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	<title>Le Villi - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Le Villi - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Sondra Radvanovsky, « Puccini heroines »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les mélomanes européens, Sondra Radvanovsky correspond à une date précise : le samedi 30 avril 2011. Ce soir-là, le Met diffusait dans de nombreux cinémas son Trovatore, et Sondra y tenait le rôle de Leonora. Ce fut un choc. Une voix torrentielle, un timbre pulpeux, un investissement dramatique de premier plan signaient un tiercé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les mélomanes européens, <strong>Sondra Radvanovsky</strong> correspond à une date précise : le samedi 30 avril 2011. Ce soir-là, le Met diffusait dans de nombreux cinémas son <em>Trovatore,</em> et Sondra y tenait le rôle de Leonora. Ce fut un choc. Une voix torrentielle, un timbre pulpeux, un investissement dramatique de premier plan signaient un tiercé gagnant, dans un rôle sur lequel beaucoup de ses collègues se sont cassé les dents. Une nouvelle « spinta » verdienne semblait naître. Nous avouons pour notre part être resté sur ce beau souvenir, et n&rsquo;avoir plus entendu parler de la carrière de la chanteuse américaine que par ouï-dire.</p>
<p>L&rsquo;attente était donc grande, quinze ans plus tard, au moment de mettre son nouvel album dans le lecteur CD. Hélas, est-ce le caprice d&rsquo;une mémoire défaillante ? Les aléas du concert ? L&rsquo;usure de ce goujat qu&rsquo;est le temps qui passe ? Ce qu&rsquo;on entend dans ces 78 minutes n&rsquo;est pas vraiment au niveau du souvenir. Le timbre s&rsquo;est considérablement induré, le vibrato déborde de toutes parts, la justesse est plus d&rsquo;une fois « à la limite ». Ce qui reste intact par contre est l&rsquo;engagement de l&rsquo;artiste, toujours soucieuse de donner un maximum de vérité dramatique à ses incarnations. C&rsquo;est particulièrement bienvenu dans la galerie de portraits féminins de Puccini, et tout ce qu&rsquo;on entend ici palpite de la vie la plus authentique. Cet aspect de l&rsquo;interprétation est d&rsquo;ailleurs un des thèmes majeurs de <a href="https://www.forumopera.com/sondra-radvanovsky-je-continuerai-a-chanter-sur-scene-pendant-encore-cinq-ans-environ/">l&rsquo;interview donnée par l&rsquo;artiste</a> à notre collègue Yannick Boussaert. En fait, cela devait donner un bien beau concert, tant les défauts purement vocaux peuvent être rachetés par l&rsquo;expressivité d&rsquo;une grande artiste. Et le public, qui rugit de plaisir à la fin de chaque air, semble entendre autre chose que nous. De la différence entre l&rsquo;instant et la durée en art.</p>
<p>Il n&rsquo;est que de prendre pour exemple le « Vissi d&rsquo;arte » : c&rsquo;est criant de vérité, et on est vraiment dans la peau d&rsquo;une femme outragée par la cruauté des hommes et l&rsquo;ingratitude de Dieu. Mais cela permet-il de pardonner les oscillations permanentes autour de la hauteur juste ?  L&rsquo;effort audible dans les passages de registres ? Et le détimbrage/retimbrage sur la dernière phrase est certes impressionnant, mais à la limite de ce que le bon goût peut tolérer. Le public adhère sans réserve.</p>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage qu&rsquo;on se félicitait de retrouver au disque <strong>l&rsquo;orchestre du Lyric Opera de Chicago</strong>, qui est de l&rsquo;avis général la deuxième scène lyrique des États-Unis, et que l&rsquo;on n&rsquo;avait plus capté depuis une éternité. Voilà un bel orchestre d&rsquo;opéra, coloré et félin, capable d&rsquo;ouvrir et de refermer l&rsquo;éventail de sa puissance, sous la baguette avisée d&rsquo;<strong>Enrique Mazzola</strong>, tout occupé à dérouler un somptueux tapis sous les pas de sa chanteuse. Comme tous les préludes d&rsquo;opéra sont donnés avant les airs, on se dit qu&rsquo;on devra peut-être finalement ranger ce disque à la rubrique « orchestre » plus que celle des voix.</p>
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		<title>Puccini 100 : Puccini et ses contemporains</title>
		<link>https://www.forumopera.com/puccini-100-puccini-et-ses-contemporains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Celui dont on célèbre cette année le centenaire de la mort aura traversé de gigantesques transformations dans le monde, que ce soit en matière musicale, ou plus généralement artistique, sans parler d’un contexte géopolitique plus que complexe. Et pourtant, nul ne niera que la pâte puccinienne, présente dès Le Villi (pour ne parler ici que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Celui dont on célèbre cette année le centenaire de la mort aura traversé de gigantesques transformations dans le monde, que ce soit en matière musicale, ou plus généralement artistique, sans parler d’un contexte géopolitique plus que complexe. Et pourtant, nul ne niera que la pâte puccinienne, présente dès <em>Le Villi</em> (pour ne parler ici que de ses opéras) est immédiatement reconnaissable tout au long de sa production.<br />
Les dates de naissance et de mort (1858 et 1924) disent assez combien on est passé, en l’espace de moins de 70 ans, d’un monde à un autre. Songez donc&nbsp;: en 1858, l’année de naissance et celle de l’attentat contre Napoléon III, l’Europe sort tout juste de la guerre de Crimée, l’unification italienne n’est pas encore réalisée (elle sera effective trois années plus tard) et, à l’autre bout du parcours, en 1924, l’Europe panse ses plaies du premier conflit mondial et de la pandémie de la grippe espagnole&nbsp;; Lénine vient de mourir et Mussolini, que Puccini rencontrera en 1923, est premier ministre&nbsp;!<br />
Dans le domaine littéraire on est passé de Jules Verne (il publie son <em>Voyage au centre de la terre</em> en 1864) à Jean Cocteau et Raymond Radiguet (<em>Le Diable au corps</em> date de 1923) en passant par Marcel Proust (<em>Le</em> <em>Côté de Guermantes</em> date de 1920). En peinture, d’Edouard Manet et Edgar Degas à Amedeo Modigliani, en passant par la période « bleue » de Pablo Picasso. A noter aussi que le mouvement réaliste pictural (les premiers chefs-d’œuvre de Gustave Courbet datent des années 1850) va précéder de peu son pendant dans l’opéra, le vérisme.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" title="1200px-gustave_courbet_-_le_desespere" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1200px-gustave_courbet_-_le_desespere-1000x600.jpg" alt="Gustave Courbet - Le Désespéré">Gustave Courbet : Autoportrait (Collection privée)</pre>
<p>Quand le petit Giacomo, cinquième de huit enfants, vient au monde le 22 décembre 1858 à Lucques, Jacques Offenbach crée son <em>Orphée aux Enfers</em>. Il naît dans une famille de musiciens&nbsp;; chez les Puccini, on est organiste à San Martino de père en fils. &nbsp;C’est l’époque où, pendant les offices, tout était jouable, y compris des pastiches de «&nbsp;Questa o quella&nbsp;» (<em>Rigoletto</em>)&nbsp;! Et quand il prend ses premiers cours, Carlo Angeloni, son professeur de piano, lui fera découvrir les partitions de <em>Rigoletto</em>, <em>Trovatore</em>, <em>Traviata</em>. N’oublions pas que lorsque Verdi achève sa «&nbsp;trilogie populaire&nbsp;», Puccini n’a que cinq ans.<br />
