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	<title>Geneviève de Brabant - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Geneviève de Brabant - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Geneviève de Brabant, un chef-d’œuvre à redécouvrir à Asnières</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/genevieve-de-brabant-un-chef-doeuvre-a-redecouvrir-a-asnieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 May 2017 06:36:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les critiques mitigées des dernières productions de Montpellier et de Nancy pourraient laisser croire que la Geneviève de Brabant d’Offenbach est une œuvre mineure. Mais la série de représentations donnée au Théâtre Armande Béjart d&#8217;Asnières par la troupe Oya Kephale prouve tout le contraire. En effet, la direction particulièrement exemplaire de Laetitia Trouvé fait miroiter &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les critiques mitigées des dernières productions de <a href="https://www.forumopera.com/genevieve-de-brabant-montpellier-une-occasion-perdue">Montpellier</a> et de <a href="https://www.forumopera.com/genevieve-de-brabant-nancy-disparate-housewives">Nancy</a> pourraient laisser croire que la <em>Geneviève de Brabant</em> d’Offenbach est une œuvre mineure. Mais la série de représentations donnée au Théâtre Armande Béjart d&rsquo;Asnières par la troupe <strong>Oya Kephale</strong> prouve tout le contraire. En effet, la direction particulièrement exemplaire de <strong>Laetitia Trouvé</strong> fait miroiter toutes les trouvailles musicales et les pépites que l’œuvre contient. Tout d’abord en respectant (malgré quelques petites coupures dont certaines voulues par Offenbach lui-même, et une réduction fort bien faite des dialogues) l’intégralité de la version très homogène de 1867 (dont on fête donc les 150 ans), et qui est certainement celle qui présente la plus grande unité. Ensuite en ayant choisi des acteurs/chanteurs tous épatants dans leur genre, desquels se distinguent notamment <strong>Halidou Nombre</strong> et <strong>Jonathan Suissa</strong>, inénarrables Grabuge et Pitou dignes, tant scéniquement que vocalement, des plus grandes scènes, ou encore <strong>Nicolas Grienenberger</strong> (Sifroy). On comprend que certains airs aient été trissés à l’époque de la création, « Une poule sur un mur… », « Après le pâté, c’est bien bon le thé… », « L’excès en tout est un défaut, j’en ai mangé plus qu’il n’en faut… », le duo des hommes d’armes, ou encore « Allons Madame, il vous faut mourir… », dont certains rejoignent l’absurde du gril de <em>Pomme d’Api</em>, des petites cuillères de <em>L’Île de Tulipatan</em> ou du mal de dents de <em>La Princesse de Trébizonde</em>.<br />
	L’un des intérêts de cette opération (dont les bénéfices sont reversés à des œuvres caritatives), c’est aussi de permettre à de jeunes interprètes professionnels de goûter à l’art lyrique en scène. C’est le cas de <strong>Raphaël Duléry</strong> (Narcisse), une voix, un physique, une présence que son père Antoine est venu applaudir ce soir, certes encore brut de décoffrage, mais très prometteur dans tous les genres qu’il a la curiosité d’explorer.<br />
	Une mise en scène inventive et professionnelle de<strong> Clémence de Vimal </strong>nous livre certainement le meilleur spectacle qu’il nous ait été donné de voir de cette compagnie d’amateurs et de semi-professionnels solidement encadrés. Des costumes frais et bien en situation, des éléments de décor suffisamment évocateurs, des éclairages soignés, des chœurs impeccables et un rythme soutenu, le spectacle se déroule comme un rêve, pour la plus grande joie des spectateurs. Tout au plus regrettera-t-on que la fidélité au propos n’ait pas été un peu transgressée par des incursions plus marquées pour Geneviève sur les terres de Gotlib, et pour Narcisse sur celles de Goscinny et Uderzo (Assurancetourix). Mais la soirée jubilatoire mérite une reprise.<br />
	 </p>
<p> </p>
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		<title>OFFENBACH, Geneviève de Brabant — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/genevieve-de-brabant-nancy-disparate-housewives/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2017 06:40:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parodier le Moyen Age, les Monty Python l’ont tellement bien fait dans Sacré Graal qu’on peut comprendre qu’un metteur en scène ait envie de traiter autrement la légende de Geneviève de Brabant revue et corrigée par les librettistes d’Offenbach. Et tant qu’à donner comme eux dans l’anachronisme, autant rendre celui-ci plus criant encore en faisant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Parodier le Moyen Age, les Monty Python l’ont tellement bien fait dans <em>Sacré Graal</em> qu’on peut comprendre qu’un metteur en scène ait envie de traiter autrement la légende de Geneviève de Brabant revue et corrigée par les librettistes d’Offenbach. Et tant qu’à donner comme eux dans l’anachronisme, autant rendre celui-ci plus criant encore en faisant arriver Charles Martel non pas dans une époque vaguement médiévale, mais plutôt de nos jours, dans la banalité de notre quotidien. Un quotidien situé quelque part entre la banlieue couleur pastel d’<em>Edward aux mains d’argent</em> et Wisteria Lane, qu’habitent les « Desperate Housewives », non plus désespérées mais finalement victorieuses sur leurs époux. Pourquoi pas, et le disparate induit par cette transposition aurait pu être amusant. Hélas, il ne l’est guère, et la première partie du spectacle ressemble à une exposition bien longuette. On comprend mieux en lisant dans le programme que, pour le metteur en scène, « <em>tout le début de l’opéra n’est qu’une parenthèse gigantesque qui dégénère en délire absolu</em> ». De fait, à partir de l’arrivée du susdit Charles Martel, on bascule dans une absurdité assez réjouissante, et la deuxième partie s’avère beaucoup plus réussie, en assumant pleinement le choix du non-sens. Cela dit, il paraît que le spectacle monté par <strong>Carlos Wagner</strong> a été entièrement revu depuis sa création <a href="http://www.forumopera.com/genevieve-de-brabant-montpellier-une-occasion-perdue">à Montpellier en mars 2016</a> : on ne saurait plus guère reprocher la moindre grossièreté aux dialogues réécrits, et l’action – pour ce qu’elle vaut – semble devenue bien plus compréhensible. Malgré tout, le doute reste permis quant à la viabilité de cette œuvre de nos jours. Echec en 1859, <em>Geneviève de Brabant</em> fut remanié en 1867, soit à l’époque des « grands Offenbach », pour connaître encore un nouvel avatar en 1875, mais rien n’en surnage avec évidence sur le plan musical, à part l’air « Une poule sur un mur », d’ailleurs repris jusqu’à plus soif.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/brab3.jpg?itok=45nELMny" title="© Opéra national de Lorraine" width="468" /><br />
	© Opéra national de Lorraine</p>
