-2-al-10-maggio-2020/">plus d’informations</a>)</p>
<p>Lâcher de fauves sur la scène génoise à l’occasion de cette reprise de <em>Turandot</em> mise en scène par Giuliano Montaldo. Gregory Kunde, Anna Pirozzi, Désirée Rancatore : trois personnalités vocales indomptables en dehors des standards insipides trop souvent imposés par les plénipotentiaires du marketing. Attention, toutefois, deux distributions alternent ; ne pas s’emmêler les pinceaux des dates. [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/spot4_0.jpg?itok=4jGe9CLt" style="width: 100px; height: 100px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Giuseppe VERDI, <em>Don Carlo</em> – Semperoper Dresden, du 23 mai au 1<sup>er</sup> juin 2020</strong> (<a href="https://www.semperoper.de/spielplan/stuecke/stid/Don-Carlo1/61447.html">plus d’informations</a>)</p>
<p>Après le coup d’éclat de <em>Lohengrin</em>, sans lendemain à ce jour, Anna Netrebko choisit de nouveau Dresde pour étrenner un rôle. Le sacre de la reine actuelle des sopranos sera-t-il à la hauteur des enjeux d’une des partitions les plus gigantesques de Verdi ? Pour sertir au mieux ce diamant à sa couronne, cette première Elisabetta di Valois sera entourée de partenaires amis, propres à la mettre en confiance : Christian Thielemann à la baguette, Ildar Abdrazakov en Filippo, Ekaterina Semenchuk en Eboli et en Don Carlo, Yusif Eyvazov bien sûr ! [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/annie_swynnerton_cupid_and_psyche_1891.jpg?itok=P69134KV" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Ambroise Thomas, <em>Psyché</em>, Théâtre des Champs-Elysées, 25 juin 2020 </strong>(<a href="https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-en-concert-et-oratorio/psyche">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Après le triomphe remporté par <em>Hamlet</em> à l’Opéra-Comique <a href="https://www.forumopera.com/hamlet-paris-favart-etre-et-ne-pas-etre">la saison dernière</a>, Ambroise Thomas aurait-il enfin le vent en poupe ? On peut du moins compter sur les forces réunies par le Palazzetto Bru Zane pour assurer une belle reprise en concert de son opéra-comique <em>Psyché</em> (1857). Sous la baguette de <strong>Pierre Bleuse</strong>, on entendra l’étincelante <strong>Jodie Devos</strong> dans le rôle-titre, accompagnée de l’Eros de <strong>Karine Deshayes</strong>, tandis qu’à <strong>Tassis Christoyannis</strong> écherra le personnage du méchant Mercure, auteur de tous les maux de la pauvre héroïne. Sans oublier divers personnages comiques que Thomas supprima en 1878 lorsqu’il ajouta des récitatifs chantés pour transformer sa partition en véritable opéra. Ce cher Ambroise saura-t-il nous faire rire ? Réponse en juin prochain. [Laurent Bury]</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/10-spectacles-incontournables-de-la-saison-2019-2020/">10 spectacles incontournables de la saison 2019-2020</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Fiodor Stravinski, première basse du Théâtre Mariinski (1843-1902)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Apr 2017 05:07:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré l’importance de The Rake’s Progress dans la production lyrique du XXe siècle, l’opéra ne représente qu’une faible part de l’œuvre d&#8217;Igor Stravinsky. Pourtant, le concepteur de Mavra et du Rossignol baigna durant son enfance dans le monde de l’opéra, grâce à son père, Fiodor Ignatiévitch Stravinski, qui participa à de nombreuses créations signées des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Malgré l’importance de <em>The Rake’s Progress </em>dans la production lyrique du XXe siècle, l’opéra ne représente qu’une faible part de l’œuvre d&rsquo;Igor Stravinsky. Pourtant, le concepteur de <em>Mavra</em> et du <em>Rossignol</em> baigna durant son enfance dans le monde de l’opéra, grâce à son père, Fiodor Ignatiévitch Stravinski, qui participa à de nombreuses créations signées des plus grands compositeurs russes de son temps, dont <em>Snégourotchka </em>prochainement à l’Opéra de Paris. Portrait de celui qui fut pendant un quart de siècle première basse au Théâtre Mariinski. </strong></p>
