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	<title>La traviata - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La traviata - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Glyndebourne : programme 2027</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-programme-2027/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 08:12:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;édition 2027 du festival proposera cinq ouvrages dont trois nouvelles productions. Idomeneo ouvrira le bal le 20 mai, avec l&#8217;Orchestra of the Age of Enlightenment sous la baguette du directeur musical de l&#8217;institution, Robin Ticciati, dans une nouvelle production de Stephen Langridge qui en est le directeur artistique (il est également le fils du ténor &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;édition 2027 du festival proposera cinq ouvrages dont trois nouvelles productions.</p>
<p><em>Idomeneo</em> ouvrira le bal le 20 mai, avec l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment sous la baguette du directeur musical de l&rsquo;institution, <strong>Robin</strong> <strong>Ticciati</strong>, dans une nouvelle production de <strong>Stephen Langridge</strong> qui en est le directeur artistique (il est également le fils du ténor Philip Lagridge). La distribution comprendra <strong>Ian</strong> <strong>Koziara</strong> (Idomeneo), <strong>Deepa</strong> <strong>Johnny</strong> (Idamante), <strong>Katharina Konradi</strong> (Ilia) et <strong>Golda Schultz</strong> (Elettra). La reprise de la Carmen de <strong>Diane</strong> <strong>Paulus</strong> (2024) suivra dès le lendemain, avec cette fois le London Philharmonic Orchestra sous la direction de <strong>Ben Glassberg</strong>. <strong>Danielle de Niese</strong> et <strong>Rihab Chaieb</strong> alterneront en Carmen face au Don José d&rsquo;<strong>Atalla Ayan</strong>. <strong>Elsa</strong> <strong>Benoit</strong> et <strong>Vuvu</strong> <strong>Mpofu</strong> alterneront en Micaëla. La nouvelle production de <em>La Cenerentola</em> de <strong>Max Webster</strong> sera créée le 13 juin. <strong>Enrique Mazzola</strong> et <strong>Tess Jackson</strong> alterneront à la tête de l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment. La distribution comprendra <strong>Svetlina Stoyanova</strong> (Angelina), <strong>Levy Sekgapane</strong> (Ramiro), <strong>Mikhail</strong> <strong>Timoshenko</strong> (Dandini), <strong>Marco Filippo Romano</strong> (Don Magnifico) et <strong>Michael Mofidian</strong> (Alidoro). La reprise de <em>La traviata</em> de<strong> Tom Cairn</strong> (2012) sera dirigée par <strong>Riccardo Frizza</strong> à la tête du London Philharmonic Orchestra<strong>. </strong>À partir du 27 juin, <strong>Louise Alder</strong> et<strong> Elisa Verzier</strong> alterneront en Violetta, <strong>Amitai Pati </strong>et <strong>Julien Dran</strong> en Alfredo, <strong>Ricardo José Rivera</strong> et <strong>Audun Iversen</strong> en Germont. Enfin, à partir du 18 juillet, <em>Jenůfa</em> fera l&rsquo;objet de la dernière nouvelle production, confiée à <strong>Yaël</strong> <strong>Farber</strong>. On retrouvera Robin Ticciati et l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment. <strong>Yaritza Véliz</strong> sera Jenůfa, <strong>Tanja Ariane Baumgartner</strong> sera Kostelnička aux côtés de <strong>Jamez McCorkle</strong> (Laca) et <strong>Oleksiy Palchykov</strong> (Števa).</p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.glyndebourne.com/festival/">Détails ici</a>.</p>
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		<title>VERDI, La traviata &#8211; Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Aug 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme l&#8217;a rappelé notre collègue Catherine Jordy dans un premier article sur cette Traviata véronaise signée Paul Curran, le festival des Arènes de Vérone s&#8217;étend cette année sur une période d&#8217;une longueur inédite et la nouvelle production du chef-d&#8217;œuvre de Verdi voit défiler plusieurs distributions — quatre Violetta, sept Alfredo et cinq Germont, de la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme l&rsquo;a rappelé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone-2/">notre collègue Catherine Jordy dans un premier article</a> sur cette <em>Traviata</em> véronaise signée <strong>Paul Curran</strong>, le festival des Arènes de Vérone s&rsquo;étend cette année sur une période d&rsquo;une longueur inédite et la nouvelle production du chef-d&rsquo;œuvre de Verdi voit défiler plusieurs distributions — quatre Violetta, sept Alfredo et cinq Germont, de la double ouverture des 12 et 13 juin jusqu&rsquo;à la clôture du 12 septembre. La soirée du 6 août, neuvième représentation de la série, voyait Rosa Feola faire ses premiers pas dans la production, aux côtés de Galeano Salas.</p>
<p>Inutile de décrire dans le détail un spectacle dont on a déjà évoqué ici le foisonnement. On rappellera seulement que le premier tableau, un des plus réussis, reconstitue le jardin du Moulin Rouge, sa scène en plein air et son éléphant rescapé de l&rsquo;Exposition universelle de 1889, tandis que le rideau d&rsquo;ouverture aligne des affiches à la Lautrec et que les costumes lorgnent par endroits vers les années 1920.</p>
<p>Le défi d&rsquo;occuper ce plateau immense est pleinement tenu dans les deux scènes de fête, l&rsquo;acte I et le second tableau de l&rsquo;acte II. Le résultat est parfois d&rsquo;un goût discutable, tant dans le disparate des costumes que dans des effets un peu faciles : une explosion de confettis à la fin du chœur des matadors soulève l&rsquo;enthousiasme du public au point de déclencher l&rsquo;une des salves d&rsquo;applaudissements les plus nourries de la soirée. Les petits immeubles parisiens en fond de scène rappellent la scénographie de Pierre-André Weitz pour <em>Les Parisiens</em> d&rsquo;Olivier Py, sans l&rsquo;unité qui en faisait la réussite. Reste que toute cette surcharge esthétique sert d&rsquo;une certaine manière l&rsquo;ouvrage : les tableaux de fête sont si denses que les personnages n&rsquo;en paraissent que plus seuls dès qu&rsquo;ils s&rsquo;en retirent et l&rsquo;alternance voulue par Verdi entre l&rsquo;intime et le public s&rsquo;en trouve d&rsquo;autant plus flagrante.</p>
<p>L&rsquo;éléphant, comme le moulin, est impressionnant sur scène mais assez inerte : Violetta y monte pour les premières mesures d&rsquo;« È strano… », en redescend, puis il disparaît ensuite complètement. Cette débauche de moyens fait sans doute partie du cahier des charges à Vérone et les danseurs du Ballo della Fondazione Arena di Verona, que <strong>Kyle Lang</strong> fait travailler dans le style chorégraphique du Moulin Rouge, en ont à revendre. Mais la transposition n&rsquo;éclaire pas vraiment l&rsquo;ouvrage : on ne sait jamais qui est Violetta dans ce milieu, meneuse de revue, patronne de l&rsquo;établissement ou simple courtisane entretenue qui circule dans ces lieux ?</p>
<p>Curran, du moins, prend souvent le livret au mot et cette littéralité fait du bien. Pendant que Germont père déroule ses remontrances, Alfredo reste absorbé par les papiers de Violetta, sourd à ce qu&rsquo;on lui dit ; quand Violetta demande à Annina d&rsquo;ouvrir la fenêtre, elle l&rsquo;ouvre vraiment ; quand passe le cortège du bœuf gras, on le voit réellement passer dans le haut des gradins, les danseurs traversant les marches éclairées en bleu et constellées de petites lumières — le monument fait partie du décor et le cortège virevolte au-dessus d&rsquo;une Violetta que la maladie a clouée en contrebas. Ce sont ces gestes précis, plus qu&rsquo;aucun parti pris d&rsquo;ensemble, qui font ici l&rsquo;efficacité de la mise en scène, avec une direction d&rsquo;acteur au cordeau et des relations fouillées entre les personnages.</p>
<p>C&rsquo;est du côté musical que la soirée emporte l&rsquo;adhésion. <strong>Michele Spotti</strong> dirige l&rsquo;<strong>Orchestra della Fondazione Arena di Verona</strong> en choisissant des tempos allants et il reste constamment attentif aux chanteurs. Sa lecture trouve ses meilleurs moments lorsque la direction fait naître une tension directement de la scène. Le brindisi en est l&rsquo;exemple le plus frappant : chœur, figurants et danseurs exécutent au plateau une même chorégraphie, tandis que l&rsquo;énergie débridée de l&rsquo;orchestre transforme ce morceau que l&rsquo;on entend d&rsquo;ordinaire comme un pétillement léger en quelque chose de presque violent, voire grinçant. À l&rsquo;acte I, la banda installée au fond de la scène produit ce même effet saisissant : les cuivres pétaradent, éclatants, presque sauvages dans leur manière d&rsquo;entraîner les voix des protagonistes. Spotti fait ressortir les contrastes par touches rapides, avec notamment des cordes d&rsquo;une grande vivacité. L&rsquo;orchestre paraît cependant peu audible dans l&rsquo;espace immense des Arènes et on reste assez frustré de ne pouvoir entendre qu&rsquo;une palette assez chiche en couleurs.</p>