<p>Si l’on examine la partition, ou du moins ce que la version présentée à Nancy nous permet d’en entendre, un premier problème est que l’héroïne éponyme ne semble guère avoir inspiré le compositeur : Geneviève n’a ici réellement qu’un air, celui de la biche, auquel <strong>Sandrine Buendia</strong> prête son beau timbre argenté. Paradoxalement, les comparses semblent plus présentes et héritent d’une musique plus attrayante : <strong>Clémence Tilquin</strong> impressionne par son volume sonore et sa maîtrise de la virtuosité, tandis que <strong>Diana Higbee</strong>, hilarante en justicière tombée du ciel, semble paradoxalement plus à l’aise pour parler le français que pour le chanter. A ces dames devrait se joindre une quatrième, dans un monde bien fait, puisque le pâtissier Drogan a été écrit par Offenbach comme un rôle travesti. A Montpellier, c’était bien une voix féminine qui l’interprétait, et l’on se demande bien pourquoi il échoit à Nancy à un ténor, selon les plus mauvaises traditions en vigueur il y a un demi-siècle. <strong>Rémy Mathieu</strong>, ex-Roland des <em>Chevaliers de la table ronde</em> d’Hervé, possède une jolie voix de ténor, la question n’est pas là, et l’Ermite auquel il prête sa voix devient ici un impayable nain de jardin ; heureusement peut-être, il ne subsiste ici presque aucun des ensembles auxquels il pourrait prendre part, ce qui évite les problèmes d’équilibre vocal qui ne manqueraient pas de se poser. Avec <strong>Marc Bihour</strong>, transfuge des Deschiens déjà vu à Nancy dans <em>Barbe-Bleue</em>, la notion même de chant prend une autre dimension, mais ce n’est pas la première fois qu’on fait appel à un comédien pour incarner un personnage offenbachien (c’est assez souvent le cas de Ménélas dans <em>La Belle Hélène</em>). <strong>Eric Huchet</strong> est, lui, un ténor qui interprète un rôle de ténor, mais il ne paraît pas très à l’aise dans la première partie. Peut-être aurait-il fallu revoir le personnage pour mieux l’adapter à sa personnalité ; il est en tout cas assez impayable en Cléopâtre façon Liz Taylor. Ténors encore, mais avec encore moins à chanter, <strong>François Piolino</strong>, parfait Laurel pour ce Hardy qu’est <strong>Philippe Ermelier</strong> dans leur duo de policiers stupides, ou <strong>Raphaël Brémard</strong>, abonné des opérettes mais auquel le rôle du bourgmestre ne donne guère d’occasion de se mettre en avant. <strong>Boris Grappe</strong> est sous-employé en Charles Martel, mais il tombe à l’eau de fort bonne grâce. Quant à <strong>Virgile Frannais</strong>, son personnage de scout-poète lunaire est un régal, même si on n’a guère l’occasion de l’entendre chanter, lui non plus.</p>
<p><strong>Claude Schnitzler</strong> sait diriger une opérette, dans la douceur de passages comme le « chœur des baigneuses » du deuxième tableau, ou dans la vivacité des finales, mais la musique n’arrive jamais ici à s’imposer avec cette évidence irrésistible propre aux plus grandes réussites d’Offenbach. <em>Geneviève de Brabant</em> est un titre qui aurait donc encore besoin de soins, et sans doute d’un autre ordre, pour renaître véritablement. Patience, la curiosité du public et l’audace des programmateurs de théâtre étant plus grandes dès que le label « Offenbach » est applicable, il n’est pas interdit de penser qu’on retrouvera cette œuvre tôt ou tard.</p>
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		<title>OFFENBACH, Geneviève de Brabant — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/genevieve-de-brabant-montpellier-une-occasion-perdue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2016 06:57:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce qu’un compositeur ? Un créateur dont l’art enrichit notre humanité et dont les œuvres doivent, à ce titre, être abordées comme il les a voulues ? Ou un fournisseur de propositions que chacun peut accommoder à son gré ? C’est la production de Geneviève de Brabant donnée actuellement à l’Opéra de Montpellier qui fait naître en nous ces &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est-ce qu’un compositeur ? Un créateur dont l’art enrichit notre humanité et dont les œuvres doivent, à ce titre, être abordées comme il les a voulues ? Ou un fournisseur de propositions que chacun peut accommoder à son gré ? C’est la production de <em>Geneviève de Brabant</em> donnée actuellement à l’Opéra de Montpellier qui fait naître en nous ces questions. On avait annoncé la version de 1867, révision réussie de la première version de 1859, dans l’édition critique établie par Jean-Christophe Keck, le spécialiste français d’Offenbach. Voilà qu’on apprend que le metteur en scène s’est autorisé à mélanger les deux versions. A cette première liberté s’ajoutent celles prises dans l’adaptation du livret. Non un simple rafraîchissement destiné à remplacer les allusions relatives au contexte du Second Empire par des références à la société actuelle, mais un remaniement rendu nécessaire par la différence de structure entre la version de 1859 (deux actes) et celle de 1867 (trois actes). Suppression de chœurs, insertion de « l’enfant loué » de 1859 dans le final de 1867, réattribution de couplets, l’entreprise a été sans complexe. Pour faire bonne mesure et chatouiller l’esprit de clocher on injecte un dicton en occitan qui fait rimer castagna (châtaigne) avec cagagna, où les latinistes reconnaîtront la racine qui a donné « chier » en bon français. Si l’on mentionne le mot « fion » ressassé on aura une idée assez précise de la finesse de ces interventions sur une œuvre impuissante à se défendre. Pourquoi viser bas systématiquement ? Pourquoi faire l’impasse sur des scènes où Offenbach rend clairement hommage à Mozart ? Ses contemporains s’offusquaient, on le sait, d’allusions scatologiques ou grivoises. Mais, justement, il ne s’agissait que d’allusions. « Glissez mortels, n’appuyez pas » restait la règle. Apparemment elle est bien oubliée ! Entre braguettes turgescentes, coups de reins lascifs et chenilles de Sodome rien n’est laissé à l’imagination du spectateur, qui risque de croire que le compositeur se complaisait dans cette épaisse vulgarité alors qu’il n’en est rien. Peut-on s’en réjouir ?</p>
<p>C’est d’autant plus triste qu’apparemment les responsables ont eu les moyens de leurs ambitions. Le décor unique conçu par <strong>Rifail Ajdarpasic</strong> représente dans un lotissement deux maisons à étage entourées de jardins qui communiquent par une porte basse percée dans la haie mitoyenne et s’ouvrent à l’arrière sur des dégagements permettant entrées et sorties du chœur. Les toits des deux maisons sont susceptibles de s’élever dans les cintres et de dévoiler pour l’un la chambre où Sifroy se remet de son rhume – dans l’original une indigestion de pâté qui en a ruiné les effets prétendument aphrodisiaques – pour l’autre la fête endiablée « chez Brigitte » où l’on découvre que Sifroy s’amuse comme une folle à Saint-Tropez quand on le croit en Palestine. Passons sur la transposition temporelle, qui a pour nous moins de charme qu’une fantaisie pseudo-médiévale nourrie de réminiscences littéraires. Ce dispositif et ce mouvement font grand effet. Les costumes aussi, signés <strong>Christophe Ouvrard</strong>, sont soignés, variés, et pleins de fantaisie. Les lumières de <strong>Fabrice Kebour </strong>accompagnent sans hiatus les différents moments de l’intrigue. Mais la fixité des éléments du décor rend inutiles les intermèdes musicaux de liaison entre les tableaux et les lieux différents. Est-ce un gain pour l’auditeur ?</p>