Petite incise sur les relations entre les deux géants italiens&nbsp;: Puccini, qui était le cadet de Verdi de 45 ans, ne l’a rencontré que deux fois, deux rencontres qui ne laisseront pas de souvenir durable (sorte de rendez-vous raté entre deux génies, un peu comme celui entre Goethe et Beethoven en juillet 1812). On a supputé un complexe d’infériorité face au monument italien. En février 1887, Puccini, retenu à Trieste, manque de peu la première d’<em>Otello</em> à Milan,&nbsp;mais y revient quelques semaines plus tard. Comble de malchance, en 1893, La Scala étant totalement absorbée par la préparation de <em>Falstaff</em>, la première de <em>Manon Lescaut</em> doit être déplacée à Turin.<br />
En attendant et pendant que le jeune homme se forme, l’opéra commence à sortir de ses gangues romantiques. Le mouvement artistique dit de la «&nbsp;scapigliatura&nbsp;», que l’on peut traduire par «&nbsp;bohème&nbsp;» («&nbsp;scapigliati&nbsp;» désigne des cheveux en bataille) trouve en Boito, Catalani ou Ponchielli (que Puccini rencontrera en 1880) ses plus éminents représentants. Autrement dit, pendant que Puccini se forme, d’autres travaillent à défricher un terrain neuf que lui-même empruntera rapidement&nbsp;: «&nbsp;La Bohème&nbsp;» (la bien nommée) date de 1896. La «&nbsp;scapigliatura&nbsp;» est un mouvement, né à Milan vers 1860, que l’on pourrait définir comme le refus de tout ordre établi&nbsp;; il s’érige contre la culture bourgeoise dominante. Musicalement, le point principal dans l’opéra est l’abandon de toutes les «&nbsp;pezzi chiusi&nbsp;», les numéros fermés.<br />
Toutefois, les premières influences sont incontestablement celles du maestro Verdi&nbsp;; à peine revenu des représentations de son premier opéra <em>Le Villi</em>, à Trieste, Puccini se précipite à La Scala pour assister à ce fameux <em>Otello</em>. Il en tirera des leçons ; la représentation terminée, il rentre chez lui, reprend la plume pour retravailler l’orchestration d’<em>Edgar, </em>dont l’achèvement est ainsi retardé, et qui ne sera finalement donné qu’au printemps 1889 à la Scala. Puccini y aura travaillé quatre ans et la première est un échec. Mais l’évolution depuis <em>Le Villi</em> est patente&nbsp;; Puccini, en adepte de la «&nbsp;scapigliatura&nbsp;», abandonne la démarcation rigide en arias, récitatifs et duos.<br />
Une autre influence marquera aussi ses premières années de créateur. Wagner, né la même année que Verdi, même s’il ne jouit pas, et de loin, de la même aura que l’enfant de Busseto en Italie, est au sommet de son art quand Puccini le découvre. Déjà dans <em>Le Villi</em> il faut voir dans l’importance de l’élément orchestral (notamment dans les intermèdes, fréquents dans l’œuvre de Puccini), une prise en compte croissante de la musique de Wagner&nbsp;: dans <em>Edgar </em>également, où le chromatisme tient une place non négligeable. En janvier 1890, il assistera à Milan à une version abrégée des <em>Meistersinger von Nürnberg</em>, désertée par les Milanais accablés par une épidémie de grippe. Et en 1912, il assistera à une représentation de <em>Parsifal </em>à Bayreuth.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter" title="9783795763374-fr" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/9783795763374-fr.jpg" alt="" width="272" height="386"><br />
Mais dans ce début des années 1890, il y a aussi la montée en puissance du vérisme. <em>Cavalleria rusticana</em> de Mascagni est créé à Rome en mai 1890 et c’est un triomphe&nbsp;: l’action est réduite à l’essentiel, les sentiments ruissellent et le fleuve orchestral wagnérien submerge tout, sans pour autant trahir les aspects lyriques et mélodiques incontournables. Mascagni, le Bizet italien, comme on l’appelle, est au faîte de sa gloire&nbsp;: il a compris ce que réclame le public.<br />
En mars 1893, Puccini et Leoncavallo se retrouvent dans un café fameux de la <em>Galleria</em> à Milan et découvrent qu’ils travaillent sur le même sujet&nbsp;: <em>La Bohème</em>. Leoncavallo est furieux et organise une compétition par communiqués de presse interposés. Plus tard, Giacomo dira que s’il avait su que le maestro Leoncavallo travaillait sur la même pièce que lui, il n’aurait pas composé <em>La Bohème</em>. Du reste sa <em>Bohème</em> n’est pas très bien reçue, au contraire de celle de Leoncavallo qui triomphe. Qui plus est, les Milanais lui préfèrent également Giordano, autre grand vériste, et son <em>Andrea Chénier</em>.<br />
Mais la notoriété de Puccini ne cesse de croître et il est appelé à monter ses opéras dans les plus belles maisons italiennes. Très vite, ceux-ci rencontrent un succès international et Puccini voyage pour assister aux représentations – souvent en langue étrangère, comme il se devait à l’époque. Angleterre, Allemagne, Suisse, Autriche, Hongrie, Egypte, Argentine et puis, plus tard, la consécration américaine. Son premier voyage parisien se situe en 1897, de retour d’Angleterre. C’est l’occasion de côtoyer quelques-uns de ses plus brillants contemporains français : il rencontre Zola (dont il songera à adapter <em>La faute de l’abbé Mouret</em>), Daudet (il a longtemps pensé à un <em>Tartarin</em>) et bien sûr Victorien Sardou. On aurait aimé être témoins de cette rencontre qui portera l’un des plus beaux fruits de la panoplie puccinienne&nbsp;: <em>Tosca</em>. Deux ans plus tard, Félix Faure, le Président de la République française lui remet les insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Toujours à Paris, mais bien plus tard, en avril 1913 il assistera à l’une des premières représentations du <em>Sacre du Printemps</em> au Théâtre des Champs Elysées&nbsp;: «&nbsp;chorégraphie ridicule et cacophonie extrême. Intéressante néanmoins et réalisée avec un certain talent. Mais dans l’ensemble un truc de dingues&nbsp;» écrira-t-il&nbsp;! On ne ressentira pas moins l’influence de <em>Petrouchka</em> dans le thème de la valse du joueur d’orgue de Barbarie dans <em>Il tabarro</em>.<br />
Revenons à 1897, qui est aussi l’occasion de la première rencontre avec un jeune ténor de 24 ans, fraîchement engagé pour interpréter Rodolfo à Livourne : Enrico Caruso. Ce n’est pourtant pas le divo napolitain qui créera le rôle de Mario à Rome en 1900 mais Emilio de Marchi. De même Arturo Toscanini, qui devient vite complice de Puccini, est approché pour diriger la première de <em>Tosca</em> : «&nbsp;Souviens-toi, mon bel Arturetto, que c’est toi qui doit dépuceler&nbsp;Tosca&nbsp;», lui écrit-il dans son langage à tout le moins fleuri et qui pouvait rapidement tourner au scatologique. Mais Toscanini est très occupé à Milan et c’est Leopoldo Mugnone qui dirigera la première le 14 janvier 1900 au Teatro Costanzi de Rome. Toscanini assurera la première milanaise le 17 mars. <em>Tosca</em> restera le seul opéra de Puccini inscrit dans un contexte historique avéré.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter" title="tosca_puccini-e1575185089212" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tosca_puccini-e1575185089212.jpg" alt="" width="540" height="304"><br />