<p>Dans le rôle-titre, <strong>Rosa Feola</strong> est remarquable. Bien qu&rsquo;elle ne chante Violetta que depuis quelques années – ses débuts  remontent à 2020, à l&rsquo;Opera Giocosa de Savone, dans une mise en scène de Renata Scotto, sur la scène même où la cantatrice avait fait ses propres débuts – elle semble l&rsquo;avoir fait pleinement sien. La voix, pulpeuse, est d&rsquo;une beauté plastique indéniable et lui permet d&rsquo;assumer les différentes facettes de Violetta sans en sacrifier aucune. Les vocalises finales de « Sempre libera » manquent un peu de précision, mais l&rsquo;éclat demeure assurément. Tout l&rsquo;acte II la voit évoluer avec une grande sensibilité, à fleur de peau, mettant en valeur le pathétique de son destin sans la réduire à la victime sacrifiée par les conventions du livret : son duo avec Germont père montre notamment une grande finesse d&rsquo;écoute et de caractérisation. Elle livre enfin une interprétation déchirante d&rsquo;« Addio del passato », douloureusement incarnée ; elle pourrait faire pleurer les pierres quand elle découvre que ce n&rsquo;est pas le retour d&rsquo;Alfredo qui va miraculeusement la guérir. Certainement l&rsquo;une des plus grandes interprètes actuelles du rôle.</p>
<p><strong>Luca Salsi</strong> lui oppose en Germont une voix puissante, d&rsquo;une noirceur de charbon, quoique parcourue désormais d&rsquo;un vibrato assez large. Germont père trouve sous son autorité une véritable tendresse, et le chanteur conduit avec souplesse la caractérisation du personnage. Dans le duo avec Violetta, il paraît d&rsquo;abord presque méchant ; puis quelque chose se trouble chez lui. Cette inflexion suffit à rendre plus complexe une figure qui pourrait facilement rester monolithique.</p>
<p><strong>Galeano Salas</strong> possède une voix lyrique puissante et déliée, d&rsquo;une fraîcheur solaire qu&rsquo;on n&rsquo;entend plus beaucoup dans ce rôle aujourd&rsquo;hui. Il semble toutefois parfois forcer un peu ses moyens et la coloration manque de variété. La cabalette du deuxième acte est assurée crânement, avec un contre-ut final qui déclenche une réaction vive du public. Le succès est donc là, mais il lui manque un peu d&rsquo;engagement dramatique pour rendre les affects aussi immédiatement crédibles que chez ses partenaires. C&rsquo;est un artiste qu&rsquo;on aimerait cependant entendre beaucoup plus souvent en France.</p>
<p>Tous les comprimarii n&rsquo;appellent que des louanges : tous sont parfaitement engagés, tout comme les choristes du <strong>Coro della Fondazione Arena di Verona</strong>, préparés par <strong>Roberto Gabbiani</strong>, qui, malgré quelques décalages bien vite rattrapés, participent à la réussite musicale de la soirée.</p>
<p>Curran déclarait dans sa note d&rsquo;intention vouloir que ce spectacle soit, pour beaucoup de spectateurs découvrant l&rsquo;opéra ce soir-là, le premier d&rsquo;une longue série. Le pari est semble-t-il tenu, et il l&rsquo;est aussi pour ceux qui connaissent <em>La traviata</em> par cœur : la finesse de la direction d&rsquo;acteurs, le frémissement de la Violetta de Rosa Feola et l&rsquo;enthousiasme qui monte de la fosse suffisent à faire redécouvrir un ouvrage qu&rsquo;on croyait connaître sur le bout des doigts.</p>
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		<title>VERDI, La Traviata &#8211; Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-bregenz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce soir, grand double évènement à Bregenz : La Traviata y est présentée sur la scène lacustre pour la première fois depuis la création du festival il y a 80 ans, et c’est également pour la première fois que le metteur en scène Damiano Michieletto, plutôt habitué à Rossini, met en scène cette œuvre. Alors on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce soir, grand double évènement à Bregenz : <em>La Traviata</em> y est présentée sur la scène lacustre pour la première fois depuis la création du festival il y a 80 ans, et c’est également pour la première fois que le metteur en scène <strong>Damiano Michieletto</strong>, plutôt habitué à Rossini, met en scène cette œuvre. Alors on se pose tout de suite la question : si pendant 80 ans les directions successives ne se sont pas frottées à cette œuvre de Verdi pourtant très populaire, c’est peut-être qu’il y avait une raison ? Et sans doute, quand la nouvelle directrice <strong>Lilli Paasikivi</strong>, qui a pris ses fonctions en octobre 2024, est arrivée et qu’elle a listé les œuvres déjà jouées et celles qui ne l’étaient pas, a-t-elle sauté à pieds joints dans ce qui se révèle être un piège évident.</p>
<p>En effet, Bregenz a ses règles, issues de sa topographie et de son histoire. D’abord cette scène située sur une espèce d’ilot, au bord du lac de Constance, qui a imposé petit à petit des jeux d’eau sophistiqués. Ensuite le caractère spectaculaire des décors et des productions qui n’a cessé de croître avec le temps. On se souvient de la raffinerie de pétrole du <em>Trouvère</em>, de la statue de la liberté d’<em>Aïda</em>, du village fantôme du <em>Freischütz</em>… Et l’œuvre lyrique, sonorisée (plutôt bien), en arrive à être au second plan du spectaculaire. Mais dans tous les cas de figure, il faut définir un concept, et ensuite s’y tenir tout au long des deux heures sans entracte imposées, ni plus ni moins.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0-latraviata_khp-anjakoehler_260037-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-217874"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Festival de Bregenz / Anja Koehler</sup></figcaption></figure>


<p>Celui de ce soir, mis en forme par le scénographe <strong>Paolo Fantin</strong>, comporte une scène de 580 mètres carrés à la base d’un immense miroir de 700 mètres carrés relevé verticalement à 28 mètres de haut, et brisé en 86 éclats dont plus de la moitié sont montés sur vérins et donc mobiles. Les morceaux de verre, confondants de réalisme, sont faits de panneaux de bois recouverts d’un tissu imprimé. Cet ensemble architectural monumental est censé évoquer beaucoup de choses, peut-être trop pour être bien compris. Outre le symbolisme du miroir (richesse et prestige pour la Galerie des glaces de Louis XIV, 7 ans de malheur pour un miroir brisé, voiles noirs pour Miss Havisham des <em>Grandes Espérances</em> de Dickens puis pour la Castiglione…), il évoque ici la psychologie complexe de l’héroïne, sa vulnérabilité et sa vie brisée, tant au niveau de ses amours que de sa santé. Mais le miroir qui, au XIXe siècle, reflétait pour le public la société du temps et l’exclusion de cette femme à la fois utilisée et rejetée, nous montre aujourd’hui nos tares et nos erreurs contemporaines à travers les excès des années 1920, comme dans <em>Gatsby le Magnifique</em> et sa version filmée, qui ont notamment inspiré le metteur en scène. Deux siècles donc mis en abyme…</p>
<p>Cette surface brisée, qui doit résister à tous les types de temps et à deux saisons d’exploitation, s’anime autant que de besoin, libérant notamment deux petits espaces scéniques en hauteur, le plus grand du côté cour, à environ 8 mètres de hauteur, mesure 60 mètres carrés ; le second, côté jardin à environ douze mètres de hauteur, mesure 15 mètres carrés. Les deux surfaces de jeu sont actionnées hydrauliquement par un vérin chacune. L’ensemble de la surface du miroir brisé sert aussi à projeter des images variées et des clips vidéo évoquant la vie de Violetta. Mais là encore, la bonne idée ne sert pas la production, car vu le nombre de distributions, au lieu de filmer des gros plans de la représentation en cours, ce sont des acteurs n’ayant rien à voir physiquement avec ceux présents sur scène qui personnalisent les principaux personnages, contribuant à semer encore plus la confusion chez les spectateurs.</p>
<p>La partie centrale du miroir finit par imploser (on aurait préféré une explosion !) au 3<sup>e</sup> acte en accouchant d’une énorme boule noire de 6 mètres de diamètre, peu compréhensible mais censée symboliser la maladie envahissante de Violetta et son destin inéluctable. Cette « implosion » met en œuvre douze grands groupes de fragments de miroir situés au centre du mur, composés au total de 24 segments mobiles individuels, qui s’ouvrent vers l’intérieur. L’ouverture complète de l’implosion nécessite donc une coordination parfaite de tous les éléments : tous les segments de miroirs doivent être déplacés selon un ordre et une vitesse définis avec précision, sans quoi les segments individuels risqueraient d’entrer en collision les uns avec les autres. Mais tout cela se fait sans bruit particulier, alors qu’une sonorisation spécifique aurait certainement rendu l’effet beaucoup plus saisissant.</p>
