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BERTIN, Fausto – Paris (TCE)

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Spectacle
22 juin 2023
Une découverte d’importance

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra semi-séria en quatre actes de Louise Bertin

Livret de la compositrice, traduit en italien par Luigi Balocchi

Création à Paris au Théâtre-Italien le 7 mars 1831

Détails

Fausto
Karine Deshayes

Margherita
Karina Gauvin

Mefisto
Ante Jerkunica

Valentino
Nico Darmanin

Catarina
Marie Gautrot

Una strega / Marta
Diana Axentii

Wagner / Un banditore
Thibault de Damas

Les Talens Lyriques
Chœur de la Radio Flamande

Direction musicale

Christophe Rousset

 

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, mardi 20 juin 2023, 19h30

Louise Bertin nait en 1805 dans une famille aisée. Son père, directeur du Journal des débats, côtoie de nombreux intellectuels ce qui permet à la jeune fille de grandir dans un univers artistique et littéraire. Frappée par la poliomyélite qui la laisse handicapée, elle trouve dans les arts et en particulier la musique, un certain réconfort. Encouragée par les siens, elle se lance très tôt dans la composition d’opéras mais son statut de femme, son handicap, ainsi que les querelles politiques dirigées contre le journal fondé par son père constituent une source d’obstacles qui auront raison de sa vocation. En 1836, son quatrième et dernier opéra, La Esmeralda, sur un livret de Victor Hugo d’après Notre-Dame de Paris, est victime de cabales qui n’ont rien à voir avec la partition. Au bout de six représentations qui se déroulent dans un climat houleux, l’Académie Royale de Musique le retire de l’affiche. Après cet échec, Louise Bertin décide de mettre un terme à sa carrière lyrique et se tourne vers la poésie et la musique de chambre. Ses opéras tombent alors rapidement dans l’oubli. Il faudra attendre les années 2000 pour qu’ils connaissent un regain d’intérêt. En 2008 le Festival de Montpellier propose une version de concert de La Esmeralda qui fera l’objet d’une intégrale en CD dans la foulée. La saison prochaine, l’ouvrage sera représenté à Saint-Etienne puis à Tours. En attendant, le Palazetto Bru Zane aura jeté son dévolu sur Fausto avec à la clé le concert qui nous occupe et un enregistrement qui viendra bientôt enrichir son catalogue.

Quinze ans avant La Damnation de Faust de Berlioz et vingt-huit ans avant le Faust de Gounod, Fausto est le premier opéra français à s’inspirer de l’œuvre de Goethe, même si le livret écrit par Louise Bertin a été traduit pour l’occasion dans la langue de Dante comme l’exigeait le cahier des charges du Théâtre-Italien où l’ouvrage a été créé. Diverses péripéties ayant retardé cette création, la première a finalement eu lieu le 7 mars 1831 avec un ténor dans le rôle de Faust, initialement conçu pour un contralto. La version proposée par le Palazetto est conforme à la partition originale.

Fausto © Gil Lefauconnier

La partition ne manque pas de qualités et offre de beaux moments, en particulier le quatuor du jardin à la fin du deuxième acte et la totalité des actes trois et quatre, où l’action est menée tambour battant jusqu’à son dénouement. La musique est traversée par diverses influences aussi bien italiennes que germaniques, ainsi le premier accord de l’ouverture fait immédiatement songer au Don Giovanni de Mozart, le grand air de Valentino « Ah mi batte il cor nel petto », évoque les airs héroïques des ténors Rossiniens et au cours des deux derniers actes on peut percevoir quelques réminiscences de Bellini (Le Pirate) voire de Weber. Cela dit, Fausto qui fait la part belle aux vents et aux cuivres, témoigne d’une grande originalité d’inspiration et d’un savoir-faire incontestable. Elle préfigure en outre les opéras composés sur le même sujet, notamment celui de Gounod.

La distribution est dominée par l’exceptionnelle prestation de Karine Deshayes qui s’investit pleinement dans le rôle écrasant de Faust  avec une énergie inébranlable. La cantatrice exprime avec un égal bonheur la résignation de son personnage à l’acte un « Il vago sol del mondo », la naissance du sentiment amoureux dans l’air « Qual turbamento ignoto », son éclosion dans le quatuor qui conclut l’acte deux, et enfin le désespoir final dans « O fier tormento rio » qui met en valeur l’impact dramatique de ses aigus puissants. A ses côté Karina Gauvin a du mal à s’imposer en dépit d’un timbre rond et lumineux dans le haut de la tessiture. Souvent couverte dans la première partie par un orchestre retentissant, elle se montre particulièrement émouvante au début de l’acte III où son personnage est harcelé par ses voisines et durant toute la scène de la prison à l’acte IV à partir de « Pietà, pietà di me » où son tourment lui arrache des accents déchirants. Ante Jerkunika campe un Mefisto convaincant grâce aux couleurs sombres de sa voix ample et à la profondeur de son registre grave. Nico Darmanin soulève l’enthousiasme de la salle dans son air « Ah mi batte il cor nel petto » grâce à l’insolence de ses aigus claironnants. Belle prestation de Marie Gautrot en Catarina qui contribue à la réussite du quatuor du jardin. Notons enfin les interventions irréprochables de Diana Axentii et Thibault de Damas.

Belle prestation du Chœur de la Radio flamande et des Talens lyriques en grande forme, sous la direction stimulante et enfiévrée de Christophe Rousset.

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Opéra semi-séria en quatre actes de Louise Bertin

Livret de la compositrice, traduit en italien par Luigi Balocchi

Création à Paris au Théâtre-Italien le 7 mars 1831

Détails

Fausto
Karine Deshayes

Margherita
Karina Gauvin

Mefisto
Ante Jerkunica

Valentino
Nico Darmanin

Catarina
Marie Gautrot

Una strega / Marta
Diana Axentii

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