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	<title>Filarmonica Arturo Toscanini - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Filarmonica Arturo Toscanini - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Gala Verdien &#8211; Parme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au programme de ce concert verdien ce 10 octobre le dernier acte de Luisa Miller et celui de Rigoletto. Ils ont en commun la mort d’une héroïne sous le regard désespéré de son père. La première meurt empoisonnée par celui qu’elle aime – il croyait qu’elle l’avait trahi – la seconde pour sauver la vie de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au programme de ce concert verdien ce 10 octobre le dernier acte de <em>Luisa Miller </em>et celui de <em>Rigoletto</em>. Ils ont en commun la mort d’une héroïne sous le regard désespéré de son père. La première meurt empoisonnée par celui qu’elle aime – il croyait qu’elle l’avait trahi – la seconde pour sauver la vie de celui qu’elle aime bien qu’elle ait eu la preuve qu’il la trahissait. L’une et l’autre sont étroitement liées à un père très protecteur : Luisa a sauvé le sien en acceptant un chantage qui la déshonorait, Gilda sait bien qu’elle représente tout pour Rigoletto depuis la mort de sa mère. Privés de compagnes, ces deux hommes semblent avoir du mal à laisser leurs filles vivre de façon autonome. Luisa veut mourir ? Gilda aime un imposteur ? Les deux pères font pression sur elles pour obtenir, fût-ce par un chantage, qu’elles restent auprès d’eux.</p>
<p>Outre cette parenté thématique, l’intérêt de ce rapprochement s’impose à l’écoute : de <em>Luisa Miller </em>(1849) à <em>Rigoletto</em> (1851) Verdi semble avoir trouvé les clefs d’une efficacité majeure de ses capacités expressives, et la direction vigilante et dynamique de <strong>Paolo Carignani</strong>  le met en lumière avec une précision que les musiciens de l’Orchestre Philharmonique Arturo Toscanini épousent impeccablement. Ce n’est pas le moindre des plaisirs que dispense cette fête sonore que de voir et d’entendre la symbiose entre le chef qui ponctue inlassablement les nuances et les musiciens qui semblent respirer cette énergie.</p>
<p>Le troisième acte de <em>Luisa Miller </em>est en miroir avec le premier, mais alors que celui-ci commençait dans la joie le dernier s’ouvre sur l’inquiétude des amies de Luisa. La plus proche d’elle est Laura, rôle confié à une élève de l’Académie Verdienne, <strong>Maria Kosovitsa</strong>, au timbre séduisant et à la présence gracieuse. Le défi de la soirée est relevé par une autre élève de l’Académie, <strong>Alessia Panza</strong>, qui incarne Luisa. Est-elle d’abord handicapée par une tension bien compréhensible ? La justesse de l’intonation nous semble un moment incertaine. Au fil de l’exposition, on apprécie globalement les intentions expressives, sauf quand la virtuosité démonstrative frôle à un moment les « cocottes ». L’extension n’est pas superlative dans l’aigu mais l’émission est homogène et le souffle semble assez long, autant d’acquis prometteurs. Le ténor <strong>Ivan Magri </strong>lui donne une réplique stylistiquement impeccable, restituant la fougue et la hargne de l’amoureux qui s’est cru trahi et a décidé d’en finir en entrainant dans la mort la présumée coupable. Le baryton mongol <strong>Ariunbaatar Ganbaatar </strong>prête au père abusif sa haute stature et sa voix sonore <strong>; </strong>le duo où il invite Luisa à partir avec lui pour mener une vie d’errance précaire – qui vaudra mieux que leur environnement menaçant – dont la courbe mélodique et les couleurs annoncent l’air de Germont, est très réussi. <strong>Francesco Leone </strong>assure sobrement les quelques mots du comte Walter. Les chœurs ont quant à eux rempli leur rôle de témoins de la métamorphose de Luisa et du malheur final.</p>
<p>Après l’entracte, c’est donc le dernier acte de <em>Rigoletto</em>, ce moment culminant de l’œuvre où la cohabitation du sordide et du sublime bouleversent le spectateur, témoin impuissant de la détresse de Gilda, de son sacrifice, et de l’horreur vécue par Rigoletto. <strong>Francesco Leone</strong> peut enfin faire entendre en Sparafucile une voix de basse plutôt chantante car sa profondeur n’est pas abyssale. Sa sœur Maddalena est plus que chantée, mieux vaut dire jouée tant les mimiques et les gestes accompagnent le chant, par <strong>Teresa Iervolino</strong>, qui n’en fait pas une malheureuse exploitée par son frère, mais une professionnelle refusant de voir trucider un client pour lequel elle a un gros faible. Faut-il dire qu’elle a toute la ressource vocale nécessaire à faire de son intervention un numéro des plus savoureux sans recourir aux sons forcés qu’on entend parfois ? Ce séducteur volage et menteur a la prestance de <strong>Davide Tuscano</strong>, qui délivre l’attendu « La donna è mobile » avec élégance, sans chercher l’effet, et reprendra l’air en coulisse avec la même légèreté, celle du personnage insouciant ou indifférent aux conséquences de sa conduite. C’est à <strong>Giuliana Gianfaldoni </strong>qu’il revient d’incarner l’héroïne à qui son père révèle la traîtrise de celui qu’elle idolâtre, et à <strong>Ariunbaatar Ganbaatar</strong>, désormais chez lui au Regio après son triomphe dans <em>Giovanna d’Arco</em> de faire entendre cet homme bien décidé à ouvrir les yeux de sa fille, même en lui brisant le cœur, et à faire tuer celui qui a osé la souiller. Elle a les moyens techniques de rendre justice aux difficultés de l’écriture, et la sensibilité nécessaire pour communiquer l’émotion de l’amoureuse blessée. Il a les moyens nécessaires à faire entendre la colère profonde et le désir inquiet de protéger celle qui est toujours sa petite fille, et, peut-être parce qu’il est plus familier du rôle, son italien sonne nettement mieux. Voix de bronze ou de flûte, sonorités élégiaques ou ampleurs menaçantes, les timbres se marient  dans un tissu de nuances qui se combinent magnifiquement dans les  ensembles, et tandis que le malheur des uns côtoie le badinage des autres, le spectateur comblé savoure ces mélanges vocaux enchâssés somptueusement par la musique, avant l’uppercut de l’accord final, qui déclenche les ovations. Un beau programme, où <em>Rigoletto </em>apparaît comme le fruit enfin mûr de la détermination du compositeur, et une belle réalisation !</p>
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		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-parme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette édition 2025 du festival Verdi reprend une production de Falstaff créée sur la même scène du Teatro Regio en 2017 dans une mise en scène de Jacopo Spirei et les décors de Nikolaus Webern. Trois ans avant le Brexit, elle proposait une vision de l’Angleterre contemporaine où, pour reprendre une formule familière, « tout f…le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette édition 2025 du festival Verdi reprend une production de <em>Falstaff </em>créée sur la même scène du Teatro Regio en 2017 dans une mise en scène de <strong>Jacopo Spirei </strong>et les décors de <strong>Nikolaus Webern</strong>. Trois ans avant le Brexit, elle proposait une vision de l’Angleterre contemporaine où, pour reprendre une formule familière, « tout f…le camp ». L’ Union Jack s’affiche en guise de rideau de scène, mais ses couleurs sont passées et les traces bien visibles montrent que ce symbole de la grandeur britannique a servi plusieurs fois de nappe. Où cela ? Peut-être dans cette arrière-salle sordide, où contre la paroi du fond une photographie de la reine Elizabeth surmonte le laisser-aller et probablement la crasse, comme les mimiques de Quickly l’indiqueront pendant son ambassade.  Auprès d’une table flanquée de piles de vaisselle sale roupille sur une chaise un vieil homme obèse. A ses pieds, mais on ne les verra que lorsqu’ils bondiront, peut-être pour éviter un coup de pied, deux escogriffes, vraisemblablement deux écornifleurs, vêtus au « décrochez-moi-ça ». Mais ils semblent les chiens de garde de Falstaff, auquel un bourgeois énervé reproche avec véhémence de l’avoir maltraité, avant de les accuser de l’avoir volé après l’avoir fait boire. Falstaff le traite par le mépris et il promet de se venger. Ce n’est autre que l’étriqué Docteur ( titre ou qualité ?) Cajus.</p>