<p>Paradoxalement, alors que les enchaînements sont rapides, on n’éprouve pas l’impression de fluidité que donne la lecture de l’original, peut-être parce que la manipulation prive l’œuvre de la bonhomie riante qui semble couler de source et qui rend plaisants les clichés les plus éculés sur l’éternel féminin ou masculin. Les quiproquos, les malentendus, les bévues qui n’épargnent personne et surtout pas Sifroy dans l’original semblent souvent réécrits sans que le changement éblouisse. <strong>Claude Schnitzler </strong>fait de son mieux pour donner de la cohésion et conserver la souplesse maximale à une musique d’une variété d’écriture étourdissante. Les rythmes capricants qui ont fait la réputation du compositeur voisinent avec des épanchements mélodiques au charme immédiat, comme la sérénade du page, ou la romance du thé, qui attestent de sa sensibilité comme certains passages évoquant l’expédition militaire révèlent la richesse harmonique dont il était capable en seulement quelques mesures. Mais il faut bien dire que les incongruités du spectacle brouillent la réception sonore. Non que <strong>Carlos Wagner</strong> soit dénué de talent et d’inventivité : la scène où les suivantes de Geneviève brodent en cancanant trouve un équivalent acceptable dans celle du bain de soleil, le rhume qui remplace l’indigestion est provoqué par le poivre tombant du Rubirosa que Golo manie fiévreusement, le travesti de Siffroy rend plausible que ses subordonnés refusent de le reconnaître, les allées et venues du chœur sont dans l’ensemble bien gérées, et le ballet des baigneuses – est-ce là qu’est intervenu <strong>Tom Baert  </strong>? – est fort drôle, tout comme la présence du poète Narcisse au milieu d’elles. Mais les insinuations d’homosexualité pour Siffroy, qui prend le poète sur ses genoux et l’appelle mon chéri avant de s’habiller en reine pour le bal, tendent à rendre logique une intrigue qui n’en a que faire et ainsi inutiles les manigances de Golo destinées à l’éloigner du lit conjugal. A se demander quelle confiance Carlos Wagner accorde à l’œuvre…</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="303" src="/sites/default/files/styles/large/public/brabant_4.jpg?itok=B_xp6nom" title="Avi Klemberg (Sifroy) © Marc Ginot" width="468" /><br />
	Avi Klemberg (Sifroy) © Marc Ginot</p>
<p>En ce soir de première, les chanteurs sont-ils tendus ? Premiers à intervenir les choristes démontrent d’emblée qu’ils ont été soigneusement préparés ; l’impression ne se démentira pas et ils joueront le jeu souvent physique sans faiblir. <strong>Sophie Angebault </strong>campe une dame de compagnie d’une belle présence et d’une belle voix, longue et souple. Le bourgmestre à la fidélité circonstancielle échoit à <strong>Kevin Amiel</strong>, qui fait de son mieux pour donner du relief à un personnage qui n’en a guère. <strong>Philippe Ermelier </strong>et <strong>Enguerrand de Hys </strong>sont les pandores tous-terrains, duo ambigu et complémentaire très efficace où le second condense la maladresse mais conserve le sens de l’humanité.  <strong>Valentine Lemercier</strong> prête au marmiton amoureux de Geneviève et au pseudo-ermite du ravin une belle sensibilité mais sa voix ductile est pour nous un peu trop claire. <strong>Jean-Marc Bihour </strong>se démontre polyvalent, comédien affûté et chanteur maître d’une voix qu’il sait exploiter dans ses registres extrêmes ; son personnage évoque évidemment Iznogoud, pour l’ambition, mais physiquement il évoque le méchant Gargamel, l’ennemi des Schtroumpfs, toujours prêt à une nouvelle manigance. Sifroy le malléable s’incarne dans le robuste <strong>Avi Klemberg</strong>, qui fait bien sentir l’inconséquence du personnage et nous charme dans la romance du thé. <strong>Thomas Morris </strong>est impeccable en poète narcissique et courtisan soumis même quand il n’est pas mêlé aux baigneuses en maillot. Décevant le Charles Martel de <strong>Sébastien Parotte</strong>, dont la voix engorgée éveille la nostalgie de Robert Massard. Charmante l’Isoline de <strong>Diana Higbee, </strong>avatar de Wonderwoman et de Barbarella  dont la garde-robe accumule paillettes et tenue Courrèges. Geneviève, enfin, a la grâce de <strong>Jodie Devos</strong>, qui nous semble un peu crispée d’abord, d’après ses aigus, et qui se détend pour une sérénade exquise. Mention spéciale pour <strong>Charlotte Gleize</strong>, dans le rôle d’Arthur l’enfant à louer, qui pousse des cris perçants avec une régularité qui témoigne d’un beau contrôle du souffle !</p>
<p>Peu démonstratif pendant la représentation, le public a chaudement applaudi les artistes, fosse et plateau confondus, y compris le responsable de ce qui pour nous s’apparente à un mauvais coup fait à Offenbach. Pourquoi refuser à ce musicien le respect qu’on accorde à d’autres ? Sans doute l’historiographie nous apprend-elle que la vie des théâtres et leur programmation sont réductibles à d’incessantes transactions entre idéal et pragmatisme, c’est-à-dire recherche et conservation du public. Mais dans un théâtre subventionné par l’argent public et dans une ville où la concurrence n’existe pas, le risque était-il grand de monter <em>Geneviève de Brabant</em> au plus près des intentions d’Offenbach ? L’occasion était belle de révéler qu’il vaut mieux que sa fausse réputation. Elle a été en partie perdue.</p>
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		<title>Les cadeaux de Noël de la rédaction</title>
		<link>https://www.forumopera.com/les-cadeaux-de-noel-de-la-redaction-5/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/les-cadeaux-de-noel-de-la-redaction-5/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Dec 2015 06:29:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petit Papa Noël de Forum Opéra, quand tu descendras du ciel, n&#8217;oublie pas le petit soulier de mon meilleur ami, et de mon meilleur ennemi. Laurent Bury A mon meilleur ami, j’offre le cadeau d’une découverte enchanteresse, avec les cantates composées par Paul Dukas pour ce Prix de Rome qu&#8217;il n&#8217;obtint jamais. Un compositeur de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Petit Papa Noël de Forum Opéra, quand tu descendras du ciel, n&rsquo;oublie pas le petit soulier de mon meilleur ami, et de mon meilleur ennemi. </strong></p>
<hr />
<p><strong>Laurent Bury</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/91jaxjhcpbl_sl1500_.jpg?itok=8M7EjTcl" style="width: 100px; height: 155px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" />A mon meilleur ami, j’offre le cadeau d’une découverte enchanteresse, avec les cantates composées par Paul Dukas pour ce Prix de Rome qu&rsquo;il n&rsquo;obtint jamais. Un compositeur de génie, qui a trop peu écrit pour la voix, des interprètes à la hauteur, avec Hervé Niquet à la baguette et quelques-uns de nos meilleurs chanteurs français et francophones. Preuve qu’on peut encore croire au Père Noël. </p>
<p><strong>Paul Dukas : <em>Cantates, chœurs et musique symphonique – </em>Brussels Philharmonic, Hervé Niquet (direction) – Palazzetto Bru Zane </strong>(<a href="http://www.forumopera.com/cd/paul-dukas-cantates-choeurs-et-musique-symphonique-le-moins-prime-mais-le-plus-gate">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/61hdw0fjyvl_sl1050_.jpg?itok=gRNnq7Sn" style="width: 100px; height: 137px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" />A mon meilleur ennemi, impitoyable baroqueux qui ne tolère que la reconstitution à la chandelle de suif (la bougie, c’est trop moderne), j’offrirai innocemment le DVD de la magnifique production des <em>Indes galantes</em>, montée par Laura Scozzi à Bordeaux puis reprise <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/amour-gloire-et-laideur">à Toulouse</a>. Ni perruques ni robes à panier ? Zut, j’étais pourtant sûr d’avoir fait le bon choix avec Rameau…</p>