<p>L’utilisation de la scène lacustre est relativement conforme aux habitudes du lieu, sinon qu’au-devant de la scène, le lac – dont le niveau a baissé de plus d’un mètre cinquante – ne peut plus être utilisé comme autrefois, et est remplacé par une piscine à débordement de 1400 mètres carrés et de 30 cm de profondeur où se déroule l’essentiel de l’action, empêchant les exhibitions de natation synchronisée à la Esther Willams. Surtout, l’utilisation de cet espace liquide participe de l’essentiel du malaise ressenti.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/8-20260717_bregenzer_festspiele_la_traviata_082-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-217869"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Festival de Bregenz / Anja Koehler</sup><br></figcaption></figure>


<p>D’abord, si les scènes spectaculaires (acte I dans une station nautique, acte III au music-hall) conservent un certain attrait, on y perd totalement les personnages principaux, surtout au début. La difficulté du plein air et des vastes espaces est en général bien gérée, notamment à Vérone et à Macerata, mais Bregenz, comme par exemple pour <em>Madama Butterfly</em>, hésite toujours à utiliser la simplicité pour mettre les protagonistes dans des situations rapprochées et intimes. Ces rencontres se déroulent le plus souvent à distance, et qui plus est essentiellement dans l’espace aquatique, obligeant les chanteurs à patauger dans l’eau, et quand ils en sortent à voir dégouliner leurs pantalons et leurs bas de robes, sans qu’aucune raison vienne justifier ces situations aussi répétitives que grotesques.</p>
<p>Les quelque 7000 spectateurs, qui semblent écrasés par un certain ennui, n’ont pas exprimé de joyeux débordements : quelques timides applaudissements en cours de représentation, guère plus nourris à la fin, hormis pour <strong>Mrjukka Tepponen</strong>, de la part d’un public partagé, d’un côté le grand public venu voir du grand spectacle et un peu déçu du résultat, et de l’autre les connaisseurs tout aussi déconcertés. La soprano finlandaise, qui avait déjà chanté à Bregenz (Liu en 2015), mais que nous découvrons ce soir, possède une voix riche d’harmoniques et d’un médium chaleureux, avec juste ce qu’il faut de vibrato pour exprimer les moments les plus déchirants, et une technique vocale de haute qualité lui permettant de faire notamment une magnifique note diminuée, augmentée puis à nouveau diminuée lors de sa mort à la fin de son air final. Mais elle a nombre d’autres qualités, notamment la puissance, la perfection des notes aigues piquées ou liées, et qui plus est une parfaite adéquation avec la sonorisation, qui sert tout à fait son type de voix.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5-20260711_bregenzer_festspiele_la_traviata_123-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-217866"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Festival de Bregenz / Anja Koehler</sup></figcaption></figure>


<p>Il n’en est pas de même pour <strong>Julien Behr</strong> (Alfredo), dont la voix est souvent sous-sonorisée et même un peu déformée, ce qui fait que dans certains duos on ne l’entend quasiment plus. Mais nous sommes un soir de première, et très certainement tous les réglages de la sonorisation (au demeurant de très bon niveau) ne sont pas encore arrivés à leur point d’excellence. Enfin, <strong>Vladimir Stoyanov</strong> (Giorgio Germont), qui avait chanté le rôle-titre de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-bregenz-ris-donc-paillasse/"><em>Rigoletto</em> à Bregenz en 2019</a>, n’apporte rien de nouveau dans une interprétation sans surprise et bien dans la tradition, baryton « pas trop père noble ». À noter qu’il ne peut se séparer d’une valise bien encombrante qu’il traîne avec lui dans tous les situations, qu’elles soient aquatiques ou terrestres. À noter aussi les jolies voix et les qualité de présence de <strong>Melissa Zgouridi</strong> (Annina) et de <strong>Stanislav Vorobyov</strong> (le docteur Grenvil).</p>
<p>Trois distributions assurent la sécurité d’une alternance : Stacey Alleaume et Julia Muzychenko seront les deux autres Violetta, Long Long et Jose Simerilla Romero les deux autres Alfredo et Audun Iversen et Kostas Smoriginas interpréteront Giorgio. La direction musicale, assurée ce soir par <strong>Kirill Karabits</strong>, sera partagée avec Pietro Rizzo. La rigueur métronomique imposée à un orchestre qui joue dans un espace clos totalement séparé de l’espace scénique, s’accompagne d’un volume sonore non exempt par moments d’une certaine tonitruance, mais là aussi quelques réglages doivent être à attendre. Les chœurs sont, à leur habitude, tout à fait excellents.</p>
<p>La présente production est jouée à bureau fermé jusqu’à fin août (28 représentations), toutes les places (190 000 billets) ayant été vendues dès Pâques, ce qui est une situation tout à fait inédite pour un festival international. Mais il s’agit de billets achetés chat en poche, et il ne faudrait pas qu’une certaine déception ne détourne le public de ce lieu attachant pour les années à venir (<em>La Traviata</em> sera à nouveau donnée l’an prochain dans la même production, ouverture de la location en septembre). Heureusement que l’on sait que de nombreuses reprises de détails auront lieu, toutes susceptibles d’améliorer le résultat final.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-bregenz/">VERDI, La Traviata &#8211; Bregenz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, La Traviata – Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fortes et fières de leur visibilité mondiale au cours de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver cette année, les Arènes de Vérone affichent, pour leur 103e édition, une nouvelle amplitude temporelle. De fait, jamais le festival ne s’était étendu aussi longtemps que cette année, en l’occurrence du 5 juin au 12 septembre. On &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fortes et fières de leur visibilité mondiale au cours de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver cette année, les Arènes de Vérone affichent, pour leur 103<sup>e</sup> édition, une nouvelle amplitude temporelle. De fait, jamais le festival ne s’était étendu aussi longtemps que cette année, en l’occurrence du 5 juin au 12 septembre. On fête, par ailleurs, le 150<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Giovanni Zenatello, le ténor véronais à l’origine du festival, en 1913. Celui qui avait, entre autres, créé des rôles pour Puccini, était présenté comme grand rival de Caruso dont il était néanmoins l’ami et qui avait fait chanter Maria Callas dans les Arènes est fêté par des conférences, des publications et une exposition.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaTraviata_160726_EnneviFoto_06783-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217499"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 103° Opera Festival 2026</sup></figcaption></figure>


<p>La seule nouvelle production cette année est précisément notre <em>Traviata</em>, en collaboration avec le Moulin-Rouge, pour 13 représentations au total, avec une distribution pléthorique dont 4 Violetta, 7 Alfredo et 5 Giorgio Germont (dont Ludovic Tézier, fin août, que nous manquons une fois de plus à grands regrets !). La mise en scène est assurée par le metteur en scène écossais <strong>Paul Curran</strong>, nouveau venu dans les Arènes, mais qui, avant de signer nombre de mises en scène d’opéra, avait été un temps l’assistant de Baz Luhrmann. Pas étonnant que sa <em>Traviata</em> soit si proche de la comédie musicale <em>Moulin Rouge</em>, tant pour les décors que pour les costumes. La reconstitution est passionnante, si tant est qu’on accepte les approximations (très volontaires, semble-t-il, humoristiques et impertinentes), comme cette fausse affiche à la Lautrec où l’on peut lire : « I l’esperit de Montmartre », dans un français italianisant. L’action se déroule donc à Montmartre, vers 1910, mais les citations vont de Lautrec à Jacques Demy et il y a pléthore à découvrir, les figurants étant, comme toujours à Vérone, particulièrement nombreux. De Jane Avril à Loïe Fuller et ses voiles mouvants comme des ailes de papillon à Mistinguett, ou aux danseuses des Ziegfeld Follies, en passant par les Apaches sortis de la foire du Trône aux bourgeois venus s’encanailler, la foule est dense et bigarrée au cours du premier acte et pour la scène de la fête chez Flora. Et bien sûr, on joue à plein sur le féminin-masculin du côté des danseurs. L’œil est émoustillé en permanence mais il est bien difficile de tout voir dans un tel foisonnement. On retiendra, pour les décors, la belle reconstitution du moulin rouge mais aussi la présence notable de l’éléphant (les fans du film <em>Moulin Rouge !</em> penseront immédiatement à Nicole Kidman et Ewan McGregor). Cet éléphant, rescapé de l’Exposition universelle de 1889, était effectivement dans les jardins du Moulin-Rouge, comme le montrent les photos anciennes. Les hommes pouvaient y entrer pour y fumer de l’opium et voir des danseuses du ventre. Tout un programme.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaTraviata_160726_EnneviFoto_07062-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217503"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 103° Opera Festival 2026</sup></figcaption></figure>