<p>Il trébuche, le sol est inégal, mais son ivresse n’est pas responsable : rien ne va droit, on s’en rendra compte aussi en découvrant la rue dans laquelle vivent les Commères où les maisons ont encore grand air mais semblent pencher du côté où elles vont tomber, vision surréaliste et cependant significative d’un état du monde, de ce monde. Cette option, outre son charme et sa pertinence, a sa fonctionnalité : il suffira d’abord d’ouvrir une façade pour faire de la demeure victorienne de Ford le lieu de rendez-vous des commères, et ensuite d’ajouter de la verdure au dernier acte pour transformer cet espace urbain en jungle où le piège sera tendu. Cet espace, au début, c’est celui où se réunissent les adolescents qui découvrent l’amour, tourmenté pour une jeune fille qui semble épier quelqu’un qui ne la recherche pas, commenté par ceux qui chuchotent à la vue d’un couple. Ils ont évidemment leurs téléphones et en usent à qui mieux mieux, et c’est ainsi que Fenton et Nanetta se donnent rendez-vous. Tout cela est fait avec une rapidité gracieuse si bien que cela n’a rien de pesant ou de lassant.</p>
<p>Ajoutons que les costumes de <strong>Silvia Aymonino</strong> proposent un éventail pittoresque qui va du négligé initial pour Falstaff au complet bleu qu’il revêt pour son entreprise galante, en passant par la tenue conformiste de Ford, celle de ses compagnons de fouille, clonés sur l’Inspecteur Clouzeau, la minijupe de Nanetta, et le kilt de cuir de Fenton, un choix qui pourrait expliquer entre autres choses l’hostilité de Ford à son mariage avec Nanette pour qui il veut le conformiste Cajus. Cette fantaisie vestimentaire est évidemment exaltée dans la mystification carnavalesque de Falstaff, comme une fête d’ <em>Absolutely fabulous</em>.</p>
<p>Une adaptation donc, une transposition, mais aucune trahison de l’esprit de l’œuvre, et c’est assez rare pour qu’on s’en réjouisse hautement. La distribution est à la hauteur des attentes, et si quelque voix manque un peu d’ampleur, cela peut tenir à l’humanité de l’interprète, qui ne peut avoir le rendu constant d’une machine, cela peut tenir à quelque éclats de l’orchestre, dont la vitalité semble parfois débordante. <strong>Gregory Bonfatti</strong> est abonné à Cajus, auquel il donne le juste ton geignard du personnage. <strong>Roberto</strong> <strong>Covatta</strong> en Bardolfo a la gouaille déjantée qui convient et il est à croquer en reine des fées. <strong>Eugenio Di</strong> <strong>Lio </strong>est l’autre élément du couple de parasites et sa haute taille contribue plaisamment au disparate visuel quand leur conduite est parallèle. <strong>Caterina Piva </strong>est une Meg aussi gracieuse que la décrit Quickly, et tient son rôle au mieux.</p>
<p>Une annonce relative à la santé de <strong>Giuliana Gianfaldoni</strong> nous a fait craindre l’accident, mais rien de tel ne s’est produit, et après sa Gilda impeccable en concert le vendredi elle a assuré de même en semblant se promener dans le haut de la tessiture et par des notes longuement tenues dans le flirt de Nanetta et Fenton. Dans ce rôle <strong>Dave Monaco </strong>qui portait le kilt avec aisance, incarnant avec un naturel séduisant ce jeune amoureux empressé et jamais rebuté par les rebuffades d’un père borné, la souplesse de la voix épousant celle de sa partenaire dans des duos délicieux.</p>
<p>L’homme fort, c’est-à-dire intelligent, clairvoyant, ou du moins qui croit l’être, ce Ford si conformiste qui s’habille en fonction des circonstances – sa tenue « décontractée » pour rencontrer Falstaff incognito – et peut-être aussi pour asseoir sa réputation d’homme riche – était chanté par <strong>Alessandro Luongo</strong>, dont la projection, sans être insuffisante, avait parfois du mal à l’emporter sur l’orchestre, mais dont l’interprétation de l’air où Ford revient brusquement à ce qu’il prend pour la stupéfiante réalité cochait toutes les intentions expressives. Ford est le deuxième visiteur de Falstaff ; le premier était la perfide Quickly, campé par une désopilante <strong>Teresa Iervolino</strong>, l’avant-veille fille de barrière, ce soir feinte entremetteuse qui se retrouve cernée par la crasse et n’aura de cesse de se réconforter, retournée rendre compte de son ambassade, avec force verres de whisky – enfin, on suppose. Chantant de sa voix naturelle, sans la forcer pour chercher l’effet, elle allie la drôlerie du personnage à la séduction de son timbre velouté.</p>
<p>Alice, celle que tout Windsor convoite, à en croire Falstaff, a l’assurance de <strong>Roberta Mantegna</strong>. Son personnage a l’élégance discrète d’une grande bourgeoise, elle semble régner sans heurts sur sa maison où les domestiques lui obéissent au doigt et à l’œil. Son débit et son discours sont mélodieux sans mièvrerie. Est-elle une épouse fidèle, une femme vertueuse ? Oui, sans doute, car elle repousse les propositions indécentes de Falstaff, mais si le prétendant n’avait pas été un ivrogne obèse plus très frais ? Mais dans l’œuvre elle est l’incarnation du bon sens : il faut poser des barrières à cet homme outrecuidant.  Si on peut s’amuser à ses dépens, pourquoi pas ? Puisqu’il a eu la sottise de croire qu’il lui suffisait de prétendre pour obtenir, elle le « chauffe » pour mieux le frustrer, avant de le punir. D’ailleurs Il faut que les gens se plaisent : Fenton plait à Nanette et elle lui plaît, qu’ils s’épousent, et si son mari n’est pas assez raisonnable pour le comprendre, elle n’hésitera pas à lui forcer la main. Il est la dupe, lui aussi.</p>
<p>Et Falstaff ne manque pas l’occasion de le lui dire, lui qui vient d’être à nouveau victime de la comédie larmoyante que lui a jouée Quickly et de sa haute opinion de lui-même. Falstaff, c’était <strong>Misha Kiria, </strong>comme en 2017. Ne l’ayant pas vu alors, nous ne saurons dire s’il a mûri le personnage, mais autant son Taddeo de Pesaro cet été nous a laissé froid, autant son « pancione » nous a impressionné. Non seulement le jeu est magistral mais l’organe vocal est particulièrement remarquable d’extension et de puissance. Le chanteur sait exhiber ce mélange de bougonnerie, de forfanterie, d’abattement, qui constitue la complexité passionnante du personnage. Sans nul doute il est aujourd’hui un des plus grands interprètes du rôle.</p>
<p>A la fin du troisième acte, le personnage sort du cadre vient à l’avant-scène pour s’adresser au spectateur, dans cette fugue finale si magistrale qu’on ne peut lui résister. <em>Tutti gabbati</em>, tous des dupes ! Qui ? Les êtres de sexe masculin ? Ou bien les êtres humains, quel que soit leur genre ? La première réponse limiterait la leçon. La deuxième se  veut universelle. Est-ce que l’octogénaire Verdi, l’agnostique dont le <em>Requiem</em> s’adressait d’abord à son ami mort, nous avertit par ce ricanement salutaire : tout finira ? Shakespeare est mort, et nous mourrons tous. Il faut rire de tout ! Et la fugue nous emporte dans son tourbillon, chœur et orchestre confondus, entraînés par le tourbillon d’un chef  devenu démiurge. Michele Spotti semblait épuisé, aux saluts. Epuisé, mais heureux. Et nous l’étions aussi..</p>
<p>Et puis s&rsquo;est ouvert, descendant des cintres un drapeau palestinien, et des huées ont jailli. La fête était finie.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Otello &#8211; Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-otello-parme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On savait depuis le début de l’après-midi que Brian Jagde serait Otello, remplaçant Fabio Sartori comme Yuri Eyazof l’avait fait le 5. Était-ce pour lui permettre d’assimiler la mise en scène que le rideau tardait tant à se lever, proposant, ou pour mieux dire, imposant aux yeux des spectateurs les mots NULLA et MORTE en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On savait depuis le début de l’après-midi que <strong>Brian Jagde</strong> serait Otello, remplaçant Fabio Sartori comme Yuri Eyazof l’avait fait le 5. Était-ce pour lui permettre d’assimiler la mise en scène que le rideau tardait tant à se lever, proposant, ou pour mieux dire, imposant aux yeux des spectateurs les mots NULLA et MORTE en lettres capitales grises sur fond noir ? Leur répétition sur quatre lignes était-elle une mise en condition ? Enfin une annonce : l’interprète de Roderigo étant momentanément indisponible, le rôle serait chanté depuis la fosse par Damiano Lombardo, un artiste des chœurs. Avec les premières notes sont projetées les images d’une pluie battante sous laquelle les inscriptions se dissolvent, et le rideau se lève sur le plateau où les artistes des chœurs scrutent la mer en furie, c’est-à-dire la salle. Un homme s’est posté à jardin,  à l’écart de la fébrilité de la foule, c’est Iago, et ses échanges avec un Roderigo invisible sont quelque peu étranges. On a vu cependant à cour un homme lutiner hardiment une jeune femme porteuse d’un tutu, on découvrira bientôt qu’il s’agit de Cassio, qui reviendra un verre à la main. Ainsi est ruinée la thèse de Iago qui soutient que Cassio est transi d’amour pour Desdemona.</p>
