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SALIERI, La scuola dei gelosi — Martina Franca

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Spectacle
29 juillet 2022
Quand Salieri inspire Mozart

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Dramma giocoso in due atti (Venise, Teatro San Moisè, 28 décembre 1778)

Musique d’Antonio Salieri

Livret de Caterino Mazzolà

Version viennoise revue par Lorenzo Da Ponte et Antonio Salieri ( 1783-1786)

Edition préparée par Ingrid Schraffl dans le cadre du projet de recherche Opera buffa in Wien (1763-1782)

Détails

Version de concert

Blasio

Matteo Mancini

Conte di Bandiera

Omar Mancini

Contessa di Bandiera

Irina Bogdanova

Ernestina

Rocio Faus

Il tenente

Joan Folqué

Lumaca

Carmine Giordano

Carlotta

Fleuranna Brockway

Opéra Workshop con gli allievi dell’Academia del Belcanto «Rodolfo Celletti» 2022 e del Conservatorio di Musica «Nino Rota» di Monopoli

Direction musicale

Daniela Grassi

Martina Franca, Teatro Verdi, 27juillet 2022 à 21h

Parce que la scène du  théâtre Verdi de Martina Franca accueille les représentations du Xersès de Cavalli, en entrant dans la salle soigneusement restaurée – à la bévue près que les sièges sont disposés en ligne et non en quinconce – on découvre un décor oriental surprenant quand on vient écouter La scuola dei gelosi. Ce dramma giocoso en deux actes mis en musique par Salieri, une transcription établie par Jacopo Cacco et Giovanni Battista Rigon avait permis de le porter à la scène en 2016, à Legnago, la ville natale du compositeur, pour la première fois à notre époque, dans des représentations dont nous avions rendu compte, avant une tournée dans plusieurs villes d’Italie. C’est l’édition signée Ingrid Schraffl, réalisée à partir de la partition viennoise présente dans les documents légués par Salieri à la Hofkapelle et conservés à la Bibliothèque nationale d’Autriche, qui a été choisie pour ce concert.

L’intérêt du manuscrit viennois par rapport aux manuscrits contemporains de la création à Venise en 1779 réside dans l’intervention de Lorenzo Da Ponte. En 1783 l’opéra italien retrouve droit de cité à Vienne avec le retour de la troupe de chanteurs spécialisés ; on donnera La scuola dei gelosi qui continue de se diffuser avec succès hors d’Italie et que les privilégiés ont pu entendre à Esterhaza l’année précédente sous la direction de Haydn. Da Ponte, tout récemment nommé poète des Théâtres Impériaux  par Joseph II, suggère à Salieri des révisions propres à plaire au public aristocratique et mondain que le manuscrit viennois a conservées. Mais comme l’écrit Ingrid Scraffl il n’existe pas de version définitive, à une époque où le compositeur adapte son œuvre aux chanteurs et aux instrumentistes dont il dispose, ce qui explique que des différences existent entre le livret imprimé et la représentation, d’autant qu’après la première et jusqu’en 1786 on peut relever d’autres modifications. Le programme de salle de Martina Franca permet d’avoir une idée concrète de la pratique par des conventions typographiques : coupures soulignées, ajouts ou substitutions en gras.

L’œuvre présente sept personnages, trois couples et un observateur. Comédie moraliste, elle expose les dangers de la jalousie, qui peut changer l’amour en haine. Or l’amour conjugal est le ciment de la société et la base d’une vie heureuse. Il implique la confiance et le respect envers le partenaire. L’oublier, comme Blasio qui séquestre sa femme ou le comte qui néglige la sienne, c’est pousser le conjoint à une vengeance amère. Le premier finira par comprendre que sa jalousie maladive et injustifiée fait son malheur et celui de sa femme ; on espère que sa lucidité durera. De même le comte, quand sa femme a semblé s’intéresser à un autre homme, éprouve un retour de flamme. C’est un célibataire qui a été le guide de ces deux couples en perdition. Le troisième, celui des domestiques, a sous les yeux l’exemple des deux premiers pour douter de l’institution du mariage, mais il finit par conclure qu’elle est la meilleure protection de l’amour.

Pour permettre aux spectateurs d’identifier les personnages, les chanteurs portent des teeshirts où on peut lire le nom du personnage qu’ils interprètent. A leur entrée bondissante ils ont disposé en scène en arc de cercle les chaises où ils iront s’asseoir à tour de rôle. Ces élèves de l’Accademia del belcanto « Rodolfo Celletti » mettent tout leur cœur à cette exhibition et on les en félicite. Matteo Mancini, baryton, prête à Blasio, le jaloux maladif, une timbre sonore, une bonne projection et une présence scénique prometteuse. C’est le cas de Fleuranne Brockway, la femme de chambre Carlotta qui n’a pas froid aux yeux, à la voix de mezzo clair ronde et charnue. Lumaca, le valet endormi qui finira partisan du mariage auquel il était d’abord réfractaire, est le baryton-basse Carmine Giordano, qui se taille un beau succès avec l’air ajouté « Tutto si, ma moglie no ». La victime du mari jaloux, sa femme Ernestina, trouve en Rocio Faus une interprète décidée à la voix étendue et très souple. Le mari « moderne », ce comte qui ne regarde plus sa femme et avoue faire collection, est le ténor Omar Mancini qui chante bien mais dont le timbre ne nous a pas saisi. Dans le rôle de la comtesse exaspérée par le donjuanisme de son époux, Irina Bogdanova, soprano dont la voix est longue et souple mais sonne légèrement métallique dans les suraigus donnés en force et dont l’agilité est prise en défaut dans son air du deuxième acte. L’homme qui contribue à rétablir les liens, défini par son grade d’officier, est le ténor Joan Folqué, remarqué la veille dans Beatrice di Tenda

Dans la fosse les élèves du Conservatoire de la ville de Monopoli font honneur à leur établissement. Ils obéissent sans faiblesse à la direction précise, délicate et rigoureuse de Daniela Grassi, qui trouve les tempi justes pour éviter rigueur métronomique ou laisser-aller rythmique. Le continuo discret d’un clavecin ponctue élégamment les récitatifs Les passages qui semblent des anticipations thématiques de Don Giovanni ou des Nozze di Figaro sont clairement perceptibles sans être surlignés. Ce n’est pas le moindre charme de cette audition où l’on comprend mieux le rôle charnière de cette œuvre dans la vie musicale viennoise et sa présence résiduelle dans les souvenirs de Mozart, probablement ravivée par la collaboration de ce dernier avec Da Ponte.

 

 

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Dramma giocoso in due atti (Venise, Teatro San Moisè, 28 décembre 1778)

Musique d’Antonio Salieri

Livret de Caterino Mazzolà

Version viennoise revue par Lorenzo Da Ponte et Antonio Salieri ( 1783-1786)

Edition préparée par Ingrid Schraffl dans le cadre du projet de recherche Opera buffa in Wien (1763-1782)

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