<hr />
<p>Né en 1843 dans la région de Minsk, en Biélorussie, Fiodor Stravinski fait d’abord ses études au lycée de Nijyn (où Gogol a étudié trente ans auparavant), puis à Mazyr. Agé d’une vingtaine d’années, son goût pour le théâtre et le chant le pousse à participer à divers spectacles montés par des amateurs. Il joue notamment dans <em>Le Revizor</em>, la plus célèbre comédie de l’enfant du pays, et chante dans des opérettes ukrainiennes.</p>
<p>A l’automne 1865, il commence ses études de droit à Odessa, puis à Kiev dès le mois de janvier suivant. Il continue à pratiquer le théâtre en amateur (il joue dans <em>Le Voïevode</em>, la pièce d’Ostrovski qui inspirera à Tchaïkovski son premier opéra). Le chant occupant de plus en plus de place dans sa vie, il part en octobre 1869 pour Saint-Pétersbourg et s’inscrit au conservatoire. Il y a d’abord pour professeurs Pietro Reletto, Luisa Viardot et Henrietta Nissen-Saloman. En 1871, il devient l’élève de Camillo Everardi (chanteur belge, Camille-François Evrard de son vrai nom). Il étudie alors surtout l’opéra italien, chantant notamment dans <em>Parisina</em>, de Donizetti.</p>
<p>En mars 1873, lors d’un concert donné au conservatoire, il interprète Basilio du <em>Barbier de Séville </em>et il est remarqué par l’imprésario Berger, qui lui propose de l’engager à partir du 15 août en tant que Première Basse au Théâtre de Kiev, moyennant 150 roubles par mois. C’est alors que démarre la carrière professionnelle de Fiodor Stravinski, avec un répertoire tout à fait représentatif des œuvres alors représentées en Russie. Il effectue une dizaine de prises de rôle en à peine plus d’un an, rôles italiens, russes ou français (vraisemblablement tous chantés en russe). Le 22 août 1873, il fait ses débuts en comte Rodolfo dans <em>La sonnambula </em>; il est ensuite Silva dans <em>Ernani</em>, Basilio du <em>Barbier</em> et le marquis de Boisfleury dans <em>Linda di Chamounix</em>. Il est d’abord Rousslan, puis Farlaf dans <em>Rousslan et Lioudmilla</em>, et le meunier dans la <em>Roussalka</em> de Dargomijski. Côté opéra français, outre Milord Cockburn dans <em>Fra Diavolo</em> – encore un personnage comique – et Saint-Bris dans <em>Les Huguenots</em>, il est, dès le 11 septembre 1873, Méphistophélès dans le <em>Faust </em>de Gounod, rôle qui l’accompagnera longtemps.</p>
<p>Très vite, il fait la connaissance d’Anna Kirilovna Kholodovski, native de Kiev, avec qui il aura quatre fils (Roman, né en 1875, Youri, en 1878, <strong>Igor</strong>, en 1882, et Gouri, en 1884). Le 9 décembre 1874, Fiodor Stravinski assure la première à Kiev de <em>L’Opritchnik</em>, de Tchaïkovski. Le compositeur assiste au spectacle et laisse ce témoignage : « en tant que jeune artiste qui débute, bien sûr, il ne peut être mis sur le même plan que des artistes de premier ordre et mûrs comme Melnikov, mais sa voix superbe et son jeu animé ont porté au premier plan le rôle de Viazminki, qui n’a rien de particulièrement riche ou gratifiant ».</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="333" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2017-03-29_09.28.26.png?itok=c5PvZymi" title="La famille Stravinski (de gauche à droite, Roman, Igor, Anna, un domestique, Fiodor, Youri, Gouri) © DR" width="468" /><br />
	La famille Stravinski (de gauche à droite, Roman, Igor, Anna, un domestique, Fiodor, Youri, Gouri) © DR</p>
<p>Durant les trois années que la jeune basse passe à Kiev, les prises de rôle s’enchaînent toujours aussi rapidement. Entre janvier 1875 et mars 1876, Stravinski est ainsi Kaspar du <em>Freischütz</em>, Marcel des <em>Huguenots</em>, Sparafucile dans <em>Rigoletto</em>, Leporello dans <em>Don Giovanni</em>, Brogni dans <em>La Fille du cardinal </em>(<em>La Juive</em> avait été ainsi rebaptisée en Russie) et Soussanine dans <em>Une vie pour le tsar</em>. Le rythme des représentations qu’il assure paraît quasi surhumain : par exemple, en février 1876, il chante Brogni le 1<sup>er</sup>, Leporello le 3, Méphistophélès le 6, Brogni le 8, Basilio le 9, Méphisto le 10, Basilio le 11 en matinée, Kaspar le 11 en soirée, Leporello le 12, Basilio le 13, Méphisto, le 14, Basilio le 15 en matinée Basilio et Brogni le 15 en soirée ! On comprend qu’il se repose ensuite jusqu’au 27 février…</p>