<p>A ce détail on perçoit l’intention de respecter l’œuvre dans la mise en scène de <strong>Federico Tiezzi</strong>, et son souci de faire vivre les personnages, qui constituent pour nous les qualités principales de son travail. Sans doute pourrait-on discuter la distance qui éloigne Otello de Desdemona dans le duo où il savoure leur étreinte. Mais certains choix sont manifestement le fruit de décisions communes avec <strong>Margherita</strong> <strong>Palli</strong>, qui signe les décors minimalistes : le jardin où se déroule l’hommage à Desdémone est représenté par une image. L’énigmatique galerie de vitrines exposant une collection d’animaux rares en guise de balcon, et les lustres feront exception à cet ascétisme. Décidés ensemble, probablement, les changements de lieu par des jeux de rideaux qui ne font pas toujours dans la dentelle, quand ils tombent brusquement des cintres et que les lumières de <strong>Gianni Pollini, </strong>un adepte des tubes de néon et des contrastes violents, soulignent ces effets. Mais l’essentiel n’est pas là.</p>
<p>Il est dans l’exécution musicale et vocale, qui, a bien des égards, comble les attentes, grâce à un quatuor vainqueur, les trois protagonistes et le chef. Sans doute aurions-nous aimé, pour le chœur du premier acte « Vittoria ! Sterminio ! » des accents plus mordants, pour exprimer davantage le plaisir sadique de la foule à imaginer les malheurs des vaincus, mais le chœur suivant « Fuoco di gioia » a toute l’alacrité désirable et globalement cette qualité se maintiendra sans la moindre faiblesse. Le chœur des voix blanches du Teatro Regio n’est pas en reste, et  sa participation orne bellement l’hommage à Desdemona, véritable « vox populi, vox Dei » que le metteur en scène a choisi d’enrichir d’acrobates et jongleurs.</p>
<p>Irréprochables, les rôles secondaires : le héraut de <strong>Cesare Lana</strong>, le Montano d’ <strong>Alessio Verna</strong>, le Lodovico de <strong>Francesco Leone, </strong>dont l&rsquo;apparence nous fait penser à un pope. <strong>Natalia Gavrilan</strong> exprime clairement la défiance d’une femme déçue par un mari dont elle a percé à jour la duplicité et sa tendresse pour Desdemona, peut-être la fille qu’elle n’a pas eue. Cassio, l’innocent jouisseur, ne comprend pas qu’il est l’arme dont Iago se sert pour abattre Otello ; <strong>Davide Tuscano</strong> lui prête un physique dont la jeunesse apparente est celle de Desdemona, qu’il connaît depuis l’enfance, et la voix et la tenue scénique idoines aux nécessités du rôle. L’épouse d’Otello est incarnée par <strong>Mariangela Sicilia</strong>, qui avait fait sensation dans le rôle à Bologne il y a trois ans. L’a-t-elle mûri depuis ? Non seulement elle porte avec élégance les souples tenues dont <strong>Giovanna Buzzi </strong>habille l&rsquo;héroïne, mais son interprétation semble avoir atteint une sorte de perfection, tant vocale que scénique, de son entrée enjouée à son désespoir final, avec toutes les nuances de l’incompréhension, de l’inquiétude et de la souffrance, qui passent dans un chant auquel extension vocale et maîtrise technique confèrent l’illusion de la facilité et autorisent tous les raffinements que Verdi assortit aux situations. On est littéralement suspendu à son souffle, et on ne se lasse pas d’admirer comme elle en contrôle l’émission.</p>
<p>Cette bravoure, on la retrouve, avec des moyens différents, chez <strong>Ariunbaatar Ganbaatar</strong>, un des deux barytons mongols devenus fameux dans l’Europe lyrique. La veille il était Rigoletto, le vengeur prêt à se faire bourreau. Ce soir il est Iago, l’esprit du mal, celui qui nie, dont le credo est un véritable blasphème pour qui croit en Dieu. Nous avons connu des Iago plus chafouins, mais cette expressivité différente prend ici la valeur d’une retenue volontaire, d’un contrôle exercé par le personnage sur la mobilité de son visage afin que ses mimiques ne trahissent pas ses sentiments véritables. Et cette fausse impassibilité accompagne l’extension somptueuse d’un timbre riche, à la fois profond et brillant, que le chanteur déploie avec un souci constant des nuances.</p>
<p>Reste le rôle du serin, si l’on ose dire. Quand l’œuvre commence, Otello est à l’acmé de sa vie, et il ne le sait pas. Déjà commandant en chef, il rentre victorieux d’une expédition risquée, pour retrouver sa compagne, sa moitié. Tout entier à remplir la mission qui lui a été confiée, il n’a pas vu, pas compris, la jalousie et le ressentiment que sa réussite a fait naître. D’abord il est étranger, pis, il est un « sauvage aux lèvres épaisses », autrement dit un nègre ! Et celle qu’il va embrasser est celle que tous convoitaient. Qu’elle l’ait choisi aurait dû lui donner une assurance inébranlable. Pour l’ébranler, il suffira de le faire douter d’elle. Le raisonnement est juste, et la suite le démontrera. Parce qu’il n’est pas méchant, Otello n’imagine pas la méchanceté d’autrui. Cette candeur le perdra et il sera lui-même l’artisan de son malheur. Cette innocence initiale, cette naïveté incapable de s’interroger sur les insinuations, sur leurs mobiles, cette brusque inquiétude, l’angoisse, le ressentiment, la violence qui, jaillit, <strong>Brian Jagde </strong>sait les exprimer et comme il a dans la voix la vaillance et l’étendue nécessaire et aussi la musicalité qui lui permet d’en faire l’usage convenable, il campe un Otello des plus convaincants et des plus respectables.</p>
<p>C’était bien la conviction du public, qui ne lui a pas marchandé ses ovations, pas plus qu’à ses partenaires Iago et Desdemona. Mais il en restait pour honorer <strong>Roberto Abbado</strong> et l’Orchestre  Philharmonique Arturo Toscanini, pour la superbe lecture de la partition, ardente, haletante, passionnée, avec son alternance de replis torves, d’éclats menaçants, de sourdines sinistres et d’effusions passionnées ou élégiaques, où la richesse des timbres est celle d’un nuancier qui semble sans limites, et où la reprise des quelques mesures de « un bacio ancora » amène au bord des larmes. Miracle du théâtre lyrique qui rend si vraies ces fictions !</p>
<p>PS : Cette ferveur partagée, l’apparition sur deux supports lumineux, après les saluts individuels, de drapeaux aux couleurs de la Palestine cherche peut-être à l’exploiter, mais ce coup d’éclat  reste sans écho notable.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Macbeth &#8211; Parme (Festival Verdi)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-macbeth-parme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La chose est entendue : c’est en programmant des œuvres rarement jouées ou en les présentant sous un jour nouveau qu’un festival d’art lyrique trouve sa raison d’être artistique. A ce titre, le Festival Verdi a eu raison d’afficher la version française de Macbeth, datée de 1865, comme il avait bien fait six ans ans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La chose est entendue : c’est en programmant des œuvres rarement jouées ou en les présentant sous un jour nouveau qu’un festival d’art lyrique trouve sa raison d’être artistique. A ce titre, le Festival Verdi a eu raison d’afficher la version française de <em>Macbeth</em>, datée de 1865, comme il avait bien fait <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-parme-a-la-source-du-mal/">six ans ans plus tôt d’exhumer l’originale créée en 1847 à Florence</a>. Encore eût-il fallu qu’il se donnât les moyens de ses ambitions&nbsp;: veiller à la diction française des interprètes pour rendre intelligible le livret de Charles Nuittier et d’Alexandre Beaumont, condition nécessaire même si insuffisante à la viabilité de la démarche. En ce soir de deuxième représentation, on ne comprend pas un traitre mot des chanteurs, exception faite de <strong>Michele Pertusi</strong>, familier de notre langue à travers quelques œuvres de son répertoire – <em>Guillaume Tell</em>, <em>La Damnation de Faust</em>… –, et de <strong>Rocco Cavalluzzi</strong>, réduit à peu de répliques par le rôle du Médecin. Tout juste constate-t-on que la partition peine à se plier aux particularités de la langue française, défaut imputable à une révision opérée par Verdi sur le texte italien avant d’être traduit par Nuittier et Beaumont.</p>
