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	<title>Orchestre du Teatro Real de Madrid - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 09 Oct 2025 22:39:05 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Orchestre du Teatro Real de Madrid - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>MASCAGNI, Iris &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-iris-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À 36 ans, Pietro Mascagni connait le triomphe avec son tout premier opéra, Cavalleria Rusticana (1890). Malheureusement pour lui, cet accueil critique et populaire ne se renouvellera pas et, sur une quinzaine d’ouvrages ultérieurs, aucun n’aura une destinée comparable. Certains titres connurent un succès relativement durable, encore qu’on ne les donne plus aussi régulièrement aujourd’hui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À 36 ans, Pietro Mascagni connait le triomphe avec son tout premier opéra, <em>Cavalleria Rusticana</em> (1890). Malheureusement pour lui, cet accueil critique et populaire ne se renouvellera pas et, sur une quinzaine d’ouvrages ultérieurs, aucun n’aura une destinée comparable. Certains titres connurent un succès relativement durable, encore qu’on ne les donne plus aussi régulièrement aujourd’hui :  <em>L’Amico Fritz</em> (et son aimable <em>Duo des cerises</em>) ou encore récemment<em> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-il-piccolo-marat-angers/">Il Piccolo Marat</a></em> (quasi inchantable pour les ténors actuels). D&rsquo;autres subirent en revanche des chutes mémorables, ainsi d&rsquo;<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-le-maschere-wexford/"><em>I Maschere</em></a>, comédie créée simultanément à la Scala de Milan (avec Caruso, excusez du peu), Gênes, Parme, Rome, Venise, Vérone (au Teatro Filarmonico) et, deux jours plus tard à Naples. Comme quoi il ne suffit pas toujours d’une bonne idée markéting pour vendre le produit. Mascagni est donc aujourd&rsquo;hui l&rsquo;homme d&rsquo;un seul opéra. Il partage cette étrange fatalité avec son collègue Leoncavallo : le compositeur d’<em>I Pagliacci</em>, ouvrage régulièrement couplé avec <em>Cavalleria rusticana</em> (sauf dans les théâtres qui veulent faire leur intéressant (1)), eut même encore moins de succès dans la suite de sa carrière de compositeur.<br />Si <em>Cavalleria rusticana</em> reste un archétype de l’opéra vériste, Mascagni toucha à d’autres genres, comme on l’a vu avec<em> I Maschere</em>. <em>Il Piccolo Marat</em> est un drame historique, <em>Sì</em> une opérette&#8230; <em>Iris</em> fait partie de la veine symboliste. Le livret lui en a été proposé par Luigi Illica après le refus d&rsquo;Alberto Franchetti (qui dédaignera aussi le livret de <em>Tosca</em> !). À l’époque, on lui doit déjà de spendides réussites, seul ou accompagné : <em>La Wally</em>, <em>La bohème</em> (écrit avec Giuseppe Giacosa) ou <em>Andrea</em> <em>Chénier</em>, et plus tard <em>Tosca</em> et <em>Madama Butterfly</em> avec Giacosa dans les deux cas). Quand il travaillait en duo avec Giacosa, Illica se consacrait d&rsquo;abord à l&rsquo;architecture du livret, à sa progression dramatique, à son découpage, tandis que son acolyte intervenait ensuite pour reformuler les dialogues et offrir une versification plus harmonieuse, propice à la composition. Ces succès étaient de bon augure, mais, comme on dit à la Bourse, « Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="713" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0245-1024x713.jpeg" alt="" class="wp-image-201122"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>L’ouvrage commence par un saisissant prologue choral. Cette page est communément et improprement connue comme l’<em>Inno al sole</em> (<em>l’Hymne <strong>au</strong> soleil</em>) alors qu’il s’agit en fait de l’<em>Hymne <strong>du</strong> soleil</em>, l’astre étant ici symbolisé par le chœur. Iris est la très jeune fille d’un vieil aveugle. Simple et heureuse, elle en est encore à l&rsquo;âge des poupées. Alors qu’elle vient de faire un affreux cauchemar où, justement, sa poupée allait périr, elle remercie le soleil d’avoir dissipé son terrible songe. Sans le savoir, elle a attiré l’attention d’Osaka, jeune homme d’une riche famille noble. Osaka exige de son âme damnée Kyoto qu’il lui obtienne la jeune fille. Kyoto est un proxénète à la tête d&rsquo;une maison de geishas. Un chœur de lavandières se fait entendre. Iris chante les fleurs de son jardin. En dépit de son infirmité, son père remercie les divinités qui lui ont donné Iris pour le soutenir dans son malheur. Osaka et Kyoto, déguisés en comédiens ambulants, paraissent dans la rue, accompagnés d&rsquo;un cortège de musiciens, de geishas et d&rsquo;acrobates. Kyoto invite la foule à assister à leur spectacle de marionnettes : le Fils du soleil y viendra au secours d&rsquo;une belle et malheureuse jeune fille, Dhia. La représentation commence. Dhia a perdu sa mère. Elle a la voix d&rsquo;une des geishas de Kyoto. Elle est tourmentée par son père qui la maltraite et qui veut la vendre au marché (voix de Kyoto). Celle-ci est désespérée. Jor, le « Figlio del sole », apparait et lui lance, avec la voix d&rsquo;Osaka : « Veux-tu mourir ? Je te ferai mourir, mais je te ferai mourir embrassée par le soleil, puis je te conduirai à la terre éternelle où, ô ma fille, tu seras aimée ! ». Iris est débordée par l’émotion. Osaka prend la place de la poupée pour le dénouement final. Au milieu des danses, la jeune fille est enlevée par un comparse déguisé en vampire. Iris, pensant vivre un rêve, ne se débat même pas. Kyoto laisse au père aveugle une note (écrite !) accompagnée de quelques pièces, lettre dans laquelle il lui laisse croire que sa fille l’a abandonné de son plein gré. Le père maudit sa fille. Acte II : à Yoshiwara, le quartier tokyoite des geishas et des prostituées, « où le soleil ne pénètre jamais ». On entend la voix d&rsquo;une geisha qui chante une triste mélopée sans parole. Elle est interrompue par Kyoto. Le proxénète séquestre Iris dans sa maison de geishas. Kyoto et Osaka observent Iris dans son sommeil. Le jeune homme chante son amour pour la jeune fille. Iris se réveille et son chant confus démontre que la jeune fille est convaincue qu’elle est morte et qu’elle est au paradis. Osaka tente vainement de la séduire. Malheureusement pour lui, Iris associe sa voix à celle de Jor, le Fils du soleil : elle refuse les avances du jeune homme qu’elle persiste à confondre avec ce « Figlio del sole ». Elle demande à revoir son père, sa maison et son jardin. Dans l&rsquo;<em>aria della piovra</em> (<em>l&rsquo;air de la pieuvre</em>), elle se rappelle avoir vu, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;était qu&rsquo;une toute jeune fille, des dessins dans un temple représentant une enfant se faisant violer et tuer par un poulpe (étonnante allusion à une forme typique de pornographie japonaise, les <em>tentacules érotiques</em>, où les pires horreurs sont montrables dès lors que l&rsquo;un des participants n&rsquo;est pas totalement humain). Osaka embrasse la jeune fille, s&rsquo;attendant à ce qu&rsquo;elle se livre à lui, mais la jeune fille ne demande à nouveau qu&rsquo;à retrouver son père, sa maison et ses fleurs. L&rsquo;impatient jeune homme finit par se lasser et, considérant le cas d&rsquo;Iris comme désespéré vis-à-vis de ses projets, il exige de Kyoto que celui-ci le débarrasse d’Iris. Le souteneur choisit de revendre la jeune fille pour en tirer bénéfice. Avec violence, il a vite fait de la mettre au pas. Il la menace de rappeler le vampire. La malheureuse enfant est mise à l’encan, exposée sur le balcon de la maison de geishas. Pris de remords, Osaka revient sur les lieux et clame son amour pour elle. Simultanément, venu retrouver sa fille, son père la reconnait à sa voix, la maudit, et lui jette de la boue à la figure (!). Iris, qui se croit toujours au paradis, est désemparée par cette réaction. Elle se jette dans le puits des égouts. Acte III : dans l&rsquo;égout, des chiffonniers dépouillent Iris de ses riches vêtements. Elle revient à elle, la raison définitivement perdue (mais a-elle jamais été très nette ?). Elle croit entendre Osaka, Kyoto, puis son père, se moquer d’elle sur un ton égoïste. L’aurore commence à poindre. Iris se réjouit de sentir sur elle les chauds rayons du soleil levant. Elle meurt. Sous le baiser du soleil, son corps est transformé en iris. Une myriade de fleurs élèvent alors son âme au paradis (y retrouvera-t-elle un pote âgé ?), tandis que retentit à nouveau l’<em>Hymne au soleil</em>. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="814" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0153-1024x814.jpeg" alt="" class="wp-image-201123"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>A côté de celui d&rsquo;Iris, le sort de Madama Butterfly ferait donc presque figure de partie de plaisir. Le drame d&rsquo;Iris, c&rsquo;est que sa candeur, sa jeunesse, sa bonté naturelle, sa douce passivité, libèrent de fait les barrières mentales de ses bourreaux, à la manière de Claggart envers Billy Budd. Dans son retour en rêve, Osaka lance d&rsquo;ailleurs à Iris : « Il tuo gentile vezzo (&#8230;) è un&rsquo;umana tortura » (« Ton doux charme est une torture pour les hommes » ). Dans cet opéra à la charnière du vérisme et du symbolisme, l&rsquo;héroïne incarne la pureté, la nature, et elle est associée à la lumière et au soleil. Elle est comme tombée accidentellement dans un monde qui n&rsquo;est pas le sien. Osaka et Kyoto symbolisent la civilisation moderne, urbaine, la corruption et la nuit. On supposera que c&rsquo;est à dessein que ces patronymes ont été choisis parmi des noms de grandes villes : Osaka est un nom de famille rare, et Kyoto encore plus (une centaine de personnes) et par dessus le marché il se prononce&#8230; Miyakoto ! Comme nous l&rsquo;avons vu plus avant, Yoshiwara est désigné par Illica, dans les commentaires un brin pompeux qui accompagnent le livret, comme le quartier « où le soleil ne pénètre jamais ». Le père aveugle, dépourvu de la moindre compassion pour sa fille, pourrait aussi se rattacher à ce monde de la nuit. Sa voix se joint d&rsquo;ailleurs à celles d&rsquo;Osaka et Kyoto au dernier acte, chacun des trois hommes s&rsquo;exprimant égoïstement dans le dernier rêve d&rsquo;Iris. En dépit de sa mort, immolation d&rsquo;une âme pure, Iris n&rsquo;est pas non plus une figure christique : sa fin ne sauve personne. Pire : à l&rsquo;acte III, elle est déjà complètement oubliée, la nuit une fois passée. Personne n&rsquo;est venu à son secours. Elle meurt invisible de tous, dans un sacrifice vain et caché et seul le chœur lui répond. On est pourtant loin du miracle déchirant qui clôt <em>Suor Angelica. </em>Sa transmutation finale est d&rsquo;une beauté essentiellement formelle : venue de la lumière, elle retourne à la lumière après son court passage terrestre. Iris n&rsquo;était simplement pas de ce monde, de notre monde. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="750" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0097-1024x750.jpg" alt="" class="wp-image-201129"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>Il est probable que Mascagni ne voulait pas se contenter de variations faciles sur son premier succès et qu&rsquo;il souhaitait au contraire diversifier sa palette, ce qui est tout à son honneur. Il est probable aussi que le public attendait strictement l&rsquo;inverse : <em>Iris</em> fut un relatif succès à sa création, notamment critique, et fut repris dans quelques villes, mais l&rsquo;œuvre ne tarda pas à disparaitre de l&rsquo;affiche. En dépit d&rsquo;une indéniable richesse mélodique, l&rsquo;absence de grands airs immédiatement mémorisables eut probablement un impact négatif sur l&rsquo;accueil à long terme du grand public. Illica se refuse aux effets dramatiques faciles. De fait, l&rsquo;opéra ressemble parfois à un oratorio. Il ne se passe étrangement rien ou presque au premier acte, l&rsquo;enlèvement intervenant au bout de près de quarante-cinq minutes sur les cinquante de la première partie. Encore est-il suivi de la réaction assez apathique du père, qui appelle longuement et mollement sa fille disparue avant d&rsquo;apprendre les raisons (mensongères) de ce départ : on est très loin du <em>climax</em> verdien à la fin de l&rsquo;acte II de <em>Rigoletto </em>(mais peut-être cette absence d&rsquo;effet est-elle due au format concertant de la représentation). Alors qu&rsquo;à l&rsquo;entracte on se demande un peu ce qu&rsquo;on fait là, l&rsquo;ouvrage se met en place en seconde partie et devient captivant, notamment dans le contraste avec son démarrage, jusqu&rsquo;à une scène finale prenante sur laquelle nous reviendrons. La partition est par ailleurs d&rsquo;un grand intérêt musical. Mascagni s&rsquo;était lancé préalablement dans l&rsquo;étude de la musique japonaise, mais il sait éviter toute contrefaçon japonisante, contrairement à Puccini. Au passage, on se demande quelques fois si ce dernier ne se serait pas servi de quelques motifs de Mascagni pour des ouvrages ultérieurs. La musique offre de nombreuses originalités : le duo d&rsquo;Iris et de son père aveugle (l&rsquo;une chantant, l&rsquo;autre déclamant) ; le faux duo d&rsquo;amour qui est plutôt une suite de courts airs indépendants ; le sinistre air de la pieuvre d&rsquo;une étrange animation ; des danses qui préfigurent étonnamment celles de <em>Salome</em> sept ans plus tard ; les interventions rêvées chantées en coulisse ; le prélude aux cordes de l&rsquo;acte III ; et, finalement, le puissant chœur initial, dont la reprise créée l&rsquo;émotion qui nous est refusée dans la mort de l&rsquo;héroïne. Pour l&rsquo;anecdote, on signalera que l&rsquo;hymne a été utilisé à l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouverture des Jeux Olympiques de Rome en 1960 et que le Met l&rsquo;avait choisi pour mettre en valeur ses forces chorales à l&rsquo;occasion de son gala du centenaire. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="718" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0008-718x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-201125"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;ouvrage réserve l&rsquo;essentiel de la musique à Iris. <strong>Ermonela Jaho</strong> offre ici une magnifique composition dramatique, évoquant avec justesse les différentes émotions de la jeune fille : sa joie simple et pure initiale, la terreur (culminant dans l&rsquo;air de la pieuvre, longuement applaudi), le désespoir et finalement la résignation. La projection n&rsquo;est pas très puissante, mais Mascagni épargne le plus souvent à son héroïne les déchainements d&rsquo;un orchestre par ailleurs puissant, et cette fragilité convient bien à l&rsquo;héroïne. Bien utilisé, le léger vibrato de la chanteuse apporte même un surcroit d&rsquo;émotion. Le timbre, chaud et coloré, est idéal, les piani et pianissimi sont de toute beauté, dramatiquement en situation, au service d&rsquo;une interprétation frémissante. Le rôle d&rsquo;Osaka correspond parfaitement à la <em>vocalità</em> actuelle de <strong>Gregory Kunde</strong>. On pourrait même parler d&rsquo;une promenade de santé tant le ténor américain semble dominer sans effort cette tessiture tendue, avec une voix d&rsquo;une incroyable jeunesse. Le haut médium est très sollicité et les aigus <em>spinto</em> du ténor font vibrer les murs. Alors que le personnage est totalement antipathique, le chanteur essaie de l&rsquo;adoucir par son jeu, suggérant un amour et un remords sincères. <strong>Germán Enrique Alcántara</strong> offre un Kyoto au chant agréablement naturel, avec une voix chaude et puissante. Le baryton argentin campe un souteneur plus amoral que maléfique, oscillant entre l&rsquo;espiègle et l&rsquo;inquiétant. <strong>Jongmin Park</strong> déploie une impressionnante voix de basse, au timbre riche et profond et au noble phrasé. Après sa courte intervention à l&rsquo;acte II (il lit le message pour le père d&rsquo;Iris). <strong>Pablo García-López</strong> a davantage l&rsquo;occasion de briller dans l&rsquo;assez longue intervention du chiffonnier au début de l&rsquo;acte III, avec une voix bien posée, un aigu facile et un bon phrasé. On aura également apprécié la voix chaude et bien conduite de <strong>Carmen</strong> <strong>Solís</strong>, en particulier le mélancolique air de la geisha. Le <strong>Chœur du Teatro Real</strong> est impressionnant, homogène, sonore tout en restant musical. Les différents plans de la polyphonie de l&rsquo;Hymne au soleil sont rendus avec précision et clartés. Deux artistes du chœur, <strong>Iñigo</strong> <strong>Martín</strong> et <strong>Alexander</strong> <strong>González</strong>, interviennent en tant que solistes dans les rôles de deux autres chiffonniers avec des voix bien timbrées et qui passent la rampe malgré leur éloignement en fond de scène. Sous la baguette attentive et dévouée de <strong>Daniele Callegari</strong>, l&rsquo;<strong>Orchestre du Teatro Real</strong> rend parfaitement justice à la luxuriante orchestration de Mascagni et son éventail de couleurs. Le chef italien sait être attentif aux chanteurs et privilégie ici la douceur et la poésie sur les accents plus vifs ou dramatiques.</p>
<p>En dépit de la rareté de l&rsquo;œuvre, somme toute assez difficile, surtout en concert, le spectacle affiche complet ou presque. Le public est attentif et connaisseur, applaudissant par exemple les quelques airs aux bons endroits, et réserve un accueil chaleureux aux artistes au rideau final, dont une standing ovation bien méritée pour Ermonela Jaho.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="569" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0141-1024x569.jpeg" alt="" class="wp-image-201124"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>Quelques heures plus tôt, près du Théâtre Royal, dans la rue Hileras, un ancien bâtiment en cours de transformation en hôtel s&rsquo;est effondré. Près de 40 ouvriers travaillaient sur le chantier et plusieurs d&rsquo;entre eux ainsi que l&rsquo;architecte du projet étaient recherchés sous les décombres. Les causes de l&rsquo;accident ne sont pas encore connues et le bilan est actuellement de quatre morts. Avant le début du spectacle, un message de solidarité a été lu : « Les artistes et les employés du Théâtre Royal qui participent au concert de ce soir expriment leur solidarité avec toutes les personnes touchées par l&rsquo;accident survenu dans la rue Hileras. Merci beaucoup. »</p>