Les années passent et la notoriété de Puccini ne fait que croître, malgré ici ou là quelques soubresauts&nbsp;; ainsi <a href="https://www.forumopera.com/puccini-100-leffet-papillon/">le fiasco de la première</a> de <em>Madama Butterfly</em> à Milan, le 17 février 1904, victime sans doute d’une forme de cabale d’éditeurs. Toujours est-il que <em>Butterfly</em> restera son échec le plus important. Dès le lendemain de la première, l’opéra est retiré de l’affiche et la reprise romaine est annulée.<br />
Qu’à cela ne tienne, en 1906 Puccini est encore en voyage à l’étranger. Cette fois il est à Budapest, pour des représentations en hongrois (!) de <em>Bohème</em>, <em>Tosca</em> et <em>Butterfly</em> entre temps réhabilité et… réécrit aussi (il baptisera l’un de ses yachts Cio-cio-san !) et, sur le chemin du retour, il s’arrête à Graz pour assister à une représentation du <em>Salome</em> de Richard Strauss. Représentation qui le marquera fortement&nbsp;: «&nbsp;il y a des tonalités orchestrales magnifiques, mais qui finissent par me fatiguer&nbsp;», écrira-t-il au sujet d’un opéra qu’il reverra à chaque fois qu’il en aura l’occasion, notamment à Naples en 1908, sous la direction du compositeur.<br />
En 1910 c’est la consécration américaine. Il embarque au Havre sur le « Georges Washington » en compagnie des éditeurs Ricordi père et fils et occupe comme il se doit une suite impériale. Le triomphe new-yorkais de <em>La fanciulla del West</em> est absolu : Puccini est rappelé 50 fois sur scène à l’issue des trois actes. Toutefois, la musique dans laquelle l’influence debussyste est revendiquée par le compositeur lui-même, désarçonne la critique, qui est partagée. L’orchestre est un personnage à part entière et c’est peut-être le plus intéressant. Puccini joue de plus en plus avec la tonalité. Notons que cinq ans seulement séparent cette pièce du premier quatuor de Schönberg, dans lequel la tonalité est suspendue. Puccini veut clairement s’insérer dans la modernité, celle de Strauss et de Debussy. Notons que la mort de ce dernier, en 1918, affectera fortement Puccini. Il ressent le besoin de se dépasser, de trouver une sorte de compromis entre la tradition lyrique italienne et le symphonisme allemand. Ce faisant, il déçoit son public qui attendait davantage de bel canto. Rapidement <em>La fanciulla del West</em> sera mise de côté. Plus tard, en 1918 toujours à New York, <em>Il trittico</em>, premier ouvrage créé en l’absence de l’auteur, recevra un accueil mitigé.<br />
Alors qu’en 1914 la guerre éclate, le positionnement de Puccini est ambigu. Une prise de position anti-germanique pourrait lui valoir des annulations en Allemagne et surtout à Vienne qui lui a commandé <em>La Rondine</em> (au final cette pièce sera créée en terrain neutre, à Monte-Carlo). Il retournera toutefois à Vienne en 1923 pour la première de <em>Manon Lescaut</em> au Wiener Staatsoper&nbsp;; malheureusement, l’interprète de Manon, une certaine Lotte Lehmann, âgée alors de 35 ans, tombe malade, et la première doit être reportée.<br />
Son attentisme, à la veille de la première guerre mondiale, lui vaudra d’être vu en France et en Italie comme un ami de l’Allemagne et comme un ami du peuple allemand dans les pays de l’Alliance. En 1922, il écrira à Adami&nbsp;: «&nbsp;Et Mussolini&nbsp;? Qu’il soit le bienvenu s’il peut rajeunir et donner un peu de calme à notre pays&nbsp;!&nbsp;».<br />
En 1924, peu de temps avant sa mort, Puccini se rend à Florence pour assister à une représentation du <em>Pierrot lunaire</em>. A la fin du concert, il échange quelques mots de circonstance avec Arnold Schönberg. Sans doute se rend-il compte qu’avec cette pièce, plus encore qu’avec la musique de Stravinski et Debussy qu’il connaissait bien, une révolution est en cours à laquelle la sienne ne participera jamais. Un cycle se termine, le cycle du mélodrame à l’italienne, qui est en train de s’éteindre. Cycle qui trouve une conclusion avec <em>Turandot</em> qu’il laissera d’ailleurs inachevé, puisque son cancer de la gorge l’emporte le 29 novembre 1924, à Bruxelles. La première de <em>Turandot</em>, aura lieu à la Scala le 25 avril 1926. A la baguette, Arturo Toscanini qui arrête la représentation après la scène la mort de Liù : « C’est ici que le maestro est mort », adresse-t-il à la foule silencieuse.<br />
La version intégrale, complétée par Alfano, sera donnée triomphalement le lendemain.</p>
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		<item>
		<title>Puccini 100 : la discothèque idéale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/puccini-100-la-discotheque-ideale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Feb 2024 05:39:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La discographie puccinienne est généreuse, du moins en ce qui concerne ses opéras les plus populaires. Face aux nombres de versions, le choix s’avère souvent difficile. Si toute sélection reste discutable, voici quelques enregistrements qui se posent en référence. Le Villi (Opéra en deux actes, créé à Milan le 31 mai 1884) Lorin Maazel, National &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La discographie puccinienne est généreuse, du moins en ce qui concerne ses opéras les plus populaires. Face aux nombres de versions, le choix s’avère souvent difficile. Si toute sélection reste discutable, voici quelques enregistrements qui se posent en référence.</p>
<p><strong><em>Le Villi </em>(Opéra en deux actes, créé à Milan le 31 mai 1884)</strong></p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-villi-reference-pour-une-oeuvre-rare/"><img decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-LeVilli.jpg" width="150" height="150" />Lorin Maazel, National Philharmonic Orchestra</a> – Renata Scotto, Placido Domingo, Leo Nucci… (Sony Classical, 1979)</p>
<p><em>Le Villi</em> est le premier des dix (ou douze) opéras composés par Giacomo Puccini. Être l’ainé de la famille n’est jamais une sinécure. Générosité mélodique, imagination orchestrale, ampleur vocale… : la partition contient tous les ingrédients des chefs d’œuvre à venir, le génie dramatique en moins. Trois grands chanteurs pucciniens – Renata Scotto, Placido Domingo, Leo Nucci – et un chef d’orchestre incontournable dans ce répertoire – Lorin Maazel – ne sont pas de trop pour entraîner malgré lui Roberto, l’amant infidèle, dans la ronde infernale des Villis.</p>