<p>La vacuité de la mise en scène est l’autre écueil sur lequel achoppe cette nouvelle production. <strong>Pierre Audi </strong>invoque en vrac dans sa note d’intention l’affaire Dreyfus, Sarah Bernhardt et le théâtre baroque sans que rien dans le propos scénique ne convainque de la pertinence de ces références. La première partie du spectacle a pour décor une réplique du Teatro Regio. Son principal atout est de favoriser par un jeu de rideaux le passage des scènes intimes au scènes publiques. Vêtues de robes noires, les sorcières sont livrées à elles-mêmes dans un parti pris d’anonymat injustifié. Une trappe au sol rend grotesques entrées, sorties et crimes. Seule la relation entre Macbeth et sa Lady semble avoir inspiré Pierre Audi. Le couple diabolique est placé dans un rapport de soumission, efficace à défaut d’être original. Cet embryon d’idée se réduit à peu de choses dans la seconde partie, placée derrière des grilles sans rapport avec le décor précédent. Le ballet inséré au troisième acte par Verdi ressasse en arrière-plan le lien corrompu qui unit Macbeth avec une Lady détriplée. La procession des futurs rois fait abstraction de toute dimension fantastique. Le grand moment de théâtre musical qu’est la scène du somnambulisme tombe à plat. La brindille tenue par un figurant en guise de forêt de Birnam appose un point définitif sur une lecture scénique oubliable.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0221_Macbeth2024-1294x600.jpg">© Roberto Ricci</pre>
<p>Tout dans ce <em>Macbeth</em> tricolore n’est pas cependant à remiser aux fins fonds de sa mémoire. La direction de <strong>Roberto Abbado</strong> est de celles qui se préoccupent d’équilibre dramatique plutôt que d’effets de manche. Rien d’ostentatoire, ni d’outré, rien de plébéien non plus dans des ensembles conduits avec une rigueur exemplaire. Le Filarmonica Arturo Toscanini, augmenté de l’Orchestra giovanile della via Emilia trouve matière à s’épanouir dans une fosse à sa mesure, contrairement à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-attila-fidenza/">l’avant-veille dans <em>Attila</em></a>. Le Chœur du Teatro Regio se présente à l’inverse un cran en dessous en termes d’expression et de graduation du volume.</p>
<p>De retour dans sa ville natale, <strong>Michele Pertusi</strong> est un Banquo patiné par les ans sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise, la ligne affermie, le ton paternel – peut-il en être autrement après quarante ans d’une carrière glorieuse&nbsp;? <strong>Luciano Ganci </strong>trompette l’air de Macduff «&nbsp;Oui, l’on m’a pris douleur amère&nbsp;» («&nbsp;Ah La Paterna Mano&nbsp;») avec une souplesse et un phrasé caractéristiques des chanteurs italiens. Avec sa voix haut placée dans le masque, saillante dans les ensembles, le ténor n’en semble pas moins égaré dans une version qui n’est pas son genre.</p>
<p>Après Giselda l’an passé dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-lombardi-alla-prima-crociata-parme-festival-verdi/">I Lombardi alla prima crociata </a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-lombardi-alla-prima-crociata-parme-festival-verdi/">sur cette même scène</a>, <strong>Lidia Fridman</strong> met son soprano venu du froid au service de Lady Macbeth. L’acier du timbre, l’émission verticale, l’absence de vibrato contribuent à dessiner un portrait glacial, transpercé d’aigus cinglants, jusqu’au fameux contre-<em>ré</em> bémol. Verdi qui souhaitait une voix monstrueuse pour le rôle n’aurait pas désavoué cette interprétation étrange car apte aux coloratures en dépit de sa rigidité, avec au revers de la médaille, l’absence des couleurs et des nuances requises pour que serpente «&nbsp;La luce langue&nbsp;» (devenue «&nbsp;Que sur la terre, descendent l’ombre et le mystère&nbsp;») et pour que tombe le masque durant la scène du somnambulisme.</p>
<p>Dans un opéra où l’alchimie entre les deux protagonistes est clé, le duo que cette Lady forme avec son Macbeth a le mérite de fonctionner, en congruence qui plus est avec la mise en scène. Elle, insensible, dominatrice, métallique&nbsp;; lui complémentaire car vulnérable, impuissant, pleutre et feutré. La version française joue évidemment en la défaveur d’<strong>Ernesto Petti</strong>, mieux en mesure dans sa langue maternelle de charger d’intentions la parole verdienne. L’expérience, la maturité devraient aussi l’aider à sculpter davantage le rôle de Macbeth. Mais tel quel, avec cette voix sourde, longue et ce chant admirablement conduit, le baryton confirme un potentiel identifié dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ernani-anvers-saccageverdi/">Ernani</a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ernani-anvers-saccageverdi/"> fin 2022 à Anvers</a>. Très applaudie, la grande scène des apparitions souligne la maîtrise du théâtre, une capacité à donner vie au texte à travers une large palette expressive, du murmure à l’éclat, tandis que l’air final «&nbsp;Honneurs, respect, tendresse&nbsp;» démontre un sens de la ligne doublé d’une sensibilité qui lui valent de nouveau une chaleureuse ovation.</p>
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		<title>VERDI, Attila &#8211; Fidenza (Festival Verdi)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-attila-fidenza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Attila, opéra patriotique&#160;? «&#160;Tu auras l’Univers pourvu qu’il me reste l’Italie&#160;», la fameuse invective de l’émissaire romain, Ezio, au chef des Huns l’affirme. L’élan irrésistible de la phrase mélodique le surligne. Pourtant, le&#160;neuvième opéra de Verdi délaisse la ferveur risorgimentale pour s’attarder sur deux des personnages principaux, Attila et Odabella, au risque de négliger les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Attila</em>, opéra patriotique&nbsp;? «&nbsp;Tu auras l’Univers pourvu qu’il me reste l’Italie&nbsp;», la fameuse invective de l’émissaire romain, Ezio, au chef des Huns l’affirme. L’élan irrésistible de la phrase mélodique le surligne. Pourtant, le&nbsp;neuvième opéra de Verdi délaisse la ferveur risorgimentale pour s’attarder sur deux des personnages principaux, Attila et Odabella, au risque de négliger les autres protagonistes, Ezio et Foresto.</p>
<p>En ce qui concerne le premier, la faible personnalité artistique du créateur du rôle, Natale Costantini, expliquerait le manque de consistance dramatique du personnage. Tel n’était pas le cas de l’interprète du second. Carlos Guasco était considéré comme l’un des meilleurs dans sa catégorie, mais Verdi en ses vertes années ne s’encombrait pas de ténors. <em>Nabucco</em> ou <em>Macbeth </em>l’attestent. Déjà créatrice d’Elvira dans <em>Ernani</em>, Sophie Loewe devait disposer d’une voix phénoménale si on en juge au traitement de choc réservé à Odabella, contrainte dès son entrée à donner à pleine voix le contre-ut avant d’entamer une chute périlleuse jusqu’au <em>si</em> grave puis d’affronter deux airs antinomiques dans un exercice de schizophrénie vocale, l’un héroïque, l’autre élégiaque. Quant à Ignazio Marini, le premier Attila, une fréquentation répétée des opéras de Rossini l’avait doté d’une facilité dans l’aigu, avec pour conséquence de nombreuses incursions au-dessus de la portée.</p>
<p>C’est cet héritage que doivent assumer les chanteurs d’<em>Attila</em>, plus encore lorsque le choix d’une version de concert les prive des béquilles interprétatives que peuvent être costumes, décors et mise en scène. A Fidenza, sur la scène du petit théâtre dans lequel se déporte depuis trois éditions le Festival Verdi, l’histoire se répète. Ténor et baryton jouent les utilités tandis que l’attention se concentre sur basse et soprano.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0701_AttilaConcerto2024-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1728206804374">© Roberto Ricci</pre>
<p>En Foresto, <strong>Antonio Coriano</strong> certes sauve la soirée. Le ténor remplace au pied levé Luciano Ganci, initialement annoncé dans le rôle, ce qui explique peut-être une méforme due à un manque de préparation et dans le même temps l’absout des commentaires désobligeants que nous ne ferons pas. Un vibrato envahissant accuse les nombreuses années passées par <strong>Claudio Sgura</strong> au service de l’art lyrique. A défaut de superbe, l’air d’Ezio au deuxième acte « Dagli immortali culmini » fait valoir la longueur de souffle.</p>
<p>Auparavant, le duo dans lequel il lance sa fameuse phrase tourne en sa défaveur, tant son partenaire – et adversaire dans la pièce – lui oppose de jeunesse et de santé. La carrière de <strong>Giorgio Manoshvili</strong> compte moins de cinq années. Lord Sydney à Pesaro en 2021 amorce sa biographie officielle. Après Orbazzano dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-tancredi-rouen/">Tancredi</a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-tancredi-rouen/"> à Rouen</a> et Capellio dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-bianca-e-falliero-pesaro/">Bianca e Falliero </a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-bianca-e-falliero-pesaro/">de nouveau à Pesaro en 2024</a>, la basse géorgienne chantera l’an prochain Assur dans <em>Semiramide</em> à Rouen et Paris. Rossinien donc, comme le créateur du rôle d’Attila, et capable à ce titre de répondre sans effort apparent aux nombreuses sollicitations de l’aigu. Le timbre est mis en valeur par un legato qui donne au chant l’apparence d’une longue étoffe de velours sombre. L’acteur doit gagner en liberté pour venir en aide au chanteur. L’expression est encore limitée. Si le geste gagne en fluidité, voilà un nom qui devrait rapidement devenir incontournable dans sa tessiture.</p>