<ol>
<li>
<pre>L’initiative en revient au Metropolitan Opera. Il faut dire que leurs autres couplages laissent songeurs.<em> Cavalleria rusticana</em> fut créé par la compagnie dès 1891 à l’occasion d’une tournée à Chicago, en première partie... du premier acte de <em>La Traviata</em> ! L'ouvrage fut ensuite associé à <em>Orfeo ed Euridice</em>, à la création locale de <em>Philémon et Beaucis</em> de Gounod, et enfin à <em>I Pagliacci</em> (le 22 décembre 1893) sans que ce couplage ne s’impose d’ailleurs immédiatement : ultérieurement, il fut encore joué avec <em>Philémon et Beaucis</em> (avec la scène de folie d’<em>Hamlet</em> en bonus), l’acte II de<em> L’Amico Fritz</em>, <em>La Traviata</em> (complète cette fois),<em> Lucia di Lammermoor</em>, les deux premiers actes de <em>Carmen</em>... De son côté,<em> I Pagliacci</em> y pouvait être associé à<em> Orfeo ed Euridice</em>,<em> Lucia di Lammermoor</em>, <em>La Fille du Régiment</em> ou donné tout seul. Ces couplages divers, parfois complètement baroques, avec des opéras ou des ballets, ont bien sûr eu lieu à travers le monde et pas seulement au Metropolitan qui offre le mérite d'avoir des archives en ordre !</pre>
</li>
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		<item>
		<title>VERDI, Otello &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-otello-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Somptueuse ouverture de saison au Teatro Real de Madrid avec la reprise de l’Otello, produit in loco en 2016 par David Alden. Douze représentations resserrées sur trois semaines avec en alternance pas moins de trois distributions. David Alden la joue sûr en réduisant les décors au minimum et en situant l’action à une période indéterminée, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Somptueuse ouverture de saison au Teatro Real de Madrid avec la reprise de l’<em>Otello</em>, produit <em>in loco</em> en 2016 par <strong>David Alden</strong>. Douze représentations resserrées sur trois semaines avec en alternance pas moins de trois distributions.<br />
David Alden la joue sûr en réduisant les décors au minimum et en situant l’action à une période indéterminée, son propos, tel qu’il l’explicite lui-même, étant avant tout de peindre la violence des sentiments humains et leurs conséquences, quitte à s’extraire du contexte original. Ce ne sont pas tant les aléas d’un livret un peu alambiqué qui l’intéresse que les ressorts humains que ceux-ci mettent en œuvre. Ainsi, Otello ne se cache pas quand Iago fait parler Cassio de sa prétendue liaison avec Desdemona (III), Desdémone n’est pas allongée dans son lit (pour l&rsquo;anecdote dépourvu d’oreiller !) en attendant la mort, et Iago ne s’enfuit pas au finale quand il est démasqué. Car ce qui compte c’est en quelque sorte l’essentialisation des personnages, leur implacable logique et, <em>in fine</em>, leurs funestes destins ; Iago n’est pas un traitre, Desdémone une blanche colombe et Otello un guerrier furieusement jaloux. Tous trois figurent en réalité un infernal triangle vicieux avec en ses sommets la traîtrise, la candeur et le féminicide.<br />
Alors oui, nous apercevons bien les murailles d’un château-forteresse, les éclairs d’un orage-tempête, nous assistons bien à un semblant de beuverie qui dégénère en bagarre généralisée, mais c’est à peu près tout. La scène est en permanence vide ou quasiment, mais ce vide n&rsquo;est pas gênant en soi car il est l’espace dans lequel la complexité du drame va pouvoir se mouvoir à sa guise.<br />
A cet égard le quatrième acte est un modèle du genre. Toujours le même fond de scène, les murailles du château-forteresse, nous ne sommes donc évidemment pas dans une chambre. Le lit en fer avec juste un matelas et un traversin est plaqué à droite de la scène, à peine visible. Desdemona ne le rejoindra qu’après avoir déambulé sur la chanson du saule et l’Ave Maria. Mais elle ne s’y couchera pas. Elle s’assoit en bord de lit et fait face à la porte qui s’ouvre de l’autre côté de la scène, comme faisant face à son destin. L’ombre projetée géante d’Otello apparaît d’abord. Il entre, reste en retrait, ne s’approche pas. Leur dialogue se fait à distance, rien ne peut plus les rapprocher et quand, dans sa folie meurtrière, le mari s’approche brutalement de sa femme, il l’embrasse d’abord, désespérément, avant de l’étrangler avec une brutalité sans nom. Et il n’y aura pas d’ « ultimo baccio ». Que dire alors de ce Iago qui, finalement confondu, reste là, assis en fond de scène, dans l’ombre, comme indifférent. Finalement c’est bien lui le maître du jeu, sorte de satanique <em>deus ex machina</em>  (Verdi avait initialement pensé à <em>Iago</em> comme titre de cette œuvre) ; il assiste à la conclusion d’un drame dont il aura tiré toutes les ficelles, du début à la fin. Il reste seul après la mort d’Otello. Tout est fait, donc, pour décontextualiser le drame, le montrer dans sa crudité la plus nue et son évidente contemporanéité.<br />
Tout n’est pas pleinement réussi dans cette mise en scène où la conduite d’acteurs est parfois réduite au strict minimum et où l’aura des personnages est confiée au seul talent des chanteurs. On aura ainsi eu du mal à comprendre pourquoi Desdemona est montrée au II costumée en héroïne de Charlotte Brontë avec robe longue, chapeau élégant et ombrelle, et ce qu’apporte à la compréhension de l’ouvrage la partie de fléchettes à laquelle se livrent Iago et Otello, avec comme cible une icône orientale de la Vierge, peinte sur bois.<br />
Le chœur de voix d’hommes et de femmes du Teatro Real est fourni ; il se tire bien d’une partition où les pièges (surtout au début du I) sont nombreux. Bonne synchronisation avec l’orchestre et un italien de qualité. <strong>Nicola Luisotti</strong>, principal chef invité à Madrid, a tout compris de la densité du drame. Le solo de contrebasses qui précède l’arrivée d’Otello au IV en a fait frémir plus d’un. Le hautbois du « Salice » est de toute beauté. C’est la conduite de l’ensemble qui nous aura davantage surpris avec notamment quelques retenues à l’orchestre là où on aurait attendu que les chevaux se libèrent.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Otelo25-2943-1294x600.jpg" />© Javier del Real</pre>
<p>Nous assistons au Cast A (seuls les trois protagonistes principaux sont en alternance). <strong>Enkelejda Shkoza</strong> (Emilia) met à profit sa menue partition au IV pour séduire la salle. La mezzo albanaise démontre en effet une vigueur dans le jeu et dans la voix qui rendent parfaitement crédible son personnage, souvent montré comme restant dans l’ombre. Les personnages de Roderigo (<strong>Albert Casals</strong>), Lodovico (<strong>In Sung Sim</strong>) et Montano (<strong>Fernando</strong> <strong>Radó</strong>) se fondent dans le drame et y prennent toute leur place. <strong>Airam</strong> <strong>Hernández</strong> est un Cassio dépassé par les événements. La voix est claire et passe bien la rampe de l’immense scène du Teatro Real.<br />
Le point commun aux trois chanteurs des rôles principaux est certainement de gommer toutes les aspérités qui affaibliraient la crédibilité de leurs discours. Il n’y a chez eux aucune exacerbation des caractères, nulle tentative de caricaturer les personnages en poussant à leurs extrêmes les particularités de leurs caractéristiques psychologiques. En ce sens, ils servent parfaitement le propos du metteur en scène explicité plus haut.<br />
<strong>Gabriele Viviani</strong> est un Iago perfide certes, manipulateur bien sûr, mais pas d’accent diabolique ou grinçant, pas de venin dans la voix. Viviani est un acteur hors pair ; son baryton est juste, plus faible toutefois dans les tréfonds de la gamme (monologue du II) mais la puissance ne fait pas défaut. <strong>Asmik Grigorian</strong> devient pleinement Desdemona à partir du III où elle surplombe de toute la puissance et la plénitude de son aura l’ensemble à l’arrivée de l’envoyé de Venise. Et que dire de son IV, porté à incandescence par une Grigorian qui tirerait les larmes aux murailles du château-forteresse. C’est peu de dire qu’elle habite Desdemona, elle en partage toutes les émotions, elle qui sait la mort venir et fait défiler devant elle toute l’existence. Il faut pour cela une infinité de moyens pour chanter la cruauté, l’horreur d’une mort aussi inattendue qu’injuste, la piété d’un Ave Maria de jeune moniale ou encore le désespoir déchirant d’un ultime « Addio » tragique lancé à Emilia. Grigorian, on le sait, est actuellement au sommet de son art, prions pour qu’elle y reste !<br />
<strong>Brian Jagde</strong> n’est définitivement pas un Otello guerrier, baroudeur, rustre ou fruste. Il n’est qu’un mari jaloux, naïf, emporté par les élucubrations d’un faux-frère. Timbre clair, sans aucune raucité ni ombre dans la voix qui enrichirait la peinture du personnage. Son « Esultate » d’entrée est percutant à souhait et, d’une façon générale, rien de ce qui est puissant dans le rôle ne lui fait peur. C’est, au final, une parfaite adéquation entre l’Otello voulu par Alden et celui proposé à Jagde. Et ce n’est pas rien.</p>