<pre>Alternative : <a href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/puccini_villi.htm">Marco Guidarini, Orchestre Philharmonique de Radio France</a> – Melanie Diener, Aquiles Machado, Ludovic Tézier… (Naive, live 2002)</pre>
<p><strong><em>Edgar</em> (drame lyrique en trois actes, créé à Milan le 21 avril 1889)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Edgar.jpg" width="150" height="150" />Eve Queler, Opera Orchestra of New York – Renata Scotto, Carlo Bergonzi… (CBS, live 1977)</p>
<p>Edgar pour « E Dio ti GuARdi da quest’opera ». Puccini lui-même n’était guère tendre avec sa deuxième tentative lyrique. Comme <em>Le Villi</em>, l’ouvrage ne brille pas par ses qualités dramatiques et comme pour <em>Le Villi</em>, il faut des interprètes émérites si l’on veut revigorer une partition remaniée trois fois. Renata Scotto et Carlo Bergonzi, captés dans le feu de l’action, font partie de ces chanteurs à même de raviver une flamme puccinienne chancelante.</p>
<pre>Alternative : Alberto Veronesi, Accademia nazionale di Santa Cecilia – Adriana Damato, Placido Domingo… (Deutsche Grammophon)</pre>
<p><strong><em>Manon Lescaut </em>(Drame lyrique en quatre actes, créé en 1893 à Turin)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-ManonLescaut.jpg" width="150" height="150" />Bruno Bartoletti, New Philharmonia Orchestra – Montserrat Caballe, Placido Domingo… (Warner Classics, 1972)</p>
<p>Quelle digue résisterait aux flots déversés par Montserrat Caballe et Placido Domingo dans cet enregistrement de <em>Manon Lescaut</em>. Aux coquetteries belcantistes d’une Manon inépuisable de souffle et superbe de ligne répond l’étreinte fougueuse d’un des Grieux éperonné par le tisonnier de la passion. Conscient des enjeux symphoniques de la partition, Bruno Bartoletti ajoute encore à l’agitation des sentiments. Le duo du deuxième acte est de ceux pour lesquels un âge légal d’écoute est requis.</p>
<pre>Alternative : Giuseppe Sinopoli, Orchestra of the Royal Opera House Covent Garden – Mirella Freni, Placido Domingo… (Deutsche Grammophon, 1984)</pre>
<p><em><strong>La Bohème </strong></em><strong>(opéra en quatre tableaux, créé à Turin le 1<sup>er</sup> février 1896)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-La-Boheme.jpg" width="150" height="150" />Herbert Karajan, Orchestre philharmonique de Berlin – Mirella Freni, Luciano Pavarotti… (Decca, 1973)</p>
<p>Il n’est pas question de réchauffement climatique dans le Paris de Karajan. L’orchestre brasille au Café Momus puis grelotte dans le matin glacé de la Barrière d’Enfer. Si l’oreille frissonne et l’œil larmoie, ce n’est pas de froid. Splendides lurons que ces Bohèmes-là. Les illusions de leur jeunesse échouent dans une mansarde digne d’un palais. Mimi est le meilleur rôle de Mirella Freni. Rodolfo n’est jamais aussi idéal que chanté par Luciano Pavarotti. Elle, émouvante sans artifice ; lui, dardant d’aveuglants rayons. Ces deux-là s’aiment d’un amour contre lequel ne peut lutter aucune autre version de la discographie, pourtant généreuse.</p>
<pre>Alternative : Riccardo Chailly, Orchestre du Théâtre de la Scala de Milan – Angela Gheorghiu, Roberto Alagna… (Decca, 1999)</pre>
<p><strong><em>Tosca</em> (opéra en trois actes, créé à Rome le 14 janvier 1900)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Tosca.jpg" width="150" height="150" />Vittorio De Sabata, Orchestre du Teatro alla Scala – Maria Callas, Giuseppe Di Stefano, Tito Gobbi… (Warner Classics, 1953)</p>
<p>Maria Callas disait ne pas aimer le rôle de Tosca. Nulle mieux qu’elle n’a pourtant marqué de son empreinte fauve la diva romaine. Nulle n’a mieux tremblé, griffé, rugi et prié la Madone. Intentions, couleurs, relief de la parole puccinienne : nulle ne peut l’égaler. Mais la plus divine des Tosca n’est rien sans un Scarpia et un Mario à la mesure de sa vérité dramatique. Tito Gobbi et Giuseppe di Stefano véhiculent la même évidence, la même urgence, aiguillonnés par la direction souveraine de Vittorio De Sabata. Une référence absolue.</p>
<pre>Alternative : Herbert von Karajan, Philharmonique de Vienne – Leontyne Price, Giuseppe di Stefano, Giuseppe Taddei… (Decca, 1962)</pre>
<p><strong><em>Madama Butterfly</em> (opéra en trois actes, créé à Milan le 17 février 1904)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Butterfly.jpg" width="150" height="150" />Lorin Maazel, Philharmonia Orchestra – Renata Scotto, Placido Domingo, Ingvar Wixell… (CBS, 1978)</p>
<p>Encore un opéra de Puccini dont la fortune repose sur les seules épaules – ou presque – de la prima donna. A l’acmé de sa maturité artistique, Renata Scotto dépose sur l’autel de la geisha un chant dont la science belcantiste et l’intelligence compensent les fêlures, mieux les transcendent. Voilà Cio-Cio-San plus émouvante que jamais, les ailées plaquée par l’ardeur d’un Pinkerton en rut (Placido Domingo), le thorax épinglé dans la rainure d’une direction d’orchestre chatoyante comme un coucher de soleil sur la baie de Nagasaki (Lorin Maazel).</p>
<pre>Alternative : Antonio Pappano, Orchestra dell’Accademia nazionale di Santa Cecilia – Angela Gheorghiu, Jonas Kaufmann, Fabio Capitanucci… (Warner Classics, 2009)</pre>
<p><strong><em>La fanciulla del West</em> (opéra en trois actes, créé le 10 décembre 1910 à New York)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Fanciulla.jpg" width="150" height="150" />Zubin Mehta, Orchestra of the Royal Opera House Covent Garden – Carol Neblett, Placido Domingo, Sherill Milnes… (DG, 1976)</p>
<p>Le western lyrique de Puccini cravaché par Zubin Mehta dans un rodéo imagé de sons. Quelle pression dans le <em>saloon</em>, et quel rythme dans l’action ! Carol Neblett est une <em>girl</em> insolente de jeunesse et d’aigus ; Placido Domingo tire plus vite que Randolph Scott dans <em>La Caravane Héroique</em> et Sherill Milnes, qui a grandi dans une ferme au nord de l’Illinois, trouve en Rance un rôle génotypique, idéalement adapté aux rudesses du méchant shérif.</p>
<pre>Alternative : Oliviero De Fabritiis, Orchestre de La Fenice – Magda Olivero, Daniele Barioni, Giangiacomo Guelfi… (Myto, live 1967)</pre>
<p><strong><em>La rondine</em> (Comédie lyrique en 3 actes, créée à Monte-Carlo le 27 mars 1917)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Rondine.jpg" width="150" height="150" />Antonio Pappano, London Symphony Orchestra –Angela Gheorghiu, Roberto Alagna… (Warner Classic, 1996)</p>
<p>L’hirondelle fait le printemps lorsqu’on la confie à des voix enamourées : Angela Gheorghiu ensorcelante, songeuse, coquette ce qu’il faut, inquiète ce qu’elle doit ; Roberto Alagna dont la candeur vocale se dissipe dans l’amertume de cette rupture qui fait de <em>La rondine</em> « la Traviata du pauvre » selon une idée injustement reçue. Pouvait-on imaginer meilleur faire valoir que le couple malicieux formé par William Matteuzzi et Inva Mula ? Et meilleure direction d’orchestre que celle d’Antonio Pappano, baguette impressionniste qui peint des atmosphères comme Monet des nénuphars et rend à une partition méjugée la place qu’elle mérite au panthéon puccinien.</p>