<p><strong>Jean-Philippe Rameau : </strong><em><strong>Les Indes galantes</strong></em><strong> – Les Talens lyriques, Christophe Rousset (direction) &#8211; Alpha</strong></p>
<hr />
<p><strong>Brigitte Cormier</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/podles_0_0.jpg?itok=sZ7zk4W_" style="width: 100px; height: 140px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Toujours un casse-tête de choisir un cadeau lyrique pour mon meilleur ami ! Cette année, pas besoin d’aller chercher loin, je lui offrirai <a href="/livre/ewa-podles-contralto-assoluto-le-sacre-du-monstre">mon livre sur Ewa Podleś</a>, la légendaire contralto polonaise, paru chez Symétrie. Pour se le procurer, rien de plus simple : <a href="http://symetrie.com/fr/titres/ewa-podles-contralto-assoluto">http://symetrie.com/fr/titres/ewa-podles-contralto-assoluto</a></p>
<p><strong>Brigitte Cormier, <em>Ewa Podleś, contralto assoluto</em> &#8211; Editions Symétrie</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/jvd_0.jpg?itok=nqfwey4_" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi est épris de perfection. Même les plus grands trouvent rarement grâce à ses yeux. Je lui ai choisi un « <a href="http://www.forumopera.com/cd/jose-van-dam-coffret-des-75-ans-collection-autograph-jose-van-dam-monument-vivant">monument vivant </a>» devant lequel, pour changer, il ne pourra que s’incliner.</p>
<p><strong>José van Dam : <em>Coffret autographe du 75<sup>e</sup> anniversaire</em> &#8211; 10 CD : Opéra, Oratorio, Mélodies, Lieder &#8211;  Erato, Warner classics</strong></p>
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<p><strong>Tania Bracq</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/kissmekate_400.jpg?itok=4GD_f6mq" style="width: 100px; height: 62px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Je choisirai le thème léger des amours à scènes de ménage en invitant ma meilleure amie à une représentation de <em>Kiss me Kate </em>au théâtre du Châtelet. Cole Porter et ses clins d&rsquo;oeil à la <em>Mégère Apprivoisée</em> nous offriront sans aucun doute une soirée revigorante.</p>
<p><strong><em>Kiss me Kate </em></strong><strong>de Cole Porter &#8211; Théâtre du Châtelet du 3 au 12 février 2016 (<a href="http://chatelet-theatre.com/fr/les-actualites/spectacle-kiss-me-kate">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/imf_thumb_9488_149_encart-lyrique-5-110x110px.jpg?itok=GfUz6BCL" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, j&rsquo;offrirai deux billets pour la soirée Guitry/Bernstein de l&rsquo;Opéra de Tours, parce que passer le périphérique et sortir de sa trinité Mozart-Verdi-Wagner lui ouvrira doublement l&rsquo;esprit.</p>
<p><strong><em>La Société Anonyme des Messieurs Prudents</em></strong><strong> de Louis Beydts et <em>Trouble in Tahiti</em> de Léonard Bernstein – Opéra de Tours, 25, 27, 29 mars 2016 (<a href="http://www.operadetours.fr/la-s-a-d-m-p">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
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<p><strong>Stéphane Longeot</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/haendel_messiah_haim_erato_cover5.jpg?itok=Zn3dF6zm" style="width: 100px; height: 104px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j&rsquo;offrirai<em> </em><a href="http://www.forumopera.com/cd/messiah-mais-si-un-messie-de-plus"><em>Le Messie</em> de Haendel</a>, Noël oblige ! Oui mais quelle version ? A la monumentalité de la version de Covent Garden, Emmanuelle Haïm préfère la version chambriste de la création. Cette lecture souple et poétique, au plus près du texte, réserve des surprises à chaque instant. Les chœurs prennent en retour du relief, tour à tour puissants et dépouillés, toujours animés d&rsquo;une grande générosité, délivrant avec coeur une joie lumineuse et communicative. </p>
<p><strong>Georg Friedrich Haendel, <em>Messiah</em> &#8211; Concert d&rsquo;Astrée, Emmanuelle Haïm (direction) &#8211; Erato</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/8_3760106030000-11.jpg?itok=61w0V6f1" style="width: 100px; height: 136px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi qui ne jure que par la générosité flamboyante du bel canto rossinien, j’offrirai <em>L’Autre Monde</em> de Cyrano de Bergerac. Je l’invite à changer d’échelle et à se mettre à l’écoute de l’art de la déclamation baroque d&rsquo;un Benjamin Lazar, qui sait si bien rendre le clair obscur et les chatoiements de la langue française. Ici se révèle à la lumière des bougies un autre monde. Question d&rsquo;échelle !</p>
<p><strong>Cyrano de Bergerac, <em>L’Autre Monde</em> &#8211; La Rêveuse, Benjamin Lazar &#8211; BelAir</strong></p>
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<p><strong>Sonia Hossein-Pour</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/51ciwxhtul.jpg?itok=FUA0Tfsk" style="width: 100px; height: 89px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A ma meilleure amie, que ni le charme et la beauté de Jonas Kaufmann, ni la noirceur du timbre ou la sensibilité des interprétations n’indiffèrent, j’offre mon disque de chevet, les <em>Lieder</em> de Strauss interprétés par le ténor allemand et accompagné du pianiste Helmut Deutsch chez Harmonia Mundi.</p>
<p><strong>Richard Strauss, <em>Lieder</em> &#8211; Jonas Kaufmann, Helmut Deutsch &#8211; Harmonia Mundi</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/le-roi-carotte-ok2.jpg?itok=nyfDNlg2" style="width: 100px; height: 125px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, qui prend en otage la beauté du monde, et qui ne sait certainement pas l’injurier comme le faisait Rimbaud, je voudrais offrir une place pour la hardiesse et l’effronterie d’une opérette de Jacques Offenbach, <em>Le Roi Carotte</em>, dans la mise en scène de Laurent Pelly à l’Opéra de Lyon.</p>
<p><strong>Jacques Offenbach, <em>Le Roi Carotte</em> – Opéra de Lyon – Mise en scène : Laurent Pelly &#8211; Avec : Christophe Mortagne, Yann Beuron, Jean-Sébastien Bou, Chloé Briot &#8211; Du 12 au 29 décembre 2015 (<a href="http://www.opera-lyon.com/spectacle/opera/le-roi-carotte">plus d&rsquo;informations</a>).</strong></p>
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<p><strong>Thierry Bonal</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/90617-boule-de-noel-notes-de-musique.jpg?itok=ozzI7xG5" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="VIGNETTE" />Je surprends mon meilleur ami en substituant à la décoration traditionnelle et impersonnelle de son sapin un assortiment de boules de Noël « Notes de musique » du meilleur goût pour être en totale harmonie avec les chants de Noël qu&rsquo;il ne manque pas de diffuser dès le premier dimanche de l&rsquo;Avent.</p>