<p>Le nom de <strong>Marta Torbidoni</strong>, lui, n’a pas encore franchi les Alpes. Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-fidenza-festival-verdi/">Abigaille sur cette même scène l’an passé</a>, la soprano rappelle qu’elle est une des rares à pouvoir faire face aux défis d’une écriture inhumaine, sans que la précision du trait ne s’altère, sans que la vocalise se délite, sans que le timbre s’assèche. Brave, dans le sens que donnent les Italiens au qualificatif et dont ils usent pour acclamer chacun de ses exploits – <em>brava </em>! –, même si la quadrature du cercle n’est pas tout à fait résolue. Sa romance du premier acte, « Oh! nel fuggente nuvolo » voudrait plus de délicatesse. Non que la voix violente la ligne mais le climat éthéré de l’air accepterait plus de nuances, plus de notes allégées et de sons filés.</p>
<p>L’orchestration de Verdi en ses années de galère déploie une éloquence que le Filarmonica Arturo Toscanini, entassé dans la fosse exiguë du Teatro Girolamo Magnani, peine à traduire. La taille réduite de la salle – 400 places – n’est pas étrangère à la contusion du son. Mais la direction de <strong>Riccardo Frizza</strong> impulse le mouvement qu’appelle cette musique pour pallier l’inégalité de l’inspiration, et le chœur du Teatro Regio, bien que ne disposant pas d’un numéro à part entière, dose couleurs et volume de manière à donner à chacune de ses interventions un relief saisissant.</p>
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		<title>VERDI, I Lombardi alla prima Crociata &#8211; Parme (Festival Verdi)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-lombardi-alla-prima-crociata-parme-festival-verdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà une soirée placée sous le signe des chevilles en vrac. En début de concert, le chef Francesco Lanzillotta rejoint son pupitre en béquilles et dirige toute l’œuvre assis, puis, à la fin de l’acte 1, le tomber de rideau se transforme en entracte improvisé : Michele Pertusi s’est blessé et terminera la représentation assis…&#160;Cela &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà une soirée placée sous le signe des chevilles en vrac. En début de concert, le chef <strong>Francesco Lanzillotta</strong> rejoint son pupitre en béquilles et dirige toute l’œuvre assis, puis, à la fin de l’acte 1, le tomber de rideau se transforme en entracte improvisé : <strong>Michele Pertusi</strong> s’est blessé et terminera la représentation assis…&nbsp;Cela ne l’empêchera pourtant pas de surnager dans une distribution pour le moins décevante.</p>
<p>La représentation d’une œuvre rare telle <em>Il Lombardi alla prima Crociata</em> (montée in loco pour la dernière fois en 2003 et 2009, déjà avec Michele Pertusi en Pagano !) suscite une certaine excitation. Las, le livret est loin d’être le plus réussi chez Verdi. Il faut dire que la tâche assignée à Temistocle Solera, consistant à créer une trame cohérente des 15 chants de Tommaso Grossi narrant les croisades des Lombards, relevait de la mission impossible.</p>
<p>Pagano avait tenté de tuer par jalousie son frère Arvino, qui avait eu le tort d’être préféré par Viclinda alors que Pagano la convoitait. Le voici de retour auprès de son frère quelques années plus tard, sous les traits du repenti. Mais Pagano est en réalité là pour se venger ; la vengeance échoue cependant et il tue son père au lieu de son frère. Rejeté par les siens, désespéré et repentant, le voici ermite alors que son frère part en croisade pour libérer Jérusalem. Giselda, fille d’Arvino et Viclinda, qui a été entre temps capturée par le tyran d’Antioche et enfermée au harem, tombe amoureuse du fils de son ravisseur, Oronte. Libérée par son père, elle le repousse pourtant, l’accusant d’avoir tué son amant. Elle fuit donc et se réfugie dans une grotte auprès d’un ermite (qui se trouve être … Pagano !) où elle est rejointe par Oronte. Mais le bonheur est de courte durée car Oronte est bientôt blessé à mort par les Lombards. Il expirera heureusement sauvé et béni par le bon ermite après avoir épousé <em>in extremis</em> la foi chrétienne. L’ermite aidera ensuite les Lombards à vaincre les mécréants avant de décéder lui aussi, révélant sa vraie identité, et trouvant à son tour le salut par son sacrifice.</p>
<p>Tout cela donne une histoire décousue, aux enjeux dramatiques bien lâches. Rien que le second acte regroupe trois tableaux dans 3 lieux différents (le palais du tyran, la grotte de l’ermite puis le harem).</p>
<p>La nouvelle production de <strong>Pier Luigi Pizzi</strong> renonce à affronter ces difficultés en misant sur un ascétisme certain. Le décor unique est très épuré, composé d’une estrade circulaire, dont l’utilité restera un mystère jusqu’à la fin de la représentation, mais qui sera source de gêne pour la circulation des protagonistes et du chœur. Le dispositif est complété d’un écran en fond de scène diffusant des vidéos permettant de situer l’action (palais, grotte dans le désert, harem…). Ces images purement utilitaires n’atteignent cependant ni en qualité ni en inventivité celles présentées par D-Wok pour <em>Il Trovatore</em> sur la même scène deux jours plus tôt. Pour le reste, le metteur en scène nonagénaire, qui vient saluer à la fin de la représentation, semble se contenter de régler l’entrée et la sortie des chanteurs. On ne pourra dénier une certain sens esthétique, avec l’utilisation des couleurs, du noir et blanc pour les Lombards, du bleu ou violet pour les musulmans ou des effets d&rsquo;ombres chinoises, mais cela semble mille fois déjà vu ; la seule idée un peu originale consiste à inviter sur scène des instrumentistes solistes, flûte et hautbois au premier acte puis violoniste et harpe, ce qui n’apporte rien sur le plan dramatique. Et l’on achèvera le spectacle sur un poncif, avec deux jeunes enfants qui apparaissent au final pour symboliser la réconciliation.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2555_LombardiAllaCrociata2023-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1696887179493">© Roberto Ricci</pre>
<p>Les réussites et l’inspiration sont heureusement davantage au rendez-vous du côté de l’orchestre et du chœur.</p>
<p>Le chœur d’un Teatro comunale di Bologna est de quasiment toutes les scènes, et semble aussi à l’aise dans les chants guerriers que dans le beau chœur patriotique du denier acte, qui rappelle que ces <em>Lombards</em> font suite à <em>Nabucco</em> et qui a valu un beau succès à Verdi lors de la création. On retrouve la rigueur rythmique, les sonorités jamais agressives et les beaux phrasés dont les artistes du chœur ont fait preuve tout au long du festival. Les orchestres Filarmonica Arturo Toscanini et Orchestra giovanile della Via Emilia réunis ce soir dans la fosse du Teatro Regio di Parma séduisent également par leurs couleurs chaudes et brillantes. La direction inspirée de Francesco Lanzillotta rend justice à la partition qui recèle bien des beautés, alternant airs avec cabalettes, ensembles, maintenant la pulsation du cœur verdien jusqu&rsquo;au pardon final.</p>
<p>Mais un Verdi de jeunesse ne saurait fonctionner sans des gosiers éprouvés qui peuvent rendre justice à une écriture qui conjugue les contraires, chant orné et un vrai héroïsme.</p>
<p>Silhouette longiligne soulignée par une robe longue fluide blanche, <strong>Lidia Fridman</strong> (Giselda) semble incarner la quintessence de l’héroïne romantique, pure et vaillante. Pourtant elle ne parvient pas à rendre totalement justice au profil vocal très exigeant du rôle. Si la voix est bien projetée et possède la vigueur suffisante dans les cabalettes guerrières, l’on recherche en vain toute trace d’italianité dans ce soprano à l’émission droite, un peu tubée et au timbre mat. Plus grave, le suraigu est parfois malaisé et la souplesse en berne, laissant la chanteuse russe en perdition dans la prière « Salve Regina », hérissée de notes arrachées et aigus craqués.</p>
<p>Son amant, Oronte (<strong>Antonio Poli</strong>), a pour lui un timbre riche et rayonnant, dans ce rôle qui a été interprété par les ténors les plus illustres, attirés par le tube « La mia letizia infondere » (on pourra notamment citer Pavarotti dans l’enregistrement datant de 1996 paru chez Decca). Pourtant ces qualités naturelles sont gâchées par une émission systématiquement en force et, là encore, une virtuosité limitée.</p>