<pre>Alternative : Ivan Repušić, Münchner Rundfunkorchester – Elena Mosuc, Yosep Kang… (CPO, live 2015)</pre>
<p><em><strong>Il trittico </strong></em><strong>(cycle de trois opéras en un acte –<em> Il tabarro ; Suor Angelica ; Gianni Schicchi </em>– créé à New York le 14 décembre 1918)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Trittico.jpg" width="150" height="150" />Antonio Pappano, London Symphony Orchestra – José van Dam, Roberto Alagna, Angela Gheorghiu… (Warner Classics, 1997)</p>
<p>Réussir à part égale les trois opéras du <em>Trittico </em>serait-il mission impossible ? Il fallut attendre 1962 pour que l’œuvre soit enregistrée dans sa triple intégralité et Antonio Pappano en 1997 pour obtenir une version moins bancale que les six autres du catalogue, qui plus est dans une qualité sonore supérieure. <em>Il tabarro</em> d’un réalisme assumé ; <em>Suor Angelica</em> mystique, délivrée de toute tentation sulpicienne ; <em>Gianni Schicchi</em> un cran en dessous, qui voudrait plus d’ironie et de cruauté pour que le tiercé gagne sans contredit.</p>
<pre>Alternative : Lorin Maazel, London Symphony Orchestre – Tito Gobbi, Renata Scotto, Placido Domingo… (Sony, 1976)</pre>
<p><strong><em>Turandot </em>(opéra en trois actes, créé le 25 avril 1926 à Milan)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Turandot.jpg" width="150" height="150" />Francesco Molinari-Pradelli, Orchestra dell’opera di Roma – Birgit Nilsson, Franco Corelli, Renata Scotto… (Warner Classics, 1964)</p>
<p>A princesse de glace, prince d’acier. Les voix conjuguées de Birgit Nilsson et Franco Corelli rendent dispensables toute alternative. Il existe d’autres Turandot à même d’affronter les neiges éternelles de « In questa Reggia », d’autres Calaf empêcheurs de dormir à Pékin. Aucun ne dispose d’une telle insolence de moyens, d’une telle réserve inépuisable de souffle et d’aigu, d’une telle puissance à ébouler la muraille de Chine. Oui, ces deux-là forment une paire invincible, même s’il y a des Liu plus tendres (mais non mieux chantantes) que Renata Scotto et des directions d’orchestre plus épiques que celle de Francesco Molinari-Pradelli. La recherche de qualité sonore oblige à des concessions ; si l’on ne craint pas les grésillements, les enregistrements <em>live </em>de ces deux monstres réunis sont encore plus électrisants.</p>
<pre>Alternative : Zubin Mehta, Orchestre du Metropolitan Opera – Birgit Nilsson, Franco Corelli, Mirella Freni… (Living Stage, live 1966)</pre>
<p><strong>Et aussi&#8230;</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Messa-di-gloria.jpg" width="150" height="150" />Puccini, <em>Messa di Gloria</em> – Antonio Pappano, London Symphony Orchestra ; Roberto Alagna, Thomas Hampson (Warner Classics, 2000)</p>
<p>La seule œuvre liturgique de Giacomo Puccini dans une version somme toute de luxe pour une partition mineure. Composée en 1880 par un apprenti musicien de 22 ans, la <em>Messa di Gloria</em> vaut surtout par les promesses qu’elle contient, notamment l’air pour ténor « Gratias agimus tibi » que Roberto Alagna chante la fleur aux lèvres, tel Rodolfo dans <em>La Bohème</em>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Gheorghiu.jpg" width="150" height="150" />Angela Gheorghiu,<em> Puccini</em> – Orchestra sinfonica di Milano Giuseppe Verdi, Anton Coppola (Warner Classics, 2004)</p>
<p>Quinze héroïnes dont sept donnent leur nom (ou surnom) à un des douze opéras de Puccini… Heureuses sopranos au pied desquelles le compositeur toscan a déposé suffisamment d’airs pour occuper un album entier. Angela Gheorghiu est à notre connaissance la seule à les avoir tous enregistrés. D’Anna à Turandot, l’exhaustivité importe moins que les reflets d’un chant magnifique dans une voix d’or.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Varady.jpg" width="150" height="150" />Julia Varady, <em>Puccini, airs d’opéras célèbres</em> – Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, Marcello Viotti (Orfeo, 1993)</p>
<p>Dans les années 1990, le label Orfeo offrait à Julia Varady une série de récitals thématiques dont un récital puccinien à ne pas négliger. Même si le micro ne rend pas entièrement justice à une soprano pyromane à laquelle il fallait la scène pour se consumer, l’engagement sans faille secondé par une voix impétueuse donne vie à une galerie de portraits mémorables.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Discoveries.jpg" width="150" height="148" />Riccardo Chailly, <em>Puccini Discoveries</em> – Orchestra Sinfonica Di Milano Giuseppe Verdi, Riccardo Chailly (Decca, 2004)</p>
<p>Un enregistrement à classer au rayon des raretés avec huit premières mondiales dont le finale de <em>Turandot</em> composé par Luciano Berio ainsi que la cantate de jeunesse, « Cessato il suon dell’armi » datée de 1877 et jouée pour la première fois en 2003 !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-unknown.jpg" width="150" height="150" />Placido Domingo, <em>The unknown Puccini</em> – Julius Rudel (Sony Classical, 1989)</p>
<p>Puccini n’est pas un compositeur de salon. Ses mélodies, réunies par Placido Domino et Julius Rudel, tantôt au piano, tantôt à l’orgue, se présentent d’abord comme le laboratoire de ses opéras. Toute ressemblance par exemple entre « Mentia l’avviso » et Manon Lescaut ou « sole e amore » et La Bohème n’est pas purement fortuite. C’est ce qui fait leur intérêt.</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jonathan-tetelman-the-great-puccini/"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Puccini100-Tetelmann.jpg" width="150" height="150" />Jonathan Tetelman, The great Puccini</a> – Prague Philharmonia, Carlo Rizzi (2023)</p>
<p>Le regard conquérant, la voix solide, l’aigu vainqueur, la nouvelle coqueluche des ténors se mesure aux plus grands airs pucciniens dévolus à sa tessiture et apporte la confirmation, au sein d’une sélection tournée vers le passé, que la relève est assurée.</p>
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		<title>PUCCINI, Le Villi — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-villi-toulouse-retour-gagnant-pour-speranza-scappucci/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Feb 2022 05:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Copie quasi parfaite à la Halle aux Grains de Toulouse pour l’entrée au répertoire de Le Villi, premier opéra de Puccini. La seule chose qui nous ait manqué, pour le dire une fois pour toutes, c’est que l’œuvre ne soit pas donnée sous sa forme originelle, soit celle de l’opera ballo (opéra-ballet). Du coup, les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Copie quasi parfaite à la Halle aux Grains de Toulouse pour l’entrée au répertoire de <em>Le Villi</em>, premier opéra de Puccini. La seule chose qui nous ait manqué, pour le dire une fois pour toutes, c’est que l’œuvre ne soit pas donnée sous sa forme originelle, soit celle de l’<em>opera</em> <em>ballo</em> (opéra-ballet). Du coup, les longues séquences orchestrales censées accompagner les épisodes de danse, dont le ballet des Willis, ces fameuses créatures fantastiques (qui donnent leur nom à l’ouvrage), venues venger l’amour trahi, déséquilibrent quelque peu l’architecture d’ensemble. L’ouvrage n’étant donné qu’une seule fois, le parti a été pris de proposer l’œuvre en version mise en espace, ce qui se comprend aisément.</p>