<p><strong>Boules de Noël « Notes de musique » edelman chez <a href="http://www.jardiland.com/ma-maison/32755-decorations-de-noel/32756-decorations-de-noel-pour-le-sapin/140835-boule-de-noel-notes-de-musique">jardiland.com</a></strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t2ec16zyge9s7hjdgbrle2oqhqg60_57.jpg?itok=ZtGVWrNq" style="width: 100px; height: 97px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi j&rsquo;offre un tee-shirt « note de musique » afin qu&rsquo;il puisse se rendre aux festivals de musique en plein air de l&rsquo;été prochain en toute décontraction, sa couleur noire assurant un minimum de sobriété&#8230;</p>
<p><strong>Tee-shirt « note de musique », 10,9€, <a href="http://www.ebay.fr/itm/T-shirt-Cle-de-Sol-et-Notes-de-Musique-RocknRoll-Rockabilly-Pin-Up-Tattoo-/121111797756">ebay.fr</a></strong></p>
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<p align="left"><strong>Antoine Brunetto</strong></p>
<p align="left"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/devereux.jpg?itok=R9Yq4Ioj" style="width: 100px; height: 105px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, amateur de bel canto, j’offre une place pour <em>Roberto Devereux</em> à Gènes en mars prochain. Il a encore du mal à se remettre d’avoir raté Mariella Devia dans le rôle d’Elisabetta <a href="http://www.forumopera.com/roberto-devereux-madrid-un-miracle-nomme-devia">à Madrid en octobre dernier</a>. Qu’à cela ne tienne, je lui propose une séance de rattrapage afin qu’il puisse admirer la soprano que le temps semble miraculeusement épargner, dans une incarnation majeure. Si la chanteuse est aussi en forme qu’à Madrid, il va y avoir du frisson dans la salle ! D’autant que l’entourage pour cette production est plutôt attrayant, avec en particulier Sonia Ganassi.</p>
<p align="left"><strong>Gaetano Donizetti<em>, Roberto Devereux</em> – Mariella Devia, Sonia Ganassi, Teatro Carlo Felice, Gènes, du 17 au 29 mars 2016 (<a href="http://www.carlofelicegenova.it/index.php/index.php/index.php?mod=pages_details&amp;page_id=455&amp;date_timestamp=14582555992030">plus d’informations</a>)</strong></p>
<p align="left"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cua4xmpwuaaliux.jpg_large_0.jpg?itok=1zzfja6a" style="width: 100px; height: 143px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, amateur de brumes bavaroises et de blondes walkyries, j’offre des places pour un festival autour du 15 août. Mais s’il espérait gravir la colline sacrée à genoux, c’est raté ! Il aura en lieu et place les plages bondées et bétonnées des Marches, et à défaut du graal, le cygne de Pesaro, avec une cure de Rossini intensive, midi et soir. Je jubile par avance du chant virtuose qui lui écorchera les oreilles, des coloratures qui le feront bondir. Et sait-on jamais, au vu du feu d’artifice promis cet été en termes d’œuvres (<em>La Donna del Lago, Ciro in Babilonia, Il Turco in Italia</em>) et d’interprètes (Juan Diego Florez, Olga Peretyatko, Ewa Podles, Michael Spyres ou encore Nicola Alaimo), finira-t-il par se convertir ?</p>
<p align="left"><strong>Rossini Opera Festival, Pesaro, du 8 au 20 août 2016 (<a href="http://www.rossinioperafestival.it/?IDC=506&amp;ID=686">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
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<p align="left"><strong>Guillaume Saintagne</strong></p>
<p align="left"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/28947881032.jpg?itok=AYkGhu5w" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, toujours curieux d&rsquo;inédits baroques et d&rsquo;artistes à la hauteur du défi, j&rsquo;offre le très beau <em><a href="http://www.parnassus.at/index.php?id=20&amp;L=1&amp;tx_artistsdb_productions%5Bproduction%5D=34&amp;tx_artistsdb_productions%5Baction%5D=show&amp;tx_artistsdb_productions%5Bcontroller%5D=Production&amp;cHash=74901d253f1fb9301307f62971e19faa" target="_blank" rel="noopener">Baroque divas</a></em>, qui voit un florilège d&rsquo;airs de Gluck, Veracini, Caldara, Vinci,Vivaldi et Sarro, interprété par rien moins que Vivica Genaux, Sonia Prina, Romina Basso et Mary-Ellen Nesi. C&rsquo;est le Noël des mezzos !</p>
<p><b>Baroque Divas &#8211; Genaux, Basso, Prina, Nesi &#8211; Armonia Atenea, George Petrou (direction) &#8211; Decca</b><br />
 <br />
<img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/4788094.jpg?itok=GHh4QC9P" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon pire ennemi, qui pense que toutes les voix de contre-ténors se ressemblent, j&rsquo;offre l&rsquo;exact pendant de ce disque, produit lui aussi par Parnassus Arts, <a href="http://www.forumopera.com/cd/the-5-countertenors-the-countertenor-pride"><em>The 5 countertenors</em></a>. Il pourra juger par lui-même que leurs timbres vont du vinaigré au velours le plus doux et qu&rsquo;ici comme chez les wagnériens, c&rsquo;est finalement le sens du drame qui distingue les meilleurs.<br />
 <br />
<b>The 5 countertenors &#8211; Cencic, Sabata, Minenko, Yi, Sabadus &#8211; Armonia Atenea, George Petrou (direction) &#8211; Decca</b></p>
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<p><strong>Cédric Manuel</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/9782213630786-x.jpg?itok=34Zemrc4" style="width: 100px; height: 154px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami qui voudrait rencontrer un peu plus d’un siècle après sa mort un monument mais qui craindrait d’escalader une montagne, j’offre ce condensé virtuose de l’immense biographie consacrée par Henry-Louis de la Grange à Gustav Mahler il y a une bonne vingtaine d’années. Seul l’auteur lui-même pouvait mener à bien cette gageure et c’est une parfaite réussite. Il se laissera emporter par le fleuve Mahler, qui le mènera tout droit à un océan. L’un des plus grands chefs d’opéras, sinon le plus grand de son temps, directeur intransigeant de la Hofoper de Vienne, créateur tourmenté et violemment secoué par une critique aboyeuse, qui n’a jamais composé d’oeuvres lyriques bien qu’ayant corrigé<em> Die Drei Pintos</em> de Weber, mais dont les lieder sont des mondes en eux-mêmes ; avec cet ouvrage, il aura le sentiment de vivre jour après jour auprès de lui. Une lecture incontournable.</p>
<p><strong>Henry-Louis de la Grange, </strong><strong><em>Gustav Mahler</em> – Fayard</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cd_boxberg_sardanapalus_pan-classics_anaclase.jpg?itok=KsFCh4ZF" style="width: 100px; height: 89px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, pas encore perdu pour la cause de l’opéra, mais qu’il faudrait convaincre d’évacuer définitivement notre voisinage immédiat, j’offre ce disque qui aura le double effet de le faire fuir durablement, non sans l’avoir endormi plus sûrement que le coup de massue qu’il mériterait par ailleurs. Les bornes de l’ennui le plus mortel sont franchies allègrement par l’obscur Christian-Ludwig Boxberg : une armée de mouches tsé-tsé n’obtiendraient pas un meilleur effet. Notre confrère Claude Jottrand ne s’y était d’ailleurs pas trompé, qui <a href="http://www.forumopera.com/cd/sardanapalus-justement-oublie">écrivait en janvier dernier</a> : « <em>Dans l’immense corpus des œuvres oubliées, certaines ont très justement trouvé leur place ; ne les dérangeons pas, et laissons les dormir en paix </em>».</p>
<p><strong>Christian Ludwig Boxberg,</strong><strong><em> Sardanapalus</em> <em>– </em>3CD Pan Classics &#8211; PC10315</strong></p>