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		<title>VERDI, La Traviata – Grenade</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-grenade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 74e Festival de Música y Danza de Grenade s’est terminé le dimanche 13 juillet, avec La Traviata comme un des temps forts de l’édition 2025. En version de concert abrégée et accueillie au magnifique palais de Charles Quint dans l’Alhambra, il s’agit d’une production du Teatro Real de Madrid qui, au mois de juin, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 74<sup>e</sup> <i>Festival de Música y Danza</i> de Grenade s’est terminé le dimanche 13 juillet, avec <i>La Traviata</i> comme un des temps forts de l’édition 2025.</p>
<p>En version de concert abrégée et accueillie au magnifique palais de Charles Quint dans l’Alhambra, il s’agit d’une production du Teatro Real de Madrid qui, au mois de juin, avait repris une mise en scène désormais classique de 2005 signée Willy Decker. À l’époque, cette version rompait pourtant avec les conventions en proposant une scénographie stylisée et sobre dans un seul espace scénique minimaliste. Des gestes expressifs et parfois exagérés étaient le seul moyen visuel auquel recourraient les chanteurs. La presse espagnole constate que « sans doute, Decker voulait donner une dimension tragique et intemporelle à Violetta ».</p>
<p>À Grenade, cette dernière – interprétée par <strong>Nadine Sierra</strong> – conserve cet aspect démonstratif, luttant littéralement contre le destin. Sierra maîtrise une large gamme d’expressions et confie des couleurs parfois insoupçonnées aux différents registres de sa voix, notamment dans l’aigu. Toutefois, on pourrait lui reprocher de s’en servir d’une manière assez aléatoire et sans retenue. Son jeu manque de précision, et de nombreux sanglots et soupirs, qui se veulent véristes, se faufilent jusque dans les lignes vocales, alors que la courtisane Violetta Valéry devient plus naturelle et simple au fur et à mesure qu’elle succombe à la maladie.</p>
<p>Alfredo, en revanche, s’adonne à l’amour avec beaucoup de fermeté, ébloui jusqu’à la folie. Le timbre du ténor <strong>Xabier Anduaga</strong> est cristallin, clair et puissant ; sa prestation est limpide et ne manque jamais de direction ; la manière dont il se projette dans les différentes situations est toujours réussie. Dans cette ronde des paradoxes, Giorgio Germont, le père d’Alfredo, essaie de couper court à la liaison entre son fils et cette femme de mœurs légères, avant de l’encourager. Doté d’une voix souple et riche, le baryton <strong>Artur</strong> <strong>Rucinski</strong> – qui laisse entrevoir d’autres vestiges de la direction d’acteur de Decker – met la même conviction et la même bonne foi peu vilaine dans les deux facettes de Germont.</p>
<p>Parmi les autres personnages se distinguent la Flora Bervoix de <strong>Karina Demurova</strong>, au profil vocal rythmique et prononcé, ainsi que le Docteur Grenvil dont la basse profonde et texturée s’intègre parfaitement à l’interprétation juste et mesurée de <strong>Giacomo Prestia</strong>. Tout cela sous la baguette de <strong>Henrik</strong> <strong>Nánási</strong> – connu du public français pour ses passages à l’Opéra national de Paris –, qui crée un son orchestral très transparent. La moindre voix secondaire reste perceptible dans une image sonore pourtant claire et unifiée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/250713-Nacho-de-Paz-Solistas-de-la-OCG-Hospital-Real-Fermin-Rodriguez_064-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194890"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>José Garcia Román © Festival de Granada | Fermín Rodríguez</sup></figcaption></figure>


<p>Entre le départ de l’ancien directeur Antonio Moral et l’arrivée de Paolo Pinamonti, 2025 est une édition transitoire du festival. Toutefois, celui-ci est toujours à la hauteur de ce qui a été réalisé à merveille ces dernières années : une rencontre d’œuvres et de productions internationales, et de couleurs locales. Ainsi, un concert de solistes de l’orchestre de Grenade (OCG), dirigés par Nacho de Paz et associés à la mezzo-soprano allemande Annette Schönmüller, réunit la France, l’Italie et l’Andalousie, soulignant quelques aspects ibériques dans la musique de plusieurs compositeurs. Trois d’entre eux, dont nous célébrons l’anniversaire ces jours-ci (Maurice Ravel, Pierre Boulez, Luciano Berio), accompagnés d’Igor Stravinsky, dialoguent avec deux représentants de l’École de Grenade que l’on gagnerait à découvrir en dehors de l’Espagne : José García Román (1945-) et Francisco Guerrero Marín (1951-1997). Si l’écriture de ce dernier se caractérise habituellement par une polyphonie dense et compacte, son <i>Concierto de cámara</i> fait partie des pages les plus lumineuses du compositeur, du fait de l’hétérogénéité de l’effectif. Román, quant à lui, présente <i>Camino Blanco y sin término</i> (<i>Un chemin blanc et sans fin</i>), une création percussive, brillante et narrative, inspirée de poèmes de Léon Felipe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/250712-Orquesta-Sinfonica-SWR-Stuttgart-I-P.-Carlos-V-Fermin-Rodriguez_044-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194889"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Alexandre Kantorow, Pablo Heras-Casado © Festival de Granada | Fermín Rodríguez</sup></figcaption></figure>


<p>Enfin, deux concerts de l&rsquo;Orchestre symphonique de la SWR et du pianiste français Alexandre Kantorow, consacrés à Johannes Brahms, marquent le finale du festival. Une fois de plus, les deux <i>concertos pour piano</i> ainsi que les <i>symphonies n° 1</i> et <i>n° 2 </i>s’invitent sur le site merveilleux de l’Alhambra. Une sorte de complicité s’établit entre le jeu resplendissant et élégant de Kantorow et l’orchestre, qui semble adopter le timbre étonnamment léger du piano. De même, le chef d’orchestre Pablo Heras-Casado met en valeur les rares moments de calme et de fragilité des deux symphonies. Le bis du premier concert, <i>Liebestod</i> dans un arrangement pour piano de Franz Liszt, est espiègle, Brahms étant généralement perçu aux antipodes de Wagner et Liszt.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>L’année prochaine, le festival soufflera ses soixante-quinze bougies et le programme est déjà attendu avec impatience.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-grenade/">VERDI, La Traviata – Grenade</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Notre disque du mois : Lisette Oropesa chante la zarzuela</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-disque-du-mois-lisette-oropesa-chante-la-zarzuela/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Nov 2024 15:58:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile de résister au charme du dernier album de Lisette Oropesa. Entièrement consacré à la zarzuela, ce disque mêle virtuosité et sensualité avec un brio assez bluffant. La soprano– américaine d&#8217;origine cubaine – merveilleusement secondée dans la moindre de ses intentions par Óliver Díaz à la tête du très idoine Orchestre du Teatro Real, nous &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Difficile de résister au charme du <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lisette-oropesa-mis-amores-son-las-flores-zarzuela-arias/">dernier album de <strong>Lisette Oropesa</strong></a>. Entièrement consacré à la zarzuela, ce disque mêle virtuosité et sensualité avec un brio assez bluffant. La soprano– américaine d&rsquo;origine cubaine – merveilleusement secondée dans la moindre de ses intentions par <strong>Óliver Díaz</strong> à la tête du très idoine Orchestre du Teatro Real, nous dévoile ses affinités avec un genre qu&rsquo;elle n&rsquo;a pourtant pas encore eu l&rsquo;occasion de servir sur scène. Quelle familiarité avec cette vocalité pourtant, et quel abattage ! Notre très jubilatoire disque du mois.</p>
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		<title>Lisette Oropesa : Mis amores son las flores &#8211; Zarzuela Arias</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lisette-oropesa-mis-amores-son-las-flores-zarzuela-arias/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Llevo la zarzuela en la sangre&#160;»… La zarzuela, je l’ai dans le sang, dit-elle. Née à la Nouvelle-Orléans d’une famille d’émigrés cubains, c’est un répertoire qu’enfant elle a entendu sa mère chanter, tandis que son grand-père qui en collectionnait les enregistrements se souvenait des soirées au Teatro de la Zarzuela de la Havane… C’est dire &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Llevo la zarzuela en la sangre&nbsp;»… La zarzuela, je l’ai dans le sang, dit-elle. Née à la Nouvelle-Orléans d’une famille d’émigrés cubains, c’est un répertoire qu’enfant elle a entendu sa mère chanter, tandis que son grand-père qui en collectionnait les enregistrements se souvenait des soirées au Teatro de la Zarzuela de la Havane… C’est dire que ces airs ont pour elle le parfum de l’enfance, celui d’un pays à jamais perdu puisque pour les émigrés il n’y a pas de retour possible.</p>