<p>L’ambiance du second acte est plus intimiste, quoique le jardin ressemble à une immense serre, dans l’esprit du Crystal Palace de Londres, toujours dans l’idée d’une exposition, en l’occurrence des personnages et de leur psychologie. Décors et lumières sont magnifiques, au demeurant. Et pour le dernier acte, les lumières subliment une demeure quasi abandonnée aux grandes baies vitrées poussiéreuses.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaTraviata_160726_EnneviFoto_07132-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217504"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 103° Opera Festival 2026</sup></figcaption></figure>


<p>Curieusement, si cette production superbe et jouissive se révèle tout à fait enthousiasmante, véritable réussite visuelle, l’émotion peine toutefois à s’instiller. C’est d’autant plus dommage qu’on ne sait pas trop à quoi cela est dû. Car les chanteurs sont excellents : <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong> incarne une merveilleuse Violetta, dans une prise de rôle très attendue, pour celle qui triomphait tout récemment en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-paris-garnier/">Cenerentola</a>. À l’aise sur toute la tessiture, la soprano/mezzo affiche une formidable santé vocale, tout en nuances, en délicatesse et en douleurs contenues. Son personnage ne tousse guère mais ses hoquets se font sentir jusque dans les vocalises, pourtant tout en legato, dans une technique surprenante, insolite et au demeurant très efficace. <strong>René Barbera</strong> est doté d’un très beau timbre. On ne saurait rien reprocher à son Alfredo, sauf peut-être une passion un peu trop tiède à l’égard de Violetta. L’opprobre qu’il est sur le point de jeter sur elle manque de violence, et pour cause : c’est lui qui est bastonné par les autres invités, alors que Violetta se tient bien droite, stoïque.</p>
<p><strong>Youngjun Park</strong> est très impressionnant en Giorgio Germont, à qui il parvient à conférer une très grande noblesse de caractère et nous faire oublier toute la noirceur du personnage. On se délecte de la beauté du timbre et la délicatesse du legato. Les seconds rôles sont impeccables et l’on retiendra surtout la Flora de <strong>Clarissa Leonardi</strong>, présentée ici comme une maîtresse femme que son timbre rond et l’autorité de sa projection confirment comme telle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaTraviata_160726_EnneviFoto_07623-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217508"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 103° Opera Festival 2026</sup></figcaption></figure>


<p>La vraie belle surprise de la soirée consiste en une interprétation incroyablement subtile de l’œuvre de Verdi venue de la fosse. <strong>Michele Spotti</strong> dirige avec précision un orchestre qui réagit à la moindre de ses injonctions en merveilleuse symbiose. En délicates nappes sonores cousues sur mesure pour l’ensemble des interprètes, l’orchestre apparaît tout en transparence, un peu à la manière de la caméra d’un Jean Renoir, qu’on oubliait totalement tant elle permettait au spectateur de se sentir partie intégrante de l’action. Toute l’empathie et la délicatesse du compositeur sont ici restituées. Mêlée aux petites femmes de Paris, notre Dame aux Camélias n’en demeure pas moins une véritable Violetta, à savoir une <em>Traviata</em> de haute tenue, pour un spectacle à qui il ne manque qu’un tout petit rien pour être en tous points inoubliable en une belle soirée d’été véronaise. Au vu du nombre d’interprètes proposé, la magie va certainement opérer.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone-2/">VERDI, La Traviata – Vérone</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Les Bregenzer Festspiele ont 80 ans</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/__trashed-8/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2026 08:08:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de Bregenz fête cette année ses 80 ans en fanfare avec une nouvelle production de La traviata ; et étonnamment  c’est la première fois que cette œuvre  est jouée au bord du lac de Constance. Il y aura trois distributions en alternance : Stacey Alleaume, Julia Muzychenko, Marjukka Tepponen seront les trois Violetta, Julien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival de Bregenz fête cette année ses 80 ans en fanfare avec une nouvelle production de <em>La traviata</em> ; et étonnamment  c’est la première fois que cette œuvre  est jouée au bord du lac de Constance.<br />
Il y aura trois distributions en alternance : <strong>Stacey Alleaume</strong>, <strong>Julia Muzychenko</strong>, <strong>Marjukka Tepponen</strong> seront les trois Violetta, <strong>Julien Behr</strong><strong>, Long Long, </strong><strong>Jose Simerilla Romero </strong>les trois Alfredo et <strong>Audun Iversen, </strong><strong>Kostas Smoriginas </strong>et<strong> </strong><strong>Vladimir Stoyanov </strong>interpréteront Giorgio. La direction musicale sera asssurée par <strong>Kirill Karabits</strong> et<strong> </strong><strong>Pietro Rizzo.</strong><br />
Une production qui a battu des records avant même la première, le 22 juillet : à Pâques, tout était déjà complet. Près de 190 000 billets ont été vendus ; 26 représentations étaient prévues, il y en a désormais 28 au programme (les tribunes comptent près de 7 000 places).<br />
Jamais une production sur la scène flottante n’avait suscité un tel engouement. Depuis le 16 juin, les répétitions se déroulent au milieu d’un décor dont on dit qu’il a coûté dix millions d’euros.<br />
Cette année c’est <strong>Daniele Michieletto</strong> qui est aux commandes. Le metteur en scène vénitien de 50 ans a l’habitude des mises en scène à grande échelle. À Rome, il est responsable du festival estival aux thermes de Caracalla ; c’est lui qui a conçu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Milan ; il a également été engagé une fois par l’Arena di Verona pour un spectacle commercial. Et le plus étrange dans tout cela : <em>La traviata</em> fait partie de ces opéras que Michieletto n’avait encore jamais mis en scène. Il nous promet une production « sage » : « choquer le public, ce n’est pas mon truc ».<br />
Forum Opéra sera présent pour la première le 22 juillet.</p>
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		<title>Jessica Pratt renonce à La traviata aux Chorégies d&#8217;Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jessica-pratt-renonce-a-la-traviata-aux-choregies-dorange/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 14:09:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La direction des Chorégies d’Orange annonce que Jessica Pratt, souffrante, est contrainte d&#8217;annuler sa participation à la représentation de La Traviata prévue ce samedi 4 juillet. Elle sera remplacée par la soprano italienne Claudia Pavone, qui fera à cette occasion ses débuts aux Chorégies. La rencontre avec le chef Riccardo Muti avait marqué un tournant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La direction des Chorégies d’Orange annonce que <strong>Jessica Pratt</strong>, souffrante, est contrainte d&rsquo;annuler sa participation à la représentation de <em>La Traviata</em> prévue ce samedi 4 juillet. Elle sera remplacée par la soprano italienne <strong>Claudia Pavone</strong>, qui fera à cette occasion ses débuts aux Chorégies.<br />
La rencontre avec le chef <strong>Riccardo Muti</strong> avait marqué un tournant décisif dans la carrière de Claudia Pavone, puisqu&rsquo;il lui a permis d’incarner Violetta Valéry. Elle l’a depuis interprétée au Teatro La Fenice de Venise, au Teatro dell&rsquo;Opera de Rome, au Teatro di San Carlo de Naples et au Maggio Musicale Fiorentino.<br />
Nous lui souhaitons un plein succès et présentons à Jessica Pratt nos vœux d’un prompt et complet rétablissement.</p>