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<p><strong>Christian Peter</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/roberto-alagna-jbm-09244cjean-baptiste-millot2_0.jpg?itok=OJQ5QktS" style="width: 100px; height: 150px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami j’offrirai un billet pour assister à une représentation de <em>La Juive</em> à l’Opéra de Munich avec Roberto Alagna dans le rôle d’Éléazar. Après <a href="http://www.forumopera.com/le-cid-paris-garnier-le-retour-en-fanfare-du-cid"><em>Le Cid</em> à Garnier</a>, <a href="http://www.forumopera.com/le-roi-arthus-paris-bastille-bronca-et-ola"><em>Le Roi Arthus</em> à Bastille</a>, où il fut un bouleversant Lancelot, et tout récemment <a href="http://www.forumopera.com/vasco-de-gama-berlin-perils-en-haute-mer"><em>Vasco de Gama</em> à Berlin</a>, voici que notre ténor aborde un nouveau rôle emblématique de l’opéra français aux côtés de Kristine Opolais, John Osborn, Aleksandra Kurzak, sous la direction de Bertrand de Billy, dans un nouvelle production signée Calixto Bieito. Nul doute que si Roberto Alagna affiche une forme vocale aussi insolente que lors des <a href="/lelisir-damore-paris-bastille-un-elixir-de-jouvence">représentations triomphales de <em>L’elisir d’amore</em></a> qui viennent de s’achever à l’ONP, cette <em>Juive</em> s’annonce prometteuse, voire anthologique.</p>
<p><strong>Jacques Fromental Halévy, <em>La Juive</em> &#8211; Bayerische staatsoper Munich, du 26 juin au 8 juillet 2016 (</strong><a href="https://www.staatsoper.de/en/productioninfo/la-juive.html?type=0Claudia&amp;cHash=5ec57c7a40b5eb058b24809e10d40040"><strong>plus d’informations</strong></a><strong>)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/pucciniturandot_0.jpg?itok=qtoJXBIT" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />L’opéra préféré de mon meilleur ennemi est <em>Turandot</em>. Il en possède d’innombrables versions mais c’est celle de Zubin Mehta avec Sutherland, Pavarotti et Caballé qu’il chérit le plus. A lui qui aime les Calaf à l’aigu insolent, les Liù au timbre pur et aux pianissimi lumineux et les Turandot à la voix solide et tranchante, j’offrirai <a href="http://www.forumopera.com/cd/puccini-turandot-hors-format">la toute nouvelle version dirigée à nouveau par Zubin Mehta</a> avec Andrea Bocelli, Jessica Nuccio et Jennifer Wilson parue sous le label Decca, je suis sûr qu’il sera comblé.</p>
<p><strong>Puccini, <em>Turandot</em>  &#8211; Zubin Mehta (direction) &#8211; 2 CD Decca</strong></p>
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<p><strong>Nicolas Derny</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rusalka_0_0.jpg?itok=AkOlOgNj" style="width: 100px; height: 141px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Mon ami, depuis vingt ans que tu admires Renée Fleming en Rusalka, réjouis-toi : toi qui n’a pas pu te rendre à New York en 2014 pour l’y entendre, tu la retrouveras drapée en nymphe dvořákienne au pied du sapin et, surtout, au milieu d’un plateau presqu’idéal dominé par Piotr Beczala, Prince sans véritable rival sur la scène actuelle. Côté fosse, on ne prendra jamais Yannick Nézet-Séguin en défaut d’intelligence théâtrale. Du grand art ! Mieux vaut tout de même fermer les yeux.  </p>
<p>Mon ennemi, je te somme en revanche d’ouvrir grand les mirettes : tu t’écorcheras la rétine là où l’oreille de mon ami jubilait. C’est que, fidèle au pire de lui-même, Otto Schenk transpose grosso modo le livret de Kvapil dans le monde de Blanche Neige version Disneyland (en plus poussiéreux). Plus grave que l’absence totale d’idées originales, la direction d’acteur sombre dans le ridicule – le pompon au rôle-titre, dont les minauderies grotesques nous font pouffer  en même temps que son chant nous touche. Le public du Met, lui, semble adorer. C’est dire…</p>
<p><strong>Antonín Dvořák, <em>Rusalka</em> – Yannick Nézet-Séguin (direction) – DVD Decca</strong></p>
<hr />
<p><strong>Catherine Jordy</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/1540-1_0.jpg?itok=fC7UPiFw" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, le coffret Jonas Kaufmann proposé par Decca, parce qu’il s’agit d’une valeur sûre et qu’à ce prix-là, on aurait tort de se priver de quatre productions déjà mythiques&#8230;</p>
<p><strong>Coffret Jonas Kaufmann, 4 DVD, <em>Tosca</em> (Zürich),<em> Carmen</em> (Zürich), <em>Faust </em>(Metropolitan) et <em>Werther</em> (Paris), Decca</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/les-plus-beaux-operas-du-monde.jpg?itok=-rARJ2Vq" style="width: 100px; height: 102px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, avec délectation, j’offre <a href="http://www.forumopera.com/livre/cest-bientot-noel"><em>Les plus beaux Opéras du Monde</em></a> qui présente trente opéras d’exception. À lui qui déteste tout ce qui brille, je le laisse déballer ce cadeau puis ranger le livre au fond de sa bibliothèque, peut-être même sans l’ouvrir.</p>
<p><strong>Antoine Pecqueur, Guillaume de Laubier, <em>Les plus beaux Opéras du monde</em>, Éditions de la Martinière</strong></p>
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<p><strong>Bernard Schreuders</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/francesca_aspromonte.jpg?itok=UpvcNb89" style="width: 100px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Si, pour un adolescent, <a href="http://www.forumopera.com/breve/faites-votre-coming-out-lyrique-grace-a-joyce-didonato">affirmer son amour de l’opéra s’apparente à un coming-out</a>, il en va de même pour le cavallien, souvent isolé dans l’univers impitoyable des lyricomanes. J’emmènerai donc mon meilleur ami à Marseille la saison prochaine : il pourra y afficher sa passion grandissante pour Cavalli en applaudissant la recréation mondiale de <em>L’Oristeo </em>(1651), confiée à Jean-Marc Aymes et Olivier Lexa. Ce sera aussi l’occasion pour lui de découvrir Francesca Aspromonte (<em>Cf. photo</em>), révélation de <a href="http://www.forumopera.com/leritrea-venise-lequivoco-stravagante">l’<em>Eritrea</em></a>, et de s’assurer que le ramage de Romain Dayez se rapporte à son joli plumage&#8230;</p>
<p><strong>Francesco Cavalli, <em>L’Oristeo</em>. A la Criée – Théâtre National de Marseille, 11 et 13 mars 2016 (<a href="http://opera.marseille.fr/saison-15-16/opera/loristeo">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cavalli_ricercar.jpg?itok=wobW0bvI" style="width: 100px; height: 155px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Cavalli ennuie prodigieusement mon meilleur ennemi, du moins le croit-il, après avoir écouté distraitement quelques extraits en ligne. Je le mets au défi de plonger dans l’anthologie – historique, dans tous les sens du terme – publiée par Ricercar et d’en ressortir indemne. De ses héroïnes, le Vénitien, à l’égal des poètes qu’il habille de musique, met l’âme à nu et exacerbe les passions, dont Mariana Flores épouse la plus infime nuance. Le disque crée une tout autre intimité que <a href="http://www.forumopera.com/grands-airs-de-cavalli-leonardo-garcia-alarcon-ambronay-entrez-dans-le-siecle-cavalli">le concert</a> et son chant ultrasensible s’insinue au creux de l’oreille pour mieux atteindre le coeur.</p>
<p><strong>Francesco Cavalli, <em>Heroines of the venetian baroque</em>. Mariana Flores, Anna Reinhold, Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon (direction). Ricercar.</strong></p>
<hr />