<p>Malgré son accident scénique, Michele Pertusi (Pagano) n’a pas de mal à s’illustrer dans ces conditions. Si le timbre a quelque peu blanchi, la voix a gardé toute sa vigueur, sans vibrato particulier, et possède la profondeur nécessaire pour illustrer les failles de ce personnage complexe. On reconnaîtra au Arvino d’<strong>Antonio Corianò</strong> une vraie intégrité stylistique, compensant un volume sonore parfois limité.</p>
<p>Le reste de la distribution ne marque guère, ce qui est plutôt inhabituel dans le cadre du Festival Verdi, et finit de laisser un fort goût d’inachevé à cette soirée.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Fidenza (Festival Verdi)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-fidenza-festival-verdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Oct 2023 06:40:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival Verdi fait étape à Fidenza, morne bourgade à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Parme. A l’affiche, Nabucco en version de concert – après Il Trovatore l’an passé, et avant Attila en 2024. Le théâtre a le charme évident d’une salle à l’italienne, rehaussée d’or, tartinée d’azur et de putti, d’une dimension &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival Verdi fait étape à Fidenza, morne bourgade à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Parme. A l’affiche, <em>Nabucco </em>en version de concert – après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trovatore-fidenza-surprise-surprise/"><em>Il Trovatore</em> l’an passé</a>, et avant <em>Attila</em> en 2024. Le théâtre a le charme évident d’une salle à l’italienne, rehaussée d’or, tartinée d’azur et de <em>putti</em>, d’une dimension toutefois modeste – 400 places environ – pour contenir la charge héroïque du premier chef-d’œuvre de Verdi. <em>Nabucco</em> voudrait un espace plus vaste pour mieux épancher ses ardeurs risorgimentales, sa rage et ses fureurs.</p>
<p>Le chœur occupe la totalité de la scène. La harpe a été installée au chausse-pied dans une loge de côté. Les chanteurs sont si proches que l’on peut voir les gouttes de sueur perler sur leur front échaudé par l’effort – et par des températures révélatrices du dérèglement climatique.</p>
<p>Il pleut des décibels lorsque la partition convoque <em>fortissimo</em> l’ensemble des forces en présence, mais la poigne de <strong>Giampaolo Bisanti</strong> est de celles qui domptent des chevaux sauvages. Le nouveau directeur musical de L’Opera Royal Wallonie-Liège (depuis la saison dernière) a appris son Verdi à la source, dans le conservatoire qui porte le nom du compositeur, à Milan. Le Filarmonica Arturo Toscanini cavale, cravaché par une baguette dont l’énergie ne se dissipe pas en vains mouvements. La chevauchée reste disciplinée avec, derrière la dynamique d’ensemble, l’excellence d’instrumentistes rompus à ce répertoire. Un exemple : la légèreté des arabesques dessinées par la flûte lors de la mort d’Abigaille. Le chœur avance aussi en terrain connu, remarquable de cohésion et de maitrise d’intensité – « Va pensiero » évidemment, enflé, élevé, prolongé jusqu’à la dernière note d’un souffle qui refuse de s’éteindre.</p>
<p>Dégagés des préoccupations de puissance qu’imposerait une salle plus grande, les chanteurs peuvent se concentrer sur les intentions et les nuances. <strong>Vladimir Stoyanov</strong> trouve en Nabucco l’exact faire-valoir de son chant aujourd’hui. Ce roi n’est jamais aussi grand que foudroyé dans sa gloire, hébété – la scène de folie du 1er acte–, humilié – le duo du 3e –, avant de retrouver ses esprits et son prestige dans « Dio di Giuda » vibrant d’humanité. La patine du timbre est celle du souverain usé par l’exercice du pouvoir ; l’autorité, la colère sourde appartiennent au despote que l’on devine à travers la vigueur et le <em>slancio</em> – cet élan propre au chant verdien qu’aucun mot français ne parvient à traduire.</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco2-5-1294x600.jpg">Vladimir Soyanov © Roberto Ricci</pre>
<p>Sa fille – adoptive – ne peut se prévaloir de la même maturité. Faut-il le regretter ou s’en réjouir lorsqu’Abigaille est trop souvent crachée au lance flamme par des sopranos viragos. La partition n’en est pas moins maîtrisée dans ses contours les plus extrêmes et ses sauts de registre les plus vertigineux, sans tension apparente, ni aigreurs. Le trait précis foudroie mais, pour une fois – et ce n’est pas si fréquent –, la vierge blessée supplante le succube assoiffé de vengeance et dévorée d’ambition. Un surcroît d’expression dans la cantilène pourrait hisser <strong>Marta Torbidoni</strong> parmi les meilleures titulaires du rôle, à condition que la voix conserve ce même impact sur une scène plus vaste.</p>
<p>Zacharia malmène le legato et la musicalité de <strong>Marco Mimica</strong>. Ce que le chef des Hébreux gagne en pugnacité, le patriarche le concède en sagesse paternelle. Comme ses partenaires, la variation des reprises inscrit à bon escient la partition dans sa filiation belcantiste.</p>
<p>Fenena au timbre charnu de <strong>Caterina Piva</strong> qui gagnerait à soigner davantage les mezza voce de « Oh dischiuso è il firmamento! »&nbsp;; Ismael conquérant de <strong>Marco Ciaponi</strong>, ténor clair d’une santé vocale éclatante : les seconds rôles témoignent à leur échelle du niveau d’une représentation réjouissante.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Il trovatore — Fidenza</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trovatore-fidenza-surprise-surprise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Oct 2022 21:00:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A une vingtaine kilomètres de Parme, paresse Fidenza, une bourgade d’une vingtaine de milliers d’habitants dépourvue de charme – ce qui n’est pas si fréquent en Italie – car bombardée durant la seconde guerre mondiale puis reconstruite sans souci d’architecture. Seuls épargnés par les bombes, le duomo, remarquable témoignage d’art roman en Emilie-Romagne, et le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A une vingtaine kilomètres de Parme, paresse Fidenza, une bourgade d’une vingtaine de milliers d’habitants dépourvue de charme – ce qui n’est pas si fréquent en Italie – car bombardée durant la seconde guerre mondiale puis reconstruite sans souci d’architecture. Seuls épargnés par les bombes, le duomo, remarquable témoignage d’art roman en Emilie-Romagne, et le théâtre édifié dans la 2e partie du XIXe siècle, bonbonnière à l’italienne de quelque 400 places dans laquelle le Festival Verdi a délocalisé cette année une production du <em>Trouvère</em> – pour l’anecdote, ce même ouvrage inaugura la salle le 26 octobre 1861.</p>
<p>Un Trouvère de seconde zone ? Tout porte au premier abord à le penser. L’exiguïté de la fosse impose un orchestre en formation réduite. Faute de place, les percussions ont été exilées dans les loges de côté. Familier du répertoire verdien, <strong>Sebastiano Rolli</strong> compense la modestie des effectifs par un sens de la mesure appréciable dans un tel contexte où tout excès de romantisme produirait un effet de loupe préjudiciable à l’ouvrage.</p>
<p>La mise en scène d’<strong>Elisabetta Courir</strong> fait aussi œuvre de sobriété. Quelques gradins modulables servent de décor ; les artistes du chœur sont mis à contribution pour favoriser les changements de tableau. La noirceur du drame justifie des costumes uniformément sombres, à l’exception de quelques fleurs blanches et de l’écharpe rouge de Manrico. L’usage parcimonieux des lumières achève de fixer pour règle l’obscurité. Rien de répréhensible à vrai dire si la mauvaise idée de flanquer Leonora d’une doublure n’enrayait l’engrenage dramatique. Ténor et baryton s’adressent à la figurante promue primadonna tandis que la soprano se trouve reléguée dans l’ombre.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="335" src="/sites/default/files/styles/large/public/trov2.jpg?itok=T1Stq0Oc" title="© Roberto Ricci" width="468" /><br />
	© Roberto Ricci</p>
<p>D’aucunes, coupées dans leur élan expressif, ne s’en relèveraient pas. Tel n’est pas le cas de <strong>Marigona Qerkesi</strong>. Appelée à remplacer au pied levé Silvia Dalla Benetta, la chanteuse croate est la première des surprises d’une soirée qui en comporte plusieurs. Des débuts à l’âge de 22 ans en Reine de la nuit lui ont inoculé une virtuosité qu’elle a su préserver, comme en témoigne l’aisance et la précision avec lesquelles sont négociées les multiples fioritures de la partition. L’aigu lorsqu’il est allégé manque d’assurance (« D’amor sull’ali rosee ») mais une technique éprouvée, confortée par un médium affirmé, aide à surmonter les difficultés du rôle jusqu’à lui insuffler un frémissement auquel peu peuvent prétendre, s’agissant d’une partition dont on connaît l’exigence.</p>