<p>Onze mille zarzuelas composées en Espagne, quatre mille en Amérique latine, les premières dès le XVIIe siècle, un répertoire immense qui fit florès de La Plata à Monterrey, de Quito à Mexico City, et dont <strong>Lisette Oropesa</strong> propose un échantillon qui n’oublie pas la zarzuela cubaine, ici représentée par Ernesto Lecuona et Gonzalo Roig.<br>C’est un genre qu’elle n’a jamais eu l’occasion de jouer en scène, se contentant d’en donner des airs au concert, et c’est sans doute la raison pour laquelle elle aborde ces «&nbsp;romanzas de zarzuela&nbsp;» avec sa technique d’opéra et toute l’agilité qu’on lui connaît.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Metropolitan-Opera-Manon-Lisette-Oropesa-photo-Marty-Sohl-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-140288"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Lisette Oropesa dans Manon au Met © Marty Sohl</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>La technique belcantiste mène à tout</strong></h4>
<p>Ainsi au détour de « Madre de mis amores » extrait de <em>Monte Carmelo</em> de Federico Moreno Torroba, l’entendra-t-on dialoguer avec une flûte comme dans <em>Lucia de Lammermoor</em>… et ponctuer d’un trille parfait ce témoignage tardif (1939) d’un genre évoluant sans cesse. Et si le rythme de habanera se conjugue ici avec des harmonies venues de l’opérette américaine, ailleurs c’est à l’opérette viennoise façon Strauss ou Lehár qu’on songera. Par exemple dans « Un pobre nido » tiré de <em>El húsar de la guardia</em> (1904) de Geronimo Giménez et Amadeo Vives. Un rythme à trois temps, une écriture concertante entre la voix et le chœur, c’est un air virtuose truffé de vocalises virtuoses et de suraigus, où s’illustra jadis une Pilar Lorengar. Oropesa y déploie d’amples phrasés et un chic de divette <em>mitteleuropa</em>.</p>
<p>On vient de citer une des grandes Espagnoles. Lisette Oropesa marche ici dans les pas des Victoria de los Angeles, Berganza ou Caballe, et, comme elles, n’a pas voulu manquer la « Canción de Paloma » extraite de <em>El barberillo de Lavapiés</em> (1874) – autrement dit le petit barbier du quartier de Lavapiès –, sans conteste le chef-d’œuvre de Francisco Asenjo Barbieri qui fut dès les années 1850 l’inventeur de la zarzuela moderne, héritière lointaine de celle de l’époque baroque. <br>Comme souvent la zarzuela madrilène, c’est une célébration d’une Madrid rêvée, en l’occurrence une histoire de conspiration à l’époque de Charles III avec des personnages tout droit sortis d’un tableau de Goya (le Goya joyeux). Et dans cette<em> canción</em> fameuse qui alterne les rythmes de <em>zapateado</em> et de séguedille Lisette Oropesa roucoule avec une belle agilité les triolets de Paloma (une colombe à la recherche de son pigeon) en dépit d’un orchestre qu’on pourrait ici souhaiter plus aérien.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="570" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lisette-Oropesa-Lucia-Scala-2023-©-Brescia-Amisano-1024x570.jpg" alt="" class="wp-image-140284"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lucia à la Scala © Brescia e Amisano</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Raffinements cachés</strong></h4>
<p>Dans une inspiration tout aussi ornithologico-gazouillante, la gentille <em>romanza</em> de Marola, extraite de <em>La tabernera del puerto</em>, zarzuela romantique et maritime de Sorozábal (1936), composée d’ailleurs en pleine Guerre civile par ce compositeur basque et de gauche, offre prétexte à quelques coloratures qui ne posent évidemment aucun problème à Miss Oropesa.</p>
<p>Si le genre se veut populaire, il est aussi d’un grand raffinement. On s’en convaincra à l’écoute de « Bendita cruz », un extrait de <em>Don Gil de Alcalá</em> (1932) de Manuel Penella, avec son long récitatif qui fait penser au Puccini de <em>La Bohème</em>. Oropesa y déploie toute sa sensibilité et un legato parfait, puis, dans l’aria qui s’y enchaîne, de longs phrasés rayonnants de musicalité et d’émotion (la mélodie ressemble curieusement d’ailleurs à <em>La Violetera</em>, écrite par José Padilla, auteur lui aussi de nombreuses zarzuelas).</p>
<p>Non moins important que Barbieri dans l’histoire du genre zarzuela, Ruperto Chapí a glissé dans <em>Las hijas del Zebedeo</em> (1889) une chanson brillantissime, une <em>andalouserie</em> irrésistible, chantée dans sa prison par le personnage de Luisa, d’où le sous-titre de <em>Carceleras</em>. Oropesa y est éblouissante de fringance, de souplesse vocale, d’énergie, de coloratures à la sévillane, de rubato naturel et de suraiguës impavides.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Teatro-Real-Il-turco-in-Italia-Lisette-Oropesa-Alex-Esposito-and-Misha-Kiria-photo-Javier-del-Real-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-140295"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Dans Il Turco in Italia à Madrid © Javier del Real</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Madeleines</strong></h4>
<p>Au chapitre madeleines proustiennes, on rangera l’illustre «&nbsp;De España vengo&nbsp;», tiré de <em>El niño judío</em> (1918) de Pablo Luna : « Le gustaba mucho a mi padre », dit Lisette Oropesa –mon père l’aimait beaucoup. ll n’était pas le seul. C’est presque un hymne espagnol <em>bis</em>. Il est intéressant d’écouter la version enregistrée en 1918 par sa créatrice Rosario Leonís, qui allie une verdeur populaire à l’agilité vocale, représentative de l’esprit de ce mixte de zarzuela, d’opérette, de revue et de théâtre réaliste. Et aussi d’écouter l’inoubliable Victoria de los Angeles, brillante, subtile et tendre (la section centrale lente sur les pizz des cordes !) Lisette Oropesa y rayonne elle aussi, montrant à l’occasion un beau medium et un registre élevé scintillant et, dans la partie centrale, une émotion vibrante. Étonnantes aussi, la palette de couleurs et la versatilité des émotions qu’elle distille avec une évidente sincérité.</p>
<h4><strong>Sans effort apparent</strong></h4>
<p>Au même chapitre de la nostalgie familiale, on rangera les deux extraits de <em>Maria la O</em>, zarzuela d’Ernesto Lecuona, grand mélodiste s’il en fut et pourvoyeur de succès planétaires dans les années trente (<em>Siboney</em> !). Frontispice de l’album, Mulata infeliz, introduit par un solo de violon lacrymogène à souhait, est d’un charme capiteux avec son orchestration de grand luxe et son rythme langoureux de habanera.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Opera-national-de-Paris-Lelisir-damore-Lisette-Oropesa-and-Vittorio-Grigolo-photo-Guergana-Damianova-ONP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-140290"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Dans L&rsquo;Elixir d&rsquo;amour à Paris © Guergana Damianova</sub></figcaption></figure>


<p>Quant à «&nbsp;Escucha al ruiseñor&nbsp;», c’est évidemment prétexte à tutoyer les sommets… Oropesa chante sur cette branche comme si c’était facile… Nous avons renoncé à compter les contre-<em>ut</em>, mais on y entend bien trois contre<em>-ré</em>, et pour finir un contre-<em>mi</em> bémol qu’elle envoie avec panache.</p>
<p>Moins connu que Lecuona, Gonzalo Roig est l’auteur d&rsquo;une <em>Cecilia Valdés</em> (1932), dont Oropesa dit que c’est la zarzuela qu’elle choisirait de chanter sur scène avant toute autre. L’entrée de Cecilia, après une introduction avec chœur très hollywoodienne, entremêle sensuellement habanera et guaracha. Oropesa y déploie un abattage à la Carmen Miranda, entre deux rallentandos voluptueux et quelques déhanchements ravageurs, en parfaite synchronie avec <strong>Óliver Díaz</strong> et un <strong>Orquesta del Teatro Real</strong> chauffé à blanc, pour mettre un point final à un album parfaitement réussi, qui n’a que le défaut d’être un peu court. Et pourtant le répertoire ne manque pas…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lisette-oropesa-mis-amores-son-las-flores-zarzuela-arias/">Lisette Oropesa : Mis amores son las flores &#8211; Zarzuela Arias</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CILEA, Adriana Lecouvreur &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cilea-adriana-lecouvreur-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Brillante ouverture de saison au Teatro Real de Madrid, qui depuis son inauguration en 1997 a vu son public progresser et se fidéliser, comme jamais, sous la direction artistique de Joan Matabosch (successeur de Gerard Mortier en 2013). Théâtre à l’italienne, le Real peut accueillir plus de 1700 spectateurs et possède un amphithéâtre impressionnant de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Brillante ouverture de saison au Teatro Real de Madrid, qui depuis son inauguration en 1997 a vu son public progresser et se fidéliser, comme jamais, sous la direction artistique de Joan Matabosch (successeur de Gerard Mortier en 2013). Théâtre à l’italienne, le Real peut accueillir plus de 1700 spectateurs et possède un amphithéâtre impressionnant de plusieurs centaines de places, très prisé du jeune public, qui descend en pente raide vers la scène. Les spectateurs se sentent alors très proche des artistes car l’acoustique y est en plus remarquable.</p>