<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/hymel2_0.jpg?itok=Q7aL5p-_" style="width: 100px; height: 99px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Dans <a href="http://www.forumopera.com/cd/heroique-french-opera-arias-bryan-hymel-superheros"><em>Héroïque</em></a>, album musclé composé d&rsquo;extraits rares et choisis d&rsquo;opéras français, Bryan Hymel pulvérise sans ciller et sans une pointe d&rsquo;accent yankee les sommets de la portée – 19 contre-ut, 2 contre-ut dièse et 1 contre-ré tout de même ! De joie, mon meilleur ami défaillira.</p>
<p><strong><em>Héroïque</em></strong><strong>, French Opera Arias &#8211; Bryan Hymel (Warner Classics)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/204_0.jpg?itok=oCi1BQ9a" style="width: 100px; height: 139px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Dans <a href="http://www.forumopera.com/livre/lopera-mode-demploi-jamais-foi-de-cicerone">la nouvelle édition d&rsquo;<em>Opéra, mode d&#8217;emploi</em></a>, vade-mecum docte et malicieux destiné à tous les amateurs d&rsquo;art lyrique, qu&rsquo;ils soient profanes ou initiés, <em>Forum Opéra</em> figure en tête des sites Internet recommandés avec cette définition : « <em>Magazine très bien renseigné et souvent impertinent </em>». De rage, mon meilleur ennemi s&rsquo;étranglera.</p>
<p><strong>Alain Perroux, <em>L&rsquo;Opéra, mode d&#8217;emploi</em> – <a href="http://www.asopera.fr/opera-l-opera-mode-d-emploi-perroux-alain-s204.htm">L’Avant-Scène Opéra</a></strong></p>
<hr />
<p><strong>Julien Marion</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/fricsay_opera-choral-editio_0.jpg?itok=zkCTNOS-" style="width: 100px; height: 89px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" />A mon meilleur ami, je n&rsquo;offrirai pas, pour la deuxième année de suite, une nouvelle preuve du talent de Jonas Kaufmann. Pourtant, d&rsquo;<em>Aïda</em> à Puccini, les occasions ne manqueraient pas, mais enfin, évitons la surdose. Je lui offrirai plutôt un cadeau certes moins glamour, sans aucun doute plus marginal, mais sans doute plus essentiel :  je lui offrirai, pour tout dire, l&rsquo;occasion de ne pas succomber aux sirènes parfois pesantes de la nouveauté, en se replongeant dans le leg vocal et choral inestimable de Ferenc Fricsay, <a href="http://www.forumopera.com/cd/ferenc-fricsay-enregistrements-complets-vol2-oeuvres-chorales-et-operas-de-miracle-en-miracle">opportunément rassemblé par Deutsche Grammophon en un coffret à chérir</a>. Il y découvrira des interprétations d&rsquo;une modernité saisissante, notamment en Mozart (une <em>Flûte </em>d&rsquo;île déserte) ou en Verdi. C&rsquo;est souvent bouleversant d&rsquo;humilité et de vérité. Et comme mon meilleur ami sait, mieux que beaucoup, faire preuve de discernement, je sais qu&rsquo;il y reviendra souvent.</p>
<p><strong>Ferenc Fricsay &#8211; Enregistrements complets, vol.2 : Oeuvres chorales et Opéras &#8211; Deutsche Frammophon</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/777_0.jpg?itok=C9sM6Wjt" style="width: 100px; height: 99px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi n&rsquo;aime pas la musique. Qui plus est, il n&rsquo;a aucun humour. Pour être certain de lui infliger le pire des supplices, je lui offrirai donc un enregistrement offenbachien récent, par exemple cette trop rare <a href="http://www.forumopera.com/cd/genevieve-de-brabant-au-pas-saccade-de-son-cheval-golo-plein-dun-affreux-dessein"><em>Geneviève de Brabant</em>, récemment rééditée</a>, reflet d&rsquo;une production de l&rsquo;ORTF. Il y souffrira mille morts en écoutant les couplets de la poule, le duo des gendarmes ou le boléro de Charles Martel (auquel l&rsquo;actualité donne une résonnance troublante&#8230;).</p>
<p><strong>Jacques Offenbach, Geneviève de Brabant &#8211; Marcel Cariven (direction) &#8211; Malibran</strong></p>
<hr />
<p><strong>Mélanie Defize</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/kapralova_0_0.jpg?itok=U5Bm0P-i" style="width: 100px; height: 156px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A toi, mon meilleur ami, j’offre l’éloge d’une compositrice Morave oubliée, <a href="http://www.forumopera.com/livre/vitezslava-kapralova-portrait-musical-et-amoureux-portrait-de-femme"><em>Vítězslava Kaprálová &#8211; Portrait musical et amoureux</em></a>. Une question te brûle sans doute déjà les lèvres : qui était cette femme fatale de santé fragile qui choisit l’« impossible » carrière de compositrice et de chef d’orchestre dès sa plus tendre enfance dans les Tatras slovaques des années 1920 ?</p>
<p><strong>Nicolas Derny, Vítězslava Kaprálová &#8211; Portrait musical et amoureux. Le Jardin d&rsquo;essai</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/edison_0.jpg?itok=zLQa2gvj" style="width: 100px; height: 99px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Cher pire ennemi, je t’offre les crachins feutrés des <a href="http://www.forumopera.com/cd/les-cylindres-edison-vol-3-le-disque-des-records">Cylindres Edison</a> afin que tu puisses conforter tes préjugés : l’opéra est bien un genre séculaire, aux voix sculptées d’accents « ringards » et à la  prononciation exagérée. Je te défie de te délecter à l’écoute de ce disque-mémoire exquis et vintage à souhait. Si tu y parviens, plus douce qu’amère sera ta victoire.</p>
<p><strong>Les Cylindres Edison &#8211; Malibran</strong></p>
<hr />
<p><strong>Jean-Michel Pennetier </strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/isis_1_0_0.jpg?itok=eBzmYs6u" style="width: 100px; height: 89px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" />Mon meilleur ami trouve Mozart particulièrement rasoir, et en particulier<em> La Flûte enchantée</em>. Mais ce n’est pas de sa faute : enfant, ses parents lui ont infligé cet ouvrage comme premier opéra, précisant, avec un air gourmand « tu verras, il y a un dragon ! ». Ils avaient juste oublié de préciser que ledit dragon était en carton-pâte ou en peluche et qu’il mourrait sans combat dès le premier quart d’heure. Depuis ce triste jour, mon meilleur ami n’approche plus le divin Wolfgang, dans la peur de longs dialogues parlés en allemand, de récitatifs interminables en italien, et de livrets insipides où de vieux barytons courtisent des sopranos obèses. A celui-ci j’offrirai les délicieux <em><a href="/cd/les-mysteres-disis-un-cadeau-du-ciel">Mystères d’Isis</a> </em>: c’est en français, ce n&rsquo;est pas vraiment de Mozart, il n’y a pas de dialogues parlés et l’histoire, quoique bancale, est mieux ficelée que celle de <em>La Flûte enchantée</em> qui l’a inspirée. On retrouve dans ce patchwork, assemblé pour l’Opéra de Paris des années après la mort de Mozart, l’essentiel de la partition de <em>Die Zauberflöte</em>, mais aussi des extraits de <em>Don Giovanni</em>, des <em>Nozze di Figaro</em>, de <em>La Clemenza di Tito</em> … Un « best of » en quelque sorte : si après ça mon ami n’est pas réconcilié avec Mozart, c’est à désespérer.</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart : <em>Les Mystères d&rsquo;Isis</em> &#8211; Le Concert Spirtiuel, Diego Fasolis (direction) &#8211; Glossa / Palazzetto Bru Zane</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/orfeo_fagioli_0.jpg?itok=DebA0825" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" />Mon meilleur ennemi est un baroqueux de la première heure, amateur de ces timides voix blanches supposées ressusciter l’art des castrats : à celui-ci j’offre <a href="/cd/orfeo-ed-euridice-une-nouvelle-grande-reference">l’<em>Orfeo ed Euridice</em> </a>enregistré par l’extraordinaire <strong>Franco Fagioli</strong>. Ce sera un peu comme jeter de l’eau bénite sur un vampire, car si un artiste peut vraiment rappeler les castrats, c’est bien le contre-ténor argentin !</p>