<p><strong>Angelo Villari</strong>, son Manrico, a beaucoup écouté Franco Corelli. Dès « Deserto sulla terra » chanté depuis la coulisse, la similitude des timbres est frappante. Si le chant ouvert, centré, puissant évoque celui de son aîné, l’excès de générosité s’avère à la longue un handicap dont la deuxième partie de la représentation tire les conséquences. « Ah ! sì ben mio », privé d’attentions belcantistes, cogne plus qu’il ne caresse. Choix volontaire ou non, « Di quella pira », bien qu’empoigné sans brutalité, évite le contre-ut. La fatigue devient perceptible dans le dernier tableau où le rayonnement de la voix semble altéré. Mais que de moments excitants avant que ce soleil noir ne se voile !</p>
<p>Tout aussi héroïque, <strong>Simon Mechlinski</strong> est un Comte de Luna superbe, à la ligne souveraine, rayonnant de jeunesse et d’insolence, même si, comme son partenaire, les passages plus élégiaques le montrent moins assuré (« Il balen del suo sorriso »).</p>
<p>A l’inverse, <strong>Rossana Rinaldi</strong> en Azucena n’est jamais aussi convaincante que dans la complainte (« Si, la stanchezza m&rsquo;opprime »), les phrases plus dramatiques exposant des écarts de justesse et des tensions qu’un histrionisme malvenu tente de compenser.</p>
<p><strong>Alessandro Della Morte</strong> en Ferrando paraît encore chancelant dans un rôle qui voudrait plus de maturité et de solidité.</p>
<p>Que les chœurs du Teatro Regio maîtrisent leur Verdi dans les moindres détails n’a rien d’étonnant mais les nuances dont ils se montrent capables sur une scène de dimension aussi modeste est une autre des surprises à porter au crédit de la soirée.</p>
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		<title>VERDI, Simon Boccanegra — Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/simon-boccanegra-parme-passionnante-esquisse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Oct 2022 07:18:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une expérience passionnante à laquelle nous invite ce soir le Festival Verdi de Parme : la découverte de la première mouture de Simon Boccanegra, datée de 1857, et non la version remaniée en 1881 avec l’aide d’Arrigo Boito, que l’on entend aujourd’hui. Et remaniée n’est pas un vain mot : près d’un tiers de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une expérience passionnante à laquelle nous invite ce soir le Festival Verdi de Parme : la découverte de la première mouture de <em>Simon Boccanegra</em>, datée de 1857, et non la version remaniée en 1881 avec l’aide d’Arrigo Boito, que l’on entend aujourd’hui. Et remaniée n’est pas un vain mot : près d’un tiers de la partition a été retouché et des scènes entières ont été réécrites.</p>
<p>On ne peut s’empêcher pendant la soirée de mettre en regard ce qui arrive à nos oreilles avec la version « définitive » que l&rsquo;on a en tête, et la comparaison s’avère souvent cruelle (Verdi reconnaissait lui-même auprès de Boito à propos du premier jet que « la table est boiteuse »). Ainsi, l’intrigue politique, qui est au cœur de la version de 1881, n’est ici qu’embryonnaire et les tensions entre les camps rivaux juste effleurées. On mesure en particulier l’apport dramatique central de la scène du Sénat imaginée par Boito vingt-cinq ans plus tard, quand ce soir il faut se contenter d’une simple fête populaire sans grande ampleur.</p>
<p>De même, musicalement, bien que composée après les œuvres de maturité que sont <em>la Traviata</em> ou <em>Rigoletto</em>, la version jouée ce soir semble parfois faire un retour en arrière vers un certain « archaïsme » du Verdi de jeunesse, notamment au niveau des formes plus figées des airs et de l’écriture vocale sans cesse écartelée entre vaillance et <em>abelimenti</em> hérités de bel canto romantique. En 1881, les lignes vocales évolueront vers une plus grande épure, au bénéfice de la tension dramatique. Il suffit d&rsquo;ailleurs parfois de la modification d’une simple modulation (les « Da mi la morte » de Gabriele Adorno) pour que l’effet, banal ici, devienne saisissant dans la version 1881.</p>
<p>L’équilibre des personnages est également modifié dans cette version 1857, au profit du personnage d’Amelia/Maria, qui prend ici une épaisseur et un relief qui seront gommés plus tard : on retrouve un rôle plus proche d’une Abigaïlle, avec une écriture vocale qui demande une conjonction a priori impossible de véhémence et de délicatesse belcantiste.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="344" src="/sites/default/files/styles/large/public/sim1.jpg?itok=CHYqLFJH" title="© Roberto Ricci" width="468" /><br />
	© Roberto Ricci</p>
<p><strong>Roberta Mantegna</strong> relève pourtant le gant avec panache. Une fois chauffée avec un « Come in quest’ora bruna » en manque de nuances, la soprano sicilienne semble se jouer du caractère hybride de l’écriture : rondeur et puissance plus que confortable sur toute la tessiture, aigus dardés, se marient à une technique souveraine (saut d’octaves, trilles parfaitement exécutés), pour composer un portrait de jeune fille volontaire, moins victime qu’habituellement.</p>
<p>Elle trouve en <strong>Piero Pretti</strong> un Gabriele Adorno à sa mesure. Voix claire, voire claironnante, à l’aigu aisé, mais sans agressivité, le ténor aurait pu se contenter de faire montre de ses facilités vocales. Il n’en est rien. Le chanteur par les nuances apportées à son chant, parvient à rendre le personnage (pourtant très unidimensionnel) presque sympathique.</p>
<p>Chez les clefs de fa, les bonheurs sont divers. On admire le Simon de <strong>Vladimir Stoyanov</strong>. Dans ce rôle que Verdi décrivait comme « […] une partie aussi fatigante que celle de Rigoletto, mais mille fois plus difficile », il réussit à ne jamais laisser deviner la difficulté : incisif et impérieux puis s’humanisant peu à peu, ce doge nous étreint, jusqu’à sa mort, déjà sublime dans cette version.</p>
<p>Le baryton plus sombre et un peu frustre de <strong>Devid Cecconi</strong> sied parfaitement au traître Paolo, qui a un destin bien plus enviable ici : il n’a pas à se maudire et surtout il ne meurt pas à la fin !</p>
<p>Le Fiesco de <strong>Riccardo Zanellatto </strong>pose davantage de questions. Si la basse parvient parfaitement à retranscrire les tourments du père (et grand-père) meurtri, l’autorité et la morgue de l’homme de pouvoir lui échappent faute de puissance et de tranchant, offrant un portrait tronqué du personnage.</p>
<p>On applaudit en revanche la direction haletante de <strong>Riccardo Frizza</strong> à la tête de la Filarmonica Arturo Toscanni et de l’Orchestra Giovanile della Via Emilia. Dès le Prélude (qui disparaitra dans la version révisée), il empoigne le drame pour ne jamais le lâcher, jusqu’au pianissimo magique clôturant l’œuvre. Le Chœur du Teatro Regio di Parma complète cette réussite par son homogénéité et sa précision.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/simon_boccanegra_parme.jpeg?itok=D8ot_P5p" title="© Roberto Ricci" width="468" /><br />
	© Roberto Ricci</p>
<p>On ne s’attardera en revanche que peu sur la mise en scène signée <strong>Valentina Carrasco</strong>. Non pas qu’elle soit dérangeante (bien que l’apparition de quartiers de viande à l’acte 2 provoque le début d’une bronca dans la salle), mais elle n’est pas d’une lisibilité extrême. Si l’on est dans une zone portuaire au milieu de pêcheurs au prologue, on se retrouve dans une boucherie industrielle aux actes 2 et 3 (d’où les carcasses de bœufs !) dont on croit comprendre que Boccanegra serait le patron… Entre temps (à l’acte 1), nous visiterons une cabane au milieu de fleurs en plastique. Le tout est soupoudré de belles images en noir et blanc illustrant des luttes populaires d’ouvriers pour de meilleures conditions de vie. Mais au final cette transposition semble plaquée artificiellement au livret, sans ouvrir de perspective ou de clef de lecture novatrices ou inédites.</p>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-parme-de-verdi-a-verdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire de la difficile venue au jour de Un ballo in maschera est connue. Verdi devait écrire un opéra pour le San Carlo de Naples. Entre hésitations du musicien et refus du théâtre, le sujet finalement choisi est le drame d’Eugène Scribe Gustave III qui met en scène l’assassinat du roi de Suède en 1792. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’histoire de la difficile venue au jour de <em>Un ballo in maschera</em> est connue. Verdi devait écrire un opéra pour le San Carlo de Naples. Entre hésitations du musicien et refus du théâtre, le sujet finalement choisi est le drame d’Eugène Scribe <em>Gustave III </em>qui met en scène l’assassinat du roi de Suède en 1792. Pendant que Verdi compose, la censure intervient sans cesse avec des exigences telles qu’au bout de quatre mois le musicien rompt son contrat, s’exposant à des poursuites ruineuses. Après tractations un compromis sera trouvé qui laisse Verdi libre de disposer de son œuvre. Il va la proposer au théâtre Apollo de Rome, qui l’accepte, sous réserve de l’accord de la censure papale. Celle-ci, moins sourcilleuse que celle de Naples, demande seulement que le drame soit transposé hors d’Europe, dans une colonie anglaise, à Boston, et la modification d’une soixantaine de vers.</p>