<p>La saison lyrique a débuté brillamment le 23 septembre 2024 avec <em>Adriana Lecouvreur</em> de Francesco Cilea, opéra représenté en hommage au ténor José Carreras à l’occasion du 50<sup>e</sup> anniversaire de son interprétation de l’ouvrage au Théâtre de la Zarzuela aux côtés de Montserrat Caballé. Treize représentations à guichets fermés du 23 septembre au 11 octobre et deux distributions de haut vol. Le 7 octobre <strong>Maria Agresta</strong>, dans le rôle-titre, succédait ainsi à Ermonela Jaho, <strong>Matthew Polenzani</strong> (Maurizio) à Brian Jagde et <strong>Teresa Romano</strong> (Princesse de Bouillon) à Elïna Garanča. Reprise <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cilea-adriana-lecouvreur-paris/">à Paris pour la  dernière fois en janvier 2024,</a> la mise en scène, créée par <strong>David McVicar</strong> en 2010 à Londres, n’a pas pris une ride. Dans la lignée d’un Giorgio Strehler, il ne transpose ni l’époque ni le lieu, situe l’action dans le Théâtre-Français qu’il métamorphose en « théâtre dans le théâtre », dans un esprit résolument contemporain, proposant ainsi au public devenu complice, une belle réflexion sur l’art dramatique. Il s’inspire évidemment du premier grand air « Io son l’umile ancilla del genio creator » dans lequel la comédienne Adrienne Lecouvreur, après son succès dans un rôle racinien, s’interroge sur son art. Il est vrai que les déclamations lyriques des célèbres tragédiennes d’antan, proches du chant, fascinaient les spectateurs, tant elles parvenaient à transcender les mots pour atteindre la pure émotion. L’artifice de l’opéra est idéal, en ce sens, pour leur rendre hommage. Ainsi, dans les décors magnifiques de <strong>Charles Edwards</strong> et les costumes rutilants de <strong>Brigitte Reiffenstuel</strong>, McVicar inscrit l’œuvre dans une perspective autrement plus passionnante que la banale anecdote d’une rivalité amoureuse de la pièce de Scribe.</p>
<p>La soprano Maria Agresta incarne de manière impressionnante le personnage d’Adriana avec une ligne vocale puissante aux multiples couleurs jusqu’aux plus fins <em>pianissimi</em> (le public lui fera un triomphe au salut final). À ses côtés, on retrouve avec bonheur le ténor américain Matthew Polenzani qui chante pour la première fois le rôle de Maurizio avec la voix chaude et vaillante qu’on lui connaît. Quelle classe et quelle musicalité ! Dans les coulisses du théâtre, le personnage de Michonnet, régisseur amoureux de la diva qu’il conseille et soutient, acquiert ici une réelle densité, porté par la voix de baryton léger de <strong>Manel Esteve</strong> qui porte loin et peut se permettre les nuances et phrasés qui forcent l’émotion. Le public l’ovationne tout comme la jeune mezzo-soprano italienne Teresa Romano, issue de l’Académie de La Scala, véritable révélation dans le rôle de la Princesse de Bouillon : une forte présence en scène et une voix impressionnante du grave sonore à l’aigu rayonnant. L’abbé incarné par le ténor <strong>Josep Fadó</strong> est irrésistible et tous les autres rôles sont à l’avenant.</p>
<p>Au pupitre <strong>Nicola Luisotti</strong>, directeur principal invité du Teatro Real, que le public madrilène a adopté, donne à la partition de Cilea une ampleur insoupçonnée. Sous sa direction, le prélude du dernier acte est un moment suspendu et lumineux qui annonce la fin tragique lorsque sur, le théâtre réduit à une ossature de bois, les comédiens revêtent à nouveau leurs costumes pour saluer Adriana qui vient de décéder. Le théâtre dans le théâtre s’achève et le public est debout.</p>
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		<title>Découvrez les Meistersinger du Teatro Real sur OperaVision</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/decouvrez-les-meistersinger-du-teatro-real-sur-operavision/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2024 03:26:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà plus de vingt ans que la maison d’opéra madrilène n’avait programmé les Maîtres chanteurs de Nuremberg, offrant à cette occasion au metteur en scène Laurent Pelly sa première production wagnérienne, tandis que le chef d’orchestre Pablo Heras-Casado dirigeait l’œuvre pour la première fois, après un Ring sur cette même scène et de tout récents débuts &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà plus de vingt ans que la maison d’opéra madrilène n’avait programmé les <i>Maîtres chanteurs de Nuremberg</i>, offrant à cette occasion au metteur en scène <strong>Laurent Pelly</strong> sa première production wagnérienne, tandis que le chef d’orchestre <strong>Pablo Heras-Casado</strong> dirigeait l’œuvre pour la première fois, après un <i>Ring</i> sur cette même scène et de tout récents débuts au festival de Bayreuth avec <i>Parsifal</i>. Alors, pari réussi ? Oui, à en croire notre collègue Thierry Verger dans son <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/">compte-rendu du spectacle</a> : <i>« </i>Laurent Pelly (…) offre une vision limpide, intelligente, dépoussiérée d’une œuvre dont il a tout compris, et dont l’humour n’est jamais absent<i>. »</i> Et cela tombe très bien puisque la production, <a href="https://operavision.eu/fr#">en streaming sur OperaVision</a> depuis le direct du 18 mai dernier, est à compter d’aujourd’hui accessible en version sous-titrée en français. Idéal pour profiter pleinement des cinq heures de cette production plébiscitée par le public et la presse. Avec, entre autres, l’immense <strong>Gerald Finley</strong> dans le rôle d’Hans Sachs, <strong>Leigh Melrose</strong> dans celui de Sixtus Beckmesser et <strong>Nicole Chevalier</strong> en Eva.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="DIE MEISTERSINGER VON NÜRNBERG Wagner – Teatro Real" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/AQ2VtHPbRd0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>RECITAL – Nina Stemme, Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-nina-stemme-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 May 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre ses deux dernières Isolde scéniques à Palerme, Nina Stemme revenait le temps d’un récital wagnérien au Teatro Real de Madrid. La Mort d’Isolde et l’Immolation de Brünnhilde constituaient les deux scènes de ce concert complété par le prélude de Tristan und Isolde, différentes pages du Götterdämmerung liées en une forme de suite et la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre ses deux dernières Isolde scéniques à Palerme, <strong>Nina Stemme</strong> revenait le temps d’un récital wagnérien au Teatro Real de Madrid. La Mort d’Isolde et l’Immolation de Brünnhilde constituaient les deux scènes de ce concert complété par le prélude de <em>Tristan und Isolde</em>, différentes pages du <em>Götterdämmerung</em> liées en une forme de suite et la rarement donnée <em>Das Liebesmahl der Apostel</em> (La Cène des Apôtres) du même Wagner.</p>
<p>Composé en 1843 pour la Pentecôte alors qu’il est à Dresde peu de temps après la première couronnée de succès de <em>Rienzi</em>, cette œuvre pour chœur d’hommes laisse deviner ce que seront les grands chœurs de <em>Lohengrin</em> et <em>Tannhäuser</em>, notamment dans toute la première partie <em>a cappella</em>. L’entrée de l’orchestre en forme de gradation constante vers l’exultation finale ne s’avère pas particulièrement convaincante, l’orchestration et ses effets restant sommaires, loin des miracles futurs du Maître de Bayreuth. L’œuvre n’en demeure pas moins une gageure pour les chœurs. Ceux du Teatro Real jouissent d’une préparation exemplaire sous la houlette de <strong>José Luis Basso</strong>. Homogénéité et nombreuses nuances servent l’œuvre au mieux. C’est un triomphe qui les accueille à l’issue de l’exécution.</p>
<p>Le succès du récital tient aussi à la qualité de l’orchestre, habitué de Wagner dont il interprète concomitamment <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/">les Maitres Chanteurs de Nuremberg</a></em>. <strong>Gustavo Gimenez</strong>, le futur directeur musical du Real, s’ingénie à équilibrer les masses – presque trop voudrait-on dire concernant les cordes – et à articuler les leitmotivs dans un grand geste classique qui s’en remet au génie de l’écriture de Wagner plutôt qu’à un discours spécifique. Dans le cadre d’un récital, cette option est bien préférable en ce qu’elle rend tout parfaitement lisible et sécurise les interprètes.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="844" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/JYE08963-844x1024.jpg" alt="" class="wp-image-164382"/></figure>


