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VERDI, La Traviata (distr. B) – Paris (Bastille)

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Spectacle
14 juin 2026
La dame aux SMS

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi
Livret Francesco Maria Piave d’après Alexandre Dumas fils
Création le 6 mars 1853 au théâtre de La Fenice de Venise

Détails

Mise en scène
Simon Stone
Décors
Bob Cousins
Costumes
Alice Babidge
Lumières
James Farncombe
Vidéo
Zakk Hein

Violetta Valery
Pretty Yende
Flora Bervoix
Seray Pinar
Annina
Cassandre Berthon
Alfredo Germont
René Barbera
Germont
Ludovic Tézier
Gastone
Nicholas Jones
Il Barone Douphol
Luis-Felipe Sousa
Il Marchese d’Obigny
Florent Mbia
Dottore Grenvil
Amin Ahangaran
Giuseppe
John Bernard
Domestico
Hyunsik Zee
Commissionario
Young-Woo Kim

Chef des chœurs
Alessandro Di Stefano

Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Paris
Direction musicale
Marta Gardolińska

Paris, Opéra Bastille, mercredi 10 juin 2026 à 19h30

Seconde distribution pour la reprise de cette mise-en-scène de Simon Stone assez décriée, laquelle s’est déplacée de Garnier à Bastille. La modernité de la salle attenue la laideur frontale du décor et de ses projections, mais ne sauve hélas pas une mise-en-scène et son parti-pris d’actualisation hyperréaliste via la synecdoque (c’est-à-dire concentré sur un objet contemporain faisant effet de réel et appelant par métonymie tout ce qui l’entoure habituellement: par exemple un tracteur censé représenté la campagne, le vélib et la statue de Jeanne d’Arc, les rues de Paris, etc.). Le procédé dégrade bien trop la poésie de l’œuvre: à quoi bon chanter son amour et sa détresse quand leur écho scénique sont des échanges de sms d’une platitude affligeante. Non mais de ouf c’est clair. A la campagne, le tracteur colle mal avec la crainte du père de voir son fils se compromettre avec une courtisane… quand celle-ci n’est plus qu’une agricultrice bobo portant bottes en caoutchouc. Même remarque pour la mélancolie du prélude qui s’accommode mal des photos de l’influenceuse sur les réseaux sociaux, en tout cas avant qu’elle ne reçoive le mail de son médecin lui annonçant son cancer. Les moments qui fonctionnent le mieux sont finalement ceux où le metteur-en-scène cherche le décalage, le rêve et non plus la crudité du réel : la fête chez Flora, cauchemar de bal libertin déguisé, sinistre et vulgaire, ou le début du dernier acte dans lequel Violetta revoit ses amis faisant la queue pour entrer en boite de nuit lorsqu’elle parle au Dr Grenvil.

Le plaisir de la soirée est donc avant tout musical. À commencer par l’orchestre de l’Opéra très soigneusement dirigé par Marta Gardolinska. On aurait peut-être aimé plus de drame et d’emportement mais un accompagnement si délicat et attentif est déjà une bénédiction dans une œuvre trop souvent dirigée en pilote automatique. Mêmes éloges pour le Chœur de l’Opéra, dont l’accoutrement n’entache le professionnalisme.

Sur le plateau, d’excellents chanteurs mais des acteurs un brin sages, en dehors des seconds rôles, lesquels ont tellement peu à chanter qu’ils existent avant tout scéniquement. Quand on a la prestance musicale, la ligne de chant et l’immarcescibilité technique de Ludovic Tézier, on se satisfait très bien d’un père un peu empoté scéniquement. Chez Alfredo, la probité technique et la beauté du timbre de René Barbera ne suffisent qu’imparfaitement à palier un manque de rayonnement certains sur scène : l’amoureux transit est bien timide et l’offense du jaloux trop contrôlée. Pretty Yende a gagné une grande partie de sa popularité auprès du public avec l’héroïne éponyme : reconnaissons une attention belcantiste aux coloratures et trilles que beaucoup de ses collègues sacrifient aujourd’hui, une tessiture conséquente avec un medium moelleux et des aigus très stables quoique souvent forte. Mais si l’actrice est investie, l’opulence du son prime sur tout, or l’on préfère les Violetta dont la fragilité s’entends : un « Addio del passato » sur le fil au dernier aigu craqué fera toujours plus d’effet que quelques toussotements suivants une éclatante démonstration de santé vocale. Ajoutons aussi un certain manque d’à-propos, ou en tout cas des choix dramatiques qui pourront étonner : ainsi, pourquoi entonner « Ah fors’è lui » toutes voiles dehors et enchainer sur un « Sempre libera » proche du mezzo voce, presque dubitatif ? Tandis que ses « Non sapete » ou « Morro ! » souffrent de trop de retenue.

 

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Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi
Livret Francesco Maria Piave d’après Alexandre Dumas fils
Création le 6 mars 1853 au théâtre de La Fenice de Venise

Détails

Mise en scène
Simon Stone
Décors
Bob Cousins
Costumes
Alice Babidge
Lumières
James Farncombe
Vidéo
Zakk Hein

Violetta Valery
Pretty Yende
Flora Bervoix
Seray Pinar
Annina
Cassandre Berthon
Alfredo Germont
René Barbera
Germont
Ludovic Tézier
Gastone
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Il Barone Douphol
Luis-Felipe Sousa
Il Marchese d’Obigny
Florent Mbia
Dottore Grenvil
Amin Ahangaran
Giuseppe
John Bernard
Domestico
Hyunsik Zee
Commissionario
Young-Woo Kim

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Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Paris
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Marta Gardolińska

Paris, Opéra Bastille, mercredi 10 juin 2026 à 19h30

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