<p>Le 28 mars 1876, une ultime représentation de <em>Faust</em> marque la fin de la saison d’opéra à Kiev. Le succès de Fiodor Stravinski est si phénoménal que la direction du théâtre doit demander la mise en place d’une protection policière à la sortie des artistes ! Moins d’un mois plus tard, le 18 avril, le jeune chanteur fait ses débuts à Saint-Pétersbourg dans le même rôle de Méphistophélès, puis se produit en Farlaf cinq jours plus tard. Début, il signe un premier contrat le liant au Théâtre Mariinski, et s’engage à chanter au moins 35 représentations par saison, pour un salaire de 3500 roubles par an ; le contrat sera régulièrement renouvelé, avec à chaque fois une hausse de salaire (4000 roubles par an dès 1877, 6000 en 1882…).</p>
<p>Stravinski chantera au Mariinski jusqu’à sa mort en 1902. Salué pour ses qualités vocales et dramatiques, il est bientôt considéré comme le successeur d’Ossip Petrov. Surtout, il est sollicité pour toute une série de créations d’opéras dus aux compositeurs russes de son temps. Pour <strong>Tchaïkovski</strong>, il crée dès 1876 le rôle de Son Altesse Royale dans <em>Vakoula le Forgeron </em>; il sera en 1881 Dunois dans <em>La Pucelle d’Orléans </em>; en 1884, il est Orlik lors de la création pétersbourgeoise de <em>Mazeppa </em>; en 1887, il crée Mamirov dans <em>L’Enchanteresse</em>. Pour <strong>Rimski-Korsakov</strong>, il est en 1880 le Maire du village dans <em>La Nuit de mai</em> ; en 1882, le Père Gel dans <em>Snégourotchka</em> ; en 1892, Mstivoï dans <em>Mlada</em> ; en 1895, il est Panas dans <em>La Nuit de Noël</em>, rôle qu’il interprète en alternance avec celui qui deviendra la nouvelle grande basse russe, Fiodor Chaliapine ; et en 1901, il chante le rôle de Douda lors de la première pétersbourgeoise de <em>Sadko</em>, créé peu auparavant à Moscou.</p>
<p>De <strong>César Cui </strong>, il crée en 1883 Kazanbek dans <em>Le Prisonnier du Caucase</em>, et en 1899 Raymond dans <em>Le Sarrasin</em>. Pour <strong>Anton Rubinstein</strong>, après avoir repris en 1877 le rôle de Boaz dans <em>Les Macchabées</em>, il créera en 1880 Ivan le Terrible dans <em>Le Marchand Kalachnikov</em> (en 1892, il sera Ivan le Terrible dans <em>Le Prince Serebrianii</em>, de Grigori Alexeïevitch Kazatchenko), puis le Boyard Poltev dans <em>Gorioucha</em> en 1888. Il participe également à la création de plusieurs opéras d’<strong>Eduard Napravnik</strong>, chef principal du Théâtre Mariinski : après avoir repris en 1878 le rôle de Kouzma Minine dans <em>Les Nijni-Novgorodiens</em>, il est Guillaume le Conquérant dans <em>Harold</em> en 1886, pour Andreï Doubrovski dans <em>Doubrovski </em>en 1895.</p>
<p>Un lien privilégié l’unit à <strong>Moussorgski</strong>, dont il a chanté <em>Le Roi Saül </em>pour son examen au conservatoire, mélodie qu’il interprètera régulièrement en concert, souvent avec le compositeur au piano. Dans <em>Boris Godounov</em>, il sera d’abord Rangoni en 1877, puis Varlaam ; le 8 octobre 1882, il chante les deux rôles au cours de la même représentation ! En 1890, lors de la création posthume du <em>Prince Igor </em>de <strong>Borodine</strong>, il interprète le petit rôle de Skoula, mais il avait été le premier à chanter en concert, dès 1879, les airs de Kontchak et de Galitski orchestrés par le compositeur. Par ailleurs, Fiodor Stravinski était de ces artistes pour qui la notion de « personnage secondaire » n’avait apparemment pas de sens, comme Tchaïkovski l’avait remarqué dès ses débuts.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="333" src="/sites/default/files/styles/large/public/fedor_stravinsky.jpg?itok=zyVyouLJ" title="Le meunier, dans Roussalka de Dargomijski © DR" width="201" />  <img decoding="async" alt="" class="image-large" height="333" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2017-03-29_11.36.03.png?itok=YVXvb3HC" title="Rangoni dans Boris Godounov © DR" width="245" /><br />