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		<title>Lulu, Lucrèce, Carmen, Médée… mémoire de femmes &#8211; Paris (Amphi Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lulu-lucrece-carmen-medee-memoire-de-femmes-paris-amphi-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sait en général que l&#8217;Opéra national de Paris abrite une Académie, mais les chanteurs et les chanteuses ne sont que la part émergée de l&#8217;iceberg. L&#8217;institution forme également des instrumentistes, des pianistes chefs de chant, des costumières, des maquilleuses, et accueille chaque saison un ou une jeune metteur·euse en scène. C&#8217;est de cette part &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On sait en général que l&rsquo;Opéra national de Paris abrite une Académie, mais les chanteurs et les chanteuses ne sont que la part émergée de l&rsquo;iceberg. L&rsquo;institution forme également des instrumentistes, des pianistes chefs de chant, des costumières, des maquilleuses, et accueille chaque saison un ou une jeune metteur·euse en scène. C&rsquo;est de cette part moins connue de l&rsquo;Académie que procède le workshop de mise en scène, forme scénique présentée chaque mois de juin, qui réunit l&rsquo;ensemble des artistes en formation autour d&rsquo;un projet commun.</p>
<p><em>Lulu, Lucrèce, Carmen, Médée… Mémoire de femmes</em> est le workshop imaginé cette saison par <strong>Yvonne Sembene</strong>, metteuse en scène en résidence à l&rsquo;Académie. L&rsquo;exercice ne consiste pas à enchaîner quelques grands airs selon un principe thématique – ici les scènes de fureur féminine – mais à construire un véritable spectacle capable de faire dialoguer les disciplines, de mettre en lumière les jeunes artistes et d&rsquo;affirmer une vision dramaturgique personnelle : autant de contraintes qui rendent l&rsquo;exercice particulièrement exigeant.</p>
<p>Or Sembene déplace d&#8217;emblée la question. Le geste artistique et critique tient en quelques idées fortes, développées dans sa note d&rsquo;intention : « Je n&rsquo;ai jamais été convaincue par les conventions de représentation de la colère féminine à l&rsquo;opéra ». Elle dénonce un genre qui regarde les femmes furieuses « avec fascination, comme une anomalie, séduisante, plutôt qu&rsquo;avec empathie », des figures « dévorées par leurs propres désirs ou transformées en fantasmes ». Le véritable objet de son travail n&rsquo;est donc pas la fureur, mais la manière dont l&rsquo;opéra la donne à voir, et la question qu&rsquo;elle soulève est moins morale que généalogique : « Qui nous a appris à porter un tel regard sur la colère ? » Sans verser pour autant dans l&rsquo;inversion héroïque (« je ne cherche pas à réhabiliter naïvement la vengeance »), elle vise cet entre-deux où « la frontière entre justice, fantasme et spectacle » se brouille, et accomplit le geste qui fait tout le prix de la soirée : « Sortir la colère féminine de l&rsquo;isolement narratif » pour en faire un affect « collectif, vivant, contagieux », qui circule de corps en corps. Ce parti pris épouse idéalement le principe même du workshop, fondé sur le travail d&rsquo;ensemble plutôt que sur la mise en avant d&rsquo;un seul interprète.</p>
<p>Tout commence sur un plateau planté de quelques roses rouges. Tandis que l&rsquo;orchestre joue l&rsquo;ouverture de <em>La traviata</em>, une jeune femme entre et effeuille lentement les pétales d&rsquo;une fleur, comme on interroge un présage : elle croit encore à l&rsquo;amour, mais est déçue par ce que le geste lui révèle. Près d&rsquo;elle, deux marchandes de fleurs disposent d&rsquo;autres roses et échangent regards et caresses tendres en chantant la Barcarolle des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, tandis que des couples tirés à quatre épingles surgissent sur le plateau. Tout est déjà clairement énoncé dès ces deux premiers numéros : le symbole réversible de la fleur (présent romantique et poison fatal), le cérémonial galant, la hiérarchie muette entre classes sociales et genres. Soudain, la violence éclate : un homme brutalise une femme et l&rsquo;entraîne derrière le rideau de fond de scène. Elle reparaît seule, à pas suspendus, en s&rsquo;avançant vers le public sur « Va ! laisse couler mes larmes » de <em>Werther</em>, fait le geste de lever un couteau pour se venger, puis renonce. Le couteau levé puis abaissé convoque une mémoire du répertoire : Sembene inscrit d&#8217;emblée chaque héroïne dans une généalogie de figures – ici Armide suspendant son poignard au-dessus de Renaud endormi – plutôt que dans une psychologie individuelle.</p>
<p>Les hommes occupent ensuite l&rsquo;espace avec l&rsquo;aisance de prédateurs tranquilles. L&rsquo;un séduit une marchande de fleurs (« Io son ricco », <em>L&rsquo;Elisir d&rsquo;amore</em>), un autre entraîne la première femme dans une partie de colin-maillard où, les yeux bandés, elle se retrouve livrée à trois mains, caressée par trois hommes à la fois. Son cri déchire le silence (le « Nein! Mörder! Polizei » de <em>Lulu</em>) ; en s&rsquo;échappant vers le fond, elle est consolée par trois mains féminines qui fendent le velours du rideau – le même geste tactile, retourné comme un gant, l&rsquo;effraction devenue étreinte, tandis qu&rsquo;elle chante le « Ah crudel » de <em>Rinaldo</em>. Le rideau se lève alors sur le chœur de <em>The Rape of Lucretia</em>, « Time treads upon the hands of women », et ce moment marque un premier basculement : le spectacle cesse d&rsquo;aligner des situations de violence pour révéler qu&rsquo;elles procèdent d&rsquo;un même système de représentation. Une figure s&rsquo;en détache, magnétique, chargée de bracelets, la seule à porter un costume qui ne soit pas mondain, incarnant à la fois la sororité et la vengeance. Les héroïnes ne sont effectivement plus des personnages isolés, mais les manifestations diverses d&rsquo;une même histoire pluri-séculaire.</p>
<p>Surgit ensuite la Comtesse des <em>Noces de Figaro</em>, allongée au sol côté jardin, qui écrit dans un carnet pendant « Porgi Amor », tandis que, depuis la salle, l&rsquo;Armide de « Furie terribili » embrasse sa rage : deux postures d&rsquo;une même blessure, la plainte et l&rsquo;incandescence. Le plateau se vide alors pour laisser un homme affligé seul sur le plateau. La scène du <em>Doppelgänger</em> de Schubert constitue sans doute le centre de gravité du spectacle : le pianiste-accompagnateur se lève pour laisser la place à sa collègue féminine dans la suite du spectacle et il se dresse sur la scène en double mélancolique, face à l&rsquo;homme, interrogeant sa conscience et la continuité de la violence masculine. Le double silencieux ne désigne pas un coupable particulier ; il matérialise une violence héritée, un imaginaire masculin qui précède les personnages – le spectacle quittant ainsi le terrain de la dénonciation pour celui de la méditation sur les représentations. Vient ensuite la Chanson Bohème de <em>Carmen</em>, « Les tringles des sistres tintaient » : un banquet préparé par des femmes, une boisson servie aux hommes, et les voilà qui s&rsquo;effondrent, empoisonnés, à la dernière mesure, vengeance accomplie par les femmes autrefois menacées. Les rescapés se lamentent : deux hommes confessent leur culpabilité, comme traqués par des dieux vengeurs (« Dieux qui me poursuivez », <em>Iphigénie en Tauride</em>).</p>
<p>Sur « Summertime », la femme aux bracelets grimpe sur la table et règne un instant au-dessus de ces cadavres masculins, pendant que les deux marchandes de fleurs dévorent le corps d&rsquo;un homme, vampires repues : l&rsquo;air le plus suave du programme recouvre la scène la plus crue, invitant à un apaisement empreint d&rsquo;ambiguïté. L&rsquo;« Addio Roma » de Monteverdi fait se dresser ensuite l&rsquo;une des marchandes, qui dit un désespoir débordant sa situation, tandis que l&rsquo;autre lit un extrait de l&rsquo;<em>Hamletmaschine</em> d&rsquo;Heiner Müller dans le carnet abandonné par la Comtesse : c&rsquo;est le monologue final d&rsquo;Ophélie se prenant pour la vengeresse Électre, « j&rsquo;étouffe entre mes cuisses le monde auquel j&rsquo;ai donné naissance ». La parole vengeresse se transmet d&rsquo;une figure à l&rsquo;autre, d&rsquo;un corps à l&rsquo;autre. La réconciliation s&rsquo;esquisse alors (épilogue de <em>Lucretia</em>) puis advient avec le « Contessa perdono » des <em>Noces</em> : un homme s&rsquo;en retourne au bras de la Comtesse avec qui il était entré. Le rideau de fond, levé à la française, dévoile enfin une phrase : « Another world is possible » (un autre monde est possible). L&rsquo;apaisement gagne le plateau, l&rsquo;homme du <em>Doppelgänger</em> retrouve son double ensanglanté ; mais l&rsquo;Armide vengeresse brandit un pistolet rose et le pose sur sa tempe : l&rsquo;utopie se saborde dans le moment même où elle s&rsquo;affiche. Reste la rose, que la femme du commencement retrouve et effeuille de nouveau, radieuse cette fois. Trois signes coexistent sans s&rsquo;accorder, sans qu&rsquo;aucun ne l&#8217;emporte : la confiance retrouvée en l&rsquo;amour, la promesse d&rsquo;un avenir meilleur, la vengeance des femmes.</p>