<p>Dans cet environnement artistique propice et l’acoustique généreuse du Teatro Real, Nina Stemme couronne la soirée d’une voix sur laquelle les années ne semblent pas avoir d’emprise. Certes, le format du récital lui permet de maintenir la fraicheur du timbre et d’aborder aussi bien la <em>Liebestod</em> que le « Starke Scheite schichtet mir dort » sans endurer les deux longs opéras. Outre une technique que l’on ne décrit plus, ce qui frappe le plus c’est la transformation quasi physique de la soprano suédoise avant chaque scène. Ce soir son Isolde est rassérénée, comme enrichie de l’expérience de l’amour vécu avec Tristan, plutôt qu’exténuée et au bord de la mort. Nina Stemme sait interpréter les deux, nous l’avons vu en scène. Son choix ce soir-là trouve son sens avant une deuxième partie où c’est une Brünnhilde impériale et vengeresse qui commande le bucher et prononce le jugement des Dieux. Bien plus que Strauss, où l’on a pu la trouver en difficulté ces derniers mois, Wagner se coule dans sa gorge avec une aisance renouvelée : aucun écart, aucune attaque à l’aigu, lancée avec vigueur, ne lui résiste. En somme, c’est la quintessence de son art, forgé pendant plus de 30 ans de carrière, qu’elle offre aux spectateurs madrilènes. Généreuse, elle referme le récital dans le baume du dernier des <em>Wesendonck Lieder</em>, « Traüme », évocation de l’amoureuse qu’elle incarnera une dernière fois sur scène le mercredi 29 mai à Palerme.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-nina-stemme-madrid/">RECITAL – Nina Stemme, Madrid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 May 2024 05:37:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Retour en majesté des Maîtres chanteurs à Madrid, plus de vingt ans après les représentations dirigées par Daniel Barenboïm, qui sont restées dans les mémoires. Cette nouvelle production fait appel à Laurent Pelly, décidément à l’aise dans tous les genres, et qui offre une vision limpide, intelligente, dépoussiérée d&#8217;une œuvre dont il a tout compris, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Retour en majesté des <em>Maîtres chanteurs</em> à Madrid, plus de vingt ans après les représentations dirigées par Daniel Barenboïm, qui sont restées dans les mémoires. Cette nouvelle production fait appel à Laurent Pelly, décidément à l’aise dans tous les genres, et qui offre une vision limpide, intelligente, dépoussiérée d&rsquo;une œuvre dont il a tout compris, et dont l’humour n’est jamais absent.<br>
Pour universaliser son propos qui vise à condamner les règles obscures que les hommes s’imposent à eux-mêmes, Pelly décide de totalement décontextualiser l’action dans le temps et l’espace. Ni les décors, gigantesques pour couvrir l’immense scène du Teatro Real, ni les costumes, sobres et intemporels, ne figent le propos dans tel ou tel espace-temps, et c’est bien vu. Le plateau est encombré d’immenses plans inclinés (qui pourront tourner au fil des actes) qui figurent l’instabilité du monde. Tout autour, les murs de la ville sont eux aussi bancals, les maisons du village, au II, figurées en cartons pâtes, évoquent un monde en proie à tous les séismes (culturels&nbsp;?) possibles. Le tréteau est branlant sur lequel Beckmesser va lamentablement échouer dans sa tentative d’entonner le poème de Walther. Bref nous sommes en face d’un monde à bout de course, qui vacille à force de vouloir rester immobile et sourd aux appels au renouveau, à la grâce et à la poésie.<br>
Les douze maîtres chanteurs, apôtres pour la plupart d’un rigide quant-à-soi, sont remarquablement mis en scène. Tous vêtus et coiffés d’un noir assommant, interchangeables dans leur étroitesse d’esprit, ils apparaissent, lorsqu’ils siègent pour délibérer ou converser, au travers d’un immense cadre d’un tableau de maître monumental. Mais ce cadre est, à l’image du monde alentour, branlant et en passe de se désintégrer ; on aura compris qu’il représente les règles étroites dont ils se veulent les intraitables garants. Et lorsque, au III, alors qu’il a gagné haut la main son duel face à Beckmesser, Walther s’adresse aux maîtres chanteurs qui s’apprêtent à l’introniser comme l’un des leurs, il leur fait face sans jamais franchir ce cadre. Et malgré l’ultime plaidoyer de Sachs, censé convaincre Walther de rejoindre la confrérie, celui-ci choisit la fuite avec Eva et, chacun d’eux s’échappe sur cour et jardin pour aller tirer le rideau final, histoire de tourner définitivement le dos à ce monde du passé.<br>
Il n’y en a qu’un, parmi les maîtres chanteurs, qui comprend très vite l’excessive rigidité des règles imposées par la guilde&nbsp;: Hans Sachs vit dans une pièce où se côtoient les deux univers qui le nourrissent&nbsp;: son atelier de cordonnier et sa bibliothèque. Belle image, en ouverture du III, où Sachs apparaît plongé dans ses livres, comme à la recherche de son oxygène.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MaestrosCantores3127-1294x600.jpg" alt="" width="725" height="336">
© Javier del Real</pre>
<p>L’orchestre du Teatro Real est dirigé par <strong>Pablo Heras-Casado</strong>&nbsp;; c’est un très bel orchestre, rompu à ce répertoire. Le discours musical est clair mais les équilibres sont un peu instables. Aux débuts des I et III la balance penche un peu trop vers l’orchestre et, au sein de celui-ci, les cuivres prennent souvent le dessus sur les cordes. Quant à la mandoline désaccordée de Beckmesser, il fallait tendre l’oreille pour en percevoir les gémissements. Chœur et chœur d’enfants imposants. Tant la diction que la vigueur sont irréprochables.<br>
Le plateau vocal est de premier ordre et il faut d’emblée rendre hommage à la prestation de <strong>Gerald Finley</strong>, qui peint un Hans Sachs plein d’humanité et de chaleur. Cette humanité (avec ses faiblesses donc) et cette chaleur, nous les retrouvons dans le discours musical parcouru d’intelligence. Il lui manque aujourd’hui la puissance qui a pu être la sienne naguère et cela s’est ressenti surtout au I, mais son expressivité est intacte&nbsp;: «&nbsp;Was duftet doch der Flieder&nbsp;» au II et surtout son «&nbsp;Wahn, Wahn&nbsp;» du III, d’une sidérante intensité, forcent l’admiration. Walther est tenu par <strong>Tomislav Mužek</strong>, Prince (<em>Rusalka</em>) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-bordeaux/">convaincant à Bordeaux</a>, qui s’attaque ici à un rôle d’une toute autre dimension. Le charme opère toujours, la voix est claire, parfois éclatante et les innombrables répétitions de son « Morgenlicht leuchtend » ne viennent pas à bout de son endurance, même si les efforts, pour rendre justice à cette envoutante rengaine, sont perceptibles.<br>
L’américaine <strong>Nicole Chevalier</strong> est une Eva décidément bien docile. On aurait pensé qu’elle incarnerait avec plus de personnalité ce rôle qui méritait d’être dépoussiéré. Toutefois, la voix n’est pas en cause ; sûre, expressive et capable de faire face aux exigences de la partition. <strong><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-nancy-texte-de-commentaire-duree-5h/">Jongmin Park</a></strong>, plusieurs fois König Marke en France, tient le rôle de Pogner, le père d’Eva. La basse chante et montre toute son aisance dans les quelques tréfonds de sa partie. L’autre grand Maître chanteur est le Sixtus Beckmesser incarné par <strong>Leigh Melrose</strong>&nbsp;; à l’aise dans bien des répertoires, il livre une prestation hors norme, saluée à juste titre par le public. C’est autant l’acteur, figurant un Beckmesser tordu par la malice, que le chanteur au baryton efficace qui a été ovationné. <strong>Sebastien Kohlhepp</strong> est un David valeureux&nbsp;; il lui revient le rude privilège de concentrer l’essentiel de son rôle en début de pièce, dans son initiation aux règles du bien-chanté qu’il dispense à Walther. Son «&nbsp;Fanget an&nbsp;» est remarquablement porté d’un bout à l’autre. Sa promise Magdalena est tenue par <strong>Anna</strong> <strong>Lapkovskaja</strong> dont on apprécie plus le timbre dans le medium que dans les <em>forte</em> plus aigus.<br>
Et puis il y a aussi la belle cohésion des autres maitres chanteurs, dont les rôles sont moins exigeants mais qui forment une équipe fort homogène dans la volonté de ne surtout rien changer&nbsp;! <strong>Paul</strong> <strong>Schweinester</strong> (Vogelgesang), <strong>Barnaby</strong> <strong>Rea</strong> (Nachtigal), <strong>Jose</strong> <strong>Antonio</strong> <strong>López</strong> (Kothner), <strong>Albert</strong> <strong>Casals</strong> (Zorn), <strong>Kyle van Schoonhoven</strong> (Eisslinger), <strong>Jorge Rodriguez Norton</strong> (Moser), <strong>Bjorn</strong> <strong>Waag</strong> (Ortel), <strong>Valeriano</strong> <strong>Lanchas</strong> (Schwarz) et <strong>Frederic</strong> <strong>Jost</strong> (Foltz), brillent tant par le chant que par le jeu.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="DIE MEISTERSINGER VON NÜRNBERG Wagner – Teatro Real" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/AQ2VtHPbRd0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div><figcaption class="wp-element-caption"><em>Diffusion live prévue le 18 mai à 18h CET et disponible jusqu&rsquo;au 18 novembre 2024</em></figcaption></figure>