<p>C&rsquo;est en fait à une quasi mise en scène (le ballet en moins donc) que nous convie <strong>Marie Lambert-Le Bihan</strong> et c&rsquo;est la première réussite de la soirée. Elle nous propose une occupation intelligente de tout l’espace circulaire de la Halle aux Grains, qui est une sorte de « Philharmonie » toulousaine. Ainsi les trois protagonistes de l’ouvrage occupent-ils savamment non seulement le devant de la scène, juste devant l’orchestre, mais aussi l’espace tout autour de celui-ci. Les entrées et sorties se font de trois côtés différents. Occupation intelligente aussi de l’espace temporel. A défaut de ballet, nous l’avons dit, les trois personnages réapparaissent, dans les longues plages orchestrales, en déambulation tout autour de la salle. Moins réussis toutefois les éclairages, avec quelques séquences de spots façon boîte de nuit, qui ne sont certainement pas indispensables.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/i47a3279.jpg?itok=TEgRb_y1" title="© Patrice Nin" width="468" /><br />
	© Patrice Nin</p>
<p>Mais l’essentiel est ailleurs. Nous retrouvons <strong>Speranza Scappucci</strong> qui nous avait bien convaincu dans la direction de son <a href="https://www.forumopera.com/breve/toulouse-un-cosi-a-saisir"><em>Così fan tutte</em></a> toulousain en 2020. Depuis, beaucoup de belles choses se sont passées pour la maestra romaine. Le mois dernier, en remplaçant Evelino Pidò souffrant, elle est devenue la première femme à diriger l’orchestre du Teatro alla Scala de Milan. Plus encore que Mozart, il nous a semblé que Puccini correspondait parfaitement à son tempérament musical. Une fois le prélude passé, quelque peu retenu, elle trouve le tempo juste qu’elle tient jusqu’au bout. Elle emporte l’orchestre sans ménagement (il n’y a pas de pause entre les deux actes), d’une battue précise, ciselée. C’est un plaisir de la voir faire corps avec la partition, sautiller sur l’estrade, avec toujours le geste précis. Il y a comme une saine urgence dans sa direction, une fascination qu’elle exerce sur chacun des pupitres. Louons une fois encore les vertus musicales de la phalange toulousaine ; les quelques 75 musiciens rendent une copie très solide, parfois tonitruante, lorsque, surtout au début du I, l’orchestre a tendance à couvrir les voix (l&rsquo;absence de fosse se fait sentir dans ces moments-là).</p>
<p>Il y a trois personnages seulement  dans <em>Le Villi</em>, opéra assez bref (75 minutes) et à l’histoire simplissime ; Anna, fille de Guglielmo, est fiancée à Roberto qui doit la quitter quelque temps afin de prendre possession d’un héritage. Anna a un mauvais pressentiment et, de fait, Roberto se laisse séduire par une « sirène » qui lui fait oublier Anna ; celle-ci meurt de chagrin. Quand Roberto rentre au pays, il est confronté au fantôme de sa fiancée ainsi qu’aux Willis qui l’entraînent lui aussi dans la mort. La version de l’ouvrage (au départ une partition de concours) qui est du reste trop rarement donnée aujourd’hui, est celle que Puccini a revisitée en 1884 en l’étoffant de quelques numéros dont la fameuse grande scène du ténor au I.</p>
<p>La partie de Guglielmo est assez brève ; nous avons plaisir à y retrouver <strong>Alexandre Duhamel</strong>, récemment <a href="https://www.forumopera.com/carmen-toulouse-dans-la-cour-des-grandes">Escamillo</a> toulousain. Le grave est toujours aussi barytonnant et chantant, et on le sent plus à l’aise dans le bas de la portée que dans le haut. Anna est <strong>Joyce El-Khoury</strong>. Présence incontestable sur le plateau, elle séduit au départ davantage par les médiums que les aigus, mais libère la voix au cours du duo ( « Tu dall’infanzia mia ») en fin de premier acte ; nous sont alors données d’entendre la justesse du chant, mais aussi les belles nuances apportées et, ce qui n’est pas rien, la puissance qui se révèle définitivement au II.</p>
<p>Dans la version revisitée de l’œuvre, l’apport majeur est la grande scène de Roberto au premier acte (« Torna ai felici di »). Le Roberto de <strong>Luciano Ganci</strong> y brille de mille feux ; il nous laisse entrevoir les qualités que nous retrouverons décuplées au II ; une ligne de chant bien conduite et décidément envoutante, un aigu facile et une projection impressionnante. Ce chanteur est pour nous une belle découverte. On l’entend aujourd’hui essentiellement en Italie. S’il conduit bien sa carrière, celle-ci pourrait l’amener à élargir son horizon.</p>
<p>Nous ne voudrions pas omettre le chœur du Capitole ; bien que tous masqués, les choristes, sous la houlette de <strong>Patrick Marie Aubert</strong>, qui met ainsi fin à son aventure à la tête des chœurs de Toulouse, ont répondu présents à la baguette de Speranza Scappucci. Rythme, diction, entrain, tout cela était en place.</p>
<p> </p>
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		<title>Le Portrait de Manon&#124;Le Villi — Limoges</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-puccini-maitre-et-genie-limoges-souvenirs-et-prefigurations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Feb 2020 06:50:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux hommes ont une Manon en commun, c’est vrai. Tous deux ont une réputation de « chantres de la femme », de ces « petites femmes » qu’ils aimaient tant faire mourir à la fin de leurs opéras. S’il est possible de réunir Massenet et Puccini en une seule soirée, c’est parce qu’ils ont tous deux produit, à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux hommes ont une <em>Manon </em>en commun, c’est vrai. Tous deux ont une réputation de « chantres de la femme », de ces « petites femmes » qu’ils aimaient tant faire mourir à la fin de leurs opéras. S’il est possible de réunir Massenet et Puccini en une seule soirée, c’est parce qu’ils ont tous deux produit, à des moments très différents de leur carrière, des œuvres brèves, trop brèves pour vraiment occuper une représentation entière. D’une part, un débutant de 25 ans, dont <em>Le Villi</em> est le premier opéra, d’autre part, un compositeur quinquagénaire fêté, à qui son librettiste offre un prétexte pour revenir sur l’un de ses grands succès. Plus d’un siècle après, pour nos oreilles qui peuvent envisager l’ensemble de la carrière deux compositeurs, le rapprochement prend aussi le caractère d’un jeu, où l’on s’amuse à identifier les autocitations de <em>Manon </em>et à deviner le futur auteur de <em>La Bohème</em>. Mais curieusement, Puccini se souvient aussi, des œuvres de ses aînés, Verdi en tête, tandis que Massenet préfigure aussi certaines œuvres qu’il n’a pas encore composées essentiellement son <em>Chérubin</em>, où l’on retrouvera un rôle travesti et l’ambiance du pastiche néo-XVIIIe siècle.</p>