<p>Toute cette reconstitution linéaire du spectacle, établie a posteriori à partir du souvenir de la représentation, donne une idée de la densité du travail dramaturgique de la metteuse en scène. Les références se répondent avec une grande finesse, parfois jusqu&rsquo;à la virtuosité (le chœur de <em>Lucretia </em>surgissant juste après le motif des mains, dont le titre même lie les femmes et les mains). Cette richesse a toutefois son revers : le plateau accumule signes, personnages et citations au point que le fil devient parfois difficile à suivre, et la mise en scène convainc alors davantage par la force de certains tableaux que par la parfaite lisibilité de sa progression.</p>
<p>Reste à évoquer les voix, car ce workshop d&rsquo;académie est aussi l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre la plupart des artistes lyriques qui la composent. Quelques timbres se détachent : <strong>Daria Akulova</strong> déploie un soprano riche et onctueux dans un « Porgi amor » idéal de tendresse et de tristesse mêlées ; <strong>Sofia Anisimova</strong>, mezzo soyeux, séduit aussi bien en Giulietta des <em>Contes</em> qu&rsquo;en Ottavia. <strong>Ana Oniani</strong>, surtout, impose une présence charismatique d&rsquo;une rare intensité, et un mordant qu&rsquo;on aurait aimé entendre plus longuement : son unique solo, le « Furie terribili » de <em>Rinaldo</em>, n&rsquo;appartient sans doute pas au répertoire qui convoque le meilleur de ses qualités. <strong>Sima Ouahman</strong> offre elle aussi une très belle voix, puissante et saine, quand le timbre de <strong>Lorena Pires</strong>, par ailleurs une artiste d&rsquo;un charisme fou, se fait un rien métallique et que celui, proprement fascinant, d&rsquo;<strong>Amandine Portelli</strong> s&rsquo;accompagne d&rsquo;un vibrato large que l&rsquo;on souhaiterait parfois plus contenu. <strong>Neima Fischer</strong>, dont l&rsquo;aigu garde une pointe d&rsquo;acidité, tient également solidement sa partie. Du côté des hommes, tout de même un peu sacrifiés dramatiquement, on notera la voix de ténor franche aux reflets d&rsquo;acier de <strong>Bergsvein Toverud</strong>, qui fait montre d&rsquo;un moelleux plein de saveur ; l&rsquo;autorité vocale de <strong>Luis-Felipe Sousa</strong>, alliée à une délicatesse et une musicalité qui offre au Schubert toute ses ambiguïtés ; enfin, le timbre séduisant de <strong>Ihor Mostovoi</strong>, qui rappelle parfois celui de Keenlyside dans <em>Iphigénie</em>, avec un mordant idéal. La seule réserve générale que l&rsquo;on peut formuler est la relative retenue dans laquelle se trouvent pris tous les interprètes. Il y a quelque chose de toujours très « propre » chez eux et elles, un manque de singularité et de tranchant que seul le métier viendra dégourdir. Mais on a hâte de pouvoir les réentendre !</p>
<p>Du côté des instrumentistes, l&rsquo;enchantement est sans réserve. On peut dire d&#8217;emblée combien il est agréable d&rsquo;entendre dans un même spectacle autant de styles musicaux et de langues différentes. Cela conduit forcément à une certaine égalité stylistique, mais éclaire aussi les influences baroques de Britten ou la filiation mozartienne d&rsquo;Offenbach. Les arrangements, d&rsquo;une grande finesse, tirent un parti constant de l&rsquo;effectif réduit : le piano tantôt mis à nu, tantôt appelé à suppléer l&rsquo;absence des vents, sans qu&rsquo;on éprouve jamais le manque d&rsquo;un orchestre complet – ce que tant de réductions ne parviennent pas à faire oublier. Le solo de cor anglais du prélude de <em>Tristan</em> passe de l&rsquo;alto au violoncelle, donnant ainsi lieu à un dialogue d&rsquo;une rare beauté entre les deux instruments. Les deux pianistes accompagnateurs (<strong>Louis Dechambre</strong> et <strong>Anastatia Martin</strong>) se montrent également remarquables d&rsquo;adresse, et l&rsquo;on saluera particulièrement le premier, qui, sa partie achevée et la place cédée à sa camarade, prête ensuite son corps au double mélancolique du <em>Doppelgänger</em>. La direction de <strong>Moeka Ueno</strong>, attentive, ne se laisse prendre en défaut qu&rsquo;une fois, sur le rythme changeant des sistres de <em>Carmen</em>, bien vite rétabli.</p>
<p>On saura gré finalement à Sembene de ne jamais céder au schématisme ou au militantisme univoque. Les hommes ne sont pas réduits à des figures de bourreaux : la scène du <em>Doppelgänger</em> en fait aussi les victimes d&rsquo;une violence héritée, d&rsquo;un régime de représentations masculines qui les précède et les façonne. Le geste a sa part de risque – opposer ainsi deux expériences genrées de la violence suppose un partage un peu essentialisant – mais le spectacle complique constamment ce partage en donnant à voir, des deux côtés, toute une gamme d&rsquo;affects : la peur, la culpabilité, le remords, la plainte, la solidarité, la colère. Surtout, il se refuse à faire de la vengeance seule son horizon. La phrase projetée au fond du plateau (« Another world is possible ») pourrait presque être taxée de naïve, mais elle trouve son véritable accomplissement dans le pardon final des <em>Noces de Figaro</em> : il n&rsquo;y a que la musique de Mozart qui puisse ouvrir ainsi l&rsquo;espoir d&rsquo;une réconciliation avec autant de pureté et de sincérité. Loin de toute candeur, ce « Contessa perdono » d&rsquo;une douceur bouleversante parvient à nous faire croire, le temps d&rsquo;un suspens, que la résilience et l&rsquo;union pourraient advenir entre les genres. Que le pistolet rose vienne aussitôt fragiliser cette utopie n&rsquo;en annule pas la portée : il rappelle seulement que cet autre monde possible demeure à construire activement plutôt qu&rsquo;à célébrer théoriquement.</p>
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		<title>VERDI, La Traviata (distr. B) – Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-distr-b-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 06:12:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Seconde distribution pour la reprise de cette mise-en-scène de Simon Stone assez décriée, laquelle s’est déplacée de Garnier à Bastille. La modernité de la salle attenue la laideur frontale du décor et de ses projections, mais ne sauve hélas pas une mise-en-scène et son parti-pris d’actualisation hyperréaliste via la synecdoque (c’est-à-dire concentré sur un objet &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Seconde distribution pour la reprise de cette mise-en-scène de <strong>Simon Stone</strong> assez décriée, laquelle s’est déplacée de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-paris-garnier-violetta-sur-les-reseaux-sociaux/">Garnier</a> à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-paris-bastille-2/">Bastille</a>. La modernité de la salle attenue la laideur frontale du décor et de ses projections, mais ne sauve hélas pas une mise-en-scène et son parti-pris d’actualisation hyperréaliste via la synecdoque (c’est-à-dire concentré sur un objet contemporain faisant effet de réel et appelant par métonymie tout ce qui l’entoure habituellement: par exemple un tracteur censé représenté la campagne, le vélib et la statue de Jeanne d’Arc, les rues de Paris, etc.). Le procédé dégrade bien trop la poésie de l’œuvre: à quoi bon chanter son amour et sa détresse quand leur écho scénique sont des échanges de sms d’une platitude affligeante. Non mais de ouf c’est clair. A la campagne, le tracteur colle mal avec la crainte du père de voir son fils se compromettre avec une courtisane&#8230; quand celle-ci n’est plus qu’une agricultrice bobo portant bottes en caoutchouc. Même remarque pour la mélancolie du prélude qui s’accommode mal des photos de l’influenceuse sur les réseaux sociaux, en tout cas avant qu’elle ne reçoive le mail de son médecin lui annonçant son cancer. Les moments qui fonctionnent le mieux sont finalement ceux où le metteur-en-scène cherche le décalage, le rêve et non plus la crudité du réel : la fête chez Flora, cauchemar de bal libertin déguisé, sinistre et vulgaire, ou le début du dernier acte dans lequel Violetta revoit ses amis faisant la queue pour entrer en boite de nuit lorsqu’elle parle au Dr Grenvil.</p>
<p>Le plaisir de la soirée est donc avant tout musical. À commencer par l’orchestre de l’Opéra très soigneusement dirigé par <strong>Marta Gardolinska</strong>. On aurait peut-être aimé plus de drame et d’emportement mais un accompagnement si délicat et attentif est déjà une bénédiction dans une œuvre trop souvent dirigée en pilote automatique. Mêmes éloges pour le Chœur de l’Opéra, dont l’accoutrement n’entache le professionnalisme.</p>