<p>C’est donc dans le livret de <em>Gustavo III </em>avant l’intervention de la censure romaine que le festival Verdi propose ce <em>Ballo in maschera. </em> En somme, il s’agit d’essayer de représenter ce que Verdi aurait pu vouloir mettre en scène. La musique est celle du <em>Ballo </em>car il n’y a pas de partition de <em>Gustavo III</em> et sa reconstruction, élaborée par Philip Gossett et Ilaria Narici à partir d’ébauches, relève d’un jeu de musicologues. Mais à relire ce livret, selon Giuseppe Martini, on peut jouer à repérer les failles des censeurs : obnubilés par la traque des connotations religieuses, ils auraient laissé passer des allusions sexuelles.</p>
<p>On ne pourra en dire autant des auteurs de cette production, tant la sexualité est manifeste. <strong>Graham</strong> <strong>Vick</strong> devait en être le maître d’œuvre. Il semble qu’à son décès il avait consigné un peu de ses idées et c’est à partir de ces maigres notes que <strong>Jacopo Spirei</strong> a élaboré la mise en scène. Elle montre un Gustavo III qui n’est pas l’habituel monarque éclairé victime de conservateurs hostiles au progrès mais un jouisseur incapable de contrôler ses désirs, dont les décisions relèvent du caprice de l’instant et capable d’une cruauté qui en fait un Néron du Nord. Le spectacle commence avant la musique : à jardin, sur une estrade à plusieurs degrés, trône un tombeau en forme de sarcophage flanqué d’une haute statue ailée, plus énigmatique qu’angélique. Peu à peu la scène va s’emplir d’une foule endeuillée venue s’incliner devant le monument. Mais ce recueillement va prendre fin, mystérieusement, quand des participants vont s’agiter, comme pris de convulsions, dans une sorte de folie collective. Ce n’est que la première occurrence de ces mouvements chorégraphiés par <strong>Virginia Spallarossa</strong> dans une symbiose avec ceux de la musique qui ne se démentira pas jusqu’à la fin du spectacle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="316" src="/sites/default/files/styles/large/public/2297_unballoinmaschera2021_piero_pretti_giuliana_gianfaldoni.jpg?itok=jVJIpO4C" title="Debout, Gustavo III (Piero Pretti) et oscar (Giulia Gianfaldoni) © dr" width="468" /><br />
	Debout, Gustavo III (Piero Pretti) et oscar (Giulia Gianfaldoni) © dr</p>
<p>Si ce que l’on voit est la cérémonie des funérailles de Gustavo III, pourquoi le chœur chante-t-il le sommeil réparateur du roi et les conspirateurs énoncent-ils leur désir de vengeance ? Une fois de plus la réalisation complique la réception sans qu’on perçoive le bénéfice pour l’œuvre. Car il faut bien montrer le roi dont le page annonce l’arrivée. Bien sûr, la transition est habile, mais on a l’impression d’assister encore et encore à une démonstration de virtuosité gratuite. Restent des images saisissantes, la découverte de la scène ouverte au travers du voile noir qui tient lieu de rideau, l’omniprésence de ce mausolée que le plateau tournant fait évoluer sur la scène, la paroi en demi-cercle qui ferme l’espace, à mi-hauteur de laquelle une galerie à deux étages accueille les chœurs, et bien entendu l’antre d’Ulrica.</p>
<p>Pour ce dernier, le lecteur qui a vu le film de Fassbinder d’après <em>Querelle de Brest</em>, de Jean Genêt, aura une idée assez précise du spectacle. Ulrica semble être la Madame de ce lieu de débauche, où règnent la violence et le sexe tarifé à dominante homosexuelle, et où Oscar, le page ambigu du roi, apparaît en femme. Les hôtes de ce lieu, permanents professionnels ou clients, ont les tenues de leur emploi, et on admire l’invention de <strong>Richard Hudson</strong>, qui a aussi conçu le décor, pour ces costumes révélateurs, ainsi que pour ceux du bal du troisième acte. Pas de transposition intempestive ; si les valets de pied du roi portent la livrée Ancien Régime en usage à la cour de Suède, les vêtements sont ceux de l’époque de la création. Les lumières de <strong>Giuseppe Di Ioro </strong>évoluent habilement pour s&rsquo;adapter aux situations et aux lieux différents.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="347" src="/sites/default/files/styles/large/public/1_0751_unballoinmaschera2021.jpg?itok=ziaiiyto" title="Assise, Ulrica (Anna Maria Chiuri) © dr" width="468" /><br />
	Assise, Ulrica (Anna Maria Chiuri) © dr</p>
<p>Des perplexités donc quant à la conception du spectacle, mais aucune quant à sa réalisation, qui est une réussite complète, tant visuelle que vocale et musicale. D’entrée on est ravi, au double sens du terme, par la première intervention des artistes des chœurs, et ce délice se renouvellera sans faille jusqu’au rideau final. D’entrée on est saisi par le duo des conspirateurs, le chant à mi-voix et le jeu de <strong>Fabrizio Beggi</strong> et <strong>Carlo Cigni</strong>, qui resteront impeccables. D’entrée on est captivé par l’Oscar de <strong>Giuliana Gonfaldoni</strong>, dont la désinvolture et l’aplomb vocal, jouant sur toute l’extension désirable, se confirmeront d’acte en acte, tandis que l’actrice entrera à fond dans le jeu de l’ambigüité qui lui a été demandé. D’entrée aussi on voit s’esquisser le portrait de ce roi au lever si peu royal, dont le débraillé vestimentaire et la suite de travestis, transgenres et gouapes qui l’accompagnent dévoilent le débraillement moral. <strong>Piero Pretti</strong>, dont la voix sonne ferme et bien sonore, même s’il saura la moduler pour le nuancer à propos, suggère aussitôt par son phrasé la différence entre le Gustavo des propos convenus sur les devoirs du souverain et celui du désir érotique. Il se tiendra sans faille à cette hauteur d’interprétation, dans les épanchements contradictoires comme dans la scène de la mort, dépouillée de toute surenchère pathétique. C’est au baryton mongol <strong>Amartuvshin Enkhbat</strong> que revient le rôle d’ Anckastrom, fidèle défenseur du roi jusqu’à ce qu’il découvre en lui son rival dans l’amour d’Amelia. La solidité, l’ampleur, la longueur et la ductilité de la voix sont bien telles que sa réputation l’affirme, et les nuances expressives qui y passent suppléent amplement au monolithisme du jeu de scène. Belle composition dramatique, en revanche, que celle d’ <strong>Anna Maria Chiuri</strong>, Ulrica aussi impressionnante scéniquement que vocalement. Elle donne tout son relief à cette femme revenue de tout parce qu’elle croit au destin, et dont la carapace pittoresque assure la survie. Autre découverte pour nous, <strong>Maria Teresa Leva</strong> enfin, dans l’ordre d’apparition dans l’œuvre, est une Amelia à la voix charnue, assez longue pour le rôle, attentive à toutes les nuances de cette sensibilité bouleversée, et dont l’implication théâtrale donne au personnage toute sa crédibilité, tant par l’émotion vocale que par l’expressivité de son visage. Même les utilités, le ministre de la Justice (<strong>Cristiano Olivieri</strong>) et le serviteur du comte Anckastrom ( <strong>Federico Veltri</strong>) sont irréprochables.</p>
<p>Au bonheur de ce plateau, antérieur à lui et l’accompagnant jusqu’au bout, celui d’une exécution musicale de très grande qualité. Qu’il s’agisse des musiciens de l’Orchestre Philharmonique Toscanini ou de ceux de l’ensemble Rapsody, ils semblent avoir eu à cœur de faire de la musique et pas seulement de remplir un engagement. Aucune routine, mais une vigilance constante, qui donne une qualité sonore permanente et une vie bariolée mais toujours transparente. <strong>Roberto Abbado</strong> dirigeait, semble-t-il, son premier <em>Ballo</em>. Son expérience de musicien chevronné fait de ce début une réussite éclatante ; en l’écoutant on se prend à se demander pourquoi on n’avait jamais remarqué à ce point tous les échos des œuvres passées et les anticipations de l’avenir, en particulier de <em>Falstaff. </em>Ce mérite lui est largement reconnu aux saluts, qui sont un triomphe général, avec un avantage à Armatuvshin Enkbat, décidément chéri du public, et un chaleureux hommage aux interprètes des pantomimes pour leur engagement et leurs performances. </p>
<p> </p>
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