	Le meunier, dans <em>Roussalka </em>de Dargomijski, et Rangoni dans <em>Boris Godounov </em>© DR</p>
<p>Outre l’opéra russe, son répertoire s’élargit avec beaucoup de nouveaux rôles français : Zacharie dans <em>Jean de Leyde</em> (titre donné en Russie au <em>Prophète</em> de Meyerbeer), Tchin-Kao dans <em>Le Cheval de bronze</em> d’Auber, Gilles Pérez dans <em>Le Domino noir</em>, Giacomo dans <em>Fra Diavolo</em> (son succès y est tel que les autres chanteurs décident de le laisser seul saluer après le baisser du rideau), Gessler dans <em>Guillaume Tell</em>, Don Diego dans <em>L’Africaine</em>, Capulet lors de la première russe de <em>Roméo et Juliette</em>, le Bailli dans <em>Werther </em>ou Brander dans <em>La Damnation de Faust</em>. Zuniga dans <em>Carmen</em>, abordé en 1885, est le rôle qu’il interprètera pour sa dernière représentation au Mariinski, le 3 février 1902.</p>
<p>Par ailleurs, il aborde aussi Wagner : le Landgrave dans <em>Tannhäuser</em> dès 1876, Henri l’Oiseleur dans <em>Lohengrin</em> en 1878 et Colonna dans <em>Rienzi</em> en 1879. Et l’on peut ajouter quelques nouveaux personnages italiens : Ramfis dans <em>Aida, </em>Bartolo du <em>Barbier </em>(après avoir été Basilio), le rôle-titre de <em>Mefistofele</em> pour la création russe de l’opéra de Boito en 1886, Pistola lors de la création russe de <em>Falstaff </em>en 1894 (après avoir été Falstaff dans l’opéra-comique de Nicolai, <em>Les Joyeuses Commères de Windsor</em>). Pour s’être un peu ralenti, son rythme de représentations reste musclé : en décembre 1881, il est le Langrave le 2, Ramfis le 4, Saint-Bris le 7, Varlaam le 11, Tchin-Kao le 13, Saint-Bris le 14, Farlaf le 16, Méphistophélès (de Gounod) le 18, Eriomka (dans <em>Le Pouvoir du </em>diable, de Serov) le 20, Méphisto le 21, Kouzma Minine le 30, et Tchin-Kao le 31.</p>
<p>Fin lettré, Fiodor Stravinski se constitue peu à peu une bibliothèque de plusieurs milliers de volumes, dont de nombreux ouvrages sur l’histoire et le folklore russe, où il puise pour son interprétation de personnages historiques. Dessinateur de talent, il se représente dans ses différents rôles ; il aurait également posé pour la toile du peintre Ilya Répine, <em>Les </em><em>Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie</em>. Le couple Stravinski reçoit dans son salon l’intelligentsia pétersbourgeoise ; à partir des années 1890, ils effectuent régulièrement des séjour en Allemagne. Lors d’un voyage à Paris en juillet 1893, Fiodor Stravinski visite le Louvre, le Père-Lachaise, la Sorbonne, le Panthéon, et assiste à une représentation de <em>La Walkyrie</em>.</p>
<p>Régulièrement salué comme « le héros de la soirée » par le magazine <em>Golos </em>(« La Voix »)<em>,</em> il remporte des triomphes : dans <em>Faust</em>, par exemple, il est le seul artiste dont les airs sont bissés.  Le 3 janvier 1901, on célèbre son quart de siècle passé au Théâtre Mariinski et il reprend un personnage pour lequel il avait encensé par la critique lors de sa prise de rôle en 1889,  Holopherne dans la <em>Judith </em>de Sérov, avec Félia Litvinne dans le rôle-titre.</p>
<p>Atteint d’un cancer dont les premiers symptômes sont apparus en 1898, Fiodor Stravinski doit bientôt interrompre sa carrière. Il se rend à Berlin pour y recevoir un traitement par rayons, mais la maladie l’emporte et il meurt le 21 novembre 1902. Il semble qu’il ait d’abord été inhumé au cimetière de Novodevitchi, avant que son corps ne soit transporté en 1917 vers le cimetière du monastère Alexandre Nevsky, où il repose aujourd’hui encore. Aucun enregistrement ne témoigne hélas de son talent.</p>