<p>Sur le plateau, d’excellents chanteurs mais des acteurs un brin sages, en dehors des seconds rôles, lesquels ont tellement peu à chanter qu’ils existent avant tout scéniquement. Quand on a la prestance musicale, la ligne de chant et l’immarcescibilité technique de <strong>Ludovic Tézier</strong>, on se satisfait très bien d’un père un peu empoté scéniquement. Chez Alfredo, la probité technique et la beauté du timbre de <strong>René Barbera</strong> ne suffisent qu’imparfaitement à palier un manque de rayonnement certains sur scène : l’amoureux transit est bien timide et l’offense du jaloux trop contrôlée. <strong>Pretty Yende</strong> a gagné une grande partie de sa popularité auprès du public avec l&rsquo;héroïne éponyme : reconnaissons une attention belcantiste aux coloratures et trilles que beaucoup de ses collègues sacrifient aujourd’hui, une tessiture conséquente avec un medium moelleux et des aigus très stables quoique souvent forte. Mais si l’actrice est investie, l’opulence du son prime sur tout, or l’on préfère les Violetta dont la fragilité s’entends : un « Addio del passato » sur le fil au dernier aigu craqué fera toujours plus d’effet que quelques toussotements suivants une éclatante démonstration de santé vocale. Ajoutons aussi un certain manque d’à-propos, ou en tout cas des choix dramatiques qui pourront étonner : ainsi, pourquoi entonner « Ah fors&rsquo;è lui » toutes voiles dehors et enchainer sur un « Sempre libera » proche du mezzo voce, presque dubitatif ? Tandis que ses « Non sapete » ou « Morro ! » souffrent de trop de retenue.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>VERDI, La traviata – Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-paris-bastille-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des soirées d&#8217;opéra qui se révèlent progressivement, où une première impression de circonspection cède peu à peu la place à l&#8217;émotion, sans que le spectateur puisse toujours identifier l&#8217;instant précis où s&#8217;opère cette métamorphose. C&#8217;est le cas de la reprise de cette Traviata « réseaux sociaux », mise en scène par Simon Stone, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des soirées d&rsquo;opéra qui se révèlent progressivement, où une première impression de circonspection cède peu à peu la place à l&rsquo;émotion, sans que le spectateur puisse toujours identifier l&rsquo;instant précis où s&rsquo;opère cette métamorphose. C&rsquo;est le cas de la reprise de cette <i>Traviata </i>« réseaux sociaux », mise en scène par <b>Simon Stone</b>, créée au Palais Garnier en 2019 et déjà <a href="https://www.forumopera.com/spectacles/?_oeuvre=la-traviata&amp;_artiste=simon-stone" target="_blank" rel="noopener">chroniquée</a> dans nos colonnes.</p>
<p>Au premier acte, dans les vastes proportions de l’Opéra Bastille cette fois, le flot continu d’images, de vidéos et de couleurs, associé à cet imposant décor mobile qui constitue l’ossature du spectacle, ne manque pas de susciter la curiosité. L’ingéniosité du dispositif frappe d’emblée le regard. Mais comment se laisser pleinement gagner par la poignante mélancolie du prélude lorsque messages et notifications surgissent de toutes parts, provoquant en retour commentaires amusés et rires dans la salle ? Il faut néanmoins reconnaître à Simon Stone un remarquable sens de l’efficacité théâtrale. La scénographie, d’une redoutable maîtrise, possède une cohérence et une force d’attraction indéniables. On pourra certes regretter quelques détails inutilement provocateurs – tel ce marquis d’Obigny vêtu de cuir, affublé d’un gode fixé dans le dos – mais ces excès demeurent marginaux au regard d’un ensemble dont la puissance visuelle finit, malgré les réserves initiales, par emporter l’adhésion.</p>
<p>Avec ses 1,6 million de followers sur Instagram, <b>Aida Garifullina</b> apparaît comme l’interprète idéale pour incarner une héroïne façonnée par l’image et l’exposition permanente. Pourtant, la chanteuse déçoit d’abord, notamment dans un « Sempre libera » aux aigus parfois forcés et aux vocalises encore inégales. Mais la voix, solidement projetée, gagne en assise au fil de la soirée. C’est surtout au troisième acte que l’interprétation s’impose réellement : Garifullina y offre une Violetta plus intériorisée, capable de superbes <i>pianissimi </i>et d’une grande finesse de phrasé.</p>
<p>Un peu réservé scéniquement, <b>Xabier Anduaga</b> s’impose en revanche comme un Alfredo vocalement éclatant. Sa familiarité avec le bel canto se confirme dès une fin d’aria du deuxième acte menée avec panache, tandis que les aigus, francs et projetés sans effort apparent, témoignent d’une technique solide. Dans « Parigi, o cara », le ténor adopte un phrasé souple, habilement modelé et tout en demi-teinte ; la ligne se fond avec élégance dans celle de Violetta, dans un duo d’une belle homogénéité vocale.</p>
<p><b>Roman Burdenko</b> propose une incarnation solide de Germont, portée par un joli legato. Le baryton soigne le phrasé et la continuité du discours, ce qui donne au personnage une vraie cohérence vocale et une autorité bien tenue. On peut toutefois le trouver légèrement « jeune » pour incarner un père déjà marqué par les années. De ce fait, le contraste dramatique avec le duo Violetta/Alfredo apparaît moins accusé qu’espéré.</p>
<p>Ce trio de chanteurs est complété par des seconds rôles bien tenus et un chœur précis et lisible. Dans la fosse aussi, la soirée démarre sans véritable élan : le <em data-start="185" data-end="195">Brindisi</em>, un peu pesant et mécanique, peine d’abord à trouver son élan. Pour ses débuts à l’Opéra de Paris, <strong>Marta Gardolińska</strong> impose néanmoins une direction d’une grande clarté, et trouve son accomplissement à la fin du deuxième acte, où sa remarquable maîtrise des ensembles leur confère une belle lisibilité. Un certaine retenue tend en revanche à contenir la fièvre dramatique notamment dans la longue scène entre Violetta et Germont.</p>
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		<title>VERDI, La Traviata &#8211; Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-nice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La genèse de La Traviata est bien connue : en 1852 Verdi assiste à une représentation de La Dame aux camélias, dont le personnage central est inspiré de la vie d’une contemporaine récemment décédée, que la bonne société méprisait parce qu’elle vivait de ses charmes. Il est ému parce que la condamnation morale qui l’accable est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La genèse de <em>La Traviata </em>est bien connue : en 1852 Verdi assiste à une représentation de <em>La Dame aux camélias</em>, dont le personnage central est inspiré de la vie d’une contemporaine récemment décédée, que la bonne société méprisait parce qu’elle vivait de ses charmes. Il est ému parce que la condamnation morale qui l’accable est proche de celle subie par sa compagne, la cantatrice Giuseppina Strepponi. Celle-ci a eu deux enfants hors mariage et on lui a connu plusieurs liaisons. Ce concubinage suscite la désapprobation à Busseto, y compris chez le beau-père de Verdi, un notable dont le compositeur avait épousé la fille, malheureusement décédée en 1842. Le compositeur, qui a de l’affection et du respect pour cet homme, l’ invitera à revenir sur ses préjugés, car il croit à la rédemption.</p>
<p>Et c’est parce que ce thème est au cœur du drame d’Alexandre Dumas fils que Verdi décide de l’adapter à l’opéra.  Il reprend à son compte l’exemple de la rédemption morale d’une de ces femmes que la bonne société taxe de « dévoyées ». Violetta est abordée par le père de son amoureux comme une créature dangereuse, dont la cupidité, la vénalité et l’immoralité menacent la société en général et sa famille en particulier. Or elle lui répond avec une dignité inattendue, et quand il parle d’argent elle lui prouve que sa relation avec Alfredo ne coûte rien à celui-ci. Venu pour exiger la rupture, il ne pourra l’obtenir qu’en faisant appel aux bons sentiments dont a priori il la jugeait incapable. Et cet homme porteur des valeurs sociales ennemies des créatures comme Violetta découvre l’incroyable réalité : en dépit de sa vie cette femme est honnête, elle respecte ses engagements, elle est sincère et désintéressée. Il pourrait, à partir de la séparation qu’il a obtenue, s’éloigner d’elle sans retour. Mais la lettre qu’elle relit au dernier acte établit qu’il ne l’a pas abandonnée, et son apparition au chevet de la mourante, à l’heure où elle se prépare à affronter l’au-delà, scelle sa transformation. Il est passé de la condamnation a priori à la compassion, voire à l’affection.</p>