<p>Difficile, pourtant, de ne pas sentir un certain déséquilibre entre les deux œuvres, ne serait-ce que par la longueur : 45 minutes pour Massenet, 65 minutes, mais là n’est vraiment pas le plus important. Simple « lever de rideau » nostalgique, <em>Le Portrait de Manon</em> offre assez peu de choses à se mettre sous la dent, en dehors du beau monologue initial d’un Des Grieux vieilli et de l’air réservé à la soprano, sorte de sœur jumelle de la Sophie de <em>Werther</em>. Les amoureux ont droit à un bref duo qui joue sur l’association soprano-mezzo, le rôle du ténor étant largement sacrifié. Avec des moyens sans doute moins subtils, <em>Le Villi</em> frappe fort malgré une dramaturgie réduite au strict minimum : on s’aime, on se sépare, on s’oublie, on se retrouve (après la mort de la dame, devenue spectre) et l’inconstant est châtié par les Willis qui l’entraînent dans leur danse infernale. Le jeune Puccini met le paquet pour impressionner l’auditeur, et il y parvient assez bien, il faut le reconnaître.</p>
<p>Pour l’occasion, l’Opéra de Limoges avait fait revenir celui qui présida longtemps aux destinées de la maison : <strong>Guy Condette</strong>, dont la fougue lorsqu’il dirige le Pucini laisse absolument pantois. Vraiment la retraite semble bien loin pour le chef pourtant septuagénaire, et la prestation de l’orchestre suscite l’admiration. Celle du chœur n’est pas moins remarquable, qui confère aux esprits malfaisants toute la sauvagerie exigée par la partition.</p>
<p>La distribution vocale était belle, avec malgré tout quelques points moins enthousiasmants. Avec Tiberge, <strong>Luca Lombardo </strong>ajoute un rôle massenétien de plus à un palmarès dèjà impressionnant ; la voix a beaucoup perdu de sa souplesse, mais le personnage est si épisodique ce n’est pas bien grave. On est plus gêné par le manque de soleil dans la voix de <strong>Lorenzo Decaro</strong> : s’il a la solidité nécessaire, le ténor italien manque du charisme qu’on attendrait, même pour un personnage ne devant pas forcément susciter la sympathie. Face à lui, <strong>Joyce El-Khoury </strong>est souveraine et brûles les planches, même dans cette version de concert. Malgré quelques aigus peu agréables pour commencer, l’ardeur de l’incarnation et la sensualité de la voix opèrent bientôt, et l’on ne saurait résister à pareille héroïne.</p>
<p>Seul chanteur présent dans les deux œuvres, <strong>Tassis Christoyannis </strong>se montre particulièrement impressionnant dans l&rsquo;air du père au début du deuxième acte des <em>Villi</em>, mais pour être nécessairement moins extraverti, son Des Grieux n&rsquo;en est pas moins une superbe composition. Chez Massenet, si <strong>Victoire Bunel </strong>se fie peut-être un peu trop à la beauté de son timbre là où une diction parfois plus nette ne serait pas malvenue, <strong>Sheva Tehoval </strong>est une Aurore proche de l’idéal, par la couleur de sa voix comme par la fraîcheur de son interprétation.</p>
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		<title>Le villi</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-villi-reference-pour-une-oeuvre-rare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Oct 2016 15:48:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier opéra de Giacomo Puccini, Le villi n’a jamais trouvé une place régulière au répertoire des théâtres. La partition fut écrite pour un concours organisé par l’éditeur Sonzogno, et le compositeur ne fut même pas classé, probablement en raison de combinazioni typiquement locales. L’ouvrage fut créé avec grand succès à Milan au Teatro dal Verme, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Premier opéra de Giacomo Puccini, <em>Le villi </em>n’a jamais trouvé une place régulière au répertoire des théâtres. La partition fut écrite pour un concours organisé par l’éditeur Sonzogno, et le compositeur ne fut même pas classé, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Villi">probablement en raison de <em>combinazioni </em>typiquement locales</a>. L’ouvrage fut créé avec grand succès à Milan au Teatro dal Verme, puis révisé plusieurs fois lors des reprises. Le livret reprend à peu de chose près une nouvelle d&rsquo;Alphonse Karr,<em> Les Willis</em>, elle-même inspirée de l’argument du ballet <em>Giselle</em>. Résumons rapidement l’intrigue. Dans un village de Forêt-Noire, Roberto et Anna se fiancent. Mais Roberto doit partir pour Mayence (fin de l’acte I). Un intermezzo en deux parties, L&rsquo;Abbandono (L’Abandon) et La tregenda (Le Fantôme), sépare les deux actes. Un narrateur compte les événements qui se sont passés pendant ce temps : Roberto a oublié Anna dans les bras d’une « Sirène » (dans la nouvelle, c’est plus prosaïquement une belle et riche jeune fille). Anna est morte de chagrin en son absence. La légende des Willis est exposée : quand une femme meurt le cœur brisée, les Willis entraînent l’amant infidèle jusqu’à la mort dans une danse infernale. Au début de l’acte II, le père d’Anna, Guglielmo, invoque la vengeance des Willis. Dans la forêt, Roberto rencontre le fantôme d&rsquo;Anna, puis il est tourmenté jusqu’à la mort par les Willis. Comme on le voit, la construction dramatique est assez faible : un premier acte où il ne se passe rien, un long intermezzo, une invocation du père et les tourments du gendre qui arrivent en conclusion, sans réelle progression dramatique. Ceci explique sans doute la difficulté de l’ouvrage à trouver un public.</p>
<p>Le Roberto de <strong>Plácido Domingo</strong> est ici à son zénith : ardent, viril et passionné. Il ne fait qu’une bouchée de la terrible scène finale d’une extrême difficulté. En dépit de quelques stridences, <strong>Renata Scotto</strong> est quasiment parfaite en Anna, donnant un sens à chaque mot dans une interprétation qui culmine avec sa dernière intervention fantomatique où elle rappelle avec émotion leurs amours passées, la trahison de Roberto, pour basculer dans un impitoyable appel à la vengeance. Le Guglielmo de <strong>Leo Nucci</strong> n’a qu’un air à chanter, qu’il exécute avec une parfaite musicalité. L’immense <strong>Tito Gobbi</strong> prête sa voix au narrateur, dans une interprétation un peu trop extérieure.</p>
<p>Comme très souvent, <strong>Lorin Maazel </strong>est parfaitement à son aise avec l’univers puccinien, en particulier dans l’intermezzo, somptueux. Il tire le meilleur d’une œuvre tout de même mineure, mais qui comportent quelques très belles pages.</p>