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		<title>RUBINSTEIN, Démon — Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/demon-bruxelles-bozar-exhumation-magistrale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jan 2016 13:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pianiste virtuose époustouflant, Anton Rubinstein fut aussi au milieu du XIX siècle le compositeur d’opéra le plus en vogue de Russie, dépassant largement en notoriété Moussorgski ou Tchaïkovski, par ailleurs son élève. Et Démon, l’opéra qui nous occupe aujourd’hui, fut représenté plus de cent fois au Théâtre Mariinsky, c’est tout dire !  Que l’œuvre et même &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pianiste virtuose époustouflant, Anton Rubinstein fut aussi au milieu du XIX siècle le compositeur d’opéra le plus en vogue de Russie, dépassant largement en notoriété Moussorgski ou Tchaïkovski, par ailleurs son élève. Et<em> Démon,</em> l’opéra qui nous occupe aujourd’hui, fut représenté plus de cent fois au Théâtre Mariinsky, c’est tout dire !  Que l’œuvre et même le compositeur soient depuis lors tombés dans l’oubli est bien difficile à expliquer car la musique, de toute évidence, est de grande qualité. Le livret, adapté de Lermontov, est relativement proche du deuxième Faust de Goethe : Démon, tombé amoureux de Tamara, élimine son rival, séduit la belle (elle résiste assez peu) et l’emmène avec lui, entrainant son trépas. Les anges interviennent pour ouvrir les portes du ciel à Tamara et condamner Démon à la solitude éternelle.</p>
<p>La partition, qui fait la part belle à l’orchestre et aux chœurs, est d’un lyrisme généreux, fort séduisante et comprend de très nombreuses mélodies à caractère populaire, qui s’apparentent à des romances russes, subtilement enchaînées les unes aux autres. Par de nombreux figuralismes, l&rsquo;oeuvre fait défiler le tumulte des éléments, les servantes qui s’activent au bord de la rivière, les chevaliers en marche, etc. On suit l’action comme au cinéma. Et comme La Monnaie a, cette fois encore, renoncé à toute mise en scène, chacun reconstitue à sa façon le château de ses rêves, les préparatifs du mariage, les costumes et les décors selon son goût.</p>
<p>Un effort tout particulier a été fait sur la distribution, qui réunit une équipe de chanteurs tout à fait remarquables et judicieusement choisis en fonction des rôles à pourvoir. Du côté des voix féminines, <strong>Veronika Dzhioeva</strong> en impose : puissance vocale, technique impeccable mais peu de charme dans le timbre et quelques sons poussés qui manquent de liberté. Les aigus sont souvent un peu durs, mais c&rsquo;est efficace. La nourrice, <strong>Elena Manistina</strong>, offre un magnifique timbre de mezzo, à la fois doux et sombre, mais le rôle est mince, hélas. Même regret pour l’ange, chanté par <strong>Christianne Stotijn</strong> très épanouie (elle est très visiblement enceinte), couleurs magnifiques avec juste un peu trop de vibrato pour le rôle. <strong>Ante Jerkunica</strong>, qui chante le Prince Gutal, père de la belle Tamara, est probablement la plus belle voix de la distribution. Ampleur, justesse impeccable, de la prestance, le chanteur croate incarne magnifiquement ce rôle de père noble qui lui sied comme un gant. Le ténor biélorusse <strong>Boris Rudak</strong>, qui ne manque pourtant pas de moyens, est moins à la hauteur. Il aborde le Prince Sinodal  tout en force, touchant à plusieurs reprises à ses limites, sans doute pour pouvoir passer l’orchestre. Il en résulte une prestation un peu tendue et peu émouvante. Mais la vraie révélation de la soirée est le jeune baryton-basse lithuanien <strong>Kostas Smoriginas</strong>, qu’on avait déjà entendu en juin dernier dans Rachmaninov, et qui trouve ici un rôle à sa mesure. Le matériau vocal est splendide, puissant, riche d’une grande variété de couleurs. Mais Smoriginas est aussi un fin musicien qui parvient à donner beaucoup d’humanité à son personnage, et à le rendre presque sympathique malgré ses sombres desseins.  Dans des rôles moins essentiels, <strong>Alexander Vassiliev</strong>, très belle voix de basse russe typique campe un vieux serviteur parfait et <strong>Igor Morozov</strong> se fait le messager des mauvaises nouvelles. Les chœurs de la Monnaie et toutes les phalanges venues les renforcer sont très largement sollicités et remplissent avec compétence et enthousiasme leur emploi. L’orchestre fait également preuve d’un bel entrain, mené avec fermeté et dynamisme par <strong>Mikhaïl Tatarnikov</strong>, très à l’aise malgré l’ampleur de la partition.</p>
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