<p style="text-align: left;">Ainsi dans le livret de l’opéra il n’y a pas une mais deux rédemptions. De celle de l’homme venu en ennemi affronter Violetta et devenu, parce qu’il a appris à la connaître, partie prenante de son rachat, le spectacle ne dira rien et même s’évertue à empêcher que l’on puisse y croire. Dans la maison de campagne où Violetta s’abandonne au sentiment amoureux Silvia Paoli montre Germont, qui a dû fouiller dans les tiroirs, revenir en scène avec des dessous qu’il renifle longuement, tartuffe manipulateur et libidineux évidemment. On ne verra pas, au troisième acte, apparaître auprès de la mourante son amoureux repenti et son bourreau venu à résipiscence, parce que cela n’entre pas dans le projet de Silvia Paoli. En éliminant de la scène Alfredo et son père, leurs échanges avec Violetta deviennent les délires de l’agonie. Pourquoi pas ? Mais en abandonnant Violetta à sa solitude après l’avoir bercée de promesses, ils apparaissent comme de vrais salauds. Pourquoi, sinon par la volonté délibérée de faire de l’œuvre un manifeste anti-masculin et de couper les ailes à l’émotion, ou, pour être plus clair, d’émasculer l’opéra de papa ?</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/image-5-1294x600.png" />© Nathan Cassar</pre>
<p>Ainsi, au premier acte, quand Alfredo parle d’amour, Violetta se déshabille et lui offre son corps, et quand, une fois seule, elle s’avouera difficilement le désir enfoui  d’éprouver les émois du sentiment amoureux, la mise en scène la placera sur la scène du petit théâtre qui occupe le fond de son appartement, de quoi rendre suspecte cette confidence. N’est-ce pas là tourner en dérision cet épanchement ? Au deuxième acte, dans la première scène c’est le ballet incessant des domestiques et leurs interventions en forme de gag qui s’interposent entre le spectateur et le potentiel émotionnel des situations, c’est la rareté des accessoires qui rend absurde la remarque de Germont sur le luxe environnant, c’est la laideur des panneaux qui représentent à cour et à jardin les beautés de la nature. Dans la deuxième scène, la même absence d’accessoires rend obscur le duel aux cartes entre Alfredo et le baron. Ajoutons que faire de cette soirée consacrée au jeu – puisque chez Flora on joue, on le sait depuis le premier acte, la maîtresse de maison jouant l’entremetteuse, comme le personnage de la pseudo-marquise de  <em>Candide</em> – une soirée travestie où les hommes sont habillés en femmes et réciproquement, outre que la proposition est désormais banale, relève à nos yeux plus d’une intention de ratisser large que d’une approche éclairante sur l’œuvre. L’effet est obtenu : une partie du public s’esclaffe quand on devrait s’émouvoir. Mais comment, quand tout semble factice ?</p>
<p>Ce parti pris s’observe dans les décors. Les appartements de Violetta et de Flora devraient par leur opulence refléter leur position dans le demi-monde ; ils sont montrés dans un dépouillement qui est même du dénuement, dépouillement qui a contaminé les vêtements féminins des artistes du chœur : uniformément vêtues de noir, elles ressemblent à des chaisières plus qu’à des compagnes de parties fines. Quant aux hommes, quand ils ne portent pas de tutus ils arborent le frac et le haut-de-forme, uniforme des mâles bourgeois dont le regroupement compact pendant l’ouverture fait un bloc univoque qui juge la femme à ses pieds. En chemise, elle semble attendre sa condamnation. Tandis que de la fosse montent les thèmes récurrents, la danseuse brasse l’espace et s’emploie par des enchaînements de mouvements divers, pliés, jetés, ployés, à représenter – on le suppose – les tourments de la malheureuse qu’on est ainsi invité à assimiler à Violetta. L’idée sera reprise au dernier acte, mais beaucoup plus sobrement et la femme en chemise sera Violetta, qui s’effondrera,</p>
<p>Par bonheur, les musiciens et les chanteurs nous épargnent les mêmes perplexités. Le chef n’a pas jugé bon de récrire la partition, et <strong>Andrea Sanguineti</strong>, qui fréquente l’œuvre depuis trois lustres, connaît parfaitement son architecture. Sa lecture est remarquablement précise, voire ciselée, et les musiciens caressent, cinglent, susurrent ou tonnent – parfois un peu trop, mais il semble que la chaleur y serait pour quelque chose – et les mélodies bien connues enchantent à nouveau comme les tempi comblent les attentes. Les cordes sont aussi chantantes et émouvantes qu’on les souhaite, et aussi arachnéennes qu’on les aime, exemplaire premier violon. On attache évidemment un intérêt particulier à la direction du dernier acte où les interprètes d’Alfredo et de Germont chantent derrière des voilages qui les rendent invisibles au public. La main gauche d’Andrea Sanguineti  leur donne en continu des indications dont on se plait à constater combien elles sont précises et observées scrupuleusement par leurs destinataires. Le chef recueillera des ovations méritées.</p>
<p>Le plateau dans son ensemble ne mérite que des éloges. Seul un petit décalage rythmique a troublé la prestation des artistes du chœur, au premier acte, mais on le remarque parce que sans cela on l’aurait qualifiée d’irréprochable et de délectable. Les seconds rôles, du commissionnaire de <strong>Stéphane Marianetti </strong>au baron Douphol de <strong>Frédéric Cornille</strong>, en passant par le domestique d’ <strong>Éric Ferri</strong>, le Giuseppe d’ <strong>Emanuele Bono,</strong> le docteur Grenvil de <strong>Wolfgang Rauch</strong>, et le Marquis d’Obigny de <strong>Mickaël Guedj </strong>, font exactement ce qui, on le suppose, leur a été demandé, dans une sorte d’uniformité qui les prive de personnalité parce qu’ils représentent l’engeance masculine. L’ Annina de <strong>Cécile Lo Bianco </strong>et la Flora de <strong>Madjouline Zerari</strong> ne sont guère mieux loties, sinon que la seconde, peut-être grâce à son statut de tenancière de maison de jeu, sort de l’anonymat des couleurs et arbore un jaune grinçant sinon criard.</p>
<p>Gaston échappe un peu à cette uniformisation, d’abord parce que ses interventions sont parmi les plus nombreuses des seconds rôles, ensuite parce que son interprète à Nice fut il y a longtemps l’interprète d’Alfredo. <strong>Luca Lombardo </strong>a conservé la clarté et la fermeté de la projection qui étaient au nombre de ses mérites, et il a acquis une aisance de comédien qui contribue au relief du personnage.</p>
<p>Alfredo est, du trio des protagonistes, le moins intéressant à nos yeux. Verdi lui a pourtant donné les airs qui soulèvent même malgré soi par leur alliance d’allant et de fluidité, et ceux qui expriment l’âpreté de la blessure reçue. On doit ressentir ses élans, sa tendresse, sa colère, ses remords, et même si la direction d’acteurs nous semble souvent discutable – au début de  l’acte II il devrait apparaître en amoureux comblé et on le voit presque maussade – <strong>Julien Behr </strong>a dans la voix les ressources nécessaires à rendre justice aux tensions extrêmes de la tessiture. Nul doute que dans un autre contexte son personnage serait plus émouvant.</p>
<p>Sans revenir sur la conception du personnage, saluons le talent de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, qui fait passer dans sa voix le courroux, le soupçon, l’accusation, et dont l’organe très sonore sait se faire plus insinuant quand la stratégie de Germont change. Il a la présence physique qui en impose et sa subtilité d’acteur le rend aussi odieux qu’on le lui a prescrit, jusqu’au haut le cœur quand Violetta lui demande de la serrer dans ses bras. On regrette d’autant plus la performance qu’il aurait pu faire au troisième acte.</p>
<p>A Nice <strong>Kathryn Lewek </strong>est chérie du public depuis sa Reine de la Nuit. Elle ne déçoit pas les attentes et sa performance lui vaudra, outre des applaudissements tout au long de la représentation, un tonnerre d’acclamations aux saluts. La voix est ample, homogène, bien conduite, la maîtrise du souffle et de l’ampleur du son s’imposent, l’étendue est conforme aux requis et on ne sent ni dureté ni effort sur les notes extrêmes, cette perfection vocale se doublant d’un maintien de comédienne très satisfaisant. Pourquoi, alors ne nous a-t-elle pas bouleversé, comme d’autres techniquement moins assurées ? Probablement à cause du parti pris par la mise en scène, pour nous fondamentalement erroné.<br />
Aux saluts, l’équipe de Silvia Paoli n’est ni conspuée ni ovationnée, mais à l’applaudimètre elle vient loin derrière les chanteurs et les musiciens. Pour éclairer son travail Silvia Paoli cite volontiers Catherine Clément et Roland Barthes. Il nous a suggéré un titre de Marguerite Duras : « Détruire, dit-elle ». Le lecteur pourra trouver dans cette rubrique spectacle d&rsquo;autres points de vue.</p>
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