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		<title>PUCCINI, Le Villi — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-villi-paris-tce-demi-teinte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Feb 2014 07:42:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Dès la fin de ses études musicales, Puccini a l&#8217;opportunité de composer son premier opéra, Le Villi, grâce à Ponchielli, son professeur au Conservatoire de Milan, qui l&#8217;encourage à se présenter au concours d&#8217;opéras en un acte organisé par l&#8217;éditeur Sonzogno et le met en relation avec le poète Ferdinando Fontana pour le livret. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
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			Dès la fin de ses études musicales, Puccini a l&rsquo;opportunité de composer son premier opéra,<em> Le Villi</em>, grâce à Ponchielli, son professeur au Conservatoire de Milan, qui l&rsquo;encourage à se présenter au concours d&rsquo;opéras en un acte organisé par l&rsquo;éditeur Sonzogno et le met en relation avec le poète Ferdinando Fontana pour le livret. Le choix des deux hommes se porte sur une nouvelle de Jean-Baptiste Alphonse Karr, <em>Les Willis</em>, tirée d&rsquo;une légende germanique qui avait déjà inspiré à Adolphe Adam son ballet <em>Giselle</em>. L&rsquo;ouvrage est refusé par le jury du concours, mais avec l&rsquo;aide de son maître, Puccini, parvient à le faire représenter avec succès au Teatro dal Verme à Milan, puis quelques mois plus tard à Turin, dans sa version définitive en deux actes.</p>
<p>			Le premier acte se situe dans la Forêt-Noire où des villageois célèbrent les fiançailles d&rsquo;Anna, fille du garde forestier et de Roberto. Celui-ci doit partir pour Mayence afin d&rsquo;y recevoir un héritage. Là, il succombe au charme d&rsquo;une courtisane et oublie sa fiancée qui meurt de chagrin. Aux deuxème acte, Roberto, pris de remords, revient dans son village mais en traversant la forêt il rencontre les Willis, parmi lesquelles se trouve Anna, assoiffée de vengeance. Elles vont l&rsquo;entraîner dans une danse effrénée à la fin de laquelle Roberto tombera mort aux pieds du fantôme de sa fiancée.</p>
<p>			La première partie du concert est consacrée à des pages d&rsquo;opéras contemporains de l&rsquo;oeuvre de Puccini qui mettent en évidence les limites vocales d&rsquo;une partie des solistes. C&rsquo;est <strong>Àngel Òdena</strong> qui ouvre la soirée avec un prologue de <em>Pagliacci </em>tout à fait satisfaisant. Le baryton espagnol, dont ce sont les débuts à Paris, dispose d&rsquo;une voix ample et solide, égale sur toute la tessiture et d&rsquo;un timbre sombre qui lui permet de camper avec bonheur Guglielmo, le père d&rsquo;Anna. Son air du deuxième acte « No, possibil non é » où le personnage exprime sa douleur d&rsquo;avoir perdu sa fille et son désir de vengeance est particulièrement convaincant.</p>
<p>			Autres débuts à Paris, ceux de <strong>Thiago Arancam</strong>, lauréat du concours Opéralia en 2008, que les Lyonnais ont pu entendre dans le rôle de Luigi du<em> Tabarro</em> en 2012. Ce ténor italo-brésilien ne manque pas d&rsquo;atouts: doté d&rsquo;un physique de jeune premier, le sourire ravageur, il charme sans peine l&rsquo;auditoire dès son entrée en scène. Le timbre clair ne manque pas de séduction mais la voix paraît engorgée par moment et semble dépassée par la tessiture de l&rsquo;air de Paillasse qui contraint le chanteur à forcer ses moyens. L&rsquo;air de Turridu le montre un peu plus à son aise mais la ligne de chant est malmenée et le legato aux abonnés absents. Sans doute, ce jeune artiste aborde-t-il prématurément ces pages qui réclament des moyens de ténor dramatique, ce qu&rsquo;il n&rsquo;est visiblement pas ou du moins pas encore. Le rôle de Roberto dans<em> Le Villi </em>semble plus adapté à ses possibilités actuelles, il parvient même à être touchant dans son air du deux, « Ecco la casa ».</p>
<p><strong>Ermonela Jaho</strong>, en revanche, est bien connue du public du Théâtre des Champs-Élysées où elle interprétait en début de saison le rôle de Julia dans <em>La Vestale</em>. Cueillie à froid dans « L&rsquo;altra notte in fondo al mare », la cantatrice est à la peine, l&rsquo;aigu paraît tendu et le trille passe à la trappe. En revanche l&rsquo;air d&rsquo;Adrienne Lecouvreur, la montre plus à son avantage, le legato est impeccable et les jolies nuances dont elle orne son chant contribuent à l&rsquo;émotion qu&rsquo;elle parvient à susciter. Enfin, dans l&rsquo;opéra de Puccini la soprano albanaise tire son épingle du jeu avec brio: jeune fille amoureuse au premier acte, femme trahie, assoiffée de vengeance au second, son interprétation n&rsquo;appelle aucune réserve.</p>
<p>			Il convient de mentionner les interventions tout à fait en situation du récitant de <strong>Marcello Scuderi</strong>. Belle prestation également du Choeur de Radio France, villageois débonnaires au premier acte des<em> Villi </em>et fantômes inquiétants au second.</p>
<p>			A la tête de l&rsquo;orchestre National de France, <strong>Luciano Accocella</strong> dirige l&rsquo;ensemble du concert avec élégance et fait preuve dans l&rsquo;opéra de Puccini d&rsquo;un sens aigu du théâtre.</p>
<p>			 </p>
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		<title>Le Villi, la première valse folle de Puccini</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/le-villi-la-premiere-valse-folle-de-puccini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yonel Buldrini]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2007 23:01:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Nancy termina sa saison 2006/07 en couplant le délicieux Zanetto de Mascagni avec I Pagliacci et voici que, dans un bel accord lorrain, le Théâtre de Metz, doyen des théâtres français encore en activité, inaugure la sienne &#8211; octobre 2007 &#8211; en ajoutant à Cavalleria rusticana l’intéressant premier opéra de Giacomo Puccini. Pour cette occasion, Yonel Buldrini nous offre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>
	<br />
	L’Opéra de Nancy termina sa saison 2006/07 en couplant le délicieux <em>Zanetto</em> de Mascagni avec <em>I Pagliacci</em> et voici que, dans un bel accord lorrain, le Théâtre de Metz, doyen des théâtres français encore en activité, inaugure la sienne &#8211; octobre 2007 &#8211; en ajoutant à <em>Cavalleria rusticana</em> l’intéressant premier opéra de Giacomo Puccini.</p>
<p>	Pour cette occasion, Yonel Buldrini nous offre une étude de ce premier opus :</p>
<p>	<strong>SOMMAIRE</strong></p>
<p>	<strong>« I Due Toscani »</strong>  (p.2)<br />
	Les origines et les débuts de Giacomo Puccini</p>
<p>	<strong>Giacomo Puccini, Le Willis et Le Villi</strong> (p.8)<br />
	La création de l’opéra et ses nombreux remaniements</p>
<p>	<strong>L’action et la musique de <em>Le Villi </em></strong> (p.12)<br />
	La légende des Willis et sa réécriture littéraire et musicale par Puccini</p>
<p>	(octobre 2007)</p>
<p>	<strong><a href="http://forumopera.damienrave.fr/sites/default/files/dossier/2002-11/dossier_le_villi.pdf">Lire le dossier complet</a> (format PDF)</strong></p>
<p>
	 </p>
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