<p><strong>Christof Willibald Gluck : <em>Orfeo ed Euridice</em> &#8211; Insula Orchestra, Laurence Equilbey (direction) &#8211; Archiv.</strong></p>
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		<title>Geneviève de Brabant se réveille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/genevieve-de-brabant-se-reveille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2015 12:04:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La programmation des maisons d’opéra a des hasards qui font qu’une œuvre rare recouvre subitement une actualité à plusieurs endroits au cours de la même saison. Par exemple, Le Médecin malgré lui de Gounod sera donné ce mois-ci à Saint-Etienne et à Genève ce printemps. Plus rare encore, la Geneviève de Brabant d’Offenbach (dont une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La programmation des maisons d’opéra a des hasards qui font qu’une œuvre rare recouvre subitement une actualité à plusieurs endroits au cours de la même saison. Par exemple, <em>Le Médecin malgré lui</em> de Gounod sera donné ce mois-ci à Saint-Etienne et à Genève ce printemps. Plus rare encore, la <em>Geneviève de Brabant</em> d’Offenbach (dont une intégrale a récemment été rééditée <a href="http://www.forumopera.com/cd/genevieve-de-brabant-au-pas-saccade-de-son-cheval-golo-plein-dun-affreux-dessein">chez Malibran</a>) sera donnée à Montpellier en mars, mais le Théâtre Stok, de Zürich, présente dès octobre une version un peu particulière de ce même opéra-bouffe : la vingtaine de rôles est répartie entre seulement deux chanteurs – un ténor et une mezzo –, et l’orchestre se compose en tout et pour tout d’un accordéon et d’une contrebasse (et de plusieurs balais, apparemment). Sans oublier, comme meneur de jeu, l’acteur et metteur en scène. On le sait, Offenbach résiste à (presque) tout. Gageons qu’il sortira encore grandi de cette version cabaret, chantée en français et parlée en allemand, proposée par Oper im Knopfloch, « l’Opéra à la boutonnière ». Première le samedi 16 octobre (<a href="http://www.theater-stok.ch/oper-im-knopfloch-genevieve-de-brabant/">plus d&rsquo;informations</a>).</p>
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		<title>Geneviève de Brabant</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/genevieve-de-brabant-au-pas-saccade-de-son-cheval-golo-plein-dun-affreux-dessein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2015 05:03:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Au pas saccadé de son cheval, Golo, plein d&#8217;un affreux dessein, sortait de la petite forêt triangulaire qui veloutait d&#8217;un vert sombre la pente d&#8217;une colline, et s&#8217;avançait en tressautant vers le château de la pauvre Geneviève de Brabant ». C’est avec cette phrase que Proust ouvre le récit des séances de lanterne magique de son &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Au pas saccadé de son cheval, Golo, plein d&rsquo;un affreux dessein, sortait de la petite forêt triangulaire qui veloutait d&rsquo;un vert sombre la pente d&rsquo;une colline, et s&rsquo;avançait en tressautant vers le château de la pauvre Geneviève de Brabant ». C’est avec cette phrase que Proust ouvre le récit des séances de lanterne magique de son enfance, dans sa chambre de Combray. Ces plaques de verre colorées, aujourd’hui conservées au musée d’Iliers, témoignent de la popularité d’une légende aujourd’hui bien oubliée, mais jadis aussi connue que les contes de Perrault. Si Walt Disney s’en était emparé, peut-être le serait-elle encore, mais ce récit de cruauté conjugale n’a rien de bien enfantin (vous avez remarqué qu’on n’a pas tiré de dessin animé de « Barbe-bleue » ?), et a notamment inspiré à Schumann un opéra détaillant les malheurs de l’héroïne.</p>
<p>Il n’est donc pas étonnant que, dans son entreprise de désacralisation des mythes occidentaux, Offenbach s’en prenne à Geneviève de Brabant, même si son sort nous est aujourd’hui moins familier que celui d’Orphée ou d’Hélène de Sparte. <em>Geneviève de Brabant</em> est d’ailleurs l’une de ses partitions qu’il retravailla le plus, puisqu’on en dénombre trois versions en l’espace d’une quinzaine d’années. L’état « intermédiaire » de 1867 a été donnée par la RTF en 1956, c’est aussi celle qu’on pourra voir à Montpellier en mars 2016, mais on serait curieux de pouvoir entendre un jour la grande féerie de 1875.</p>
<p>Bizarrement, le rôle-titre est loin d’être le personnage principal, et les airs les plus marquants reviennent à l’époux de Geneviève, Sifroy, au page Drogan. Si l’œuvre n’a pas la popularité des titres les plus célèbres d’Offenbach, cela tient sans doute en partie au livret, mais aussi à la relative absence d’airs vraiment mémorables, le seul pouvant s’inscrire dans les esprits étant « Une poule sur un mur » à la fin du premier tableau. Les deux hommes d’armes Grabuge et Pitou permettent une satire de la police et de l’armée comme dans <em>Les Brigands</em> ou <em>La Périchole</em>, mais la scène de la répudiation de Geneviève, qui fait un instant espérer une savoureuse parodie de Meyerbeer, laisse un peu l’auditeur sur sa faim.</p>
<p>En 1956, la radiodiffusion française avait pourtant bien fait les choses, en réunissant pour les petits rôles toute une galerie de « trognes » vocales comme il en existait alors (Ah, le timbre invraisemblablement nasillard d’<strong>André Balbon </strong>! Ah, les gendarmes de <strong>Genio</strong> et <strong>Pierre Germain</strong>, l’ermite en voix de tête de <strong>Jean Mollien</strong> !) et en reformant le couple idéal des <em>Mamelles de Tirésias</em> enregistrées trois ans auparavant : <strong>Jean Giraudeau</strong>, Sifroy survolté, et <strong>Denise Duval</strong>, hélas bridée par les limites du personnage. <strong>Robert Massard</strong> est un somptueux Charles Martel mais n’a finalement pas tant de choses à chanter. Reste le cas de Drogan, le pâtissier devenu page par amour. C’est un des ces rôles travestis comme Fragoletto dans <em>Les Brigands, </em>marmiton comme Croûte-au-Pot dans <em>Mesdames de la Halle</em>. Au nom d’une conception étroite du réalisme, la mauvaise habitude avait été prise de confier ce genre de rôle à un tenorino (ici <strong>Michel Hamel</strong>), alors que le personnage est clairement un descendant de Chérubin, comme le soulignent les trios réunissant le page, Geneviève et sa suivante Brigitte, lointain écho de la typologie vocale des <em>Noces de Figaro</em>. Comme d’habitude dans ce genre de concert radiophonique, l’ouverture a disparu, et il faut subir l’horripilante présentatrice qui délaisse son style guindé et se croit drôle.</p>
<p>En complément de programme, le label Malibran propose <em>La Permission de dix heures</em>, où l’on retrouve certains artistes présents dans <em>Geneviève de Brabant</em>, rejoints par d&rsquo;autres voix habituées de l&rsquo;exercice, avec notamment un Alsacien à l&rsquo;accent aussi caricatural que dans <em>Lischen et Fritzchen.</em></p>
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