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		<title>REIMANN, Lear – Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/reimann-lear-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 09:55:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=155123</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 1978, Aribert Reimann écrit avec Lear un chef-d’œuvre de l’art lyrique contemporain qui  renouvelle l’approche du genre et rencontre un immense succès immédiat, à la fois critique et public. Aujourd’hui, il fait partie du panthéon des plus grands opéras du XXe siècle, au même titre que Wozzeck d’Alban Berg, pour ne citer qu’un exemple. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1978, Aribert Reimann écrit avec <i>Lear</i> un chef-d’œuvre de l’art lyrique contemporain qui<span class="Apple-converted-space">  </span>renouvelle l’approche du genre et rencontre un immense succès immédiat, à la fois critique et public. Aujourd’hui, il fait partie du panthéon des plus grands opéras du XX<sup>e</sup> siècle, au même titre que <i>Wozzeck</i> d’Alban Berg, pour ne citer qu’un exemple. L’enjeu était pourtant de taille : Verdi n’avait-t-il pas échoué à mettre en musique <i>Le Roi Lear</i> de Shakespeare, en lui-même un symbole de perfection ?<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>L’histoire telle que remaniée par le librettiste Claus Henneberg – dans ce qui est un coup de génie dramaturgique – est simple. Le vieux roi souhaite répartir son royaume entre ses trois filles, à condition que celles-ci lui parlent de l’amour qu’elles éprouvent pour leur père. La plus jeune, Cordelia, refusant les mensonges de ses sœurs, ne s’exprime pas et est renvoyée. Ensuite, Lear est à son tour trahi et évincé par ses autres filles Regan et Goneril. Le bâtard Edmund se rallie à elles et fomente en même temps un complot contre son demi-frère Edgar. Leur père Gloster, tombant dans le piège, rejette celui-ci. Lorsque Lear, devenu fou de désespoir, et Gloster, aveuglé par Regan et son époux, se rendent compte de leur erreur, il est déjà trop tard. Ni le roi, ni Cordelia, et aucun des scélérats ne survivent à la catastrophe. Henneberg s’appuyait sur une rare traduction du XVIII<sup>e</sup> siècle réalisée par Johann Joachim Eschenburg, et Reimann, qui écrivait l’opéra pendant les événements terroristes dits <i>automne allemand</i>, y voit entre autres une parabole sur l’abus du pouvoir.</p>
<p>Quarante-cinq ans après la création à l’Opéra de Munich, le Teatro Real de Madrid présente actuellement pour la toute première fois en Espagne une production de l’œuvre, créée initialement à l’Opéra de Paris en 2016, puis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lear-paris-garnier-les-bonnes-vieilles-casseroles/">reprise en 2019</a>. Covid oblige, la mise en scène signée <strong>Calixto Bieto</strong> arrive finalement en péninsule ibérique avec quatre ans de retard, bien que la maison madrilène ait été la seule en Europe à continuer son activité artistique pendant la crise sanitaire.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Finissons-en d’abord avec quelques préjugés qui persistent dans l’opinion et qu’on retrouve régulièrement dans les critiques internationales. La prétendue difficulté de la partition est une idée toute faite. Chant et orchestre sont certes d’une grande virtuosité, mais avec vingt-neuf productions depuis sa création,<i> Lear</i> est désormais entré dans les mœurs. Reimann, qui est également pianiste et ancien accompagnateur de Dietrich Fischer-Dieskau qui créa le rôle-titre, connaît intimement la physionomie de la voix humaine. Ses personnages sont conçus d’un point de vue éminemment dramatique, et la cohérence des émotions qu’ils véhiculent aident les interprètes à porter leur partie. Cela vaut également pour le public. La théâtralité et la construction solide de la musique permettent aux spectateurs de se laisser happer par l’atmosphère. Lors d’une série de représentations à San Francisco en 1981, la foule était littéralement déchaînée et dans la rue on voyait des jeunes vêtus de t-shirts à l’inscription « I Love Aribert ». La même remarque est à faire concernant le statut du genre de l’opéra. Après la Seconde Guerre mondiale, celui-ci était mal vu et déclaré mort, mais à la fin des années 1970, des œuvres tel que <i>Lear</i>, <i>Le Grand Macabre</i> de György Ligeti ou encore les deux opéras de Luigi Nono ont largement contribué à réhabiliter l’écriture lyrique et à lui donner un nouveau souffle.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lear-2544-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1706521999839" /><span style="background-color: var(--ast-global-color-5); color: var(--ast-global-color-3); font-size: revert; font-weight: inherit;">© Javier del Real | Teatro Real</span></pre>
<p>Le regard que Calixto Bieto porte sur <i>Lear</i>, et que le public madrilène peut donc découvrir à partir du 26 janvier, semble répondre à cette immédiateté ainsi qu’à l’aspect physique de la musique de Reimann. L’hypocrisie et les difficultés de communication se traduisent par un comportement anormal des personnages : aucune proximité n’est possible, les contacts physiques ressemblent davantage à une lutte qu’à un échange entre humains. Lorsque Lear distribue les différentes régions de son royaume parmi ses filles, il leur jette des morceaux de pain que celles-ci dévorent aussitôt. Gloster, tout aussi aveugle que le roi avant d’être aveuglé dans le sens propre du terme, en mangera également. Les seules exceptions sont le Fou – conscience et raison du roi, magistralement interprété par le comédien <strong>Ernst Alisch</strong> – dont les mouvements stylisés sont d’une grande souplesse, ainsi que Cordelia, notamment lors de ses retrouvailles avec Lear dans une posture de <i>mater</i> <i>dolorosa</i>. C’est l’occasion pour la soprano <strong>Susanne Elmark</strong> de laisser éclore de beaux aigus qui flottent telles des lumières au-dessus de ses lignes vocales. Elle fait partie des quatre interprètes qui ont changé depuis la production de Paris. La Goneril d’<strong>Ángeles Blancas</strong> est froide et implacable, ce qui se reflète dans son timbre clair et la précision incisive de son chant. Face à elle, <strong>Erika Sunnegårdh</strong> campe une Regan sorcière, maîtrisant souverainement les mélismes volubiles qui caractérisent son expression vocale afin de l’emporter sur sa sœur. Dans le rôle de Lear, <strong>Bo Skovhus</strong> est un habitué de l’univers reimannien. Depuis 2012 il interprète le roi dans différentes productions. Sa voix de baryton à la fois mélancolique et expressive dépeint une folie plus désespérée que délirante. À ses côtes, <strong>Andrew Watts</strong> – autre interprète reimannien de longue date – conçoit un Edgar alerte mais écorché vif. Lorsque celui-ci feint la folie afin de protéger sa vie, il change littéralement de cordes vocales, passant de la voix de poitrine au registre idiomatique du contre-ténor, et Watts alterne habilement entre les deux couleurs. Sa familiarité avec l’œuvre lui permet en même temps de mettre en valeur des aspects moins explorés de son personnage. Il en est d&rsquo;ailleurs de même pour Skovhus. Edmund, quant à lui, est démoniaque et brutal, ce qui est d’autant plus perturbant qu’il est représenté par le ténor <strong>Andreas Conrad,</strong> au timbre cristallin et puissant, pour ainsi dire « sain ». Gloster (<strong>Lauri Vasar</strong>) semble contenir une colère refoulée avant que, aveugle, il se laisse aller aux sentiments. Éclosent alors les qualités de sa voix de baryton pleine de reliefs et de force.</p>
<p>Les décors de <strong>Rebecca Ringst</strong> semblent être inspirés de la musique de Reimann. Ce dernier construit des voûtes sonores immersives, des superpositions alternativement déchirées par des éruptions ou parcourues de mélodies élégiaques, un espace acoustique biomorphe, un continuum parfois teinté d’un timbre de musique électronique. Au début, la scène n’est qu’un vaste espace de bois noir, autoritaire et inaccessible. Les lumières de Franck Evin mettent en évidence l’absence de clarté. Lear lui-même n’arrive pas à traverser une cloison qui le sépare de ses hommes qu’il sera bientôt obligé de congédier. Au fur et à mesure qu’il sombre dans la folie, les lattes se décalent, forment une forêt et disparaissent. Elles sont progressivement remplacées par une vidéo (Sarah Derendinger) qui montre des formes mi-animales mi-végétales, dont une vache. Celle-ci broute voracement comme Goneril et Regan, bêtement comme Lear avant d’être confronté à la réalité, innocemment comme Cordelia. La seconde partie de la soirée est dominée par la projection d’un œil qui ne cille pas, à l’esthétique surréaliste d’un Luis Buñuel, symbole d’un temps aussi cruel que, selon Gloster, « le fou conduit l’aveugle ». Cette dégradation se perçoit aussi dans les costumes d’<strong>Ingo Krügler</strong>, notamment lorsque Lear, Kent et Edgar échangent leurs complets et manteaux de tous les jours contre des guenilles couvrant à peine la vulnérabilité de leur nudité.</p>
<p>Le chef israélien <strong>Asher Fisch</strong> souligne la transparence et la cohérence des structures musicales. Même au moment des secousses sonores de la fameuse scène de la tempête, l’orchestre reste homogène, presque élégant, parfois au détriment de contraste et de plasticité.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Cette création espagnole est un événement important pour le Teatro Real. Son directeur, Joan Matabosch Grifoll, consacre lui-même un long article perspicace à l’œuvre et à la production, reproduit dans le programme de salle. Aribert Reimann, se préparant à recevoir en février le prix de la GEMA (Sacem allemande) pour l’ensemble de son œuvre, n&rsquo;était pas en mesure de se déplacer. Cependant, le public madrilène a réservé un accueil triomphal et enthousiaste à son <i>Lear</i>, envoyant de bonnes ondes à Berlin.</p>
<p>La pièce de Shakespeare a tour à tout été interprétée comme l’anéantissement du ciel chrétien et des valeurs du siècle des Lumières. Toutefois, une lueur d’espoir brille sur la fin de l’opéra. La folie est un don qui ramène Lear à la raison, à l’empathie. Il meurt, voyant apparaître une image de sa fille, submergé par une nappe de cordes scintillante et éblouissante. Une brèche s’ouvre…</p>
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